Nicolas Dupont-Aignan invité de Laurence Ferrari
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 40 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:03OuverteÉludée
Cette question, faut-il que la France rapatrie 150 enfants de djihadistes français détenus en Syrie ?
- 4:57OuverteRéponse partielle
La hausse des prix du carburant est-elle justifiée par la transition énergétique ?
- 7:28OuverteRéponse partielle
L'Italie a-t-elle eu raison de piétiner un document européen en signe de protestation ?
- 9:59OuverteRéponse partielle
Faut-il suspendre les livraisons d'armes à l'Arabie saoudite après l'assassinat de Jamal Khashoggi ?
- 12:10OuverteRéponse partielle
Le président de la République devrait-il s'exprimer davantage sur les réformes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:52Invité politiqueFait
« Je ne vois pas l'intérêt de séparer ces enfants de leur mère. »
- 1:54Invité politiqueFait
« J'ai un jeune dans un des quartiers de ma circonscription qui en est à sa 23e attaque contre les forces de police. »
- 2:10Invité politiqueFait
« L'ordonnance des mineurs de 1945 n'est plus du tout adaptée aux circonstances. »
- 2:20Invité politiqueFait
« En Angleterre, même pour un vol de portable, vous avez un procès. »
- 5:29Invité politiqueChiffre
« Il a augmenté la taxe sur le diesel, mais il a aussi augmenté la taxe sur l'essence. »
- 6:35Invité politiqueChiffre
« Vous savez combien il y a de moteurs diesel en France ? 25 millions. »
- 10:34Invité politiqueFait
« Si c'était un journaliste syrien qui avait été décapité dans un consulat à Istanbul, aujourd'hui Emmanuel Macron ferait quasiment la guerre à la Syrie. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan75 %
- Présentateur16 %
- ?6 %
- Invité2 %
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Bonsoir Nicolas Dupont-Aignan,
président de
Debout la France. Cette question, faut-il que la France rapatrie ? On estime qu'ils sont 150 enfants de djihadistes français qui étaient en Syrie, qui ont été capturés, qui sont désormais détenus dans les zones contrôlées par les Kurdes. 150 enfants qui ont moins de 6 ans, ils sont actuellement emprisonnés avec leur mère. Si les mères acceptent de s'en séparer puisqu'elles resteraient emprisonnées sur place, la France doit-elle accueillir ces enfants qui sont français, qui ont moins de 6 ans, qui n'ont connu que la guerre
? C
'est une question difficile, je n
'ai
pas la réponse, vous me la posez comme ça. En tout cas, j'aimerais qu
'on
se préoccupe peut-être aussi des enfants des victimes du Bataclan, des victimes des djihadistes,
qu'on arrête toujours... Ils sont pris
en charge,
ils sont tous pris en charge.
Oui, qu'on arrête toujours de poser des questions existentielles. Je pense qu'il
ne faut pas les séparer
de leur mère,
parce
que je ne
vois
pas l'intérêt de séparer ces enfants de leur mère.
Donc on les
laisse en prison.
Et je pense que leurs parents ont fait un choix.
Ils
ont fait ce choix-là. Et je ne
vois
pas pourquoi la France devrait en permanence se repentir de tout et s'apitoyer sur tout, même si c'est sans doute tragique et douloureux. Voilà, alors il y a la rédemption, bien sûr. Mais est-ce qu'il n
'y
a pas d'autres priorités pour notre pays ?
Il y a des violences, en tout cas, effectivement. Vous parlez peut-être de ces violences dont on parlait en début d'émission, des violences entre jeunes en banlieue parisienne. C'est à ça que vous faites
référence ? Je pense
à tous les problèmes du pays qui ne sont pas réglés. Je pense à la misère qu'il y a dans notre pays. Je pense à cette violence insoutenable où d'un gamin de 13 ans, un autre de 16 aujourd'hui, meurt dans notre pays. Voilà. Et j'aimerais que les gouvernements agissent, sachant qu'il y
a
des solutions. Car encore une fois,
pour
un homme politique, c'est très facile de critiquer. Mais ce qui compte, c'est qu'est-ce qu'on propose ? Et je propose depuis des années des mesures. J'ai été élu de banlieue. Je suis député d'une zone de banlieue. Je sais ce qu'il faut faire. Et on ne le fait pas. Alors, qu'est-ce qu'il faut faire ? Mais il faut rétablir l'échelle des sanctions. Je vais vous donner un exemple très précis. J'ai un jeune dans un des quartiers de ma circonscription qui en est à sa 23e attaque contre les forces de police. Il a jeté une pierre. Il a failli tuer un policier. Il a été libéré parce qu'il a moins de 15 ans. L'ordonnance des mineurs de 1945 n'est plus du tout adaptée aux circonstances.
