Xavier Bertrand : "Marine Le Pen n'est pas victime d'une erreur judiciaire"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 2:43OuverteRéponse directe
François Bayrou dit que la France est la seule à permettre cela. Vous comprenez quoi ?
- 4:05OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a aujourd'hui une république des juges ?
- 6:18OuverteRéponse partielle
Pourquoi François Bayrou fait ça ? Il se contorsionne pour sauver son gouvernement ?
- 6:48OuverteRéponse directe
Alors à propos de justice, elle devrait donc être rejugée, Marine Le Pen, d'ici l'été 2026.
- 7:15OuverteRéponse directe
Mais est-ce que d'ici là, il faut changer la loi ?
- 8:54RelanceRéponse directe
Sur le changement de la loi et de la règle du jeu, est-ce que vous n'avez pas peur ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:04Invité politiqueChiffre
« Détournement de fonds publics. Et pas n'importe quoi, pas une petite somme, plus de 4 millions d'euros. »
- 1:20Invité politiqueChiffre
« Elle a été condamnée à 4 ans de prison ferme. »
- 4:18Invité politiqueFait
« La justice, elle est indépendante et elle a appliqué la loi. »
- 8:01Invité politiqueChiffre
« Deux tiers des Français disent que l'exécution provisoire, elle est justifiée parce qu'il y a eu détournement de fonds. »
- 8:14Invité politiqueFait
« Il n'y a pas de déni de démocratie. »
- 8:22Invité politiqueFait
« Il y a un déni de Mme Le Pen qui a menti. »
- 9:37Invité politiqueFait
« Mais là, on va trouver le moyen de faire une loi d'exception pour madame Le Pen. »
Temps de parole
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- Présentateur23 %
- ?5 %
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RTL Matin
Et
tout de suite l'invité de RTL Matin, Thomas, vous recevez aujourd'hui Xavier Bertrand, le président des Républicains de la région Hauts-de-France.
Bonjour et bienvenue sur RTL, M. Bertrand. Bonjour. Un Premier ministre, François Bayrou, qui se dit troublé, qui confie que la France est le seul pays à permettre cela. Un garde des sourds, Gérald Darmanin, qui au moment des réquisitions, en novembre, il était député, avait jugé profondément choquant que la leader du Rassemblement National soit empêchée de se présenter aux prochaines élections. Laurent Wauquiez, qui regrette une décision très lourde et trouve que les débats politiques doivent être tranchés dans les urnes. On a l'impression que c'est toute votre famille politique qui vole au secours de Marine Le Pen.
Ils
ont tort d'avoir peur du Rassemblement National.
Ils
ont tort de placer le Rassemblement National au cœur de notre vie politique.
Et
ils ont tort de tomber dans le piège tendu par Mme Le Pen et par le Rassemblement National. Le piège ? Le piège, c'est celui de la victimisation. Mme Le Pen n
'est
pas une victime.
Elle
n
'est
pas victime d'une erreur judiciaire. Elle a été reconnue par le tribunal correctionnel coupable de faits
extrêmement
graves. Détournement de fonds publics. Et pas n'importe quoi, pas une petite somme, plus de 4 millions d'euros. Détournement d'argent public, ça veut dire que c'est notre argent, votre argent, celui des auditeurs, qui a été détourné pour financer le train de vie du Rassemblement National. Et elle n'a pas été condamnée à une petite peine. Elle a été condamnée à 4 ans de prison ferme. Elle fait appel, elle est à nouveau jusqu'à l'appel présumé innocente, mais elle a été reconnue coupable de faits
extrêmement
graves. Et ça, on est en train de l'oublier aujourd'hui. Donc il n
'y a
pas d'injustice
? La
justice a parlé.
La
justice a parlé clairement.
