Nicolas Dupont-Aignan invité de CNews (2 septembre 2019)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 37 %Attaque 45 %Défensif 18 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 73 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:27OuverteÉludée
Pourquoi avez-vous parlé de fascisme vert après l'attaque de Villeurbanne ?
- 1:55RelanceRéponse partielle
Le procureur évoque un délire psychologique, pas un attentat terroriste. Est-ce qu'on peut admettre que c'est un déséquilibré ?
- 8:41OuverteRéponse directe
Agnès Buzyn annonce des mesures pour soulager les urgences. Réaction ?
- 11:25RelanceRéponse partielle
Le maire de Villeurbanne parle de récupération politique après votre tweet. Réponse ?
- 21:40OuverteRéponse directe
Quels chiffres pourriez-vous donner sur le droit d'asile ?
- 25:35OuverteRéponse directe
Donnez-vous quitus à la réforme du bac avec drapeaux et Marseillaise ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:55Invité politiqueFait
« Cet homme, c'est un demandeur d'asile. Il a circulé en Europe, il a circulé dans cinq pays, absence de contrôle des frontières. »
- 3:07Invité politiqueFait
« Il avait trois identités, trois dates de naissance, pour être précis, trois dates de naissance. »
- 4:16Invité politiqueChiffre
« Quand vous rentrez en Israël... 30 000 personnes en ont bénéficié en 2018. Oui, et il y a eu 122 000 demandes qui ont doublé depuis 2007. »
- 10:34Invité politiqueFait
« Les moyens des hôpitaux publics ont tellement été comprimés depuis 10 ans, quels que soient les gouvernements, droite, gauche. »
- 10:43Invité politiqueChiffre
« On a fermé des lits par milliers. »
- 27:30Invité politiqueFait
« C'est-à-dire que, selon l'établissement où vous allez venir, on va arriver à une inégalité et dans le CV, on vous dira vous venez de là, donc votre bac, il ne vaut rien. »
- 27:48Invité politiqueFait
« Donc moi, je crois au bac égalitaire. »
- 29:41Invité politiqueChiffre
« Les enseignants français sont les plus mal payés d'Europe, quasiment, pas tout à fait les plus mal. »
- 30:21Invité politiquePromesse
« C'est évident et moi j'avais proposé à la présidentielle qu'on puisse mieux payer les enseignants qui passent plus de temps dans l'école, dans le collège, notamment de temps d'accompagnement des élèves les plus défavorisées. »
- 30:35Invité politiqueFait
« Il faut revenir à une école de la méritocratie avec des bourses, des internats, c'est-à-dire, moi je crois, alors il ne faut pas faire de la nostalgie parce que l'école de la Troisième République, ce n'était pas non plus... »
- 31:31Invité politiqueFait
« Et la plupart des enseignants, vous savez, ils ont envie d'aider leurs élèves. Ils sont d'un dévouement incroyable. »
- 32:30Invité politiqueFait
« Parce que si les urgences sont débordées dans les centres-villes, c'est parce qu'on a fermé tous les hôpitaux de proximité. Toutes les maternités de proximité. »
- 32:58Invité politiqueFait
« Moi, je crois que tout ce qui est de proximité est meilleur. Et pas plus cher que ça. »
- 33:40Invité politiqueFait
« C'est un peu comme dans les téléfilms, les journalistes et les hommes politiques sont un peu comme... On fait jouer toujours les mêmes rôles aux acteurs. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan53 %
- Présentateur15 %
- Locuteur 211 %
- ?9 %
- Locuteur 77 %
≈ 38,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
L'invité de Soir Info, une interview en deux temps,
d
'abord 15 minutes de face à face et puis les chroniqueurs du soir qui débriefent l'interview et qui vont plus loin ce soir.
J
'accueille Rachel Bignas, journaliste au magazine Causeur et Olivier Dartigol, chroniqueur politique, ancien porte-parole du Parti communiste. Bonsoir à tous les deux et merci d'être là. Bonsoir Nicolas Dupont-Aignan. Bonsoir monsieur. Bienvenue, vous êtes le président de Debout la France. Je commence avec l'actualité, l'attaque de Villeurbanne ce week-end. Sur Twitter, vous avez rapidement parlé de fascisme vert. Pourquoi
?
Après, bien après, j'essaye de comprendre ce qui se passe dans mon pays et en Europe. Et je remarque que depuis le début des attentats, Charlie Hebdo,
il
y a 250 Françaises, Français qui sont morts.
Et
à chaque fois, dans des cas différents, c'est la même idéologie qui inspire les tueurs.
C
'est-à-dire une idéologie d'islamisme fondamentalisme qui tue au nom de Dieu.
Qui
n'a d'ailleurs rien à voir avec les Français qui pratiquent leur foi calmement.
Et
je dis que la société française, ou plus exactement les dirigeants français,
font
la politique de l'autruche. Et qu'à chaque attentat, chaque attaque, parce qu'on a discuté attentat,
attaque, terrorisme, islamisme,
c'est les mêmes commentaires. Je regardais les chaînes de télévision le soir de l'attaque de Villeurbanne.
Et
j'entendais le même déni de réalité, la même volonté toujours de minorer les faits, de minorer les causes, et de ne pas s'interroger sur les moyens
de
lutter contre ce fascisme vert, de lutter contre ceux qui le mènent, qui sont en train de fracturer notre société, et de prendre des mesures qui ne régleront pas tout. Parce que moi, je ne
vais
pas vous dire ce soir, il y
a
une recette miracle. Mais en revanche, à un moment donné, il est temps de prendre les mesures nécessaires.