J'ai été voir comment ça se passe en Angleterre. En Angleterre, même pour un vol de portable, vous avez un procès. Le jeune est mis en prison, mais pas une prison à la française. Un centre éducatif. Huit jours. Huit jours, c'est tout. Mais on lui réapprend l'échelle des sanctions, des valeurs, des repères. Nous sommes un pays qui n'a plus aucune sanction contre sa jeunesse depuis des années.
Il y a des mineurs emprisonnés.
Il y a un certain nombre de milliers de mineurs emprisonnés dans
notre pays.
Mais mal emprisonnés, si je puis dire. Parce qu'ils sont emprisonnés après le 55e délit.
Ils
n'ont aucune représentation de ce qui se fait ou de ce qui ne se fait pas. Et il faudra parler aussi de l'affaire des familles. J'ai mis en place dans ma ville, il y a 10 ans, un système de sanction des familles. Quand il y a un bien public qui était dégradé, je supprimais les aides sociales facultatives à la famille. Qu'est-ce que j'ai entendu ? Un jour, j'ai une mère de famille qui est venue me remercier. Et qui m'a dit, grâce à votre sanction, mon fils a pris conscience de quelque chose parce que sa famille a été pénalisée. Et aujourd'hui, d'ailleurs, il réussit et il en est sorti. Donc, je crois que le devoir des adultes, c'est un moment de rétablir une échelle des sanctions.
Parce qu'on ne peut pas continuer comme ça. Sanctions, répression. Il
y a beaucoup de prévention,
il n'y a jamais de répression.
Et
s'il n
'y
a pas de répression, ces jeunes continuent jusqu'à la limite. Et tant qu'ils n'auront pas une limite, ils continueront. Et ils continueront sur une échelle beaucoup plus grave.
Et
on en est arrivé à ces bastonnades qui aboutissent à la mort des jeunes.
Il
faut bien voir l'échelle de la violence dans nos banlieues. C'est terrible ce qui se passe.
La série de
tramuros, ça. Oui, mais ça sera partout, puisqu'il n'y a jamais de sanctions. Est-ce que vous pensez que c'est un phénomène, comment dire, nouveau ? Ces violences extrêmes que Laurence décrivait il
y
a une seconde. Est-ce que c'est nouveau, ça a quelques années ? Ou est-ce qu'au fond, on a toujours connu ça ? Je pense
que cela s'aggrave parce que la masse des jeunes
qui
pensent qu'ils peuvent tout faire, c'est accru.
Et
je pense, par ailleurs, qu'il
y a
un vrai débat qu'il faut ouvrir.
C
'est celui de la violence des jeux vidéo. C'est la violence qu'il y a parfois à la télévision. Le système de représentation de ces jeunes est toujours celui de la violence. Et ajouter à cela des familles qui ne jouent pas leur rôle éducatif, une société qui n'établit pas les sanctions, vous avez le drame que vivent les enseignants, que vivent les infirmières, que vivent les pompiers, tous les jours. Et l'État, vraiment, l'État a démissionné. Et c'est ça qui est insupportable pour moi.
Il
y
a
un dossier important aujourd'hui qui concerne le pouvoir d'achat et le prix de l'énergie, et notamment des carburants. La hausse des prix du carburant, de plus en plus lourde sur le diesel, pour permettre la transition énergétique. C'est ce que nous dit le Premier ministre Edouard Philippe. Il dit, voilà, il faut que nous puissions arriver à cette transition énergétique. Donc c'est normal que nous taxions plus le diesel. C'est un raisonnement que vous comprenez et que vous acceptez ?
Ce que je ne supporte pas, c'est que le Premier ministre et le gouvernement mentent aux Français.
Ce
sont des hypocrites, ce sont des menteurs. Et Mme Royal l'a très bien dit. J'ai amené les chiffres
et
j'ai regardé attentivement. Il a augmenté la taxe sur le diesel, mais il a aussi augmenté la taxe sur l'essence.
Et
si le gouvernement était honnête,
il
aurait baissé la taxe sur l'essence et augmenté moins la taxe sur le diesel. En fait, le gouvernement a pris
3
milliards dans la poche des Français début 2018,
va
en reprendre 3 milliards début 2019 supplémentaires. Et ainsi de suite jusqu'en 2022, ils sont devenus complètement fous.
