Prix du carburant : La solution radicale de LFI | Adrien Cornet & Hadrien Clouet
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Questions et réponses
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- 0:35OuverteRéponse directe
Quelles sont les possibilités d'actions concrètes pour lutter contre la hausse des prix du carburant ?
- 0:40OuverteRéponse directe
La nationalisation est-elle une piste crédible de résolution de cette crise ?
- 2:21OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que la nationalisation partielle de Total concernerait exactement ?
- 6:06OuverteRéponse directe
Quelles sont vos revendications en tant que salarié en grève ?
- 10:52OuverteRéponse directe
Ce n'est pas la première fois que la nationalisation de Total est proposée. Vous en pensiez quoi ?
- 12:42OuverteRéponse directe
Vous en pensez quoi de la proposition des sénateurs communistes pour encadrer les marges et abaisser la TVA ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:05PrésentateurFait
« Le groupe parlementaire de la France Insoumise va déposer une proposition de loi pour nationaliser les activités des industries pétrolières de Total en France. »
- 1:32Invité politiqueChiffre
« 1 milliard de bénéfices par pure spéculation sur la flambée des prix. »
- 1:52Invité politiqueChiffre
« L'année dernière, c'était 15 milliards de dividendes, record du CAC 40. »
- 1:56Invité politiqueFait
« Pas un seul impôt sur les sociétés versées en 2019, 2020, 2021, 2023. »
- 3:11Invité politiqueChiffre
« 16 milliards qui sont allés aux actionnaires sous forme soit de dividendes, soit de rachats d'actions. »
- 6:20Invité politiquePromesse
« Porter le prix maximum à 1,50 euro du prix du litre du carburant. »
- 6:47Invité politiqueFait
« Montrer à l'ensemble des travailleurs que nous, les raffineurs et les travailleurs de l'ensemble du groupe et des filiales Total Energy, on est du côté des consommateurs. »
- 7:35Invité politiqueFait
« Les stations-services sur autoroute, la filiale Argédiste est 100% Total. »
- 10:04Invité politiqueFait
« Total délocalise ces raffineries depuis 2009. »
- 18:27Invité politiqueChiffre
« Total, c'est 35 milliards de bénéfices en 2023. »
- 24:48Invité politiqueFait
« Bien sûr que ça peut faire du bien au portefeuille, mais c'est la politique de la miette. »
- 27:30Invité politiqueFait
« Les propositions politiques, elles aboutissent selon le rapport de force et la conjoncture politique d'un pays. »
Temps de parole
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- Présentateur 23 %
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C'est une annonce toute fraîche qui date de ce matin. Le groupe parlementaire de la France Insoumise va déposer une proposition de loi pour nationaliser les activités des industries pétrolières de Total en France. Les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis ont échoué. Donald Trump a lancé un blocus pour couper les revenus pétroliers de son ennemi iranien. Le détroit d'Hormuz est toujours bloqué et les conséquences de ce blocage sur les prix du carburant en France provoquent la colère des usagers. Tout comme la faiblesse de la réponse du gouvernement. 70 millions d'euros débloqués au mois d'avril et uniquement à destination de quelques professions.
L'heure est aussi à la riposte pour les syndicats mobilisés depuis plusieurs semaines. Alors quelles sont les possibilités d'actions concrètes pour lutter contre cette hausse persistante des prix du carburant ? La nationalisation est-elle une piste crédible de résolution de cette crise ? On en parle tout de suite avec Adrien Cornet, syndicaliste CGT Grand Puy et militant Révolution Permanente, et Adrien Clouet, vice-président du groupe LFI à l'Assemblée Nationale, signataire de la proposition de loi. C'est l'heure du premier entretien de Toujours Debout. Bonsoir à vous deux. Merci d'être avec nous ce soir.
Bonsoir.
Adrien Clouet, je vais commencer avec vous. Aurélie Trouvé, votre collègue députée LFI, a annoncé ce matin, je le disais, le dépôt d'une proposition de loi pour nationaliser les activités des industries pétrolières en France. J'aimerais qu'on l'écoute rapidement et on revient ensuite là-dessus. Comme en 2022, Total, la multinationale du pétrole et particulièrement ses grands actionnaires sont des grands profiteurs de la guerre, comme après la guerre en Ukraine. 1 milliard, nous avons appris entre-temps, 1 milliard de bénéfices par pure spéculation sur la flambée des prix.
Total pousse à l'augmentation des prix, même s'il annonce des mesures cosmétiques de faux plafonnements dans ces stations. Et donc, vous le savez, l'essentiel des bénéfices de Total va à ces grands actionnaires. L'année dernière, c'était 15 milliards de dividendes, record du CAC 40. Pas un seul impôt sur les sociétés versées en 2019, 2020, 2021, 2023. Bref, et des investissements climaticides. Tout ça nous fait dire qu'il est temps de nationaliser une partie des activités industrielles et pétrolières de Total, puisque l'énergie doit redevenir un bien stratégique placé sous la responsabilité publique.
