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interviewLCI — L'invité d'Adrien Gindre· 7 avril 2025 7 min

L'invitée Politique du lundi 7 avril 2025 : Prisca Thevenot

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Je vais maintenant rejoindre notre invité. Que peuvent faire les politiques qui en fassent une situation comme ça ? Notre invité est l'ancienne porte-parole du gouvernement, député ensemble pour la République des Hauts-de-Seine. Bonjour Priscatevenot, merci d'être avec nous. Il y a une situation tendancielle économique mondiale qui semble se dessiner ce matin. Les Européens se réunissent aujourd'hui pour trouver une riposte. La France, j'imagine, doit peser de tout son poids pour essayer d'influencer les négociations.

0:25
Prisca Thevenot

Effectivement, la France doit pouvoir peser de tout son poids pour faire avancer les négociations et les faire en Européens. Mais si on le fait aujourd'hui, si on est en capacité de le faire, le Président de la République, dès les premiers instants, a reçu les acteurs économiques, reçoit effectivement les acteurs Européens, c'est parce que nous nous sommes dotés d'outils en capacité de le faire. Souvenez-vous de la présidence française de l'Union Européenne, il y a maintenant de cela quelques années. C'est un peu passé sous les radars médiatiques. On avait à l'époque plus commenté la réaction de Marine Le Pen qui avait surréagi au drapeau européen mis sur nos monuments français.

Et pourtant, pendant cette présidence française de l'Union Européenne, nous avons agi. Nous avons agi notamment en mettant en place des mesures anti-coercition. Et c'est ces mesures-là que nous devons pouvoir regarder. Il y a une première salve de mesures qui arrive à la mi-avril, c'est sur l'aluminium et l'acier. Ensuite, en Européen, nous devons pouvoir regarder secteur par secteur pour réagir parce que ne l'oublions pas. Nous sommes 450 millions de personnes. Et donc, c'est bien plus que le marché américain.

1:24
Présentateur

Est-ce qu'on se souvient de la crise de 2008, qui était une crise financière extrêmement importante ? Les finances publiques françaises n'étaient pas dans l'état où elles se trouvent aujourd'hui. Est-ce que nous sommes aujourd'hui en capacité d'éponger, d'encaisser une crise économique mondiale qui viendrait de plein fouet impacter nos banques et donc, in fine, vous, moi, tous les gens qui nous regardent ?

1:45
Prisca Thevenot

Mais c'est justement l'enjeu, c'est que nous sommes assez forts et assez puissants pour le faire. Et si nous le faisons d'autant plus en Européen, alors nous allons pouvoir renverser une tendance. Regardez les crises que nous avons vécues ces dernières années. Elles n'étaient pas petites. La crise de la Covid, la crise de l'inflation, nous avons fait bloc.

2:02
Présentateur

Mais elles nous ont fait dépenser beaucoup d'argent et aujourd'hui nous sommes en grande difficulté.

2:06
Prisca Thevenot

Non, elles ne nous ont pas fait dépenser. Les mots ont une importance. On a pu protéger.

2:11
Présentateur

Mais pour protéger, nous avons dépensé.

2:13
Prisca Thevenot

Oui, oui, non, mais je sais bien. Mais j'étais aussi à l'époque portée parole et je me souviens qu'à l'époque, il y avait très peu de personnes qui s'élevaient pour nous dire, attention, n'aidez pas et ne protégez pas. Donc là, l'enjeu, c'est non, c'est de ne pas forcément nier la réalité. Nous devons la regarder en face. Mais attention de ne pas sur-commenter pour venir apeurer. Nous avons les moyens d'agir et de réagir, pas parce que je le dis aujourd'hui, pas parce qu'Emmanuel Macron le dit aujourd'hui, mais parce que ça fait 7 ans que nous nous préparons.

7 ans que nous rappelons que l'Europe doit être une solution et peut en être une et que nous avons mis en place les moyens de le faire.

2:45
Présentateur

Je voudrais un mot de réaction sur ce qui s'est passé hier. C'est le meeting de Marine Le Pen d'un côté de soutien à la candidate condamnée en première instance qui a fait appel. De l'autre côté, il y avait le bloc central et puis il y avait la gauche qui manifestait en réponse à Marine Le Pen. Ça ressemblait beaucoup à un dimanche de campagne présidentielle pour tout dire.

3:02
Prisca Thevenot

Moi, je vais le dire assez simplement. Notre rassemblement qui était prévu de longue date et qui a eu lieu hier, effectivement, est tombé un peu à point nommé dans un contexte national qu'on ne peut pas ignorer. Celui d'une candidate, maintenant depuis plusieurs années à l'élection présidentielle, qui nous explique qu'elle est patriote, mais pas trop non plus. Parce que quand le fonctionnement de notre démocratie, et qu'elle est censée chérir, va à son encontre, d'un seul coup, elle demande aux Français de se réunir pour la dénoncer.

