Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewClémentine Autain· 31 mai 2023 16 minComplaisantActualité / polémiqueRetraitesInstitutions & élections

Tripatouillage macroniste contre nos retraites : explications

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:40Invité politiqueFait
    « une loi pour détricoter ce cas imposé le gouvernement c'est-à-dire pour revenir à 62 ans et donc ne pas permettre l'allongement de l'âge légal de la retraite de 62 à 64 ans »
  • 1:22Invité politiqueFait
    « si on ne permet pas à cette loi d'être débattue ça risque d'être particulièrement dangereux dans le cas de l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite »
  • 2:04Invité politiqueFait
    « le président de la commission des finances peut donc à un moment donné retoquer une loi en disant maintenant ça ça va pas parce qu'on ne sait pas comment on va le financer »
  • 2:47Invité politiqueFait
    « Emmanuel Macron a dit ou en même temps je sais pas exactement les dates il faut que la loi ça va être soit débattue toujours dans cette idée que si les Français sont contre c'est parce qu'ils ont pas bien compris donc s'il a un seul regret c'est le manque de pédagogie »
  • 3:29Invité politiqueFait
    « ce matin en commission et là en commission on a eu droit à quelque chose qui ne sait jamais vu je crois jamais »
  • 4:53Invité politiqueFait
    « la macronie avec ses partenaires et en dialogue avec LR a bien manigancé pour faire en sorte que tous les commissaires soient absolument droit dans leur bottes »
  • 6:16Invité politiqueFait
    « la présidente de la commission a décidé de refuser tous nos sous-amendements elle a dit il y a plein de sous à mon nom c'est de l'obstruction »
  • 8:20Invité politiqueFait
    « une fois qu'ils avaient supprimé l'article 1 ils étaient plutôt dans l'idée de pouvoir maintenir l'article 2 par exemple parce que la loi soit aucun des articles n'est adopté »
  • 11:19Invité politiqueFait
    « elle a arrêté la séance elle réuni le bureau de la commission et le bureau de la commission lui a donné son aval en disant oui oui on confirme alors là il y a eu un vote mais on confirme nous ne prenons pas l'ensemble de ces amendements »