Il faut préciser que cette nationalisation que vous proposez, c'est une nationalisation qui est uniquement partielle. Ça concerne quoi exactement ?
Tout à fait. Alors, peut-être d'abord pour que tout le monde saisisse bien l'intérêt Total et l'industrie pétrolière en France. Ce sont des milliers de salariés hautement qualifiés à tous les postes de travail qui se lèvent le matin parce qu'ils veulent fournir de l'énergie. D'ailleurs, pour une bonne partie, ils travaillent aussi pour décarboner. Cette énergie. Donc ça, c'est ce que font les gens qui travaillent dedans. Maintenant, ils ont deux obstacles importants. Le premier obstacle, c'est le caractère de rente de cette industrie, notamment le cas de Total.
Vous voyez que Total, si vous prenez l'évolution de son taux de marge, de son bénéfice net, c'est uniquement lorsqu'il y a une crise que la spéculation est possible, que le taux de marge explose. Ce n'est pas parce qu'il y a une innovation, parce qu'il y a une percée technologique. C'est parce qu'ils se positionnent sur des moments de crise que du coup, ils peuvent spéculer. C'est ce qu'a dit Aurélie à l'instant. C'est un problème. Et ce problème, il est d'autant plus vif que l'argent qui en est tiré est utilisé au bénéfice des actionnaires, essentiellement.
L'année dernière, c'était 16 milliards qui sont allés aux actionnaires sous forme soit de dividendes, soit de rachats d'actions, 15 milliards dans l'investissement. C'est-à-dire que cette entreprise qui profite des crises par effet de rente redistribue aux actionnaires plus qu'elle investit dans l'outil productif. Donc c'est un double problème. Face à ça, il nous semble qu'il faut reprendre la main. Et reprendre la main, ça nécessite de placer sous contrôle public les deux piliers industriels qu'on crée aujourd'hui de la production. D'une part, ce qui concerne le transport entre les raffineries et les dépôts. Il y a des infrastructures qui existent aujourd'hui.
C'est notamment les différentes sociétés, la STPP, la société de Pipeline Méditerranée-Rhône et la compagnie industrielle maritime. Ces trois entreprises font le transfert, en fait, raffiner les défauts et transportent les essences. Et la difficulté qu'on a là-dessus, c'est qu'elles font des prix discriminatoires entre les stations de service. Et donc, en fait, c'est elles qui pilotent la variation des prix d'une station à une autre. Donc il faut les placer sous le contrôle public. Et l'avantage, c'est qu'une fois que c'est sous le contrôle public, comme pour l'électricité, par exemple, vous pouvez avoir une marge maximum.
Au lieu d'avoir trois acteurs qui se répartissent le marché entre eux et qui font la marge la plus haute, vous avez une marge publique qui dit qu'au-delà d'un tel niveau de bénéfice, vous reversez tout à un fonds public ou au budget de l'État. Donc, premièrement... Ça serait fixé par l'État, du coup. Exactement. Comme on a, par exemple, pour les commissions sur l'énergie. Vous savez, il y a des tarifs maximum, il y a un plafond. On doit faire pareil sur le transport, sur les essences. Et puis, si on remonte plus haut, il faut arriver évidemment à la raffinerie. Aujourd'hui, il en reste six sur le territoire hexagonal des raffineries. Alors, on pourrait toutes les citer.
Gonfreville, Donge, Faisin, Lavera, Fosse-sur-Mer, Port-Jérôme, Gravenchon. Ces six raffineries, aujourd'hui, ont le même défaut que Total en général. Mais elles ne sont pas toutes de Total, attention. Mais elles ont le même défaut, c'est-à-dire qu'elles ont des bénéfices qui explosent dans les périodes de crise, où elles peuvent créer une pénurie et, en fait, utiliser leur pouvoir sur le marché pour prendre captifs les consommateurs, les consommatrices, les conducteurs et les conductrices. Donc, face à cela, on a une difficulté. C'est qu'ils profitent de leur pouvoir de marché contre nous toutes et nous tous.
Donc, il faut en reprendre le contrôle public à la fois pour pouvoir alimenter le pays par rapport à ses besoins, effectivement. Et puis, et même peut-être surtout, pour pouvoir réorienter la production carbonée. Parce qu'on voit bien que le privé, aujourd'hui, ferme des raffineries en France. On a perdu un tiers des raffineries depuis 2008. On ferme des raffineries tous les ans en France. Enfin, tous les ans. On ferme des raffineries, on va dire, depuis 20 ans en France. Et, en fait, sans aucune espèce de reconversion de l'outil productif vers la question des énergies renouvelables. Alors, pourtant, il y a eu un ensemble de tentatives.