Nicolas Dupont-Ténier, j
'entends vos arguments pour plusieurs attentats qui ont été revendiqués, allégeance à l'État islamique, ou pour d'ailleurs certains attentats qui ont été déjoués, il y en a eu aussi. Heureusement, grâce
à nos services de police, qui font un travail remarquable souvent. Il faut leur
rendre hommage, on est bien d'accord. Mais là, je vais reprendre les termes, c'est en fin d'après-midi qu'on a appris la mise en examen du suspect. Assassinat, tentative d'assassiner, il n
'y a
pas le mot attentat, il n
'y
a pas le mot entreprise terroriste. Le procureur de la République met en avant des propos délirants de l'agresseur, je vais essayer d'être précis, qui a entendu des voix insulter Dieu et lui donner l'ordre de tuer. Il affirme qu'en un élément ne laisse apparaître une quelconque radicalisation de
l
'intéressé, il n'en croit pas le terme d'attentat. Vous voyez ce que je veux dire ? Est
-ce qu'on peut
admettre que c'est un déséquilibré ?
Peut-être musulman, mais un déséquilibré. J'ai amené un
livre,
Soumission, de Michel Houellebecq. Je l'ai lu pendant les vacances.
Je
l'avais lu quand il est sorti en 2016, et il ne m'avait pas frappé comme il m'a frappé pendant les vacances. J'invite ceux qui me regardent à le lire.
Et
la réaction du procureur, on pourrait la mettre dans le livre Soumission de Michel Houellebecq. C'est-à-dire que tout est fait
pour
endormir les Français. Je suis désolé, cet homme, c'est un demandeur d'asile. Il a circulé en Europe, il a circulé dans cinq pays, absence de contrôle des frontières. Il avait trois identités, trois dates de naissance, pour être précis, trois dates de naissance.
Il
a eu les papiers français de demandeurs d'asile, de réfugiés de l'OFPRA. Il a eu une carte de séjour. Cela veut dire que même si on admet qu'il est dérangé psychologiquement, cela veut dire qu'on a laissé rentrer sur notre sol cet homme. Et cet homme, il a tué au nom de Dieu. Le procureur l'a dit, ce n
'est
pas moi qui l'ai dit. Il
a entendu les voix de Dieu.
Il dit surtout délire psychologique. Oui, bien sûr. Parce qu'il ne
faut
pas affoler la société française. Il ne
faut
pas dire la vérité. Il faut endormir
les Français. La vérité, c'est peut-être
que cet homme est fou. Mais peut-être. Certes, musulmans, certes, demandeurs d'asile, certes
avec un statu de l'OFPRA. Mais c'est curieux. Il
y a eu 250
morts. C'est peut-être un peu tôt d'ailleurs. Il n'y a que des fous. Vous
ou moi,
on puisse être décisif. Mais
je ne suis
pas décisif. Je dis simplement qu'il
y
a eu 250 morts depuis quelques années. Et qu'à chaque fois, les autorités, quels que soient les gouvernements, ont nié les phénomènes. Et ce que je dis, si on écoute précisément ce que j'ai proposé, j'ai dit quoi ? Quand j'ai remis à François Hollande, au lendemain de Charlie Hebdo et du Bataclan, une liste au nom de Debout la France de 25 mesures. Contrôle des frontières nationales. Revoir le fonctionnement du droit d'asile. Je crois au droit d'asile. Convention de Genève. Il est détourné. Et je dis simplement, quand vous rentrez en Israël... 30 000 personnes en ont bénéficié en 2018. Oui, et il y a eu 122 000 demandes qui ont doublé depuis 2007.
Et le nombre d'asile accordé a triplé depuis 2007. Pourquoi dites-vous qu'il est détourné ? Je vais vous dire pourquoi. Parce que 80% des demandeurs d'asile qui sont refoulés, là, ils n'étaient même pas refoulés, ce qui est encore pire, ne sont pas expulsés du territoire français.
Voilà pourquoi, avec Debout la France, nous proposons depuis des années, avec des experts, que les demandes d'asile soient examinées à la frontière du pays, que les demandeurs d'asile séjournent dans des centres de rétention, et que comme dans beaucoup de pays du monde, on examine les demandes d'asile en amont, et qu'on puisse éviter que ce genre de profil, admettons qu'il soit fou, puisse entrer sur le territoire français, bénéficier de papiers, et tuer un gamin de 19 ans.
J'ai une fille de 19 ans.
On ne dit pas, évidemment, les victimes,
cette victime et les autres, les familles...
Mais oui, mais on ne les oublie pas.
Je
le sais que
vous ne les oubliez
pas.
Mais
le rôle d'un responsable
politique, excusez-moi, c'est quand même à un moment donné, quand il y
en
a eu 250, les jeunes filles égorgées à la gare Saint-Charles. Souvenez-vous, on nous a dit quoi ? Ah, c'est un accident, c'était un migrant irrégulier qui a été libéré par erreur. Ceux qui ont tué, égorgé, ici ou là, les policiers à Maninville, le chef d'entreprise qui
a eu sa tête sur un grillage... Pardon Nicolas Dupont
-Aignan, mais cycliste,
on ne s'en souvient... Mais oui, mais on n'en parle plus... Mais non, non, excusez-moi... Je voudrais qu'on revienne à ce qui s'est passé à Villeurbanne. Excusez-moi un instant.
Je vais vous redonner la parole.
Je vous en prie. Pour entendre le
maire de Villeurbanne,
merci. Oui,
alors ça c'était
grandiose. Le
maire PS de Villeurbanne, il parle de récupération politique après avoir lu votre tweet, ceux de Marine Le Pen ou de Jordan Barnella. On écoute le maire de Villeurbanne.
