Prêt pour les présidentielles ? avec François Ruffin
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 57 %Attaque 29 %Défensif 14 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:08OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que tu appelles une primaire geyser ?
- 1:13OuverteRéponse partielle
Est-ce que ton modèle, c'est la primaire victorieuse de 2011 ?
- 2:06RelanceÉludée
Est-ce que tu réponds à ceux qui te disent qu'une primaire, c'est une machine à perdre ?
- 3:48OuverteRéponse directe
Donc vous imaginez un dispositif qui s'organise hors parti ?
- 4:14RelanceRéponse directe
Qui organise cette primaire ?
- 4:31OuverteRéponse partielle
Vous êtes candidat pour quelle partie, quelle étiquette ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31Invité politiqueFait
« Comment on fait pour retrouver des gens par millions ? On est dans un temps où le pays est dans l'apathie, dans la résignation, dans l'abattement, dans le découragement, et c'est encore pire à gauche. »
- 0:47Invité politiqueFait
« Quand je fais merci patron et nuit debout au moment de la loi travail, c'est pour faire surgir de l'énergie dans le pays. »
- 1:47Invité politiqueFait
« On a aujourd'hui une gauche qui joue en deuxième division. Comment on fait pour qu'elle joue la Ligue des champions et qu'elle puisse l'emporter ? »
- 2:51Invité politiqueFait
« On a une situation historique particulière. La situation historique particulière, c'est Marine Le Pen ou Jordan Bardella, aujourd'hui, ils sont donnés gagnants. »
- 3:11Invité politiqueFait
« Jean-Luc Mélenchon, c'est la garantie de la défaite. »
- 9:07Invité politiqueFait
« La première fois, j'ai gagné en éliminant, dès le premier tour de candidat du Rassemblement national, alors que celle qui sortait première à l'élection présidentielle dans ma circonscription, c'était Marine Le Pen. »
- 9:21Invité politiqueFait
« La deuxième élection, malheureusement, le candidat raconiste s'est tellement ramassé que ça a ouvert la voie à la candidature qu'on a fait 61-39. »
- 10:30Invité politiqueFait
« Mais il y a un changement de ton. Enfin, je considère qu'il y a un ton qui est un ton d'épouvantail, qui fait fuir les gens, qui les effraie, et il y a un ton qui peut être plus consignant et qui peut les attirer. »
- 11:20Invité politiqueFait
« Pour moi, il y a une base, qui est le programme d'un Front populaire. Il ne s'agit pas d'en faire une Bible, mais enfin, la base, elle est là, et les grandes orientations, elles sont là. »
- 12:51Invité politiqueChiffre
« Malgré son côté bricolé amateur, à la fin, il y a 500 000 électeurs. »
- 13:50Invité politiquePromesse
« On sera à 1 million, on sera à 2 millions de personnes. »
- 15:08Invité politiqueChiffre
« Il y a 9 millions de personnes qui sont allées voter. Et le 7 juillet au soir, c'est terminé. »
- 16:01Invité politiqueChiffre
« Il y a eu 400 000 personnes qui ont signé une pétition, parce qu'il y a eu des manifestations devant le siège des partis et que ça a mis une pression. »
- 30:19Invité politiqueFait
« Il y a des fruits qu'on doit faire mûrir. »
- 30:44Invité politiqueFait
« le pouvoir politique il est là non pas pour inventer la société mais il est là pour permettre au meilleur de la société d'accoucher. »
- 36:19Invité politiquePromesse
« je suis pour un embargo sur Israël comme on l'a fait sur l'Afrique du Sud de temps de l'Apartheid. »
- 37:24Invité politiquePromesse
« je suis pour qu'on ait une résolution aux Nations Unies qui disent cessez le feu à Gaza et qui disent fin des colonies en Cisjordanie. »
- 37:39Invité politiquePromesse
« je suis évidemment pour la reconnaissance de l'état de Palestine. »
- 43:56Invité politiquePromesse
« je souhaite des taxes aux frontières des barrières douanières des quotas d'importation. »
- 44:07Invité politiqueFait
« le gros souci il demeure à l'égard de l'Asie et en particulier de la Chine qui est en surcapacité de production. »
- 48:10Invité politiqueFait
« c'est triste qu'un président de la république vienne en joindre au réarmement démographique. »
- 49:20Invité politiqueChiffre
« alors c'est 2,4 ça veut rien dire derrière la virgule »
- 49:30Invité politiqueFait
« j'ai une animatrice périscolaire de chez moi qui voulait des enfants »
- 51:42Invité politiqueChiffre
« il y a 400 000 signatures en 24 heures »
- 53:10Invité politiqueFait
« quand applique secours c'était des filatures textiles il y avait des châteaux des frères saints »
- 53:33Invité politiqueFait
« Bernard Arnault a tout repris et viré tout le monde »
- 54:00Invité politiqueFait
« Jeff Fettig c'était le PDG de Whirlpool »
Temps de parole
- François Ruffin73 %
- Intervenant9 %
- Présentateur6 %
- Intervenant 25 %
- Intervenant 34 %
- ?3 %
≈ 19,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Je disais donc, désormais candidat à
l
'élection présidentielle de 2027 à travers une élection primaire dont nous allons parler évidemment. François, je me permets de te tutoyer, tu as donné une interview à Libération parue hier dans laquelle tu as annoncé cette volonté d'organiser une primaire geyser de Poutou à Hollande. Ça surprend, il y a quand même beaucoup d'éléments là-dedans. Qu'est
-ce
que tu appelles une primaire geyser ?
Il y a une question qui est la question du départage, mais il
y a
une question qui m
'est
beaucoup plus cher, c'est celle du débordement.
C
'est-à-dire ? Comment on fait pour retrouver des gens par millions ? On est dans un temps où le pays est dans l'apathie, dans la résignation, dans l'abattement, dans le découragement, et c'est encore pire à gauche. Et il y a une constante dans mon parcours, c'est de chercher le chemin, la source, avec mon bâton, qui va nous permettre de faire surgir de l'énergie dans le pays. Quand je fais merci patron et nuit debout au moment de la loi travail, c'est pour faire surgir de l'énergie dans le pays. Quand on fait la fête à Macron et derrière,
il
y a plus longtemps le mouvement des Gilets jaunes, ça fait surgir de l'énergie dans le pays. Quand le 9 juin au soir,
il
y a, au moment de la dissolution, on dit front populaire, c'est dans l'espoir, comme on jette une bouteille à la mer, de faire surgir de l'énergie dans le pays, qui va faire pression sur les partis et qui contraindra
l'Union. Est-ce que ton modèle, c'est la primaire victorieuse de 2011, celle qui a mené François Hollande au pouvoir ? C'est la seule primaire, à ma connaissance, qui a permis l'élection d'un président de la République.
Je
ne suis pas né avec un désir de primaire, ça ne m'a jamais fait rêver. Maintenant, la question que je pose, c'est quoi d'autre
?
Qu'est-ce qu'on a d'autre pour remettre des millions de personnes en mouvement, et en mouvement vers un chemin d'espoir et peut-être de victoire ? On a aujourd'hui une gauche qui joue en deuxième division. Comment on fait pour qu'elle joue la Ligue des champions et qu'elle puisse l'emporter ? Moi, je pose un chemin, vous savez, c'est Roosevelt qui disait «
Le
pays ne nous en voudra pas d'avoir échoué, mais il nous en voudra de ne pas avoir essayé ». Je pense que là, il y a quelque chose à essayer. Pourquoi ? Parce qu'il nous faut un chemin de réunion, on ne
va
pas se retrouver avec cinq candidatures. Qu
'est-ce que tu réponds à ceux qui te disent qu'une primaire, c'est une machine à perdre ou à choisir le plus mou, type François Hollande, bon exemple, et ça ne sert à rien de faire une primaire, on a déjà Jean-Luc comme candidat. C'est des critiques que j'entends beaucoup depuis que tu as annoncé ça.
Tu
vas en annoncer d
'autres.
Tous les obstacles, je vois les dizaines d'obstacles qu'il y a sur le chemin de cette primaire et sur le chemin de victoire de la gauche. D'abord, la question que je pose, c'est quoi d'autre ? Quoi d'autre pour qu'il y
ait
des millions de personnes qui se saisissent de ça et qui fassent pression sur les partis pour qu
'on
se réunisse ? Et ensuite, il n
'y a
pas de loi de l'histoire comme quoi la primaire accouche du plus mou. Benoît Hamon n'était pas le plus mou des candidats en 2016. François Fignon, dans un autre registre, n'était pas le plus mou des candidats à droite. Maintenant,
je
ne le
dis
pas, je le dis, pour moi, il n
'y a
pas d'idéal de la primaire. On a une situation historique particulière. La situation historique particulière, c'est Marine Le Pen ou Jordan Bardella, aujourd'hui,
ils
sont donnés gagnants. Et à nouveau, on a un chemin qui n'amène pas la gauche au deuxième tour. Et si jamais elle est liée avec le candidat qui fait le plus fort la dernière fois, c'est la garantie de la défaite. Jean-Luc Mélenchon, c'est la garantie de la défaite
?