Je pense, par exemple, à ce qui a pu se faire à Grand-Puit. Alors, on souffre, évidemment, que ce ne soit pas sous contrôle salarié et que ce ne soit pas dans un cadre public intégral. Mais enfin, à Grand-Puit, il y a un projet solaire. Il y a des projets de recyclage. Il y a des projets biochimiques. Bref, une tentative de faire autrement de l'énergie en utilisant toute l'infrastructure concrète, physique, qui est déjà disponible, mais qui, aujourd'hui, ne sert que les actionnaires et pas le grand public.
Adrien Cornet, vous, je le disais, vous êtes salarié à la raffinée Grand-Puit. Vous êtes mis en grève aujourd'hui. Quelles sont vos revendications ?
Bonjour, merci de m'avoir invité. Nos revendications se portent sur les revendications nationales, donc de porter le prix maximum à 1,50 euro du prix du litre du carburant et des augmentations de salaire pour tous et aussi une clarification, une ouverture des livres de compte.
On y tient beaucoup pour faire, en fait, la lumière sur les bénéfices de Total, d'où viennent ces profits, d'où viennent les milliards et les milliards qui sont amassés par les patrons pétroliers et les actionnaires et de montrer à l'ensemble des travailleurs que nous, les raffineurs et les travailleurs de l'ensemble du groupe et des filiales Total Energy, on est du côté des consommateurs, de ceux qui galèrent pour faire leur plein aujourd'hui. On fait aussi partie de cela. On a énormément de travailleurs précaires dans les raffineries. Je pense à nos camarades, nos travailleurs sous-traitants qui sont très mal payés, qui travaillent dans des conditions terribles.
Et on a aussi des camarades, beaucoup de femmes qui travaillent dans des stations-services qui sont précaires également, qui travaillent pour Total. Les stations-services sur autoroute, la filiale Argédiste est 100% Total. Et c'est énormément de travailleuses précaires qui sont payées 1 600 euros par mois et qui, aujourd'hui, ne peuvent plus aller travailler parce que, en fait, le carburant est trop cher pour elles. Et elles sont vraiment en galère. D'ailleurs, elles vont sans doute bientôt partir dans un mouvement de grève et on va les soutenir très fortement. Voilà.
Donc, principalement, cette démonstration de grève de 24 heures, ça a été la démonstration qu'il faut que les travailleurs et ensuite les riverains et les usagers, ensemble du pétrole, on puissent décider du prix du pétrole, que ce n'est pas ni un patron capitaliste, d'ailleurs, ni la nationalisation. C'est une bonne idée, mais il faut qu'elle aille beaucoup plus loin, qu'elle soit sous contrôle des travailleurs et des usagers. Nous, aujourd'hui, par exemple, vous parliez de la transformation de Grand-Puis. Aujourd'hui, la transformation de Grand-Puis, elle est complexe. Il y a des incidents très régulièrement.
On a eu des collègues qui ont été intoxiqués sur la production de plastique, intoxiqués sans doute au benzène. Voilà. Et si elle était sous contrôle des travailleurs, cette raffinerie, à Grand-Puis, on n'aurait pas eu ça, parce qu'on gérerait toutes les conditions de sécurité, mais aussi le volume d'embauche de l'ensemble des travailleurs, etc. Donc, voilà, il faut vraiment aller jusqu'au bout de la logique, pas seulement nationaliser, parce qu'on voit à quel point l'éducation est nationale, on voit l'EDF est nationale, on voit que beaucoup de services peuvent être nationalisés, et pourtant, les travailleurs, ils sont maltraités, les travailleurs, ils sont régulièrement mis en danger.
Si j'ai bien compris, vous souhaitez que l'outil de travail soit repris par les travailleurs eux-mêmes, c'est ça ?
Exactement. En fait, pour nous, la nationalisation, elle doit se faire sous contrôle des travailleurs, et aussi des riverains, qui peuvent être au contact de la pollution. D'ailleurs, nous, la plupart d'entre nous, on habite à côté de nos usines, et on est les premiers victimes de la pollution, de nos produits chimiques. C'est souvent ce qu'on disait à Grand Puy, d'ailleurs, c'est que nous, il faut qu'on passe toute cette production sous nationalisation, sous contrôle des travailleurs, le temps de trouver une alternative réelle aux produits du pétrole. Parce que, comme vous l'avez rappelé, Total délocalise ces raffineries depuis 2009.