Il ne
reste
malheureusement que l'extrême droite à travers ses porte-parole qui s'est engouffré, je trouve, d'une façon assez honteuse dans ce qui est un fait divers terrible et qui pour l'instant ne peut pas être confondu avec la politique migratoire. Il est normal que dans ce pays, il
y ait
des demandeurs d'asile. S'il faut contester cela, alors à ce moment-là, on conteste les fondements de la Constitution, les fondements de notre pays.
Jean
-Paul Bray qui dit on conteste les fondements de notre pays.
C'est
inhurissant. D'abord parce que, fait divers, il a eu le mot, vous pouvez vérifier, incident, incident tragique.
Mais
enfin, je rêve.
Et
les Français sont scandalisés. Et deuxièmement, je ne demande pas de supprimer le droit d'asile. Au contraire, je demande que le droit d'asile ne soit plus détourné. C'est quand même le droit de la France, comme le fait Israël, comme le fait le Maroc, comme le fait l'Algérie, comme le font les États-Unis, comme le font tous les pays du monde, de savoir qui rentre sur son sol. Trop de déséquilibrés, trop d'islamistes, trop de maniaques, trop de gens qui veulent semer la haine rentrent sur le sol de l'Europe et commettent des forfaits inqualifiables. Mais enfin, est-ce qu'on va continuer avec des gens inconscients comme le maire de Villers-Bannes
?
C'est
-à-dire
que tous les demandeurs d'asile ou tous ceux
qui viennent dans notre
pays pour chercher du travail sont forcément des fous,
des violeurs, des
assassins en puissance ?
C
'est l'inverse. C'est que si vous laissez, comme on le fait depuis des années, rentrer n'importe qui, vous déconsidérez ceux
qui
sont normaux, et vous faites l'amalgame. C'est
vous qui faites l'amalgame. Non, c'est l
'inverse.
C
'est que quand on n'a pas des hommes d'État au pouvoir, et quand on a la chien-lit, et quand on ne fait pas de différence entre le violeur, l'attaquant, le terroriste, et le simple étranger qui arrive et qui respecte nos lois, alors là, on crée les conditions de l'amalgame. Et moi, je ne sais pas
si vous voyez ce qui se passe en Allemagne.
Villeurbanne, quand il est rentré sur le sol français, il était peut-être en parfaite sentimentale. Mais
on aurait pu le contrôler, et on n'en sait rien.
Ben non. On n'en sait
rien, mais il n'a pas été contrôlé. Mais vous non
plus. Non, je dis que trop, c'est trop, il y en a eu trop. On ne
va
quand même pas inverser la charge de la preuve. C'est-à
-dire,
ce qui est absolument aussi fascinant, et je renvoie au livre sous mission, c'est qu'après cet attentat, au lieu que la communauté nationale
se
rassemble, le maire de Villeurbanne de gauche, le personne de droite est doute, en disant, ça ne peut plus durer, il faut qu
'on
trouve des mesures, qu'est-ce qu'on peut faire ? Ah non, tout de suite, on tombe à bras raccourcis sur les quelques personnalités politiques courageuses qui disent, ça suffit. Eh
bien, moi, j'ose
dire, ça suffit, et j'ose dire qu'il y a des solutions à
prendre qui
ne résoudront pas tout, je n'ai jamais prétendu. Jamais prétendu. Vous pouvez reprendre toutes mes déclarations depuis Charlie Hebdo que l'on pouvait résoudre tous les problèmes d'attentat.
Je dis simplement qu'on peut faire
mieux. Et je crois qu
'on doit essayer pour la mémoire des victimes. Autre fait d'actualité de cette fin d'après-midi, de ce début de soirée, c'est Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, qui était en déplacement à Poitiers et qui annonce une première série de mesures pour soulager les urgences, à la suite des premières recommandations, notamment du professeur Carly. Elle annonce qu'elle va permettre au SAMU de ne plus être dans la logique du tout urgent, c'est-à-dire que les médecins du SAMU pourront décider d'orienter un malade vers un cabinet généraliste ou vers une maison de soins.
Déjà, sur ce point précis, une réaction, et puis peut-être plus globalement sur la façon dont la ministre de la Santé gère cette crise des urgences depuis presque six mois.
La ministre de la Santé, c'est un peu Marie Chantal à l'hôpital. Je veux dire par là, et je le dis très gravement, qu'on a l'impression qu'elle ne connaît pas l'hôpital public.
C
'est un grand médecin. Oui, mais il y a beaucoup de grands médecins qui ne vont pas souvent sur le terrain des urgences. Elle l'a été. Elle l'a été peut-être. En tout cas, il faudrait qu'elle sorte sans les appareils ministériels. Je vais vous dire pourquoi. Parce que les SAMU,
ce
sont les cas les plus graves.
Et
ce qui embouteille les urgences en général ne
sont
pas les SAMU,
pas
du tout.
Ce
qui embouteille les urgences, c'est quand vous avez un gamin malade la nuit, dans ma ville, je suis ailleurs, je ne suis plus maire mais je suis conseiller municipal, quand vous avez un gamin malade, il n
'y a
plus de médecin, vous ne savez pas quoi faire, vous ne savez pas qui appeler et qu'est-ce que font les parents ? Et on ne peut pas leur en vouloir. Ils filent aux urgences. Et si vous allez aux urgences dans les hôpitaux, j'invite Mme Buzyn à y aller, incognito, elle verra que 90% des arrivées, ce ne
sont
pas du tout les SAMU. Vous feriez quoi ? Donc, je ferais deux choses. Je crois qu'il faut absolument d'abord renforcer la médecine de ville.
Et
à force de bureaucratiser la médecine de ville, on l'a cassée. Et s'il n'y a pas une médecine de ville disponible, avec des maisons de soins, il y
a
des efforts de fait par le gouvernement, donc moi,
je
ne
suis
pas dans la critique systématique. On n'arrivera jamais à traiter le problème des urgences. Et le deuxième point fondamental, c'est que les moyens des hôpitaux publics ont tellement été comprimés depuis 10 ans, quels que soient les gouvernements, droite, gauche, en faisant croire aux Français que si on réduit les moyens, il y aura moins de malades. On a fermé des lits par
dizaines.