Oui, c'est la garantie de la défaite. Qui veut prendre le risque aujourd'hui ? Je vous pose la question. Est-ce que vous voulez prendre le risque d'un deuxième tour, Jean-Luc Mélenchon contre Bruno Retailleau, Jordan Bardella ou Marine Le
Pen ?
Tu parlais de débordement, ça peut marcher. Révon, je te demande... Oui, Révon, si tu veux.
François
Ruffin face à eux, c'est un autre scénario.
Et François Ruffin, c'est mieux ? Je ne dis pas François Ruffin, je dis quelqu'un qui est issu d'une primaire qui a rassemblé des millions de personnes, qui a des points d'appui dans le pays et qui apparaît comme étant plus central dans la gauche, plus rassembleur dans la gauche. Vous
parliez de primaire, de sorte à faire pression sur les partis. Donc vous imaginez un dispositif qui s'organise hors parti, je suppose ? Et après, j'aurai une deuxième question dans la foulée,
s'il vous plaît. Vous savez, à l'intérieur de chaque partie de gauche aujourd'hui, il y a des identitaires et il y a des unitaires. Et il
y
a des gens qui peuvent être traversés par les deux. Un désir d'identité de leur parti et un désir d'unité. Et il s'agit de s'appuyer sur les unitaires de chaque parti. Il y
a
des partis qui vont venir. Autour de, ça a été dit, de Lucie Casté, ce qu'elle organise. Il va y avoir du mouvement à
gauche. D'accord,
mais qui organise cette primaire
? Dans l'idéal, puisque Lucie Casté se propose comme étant notre première ministre futative permanente, d'une part, et d'autre part, étant un point de rassemblement, un point de convergence de la gauche, des clés peuvent être entre les mains de Lucie Casté.
Donc Lucie
Casté organise la primaire. Vous êtes candidat pour quelle partie, quelle étiquette
? Est-ce que cette primaire, ça doit être un candidat par partie ?
Il
peut y avoir du débordement. Et ensuite, moi j'ai un autre sujet. C'est comment on répond les idées de gauche dans le pays. Aujourd'hui, on le voit sur le terrain médiatique, il n
'y a
pas une idée de gauche qui perce. On est sur la défensive, on est sur le reculoir en permanence.
On reviendra après, si vous voulez bien, justement, sur les idées, sur le fond. On avait prévu toute une séquence là-dessus. Je voulais rester sur la primaire et sur la méthode. Je trouve qu'il y a quand même un petit paradoxe à vous entendre et à vous lire dans Libération, parce que c'est surtout ça qui m'a mis la puce à l'oreille. De voir qu'effectivement, vous êtes fervents, vous êtes presque moteurs de cette union. Vous dites qu'il faut faire pression sur les partis,
qu
'il faut un candidat ou une candidate unique pour que la gauche puisse se remporter. Et lorsqu'on vous pose la question frontalement,
qui
va remporter cette primaire ? Vous dites que c'est vous. Donc d'une part, vous dites qu'il faut se reposer sur le choix des électrices et du peuple de gauche, en quelque sorte, des sympathisants et sympathisantes, qu'il faut un débordement. Mais par ailleurs, vous nous laissez entendre que le game est plus ou moins plié.
Et
moi, quand j'entends ça, je me dis que c'est paradoxal, il y a une certaine forme de contradiction. Et du coup, j'ai envie de vous demander, qu'est-ce que ça dit de votre candidature ? Qu'est-ce que ça dit de votre méthode et de votre stratégie ?
D'abord, ce que je dis dans le papier de libération, c'est « j'y vais pour l'emporter ». Ce qui est traduit en une, par « je l'emporterai ». Et ma mère m
'a
écrit un message en disant « mais c'est pas du tout toi, François ». Voilà, parce que c'est pas du tout dans mon état d'esprit de donner les résultats à l'avance. J
'y
vais pour l'emporter ou je l'emporterai, c'est quasiment la même
chose, pardonnez-moi.
J'y vais pas pour perdre, ça vous surprend
?
Ça vous
surprend que je m'inscrive
là-dedans et que j'y aille pour gagner ? Ben oui, j'y vais pour gagner.
D'accord, donc c'est vraiment déterminé.
Quand je me présente en candidature dans la Somme face à l'Assemblée nationale qui à chaque fois est à l'élection nationale, dix points au-dessus de la gauche à l'élection d'avant, à chaque fois j'y vais pour gagner, j'y vais pour l'emporter, j'y vais pas pour perdre, donc j'y vais pour gagner.
Donc du coup pour gagner, pour remporter cette primaire dans cette perspective-là, c'est quoi votre stratégie ? C'est quoi votre méthode
?
D'abord,
il
y
a
faire exister cette primaire et ensuite il y a,
pour
moi, comment on réussit à déborder du cadre de la gauche classique et amener des gens,
amener
des gens à cette préélection, amener des gens ensuite à la vraie élection qui se reconnaissent plus dans la gauche depuis des années.
Vous la définissez comment la gauche classique
?
Je dis qu'aujourd'hui, le métallo d'Arcelor, je dis qu'aujourd'hui, la femme de ménage d'Amian Or, comme je suis marqué par les rimes, je dis que l'auxiliaire de Vicky se fatigue, je dis que le chariste de Martigues, aujourd'hui, ils ont pas comme point de repère automatique la gauche et qu'il faut aller les chercher. Cette
gauche classique
? Oui, et c'est pas seulement l'extrême droite, ça peut être l'abstention, ça peut être la résignation, mais ils sont plus là. On les a perdus. Si on ne les retrouve pas, on n'aura pas 51% au deuxième tour
de la présidentielle. Donc vous vous
posez en opposition à cette gauche classique, donc la gauche que vous proposez, elle ressemble à quoi ?
Je ne m'oppose pas, je ne me mets pas en opposition, je dis qu
'il
faut aller chercher
ce
qui nous manque,
ce
qu'on a eu avec nous pendant des décennies et qu'on a perdu. Il faut aller les chercher. Ça veut dire qu'il faut parler aux femmes de ménage et leur dire avec nous, vos heures du matin, elles seront payées double. Ce qui veut dire que l'entreprise, elle aura deux choix. Soit elle vous réintègre en journée, vous n'aurez plus à vous lever à 4h du matin, soit vous aurez une meilleure paye à la fin du mois. Ça,
c
'est de dire à l'auxiliaire de vie, avec nous, il y a une garantie d'avoir le SMIC au minimum, des salaires minimums que vous n'avez pas, avoir des horaires corrects et pas des petits bouts de contrat le matin et le soir, et de parler de ces métiers-là, et de parler des conditions de vie, d'existence des gens dans leur concrétude, et qu'ils sentent que c'est à eux qu'on parle, qu'ils se reconnaissent, et que du coup, ça fasse qu'ils reviennent dans, normalement, le camp qui est le camp du travail, qui défend les salariés, et qui est la gauche. Malek
? Tu
dis très souvent que toi, sur ta circonscription, tu as trois fois
le
Rassemblement national. Si on prend la dernière élection législative de l'année dernière, on peut dire que tu dois un peu ta survie au retrait des macronistes. Il y a une représentante des jeunes avec Macron, notamment, qui, je crois d'ailleurs, contre l'avis de son parti au niveau national s'est retiré. En quoi tu peux, toi, être,
justement,
le grand gagnant avec cette strate, et justement, avec ton passif sur son territoire
?