La première, ça a été Flandre, ensuite ça a été Lamed, ensuite ça a été Grand Puy, et ils voulaient continuer encore et toujours. Et aujourd'hui, cette crise du pétrole, qui a été provoquée par la guerre impérialiste menée par les États-Unis et Israël, excusez-moi, elle montre à quel point il y a une nécessité de mettre ce secteur et l'ensemble des secteurs de l'énergie, d'ailleurs, sous contrôle des travailleurs, parce que ce n'est pas simplement le pétrole, mais il y a tous les dérivés du pétrole. Il y a le bitume pour les routes, le plastique, il y a aussi du pétrole dans les médicaments, etc.
Et tant qu'on n'a pas trouvé d'alternative à tous ces produits-là, il faut que ce soit les travailleurs qui puissent le contrôler.
Alors, ce n'est pas la première fois que la nationalisation de Total Énergie, elle est mise à l'ordre du jour par un groupe politique. C'était déjà le cas en 2024, sur une proposition de loi des sénateurs et sénatrices PCF. Et à l'époque, ça concernait un projet encore plus grand de service public de l'énergie. Vous en pensiez quoi, ça, vous, Adrien ?
Ah non, on est favorable à ce qu'il y ait un grand service public de l'énergie. Maintenant, la question est aussi, je pense, d'éviter des entreprises totalement tentaculaires dans lesquelles le contrôle démocratique par les élus du peuple et les élus des salariés, en fait, serait assez vite, on va dire, nébuleux. Parce qu'en fait, quand c'est un livre de comptes, un livre de comptes, un livre de comptes, un livre de comptes, on peut très vite craindre que le contrôle démocratique soit très faible. Donc on est favorable à une reprise en main publique.
On se retrouvera évidemment sur le fait qu'une nationalisation, c'est pour que dans le conseil de direction, vous ayez des représentants de l'État, des travailleurs, des usagers, enfin, c'est-à-dire usagers au sens consommateur et riverain. Mais là-dessus aussi, on sera d'accord. Après, il faut la discussion sur comment on compose concrètement ce conseil de direction, quelle part pour chacune et chacun, mais c'est l'orientation politique qu'il faut évidemment prendre. Donc là-dessus, on va se retrouver. Maintenant, est-ce qu'on a besoin de tous les services qu'il y a dans Total ? Par exemple, les participations à l'étranger. Ça ne me semble pas tout à fait évident.
Et c'est pour ça que nous, le texte qu'on dépose ici, c'est un texte qui a comme double objectif. D'abord, d'avoir un vrai état contrôle en amont sur le prix à la pompe, c'est-à-dire en fait contrôler la formation du prix, c'est-à-dire la marge de raffinage, puis la marge qui est prise sur le transport vers la station-service. Voilà comment on opère ce contrôle. Et deuxièmement, comment on opère une bifurcation de l'outil productif pour évidemment ne pas rester totalement dépendant aux énergies carbonées.
Il nous semble que là aussi, seule la puissance publique et seul le débat démocratique permettent réellement de réorienter les raffineries, non seulement en gardant les emplois, mais surtout en recrutant à la hauteur des besoins pour que les raffineries demeurent l'avant-poste de la production énergétique française.
Alors, toujours des sénateurs communistes qui ont déposé le 13 mars un texte pour encadrer temporairement les marges dans le secteur et abaisser la TVA sur l'énergie. Vous en pensez quoi, vous Adrien Cornet ? C'est positif ? Ce n'est pas suffisant ?
Non, aujourd'hui, c'est une proposition qui... On est pour le fait qu'effectivement, le prix soit fixé beaucoup plus bas qu'il ne l'est aujourd'hui. Nous, on parle d'un euro 50 au litre. Mais bien sûr que les taxes sur le carburant, c'est comme la TVA, si vous voulez. Et c'est des taxes les plus injustes qui existent, puisque que vous soyez Patrick Poulané ou un sous-traitant de chez Total ou travailleuse des stations-services d'Argédis, en fait, quand vous faites le plein, vous payez la même part de taxes. Donc, c'est purement et simplement injuste.
Il faudrait transférer ces taxes vers les profits de Total, justement, pouvoir aller vers la saisie de ces profits par des taxes, plutôt que de taxer les travailleurs. On se souvient du grand mouvement des Gilets jaunes qui nous a tous transformés dans le mouvement ouvrier et qui a montré à quel point ce sujet touchait profondément les travailleurs et à quel point ça les attaquait directement. Les discussions qu'on a autour du prix du carburant, son quotidien, sont tous les jours. Mais moi, je reviens vraiment sur l'importance, en fait, d'aller au bout de la proposition. Ce n'est pas une co-gestion avec l'État qu'il nous faudrait.
C'est vraiment que le pouvoir, il revienne aux travailleurs, qu'on puisse plus jamais, en fait, reculer. Avoir le pouvoir par les travailleurs dans les usines, c'est d'abord et avant tout leur donner le contrôle sur leur outil de travail. On connaît par cœur notre outil de travail. On a démontré aussi à quel point le rapport de force qu'on avait en 2022, quand on a paralysé l'ensemble de l'outil, quand on a asséché les stations, montre que ce rapport de force, on l'a pour pouvoir imposer ça. C'est de notre côté, du côté des grèves.
