Candidature de droite à la présidentielle, accueil des réfugiés afghans... Le "8h30 franceinfo" de Damien Abad
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Le quoi qu'il en coûte, c'est terminé. Fini l'argent public qui coule à flot, a dit hier le ministre de l'économie Bruno Le Maire. C'était le bon moment pour commencer à refermer ce robinet. La vérité, c'est que le quoi qu'il en coûte, il aura des conséquences économiques à moyen terme, à long terme. Et donc, rien n'est terminé. Parce que la dette, il va falloir la rembourser. Parce que c'est un fardeau qui va peser sur nos enfants et les petits-enfants. Et parce que la réalité, aujourd'hui, de la situation économique en France, c'est qu'on vit au-dessus de nos moyens. Il ne fallait pas le faire ? Bien sûr qu'il fallait le faire. Vous l'auriez fait différemment ? Non.
Sur la partie économique, et on l'a toujours dit, et je le redis encore ce matin, il fallait soutenir l'ensemble de nos acteurs économiques, notamment ceux qui ont été fermés pendant le confinement. Il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarette, selon l'expression consacrée, entre ce qu'a fait le gouvernement et ce qu'aurait fait la droite ? Sur la partie économique, ce n'est pas pendant la crise sanitaire et pendant le confinement qu'on a des reproches à faire. C'est avant. Avant, il n'y a rien qui a été fait. Et après non plus, d'ailleurs, sur la réforme structurelle. J'ai écouté le Premier ministre ce matin sur la réforme des retraites.
Honnêtement, on se dit que cette réforme, elle est à nouveau enterrée. Et que la réalité, c'est que comme on ne fait pas les réformes structurelles nécessaires pour notre pays, on va continuer à l'endetter. Et il ne suffit pas de déclarer stop ou quoi qu'il en coûte. Il faut surtout faire, agir, pour arrêter justement cette hémorragie budgétaire.
Donc si vous étiez à la place du gouvernement aujourd'hui, vous réformeriez les retraites dès maintenant ?
Bien entendu. Il fallait le faire même avant. Il y a 18 mois que les Républicains ont présenté un contre-projet sur la table qui est exactement... C'est toujours plus facile quand on est dans l'opposition réformée. Oui, peut-être. Mais enfin, les seuls qui ont réformé les retraites jusqu'à maintenant, c'est la droite. Et ça a toujours été la droite. Parce qu'il faut avoir ce courage politique-là. La dernière réforme, c'est la réforme Touraine, c'est sous François Hollande. Oui, il y a eu aussi des réformes sous Nicolas Sarkozy, la réforme Fillon également. Et nous avons fait des propositions très simples. La vérité, c'est quoi ? C'est qu'il faut allonger l'âge de départ à la retraite.
C'est la seule solution si on veut maintenir le niveau de pension. Et si on veut augmenter les petites retraites et défendre aussi toutes celles et tous ceux qui ont des carrières à chez, notamment les femmes.
On allonge le temps de travail jusqu'à quand ? Jusqu'à quel âge ?
Il faut le faire progressivement. Jusqu'à 65, mais progressivement. Pas d'un coup, bien entendu. Et surtout, expliquer aux Français pourquoi c'est fait. C'est fait pour sauver le régime de retraite par répartition. C'est fait pour augmenter les petites retraites. C'est fait pour corriger de l'injustice et de l'inéquité qu'il y avait dans la réforme aussi d'Emmanuel Macron. La réalité, c'est quoi ? C'est que le macronisme, c'est l'immobilisme et que la réforme des retraites, elle n'aura pas lieu par manque de courage politique de ce gouvernement.
Est-ce que vous êtes d'accord avec Bruno Le Maire qui dit aussi qu'il faut faire un effort sur les salaires, les augmenter ?
Xavier Bertrand l'a dit également ce matin. Je crois que ça ne se décrète pas. Bien sûr qu'il faut augmenter le pouvoir d'achat des Français. Il y a un moyen sur lequel nous pouvons agir, nous, responsables politiques. Ce n'est pas d'augmenter les salaires, il ne faut pas faire croire cela aux Français, mais c'est de réduire l'écart qu'il y a entre le salaire net et le salaire brut. Le problème en France, c'est qu'il y a trop d'écarts entre le salaire net et le salaire brut et que donc les petites entreprises supportent des charges sociales massives. Pourquoi ? Parce que toute la protection sociale est financée par le travail. Et qu'il faut pouvoir modifier cela.