On a fermé des lits par milliers, par dizaines de milliers. Il n'y
a
pas les moyens. Donc, il y a une population qui augmente en France, il y a une immigration forte, non contrôlée, qui pèse sur l'hôpital, et il y a des restrictions de moyens, avec un taux de croissance des moyens des hôpitaux publics, absolument dérisoire. Eh bien, il
y a
un moment, il
y
a un embouteillage. Plus de médecine de ville, moins de moyens à l'hôpital, et plus de personnes à soigner, il n
'y a
pas besoin de faire polytechnique pour comprendre que ça pète. Alors, je dis à Mme Buzyn, médecine de ville, elle a commencé, il faut renforcer, notamment faire sauter le... ce qu'on appelle le quota des médecins, pour qu'il
y ait
davantage de médecins, mais qu'ils aillent en ville, et puis surtout, il faut desserrer les cordons de la bourse sur l'hôpital public. Voilà, il n
'y
a pas d'autre solution.
Merci Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France. Et comme promis, vous restez avec nous, avec
toi. Les
chroniqueurs du soir préparent, ont préparé leurs questions, leurs réactions. C'est tout de suite sur CNews.
C
'est l'invité de France Info, Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la France. Et c'est la seconde partie de cette interview avec les chroniqueurs du soir. Rachel Binaz,
qui
est journaliste au magazine Causeur. Rebonsoir, Rachel. Et bienvenue dans cette nouvelle tranche d'infos sur CNews. Et Olivier D'Artigol. Bonsoir, Olivier. C'est votre second lundi, il y
en
aura d'autres. Je l'espère, en tout cas c'est prévu pour. Vous êtes chroniqueur politique, ancien porte-parole du Parti communiste. Voilà pour vous situer. Je vous propose, Olivier, de démarrer. J'imagine que le discours de Nicolas Dupont-Aignan sur le droit d'asile vous fait réagir.
Oui, j'étais attentif à cette première partie d'entretien, bien sûr. Et j'ai suivi un peu, pour préparer l'émission, Nicolas Dupont-Aignan, la manière dont vous vous êtes exprimé sur cet acte ignoble de ville urbaine.
Et
vous avez aussi dit, sur votre entrée politique, que vous vouliez revenir aux fondamentaux, au gaullisme social, avec peut-être un début de méa culpa sur le fait qu'il faut être dans la proposition, pas toujours dans... Tout à fait. Alors j'ai du mal à vous suivre. Parce qu
'après
cet acte ignoble, vous tweetez, le gouvernement doit faire toute la transparence.
Et
avant même que nous ayons des éléments sur la personnalité, le profil de celui qui a commis cette horreur et qu'a rappelé Thomas Hugues, profil psychologique, psychotique comme le dit l'expert psychiatrique qu'il a examiné en garde à vue,
vous
allez sur ce thème du fascisme vert
et
vous embriez le pas à d'autres expressions politiques, en effet, qui en fait viennent à l'origine de cette personne-là, c'est-à-dire ses racines. Et donc j
'ai
le sentiment que vous retombez dans vos péchés et que vous n'allez pas vers
ce
chemin que vous aviez indiqué et on va revenir aux fondamentaux. J'ai l'impression que vous récidivez. Ah ! Eh bien écoutez,
je reviens tout simplement
à
ce que j'ai constaté. À chaque attentat, à chaque attaque,
à
chaque acte terroriste, il y
a
des nuances.
Mais
le
parquet antiterroriste n'est pas saisi. Nous
ne sommes
pas dans le
cas d'un attentat.
C'est un acte à motivation, il est évident, religieuse, islamiste, par un homme qui a été accueilli en France et qui est passé à travers l
'image du fil. Mais qu'un élément vous permet de
dire ça ?
Mais écoutez, ce monsieur, il y a beaucoup à égorger, à utiliser un couteau de 30 cm.
Il a eu des paroles.
Le procureur, le procureur de la République a employé le mot. il a entendu la voix de Dieu et il a estimé qu'il devait tuer. Au fil psychotique. Et vous avez même une vidéo qui
a circulé. Quelqu'un qui entend
des voix, c'est différent. C'est différent d'un terroriste qui fait allégeance à Daesh, enfin l'État islamique. Il
y a des nuances,
bien évidemment, mais chaque cas est différent. Ce que je veux dire, c
'est que c'est à moi... Vous comprenez
bien. C'est surréaliste. C'est à moi, sur un plateau de télévision, de m'excuser, de
ne pas s'avoir employé peut-être... Non, on ne vous demande des explications. Ce n'est pas le bon
mot ou le mot particulièrement précis, alors même que vous voyez bien que tous les deux mois, tous les trois mois, tous les six mois, nous avons le même type de phénomène, c'est-à-dire des gens qui sont entrés sur notre sol, qui viennent de pays où il y a une influence islamiste fondamentaliste que l'on n'a pas contrôlée et qui égorge, c'est-à-dire quand on égorge et pas on tue quelqu'un parce qu'on lui a pris son porte-monnaie, au nom de Dieu. Eh bien, si la société française refuse de voir le danger, on continue comme ça. Moi, je vous dis simplement, et mes paroles ont été très modérées, je vous dis que le droit d'asile, oui, il
y a un
fascisme
vert, et
d'ailleurs, je vais vous dire pourquoi j'ai répondu là-dessus, mais le droit d'asile doit être revu.
