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interviewLCI (sur YouTube)· 26 août 2026 13 min

Héritages : LFI en "chasse" contre les riches ? |LCI

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Revenons sur ce débat enflammé sur les questions économiques et sur l'inquiétude des patrons. On a parlé de la dette mais la question de l'héritage a également été remis au dévent de la scène politique. Les insoumis ont ouvert le bal puis dire et disent "On prend tout à partir de 12 millions d'euros".

Une proposition qui a suscité l'indignation de Gabriel Atal sur LCI. Gabriel Atal, candidat à la présidentielle qui accuse la France insoumise de vouloir couper des têtes. C'est c'est le classique de la France insoumise.

Ils veulent des scalpes, ils veulent couper des têtes et dans leurs cibles, dans leurs objectifs, dans leur les personnes auxquelles ils s'attaquent en permanence, il y a notamment des personnes qui ont réussi financièrement et qui ont de l'argent. Il y a eu aujourd'hui par ailleurs des saillis contre les milliardaires en expliquant en les qualifiant de nuisible, de parasites, d'animaux. Je veux dire c'est voilà moi c'est l'inverse de ce au quoi je crois.

Pascal Péry, est-ce une course à qui aura la proposition la plus choc pour chasser les riches ? Alors oui euh c'est le temps de la campagne et le temps des mots parfois un peu excessifs. Je me rappelle de la campagne de 2007 au cours de laquelle euh François Hollande avait au cours d'une réunion publique, sans en avertir d'ailleurs son entourage, euh annoncer une taxe à 75 %, retoquer immédiatement.

Alors bon, faire la chasse aux milliardaires d'abord, c'est oublier que les milliardaires sont des contributeurs en France. Total énergie qui fait ses bénéfices ailleurs qu'en France paye 2 milliards d'euros d'impôts. LVMH qui fait 10 % de son activité en France, il paye 40 % de ses impôts. 4 milliards.

Donc on peut pas dire que les riches, si si j'ai bien compris le vocabulaire qui est utilisé hein, les grandes entreprises, euh les chefs d'entreprise se soustraient à la solidarité nationale. Au contraire même, je dirais qu'il y a un écart très significatif entre l'empreinte fiscale de ces entreprises dans le pays et leur empreinte économique. L'empreinte fiscale étant très supérieure, ce sont vraiment des contributeurs.

J'attire simplement votre attention sur un point. Si au-delà de 12 millions d'euros, on prend tout, j'essaie de vous présenter mon raisonnement. Au-delà de 12 millions, on prend tout, c'est le patrimoine personnel et le patrimoine professionnel.

Ça signifie qu'il y a pas de succession possible à la tête des entreprises françaises. Ça signifie donc que le capital de ces entreprises euh est laissé à la mercie des prédateurs qui rôent d'ici ou là, des entreprises américaines, des entreprises chinoises. Au fond, la proposition de LFI, c'est le meilleur cadeau qui puisse être fait à tous les rodeurs, à tous les prédateurs de l'économie française.

Pascal, j'ai peur de de de ne pas vous suivre. vous dites euh si on fait ça euh cet argent sera la merée des prédateurs mais Jean-Luc Mélenchon, lui il prend tout. Donc comment les américains pourraient euh faire main basse sur Alors dans ces conditions, c'est une nationalisation complète de l'économie française.

Ça signifie ça signifie donc que l'État prend la main mais pas seulement sur EDF, les chemins de fer, enfin vous savez les secteurs un peu historiques. Ça veut dire que l'État prend la main sur tout. Enfin pardon, on a déjà essayé, on a des leçons d'histoire.

C'est compris, on a des leçons des leçons de l'histoire. Ça a été à chaque fois une catastrophe. Ça a été à chaque fois l'effondrement des des des économies qui étaient concernées.

Je crois que vous avez raison, c'est un propos de tribune. Voilà. Mais d'abord, c'est pas la première fois que Jean-Luc Mélenchon lance ce slogan "On va tout leur prendre, on leur prend tout deux." C'est quand c'est quand même assez conforme à la gouvernance de l'FI les qui effectivement fait tomber les têtes.

Euh on l'a vu, il y a pas de démocratie interne à LFI. C'est Jean-Luc Mélenchon qui gouverne et il fait tomber qu'il veut. Mais encore une fois, ce qui est très dommage, c'est que derrière ce propos qu'on peut juger excessif ou très salutaire, il y a quand même une réalité et il y a une réalité encore une fois d'une forme de aujourd'hui de concentration des richesses qui donne un sentiment d'inégalité, qui nourrit la colère et à laquelle il faut répondre.

Donc vous parlez du seuil de 12 millions. Évidemment qu'il faut faire en sorte que les entreprises soient pas concernées. Mais est-ce qu'on peut pas quand même imaginer d'ailleurs ces Pisan fiférique.

Vous connaissez mieux que moi depuis des années, depuis plus de 10 ans, c'est pas un économiste de de gauche radicale qui s'intéresse à la question de l'héritage. C'est assez philosophique aussi comme approche aussi. Qu'est-ce qu'on fait avec la rente qui tombe dans les mains des enfants qui qui ont eu des parents méritants ?