Mais là aussi, c'est une réforme en profondeur qu'il faut modifier de notre protection sociale. Moi, je me souviens des débats que nous avions eu à l'époque sur la TVA sociale. C'était un débat intéressant parce que justement, ça permet de réduire cet écart-là. Réduire l'écart, c'est redonner du pouvoir d'achat. Et puis, il y a un autre levier sur lequel on peut agir. Ce sont toutes ces augmentations permanentes pendant l'été sur les tarifs de l'électricité, sur les tarifs du gaz, sur les carburants, sur le quotidien des Français. Et dans le quotidien des Français, on constate effectivement aujourd'hui que le travail ne rémunère pas suffisamment.
Et d'ailleurs, nous avons un manque de main-d'oeuvre criant. Il y a beaucoup de secteurs d'emploi, notamment dans la restauration, mais pas simplement, où aujourd'hui, il y a un manque de main-d'oeuvre en France parce que le travail ne paie pas assez. Il y a un mois, le groupe Les Républicains à l'Assemblée a voté majoritairement contre l'instauration du pass sanitaire. Vous êtes toujours contre aujourd'hui ? Je n'ai pas voté contre en ce qui concerne... Vous vous êtes abstenu, monsieur ? Vous absteniez la majorité de votre groupe a voté contre ? Oui, mais parce qu'on a toujours défendu la vaccination.
Et on considérait que le pass sanitaire était en fait une vaccination obligatoire déguisée qui ne disait pas son nom. Est-ce que vous le retirez aujourd'hui au vu de ce qui s'est passé depuis, c'est-à-dire à la fois 12-13 millions de Français qui se sont vaccinés depuis l'allocution d'Emmanuel Macron avec un rebond des vaccinations et un taux d'incidence qui depuis 8 jours maintenant baisse en métropole en tout cas ? Bien sûr, parce que c'est une vaccination obligatoire déguisée, d'ailleurs on le constate. Vous auriez préféré une vaccination obligatoire pas déguisée ?
Moi, j'aurais préféré qu'on assume de généraliser la vaccination, de la rendre obligatoire sur certains secteurs comme on l'a fait. Bien sûr, on l'a dit très clairement, notamment on a fait des amendements pour les policiers, pour les pompiers, pour un certain nombre de professions qui accueillent le public, et l'élargir et le généraliser. La réalité c'est quoi ? Bien sûr que, moi je ne suis pas, c'est pour ça que je n'ai pas voté contre, parce que je ne suis pas opposé au principe du pass sanitaire.
Mais je ne crois pas non plus à une société de pass sanitaire généralisé, c'est pour ça que je suis opposé par exemple au pass sanitaire dans les entreprises, parce que je pense qu'il faut le faire là où il est utile. Mais l'enjeu c'est quoi ? La clé de la sortie de crise sanitaire, ce n'est pas le pass sanitaire, c'est la vaccination. C'est la vaccination pour tous, généralisée depuis le début, moi je crois au vaccin, depuis le début je défends cette position-là, parce que je crois que c'est la seule possible qui nous permettra de sortir de cette crise sanitaire.
Et il faut expliquer simplement, il faut expliquer aux Français, expliquer ce qu'est le vaccin ARN, ce que sont les avantages de ce vaccin et comment on peut en sortir en tant que tel.
Pourquoi on a l'impression d'entendre que le gouvernement sur cette campagne pour la vaccination ? Pourquoi les oppositions ne font pas de campagne pour la vaccination ?
Parce que nous, si les oppositions le font dans les régions, les présidents de régions, moi je suis en Auvergne-Rhône-Alpes dans la région de Laurent Wauquiez, je peux vous dire qu'il y a des campagnes qui ont été faites, pas simplement sur la vaccination, sur les tests, dépistage également par les tests, nous avons aussi distribué des masques, beaucoup de régions, beaucoup de collectivités le font, beaucoup de maires aussi, d'élus locaux, j'ai échangé avec David Lysnard à Cannes cet été, beaucoup de maires organisent cette vaccination de proximité.