Et c'est à ce service, à notre avis, que devrait se mettre toute la gauche, la gauche radicale, au service de la classe ouvrière, de la grève, pour pouvoir, justement, aller arracher, notamment, ce prix plafonné à 1,50 euro, mais au-delà, la nationalisation sous contrôle des ouvriers et des riverains.
Alors, le gouvernement, depuis le début de l'augmentation des prix du carburant, a toujours refusé de bloquer ces prix, justement, dans les stations essence. Roland Escure avait annoncé à la fin mars, donc, je le disais en introduction, 70 millions d'euros d'aides. Cet après-midi, on a appris par le Parisien que le gouvernement aurait rédigé un projet de décret pour un contrôle renforcé des prix à partir de 1,71 euro du litre. Qu'est-ce que vous pensez de ce revirement ?
C'est de la flûte, donc il n'y a pas de revirement. Non, mais il n'y a pas de revirement. On a un ministre qui nous explique, d'abord, qu'il veut, je cite de tête, concentrer les contrôles sur les prix chez les distributeurs qui sont à plus de 1,71. Alors, déjà, le problème, ce n'est pas le distributeur. En fait, il est en train de nous expliquer qu'il va aller contrôler ceux qui distribuent, c'est-à-dire là où il y a le moins de marge qui se fait dans toute la chaîne. Donc, c'est pour occuper la galerie, à défaut de l'amuser, parce qu'ils ne sont pas très marrants. Donc, non, tout cela n'a absolument aucun sens.
Soit, on a un blocage, c'est-à-dire qu'on fixe un prix administratif qui ne peut pas être franchi, auquel cas, ça signifie que le producteur en amont, pour pouvoir vendre à ce niveau-là, tout au long de la chaîne, il est obligé de respecter le prix final et donc de prendre sur ses dividendes et sur ses marges. C'est ce qu'on souhaite pour que Total fasse l'effort avec ses revenus financiers, et non pas que ce soit le consommateur, à la fin, qu'il soit, évidemment, le larron de la foire et le prix répercuté. Enfin, le distributeur, si jamais ça lui arrive à 1,70 et qu'il ne peut pas le vendre à plus d'1,71, bon, on n'a pas fait grand-chose dans cette histoire.
Donc non, à mon avis, c'est vraiment une improvisation. D'ailleurs, on l'a vu tout à l'heure, il y a eu des interrogations après les questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, et bon, aucun ministre n'est capable d'expliquer concrètement en quoi consistait ce projet. Donc ils ont inventé un truc sur un coin de table. Ils se sont dit, oulala, oulala, il y a le blocage des prix qui est très populaire, qui est défendu de plus en plus largement dans la population. Oulala, oulala, il y en a même maintenant qui arrivent sur la question de nationaliser l'outil de production et de raffinage, et d'y intégrer même les travailleuses et les travailleurs.
Donc à partir de là, il leur faut un contrefeu. Le contrefeu, c'est nous expliquer qu'ils vont contrôler les marges de ceux qui n'en font pas. Eh bien, super. Merci. Repassez.
Adrien Cornet, c'est ça qu'il faut faire aussi pour vous, continuer à mettre la pression, justement pour forcer le gouvernement à plier et à bloquer concrètement les prix ?
Oui, continuer à mettre la pression. Et le meilleur outil qu'on a, nous, les travailleurs, c'est la grève. Et y compris, voilà, on se souvient du grand mouvement de grève qu'il y a eu en 2023, qui a déployé beaucoup de secteurs du monde du travail. Et aujourd'hui, on a fait la démonstration que les travailleurs de Total, qu'il y avait vraiment deux secteurs, en fait, dans cette entreprise. D'un côté, le patron. D'ailleurs, le ministre Lescure et tout son gouvernement veulent toujours épargner les profits de Total. Il ne faut jamais toucher aux profits. Il ne faut jamais viser cette entreprise en particulier.
Et nous, ce qu'on dit, justement, c'est qu'aujourd'hui, le rapport de force, il est dans les usines. Il est dans la grève. Les tentatives à l'Assemblée, elles ont eu lieu des dizaines et des dizaines de fois. Et elles n'ont jamais porté leurs fruits. Et la grande victoire qu'on a eue contre Total, elle s'est passée en 2022, où on a réussi à arracher des grosses augmentations de salaire pendant cette période d'inflation. Je rappelle quand même que des profits historiques ont été gagnés par Total en 2022 et en 2023, liés notamment à la guerre en Ukraine. Et aujourd'hui, cette inflation qui va tous nous toucher, on voit les prix, y compris des courses, qui sont en train de flamber.