Donc moi, ce que je dis, c'est que ça avait surtout des allures où on voyait deux projets de société s'opposer, deux visions, et je ne suis pas là pour faire la morale, mais simplement rappeler que ces deux visions-là, et bien effectivement, ça fait un moment qu'elles sont là, qu'on explique que le Rassemblement national est bien un mouvement d'extrême droite prêt à dénoncer notre état de droit dès qu'il le peut et dès qu'il le veut, et nous en avons eu la preuve hier.

3:51
Présentateur

Au mois de juin, le Parlement va examiner, vous allez examiner la proposition de loi défendue par Éric Ciotti sur la fin de l'exécution provisoire, qui a empêché Mme Le Pen de faire appel et de pouvoir se présenter en même temps, pour résumer les choses. A priori, beaucoup de députés sont favorables à ce qu'elles disparaissent. Comment est-ce que vous anticipez ce qui peut se passer dans l'hémicycle ?

4:10
Prisca Thevenot

Nous avons été très clairs hier, et Gabriel Attal a rappelé notre position. Nous ne sommes pas là pour voter des lois d'arrangement entre petits copains. Et donc, chacun des députés, les 577 députés, devra pouvoir aussi rendre des comptes sur sa circonscription au regard de ce qu'il aura voté en liberté complète.

4:27
Présentateur

Est-ce que vous imaginez, vous, que cette disposition légale saute ? C'est quelque chose qui...

4:31
Prisca Thevenot

Déjà, si elle saute, je le dis franchement, les 577 députés sont libres de vote. Donc on verra ce qu'il adviendra. Maintenant, je vous ai donné la position de ma famille politique unie derrière Gabriel Attal. Ensuite, si cette mesure sautait, cette loi Ciotti-Le Pen, ça n'arrangerait de toute façon pas les affaires de Marine Le Pen. Pourquoi ? Parce qu'en fait, elle a aussi son recours qui arrive, et ça continue. Donc je dois le dire encore une fois, la question...

4:55
Présentateur

Parce qu'elle était condamnée, pardon, juste un mot de précision pour nos téléspectateurs. Si jamais elle était condamnée en deuxième instance, mais que cette exécution provisoire disparaissait, elle serait apte à se présenter, même en cas de nouvelle condamnation, si jamais elle se pourvoyait en cassation.

5:08
Prisca Thevenot

Et si jamais, et si jamais, on faisait confiance en notre justice ? Et si jamais ? Et on lui laissait faire son travail sans pression ? Ça pourrait être pas bien, ça pourrait être pas mal dans notre état de droit. Et je le dis d'autant plus que c'est quelqu'un de très concerné qui le disait il y a quelques mois, avant d'avoir les conclusions de son jugement en première instance, c'est Marine Le Pen, qui il y a deux mois et demi disait « j'ai confiance en la justice ». Alors peut-être ? Allez, on va faire confiance à Marine Le Pen et l'écouter. Faisons confiance en notre justice et laissons-la travailler.

5:38
Présentateur

Un tout dernier mot, j'aurais envie de revenir à Saint-Denis où avait lieu votre réunion hier. Il y a beaucoup, il y avait beaucoup sur scène de candidats potentiels à l'élection présidentielle quand on regarde. Gérald Darman, Gabriel Attal, Edouard Philippe, certains ont fait part de leurs intentions, d'autres non. En tout cas, il y en a beaucoup. Est-ce qu'il n'y en a pas trop, Presque-Athévenot ? Est-ce qu'il n'y a pas un danger ?

5:55
Prisca Thevenot

Vous savez, moi je suis fière de faire partie d'une famille politique Effectivement, nous avons de fortes personnalités capables de relever des défis pour notre pays et capables d'agir pour notre pays.

6:04
Présentateur

Mais est-ce que vous attendez d'Emmanuel Macron, par exemple, qu'il se prononce, qu'il fasse un choix suffisamment tôt, qu'il dise quelque chose ?

6:09
Prisca Thevenot

Ce que j'attends d'Emmanuel Macron, ça n'a pas changé depuis 2016-2017. C'est qu'il agisse pour notre pays au regard des missions qui lui ont été confiées par les Français au suffrage universel direct. Emmanuel Macron est le président de la France et à ce titre-là, il est là pour agir pour les Français. Et vous l'avez rappelé en début d'interview, notamment avec le contexte international et européen que nous connaissons.

6:28
Présentateur

Merci beaucoup Madame Théves d'en avoir été avec vous.

6:30
Prisca Thevenot

Merci à vous.