Et
ça renvoie aussi aujourd'hui
à,
pour quelqu'un qui veut être candidate à l'élection présidentielle, Mme Le Pen, ça renvoie normalement aux exigences
qui
sont celles d'un candidat, d'une candidate
à
l'élection présidentielle. La première exigence,
c
'est la probité,
c
'est l'honnêteté, c'est l'exemplarité. Les Français veulent que leur classe politique, que les responsables politiques, que les candidats à l'élection présidentielle soient honnêtes. Première condition. Visiblement,
on
va attendre l'appel,
le
tribunal correctionnel montre que cette condition n'est pas remplie à concernant. Deuxième condition, quand vous êtes candidat à
l
'élection présidentielle, vous devez respecter les institutions. Parce que ça veut dire que vous respecterez la démocratie. Et donc, dans ces institutions, il y a la justice. La justice, contrairement à ce qu
'ont
dit les dirigeants du Rassemblement national hier, ce n
'est
pas l'ennemi de la démocratie, c'est l'un des piliers de la démocratie.
Elle n'est pas
la seule à s'émouvoir du rôle joué par la justice. Ce
que
je dis pour tout le monde, et pas seulement pour elle. Quand François Bayrou dit que la France est la seule à permettre cela, vous comprenez quoi ? Parce qu'en plus, il y
a
un peu une schizophrénie en ce moment. Il y a le Premier ministre, il dit, je soutiens les juges sans aucune condition, sans état d'âme, machin. Et le citoyen se dit troublé.
C'est la fonction de Premier ministre qui prime sur le reste. Donc, il
ne
devrait pas dire qu'il est troublé ? Bien sûr, il ne devrait pas le dire. Maintenant, on va aller jusqu'au bout du raisonnement.
Le
Président de la République, c'est l'article 64 de la Constitution, est le garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire. Quel crédit accordé aujourd'hui à tous les dirigeants du Rassemblement national ? Et puis, on va aussi aller plus loin. C'est qu'en ce moment, quand il y a une crise comme celle-ci...
Ils
ont droit à la présomption d'innocence comme... Je vous l'ai dit tout à
l'heure. Je vous l'ai dit tout
à l'heure. Mais en attendant, le jugement du tribunal correctionnel, il est
clair.
Il est clair. Mais ça n'empêche pas de se poser. Attendez, je veux juste aller jusqu'au bout de mon raisonnement. C'est que vous devez, aujourd'hui, garantir l'indépendance de la magistrature. Mais donc, vous ne pouvez pas avoir ces comportements qui renvoient au visage traditionnel de l'extrême droite. C'est-à-dire que, regardez ce que vous avez eu. Vous avez eu les déclarations aussitôt de M. Bardella. La tyrannie des juges. Mais il parle de la France, quand même. La tyrannie des juges. La démocratie est en danger. Madame Le Pen, au 20h le soir, qui est renchérie. Le lendemain, lors d'une conférence de presse. La séance des questions au gouvernement,
aujourd'hui. Est-ce qu'il
y a
aujourd'hui une république des juges ? Est-ce qu'il
y a
aujourd'hui des juges politisés, qui, au lieu de rendre la justice, font de la politique ? Qui se servent de leur robe de magistrat pour faire de la politique ?
On tombe aussi dans le piège, ici ? Non, je vous pose la question. Écoutez, moi, je vous le dis très clairement. La justice, elle est indépendante et elle a appliqué la loi. Elle a appliqué clairement les lois qui ont été conçues et votées par les parlementaires. Voilà ce qu'ils font. Et vous avez la Cour de cassation qui est là pour vérifier que les peines qui ont été appliquées, que les procédures ont bel et bien été respectées. Il y
a
des voies de recours dans notre pays.
Laurent Vauquiez, François Bayrou, Gérald Darmenin sont tombés dans le piège de l'extrême droite, si je vous écoute bien.
Mais moi, je ne
veux
pas avoir peur du Rassemblement national. Je ne
veux
pas avoir peur de ces dirigeants. Et eux,
évidemment,
on voit bien que tout le monde tremble. Et je leur dis à tous ceux-là, arrêtez de trembler. Arrêtez de trembler, nous faisons face à une situation parmi les plus difficiles que connaît notre pays. Où on a besoin de responsables politiques qui soient avant tout des responsables, qui soient forts, qui soient solides. Et surtout,
qui ne
sombrent pas aussi dans le tourbillon médiatique
et politique.