Donc ils le font, mais chacun dans leur domaine de compétence, et je crois que là-dessus, bien que tous les responsables politiques ont pris leur responsabilité. Vous ne pensez pas qu'une partie des responsables politiques, quelle que soit leur couleur d'ailleurs, s'est dit on ne va surtout pas se mettre à dos, les 40, puis 30, puis aujourd'hui, 20% de Français qui ne sont pas vaccinés, car ce sont aussi un jour des futurs électeurs ? Oui, mais je pense qu'il ne faut pas être dans ce genre de calcul-là. Personne n'a fait ce calcul en France.
Mais peut-être, bien sûr que vous avez aussi un certain nombre de personnes qui sont venues manifester des responsables politiques, avec les antipasses, avec les antivax, Voilà, ce que je dis simplement, c'est que la différence entre le gouvernement, le Président de la République et nous, c'est que nous pensons quand même que, même si nous défendons la vaccination, on n'était pas obligés non plus de fracturer la société française comme cela, et de stigmatiser aussi.
Moi, je fais la différence entre les personnes qui manifestent honteusement avec l'étoile jaune, et celles et ceux qui ont des doutes, qui s'interrogent sur le vaccin, qui sont jeunes, qui se disent on est en bonne santé, et pourquoi on doit se faire vacciner, pourquoi on doit vacciner notre vaccin.
Vous ne pensez pas qu'en rendant, comme vous le proposez ce matin encore au micro de France Enfant, la vaccination obligatoire pour les policiers, pour les soignants, vous auriez fait la même chose, vous auriez dans la rue des soignants qui manifestent, des policiers qui manifestent, et peut-être même des personnes qui ne sont ni l'une, ni l'un, ni l'autre, qui viendraient en soutien dire c'est scandaleux, on nous oblige. Non, parce que je pense qu'il vaut toujours mieux la vérité que l'hypocrisie. Le pass sanitaire, ça a été quand même une forme d'hypocrisie, parce qu'on a de fait rendu la vaccination obligatoire. Je pense qu'il vaut mieux avoir un discours sans des tests aussi.
Pas uniquement la vaccination, c'est aussi des tests.
Oui, mais la réalité quand même, c'est qu'à la fin des fins, ça pousse à la vaccination, parce que si vous faites tester tous les trois jours, il y a une certaine limite quand même à cet exercice-là, surtout que les tests deviendront par la suite payants également. Mais voilà, moi je crois plus au discours de vérité, de sincérité, de dire les choses aux Français. Très clairement, la vaccination c'est le seul moyen de s'en sortir aujourd'hui. Les tests payants mi-octobre, c'est une bonne idée ? Oui, il faut le faire bien entendu, parce qu'aujourd'hui... Mais là encore, c'est ce que vous dénoncez pourtant, ça incite à la vaccination, rendre les tests payants, c'est pour obliger les gens.
Mais attendez... C'est difficile ce discours. Non, non, notre discours il est très clair. On a toujours défendu la vaccination. Toujours. Tout le temps, à tout moment. Et on a dit, pas d'hypocrisie. Et c'est pour ça qu'on a contesté le pass sanitaire, ses modalités. Pourquoi ? Parce que c'est aussi renvoyer la responsabilité sur les professionnels, sur les restaurateurs, sur les acteurs économiques, et pas sur le gouvernement. Quand vous rendez la vaccination obligatoire, qui est en responsabilité ? Le gouvernement et les autorités politiques. Quand vous ne la rendez pas obligatoire, mais que vous mettez en place ce pass sanitaire, qui est en responsabilité ?
Les professionnels, les acteurs du tourisme, les acteurs de la culture, les acteurs du monde économique. C'est ça la réalité. Et donc, ce que nous disons au gouvernement, c'est que, un, la vaccination, deuxièmement, les tests, ils doivent être ensuite, par la suite, payants, bien entendu. Et ensuite, il faut aussi agir, parce qu'on aura la troisième dose très rapidement pour les publics fragiles. Damien Abad, le président du groupe Les Républicains, l'Assemblée nationale et député de l'Ain, également, et l'invité de France Info ce matin, 8h41, Diane Ferchit pour le Fil Info.