Et bien lui, il propose il proposait de taxer les gros gros patrimoines, les gros gros héritages comme Raphaël Gluxman comme Raphaël Gluxman pour permettre d'investir dans l'écologie et puis aussi de réinvestir un peu la question sociale. Je trouve que c'est une question qu'il faut aborder en même temps qu'on éventuellement on conteste les positions d'un mélanchon parce que sinon et bien on va laisser les blocs face- à face, ça ne sera pas constructif et finalement ce point envie de vous entendre parce que ce qui est aussi intéressant c'est que Pascal Perry faisait bien de de rappeler ce que disait François Hollande mais là on a franchi un cap dans les termes quand on parle non pas d'un ennemi qui n'a pas de visage qui serait la finance Là, on dit que les milliardaires sont nuisibles, qu'ils ont fait sécession. Dénisible même.

Dénisibleibles, vous avez raison. Qu'ils ont fait sécession. On est vraiment dans un vocabulaire très virulent et on a vu aux universités d'été de la France insoumise que le public présent applaudissait, était réceptif.

Là où vous avez raison, c'est est-ce que ça marche politiquement ? Oui, sur une partie de l'électorat, c'est facile de dire écoutez dormez tranquille, il y a les riches, les milliardaires, on va les interdire, on va les taxer et tout ira mieux sur ce sujet. Ça marche sur une partie de l'électorat, donc c'est politiquement rentable.

Est-ce que c'est économiquement viable ? Non. Souvenez-vous des yachtes, il y a eu un grand débat il y a quelques années.

Il fallait taxer les yachtes, ces énormes bateaux de ces fameux milliardaires. Euh quand on a vu le rapport de la taxe, c'était 800 € par an de rapport dans les caisses de l'État. Pourquoi ?

Ben parce qu'au lieu d'avoir son ya dans le sur la côte d'Azur, on l'a vu en Italie et que il y a une évasion fiscale qui est évidemment extrêmement facile, ce qu'on appelle l'optimisation fiscale. Donc économiquement, ça n'a aucun sens. Mais on va avoir une campagne qui va être fondée sur ces cette radicalisation des termes parce que politiquement c'est porteur et que ça dédoine une partie des Français, une partie euh des responsabilités consistant à dire "Nous n'y sommes rien, ce sont les milliardaires et comme l'a dit très justement Ellisabeth Martichou, il faudrait apporter un peu de nuance parce qu'effectivement il y a des situations qui mériteraient d'être corrigées par un équilibre républicain.

Bien vu, mais la nuance n'a plus de cours. n'a plus de place. Nous sommes dans un monde radicalis dans le débat politique pour la nuance, pour les arguments rationnels parce que ce discours ce discours contre les riches, il porte auprès de la France insoumise une partie de la gauche du RN des gens qu'on croise dans la rue qui disent "On ne peut plus payer plus d'impôts, attaquez-vous au plus fortunés." Vous avez la moitié des Français qui n'en payent pas.

Rappelonsle. Je répondre à votre question. Je pense qu'il n'y a plus de place pour la nuance parce que la nuance est complexe et que dans euh l'expression médiatique, dans la tribune, dans le le tweet sur les réseaux sociaux, même sur votre plateau, même si on a du temps sur votre plateau, il y a jamais assez de temps pour expliquer des choses compliquées.

Vous pensez que c'est mort par Je pense que nous sommes rentrés dans un monde où la démagogie prospère sur le fait que les choses compliquées n'ont plus assez de place pour être exprimé. Beaucoup plus facile de vous faire applaudir à une tribune pour dire je vais interdire les milliardaires et taxer les riches parce que c'est vraiment dégoûtant qu'il y ait des gens qui a autant d'argent que d'expliquer avec un peu de nuance qu'effectivement les correctifs ne doivent pas pour autant décourager ceux qui font vivre l'économie. Donc nous sommes dans ce monde-là et si avec la France on pourrait se dire on est particulier mais regardez ce qui se passe aux États-Unis, regardez ce qui s'est passé euh euh au Brésil, regardez ce qui se passe même euh sous d'autres formes et dans et dans l'histoire.

Oui. Histoire accélérée par aujourd'hui des outils médiatiques. C'est pas la faute des médias, c'est la faute du format médiatique qui fait que vous devez tout résumer en 300 signes ou en 2 minutes.

Bah en 2 minutes, vous avez pas le temps d'être subtil. Rafix Math, je voudrais vous faire réagir à ce qu'a dit euh euh Thierry Breton euh sur LCI ce matin face à Amilie Carwer. Est-ce que c'est la France insoumise qui en ce moment dicte les termes du débat ?

Euh on sait que le RN n'a pas encore fait sa rentrée politique, mais pour l'instant face aux représentants du bloc central tel que Gabriel Atal ou encore Édouard Philippe qui sont peu audibles, il faut dire que la voix de la France insoumise porte ce qui ne surprend pas l'ancien ministre de l'économie. Vous avez des candidats qui incarnent quelque chose. Ils ont disons une présence, un charisme.