On
a besoin de responsables politiques qui soient responsables, c'est-à-dire qu'ils
ne sont pas à la hauteur. Et qu'ils ouvrent les yeux. Tiens, regardez un peu. L'international de l'extrême droite qui a manifesté son soutien à Mme Le Pen. L'international de l'extrême droite. M. Salvini, M. Wilders aux Pays-Bas,
M.
Bolsonaro. Et puis aussi d'autres responsables. Vous avez M. Orban, vous avez M. Musk, M. Trump, M. Poutine. Ça renvoie à quoi ? Ce sont tous des responsables qui, à un moment ou à un autre, ont remis en cause des décisions de justice et les institutions judiciaires.
Parce que
vous savez, vous avez eu tout ça. Et puis vous regardez en plus ce qui va se passer ce week-end. Le Rassemblement National a appelé à une manifestation.
Mais
c'est quoi l'étape d'après ?
Il
va falloir aller manifester. Ils vont appeler à manifester
devant un tribunal. Meeting pacifique. C'est pas ce qui a été dit hier.
Mais c'est quoi la dérive suivante ? Vous savez ce que ça me rappelle ?
J
'ai pas envie qu'on joue un mauvais remake du Capitole. Parce qu'à force, justement... Donc les
supporters de Donald
Trump
qui avaient envahi le Capitole
après sa défaite. De s'en prendre aux magistrats. Vous vous rendez compte que la présidente du tribunal correctionnel,
elle
est aujourd'hui sous protection.
150 magistrats en France, on en parlait.
J'ai entendu tout
à l'heure sur votre antenne. Mais elle-même, pour cette décision qui a été prise, elle est sous protection.
Et à
cause de quoi ?
De ce
climat qui a été aujourd'hui instauré.
Ce que je ne comprends toujours pas, c'est pourquoi François Bayrou fait ça ? Il se contorsionne pour sauver son gouvernement ? On en est là aujourd'hui ?
Posez-lui la question, mais une chose est certaine. Ils n'ont rien à attendre et c'est pas nouveau du Rassemblement National. Madame Le Pen aujourd'hui, sa seule boussole, c'est son intérêt personnel. C'est sa survie politique. L'intérêt
général des Français... Vous n'êtes pas en train de vous manger parce
que Marine Le Pen vous avez barré la route de Matignon, non ? Parce que c'est elle qui s'était opposée à l'époque... Vous
savez quoi
? Votre nomination.
Moi je l'ai affrontée dans les urnes et je l'ai battue. Et je préfère l'affronter dans les urnes. Mais il
y
a une décision de justice et elle s'impose clairement
à
tous. Alors à propos de justice, elle devrait donc être rejugée, Marine Le Pen, d'ici l'été 2026. On devrait avoir la décision.
C'est
ce qui montre bien qu'il n
'y a
pas de complot.
C'est une très bonne nouvelle,
dit-elle. La décision sera à nouveau rendue à l'été 2026, ce qui montre bien que toutes celles et ceux qui avaient dit qu'il y avait un complot, il n
'y a
pas de complot. Parce que
la justice en
appelle...
C'est une bonne nouvelle, qu'elle peut
être jugée pour... Eh bien ça va permettre, encore une fois, qu'elle puisse faire valoir ses droits et que les voies de recours puissent être épuisées. Voilà, comme pour tout justiciable.
Mais est-ce que d'ici
là, il faut changer la loi ? Parce qu'Éric Ciotti va déposer une proposition de loi, l'ancien président de votre parti, pour mettre fin à l'exécution provisoire des peines d'inéligibilité. Est-ce que ça,
il
faut le faire ? François Bayroule encore a ouvert la porte à ce changement.
Voter la loi Ciotti-Le Pen, parce que c'est une loi Ciotti-Le Pen, c'est pour sauver Mme Le Pen. Et puis quoi encore
?
Ça serait impensable.