Parce
que les gens qui prennent ces décisions,
ce
sont des personnes qui sont dans
le cabinet
ministériel,
qui
n'ont pas de voiture, qui n'ont pas besoin de voiture pour aller travailler comme un artisan, comme une mère de famille, comme un travailleur qui a besoin de sa voiture. Et ce qui est scandaleux, et c'est là où le cri de colère de Mme Royal était justifié. Je ne
vais
pas de mon bord, mais je suis d'accord avec elle. Ce qui est scandaleux, c'est que tout ça, c'est fait au nom de l'écologie. Mais la prime, parce que j'ai étudié le dossier, la prime à la conversion, 280
000 voitures. Pour changer de voiture, on est d'accord. Oui, 280 000 voitures en
2018. Tout le monde dit bravo.
Vous
savez combien il
y a
de moteurs diesel en France ? 25 millions. Il faudrait un siècle pour y arriver. 75% du parc. De qui se moque-t-on
?
Moi, je propose des mesures. J'ai proposé un plan, convergence taxe dièse à l'essence, ce qui ferait une baisse de 10 centimes de l'essence. Alors là, ça serait incitatif. Et puis, une prime à la conversion qui serait financée par un certain nombre de taxes, notamment de taxes carbone à l'entrée du pays, face à des produits qui sont fabriqués avec la pollution. Et notamment, je préférerais que cette prime à la conversion soit pour les voitures fabriquées en France. Et là, vous auriez
un
enchaînement positif
pour
favoriser l'écologie, mais pas le racket fiscal.
La France, au cœur de l'Europe, on a vu cette séquence il y a quelques instants d'un député européen italien qui mettait sa chaussure sur un document émanant d'un commissaire européen. L'Italie s'est fait retoquer son budget. Elle vous choque, cette image ? Ou est-ce que vous dites bravo ? Il a eu raison de faire cet acte symbolique
? Vous
savez que pendant des années,
vous
avez des gens non élus,
qui
ne sont pas élus,
qui
d'ailleurs n'ont pas les comptes certifiés par la Cour des comptes européennes, parce que les comptes de l'Union européenne ne sont pas certifiés, qui imposent des mesures totalement stupides à des pays,
que
ces pays élisent des gouvernements démocratiques,
qui
de surcroît font un budget qui respecte les clous de Maastricht, contrairement à ce que dit Bruxelles, et que sous prétexte que ce n
'est
pas le gouvernement que Bruxelles veut, on retoque le budget, c'est scandaleux. Et je me réjouis qu'enfin il y
ait
des hommes politiques italiens qui disent maintenant ça suffit. Et l'enjeu des prochaines élections européennes, ce sera de savoir si on est dans un
système
démocratique,
si
ce sont les peuples qui décident avec leur gouvernement élu, ou si ce sont des technocrates non élus
qui
conduisent l'Europe à la faillite. Parce que ce qu'a fait M. Moscovici, qui a été entre nous le pire ministre des Finances en France, c'est un scandale absolu. Donc c'est M. Moscovici qui a piétiné le peuple italien pendant des années.
Donc vous pourriez faire la même chose, vous, avec une chaussure
? Oui,
ce n
'est
pas mon style. Voilà, chacun son style. Mais c'est tout à fait symbolique de ce que ressentent les Italiens. Et vous ne pouvez pas construire l'Europe
sur
l'humiliation des peuples. Vous ne pouvez pas. Et ça ne peut pas marcher. Et l'enjeu, et c'est ça qui est intéressant dans les élections européennes de mai prochain,
c
'est que l'enjeu, ce n
'est
pas d'être pour ou contre l'Europe. C'est de savoir si on va corriger le tir
et
si on va construire l'Europe avec les peuples. Ça veut dire en les entendant, en les comprenant, en relançant la croissance, en luttant contre le chômage, en luttant contre l'immigration, en rétablissant des frontières, c'est-à-dire en organisant l'Europe. C'est tout.
Il ne sert à rien le Parlement européen, c'est ce qu
'a
dit Valérie Giscadessin. Il n'a aucun pouvoir, ce Parlement
européen.
C'est clair qu'il n
'a
pas beaucoup de pouvoir, mais s'il y avait une majorité
euro
-réaliste, que certains appelleront euro-sceptique, c'est-à-dire de représentants de l'Italie, de la Hongrie, de la France, qui disent, on ne joue plus, ce syndic de copropriété, on n'en veut plus. Il y a des traités. On change. On
les revoit, les
traités.
Les traités
sont faits pour être revus
quand ils sont injustes. Hollande avait
déjà dit ça. Eh bien oui, mais il va falloir le faire. Parce qu'on ne
va
pas laisser l'Europe détruite par des inconscients qui plongent les peuples dans la misère et qui après s'étonnent de voir des mouvements naître. Si on ne traite pas les problèmes, ça vous pète à la gueule si vous me permettez l'expression.