Et
deuxième point, pourquoi j'ai parlé de fascisme vert, mais pas le jour même, le lendemain, j'ai parlé de fascisme vert parce qu'on m'interrogeait
en
me faisant passer comme toujours pour n'aimant pas les étrangers. Alors, vous n'aimez pas les Afghans, vous n'aimez pas ceci, etc. J'ai dit, ce n
'est
pas un problème d'étrangers. C'est le problème
que
quand on vient en France, vous savez, debout la France, il y
a
des gens de toutes les couleurs, de toutes les religions.
Mais
quand on vient en France, on épouse une civilisation, une république qui est laïque, qui respecte les femmes, qui refuse l'islamisme radical. Et ce que je vois aujourd'hui, c'est qu'on a abandonné face à un nouveau fascisme
et
qu'il y a les collabos du fascisme. Et les collabos du chaschisme, c'est tous ceux qui nient
l
'avancée de l'islamisme radical dans notre pays et qui abandonnent d'ailleurs même les Français musulmans. Si
on peut échanger, Nicolas, je
vous dis ce que je ressens. On ne nie pas un fondamentalisme religieux tel qu'il peut s'exprimer dans l'horreur et la barbarie sur des attentats caractérisés. Vous savez très bien là où il y a problème, pour moi en tout cas, on peut en discuter, sur votre expression, c'est que le responsable politique que vous êtes et la responsabilité politique dans de tels moments doit, j'ai envie de dire, être dans le discernement. Vous n'évoquez pas le profil psychiatrique de la personnalité qui a, en aucun cas, on a des éléments très précis sur ce qu'on appelle donc des, je ne
suis
pas un spécialiste en psychiatrie, mais un état psychotique avec des délires paranoïdes à thématiques multiples dont, pardon Nicolas Guipoignan, dont la thématique religieuse, etc. C'est que... C'est l'une des thématiques.
C'est l'une des thématiques. Ce que je
veux simplement
dire, c'est pourquoi dans
votre expression, comme dans l'entretien avec
Thomas
Hugues, vous ne faites pas un détour par cette réalité. Eh bien, je vais vous faire un détour par cette réalité.
C
'est encore plus
grave. Ce qui, pour
moi, pose la question de la psychiatrie en France et de la manière dont...
C'est un autre
débat, mais
qui est réel. Est-ce que la
France a vocation à accueillir tous les fous du monde
?
Non, mais c'est quand même surréaliste que vous me dites. C'est encore pire. Ça veut dire que si vraiment ce monsieur est fou et...
Mais
on a accueilli des La Salabatili qui sont des héros de l'hypercachère. Le jeune conducteur qui le maîtrise, il s'appelle
Abdelkader.
La France est belle de ces
itinéraires-là. Et
justement,
et
justement, si on veut que la France continue à accueillir des Abdelkader et des gens qui
aiment la
France et qui la défendent et les valeurs de la France, elle a intérêt à ne pas laisser rentrer des fous, des islamistes, des dangereux personnages qui créent
le
climat qui est aujourd'hui dans notre pays.
Je n'accepte pas... Je n
'accepte pas que les procédures de l'OFPRA, que les procédures soient aussi laxistes. Je sais comment ça fonctionne. J'ai quelqu'un qui a travaillé dans cet organisme. À chaque fois qu'il refusait quelqu'un, on lui disait non, il
faut
le laisser passer. Et je n'accepte pas que dans notre pays, il y ait eu 122 000 demandeurs d'asile en 2018, augmentation de 22%, que
sur ces
122 000 demandeurs
d'asile,
il n
'y
ait eu
que 33 000
acceptés et
que
les autres ne soient pas expulsés.
Vous avez eu beaucoup la parole. Rachel, je vous propose d'entendre
juste avant le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur, M. Nouniez, qui parle justement du bilan de son gouvernement en matière de personnes ramenées aux frontières françaises. On l'écoute.
Nous reconduisons. Dans ce pays, jamais nous n'avons reconduit autant de personnes. Nous ne cessons d'augmenter le chiffre des reconduites. Les augmentations sont à deux chiffres et ça se poursuit en 2019 et en 2018. Vous savez, la politique de la France en matière d'asile et d'immigration,
c
'est une politique qui est une politique humaine, donc en accueil pour ceux qui sont en besoin de protection, mais c'est aussi une politique de fermeté qui vise à reconduire ceux qui n'ont pas soit de droit au séjour sur le territoire national, soit qui ne sont pas en besoin de protection. De l'humanité.
Rachel Bignas du magazine Causeur qui n
'est
pas le magazine le plus angélique en matière de...
Causeur et d'autres.
Je vais revenir avant de rebondir sur les
bons mots
de M. Nunez. Je voudrais quand même revenir sur ce
que
vous avez dit parce que j'étais assez sidérée, pour ne
pas
dire quelque peu admirative, par la manière que vous avez de tout mélanger et d'avoir recours à des espèces de syllogismes qui sont assez malvenus, notamment de la part de quelqu'un qui vise les plus hautes fonctions de l'État. Je m'explique. Il y a une espèce... Vous avez tout mélangé entre droit d'asile, terrorisme, attentat... Alors vous avez peut-être des éléments qu'on n'a pas sur ce qui s'est passé, sur ce drame qui a eu lieu à Villeurbanne. Il suffit pour vous de qualifier un acte de terroriste parce que cette personne est afghane et aurait entendu des voix dont la voix de Dieu pour en faire un attentat... Il
l'a dit. Pour en faire un attentat...
Vous avez pu parler,
je vous ai terminé. Merci.
Pour en faire un attentat fondamentaliste, islamiste. Je trouve ça assez surprenant de ce manque à la fois de nuances et de subtilités parce qu'à force comme ça de crier au loup, quand ça arrive réellement, quand il s'agit réellement d'un attentat, en fait, on ne vous entendra plus. Ensuite,
ensuite... Excusez
-moi, il y
a
un jeune homme qui est mort qui a 19 ans.