Parce
que ça voudrait dire que l'Assemblée nationale
remplace
la cour d'appel,
que
l'Assemblée nationale intervient avant la cour d'appel. Arrêtons cette confusion des genres. Moi, je veux remettre de l'ordre dans mon pays. Je veux de l'ordre dans mon pays. Et pour cela, il faut arrêter, justement, qu'on raconte tout et n'importe quoi. Et que chacun fasse preuve de sang-froid à un moment où le sang-froid est exigé par les Français. Vous savez, Thomas Soto, les Français en ce moment, eux, sont déjà passés à autre chose. Deux tiers des Français disent que l'exécution provisoire, elle est justifiée parce qu'il y a eu détournement de fonds. Il y a aujourd'hui plus de la moitié des Français qui disent, de toute façon, il n
'y
a pas de déni de démocratie. Ce n
'est
plus Mme Le Pen. Elles ont un candidat de rechange au Rassemblement national. Ça sera M. Bardella. Voilà. Donc, il n'y a pas de déni de démocratie. Il y a un déni de Mme Le Pen qui a menti. Qui a menti à ses électeurs. En faisant croire qu'il y avait un complot. Toute cette affaire des assistants, elle a été révélée par Sophie Montel, une députée européenne du Rassemblement national, qui a été une lanceuse d'alerte et qui a tout raconté. Voilà la vérité. La
vérité, c'est qu'encore une
fois, elle n'est pas une victime. Et que l'autre vérité, c'est que je dis à tous les responsables politiques, votre boussole doit être l'intérêt général et votre boussole doit être la stabilité des institutions et donc le respect de la séparation.
Sur le changement de la loi et de la règle du jeu, donc peut-être, sachant que puisque cette proposition de
loi
a été votée, comme elle serait plus favorable au pénal, elle s'appliquerait. Ça veut dire que de fait, il n
'y aurait
plus d'inéligibilité et que même si elle était condamnée, Marine Le Pen pourrait se présenter à la présidentielle en 2027. Est-ce que vous n'avez pas
peur ? Donc c
'est une loi pour contourner la justice ? C'est bien ça que vous êtes en train de démontrer. Vous avez raison. C
'est bel et bien
une loi pour contourner la justice.
Est-ce que vous ne redoutez pas, vous, qu'on vous mette tous dans le sac du tous pourri ? Parce que monsieur et madame tout le monde, quand ils sont jugés, que le jugement ne leur convient pas, on ne change pas les lois.
Et je comprends tout à fait les Français. Les Français qui disent, mais alors, on a des urgences en matière de loi. Tenez, regardez. Il y a la loi sur les homicides routiers. Après le drame qu'a connu Yannick Alenaud avec la disparition de son fils à cette loi, elle attend toujours. Mais là, on va trouver le moyen de faire une loi d'exception pour madame Le Pen. Il y a la loi sur la justice des mineurs, ce qu'a proposé monsieur Attal, qui est passé au Sénat, qui doit revenir à l'Assemblée. Là, on ne trouve pas la place. Les lois notamment sur les peines planchées, c'est-à-dire pour permettre que nos policiers, que nos magistrats, que nos pompiers soient effectivement protégés.
Là, on ne trouve pas la place et on trouverait la place pour une loi d'exception pour sauver madame Le Pen.
Et
puis quoi encore ? C'est tout simplement impensable.
Et pendant qu'on parle de ça,
on ne parle toujours pas du pouvoir d'achat, de la santé, de l'école, du logement, de la sécurité. C'est ça les priorités
des
Français.
J'ai une toute dernière
question. François Bayrou a été relaxé en première instance dans une affaire similaire avec des enjeux financiers beaucoup moins importants. Ça fait 14 mois qu'il attend d'être en appel. Est-il normal que Marine Le Pen soit rejugée en appel avant François Bayrou ? L'appel de Bayrou et de l'affaire du Modem n
'est
toujours pas audiencé.
Poser la question à la cour d'appel, mais le fait que la cour d'appel ait décidé d'intervenir à l'été 26 montre clairement qu'il n'y a aucun complot contre madame Le Pen, qui est, je le rappelle, en rien une victime.
Merci beaucoup Xavier Bertrand d'être venu ce matin sur RTL.
Dans
un instant, c'est un homme...
Xavier Bertrand