En Afghanistan, les évacuations menées par la France prendront fin demain soir, annonce du Premier ministre Jean Castex ce matin sur RTL, alors que le Royaume-Uni estime très sérieuse et imminente la menace terroriste à l'aéroport de Kaboul. Le Premier ministre qui s'exprime aussi sur la crise sanitaire. La troisième dose de vaccin commencera à être administrée dans les EHPAD à partir des 12 et 13 septembre. Dans les écoles, nous voulons généraliser les capteurs de CO2, indique Jean Castex. Il promet 600 000 tests hebdomadaires dans les écoles élémentaires. Le protocole sanitaire dans ces établissements est au programme aussi de la prise de parole prévue ce matin de Jean-Michel Blanquer.
Le ministre de l'Éducation nationale doit également apporter des précisions sur la prime de 29 à 57 euros net par mois. Pour les enseignants, ce sera à partir de 2022. L'annonce du député Les Républicains des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, il sera candidat à la primaire de la droite pour désigner un candidat commun à la présidentielle, il le dit ce matin sur BFM. Le sélectionneur de l'équipe de France, Didier Deschamps, dévoilera en début d'après-midi sa première liste de joueurs depuis l'échec de l'Euro. Liste en vue des trois matchs qualificatifs pour le Mondial au Qatar. France Info Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec Damien Abad, le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale. Valérie Pécresse, Philippe Juvin se sont déjà porté candidat à la candidature à une possible primaire dans votre camp en vue de 2022. Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, s'est lui aussi déclaré candidat ce matin. C'était chez nos confrères de BFM TV.
Je serai candidat à la primaire de la droite pour désigner notre candidat, un candidat commun bien entendu, pour l'élection présidentielle, pour sortir notre pays de la pente du déclin, pour redonner un espoir à cette France qui décline. Et je souhaite être candidat, je souhaite être candidat pour porter des idées de droite. Mon cap est à droite et mon objectif est simple, que la France reste la France.
Que la France reste la France, dit Eric Ciotti ce matin. Est-ce qu'il vous en avait informé par politesse ? Est-ce que selon vous, il est assez légitime pour être candidat ?
Oui, on a eu un échange téléphonique ces derniers jours. C'est une candidature sérieuse, crédible, qui va alimenter le débat d'idées à droite, et que moi je salue et que je trouve qu'elle est bienvenue, parce qu'Eric Ciotti est un homme de talent dans notre groupe parlementaire, une voix qui compte, une voix de droite, très claire, de conviction. Et je trouve que c'est bien qu'on ait ce débat d'idées là, et la candidature d'Eric Ciotti aujourd'hui, voilà, elle a été annoncée, et elle permettra, je pense, d'alimenter le débat d'idées.
Là j'en avais cité deux, Valérie Pécresse, Philippe Juvin, s'ajoute donc Eric Ciotti. On a encore une interrogation sur les intentions de Laurent Wauquiez, vous avez des infos ?
Non, non, vous savez, chacun prend ses responsabilités. Laurent Wauquiez sera dimanche au Mont-Mézinque, dans notre région, et je pense que c'est à ce moment-là où il s'exprime.
Je vous pose la question parce que vous êtes élu de sa région, donc j'imagine qu'il y a des contacts plus rapprochés.
Bien entendu, d'ailleurs avec un excellent président de région, qui a été très bien réélu dans sa région Auvergne-Rhône-Alpes. Tellement bon qu'il devrait y rester. Non, mais vous savez, c'est un choix d'abord aussi individuel et personnel. Laurent Wauquiez, il a porté les couleurs de notre famille politique avec courage. Il a aussi, il s'est retiré le moment avec courage également. Par la petite porte ? Oui, mais enfin, il a quand même eu le courage, lui, de démissionner dans un moment difficile et compliqué. Pourquoi vous dites lui, il y a d'autres personnes qui auraient dû s'en inspirer ?
Je pense qu'au gouvernement, il y a certaines personnes, certainement, qui auraient dû s'en inspirer à un moment donné. Mais bon, la réalité c'est quoi ? La réalité aujourd'hui, c'est que Laurent Wauquiez fait partie, bien entendu, de ces prétendants-là. Voilà, mais je crois que c'est à lui de le dire et de l'annoncer. Bon, si tout le monde va à la primaire, Pécresse, Juvin, Ciotti, aujourd'hui, il faut qu'elle ait lieu, cette primaire, et vous allez tenter de convaincre celui que vous soutenez, vous, c'est-à-dire Xavier Bertrand, d'y aller ? Non, Xavier Bertrand l'a dit très clairement, son choix c'est de parler directement au français.