Quel est le
rapport avec ce que je viens
de dire ? Est-ce que j'ai dit qu'il n'était
pas...
Mais comme si on voulait banaliser cet acte... À quel moment
j'ai voulu le banaliser
? Cette indignation... Je suis
révolté. J'ai une fille de 19 ans,
ça me révolte
ce que vous dites. Écoutez, je suis... Mais j'ai le droit de le dire. Vous avez le droit de le dire. et vous avez le droit d'avoir des accords.
Également. Vous nous avez expliqué, vous avez lu cet été Soumission, j'en suis ravie. Vous avez également...
Vous
pourriez
être sur un plateau de soumission.
Mais la position exige aussi un petit peu celle qui est la vôtre, un peu de recul, d'analyse et de lecture. Autre que soumission. C'est-à-dire des faits qui se sont déroulés.
On va en parler des
faits. Exactement. On peut revenir... Et je crois qu'en fait,
c
'est tout l'enjeu de ce drame, ce sera celui-ci, de revenir sur le droit d'asile. Ah oui. Avant tout, plus que sur la question du terrorisme. Tout
à fait. Cela
n'a pas lieu d
'être. On ne vous inquiète pas, on aura l'occasion.
Le droit d'asile.
Pour rebondir sur les propos qu'a tenus M. Nunez, je suis un petit peu moins optimiste que lui et les chiffres qu'il avance qui ne sont d'ailleurs pas extrêmement précis. On ne sait pas exactement de quoi il en retourne. En réalité, les reconduites sont extrêmement faibles en France pour plusieurs questions. Il y a plusieurs questions qui se mêlent là. Et puis, ils sont un peu tronqués parce qu'en fait, on mêle les chiffres de Mayotte. Mayotte est un territoire français. On ne remet pas en question. 101ème département français. Mais il a affaire avec une immigration très particulière, comorienne. Et voilà, il y a énormément de reconduites
qui sont dues à ça. Quand on les enlève... Nicolas
Dupont-Aignan.
M. Dupont-Aignan, la question, elle est très simple. Je peux comprendre que vous vous tentez d'exister tous les 5 ans, que ce n
'est
pas évident pour vous, que vous faites preuve d'un petit peu, de certains raccourcis pour pouvoir comme ça exister sur la scène médiatique.
C'est terrible.
Quand on est à court d'arguments,
il n
'y a
plus que ça.
Je
ne
suis
pas à court d'arguments. Est
-ce que je peux
vous répondre sur le droit d'asile ?
Sur le droit d'asile, tout simplement, quels pourraient être
les chiffres à
mettre en place ? Non, les chiffres, je
les ai. Mais si je peux vous les donner, vous permettez ? C'est peut-être intéressant pour les
téléspectateurs. On attend autrement. M. Nunez se gargarise des reconduites. Il y a eu 122 000 demandes d'asile en 2018. 122 000.
Il
y a eu 33 000 acceptées. 122 000, 33 000. Ça veut dire qu'il reste 90 000, à peu près, 89 000 exactement, déboutés.
Et
sur ces 89 000, je voudrais que les téléspectateurs soient assis, il n
'y a
eu que 18 000, 18 000 reconduites. 18 000.
Cela
veut dire qu'il y a 70 000 demandeurs d'asile en une année. Et puis ça se cumule chaque année. Qui ne sont pas reconduits. Eh bien, quand on est dans cet état de non-droit,
de
non-droit, on peut comprendre que ça ne puisse pas durer. Parce que ces personnes qui ne sont pas reconduites sont disséminées dans la nature. Ces personnes sont malheureuses, d'ailleurs, parce qu
'elles
n
'ont
pas de statut. Elles sont à la charge de la collectivité, d'une manière ou d'une autre, à la fin. Et on aboutit à obligatoirement une explosion.
Est-ce que c'est techniquement
possible ? Vous l'avez dit. Pas
d'avoir 100%. Alors je vais te récréer. Vous pouvez
contrôler avant qu'il rentre sur les électeurs. Alors c'est la proposition concrète. Parce que soyons concrets.
Vous disiez, je voulais proposer.
Nous créons des centres de rétention aux frontières. Nous essayons d'ailleurs d'avoir déjà des traitements dans les pays d'origine, mais on ne peut pas toujours le faire. C'était une idée du gouvernement. Mais je le dis, ce n
'est
pas toujours facile. Ça dépend des pays. Par exemple, l'Albanie. Il est scandaleux qu'il y ait des demandeurs d'asile d'Albanie. Ça doit être traité en Albanie. C'est un pays avec lequel nous
avons des relations. C
'est
comme
l'Algérie.
Tout à fait. Et donc, il faut en amont traiter les demandeurs d'asile. Dans le pays d'origine, ce qu'avaient proposé les républicains, des extrémistes, et ce que j'avais proposé. Mais quand on ne peut pas créer des centres de rétention, on examine la demande d'asile beaucoup plus rapidement. Ils ne sortent pas du centre de rétention tant que la demande d'asile n'a pas été examinée. Et on limite ainsi l'entrée de gens qui seront déboutés, et qui ne pourront pas repartir.
D
'autorité, de surcroît, cela dissuadera les arrivées. Mais pour faire cela, et je ne vais pas être trop long,
il
faut contrôler nos frontières nationales. Car le problème de fond, c'est que si vous regardez tous les attentats, le Bataclan, et la quasi-totalité des attentats, vous avez la circulation des terroristes en Europe. C'est un bouillon de culture, l'Europe. On a laissé rentrer beaucoup, on ne contrôle pas nos frontières, on donne de l'aide sociale, et en plus, on ne refoule pas les demandeurs d'asile refusés. C'est un détournement de la Convention de Genève. Je demande l'application de la Convention de Genève. Point barre. En quoi est-ce extrémiste
?