Temps de parole

  • Clémentine Autain100 %

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Clémentine Autain

je sors à l'instant de la commission des affaires sociales où je siais pour la niche parlementaire du groupe liotte sur les retraites sujets d'actualité s'il en est surtout dans la perspective de la manifestation appelée par les syndicats le 6 juin prochain et vous le savez peut-être vous en avez entendu parler mais le 8 juin il y a normalement à l'Assemblée nationale cette proposition de loi du groupe liote alors une niche parlementaire c'est quand un groupe d'opposition décide de l'ordre du jour dans l'hémicycle pendant toute une toute une journée donc on a droit à une journée par an et là c'est la niche du groupe yacht qui était très remontée comme nous sur le texte des retraites et qui a décidé d'introduire une loi pour détricoter ce cas imposé le gouvernement c'est-à-dire pour revenir à 62 ans et donc ne pas permettre l'allongement de l'âge légal de la retraite de 62 à 64 ans donc on était évidemment ravis de voir cette loi arrivée elle devait d'abord passer le seuil du bureau de l'Assemblée nationale où on juge de sa recevabilité ou non étape franchie brillamment puisque même si il y a eu quelques quelques débats à ce moment-là notamment la présidente de l'Assemblée nationale il y a dont j'ai lu dans la presse qu'elle disait mais si on ne permet pas à cette loi d'être débattue ça risque d'être particulièrement dangereux dans le cas de l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite parce qu'on créerait une jurisprudence qui ne serait vraiment très autoritaire donc à ce moment là bref le l'étape est franchi ensuite il y a une deuxième étape qui est le caractère recevable par le président de la commission des finances il se trouve que le président est Éric Coquerel et Éric Coquerel a jugé recevable cette proposition alors lui il le juge à partir de la mobilisation ou non de ce qu'on appelle l'article 40 l'article 40 c'est celui qui garantit dans la Constitution le fait que quand il y a une loi elle est gagée c'est à dire qu'on a bien un gage et le président de la commission des finances peut donc à un moment donné retoquer une loi en disant maintenant ça ça va pas parce qu'on ne sait pas comment on va le financer il y a de ce point de vue une sorte de coutume de tradition très établie à l'Assemblée nationale ou les propositions de loi des groupes d'opposition en général elles sont adoptées même quand elles engagent des financements et de toute façon même dans la loi elles sont gagées en général sont engagées de la même manière c'est souvent une taxe sur le tabac c'est c'est un gage assez classique mais on peut aussi en prendre d'autres mais en tout cas dans les niches parlementaires cet argument de l'article 40 empêchant la proposition de loi d'arriver en commission et d'être votée à l'Assemblée c'est pas du tout quelque chose qui se fait et là subitement on a vu qu'il y avait un grand débat sur cette article 40 et que mon collègue Eric Coquerel a été affublé de tous les noms d'oiseaux parce que la macronie qui s'est retournée puisque dans un premier temps il y a une bonne pivée a dit il faut que la loi passe puis Emmanuel Macron a dit ou en même temps je sais pas exactement les dates il faut que la loi ça va être soit débattue toujours dans cette idée que si les Français sont contre c'est parce qu'ils ont pas bien compris donc s'il a un seul regret c'est le manque de pédagogie donc pourquoi pas continuer la pédagogie puis d'un seul coup ça s'est retourné où on a vu que même il y a le brune pivée disait au 4V notamment que l'article 40 devait être opposé à cette loi en gros c'est ce qu'elle a c'est ce qu'elle a c'est ce qu'elle a dit et quand on lui demande mais vous pensez que la loi va aller jusqu'au bout elle dit enfin elle répond pas du tout que la loi valait jusqu'au bout donc elle a elle a visiblement évolué sur sur la question changer complètement de positionnement ce qui est quand même assez intéressant je pense qu'il y a dû avoir de l'huile sur la friture mais ceux qui l'ont emporté c'est Macron et ceux qui sont entêtés à agir de façon très brutale mais là maintenant il y a le droit privé leur prête main forte donc le président de la commission des finances dit ok ça passe avec l'article 40 et ça arrive donc ce matin en commission et là en commission on a eu droit à quelque chose qui ne sait jamais vu je crois jamais alors il faudrait chercher dans le détail mais en tout cas notre connaissance jamais dans une commission de la sorte et je peux d'autant plus en parler que sous le précédent mandat quand nous avons bataillé sur déjà la précédente réforme des retraites celle qui voulait instaurer le système par point on avait déposé des dizaines de milliers d'amendements et on y avait passé d'ailleurs beaucoup beaucoup de temps donc j'ai vu comment pouvait se dérouler ce type ce type de débat et là ce matin on arrive première information mais qu'on savait parce que ça s'est passé entre hier et aujourd'hui ils ont changé les commissaires alors les commissaires ce sont ceux qui siègent dans les commissions et ont le droit de vote donc c'est très important puisque pour faire passer un article ou un autre une loi ou une autre bah évidemment il faut des commissaires pour les voter or là la macronie avec ses partenaires et en dialogue avec LR a bien manigancé pour faire en sorte que tous les commissaires soient absolument droit dans leur bottes pour refuser ce retour à 62 ans enfin la fin des 64 ans ça a été vraiment une manipulation très bien très bien organisée elle a l'air à prêtée main forte c'est important de le voir et donc ce matin on s'est rendu compte que à quelques voies près le fait qu'ils aient changé des commissaires évidemment changer les choses et n'étaient pas le reflet de ce que devrait être un vote à l'Assemblée