Vous savez, moi-même, les réserves que j'ai à l'égard de ce processus, parce qu'une primaire, pour qu'elle fonctionne et pour qu'elle soit réussie, il faut d'abord qu'il y ait tout le monde sur la ligne de départ. Il faut ensuite que tout le monde soit d'accord sur la règle du jeu, et il faut ensuite que tout le monde accepte le vainqueur. Là, c'est le cas. Vous avez des doutes là-dessus ? Et la réalité, oui, bien sûr. Alors, tout le monde sur la ligne de départ, oui, tout ça, vous aviez Bertrand. Donc, ce n'est pas le cas, déjà. Oui. Ensuite, sur les règles du jeu, pour le moment, elles ne sont pas définies.
Moi, si primaire il y a, je souhaite que cette primaire soit la plus ouverte et la plus large possible, pour parler le plus au français. Mais encore une fois, je le redis, je préférerais que l'on évite ce système-là. Pourquoi ? Parce que je sais très bien qu'à la fin, on va chercher les différences entre les candidats. Et donc, en cherchant les différences, on va forcément fracturer encore davantage à droite. Et ce que nous ont dit les électeurs, et ce que j'ai écouté cet été, ils nous ont dit tous la même chose. En gros, démerdez-vous, mais choisissez un seul candidat, et on n'a pas besoin de passer forcément par la case primaire pour le faire.
Et ils nous disent, assumez une position radicale et surtout, faites ce que vous dites.
Mais ce qui est étrange, Damien Abad, c'est que vous n'êtes pas n'importe qui au sein des Républicains, vous êtes le patron des députés, vous tenez ce discours, vous soutenez Xavier Bertrand qui refuse absolument de participer à une primaire. Est-ce que vous comprenez pourquoi vos collègues des Républicains ne choisissent pas Xavier Bertrand directement ?
Mais attendez, d'abord moi, je suis président de groupe, et donc en tant que président de groupe, j'accueille tous les responsables politiques. D'ailleurs, nous aurons nos journées parlementaires à Nîmes. J'ai invité l'ensemble des candidats à la primaire, si primaire il y a, à venir s'exprimer devant les députés. Xavier Bertrand sera là aussi ? Bien entendu, moi je souhaite que tout le monde, en tout cas tout le monde, ait invité. Ce que je souhaite simplement, c'est que, vous savez, on doit être, avec Gérard Larcher, avec Christian Jacob, des facteurs d'unité.
On a une responsabilité dans notre famille politique, moi j'ai la responsabilité d'animer un groupe de 100 députés, et on n'est pas là pour faire des querelles de personnes. Et donc, à partir de là, on ne peut pas faire fi de la candidature de Xavier Bertrand. Xavier Bertrand, aujourd'hui, il a gagné sa région Hauts-de-France avec brio. La réalité, c'est qu'il incarne la France des territoires. C'est que chaque jour, il met un peu plus de marqueurs de différenciation par rapport à Emmanuel Macron, et que donc, aujourd'hui, il est une candidature crédible à droite.
Il y en a d'autres, vous avez cité, je pourrais citer aussi Michel Barnier, qu'on n'a pas évoqué, qui est aussi un homme de talent. Valérie Pécresse, qui peut dire la même chose. Exactement, mais bien sûr.
Alors, il se passe quoi si c'est Valérie Pécresse qui est choisie par votre parti ? Vous, vous restez derrière Xavier Bertrand ?
Attendez, d'abord, un, on verra, à partir de la semaine prochaine, qui sera candidat à droite. Et en fonction de ses candidatures, on verra si une primaire sera organisée ou pas. Ensuite, on aura un congrès des Républicains le 25 septembre. Et donc, les militants trancheront cette question-là, puisque je rappelle que la primaire est dans les statuts. La question leur sera posée clairement, souhaitez-vous oui ou non une primaire entre l'ensemble des candidats ? Elle sera posée soit sur la primaire, sur le système de départage travaillé actuellement par Jean Léonetti, et il y aura cette proposition-là sur la table.