D'abord, deux fois. La première fois, j'ai gagné en éliminant, dès le premier tour de candidat du Rassemblement national, alors que celle qui sortait première à l'élection présidentielle dans ma circonscription, c'était Marine Le Pen. Et on a fait diviser son score par deux, en un mois. La deuxième élection, malheureusement, le candidat raconiste s'est tellement ramassé que ça a ouvert la voie à la candidature qu'on a fait 61-39. Alors que, à l'élection présidentielle d'avant, à nouveau, c'était Marine Le Pen qui sortait en tête et qui sortait majoritaire au deuxième tour. Donc, salut et ça, quand même. Et l'an dernier, sans les macronistes, qu
'est
-ce qui se passe ? Et l'an dernier, on a fait ce qui s'appelle un deuxième tour. Ça veut dire qu'il faut gagner le premier tour, il faut se qualifier au premier tour, mais oui, au deuxième tour, il faut qu'à la place de faire fuir les gens du centre, eh bien, entre eux, ils n'y vont pas de gaieté de cœur. Et les maires de ma circonscription, il y a un certain maire qui était des maires plutôt de droite, mais ils se disent, ben non, entre l'extrême droite et François Ruffin, malgré tout, on choisit François Ruffin parce qu
'on
choisit un républicain. Qu'est-ce qu
'il
faut
faire pour laisser lire, justement, ce centre ? Il
y a des
compromissions, quand même,
à faire, non
? Il y a zéro compromission. Je n
'ai
pas changé quel était mon propos sur le fait qu'il fallait que les salaires augmentent, qu'il fallait taxer les dividendes, qu'il fallait la fin des contrôles d'identité. Il y
a
eu zéro changement de proposition. En revanche, je l'ai dit, et je l'ai expliqué pour moi depuis des années, et je n
'ai
pas envie de revenir là-dessus, mais il y
a
un changement de ton. Enfin, je considère qu'il y
a
un ton qui est un ton d'épouvantail, qui fait fuir les gens, qui les effraie, et il y
a
un ton qui peut être plus consignant et qui peut les attirer.
Emilien
?
Oui, encore une question de cette méthode de la primaire. J'ai vu l'interview que vous proposiez, 10 idées par candidate. Est-ce que, c'est la réponse un peu évidente, est-ce que c'est 10 idées tout court, ou est-ce qu'il y
a
un programme sur lequel on se met d'accord, comme le PS l'avait fait en 2012 ?
Est
-ce que c'est celui du NFP, et si je ne
suis
pas celui du NFP exactement, comment est-ce qu'on le renégocie ? Donc, finalement, la question,
c
'est est-ce que c'est le groupe engagé pour cette primaire qui parle à tous les gens que vous évoquez, ou est-ce que c'est chaque candidat, candidate, qui va elle-même faire ce travail de propagande ?
Je l'énonce dans l'entretien à Libération. Pour moi, il y
a
une base, qui est le programme d'un Front populaire. Il ne s'agit pas d'en faire une Bible, mais enfin, la base, elle est là, et les grandes orientations, elles sont là. Donc, on ne touche pas trop. Et ensuite, il peut y avoir des apports personnels. Des idées originales du débat qui est créé autour de ça. Voilà. Et je le redis, il y a quand même un enjeu aujourd'hui à comment on fait pour aller reparler au pays avec des idées de gauche. Parce que pour l'instant, on est dans l'entre-soi, quand on en parle, où, dès qu'on va dans les médias, on est condamné à être sur la défensive.
Je pense qu'on va y venir longuement ensuite, mais à venir parler des idées de Gabriel Attal ou de Bruno Rataillot. Eh bien, je pense qu'une primaire, c'est un temps où la famille se rassemble, au moins pour débattre ensemble et aller débattre devant les gens partout dans le pays. Et c'est un chemin à retrouver.
Est
-ce
que
vous imaginez la possibilité que, comme pour la primaire populaire en 2022, on puisse voter pour des candidats qui ne sont pas candidats, justement ?
– Je pense que, enfin, je dis, à mon avis, les modalités doivent être le moins folkloriques possible.
–
D'accord. – Je souhaite que les candidats aient rassemblé 100 000 signatures.
– Ah oui, donc vous organisez la primaire, en gros.
Vous
avez des idées quand même relativement claires.
– Je propose. Il faut mettre des choses sur la table.
–
Pas du tout en majoritaire. – Vous n'arrivez pas à les mains vides. Enfin, voilà.
–
Non,
non,
c'est vrai, c'est
vrai.
– Donc, je pose des choses sur la table. Les gens,
ils
sont d'accord, ils ne sont pas d'accord, on en discute, mais il y a quelque chose dont on peut discuter. Donc, qui est candidat ? Les gens qui ont rassemblé 100 000 signatures de citoyens, qui ont rassemblé les signatures de 250 maires, voilà, pourquoi ? Pour que ça ne soit pas une primaire folklorique. Mais je redirais qu'il faut retenir une leçon, quand même, de la primaire populaire. Malgré son côté bricolé amateur, à la fin, il y a 500 000 électeurs. 500 000.
– 500 000 participants à la primaire populaire, oui, effectivement.
–
Alors que, enfin,
c'était difficile
de
faire plus, disons, contenu. – Alors, je suis d'accord, 500 000, c'est assez impressionnant pour un truc organisé de briquet de broc. Donc, ceci étant, on a vu le résultat, c'est-à-dire une candidate qui n'a pas eu les 500 signatures de maire. – Et, in fine, parce que j'en ai
été, un communiqué qui appelle à voter Jean-Luc loin du
centre. – Imaginez, c'est ça qui arrive.
Vous
seriez pas très content quand même. – Si
jamais il y a des points d'appui dans les parties et qui vont arriver, et il y
en
aura, c'est pas si jamais il y aura. S'il y a déjà le maire de Montreuil, Patrice Bessac, qui a dit « moi, je suis pour qu'il y ait une primaire », il y a des voix qui s'élèvent pour dire qu'ils sont pour une primaire. Donc, ça veut dire que les 500 000, on va largement les dépasser. On sera à 1 million, on sera à 2 millions de personnes. Moi, on part à une candidature à la présidentielle avec 2 millions dans une base de données, 2 millions de numéros de téléphones et 2 millions d'adresses mail. Ça fait déjà un bon point de départ en termes de logistique et autre chose. Vous organisez ? Moi,
je
suis pour une primaire physique. La primaire populaire, c'était juste sur Internet. Maintenant, je pense qu'il faut toujours offrir aux gens du
fil.
– Il faut des moyens
aussi, financiers,
d'organiser quand même. –
Il faut une ambition. –
L'argent, vous allez chercher ? – L'ambition, pour moi, c'est
un bulletin de vote, un bureau de vote par canton. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, il y a des endroits entiers où la gauche a disparu. Au moins, les gens de gauche se rassemblent pour organiser ça et qu'on a un bureau de vote physique par canton. Et vous retrouvez un maillage du territoire. Il faut voir de quel point on part. Mais
tout ça,
ça ne sera pas sans vous. L'enjeu, pour moi, le seul enjeu, c'est comment je remets les gens qui sont là, les gens qui sont derrière leur écran, comment on leur redonne un peu la main.
– Les 2
millions, le mailing de 2 millions,
c
'est basé sur quoi ? –
C'est un objectif. – C'est un objectif, d'accord.
– La première populaire a fait 500 000 de manière un peu bricolée. Enfin, il faut le rendre en page à la limite. Mais je pense que si on s'organise un peu plus en amont, qu'on pose des dates et ainsi de suite, on peut arriver à 2 millions. Et ma question, en fait, elle est permanente, c'est comment je remets les gens. Il y a 9 millions de personnes qui sont allées voter. Et le 7 juillet au soir, c'est terminé. C'est les 4 chefs de parti qui se réunissent et qui se mettent en accord-désaccord pendant 15 jours pour enfin aboutir à une première ministre. Et depuis ce temps-là, où est la voix des 9 millions de personnes ?
Elle
a disparu. Il s'agit de retrouver le chemin qui les remet dans le jeu. Et on n'aurait jamais eu l'Union l'an dernier quand même. Alors, j'ai sauvé ma peau, mais ce n
'est
pas seulement moi qui ai sauvé ma peau, entre guillemets, parce que, vous savez, je peux avoir une vie, revenir à mon métier que j'adore de journaliste sans problème. Mais j'ai sauvé mon siège. Et surtout, ça n
'a
pas été conquis par le Rassemblement National. Mais c'est le cas pour moi, c'est le cas pour plein de personnes dans le pays. Vous auriez une majorité bardée là, dans l'hémicycle, s'il
n
'y
avait
pas eu cette union des forces de gauche le 9 juin, ce soir. Pourquoi elle s'est produite
?