nationale tant redouté par la macronie elle est si c'est tant redoutée par la macronie puisque il passe leur temps depuis des semaines maintenant à vouloir empêcher que cette proposition de loi arrive jusqu'à son terme et puis subir un vote à l'Assemblée nationale la s'y mettre autant d'énergie c'est parce qu'ils savent qu'il y a pas de majorité donc là ils ont traficoté pour que au moins à la dans le cadre de la commission ça passe pas le cas effectivement on démarre avec un amendement de de l'article 1 donc cette loi en l'occurrence elle a trois articles le premier c'est le fait de dire on revient à 62 ans on fait on remet la retraite légale à 62 et plus à 64 de deuxième article il est pour dire qu'on va faire une conférence de financement avec les syndicats puisqu'on revient bon bah il faut voir comment le système tient bon et donc on fait une conférence et le troisième c'est le gage le fameux gage ce que je vous disais tout à l'heure sur le sur le tabac donc ça c'est les trois articles donc arrive le premier article et évidemment la macronie propose un amendement de suppression de cet article et ça s'est joué vraiment à pas grand chose à quelques voies et la maman de suppression est passée et ensuite on allait arriver donc à l'article 2 et à ce moment là à ce moment là il faut bien que je sais que c'est un peu technique mais il faut comprendre la manipulation c'est à dire que ce que ce que c'est de faire la macronie c'est que le texte retournant à l'Assemblée dans l'hémicycle le 8 juin et bien il y a elbron pivée puisse brandir elle l'article 40 c'est à dire que si le président de la commission des finances doit donner avant la commission son aval sur ce fameux article 40 vous savez celui qui comme je vous disais tout à l'heure suppose que on est des financements c'est à dire une loi qui peut être ok en disant bah là vous faites une loi mais il y a pas de quoi financer cette loi le président de la commission des finances pardon le fait en amont mais ensuite dans l'Assemblée nationale la présidente de l'Assemblée a c'est les pollens la présidente de l'Assemblée a la possibilité elle de le brandir mais pour le brandir il faut que ça arrive sur un amendement ça peut pas arriver sur la loi telle qu'elle vient il faut qu'il y ait un amendement et si cet amendement contient justement une proposition dont l'aggagement financier pourrait-elle juger y recevable par la présidente de l'Assemblée et bien vous voyez elle peut le retoquer donc c'est ces techniques mais c'est vous dire si c'est si c'est sucre parce que c'est pas évident à comprendre pour le grand nombre or c'est vraiment de la manipulation antidémocratique de très haut vol donc une fois qu'ils avaient supprimé l'article 1 ils étaient plutôt dans l'idée de pouvoir maintenir l'article 2 par exemple parce que la loi soit aucun des articles n'est adopté et dans ce cas là elle revient en entier dans l'émission c'est à dire que le 8 juin pas finalement on aurait repris le texte initialement proposé et donc à l'intérieur il y aurait eu le passage de 64 à 62 ans et donc il y a une bonne Pivet n'aurait pas pu brandir l'article 40 si en revanche il reste un article par exemple l'article 2 ça arrive dans l'hémicycle et là évidemment nous qu'est-ce qu'on fait et notamment le groupe kiosque il met un amendement pour réintroduire ce qui a été détricoté en commission le fait que on passe de 64 à 62 ans et là à ce moment là sur cet amendement il y a une brune Pivet peut faire un acte d'autorité et dire avec l'article 40 et bien je censure en fait cette cette amendement et donc la possibilité de la loi parce qu'évidemment si on enlève ça la loi il y a plus rien dedans elle n'a absolument plus aucun sens et donc ce matin nous nous avions prévu toute une série d'amendements pour essayer justement de tout faire en sorte d'en fait de mener une bataille jusqu'au bout pour essayer que la loi arrivant le 8 juin soit une loi sur laquelle il y a le Pivet ne peut pas brandir sa Tarticle 47 c'était notre enjeu le plus fort parce que si nous sommes convaincus qu'il y aurait eu une majorité à l'Assemblée nationale je pense que les macronistes en sautent tout autant convaincu parce que sinon il mettrait pas autant d'acharnement à le faire et donc on avait déposé beaucoup beaucoup d'amendements par centaines centaines centaines pour essayer de gagner du temps en se disant que ben on verrait bien si les macronistes étaient aussi déterminés que nous à rester et puis par ailleurs c'est notre droit d'amendement et à un moment donné on aurait vu on voulait pas que ça passe comme une lettre à la poste et on voulait également que les macronistes soient mis devant la défense acharnée de leur truc et nous la défense acharnée du fait qu'on voulait que la loi puisse être puissait de voter et là il s'est passé un truc totalement inédit mais inédit sans doute totalement inédit dans l'histoire de cette Assemblée nationale c'est que la présidente de la commission a décidé de refuser tous nos sous-amendements elle a dit il y a plein de sous à mon nom c'est de l'obstruction et donc je ne les prends pas et là il faut reconnaître quand c'était attendu à tout mais un truc pareil jamais absolument jamais jamais et moi de mémoire ayant fait la précédente loi sur les retraites dans le précédent mandat où on avait déposé je sais pas si vous en souvenez mais c'était des dizaines de milliers d'amendements et oui on avait passé un temps fou en commission et on voulait faire retarder retarder parce qu'on voulait pas que ça puisse être voté pendant en plus qu'il y avait la mobilisation dans la rue bon à l'époque c'était le covid qui avait eu la peau de la loi mais là donc on était parti dans cette bagarre là et on a une présidente de la commission qui dit je ne prends pas je n'accepte pas que ces amendements soient débattus alors là pour vous dire le niveau de folie