Et ensuite, il y aura donc soit ce système de départage, soit il y aura un autre système. Moi, ce que je dis simplement... Ça pourrait être quoi, l'autre système ? L'autre système, c'est qu'à un moment donné, on puisse tous se mettre autour d'une table, regarder, puisqu'il y a une étude qui a été commandée par Christian Jacob, regarder qui, celui ou celle qui est le mieux placé, pas maintenant... Ce sont les sondages qui vont choisir votre candidat ? Non, ce n'est pas simplement les sondages. Ce n'est pas simplement les sondages.
Ce sont aussi les marqueurs politiques, ce sont aussi les résultats électoraux, c'est la capacité à rassembler, c'est la capacité tout simplement à porter les couleurs de notre famille politique. Ce que je dis simplement, c'est que je suis sûr qu'à la fin, on aura un seul candidat. J'en suis certain. Mais ce n'est pas la même chose. Ce sera quand ? Ce n'est pas la même chose d'avoir un seul candidat au mois d'octobre ou au mois de janvier. Si nous avons un seul candidat au mois de janvier, ça sera trop tard, et on sera hors course de l'élection présidentielle. Alors, il faut un seul candidat, mais quand ?
Il faut, moi je le souhaite, je souhaite que le mois de septembre soit un mois décisif, déterminant, pour notre famille politique, et qu'à la sortie de ce mois de septembre, eh bien, si les conditions sont réunies, on puisse tous se rassembler derrière un candidat. Donc vous appelez très clairement les militants de votre parti à refuser la primaire, puisqu'il faut décider en octobre et que le vote a lieu fin septembre. Non, non, on verra. S'ils disent oui à une primaire et que vous dites qu'il faut un candidat en octobre, il y a quelque chose qui ne colle pas dans le calendrier. Après, vous pouvez avoir l'organisation de la primaire au mois d'octobre, et des résultats début novembre.
Mais ce que je dis simplement aujourd'hui, c'est que je ne voudrais pas qu'on lasse l'électorat de droite. Pendant qu'on va être en pleine crise sanitaire. Mais ça va être le cas dans les semaines qui viennent, pardon, de faire de la mise en aby, mais on va vous poser la question de plateau en plateau. C'est pour ça que je vous redis. On ne va pas faire que ça, rassurez-vous. Je pense être un des rares hommes politiques. Très clair sur le sujet, vous demandez ma préférence, je vous dis que très clairement c'est Xavier Bertrand. Vous demandez si vous êtes pour ou contre des primaires, je vous dis très clairement que j'ai des réserves sur le processus de primaire.
Et je vous dis très clairement que moi, ce que je souhaiterais, à titre personnel, c'est qu'on puisse désigner nos candidats. Une sorte de conciliabule où on regarde les sondages, on se réunit entre... Un bureau politique, ça peut être un conseil national, peu importe. Et tant pis pour les militants. C'est au président... Non, non, mais attendez. Dans un bureau politique et dans un conseil national, il y a aussi des militants. Et que donc les militants, ils sont représentés. Moi, je respecte beaucoup les militants. Parce que les militants, ce sont des Français comme les autres. Ils s'engagent pour notre famille politique.
Moi, j'ai toujours été à droite, toujours été membre de la famille des Républicains. Et donc, j'ai beaucoup de respect pour les militants. Il ne s'agit pas de leur marcher dessus, bien au contraire. Mais il s'agit aussi d'expliquer avec une élection présidentielle. L'objectif, c'est de rassembler les Français. Et l'objectif, c'est de gagner. Moi, ce que je veux, c'est qu'on joue la gagne. Et ce que je n'accepte pas, ce sont les discours, y compris chez nous, parfois, défaitistes, moroses, où on a le sentiment, parfois, qu'on organise déjà la défaite. On ne peut gagner cette élection présidentielle.
On ne pense pas que la plupart des candidats qu'on vient de citer aujourd'hui ne sont pas en train de penser à cette élection-là, mais à la suivante. Et se disent Emmanuel Macron, des derniers présidents sortants, et celui qui semble le mieux placé ou le moins mal placé. Vous avez lu la dernière enquête de popularité, pas d'intention de vote du journal du dimanche. Dimanche dernier, 41% de popularité. C'est nettement plus que François Hollande, au même moment du quinquennat, ou Nicolas Sarkozy. Une partie, assez grande d'ailleurs, de votre électorat, s'est déjà rangée derrière lui. Le match est plié pour elle, pour cette partie de votre électorat.