Elle ne
s
'est pas produite parce que les partis l'ont bien voulu. Elle s'est produite parce qu'en 24 heures, il y
a
eu 400 000 personnes qui ont signé une pétition, parce qu'il
y
a eu des manifestations devant le siège des partis et que ça a mis une pression. Mais quand je dis Front Populaire, c
'est
que je me souviens du Front Populaire de 1936 en 1934, comment il y a le premier chemin vers l'union, il y
a
un cortège place de la nation avec des gens de la CGT, les gens de la CGTU, c'est-à-dire des socialistes d'un côté, des communistes de l'autre et qui dans les deux cortèges se mettent à crier unité, unité, unité. Et c'est cette pression populaire qui amène à l'union. Donc si jamais, moi aujourd'hui, le souci, ce n'est pas que les chefs de partis répondent, je vois des titres. Ce n
'est
pas ça le sujet. Le sujet, c'est est-ce qu'il y a quelque chose qui se met en branle dans le pays ? Ça va plaire à Adèle que je dise « met en branle
». Oui, ça va
beaucoup la faire marrer. Non, mais tu dis, et je comprends ton idée de dire qu'il faut la primaire la plus large possible, évidemment, donc de Poutou à Hollande. OK. Moi, j'en vois deux énormes absents de cette primaire d'entrée de jeu. C'est Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann. Est-ce que le but de cette primaire,
c
'est de choisir le troisième homme
? On
est à ce point-là. On verra comment les choses évoluent, selon qui se met dedans, selon quelle est la pression qui
existe. Je pense
que
Raphaël Glucksmann ou Jean
-Luc Mélenchon peuvent. Oui, je pense que Raphaël Glucksmann, oui, Jean-Luc, ça sera plus compliqué. Eh bien, voilà. Moi, je dis la porte est ouverte, mais ça sera plus compliqué.
On reprend
le scénario de la primaire populaire. Vous vous retrouvez, admettons, faisons un peu de politifiction, moi j'aime bien, ça
m'amuse pas
mal. Vous vous retrouvez candidat de cette effervescence, de cette primaire de la gauche. Jean-Luc Mélenchon décide tout de même de se présenter. Vous sentez que, finalement, ce que vous portiez, à savoir l'union de la gauche, cesser la division, etc., est quand même en contradiction avec le fait de garder votre candidature. Est-ce que, comme Christiane Taubira, vous appelez à voter Mélenchon
?
Est-ce qu'on va avoir une
candidature...
Oui ou non ? Est-ce qu'il va
y avoir... Non, non, mais la question oui ou non ? Non.
Est-ce qu'il va y avoir une candidature commune où c'est possible ? Est-ce qu'il y
aura
une candidature unique de la gauche en 2027 ? Non. Mais je vous dis, avec deux candidats, on a encore des chances de se qualifier pour le deuxième tour.
Donc, en fait, vous seriez peut-être, comment dire, moteur de cette désunion, finalement, alors que l'ambition
initiale est d'être dans
l'union. Si on y va comme ça, vous n'aurez pas deux candidats, vous en aurez cinq. D'accord ? Et c'est peut-être un minimum, cinq. Donc, là, le sujet, c'est comment on fait pour qu'au moins, il y ait une chance d'accéder au deuxième tour. Et je ne sais même pas si une candidature unique, unique, est absolument souhaitable. Mais en revanche, il y aura match. Il y
aura
match parce que Jean-Luc, il a sa légitimité issue de son score de la dernière fois et qu
'il
ne s'agit pas de contester. Et qu'en revanche, je dis, en cas de deuxième tour, que c'est la défaite assurée. Et il y aura match parce qu'il y aura un candidat issu de cette primaire qui aura deux millions de personnes qui auront voté pour lui, en tout cas, qui se seront, qui se constitueront une base. et bien ensuite, il y aura un match pour jouer les demi-finales avant de jouer la finale.
On t'a interrogé en tant qu'initiateur et premier candidat à cette primaire. Maintenant, on aimerait aussi t'interroger sur le candidat à
l
'élection présidentielle. On te connaît, François Ruffin, on te connaît sur ton discours sur les exclus de la société.
T
'es assez bien identifié dessus. On te connaît un peu moins bien sur les questions sociétales alors que se pose la question en ce moment de la fin de vie, alors que des questions se posent sur les discriminations.
C
'est quoi ta candidature sur les questions sociétales ? Où est-ce que tu veux emmener la société ?
Vous savez, la question, ce n
'est
pas soit tout seul comme président de la République, c'est quelles sont les forces sociales qui vont l'appuyer. Mais moi, je vais porter, comme c'était la quatrième mesure puisque moi, les dix mesures, je les avais faites dans ma circonscription, la quatrième mesure, c'était la fin des contrôles d'identité. Donc voilà, on pose une direction qui dit qu
'il
n'y a plus de contrôle d'identité, il n'y a plus de demande de papier quand il n
'y a
pas de délit qui est constaté. Ça, c'est une chose. Après, moi, je me positionne pour le changement de genre possible en mairie sans avoir à passer devant un tribunal. Et je n
'ai
pas de difficulté à dénoncer des choses qui sont pour moi des évidences à gauche. Malek ?
J
'ai entendu ce moment où on allait pouvoir parler justement du modèle que tu nous proposes.
J
'ai du mal en fait à voir une vision globale et c'est pour ça que c'est bien de t'entendre. On est d'accord, pas d'accord ? On a Jean-Luc notamment qui parle de Nouvelle-France, qui le théorise, qui l'explique. Toi, ta divergence avec LFI,
ça
a toujours été de dire, je te cite, les bourgs et les tours.
Et
moi, malheureusement, quand je t'entends, j'ai très souvent de t'entendre parler pour les bourgs et les bourgs. Si tu dois parler au tour, qu
'est
-ce que je dois entendre ? Parce que laisse-moi te dire que quand tu me parles de mesures sur les contrôles d'identité, je suis très content, je me suis encore fait contrôler lundi soir. Franchement, je serai le plus heureux du monde. But, le problème est systémique, il est beaucoup plus grand que ça. Qu'est-ce que tu nous proposes comme modèle de société
?
Moi, je propose un... Je suis bonheuriste.
Ça
veut dire que je pense qu'il faut remettre le bonheur...
Comme Fabien...
Il faut remettre le bonheur comme mot qui ne soit pas interdit en politique, idée neuve en Europe. Je le dis parce qu'il faut voir le moment qu'on traverse. Le moment qu'on traverse est un moment d'obscurité et où il y en a qui ont pour projet de mener la société vers des temps plus obscurs et c'est énoncé par... Alors, on a Trump, on a Musk, mais l'idéologue, c'est Ravir Milley qui vient nous dire
qu
'est-ce qu'il veut. Il veut que le Nord écrase le Sud, il veut que les hommes écrase les femmes, il veut que les Blancs écrase les racisés et il nous dit qu'il faut revenir en arrière sur la Révolution française, les Lumières et même l'humanisme de la Renaissance. Eh bien, moi, je pense qu'il nous faut renouer avec l'humanisme de la Renaissance, les Lumières, la Révolution de 1789 qui pose comme principe qu'il doit y avoir une possibilité de bonheur pour chacun. Il y a un obstacle au bonheur qui est quand même très régulièrement le porte-monnaie.
Donc, c'est les questions sociales, les questions de salaire qui ne doivent pas être négligées et il y a des obstacles au bonheur qui sont les discriminations sur la couleur, sur la religion, sur le genre. Ces discriminations-là, elles existent, elles doivent être levées. Alors après, on peut y aller vers une série de mesures mais en tout cas, l'orientation qui est donnée, c'est celle-là.
Et moi, maintenant, ma question, et je pense que tu t'attends à cette question parce que de toute manière, si je ne te la pose pas, je commets un impair.
à
l'automne dernier, tu as parlé d'une honte sur le fait de parler différemment au centre-ville d'Amiens qu'aux Noirs et aux Arabes d'Amiens-Nord.
Si
je veux, moi, encore une fois, t'amener sur le modèle de société que tu me vends et sur, justement, moi, je suis OK pour les bourres et les tours à condition que le « et » soit en majuscule. Comment tu me parles à moi si je suis un jeune, justement, d'Amiens-Nord et que tu veux me vendre ton projet de société ? Parce qu'encore une fois, le bonheur,
c
'est cool.
–
Mais qu'est-ce que ça veut dire concrètement, François Ruffin ?