Et combien de travailleurs vont être plongés dans cette précarité, nous, on a tous une carte à jouer. Et nous, les travailleurs, on a la possibilité de bloquer l'appareil de production pour imposer ce rapport de force et aller arracher beaucoup plus qu'un plafonnement des prix. C'est vraiment quand on parle de s'échanger de paradigme quelque part, s'échanger de qui décide de ce qu'on produit et pourquoi. Et c'est là où on doit poser cette question-là, cette question démocratique. Parce que nous, bien sûr que nous, on est les premiers à attraper des cancers à cause des produits, à cause du benzène. Donc on n'a aucun intérêt, quelque part, à faire perdurer le pétrole.
Mais aujourd'hui, on nous vend des solutions qui sont complètement loufoques. On nous parle de passer à l'électrique avec des voitures familiales à plus de 30 000 euros. On nous parle d'accentuer aussi l'extractivisme qui existe dans les pays du Sud. Il faut rappeler ça à quel point toute l'électrification passe aussi par polluer l'Argentine, le Chili, énormément de pays d'Afrique, etc., pour aller chercher les terres rares. Il faut rappeler l'impact que ça a sur ces pays du Sud. Et à quel point nous, en tant que travailleurs, on doit remettre au centre la question internationale.
On a une guerre qui frappe les travailleurs iraniens, dont les raffineurs sont visés particulièrement dans cette guerre. Et il faut aussi rappeler à quel point on est du côté de ces travailleurs qui sont visés. Et à quel point il faut aussi qu'on pense à nos rapports de production en lien avec les travailleurs des pays du Sud.
Vous parliez de changer de paradigme. Adrien Clouet, est-ce que cette nationalisation, elle vise juste à répondre à la crise du carburant ou il y a d'autres objectifs de plus long terme ?
Non, bien sûr, il y a des objectifs de plus long terme. C'était juste la crise des carburants. On pourrait en rester au blocage des prix. Et finalement, on abandonnerait au capital privé les décisions fondamentales. Non, bien sûr qu'il s'agit d'abord d'avoir une bifurcation écologique. C'est le premier élément que j'évoquais. À savoir la reprise publique en main pour reconvertir l'outil, surtout le diversifier. Pour préparer l'économie post-carbone. Deuxièmement, parce que je pense que cet ordre public étendu, nationalisé, c'est le lieu pour déléguer, transférer, confier et accorder enfin du pouvoir aux travailleurs et aux travailleurs sur leur site, sur leur lieu de travail.
Normalement, le secteur public national a toujours eu comme ambition d'être le lieu d'expérimentation des avancées démocratiques sur l'outil productif. Simplement, maintenant qu'on a mis toutes les usines dans le privé et qu'il n'y a plus de régies publiques productives, on n'est plus en capacité d'avoir ce secteur-là qui entraîne, qui est le secteur où les travailleurs testent des choses, s'organisent, revendiquent et surtout, comment dire, conçoivent localement quelque chose qui après est répondu ailleurs. Comme on l'a fait sur les semaines de congés payées, par exemple, dans les luttes des travailleurs et des travailleurs qui ont été expérimentées dans le public.
Ensuite, elles sont reprises après dans le privé par cet effet de pression. Et puis, troisièmement, il y a un sujet international, c'est-à-dire que reprendre le contrôle public sur l'industrie pétrolière, c'est aussi repositionner la place de la France dans le monde par rapport aux pays pétroliers. C'est faire en sorte que Total, par exemple, ne soit pas l'ambassadeur officieux de la France et ne soit pas en charge de gérer les logiques d'extractivisme dans des pays tiers. Mais bel et bien que la France assume ses responsabilités de bout en bout en étant la responsable nationale du pétrole national. C'est une multinationale qui a pris trop de place par rapport à ce que devrait être ?
Bien sûr. Il y a des multinationales comme Total qui, aujourd'hui, ont des revenus supérieurs à ceux de certains États et donc qui, à partir de là, négocient avec une force de frappe qui est incommensurable. Et je pense que c'est un problème démocratique que des multinationales soient aussi puissantes que cela. Non pas qu'elles aient des capacités productives très importantes, ça, tant mieux, c'est grâce aux salariés. Mais qu'elles aient une force de frappe financière telle que celle qu'elles ont aujourd'hui, ça conduit également, on le voit régulièrement, à des affaires en justice ou ça conduit à des arrangements avec des puissances étrangères, y compris hostiles.
Je pense, par exemple, à l'abandon des projets renouvelables aux États-Unis sous pression de Donald Trump. Total a accepté un chèque des États-Unis pour abandonner des projets qui avaient été signés à l'époque de M. Biden. Eh bien, je pense qu'une entreprise nationale aurait pu avoir un avis beaucoup plus tranché là-dessus. Et puis surtout, le fait d'avoir par l'État un contrôle sur la logistique, la raffinerie et des prises de participation possibles à l'étranger nous donne les outils d'être autonome par rapport à une multinationale qui, aujourd'hui, a un monopole privé qui est assez insupportable.