Je pense que c'est une partie aussi qui revient en partie, parce qu'elle s'interroge aussi sur le macronisme, sur ce qu'est le en même temps. On voit bien aujourd'hui à l'Assemblée nationale, par exemple, c'est clairement une majorité de gauche, avec des députés en marche qui ont du mal, par exemple, dans la lutte contre l'islamisme radical ou autre. Ce que je dis, simplement, aujourd'hui, par rapport à ça, c'est qu'il y a Emmanuel Macron, mais il y a aussi Mme Le Pen. Et moi, ce qui m'a frappé cet été, c'est que beaucoup de Français ont compris que Mme Le Pen ne serait jamais présidente de la République. Et que donc, voter Le Pen, c'est un vote perdu.
C'est un vote qui redonnera la victoire à Emmanuel Macron. Et que donc, les seuls qui pouvons gagner face à Emmanuel Macron, c'est nous, c'est la droite républicaine. 8h50 de Lofi L'Info, Diane Ferschit. Et on poursuit dans un instant avec vous, Damien Abad.
Les 12 et 13 septembre prochains, ce sera le début de la campagne de vaccination dans les EHPAD. Pour la troisième dose, pour les plus de 65 ans et les personnes présentant des comorbidités, nous pourrons prendre leur rendez-vous dès le début septembre. Précision apportée ce matin par Jean Castex sur RTL. Et pour le Premier ministre, l'instauration du pass sanitaire dans toutes les entreprises n'est pas d'actualité. Jean Castex qui annonce également la fin des évacuations françaises depuis Kaboul pour demain soir, alors que le Royaume-Uni estime la menace terroriste très sérieuse et imminente.
Ce matin, contre cet aéroport, les ressortissants britanniques, américains et australiens sont appelés à évacuer la zone. Un nouveau candidat déclaré à droite en vue de la présidentielle de 2022, Eric Ciotti, le député Les Républicains des Alpes-Maritimes. Il est la troisième personnalité de droite à se positionner officiellement en faveur d'une primaire de la droite après Valérie Pécresse et Philippe Juvin. D'autres décisions sont attendues le 8 septembre, mais déjà de premières sanctions après les incidents survenus lors du match Nice-Marseille. Dimanche, un préparateur physique de l'OM est suspendu.
Le prochain match de Nice face à Bordeaux, samedi, match de Ligue 1, se déroulera à huis clos. France Info Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec Damien Abad, le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale. Alors il y a un autre sujet sur lequel les élus de droite semblent diviser, c'est celui de l'accueil en France des Afghans qui veulent fuir leur pays. Pas d'accueil inconditionnel, dit Valérie Pécresse. Est-ce qu'elle a tort ?
Non, elle a complètement raison. Je vous rassure, on n'est pas divisé sur ce sujet-là. Pourquoi elle a raison ? Parce qu'on ne peut pas se permettre en France d'avoir un accueil massif, inconditionnel des Afghans, alors même qu'on a une immigration incontrôlée, et alors même qu'on a une intégration qui est ratée dans notre pays. C'est ça la réalité. Et que donc elle a totalement raison. Par contre, nous l'avons dit tous, bien sûr que toutes celles et tous les Afghans qui ont aidé la France, après un contrôle beaucoup plus strict, ce qui a été fait par le gouvernement...
C'est pas suffisant aujourd'hui ?
On voit malheureusement le résultat. Il y a eu quand même une faille dans le système. La réalité, c'est qu'il y a eu une défaillance importante, et que ça, il faut le corriger tout de suite, pour éviter que les Afghans que nous accueillons sur le territoire français se retrouvent soit à un risque terroriste. Donc à partir de là, moi je défends le droit d'asile. Et c'est parce que je défends le droit d'asile que je regrette et je condamne le fait qu'il soit dévoyé en permanence.
Et vous défendez le droit d'asile jusqu'où ? C'est-à-dire que là, on a des Afghans à l'aéroport de Kaboul qui veulent juste une chose, fuir leur pays, et espérer peut-être aller en France pour certains. On leur dit non ? On se base sur quels critères ?