–
D'abord, le bonheur, vous savez, tu sais, quand on regarde quelles sont les priorités des Français en quartier populaire ou en dehors des quartiers populaires, les cinq premiers thèmes qui viennent sont les mêmes. Le logement, la
santé, le travail,
l'éducation. Et c'est sur le sixième thème qu'il y a une différence qui apparaît puisque d'un côté, c'est la police en quartier populaire et de l'autre côté, c'est l'immigration. Donc la question, c'est, est-ce qu'on centralise sur ce qui va déchirer le pays ou bien sur tout ce qui peut le rassembler, sur la masse de ce qui peut le rassembler ? – Si tu
centralises, alors pourquoi tu avais deux tracts différents
? – D'abord, malheureusement, tu sais, c'est pas moi seulement qui ne mettais pas, et ce n
'est
pas pour l'année dernière, c'est pour il y a des années, d'accord, qui ne mettais pas la photo de Jean-Luc Mélenchon dans les campagnes parce que ça ne passe pas, ça ne passait plus, ça ne marchait pas. Et il y
a
des tas de candidats qui se sont retrouvés à faire la même chose parce que ça ne passait plus. – Tu as des noms ?
–
Il y en a des noms qui sont parus dans la presse, je ne
vais
pas livrer à les
camarades,
mais voilà, malheureusement, vous regardez le résultat des dernières élections législatives, regardez où est-ce que les députés insoumis se sont fait dégager, c'est dans tous les endroits de campagne.
–
Après, la stratégie de la France insoumise,
c
'est de mettre le paquet sur les quartiers populaires.
–
Très bien, mais comment que, moi je dis la nouvelle France, moi je veux la France en entier, d'accord ?
–
Moi si tu me théorises et que tu m'expliques, que tu me déroules la France en entier. – Il faut la France en entier, moi je veux les quartiers mais je veux le reste aussi. Je ne peux pas accepter que dans une région comme la mienne, qui est de tradition communiste, socialiste, de pendant un siècle on a envoyé les députés de gauche à l'Assemblée nationale, hors centre-ville, je suis le dernier député de gauche de tous les Hauts-de-France. Je lutte contre ça, je lutte pour que la gauche elle reste ancrée dans des terres populaires qui ne sont pas seulement les quartiers. Et je le dis en menant la même campagne en 2024 dans les bourgs et dans les Tours.
–
Léa ?
–
Vous parliez tout à l'heure, vous avez mis le doigt sur quelque chose d'assez fondamental et on en parlait avant votre arrivée en plateau, la question du débat public et de ce qui va se passer en 2027, quelle va être la gueule du débat pour le dire un peu clairement. Vous dites qu'il faut reprendre la main sur le débat public, que c'est fondamental. j'ai le sentiment que ça fait quand même pas mal d'années qu'on échoue et je mets on, je dis la gauche parce que par ailleurs les forces médiatiques entre autres mais aussi financières etc. ne sont pas forcément en notre faveur. Qu'est-ce que vous faites pour qu'on reprenne la main du débat public
? Vous savez, il
y a
des occasions qui sont manquées. Il y a des fois où on perd sur notre propre terrain. Pour moi, en 2022, le débat, il est sur notre terrain. On est dans l'après-crise Covid. La crise Covid a montré le caractère essentiel d'invisible dont on ne parlait pas auparavant. Il pouvait y avoir, sur les métiers que j'ai cités précédemment quand je disais auxiliaire de vie, femme de ménage, cariste, camionneur et ainsi de suite, il pouvait y avoir une grande campagne qui cible, qui mette ces métiers-là en lumière et c'est des métiers que vous allez lever à la fois dans les bourgs et dans les tours. Eh bien, ça n'a pas été fait alors que le terrain, il était fécond pour ça.
Donc, moi, il y a toujours une bataille.
D
'habitude, je viens avec un bouquin, je viens avec un film. Pourquoi ? Parce que dans les médias, c'est le moyen d'amener le débat sur votre propre terrain et pas aller jouer sur le terrain de l'adversaire. Et donc, le sujet, c'est comment on fait pour poser un certain nombre de questions qui sont des questions de gauche et qu
'on
va pouvoir amener dans le débat public. Mais je crois que c'est déjà possible de déplacer le débat public et de ne pas considérer comme une fatalité qu'il ne
va
y avoir que les propositions de Bruno Retailleau qui vont être discutées. Et celles-là, il faudra les affronter.
Alors, ce n
'est
pas impossible, ça c'est sûr. Ce n'est pas évident pour autant. C'est un combat. Effectivement. Parce qu'on voit bien que sur les dernières élections, on s'est un peu échoué pour le coup. Est-ce qu'il ne faudrait pas une proposition forte ? Un peu comme le revenu universel. Je me souviens de Benoît Hamon, c'était quand même une proposition qui avait été pas mal débattue et qui lui avait permis de se positionner avec le score qu'il a fait, certes, mais tout de même, ça avait permis pendant un temps de mettre ça sur le devant de la scène.
Est
-ce que vous, vous avez parmi vos dix propositions, d'ailleurs j'aimerais bien les connaître si elles sont déjà prêtes, une proposition phare qui pour vous pourrait être fédératrice, mais qui pourrait effectivement permettre à la gauche de reprendre la main sur le débat public
? Je ne vais pas vous la livrer ce soir,
d'accord
? C'est dommage.
Je
peux vous livrer des choses qui me paraissent être de nécessité publique, mais
vous voyez,
une proposition comme le revenu universel, il faut quand même mesurer avant de la porter si elle passe ou non dans les classes populaires
et
elle n
'est
pas passée. la question du travail, de vivre de son travail, de bien vivre de son travail et de non pas en survivre est une question qui demeure clé dans les classes populaires de notre pays et le revenu universel n'est pas passé et donc moi je pose la question, je pose des principes en tout cas, bien vivre de son travail et bien en vivre. La question de donner un sens à son travail, ça suppose la démocratie au travail par exemple. Moi je suis pour une extension de la démocratie qui ne doit pas être, vous savez,
il
y avait un gilet jaune sur lequel il était marqué faire l'amour une fois tous les 5 ans ça n'est pas une vie sexuelle, voter une fois tous les 5 ans ça n
'est
pas une vie démocratique. Je pense qu'il doit y avoir une consultation.
Alors on a
été servi
quand même. Si
je propose l'idée d'une primaire, c'est que je pense qu
'il
doit y avoir des consultations qui doivent être beaucoup plus régulières et qu'il doit y avoir le référendum d'initiative citoyenne mais par exemple qu'il y ait de la démocratie d'entreprise.
Délibératif ou pas
?
Tout ! Les 4 modalités. Je ne
vais
pas vous les réciter
On en parlait
avant
dans l'émission. Moi je suis favorable à ce qu'on offre ce nouvel outil-là au peuple. Je le dis comme ça.
Il
y a une question du rapport entre le politique et la société. Entre le pouvoir et la société. Est-ce qu'on pense que le pouvoir parce qu'il y
a
Ruffin, un autre, un bon copain, une bonne copine qui est à l'Elysée que même il y a du monde d'humanistes, de féministes, d'antiracistes, d'écologistes dans les ministères et à l'Assemblée ? Est-ce qu'on pense que comme ça, ça va suffire pour changer la société ? Je vous dis j'y crois pas.
Je
crois pas à ça. Je crois qu'on arrive à changer la société avec la société. Il y a des grands moments où on arrive à faire des choses parce qu'on a fait mûrir la société.
Donc il faut remettre à plat la Constitution ?
Il
faut une nouvelle Constitution ? Une Assemblée Constituante
?
Qu'est-ce qu'il faut ? Le Front Populaire ça a marché pas seulement parce qu'il y
a
une victoire dans les urnes parce qu'il
y
a eu un mouvement dans la rue. C'est comme ça qu'on a eu les 40 heures et les congés payés. Quand Ambroise Croizat fait la sécurité sociale en 1945 qui est une espèce d'utopie réelle, pourquoi il peut le faire
?
Il aurait été traité de fou sinon mais pendant un demi-siècle il y
a
eu des mutuelles,
il
y a eu des fédérations, il y a eu des caisses d'entraide qui a construit du déjà-là,
qui
a fait qu
'il
y
a
eu du déjà-là dans sa société qui fait qu'il n
'y
avait plus que entre guillemets le fruit à cueillir mais il était déjà mûr. Il y
a
des fruits qu'on doit faire mûrir. Quand par exemple on fait une proposition de loi sur les vacances avec des membres de tous les groupes parlementaires pour dire voilà tous les gamins doivent pouvoir partir en vacances l'été, être encadrés et ainsi de suite. Le fait de dire qu'à
Trappes
ou à Poitiers ils le font déjà en payant 10 euros ça fait que les gens ils nous écoutent ils disent mais c'est pas des fous s'ils le font à Trappes à Poitiers pourquoi on ne
pourrait
pas le faire partout ailleurs dans le pays ? Donc je pense qu'on doit considérer que le pouvoir politique il est là non pas pour inventer la société
mais
il est là pour permettre au meilleur de la société d'accoucher. Or aujourd'hui on a des dirigeants politiques qui sont là pour faire accoucher la société de son pire.