En quoi est-ce extrémiste
?
Je pense qu'on a passé beaucoup de temps sur cette question du droit d'asile et de Villers-Bains. Je vous propose un autre thème, c'est cette rentrée scolaire avec, parmi les nouveautés, la présence des drapeaux français et européens dans chaque classe et les paroles de la Marseillaise qui sont également affichées dans toutes les classes du primaire et du secondaire. Est-ce que vous donnez quittus au... Alors, c'est une idée d'Éric Ciotti, le député des Alpes-Maritimes, reprise par le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Est-ce que vous lui donnez quittus ? Oui, mais quand il
y
a une bonne mesure, je ne
vais pas
me plaindre. Et dans ma ville, quand j'étais maire, dès que je suis arrivé, j'ai mis un drapeau tricolore devant chaque école. Et j'en étais ravi. Et j'ai inscrit la devise
de la République. Un ministre
qui revient aux fondamentaux, apprendre à lire, écrire, compter, et qui met le drapeau dans
le régime de classe.
Mais il y a un petit mais, malheureusement.
C
'est que derrière, il y
ait
l'application de l'apprentissage des savoirs. Il faut qu'on remonte le niveau et il faut éviter, à mon avis, de détruire le bac
qui
a beaucoup souffert déjà, qui est bien abîmé, mais qu'il est en train d'achever.
C
'est-à-dire que pour moi...
C'est-à-dire
donner plus de souplesse aux élèves du secondaire, leur permettre de choisir des options,
d'intégrer
plus de contrôle
continu. Je résume
en quelques mots la
réforme du bac. Il est en
train de continuer l'abaissement du niveau de
l
'école française au moment où, face à la Chine, au Japon, au Vietnam, à tous les pays d'Asie qui ont des exigences méritocratiques absolument considérables
et
terribles. Et donc, il y a un double discours du ministre. Je pense que c'est un homme sincère. D'ailleurs, il est estimé par les Français et c'est tant mieux. Il a dit des choses justes. Des enquêtes d'opinion. Chute. Mais, dans la réalité, le niveau va continuer à baisser. C'est le self-service et surtout le bac. Moi, je suis alors un républicain méritocratique. Je suis attaché à un examen qui ne dépend pas du contrôle continu. Parce que je veux un examen égalitaire
pour
qu'on ait un niveau. Et il faut aider les catégories défavorisées et les zones défavorisées par des moyens supplémentaires à relever le niveau. Mais
il ne faut pas...
Ça, c'est
une bonne mesure qu'avait
fait Luc Ferry et qui a été reprise. Mais ça ne suffit pas. Et donc là, le grand danger de la réforme blanquer sur le bac, c'est qu'on arrive à l'école britannique ou américaine. C'est-à-dire que, selon l'établissement où vous allez venir, on va arriver à une inégalité et dans le CV, on vous dira vous venez de là, donc votre bac, il ne vaut rien. Et c'est terrible pour les jeunes. Je suis élu de banlieue. Vous avez des jeunes issus de
l
'immigration de partout qui se débrouillent très bien, qui sont remarquables, ils vont être défavorisés par ça. Donc moi, je crois au bac égalitaire.
Une réaction, je reviens à l'histoire des drapeaux parce que vous donnez quittus au ministre de l'Éducation nationale, mais ce
n
'est pas facile de réformer ce mammouth pour reprendre le mot du ministre Allègre. On écoute une syndicaliste, elle est secrétaire générale du SNES-FSU à Nice, donc la ville d'origine d'Éric Ciotti qui est à l'origine de cette idée des drapeaux et de la marseillaise. Elle trouve qu'on aurait pu mettre de l'argent ailleurs.
Quand
on nous dit qu'il
y a
des moyens pour mettre des affiches avec le drapeau et la marseillaise, nous, on demande des moyens pour enseigner correctement avec des manuels, avec des heures pour aider les élèves en difficulté. Voilà les moyens où ils doivent être mis. Pas dans des mesures de publicité politique. On fait des annonces, on communique, c'est très bien, mais très concrètement, ça ne sert à rien.
Voilà,
ça ne sert à rien, c'est radical. Il y a de la communication dans la manière dont M. Blanquer s'y prend. D'ailleurs, les sondages montrent que son image pallie un peu. J'ai deux questions. La première, c'est que le fléau dans notre pays, c'est que les inégalités
scolaires,
j'ai été président de
la
mission locale pendant six ans, donc j'avais aussi à m'occuper des décrocheurs, sont le reflet exact des inégalités sociales. Donc ça, c'est un terrible échec et géographique national qui fait que, en fait, les inégalités sont reproduites. Et il y a aussi la place de l'enseignant dans notre société
qui
devrait être davantage considérée. L'augmentation de 300 euros,
c
'est en fait, je ne rentre pas dans la technique, mais 83 centimes d'euros par jour, une baguette de pain.
Donc
ils n'auront pas le beurre ni le jambon qui va avec pour se faire un sandwich à midi.
Est
-ce que vous ne trouvez pas que sur ces deux sujets, reproduction des inégalités et la valorisation des enseignants, il y aurait vraiment quelque chose de plus conséquent à faire ?
Les enseignants français sont les plus mal payés d'Europe, quasiment, pas tout à fait les plus mal.