En attendant, du coup, pour revenir à la question du blocage des prix, Adrien Cornet, est-ce qu'il y a d'autres mesures qui sont envisageables de la part, notamment, des employeurs pour réduire la facture de carburant des salariés, notamment ceux qui prennent leur voiture ? Je pensais, par exemple, à la CFDT qui a réclamé une augmentation de l'indemnité d'éloignement chez Vinci. Est-ce que c'est des choses que vous envisagez aussi à la CGT, en parallèle de ce blocage des prix à la pompe ?
Ce qu'on envisage surtout, c'est d'aller arracher des augmentations de salaires, des augmentations de salaires et aussi de parler d'indexation des salaires sur les prix, des salaires sur l'inflation. C'est ça qu'il faut qu'on pose. Parce qu'en fait, si vous voulez, tous les ans, repartir en grève à chaque fois qu'on a une inflation forte et remettre encore et encore les travailleurs en grève, alors qu'on pourrait tout simplement aller chercher, grâce au rapport de force, l'indexation des salaires sur l'inflation, qui, je rappelle, a été retirée par un gouvernement de gauche, a été retirée sous le gouvernement Mitterrand.
Cette indexation, il faut qu'on aille la chercher, en particulier pour l'ensemble des travailleurs qui sont aujourd'hui dans une précarité énorme, en fait. Je veux dire, les petits chèques à droite, à gauche, sur le carburant, etc. Bien sûr que ça peut faire du bien au portefeuille, mais c'est la politique de la miette, en fait. Alors que je rappelle quand même que Total, c'est 35 milliards de bénéfices en 2023. Enfin, je veux dire, on est en train de parler de cette entreprise-là. Et en fait, on nous propose des petites mesurettes, alors qu'ils ont la capacité de payer. Il n'y a pas de problème à ce niveau-là, sauf qu'il faut qu'on l'impose par le rapport de force. Voilà.
Donc il ne faut pas aller chercher des petites mesurettes. Il faut vraiment qu'on aille vers la nationalisation sous contrôle des travailleurs, de l'ensemble du secteur de la production, parce qu'on parle beaucoup du pétrole et de ses dérivés. Mais en fait, le problème énergétique, il s'imbrique avec les autres secteurs, les secteurs du transport, les secteurs de l'énergie, de l'électricité, etc. Et tant qu'on n'a pas ce pouvoir sur les outils de production, en fait, on ne cesse de reculer. On ne cesse de reculer sur tout, sur la retraite, sur les salaires. On ne cesse de reculer sur nos conditions de travail.
On ne cesse de reculer sur toutes les lois qui ont aussi détruit le code du travail. Donc il faut que ça s'arrête. Il faut que ça s'arrête. Moi, vraiment. Et ça, ça ne passera que par le rapport de force, par la grève qui se multiplie dans les différents secteurs. Et pour moi, le rôle aujourd'hui, c'est de porter ces mots d'ordre principaux qui sont à mettre en avant, le plafonnement des prix, mais aussi l'indexation des salaires sur l'inflation et la nationalisation sous contrôle des travailleurs.
Et je voudrais terminer pour dire qu'il y a vraiment énormément, dans ce contexte-là, de travailleurs chez nous, de sous-traitants qui sont immigrés ou issus de l'immigration, et qui, dans ce contexte-là aussi violent qu'on vit actuellement en France, où on ressent le racisme, etc., où on voit à quel point il y a cette volonté aussi pour le patronat qu'on a vu dîner récemment avec Marine Le Pen, de se lier au secteur d'extrême droite, à quel point, si nous, on n'accélère pas le recul du patronat, en 2027, on pourrait voir une alliance entre le patronat du CAC 40 et l'extrême droite en France.
– Adrien Clouet, vous avez annoncé cette proposition de loi avec le groupe LFI. Est-ce que c'est vraiment réaliste d'envisager son adoption, compte tenu de la composition actuelle de l'hémicycle, ou c'est aussi un moyen d'amener ce sujet sur la table pour vous ?