11:19
Non speech

[Musique]

12:08
Clémentine Autain

à tout pouvoir en fait pour organiser les débats donc elle a tout pouvoir pour organiser les débats mais elle n'a pas tout pouvoir pour s'asseoir sur les droits constitutionnels et notamment celui élémentaire pour un député de déposer des amendements donc on était quand même sidérés du niveau d'autoritarisme dont tu as fait preuve la présidente de la commission évidemment avec la valve de la présidente de l'Assemblée nationale personne ne peut croire qu'elle a fait tout ça toute seule de son propre de son propre chef d'autant plus que à un moment donné comme nous avons crié notre colère très fortement elle a arrêté la séance elle réuni le bureau de la commission et le bureau de la commission lui a donné son aval en disant oui oui on confirme alors là il y a eu un vote mais on confirme nous ne prenons pas l'ensemble de ces amendements donc on était très très en colère très en colère et nous avons quitté la séance après cela puisque de toute façon l'article 1 avait été d'une toute petite majorité supprimée et ensuite ils ont fait un cinéma sur l'article sur l'article 2 et l'article 3 bon de toute façon c'est l'histoire des gages donc c'est des parce qu'il y avait le plus de sens donc on sort de là inquiet un qui est parce que parce que c'est vrai que le cours autoritaire de la macronie on a l'impression que c'est un puissant fond et on se demande à quel moment ils vont s'arrêter alors c'est quand même très dangereux c'est très dangereux en terme de jurisprudence que ça crée si demain nous avons un pouvoir autoritaire vraiment encore plus autoritaire qui arrive je pense évidemment à l'extrême droite dans les les idées sont des idées d'ordre un point tel que la démocratie n'est pas du tout dans leur ADN bon si eux ils arrivent là ils mettent des chaussons et puis tout est prêt une certaine manière ils peuvent aller encore des grands dessus donc c'est c'est extrêmement extrêmement grave et puis c'est un déni qui est un déni d'autant plus insupportable que comme vous le savez parfaitement la majorité des Français contre la majorité des syndicats a dit son refus des millions et des millions de gens ont défilés dans la rue et là vous avez une macronie qui non seulement n'entend rien mais est complètement étriqué s'accroche au pire de la Cinquième République des des mécanismes voire en Bafou même des la constitutionnel pour empêcher le fait que nous ayons un vote à l'Assemblée nationale qui mettrait à nu évidemment la légitimité du gouvernement qui en a déjà pas qui n'a pas de légitimité populaire mais qui aurait même pas de légitimité à l'Assemblée nationale pour imposer une immense régression sociale c'est-à-dire d'imposer aux gens de travailler deux ans de plus donc c'est c'était du lourd ce matin et c'est compliqué à expliquer c'est vrai qu'on est face aussi à des médias qui qui sont obligés d'aller vite et qui font parfois des raccourcis on comprend pas très bien ce qui se joue donc je voulais prendre le temps de vous expliquer cette mécanique parce que je pense qu'elle dit beaucoup de ce qu'est la macronie de ce que nous aussi nous essayons de faire avec les députés de la France insoumise et globalement de toute la nupais ce qui était soudée ce matin pour pour se battre sur ce cette proposition loi mais aussi pour hurler à ce déni improbable hallucinant de démocratie et maintenant nous avons la suite donc la suite comme je l'ai dit au début c'est le 6 juin dans la rue donc je trouve c'est une raison supplémentaire d'y aller et le 8 juin où nous allons voir comment la macronie compte s'y prendre mais le risque évidemment est que l'autoritarisme continue jusqu'à empêcher un vote à l'Assemblée nationale nous avons quelques jours pour que la polémique monte et que les Français entendent et que ça fasse de l'écho parce qu'il est inadmissible d'avoir à ce point une incapacité de ce gouvernement de ce pouvoir en place d'écouter la voix des parlementaires la fabrique de la loi normalement ce sont les députés alors les empêcher de pouvoir légiférer c'est quand même absolument insupportable et inadmissible et je vous dis donc un mardi 6 juin dans la rue