Pas tout à
fait,
mais très mal. Moi, j'ai toujours pensé
il y a une crise de vocation terrible qui est liée pour moi à deux choses. D'abord, un problème quand même d'autorité et de discipline dans les classes. C'est un enfer pour nos professeurs et nos enseignants. Il faut quand même savoir ce qui se passe parce que l'éducation nationale et la plupart des proviseurs et des établissements font la politique de l'autruche qu'on voit sur les attentats la même chose dans les classes, c'est-à-dire pas de vagues et ne soutiennent pas les professeurs qui doivent affronter quelques têtes fortes qui cassent le moral d'une classe. Premier point. Deuxième point, il
y a
un problème de revenu. C'est évident et moi j'avais proposé à la présidentielle qu'on puisse mieux payer les enseignants qui passent plus de temps dans l'école, dans le collège, notamment de temps d'accompagnement des élèves les plus défavorisées. Et troisièmement, il faut revenir à une école de la méritocratie avec des bourses, des internats, c'est-à-dire, moi je crois, alors il ne
faut
pas faire de la nostalgie parce que l'école de
la
Troisième République, ce n'était pas non plus... mais je crois à l'esprit de l'école de
la
Troisième République permettre à des enfants défavorisés d'accéder aux meilleurs. C'est ça la République. Et là,
tous les gouvernements ont cassé ça. La réaction de ce
syndicat c'est une
syndicalisme c'est une poste c'est une poste mais
est
-ce que c'est possible ? Non, non, non. Elle pouvait vous dire que vous
voulez l'école des choristes, vous,
mais... Elle le prend, mais je ne le fais pas. Mais est-ce que c'est
applicable ?
Est
-ce que
avec
l
'État, la culture de l'éducation nationale aujourd'hui en France, est-ce que vous pouvez appliquer Je vais vous dire, si
cette femme elle est sincère, elle croit qu'il faut opposer les moyens pour l'école et le drapeau.
Mais
l'école de la République c'était à la fois le drapeau et c'était des moyens. Donc moi je suis certain qu'il
y
a beaucoup d'enseignants qui viennent de la gauche républicaine qui sont capables d'adhérer à un vrai programme de méritocratie. Et la plupart des enseignants, vous savez, ils ont envie d'aider leurs élèves. Ils sont d'un dévouement incroyable. Et moi je n'aime pas une certaine droite qui passe sa vie à critiquer les enseignants. J'aime les enseignants parce qu'ils se dévouent. Simplement, ils ont besoin d'être soutenus,
d'être respectés et d'être payés. Vous l'avez traité de 68 heures et puis vous vous êtes dit après que c'était peut-être un peu violent. Je me
reprends. Mais non, vous savez bien, les esprits, on en
connaît plein
dans
les salles
de
classe. Vous devriez
prendre l'engagement de ne plus être méchant dans certains
moments. Je ne suis pas
méchant. Elle est très certainement... Moi je pense qu'elle est très sympa.
Et elle est une sorte d'une bonne
enseignante. Et Rachel
Binas... Mais vous voyez ce que
je veux dire.
Et
Rachel
Binas, une question sur ce thème.
des petites classes,
des
classes dans les zones ouvrages. Pour des raisons de coût aussi, simplement. Quel est votre regard
?
On est bien sûr hostile. Mais tout à l'heure, je n
'ai
pas répondu totalement à la question de M. Hugues sur l'affaire de l'hôpital. Parce que si les urgences sont débordées dans les centres-villes, c'est parce qu'on a fermé tous les hôpitaux de proximité. Toutes les maternités de proximité. Et on s'aperçoit que ça coûte plus cher à la fin. Et j'ai toujours demandé qu'on coûte le transport scolaire. Mais le transport scolaire, il est payé par les départements. Donc, en fait, on ne fait pas des additions complètes en France. C'est-à-dire qu'on renvoie la balle sur les départements. On regroupe des classes, on dit que
ça
fait des économies pour l'État. Mais les départements dépensent des fortunes en transport scolaire. La fatigue des enfants qui se lèvent à 5h du matin pour aller à l'école. Moi, je crois que tout ce qui est de proximité est meilleur. Et pas plus cher que ça.
Vous avez vu comment on fait revenir sur le social
? C
'est bien, ça.
Je
l'ai toujours été. Vous vous trompez là-dessus ? J'ai toujours
été là-dessus. très clair,
je n
'ai
jamais changé d
'avis.
Ça me permet de respirer
un peu. Mais la
caricature, mais oui. On en a besoin. Quand je
trouve. Non, mais pas j'ai lu votre... Vous
voulez du gaullisme social, Olivier, c'est ça
? Les capitans et
tout ça, c'était
quand même une
sensibilité.
Mais ce n
'est
pas l'image qu'on retient de vous.
Mais
parce qu'il
y
a la caricature, justement, dès qu'on demande
de l'ordre... Peut-être que vous
participez à votre propre caricature.
Oui,
mais sans doute, j'y réfléchis
cet été. Ça fait partie de votre mea
culpa
d'un après-européenne.
C'est un peu comme dans les téléfilms, les journalistes et les hommes politiques sont un peu comme... On fait jouer toujours les mêmes rôles aux acteurs. Parce que si je fais une conférence de presse aux européennes sur une vision des projets européens, je l'ai fait. Zéro journaliste dans la salle. Si on fait une polémique, il y
en
a beaucoup.
Donc vous avez
décidé de faire ça sur
Twitter ? Non,
je n
'ai
pas décidé de faire ça. Je veux dire par là qu'on doit tous s'interroger, éditorialistes, journalistes, hommes politiques, sur comment on remet du fond dans la politique française. Et ce n
'est
pas facile pour vous
en termes d'audimat. Il faut bien passer trois quarts d'heure ensemble.
C'est peut-être une façon Et ce n
'est
pas facile pour nous. Donc moi, je prends l'engagement à chaque critique, une proposition. Déjà, ça ne serait pas mal. Et on ferait avancer les choses pour les Français. Essayons.
Eh bien voilà, le pari est tenu. Merci Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la France. À venir.
Nicolas Dupont-Aignan