– Les deux, d'abord, il faut amener le sujet sur la table pour qu'il puisse être adopté, donc ce n'est pas contradictoire. Et puis, vous savez, les propositions politiques, elles aboutissent selon le rapport de force et la conjoncture politique d'un pays. L'essentiel, c'est d'avoir tout qui est prêt sur la table et d'exploiter les moindres failles dans le camp de la bourgeoisie pour pouvoir les imposer. Je veux dire, il y a encore six jours, on pensait que le 1er mai allait être démantelé et n'allait plus être chômé pour un million et demi de personnes.
la mobilisation politique et syndicale, elle aboutit à ce que, finalement, le gouvernement recule, alors qu'ils avaient gagné par un vote à l'Assemblée. Donc, vous voyez, ce qui se passe à l'Assemblée, c'est un des éléments du rapport de force. Mais évidemment que c'est traversé par le combat général dans tout l'ordre social qui se joue par la grève, le débrayage, la mobilisation, tout simplement les discours ordinaires. Je veux dire, il ne faut pas croire que le gouvernement n'essaie pas de prendre le pouls la population générale tout le temps et il y a des moments où il flippe le gouvernement. Et lorsque le gouvernement flippe, il lâche des choses.
Donc, il faut être prêt à ce moment-là à taper et à s'en saisir. Après, maintenant, il faut qu'on continue à travailler sur le fond. Moi, je pense qu'on peut embarquer une majorité à un moment donné sur la nationalisation dans la situation actuelle. Si vous voulez, il n'y a pas mille options. Il y a l'option de... On laisse faire le marché. Première option, c'est-à-dire qu'on espère que l'offre et la demande vont se réguler. Donc, vous avez une économie pétrolière qui est, on va dire, oligopole dans le meilleur des cas, monopolistique dans le pire des cas. Et donc, c'est de la rente.
Donc, il n'y a pas de raison que l'offre et la demande joue puisqu'elle n'existe pas, l'offre et la demande, dans le secteur. Premièrement. Deuxièmement, vous avez la politique Macron-RN qui consiste à faire des chèques. C'est-à-dire, on utilise le budget public. Alors, les uns, ils baissent la TVA, les autres, ils font un chèque. Mais enfin, c'est le budget de l'État qui paye pour que Total maintienne son niveau de surprofit. Puis, le troisième élément, eh bien, c'est le contrôle public. sur la marge financière, donc bloquer les prix.
Mais si on va un peu plus loin et qu'on va être sérieux pour la bifurcation écologique dans son sens général, je pense qu'il faut remonter jusque la logistique, les raffineries à minima pour opérer, disons, pour donner à l'industrie pétrolière un horizon sur quelques décennies et entamer enfin le retour de l'élévation des emplois, du nombre d'emplois, le niveau des qualifications, etc., dans le secteur.
Adrien Cornet, je l'ai dit, vous êtes en grève. Vous avez déposé un préavis de 24 heures. Est-ce qu'il y a des actions qui sont prévues dans les jours à venir pour continuer à mettre la pression, justement, sur le gouvernement ?
Eh bien, déjà, on va continuer à consulter les salariés. Généralement, on a cette tradition, nous, la CGT Total Énergie, de donner suite à ces mouvements pour aller chercher après 24 heures, un 48 heures, puis un 72 heures pour aller vers la grève reconductible parce qu'on sait que c'est la seule manière de gagner. On l'a encore prouvé en 2022. Et pour arracher cette grève reconductible et l'imposer, il faut aussi que les directions syndicales, en fait, proposent un plan de bataille au monde du travail. Aujourd'hui, les directions sont centrées vers des négociations, etc., vers des interpellations.
mais quand est-ce qu'en fait, on organise les différents secteurs, on les met autour de la table ? Quand est-ce que la CGT Énergie, la CGT du Pétrole, la CGT des Transports, l'ensemble, y compris même des autres syndicats, Sudrail ou d'autres secteurs, puissent, des différents secteurs qui se sont mobilisés, encore une fois, ces dernières années. Je veux dire, on ne parle pas de 68, là, on parle de 2022, de 2023. Il y a quelques années encore, on prouvait qu'ils étaient capables, ces secteurs du monde du travail, de se mobiliser. Et puis avec aussi les gilets jaunes, de monter des caisses de grève. Bref, voilà, excusez-moi, de construire ce rapport de force conséquent.
Le mouvement ouvrier, les gilets jaunes ensemble, les quartiers populaires, tous ensemble, on peut faire plier le gouvernement et aller chercher toutes ces mesures, ces revendications qu'on a posées sur la table pendant cette émission. Et pour ça, il faut absolument qu'on ait une stratégie. Et ça repose sur une grève générale, une grève politique face à un mouvement, un gouvernement qui est faible aujourd'hui, qui est un des plus faibles de la Ve République. Et on a une carte à jouer bien avant, bien avant 2027.
Merci beaucoup Adrien Cornet et Adrien Clouet d'avoir été avec nous sur le plateau de Mediatv. Adrien Cornet, je rappelle, vous êtes militant à CGT Total Energy et à Révolution Permanente et salarié à la réfrinerie de Grand Puy. Adrien Clouet, vous êtes vice-président du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale. Merci beaucoup Adrien.
Et donnez à la caisse de grève.
Hadrien Clouet