Est-ce qu'il faut que la France, et c'est encore un autre dossier très important au cœur de
l
'actualité aujourd'hui, s'aligne sur l'Allemagne et suspende la livraison des armes à l'Arabie saoudite après l'assassinat sauvage du journaliste Jamal Khashoggi ? La France hésite. La ministre des Armées Florence Parly évoquait effectivement un meurtre barbare, mais on attend, on attend que l'enquête se déroule pour savoir si on peut stopper
et
prendre des sanctions.
Je
n
'ai
pas la réponse automatique parce que c'est un moment grave, mais en tout cas ce qui est sûr,
c
'est que si c'était un journaliste syrien qui avait été décapité dans un consulat
à
Istanbul, aujourd'hui Emmanuel Macron ferait quasiment la guerre à la Syrie. Donc ce qui est insupportable dans la situation, ce que tous les Français ont compris, c'est que ça fait des années que la classe politique française est à genoux devant l'Arabie saoudite et le Qatar parce qu'il
y a
du pétrole, et mène une politique injuste en Syrie ou en Libye ou ailleurs. Et donc moi ce que je demande simplement,
c
'est qu'on évite le deux poids deux mesures. Et je pense que, en tout cas, la France s'honorerait à dire là, stop, stop, on remet à plat les choses. Parce que ce n
'est
pas simplement le journaliste. Ce qui est quand même terrible entre nous, c'est qu'il a fallu ce meurtre abominable pour qu'on parle à nouveau du Yémen.
Bon,
et quand je parlais du Yémen il y a quelques mois, quelques années, on ne parlait pas. Donc ce régime est un régime sanguinaire. Alors il y
en
a beaucoup d'autres, il faut être honnête. Ce que j'aimerais, c'est qu'au moins, on ne soit pas à genoux devant ce régime sanguinaire. Je ne dis pas pour autant que c'est facile
de
déclarer la guerre à
tous les régimes sanguinaires parce que sinon on déclarerait la guerre à tous
les pays. Notre
deuxième client pour l'armement français.
Peut-être, mais il
y a
un moment, il faudra peut-être faire la lumière sur la manière dont on a vendu des armes à ces pays et comment cela nous a conduit au Moyen-Orient à sortir de toute logique d'influence. Parce qu'on a tellement été soumis à ces pays qu'on n'a plus aucune crédibilité au Moyen-Orient. Et ça, c'est un problème pour l'avenir du Moyen-Orient et l'influence de la France. Donc, c'est une situation complexe. Moi,
je
ne
vais
pas vous dire, je suis zoro, j'ai la solution. Mais en tout cas, déjà, si on pouvait éviter les compromissions...
Mais
au moins prendre des sanctions, avoir une réaction qui
soit minimum. Le président aurait
dû parler, aurait dû s'exprimer.
En
tout cas, si cela avait été la Syrie ou l'Iran, il se serait exprimé.
Alors,
cherchez l'erreur.
Vous souhaitez qu'il s'exprime, le président de la République, dans les prochains jours pour nous parler de sa politique, de la cohérence des réformes engagées ?
Vous savez, j'aimerais peut-être qu'il réponde à des journalistes un jour parce que je
ne suis
pas suspect de ne pas critiquer parfois la presse. Mais pour moi, il n
'y
a pas les journalistes et les hommes politiques. On a vu, il y a de tout. Mais je pense qu'un président de la République,
qui
est bunkérisé, qui a fait une allocution crépusculaire, pour des raisons techniques sans doute, mais tout à fait symbolique, d'un président qui, un an et demi après son élection,
ne
s'est pu
affronter
l'opinion.
Et
moi, j'aimerais qu
'il
se remette en cause pour l'intérêt du pays. Est-ce que c'est bien ce qu'on fait sur l'essence, sur les retraités ? Est-ce qu
'on
ne
peut
pas faire autrement
? Et
le rôle d'un opposant, ce n
'est
pas simplement de critiquer, c'est de dire qu
'il
y a d'autres solutions. Et je pense que le président de la République s'honorerait, vis-à-vis des Français, à écouter un peu plus, à échanger, à répondre aux questions, et à renouer un vrai lien avec le peuple français. Parce que là,
il
est dans une logique vraiment de repli et presque d'entêtement malsain
à
imposer une politique dont les Français ne veulent plus.
Merci beaucoup Nicolas Dupont et Nant d'être venu ce soir dans Punchline sur CNews.
Nicolas Dupont-Aignan