Bah on le voit aujourd'hui. C'est pas ma tasse de thé bien entendu, mais je suis républicain. C'est évidemment Jean-Luc Mélenchon.

Jean-Luc Mélenchon, qu'on le veille ou non, bah il a une présence et visiblement il attire les foules. Certains vont dire que c'est un battleur. Je ne suis pas de cela.

Il s'est s'exprimer, il incarne quelque chose. Il a raison. Est-ce que la présidentielle peut-être au grand âmes des des patrons, elle se joue aussi sur ce que sur ceux qui incarnent la fonction présidentielle qui arrivent à enflammer les foules même si leur discours peut paraître excessif et peut-être absurde pour certains patrons, notamment sur Jean-Luc Mélenchon qui propose de de le feu à la dette.

Je cite Jean-Luc Mélenchon euh malgré toutes les divergences que j'ai avec lui et elles sont extrêmement profondes a une vertu. Il porte un projet. Il porte un projet qui est extrêmement transversal et qui est un projet d'avenir contre lequel on peut s'inscrire info.

Mais il a ce projet. Ce que l'on peut reprocher aujourd'hui à la plupart de nos dirigeants politiques dans ce qu'on appelle communément le bloc central, c'est que on intervient beaucoup pour parler de la tuyauterie, mais personne ne porte justement une vision qui soit galvanisante, qui soit rassembleuse et qui puisse donner des clés sur ce que sera la France de 2050. Vous vous y faisiez allusion au début de de notre échange.

On vit dans un monde extraordinaire. L'intelligence artificielle, la robotique, tout est en train de révolutionner le monde, la planète et les rapports de force. Mais la France a des atouts pour rentrer dans cette révolution.

Encore faut-il d'abord en être conscient et encore faut-il euh en faire un véritable projet politique d'ambition et de grandeur. C'est en partant de là que l'on peut ensuite se poser la question de la tuyauterie. Maintenant, vous n'embarquerez jamais un peuple et en particulier le peuple français avec un discours sur du sang et des larmes.

En revanche, en revanche, si vous êtes capable de transmettre aux Français l'idée qu'il existe une France à horizon 2050 qui sera la France de leurs enfants et de leurs petits-enfants qui sera une France d'innovation, une France de d'exploration et une France de conquête, mais que pour en arriver là, il va falloir consentir un certain nombre de sacrifices. Et bien là, je vous le garantis, une grande partie de nos compatriotes accepteront. Encore faut-il avoir le courage politique majorité pas sûr mais une grande partie encore faut-il avoir ce courage avant que je vous fasse réagir à la proposition choc de la CFDT.

Pas d'effet c'estàd qu'il faut se méfier des effets de loupe. Bien sûr il y avait beaucoup de monde à l'Assemblée des insoumises dimanche. Bien sûr ils étaient tous unanimes et cetera.

C'est 15 % du pays. C'est maximum 15 % du pays aujourd'hui. Il n'empêche que partage le constat Ellisabeth, nous avons collectivement échoué à faire la pédagogie du modèle français. le modèle français parce que vous savez on croit souvent ce qu'on a envie de croire pas nécessairement le réel a complètement disparu.

Or le réel en terme de redistribution qu'est-ce que c'est ? En France c'est que 60 % des Français perçoivent plus de l'État qu'il n'y contribuent. Premer point.

Deuxième point c'est que 55 % des des contribuables français ne payent pas l'impôt sur le revenu. C'est tous les autres qui le payent. Que grosso modo l'écart de salaire primaire c'estàd sans correction est de 1 à 20 et qu'il tombe de 1 à 3 avec la redistribution.

Pardon ? Euh moi, j'appelle Oui. 1 à 3 Ellisabeth, moi j'appelle ça un état social, presque un état socialiste.

Enfin, vous savez ce que disent les Américain de la société française ? Ils disent "C'est la seule société communiste qui est réussie." Bon, c'est un peu excessif aussi, mais j'utilise cette image à dessin pour dire en substance que on vit quand même dans un pays qui est le pays de la redistribution, de la protection sociale.

Marialine, on est couvert en France contre les aléas de la vie du berceau à la à la tombe pratiquement. et les les assurances sociales, les aides directes, on vient de verser une prime de rentrée scolaire à 3 millions de français. Il y a des primes de Noël, on distribue l'argent qu'on a pas.

Il a raison sur un point d'ailleurs Patrick Martin, c'est qu'on est en train de creuser notre déficit et que on creché à ce modèle social protecteur. Mais reconnaissons-le. C'estàd au lieu de se dire c'est épouvantable, on vit dans un pays où les inégalités sont insupportables, bientôt on va nous expliquer qu'on meurt à la porte des hôpitaux.

Enfin, c'est quand même une vaste plaisanterie tout ça. Nous sommes un état social de redistribution et notre rôle, c'est de le de le dire et de le répéter à travers les chiffres. Alors, parfois les chiffres, on les croit pas.

Je veux bien admettre que c'est très abstrait, mais enfin on a un accident social en France, on est protégé. Yeah.