Ah ouais du coup il va vraiment nous expliquer la méthode parce que c
'est intéressant je
ne dis pas Faites quoi une
grande
consultation citoyenne
? Je
ne
vous
explique pas seulement la méthode je vous la mets en oeuvre quand j'essaye de mettre les gens en mouvement autour d'une primaire c'est la première étape d'un réchauffement du pays je me demande qu'est-ce qu'il y a d'autre pour remettre les gens en branle et pour faire qu'ils se saisissent de quelque chose mais évidemment il va falloir qu'il y
ait
des maïfs parce qu'en face de nous quand on aura le pouvoir il va y avoir le Sénat qui va venir dire je crois que ça ne
va
pas être possible il va y
avoir
le MEDEF qui va venir dire je crois que ça ne
va
pas être possible il va y avoir la Commission européenne qui va venir dire je crois que ça ne
va
pas être possible et le seul moyen de lever ces obstacles-là ça sera le peuple ça sera le peuple en manif mais ça sera le peuple par exemple il nous faut des états généraux de la fiscalité voilà et derrière si ça bloque il nous faut un référendum qui dit oui vous avez raison mais la seule manière de faire lever les obstacles et qu'on n'ait pas des micro-changements mais qu'on ait des grands changements ça sera un appui populaire ça veut dire un appui aussi sur ceux qui font les associations font les élus locaux font il y
a
les syndicats qui font il faut qu'on réchauffe la société et qu'on fasse traverser ça d'une espérance la gauche ne gagne pas à froid mais elle change encore moins la société à froid
Emilia
oui j'ai une question
j'ai une
question sur les sujets pour lesquels vous êtes les plus identifiés les questions de travail et sur le côté structurel un peu des propositions
j
'ai entendu ce que vous disiez sur la question des heures des femmes de ménage et effectivement je n
'ai
pas du tout le côté très important concret immédiat des changements pour elles mais la question c'est est
-ce
que c'est pas un peu pansement de même parler de démocratie d'entreprise je crois que vous proposez un tiers de salariés dans les conseils d'administration
ça
reste minoritaire la question c'est c'est quoi la grande transformation structurelle dans le monde du travail
qui
change
la
structure on va dire de l'économie tout comme du point de vue social la sécurité sociale a pu être en 45
je
veux dire la démocratie dans le travail pour moi je vois la démocratie parce que je crois vraiment que c'est la remise on sortira la société de sa torpeur seulement si on remet les gens avec du pouvoir entre les mains c'est pour moi une démocratie par le haut je dis un tiers de salariés au conseil d'administration mais je dis un tiers d'ONG d'élus locaux de représentants d'associations de consommateurs et ainsi de suite qui viennent représenter des intérêts différents et un tiers de représentants du capital donc voilà pourquoi ? parce qu'on a des multinationales aujourd'hui qui ont un poids considérable sur leur territoire sur les sous-traitants sur l'économie en général et qu'il n'y
a
pas de raison que 100% du pouvoir soit laissé simplement aux détenteurs du capital bon ça c'est une chose mais je dis démocratie par le bas ça veut dire quoi ?
ça
veut dire que la personne dans son atelier dans son bureau
a
raison d'une demi-journée par mois et a la possibilité de se réunir sans sa hiérarchie avec c'est pas la possibilité avec ses collègues et de décider de qu'est-ce qui va qu'est-ce qui va pas dans l'organisation et de faire remonter ça de manière à ce que les gens retrouvent la parole vous savez faut voir de où on part moi je veux bien peindre une société idéale moi j'ai un
enjeu
j'ai un enjeu c'est que ça fait 40 ans qu'on est dans le grand bond en arrière d'accord et ça s'accroît là avec un grand bond en arrière réactionnaire donc je souhaite montrer un vaste horizon mais simplement si on pouvait mettre le coup de talon au fond de la piscine si on pouvait remettre la société dans le sens de la marche avant plutôt qu'en permanence dans le sens de la marche arrière j'en serais déjà bien content vous voyez et simplement le droit à la parole les gens se taisent il faut comprendre que les classes populaires ont peur elles ont peur elles ont peur dans leur quotidien elles ont peur en particulier sur le lieu de travail et la possibilité d'ouvrir sa bouche simplement de dire des choses sur son travail ça existe pas aujourd'hui donc il y a un espoir c'est un espoir que vous connaissez le beau texte de Simone Veil quand elle était dans les usines automobiles au moment du front populaire elle dit à ce moment là c'est comme si ce qu'on avait comprimé pendant des années et des années d'un seul coup c'était un ressort et un ressort d'espérance qui se levait je cherche le chemin qui va permettre de faire sauter ce ressort d'espérance
un
autre sujet dont on a déjà parlé dans la première partie de cette émission c'est la situation humanitaire catastrophique à Gaza la volonté d'occupation voire de destruction de la bande de Gaza par Benyamin Netanyahou et son gouvernement on voulait t'interroger sur ce sujet aussi notamment qu'est-ce qui t'a fait évoluer sur ta position sur la qualification du génocide en décembre dernier tu disais je cite on n
'en
est pas là
qu
'est-ce qui a
changé
? ce qui a changé d'abord c'est la qualification par les instances internationales elles-mêmes et la rapporteure des Nations Unies a évolué sur la question et passé de risque génocide
à
génocide directement Amnesty International également et donc mais vous savez au-delà de la qualification je veux bien
mais
il y a et ce que je réclame parce que là depuis le début qu'il y
a
des sanctions
c
'est ça alors lesquelles on cible qui
? on cible qui
si on fait des sanctions sur Israël ? déjà la remise en cause je suppose de l'accord de
je suis pour un embargo sur Israël comme on l'a fait sur l'Afrique du Sud de temps de l'Apartheid
tant
que tu n'auras pas un cessez-le-feu
je
suis pour que pour tous les soutiens du gouvernement de Benyamin Netanyahou qui soit culturel parce qu'on a vu ce chanteur venir même projeter des odes à l'armée israélienne en plein cœur de Paris il
y
a 48
ans maintenant
que les soutiens de Benyamin Netanyahou qui soient sportifs qui soient culturels et encore davantage politiques soient privés de visa pour les territoires européens et je dis moi de mon côté j'étais privé de visa je devais aller en Israël et en Palestine pour rencontrer des amis de gauche là-bas des deux côtés et bien on nous a interdit d'y aller pourquoi on leur permet à eux je suis pour qu'il n
'y ait
pas la possibilité pour Benyamin Netanyahou de survoler le territoire l'espace aérien français or on lui a permis ce survol du territoire français donc il
y
a des mesures très concrètes très directes qui peuvent être prises par la France évidemment je suis pour qu'on ait une résolution aux Nations Unies qui disent cessez le feu à Gaza et qui disent fin des colonies en Cisjordanie et que ça soit la France qui réclame cette session extraordinaire devant du Conseil de sécurité je suis évidemment pour la reconnaissance de l'état de Palestine vous savez je rencontrais l'ambassadeur de Palestine en Espagne puisque j'avais fait un voyage là-bas l'an dernier puisque c'est l'un des premiers pays qui a reconnu enfin qui a émis le souhait de reconnaître la Palestine comme état l'ambassadeur de Palestine me disait faites tout pour que la cause de notre pays ne soit pas la cause d'un camp ne soit pas la cause d'un parti mais soit la cause de toute l'humanité et je crois que c
'est
à ça qu'on doit ouvrir
Malek je veux vraiment qu'on revienne sur cette bascule sur le mot génocide parce qu'en réalité désolé de te dire qu'en décembre dernier juridiction internationale organisation parlait déjà de génocide et en réalité le fait que tu bascules moi je le vois c'est bienvenu et merci c'est peut-être un peu tard mais merci mais je vois que tu es dans ce mouvement où même le président de la République est en train d'évoluer sur le sujet moi maintenant sur les sanctions j'ai l'impression qu'il y a plus ou moins tout le monde est plus ou moins d'accord sur la demande des sanctions maintenant c'est comment déjà on les met en place mais surtout explique-nous