D'abord, il n'y a pas que la France. Il y a aussi les pays voisins qui peuvent avoir un rôle. Il y a aussi l'Europe qui doit s'organiser. Moi je souhaite, comme l'a demandé, d'ailleurs je crois que Xavier Bertrand, sur un conseil européen des chefs d'État et de gouvernement, pour se mettre d'accord sur cette politique. Parce que la réalité, c'est que... Et puis je demande aussi en tant que président de groupe de l'opposition à l'Assemblée nationale, un débat sur l'immigration. Mais sur les critères d'Amir Abad, pardon.
Sur les critères, vous dites tous les Afghans qui ont aidé les Français ces dernières années doivent pouvoir venir bénéficier du statut de réfugiés et demander l'asile en France. Mais pour quelqu'un qui fuit le régime taliban, pour une femme par exemple qui ne veut plus subir ce régime des talibans, qui ne veut plus porter une burqa, est-ce qu'elle est aujourd'hui la bienvenue en France ? Je le dis encore une fois, nous ne pourrons pas accueillir, malheureusement, y compris tous les Afghans qui veulent fuir le régime des talibans. Non, parce que c'est un pays qui est important, parce que la France n'a pas les moyens de ses capacités d'accueil-là.
Est-ce qu'une personne homosexuelle qui aujourd'hui veut quitter le régime par peur de ce qui va lui arriver, elle l'a bienvenue en France ? Bien sûr que tous ces gens-là sont les bienvenus en France. Mais il faut aussi dire la vérité aux Français. La vérité, c'est quoi ? La vérité, c'est qu'on ne pourra pas accueillir massivement des réfugiés politiques de l'Afghanistan tout seul. Et qu'il faut qu'il y ait une organisation européenne par rapport à ça. Et puis aussi, il ne faut pas simplement avoir un accueil au moment où ils arrivent. C'est ensuite l'intégration. C'est ce qu'on a raté.
Moi, je préfère qu'on accueille 1 000 Afghans, mais qu'ils soient parfaitement intégrés, parfaitement contrôlés pour celles et ceux qui éventuellement comportent un risque. Plutôt qu'on accueille 3 000, 4 000 ou 5 000, de manière totalement incontrôlable, qu'est-ce qui se passera demain si, par exemple, il y a un attentat qui arrive sur notre territoire national ? On sait très bien ce qui se passera. Donc, je préfère moins de réfugiés, mais mieux accueillis. Est-ce qu'il faut maintenir une présence diplomatique française à Kaboul, alors que les talibans sont en pouvoir ? Et est-ce qu'il faut discuter avec eux ? Discuter avec eux, la Russie et la Chine le font.
J'ai beaucoup de réserves, parce que j'estime que le régime des talibans, ce n'est pas un régime qui est reconnu par la France diplomatiquement, et que donc, à partir du moment où on ne le reconnaît pas diplomatiquement, je ne vois pas pourquoi on aurait des bases diplomatiques avec eux. Et puis ensuite, ce que je regrette, c'est quoi ? C'est le départ des États-Unis, sans même qu'il y ait eu un accord politique, une négociation politique avec le nouveau régime. C'est ça le problème aujourd'hui. C'est ça qui crée cette situation de tension et d'angoisse humanitaire terrible dans l'Afghanistan. Et donc, à partir de là, il faut...
Moi, je ne suis pas, pour qu'on reconnaisse les yeux fermés le régime des talibans, parce qu'il y a 3 ou 4 porte-parole qui nous ont dit qu'ils avaient changé. Ce que nous attendons, ce sont des actes concrets. Et malheureusement, sur les actes concrets, on constate déjà un certain nombre de défaillances, notamment sur la condition des femmes. Et là-dessus, on ne peut pas transiger avec cela. Donc, beaucoup de réserves sur cela. Et je pense que, malheureusement, c'est l'échec des États-Unis, c'est aussi l'échec de l'Europe en Afghanistan. Merci beaucoup, Damien Abad, chef de file des députés Les Républicains, à l'Assemblée nationale. Merci.
Et de France Info, ce matin, une bonne nouvelle qui nous vient de Tokyo. La première médaille d'or des Français de la délégation française aux Jeux paralympiques. Elle est sur les épaules d'Alexandre Léoté, 20 ans médaille d'or en cyclisme sur piste. Évidemment, on retrouvera Guillaume Batin dans quelques instants sur place pour vivre la joie de la tête française qui remporte cette première médaille d'or. Les infos dans deux minutes, la météo d'ici là.
Damien Abad