d
'où vient justement cette bascule parce qu'il y a un an
il
y a un an on ne t'entendait pas comme ça François pour être
relatif tu m'entendais sur la même chose sauf sur la qualification mais je dis la même chose mais même le 7 octobre
d
'accord le 7 octobre le jour des attentats terroristes commis par le Hamas je dis ma compassion pour les victimes mais je dis attention ce qui va arriver pour les palestiniens avec ce gouvernement d'ultra droite pour les populations civiles palestiniennes c'est le pire qui puisse arriver
c'est
vrai François mais sur les élections européennes par exemple alors que c'est aussi un sujet européen sur les élections européennes tu reprochais aussi un petit peu à la France insoumise de parler de Gaza là où les autres d'ailleurs ne le faisaient pas
je n'ai jamais reproché à la France insoumise de parler de Gaza
je
dis simplement qu'il doit y avoir d'autres thèmes aussi
comment
on s'adresse au pays comment on fait pour que le pays tout entier se reconnaisse et donc il y a évidemment j'ai fait 157 tweets pour dire mon indignation face à ce qui se passe en Palestine avec une évidente un évident désir que non seulement il y
a
un cesse-fou j'ai reçu des comités populaires de Palestine j'ai soutenu l'Uno Roi quand ils avaient leur interdiction d
'accéder à la bande de Gaza
voilà donc maintenant je l'ai fait depuis le 7 octobre et depuis les 7 octobre 10 ans il ne doit pas y avoir d'hémiplégie dans l'humanité les larmes d'une mère palestinienne valent les larmes d'une mère israélienne moi je demande simplement est-ce qu'il y a cette pleine humanité et je vois parfois une demi-cécité Léa
moi
je voulais revenir un peu sur vous président et du coup j'élargis un peu aux
questions
internationales parce que je trouve ça assez intéressant parce que c'est quand même une chasse gardée un peu du président de la république déjà première question vous aujourd'hui à la place d'Emmanuel Macron par rapport à ce qui est en train de se passer et on peut le qualifier de génocide sans avoir peur à Gaza qu'est-ce que vous faites très concrètement genre vraiment quelles sont les actions que
vous
mettez en place et par ailleurs quelle est votre position sur un certain nombre de sujets notamment internationaux par rapport vous avez parlé pas mal des barrières douanières en étant plus ou moins favorable à avoir une riposte assez forte face à Donald Trump et pourquoi pas remettre des tarifications douanières etc voilà quel est un peu votre projet en
tout cas
il y a deux choses différentes quand même mais je vais vous le redire Emmanuel Macron a toutes les cartes en main pour mettre en moins sur les marchandises françaises un embargo en fait ce qu'on fait sur Poutine
et
l'Ukraine face à la Russie qu'on fasse la même chose sur Netanyahou et Israël qu'il n
'y
ait pas de deux poids deux mesures parce que le deux poids deux mesures il a des conséquences multiples d'abord évidemment c'est un abandon de la population de Gazaoui dont il faut dire aujourd'hui c'est pas seulement deux millions de déplacés c'est deux millions d'affamés qu'on est en train de construire et entre eux ce qu'on compte on compte tous les jours le nombre de personnes tuées sous les bombardements malheureusement ça va être la pointe apparente d'un iceberg parce que ce qui va tuer les gens ça va être les maladies ça va être la difficulté d'accéder à la nourriture et d'accéder aux médicaments ce qu'on a fait pour la Russie on peut le faire et on doit le faire parce qu'il y a cette première conséquence il y
a
une deuxième conséquence que vaut la voix de la France mais que vaut la voix de l'Occident dans les pays du Sud
qui
aujourd'hui se disent attendez ils nous demandent qu'il faut intervenir face à Poutine qu'il faut que c'est une grande affaire et ils font rien face à Gaza et moi j'ai un souci de paix civile aussi
de
paix civile dans notre pays où on a à la fois la première communauté juive d'Europe et la première communauté musulmane ça veut dire que si jamais le président de la république si jamais le gouvernement il montre pas qu'il est juste sur une affaire comme celle-là et bien ça crée des tensions intérieures à notre pays et donc je pense que pour toutes ces raisons-là Emmanuel Macron a des leviers
pour
agir je l'ai dit il peut embargo sur Israël refus de visa pour les soutiens du gouvernement de Netanyahou et cession extraordinaire devant les Nations Unies tout en continuant à réclamer la libération des otages du Hamas
en attendant la primaire et l'élection présidentielle pardon
excusez-moi le libre-échange alors si je pars sur le libre-échange
là on est parti
pour
longtemps mais allons-y une dernière
question vas-y vous
pouvez faire court sur votre vision du libre-échange parce que c'est vrai moi je vous ai entendu sur France Inter récemment en disant qu'il fallait clairement remettre en place des tarifs d'anniers qu'il fallait une réponse assez forte à ce qu'était en train de faire Donald Trump voilà je voulais avoir un peu votre avis or et dans l'Union Européenne parce que du coup ça a aussi une conséquence sur la place de la France au sein de l'Union Européenne
je veux vous dire que ce que je raconte le plus souvent c'est pas comme si je l'improvisais dans la semaine qui précède parce que j'ai eu la chance d'avoir une vie avant de faire de la politique et j'ai eu 20 ans pour écrire des bouquins tous azimuts et donc il y a une constante de chez moi oui je souhaite des taxes aux frontières des barrières douanières des quotas d'importation si et c'est même pas à l'égard des Etats-Unis en vérité aujourd'hui le gros souci il demeure à l'égard de l'Asie et en particulier de la Chine qui est en surcapacité de production déjà et qui là en plus va se voir fermer le marché américain et va faire rebasculer toutes ses marchandises sur le continent européen ce qui veut dire quoi ce qui veut dire qu'on a eu la fermeture de la dernière usine de fabrication de panneaux voltaïques photo watt d'accord normalement c'est une industrie d'avenir nécessaire pour l'écologie et bien notre dernière usine à fermer c'est pareil en Allemagne mais c'est à peu près toutes les usines qui souffrent de cette manière là et ça va être pire dans les temps à venir oui je considère que face à ça il nous faut des régulations en fait que le libre-échange est une machine à dumping c'est une machine à dumping social c'est une machine à dumping fiscal c'est une machine à dumping environnemental et même c'est une machine à dumping démocratique pourquoi ?
parce que c'est comme si les multinationales mettaient en permanence un couteau sous la gorge des gouvernants en disant mais attendez si vous relevez vos normes environnementales si vous nous taxez plus on va partir et bien oui contre ça je demande à l'Union Européenne d'avoir une politique de protection vous savez même je crois que le verbe protéger est le verbe qu'attendent le plus les Français
moi
je voudrais qu'on soit les protecteurs je pense que protéger c'est important et ensuite il y a ce qu'on peut faire au niveau français au niveau français je pense qu'on peut faire un by French Act que la commande publique soit dirigée en priorité
tous
France c'est bien aussi tous France tous France c'est attirer le capital américain on a déjà un tiers de nos industries qui est aux mains d'actionnaires anglo-saxons est-ce qu'on pense qu'il en faut plus ? moi je crois pas je crois qu'en revanche on a 2000 milliards d'assurance vie dans notre pays et que la grande question d'Emmanuel Macron devrait être de se demander comment on fait pour mobiliser le capital national pourquoi faire dans quelle direction
Malek
?
je voulais aussi qu'on parle de François Ruffin député parce qu'avant d'être futur président de la République il y
a
quand même un mandat de député à finir depuis alors tu fais partie de ce qu'on a appelé communément les purgés je mets des guillemets et depuis tu sièges dans le groupe écologiste et social puisque
le
nom du groupe a changé comment ça se passe dans le groupe ? comment ça se passe depuis un an ?
d'abord je tiens à dire que je me
suis auto-purgé j'ai fait un choix tu
as
appuyé sur le bouton voilà donc je veux
dire
le souci aujourd'hui c'est le rôle de l'Assemblée nationale mais qui était déjà un souci auparavant pour le coup elle revient sur le premier plan l'Assemblée alors on a je dis la chance d'avoir le projet loi fin de vie aujourd'hui parce que c'est un vrai projet et qui interroge sur le sens de la vie de la mort bon et donc il y
a
un projet intéressant mais en dehors de ça Jean tu regardes les textes qui passent à l'Assemblée non mais je suis d'accord c'est pas dingue c'est pas dingue je veux dire posons les choses autrement c'est que le monde est dans un temps de bascule que la France a de grandes questions à régler et c'est même pas qu'elles ne sont pas tranchées à l'Assemblée c'est qu'elles n'y sont pas débattues la question du libre-échange dont je considère que ma réponse ça
c
'est dans le budget
elle va pas de soi
mais comme le budget
il n'y a pas de
question il n
'y
a pas de question de libre-échange dans le budget et le budget il passe par 49-3
et on doit attendre
l'automne bon les questions de est-ce qu'il faut du réarmement les questions de démographie le pays est en train de vieillir comment on se prépare face à ça le président nous a dit faites des gosses oui mais c'est une voilà tu vois j'ai produit tu me demandes François Ruffin député j'ai reproduit un rapport sur la politique familiale parce que je considère que les questions démographiques c'est des grandes questions Emmanuel Todd avait prévu la chute de l'URSS en regardant les indices démographiques à la fin des années 70 donc c'est une grande
question il
n'a
pas bon bref Emmanuel Todd mais oui ok
démographe donc quand il parle de démographie
ça va
mais
aujourd
'hui il y a 2,4 enfants désirés par femme
il
y a 1,6 enfants réalisés par femme et par homme d'accord il y a 1,6 enfants réalisés moi je crois que c'est triste qu'un président de la république vienne en joindre au réarmement démographique c'est à dire que ça dit quelque chose de la vision d'Emmanuel Macron qui ne voit les individus que comme des producteurs et y compris des producteurs d'enfants et qui est incapable de parler de joie de bonheur de désir parce que c'est ça avoir un gamin l'amener à l'école le tenir par la main qui parle pas comme ça mais qui donne des ordres qui enjoint alors qu'il y a un désir d'enfant encore dans notre pays les gens ils ont envie d'avoir des enfants qu'est-ce qui fait qu'ils n
'en
ont pas ça coûte cher et on n'a plus les moyens donc on repousse un petit peu plus tard quand on aura un CDI on a un logement qui est trop petit donc j'ai étudié dans un très bref rapport mais les causes qui font que les gens disent bah non on repousse le moment où on aura un enfant on en aura un alors qu'on en aurait voulu deux voilà pour ça qu'il faut le bonheurisme et il faut libérer ce qui enlevé les obstacles à ce que les gens s'épanouissent et là puissent avoir le nombre d'enfants qu'ils souhaitent parce qu'avoir des
enfants
oui
ou
pas d'enfants s'ils le souhaitent
aussi et bah pas d'enfants j'ai pas de
problème avec ça je dis juste quand on interroge les gens je leur dis alors c'est 2,4 ça veut rien dire derrière la virgule on va pas
les découper oui
c'est marrant moi j'aime bien ces chiffres
comment tu es mais voilà
en tout cas il y a un fossé entre le désir et moi c'est des témoignages
très concrets
j'ai une animatrice vous connaissez c
'est
du Ruffin j'ai une animatrice périscolaire de chez moi qui voulait des enfants qui a attendu pendant 8 ans parce qu'elle elle avait un petit contrat parce que son copain était en intérim voilà bon là ça y est je l'ai croisé à la braderie à une braderie chez moi le 1er mai elle était toute contente elle m'a dit voilà j'ai eu un enfant voilà donc bon mais ça se réalise tardivement du coup il y en aura un alors que peut-être j'aurais eu la volonté d'en avoir deux
alors tu n'es plus dans aucun parti parmi les membres du NFP du coup je te pose la question d'autant plus librement
si
Emmanuel Macron dissolvait l'Assemblée Nationale là au mois de juin-juillet est-ce que tu penses c
'est vrai qu'on sait
jamais ce qui peut lui passer
on sait
jamais au point où on en est maintenant tu nous connais on fait gaffe mais du coup si ça arrive sérieusement vraie question est-ce que le nouveau Front Populaire je te rappelle quand même c'était toi qui avais eu l'idée dans une matinale de radio d'appeler ça le Front Populaire est-ce que ça pourra réexister ou est-ce que tu sens que le torchon a brûlé définitivement entre les socialistes et les insoumis je
pense que ça va être très compliqué quand même quand je lance l'idée de la primaire c'est pour reprendre le chemin par un autre biais voilà mais on sent que ça va mais quel chemin parce que je
ne vais pas te mentir il y
avait des insoumis dans le chat au début de l'interview bon tu les connais pas
super giga chaud
sur ton idée de primaire
mais
je
le
dis quelles sont tes relations avec les insoumis
qu'est-ce que tu as envie de leur dire
j'ai envie de leur dire qu'il faut qu
'on
fasse cause commune parce que je ne vois pas très bien comment on va faire 51% comment on va aller battre la droite battre l'extrême droite parce que c'est quand même ça l'enjeu et qu'il faut qu'on ait le rassemblement qui soit le plus large possible derrière une figure qui soit la plus rassembleuse possible voilà mais je pense que vous savez je sais à quel point comptent les rapports de force donc dans l'état de rapport de force présent la politique c'est du rapport de force aussi il n
'y a
pas que Jean-Luc Mélenchon qui fonctionne comme ça dans l'état du rapport de force présent je ne vois pas pourquoi les insoumis se mettraient dans une primaire verraient du rassemblement ainsi de suite donc il y a la nécessité de construire quelque chose qui apparaisse puissant qui apparaisse dynamique qui apparaisse appétissant pour faire que ça vienne ensemble mais le 9 juin au soir quand est lancé Front Populaire les insoumis et ce n
'est
pas les seuls n'ont pas envie de rentrer dans cette histoire mais il y a 400 000 signatures en 24 heures et il y a des manifestations avec il y avait un point qui était un point négatif à l'époque et qui est presque devenu un point positif c
'est
qu'il y avait une urgence là on a une urgence moyenne donc il n
'y a
pas la
même dynamique une dernière question Emilia oui j'ai une question très envie de vous poser parce que c'est une question de stratégie globale de la gauche
qui
est bloquée à 30% depuis aujourd'hui une dizaine d'années
ce
qu'on constate notamment c'est que chez les classes populaires qui pour beaucoup s'abstiennent mais aussi pour beaucoup voteraient
ils
se développent ce qu'on appelle en ce sujet une conscience sociale triangulaire c'est à dire que on n'aime pas les gros mais on pense aussi qu'il
y a
des petits qui profitent trop notamment
voilà
pas de la bonne couleur de peau mais pas que comment est-ce que
des
gens comme vous faites pour dire aux gens ce qui semble le préalable de la reconquête de leur vote non c'est pas les gens d'en bas qui comptent c'est les gens d'en haut parce qu'on peut le répéter et vous le répétez mais c'est structurellement ancré l'inconsens comment
vous
faites c'est une bataille de faire regarder vers le haut d'autant plus que au fond les figures du capital ont disparu du lieu où les gens habitent enfin je donne un exemple mais quand applique secours c'était des filatures textiles il y avait des châteaux des frères saints qui étaient tout à l'entour et les gens ils sortaient de l'usine ils voyaient les châteaux ils allaient au cimetière ils voyaient les grands mausolées pendant qu'eux ils étaient enterrés à même le sol ils entraient dans l'église il y avait le carré réservé pour les frères saints avec des petites dorures et puis les sièges molletonnés pendant qu'eux ils étaient à l'extérieur sur des sièges en paille donc tout ça se voyait à partir du moment où Bernard Arnault a tout repris et viré tout le monde le yacht de Bernard Arnault il siège pas sur la somme donc il y
a
la nécessité pour la gauche de montrer ça c'est une lutte quand il y
a
la fermeture de Whirlpool et que je commence à entendre les ouvriers sur le parking qui s'en prennent aux réfugiés aux assistés aux immigrés je me dis est-ce que c'est eux qui viennent de vous licencier bon non je reviens le lendemain avec un tract où je remonte la tête de Jeff Fettig mais ils savent pas qui est Jeff Fettig vous savez pas non plus qui est Jeff Fettig c'était le PDG de Whirlpool d'accord et non seulement je fais ça mais je montre sa maison qui est un espèce de château moderne avec 17 chambres avec une piscine extérieure avec un cours de tennis avec un accès direct à la plage aux Etats-Unis à 5000 kilomètres de là pour qu'il matérialise où va l'argent donc ça c'est un enjeu et après moi je suis pour des droits universels je le dis parce que la question qui revient c'est beaucoup les assister les assister les assister et bien je suis pour que je dis la République elle s'est grandi quand elle a fait l'école gratuite à la fois pour les enfants d'ouvriers et pour les enfants de Bernard Arnault la République elle s'est grandi quand elle a fait la sécurité sociale et l'hôpital où Bernard Arnault est remboursé tout comme le sont les enfants des ouvriers c'est l'hôpital public mais oui mais voilà mais je pense qu'aujourd'hui il nous faut reconstruire des droits qui sont universels il y a un outil pour égaliser pour c'est l'impôt
et
en dehors de ça il faut construire la possibilité d'accéder aux droits pour tous Merci beaucoup François Ruffin d
'être venu
sur le plateau de Baxit
Merci à vous Merci à vous
François Ruffin