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interviewBFMBUSINESS· 17 juin 2026 53 min

G7 : Macron plaide pour une régulation de l'IA - 17/06

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Présentateur

BFM Business et la Tribune présente le 18-19 d'Edwin Chevrillon. Bonsoir à tous, bienvenue dans ce 18-19 spécial Vivatec. Évidemment, on parlera de régulation de l'IA au niveau européen. Après les déclarations d'Emmanuel Macron au G7, on en parlera avec Benjamin Haddad. Il est ministre délégué en charge de l'Europe et il se trouve à Vivatec. Ensuite, c'est Barbara Lavernos, qui est édactrice générale adjointe de L'Oréal, qui sera mon invité. On parlera de la Tech Beauty et puis de cet accord que L'Oréal vient de signer avec OpenAI. Et puis ensuite, c'est une des stars de la cybersécurité, Pascal Gauthier, le co-président de Ledger.

Ledger qui est classé au Next 40 pour la sixième année consécutive. Mais Ledger qui dit, attention quand même, l'IA est une véritable menace pour la cybersécurité. Mais tout de suite, place au journal de Stéphanie Collot. Il est un peu moins de 18h. Bonsoir Stéphanie. Bonsoir Edwige. Et on commence par ce dîner de travail entre Donald Trump, je mets des guillemets à travail, entre Donald Trump et Emmanuel Macron à Versailles.

1:09
Invité

C'est ce soir à Versailles, dîner à l'occasion du 250e anniversaire de l'indépendance des États-Unis. Un peu plus tôt cet après-midi, les deux chefs d'État étaient à Evian. Pour clôturer le G7, Emmanuel Macron s'est félicité d'un succès et d'un moment d'unité. Après des mois de désaccord, il appelle par ailleurs à mieux réguler l'intelligence artificielle, mettant en garde contre le risque d'une non-coopération entre démocraties. J-2 avant la signature du protocole de paix entre l'Iran et les États-Unis. On en sait un peu plus sur le texte. L'accord prévoirait la fin du blocage des ports iraniens et la possibilité pour l'Iran d'exporter à nouveau son pétrole.

Washington souhaiterait aussi mettre en place un fonds de 300 milliards de dollars financé par des capitaux privés pour stimuler les investissements dans le pays. En tout cas, le conflit au Moyen-Orient a vidé les réserves stratégiques des pays de l'OCDE. Leurs stocks de pétrole ont atteint leur plus bas niveau depuis 1990, selon l'Agence internationale de l'énergie, qui révit fortement à la baisse sa projection de demandes mondiales de brutes pour cette année, avec un recul d'1,1 million de barils par jour. C'est presque trois fois plus important que ce qu'elle prévoyait le mois dernier. En France, le patron de TotalEnergie a été auditionné aujourd'hui par les députés.

Interrogé sur les profits du groupe depuis le début de la guerre, Patrick Pouyanné a insisté sur le plafonnement des prix des carburants, dispositif qui a coûté 200 millions d'euros au groupe, mais qui a permis de gagner des parts de marché. Année morose en vue pour l'économie française, malgré un regain d'activité au deuxième trimestre grâce à l'industrie. Dans sa dernière note de conjoncture, l'INSEE s'attend à une croissance de 0,3% après un recul de 0,1% au premier. L'Institut table sur 0,7% de croissance pour l'ensemble de l'année en raison d'une consommation morose. Et puis, encore un sursis pour Fibre Excellence.

Le tribunal de commerce de Toulouse repousse au 6 juillet l'examen de l'offre de reprise, car un nouvel investisseur s'est fait connaître. Il s'agit de Mathieu Pigas, selon plusieurs sources de presse. Dans une lettre d'intention, le banquier d'affaires se dit prêt à investir dans le groupe à titre personnel. Les marchés avec Antoine Larigauderie. Bonsoir Antoine. Bonsoir Stéphanie. Bonsoir Edwige. Bonsoir Antoine. Et le CAC termine ce soir en légère baisse. Oui, on sous-performe l'Europe boursière. Moins 0,2%, 8 430 points contre un Eurostock 50 qui a gagné 0,7%. Et même un Euronext Tech Leaders très en forme, plus 1,7%. Mais nous, ce qui a pesé, c'est le secteur auto.

Alors, on a eu le profit warning de BMW, des informations de presse autour d'inquiétudes stratégiques chez Volkswagen. Ça, ça a pesé sur Stellantis qui a perdu 3,2% à 5,78€. Renault moins 2,12€, 27,23€. La plus forte baisse du CAC. Et si l'orlo-Sotica moins 4,8€ à 174,75€. En revanche, nos spécialistes de l'électricité ont brillé. Plus 4,5% pour le grand, 145€ plus forte hausse du CAC. Schneider Electric plus des 0,9€ à 282,75€. C'est en scène décise avant la réunion de la Fed ce soir. Le CAC termine en baisse de 0,2%, 8 430 points. Mais avec de gros volumes du côté des 5 milliards.

4:11
Présentateur

Merci Antoine. Merci Stéphanie. Vous, on vous retrouve 19h, 19h30 pour votre grand journal de l'écho. Tout de suite, émission spéciale VivaTech le 18-19 avec d'abord Benjamin Haddad, ensuite Barbara Lavernos, directrice générale adjointe de L'Oréal. Et puis Pascal Gauthier, le CEO de Ledger. BFM Business et la Tribune présentent le 18-19 d'Edwis Chevrillon. Vous êtes bien dans le 18-19 spéciale VivaTech, évidemment. On va en parler avec différents invités. Pascal Gauthier qui est le CEO de Ledger. Lui, il nous met en garde. L'intelligence artificielle, ça peut être une vraie menace pour la cybersécurité et comment il fait évoluer son entreprise en fonction justement de cette menace cyber.

Dans un instant, c'est Barbara Lavernos qui est déjà en studio avec nous, directrice générale adjointe de L'Oréal en charge de la recherche, de l'innovation et de la technologie. Bonsoir Barbara Lavernos. Avec vous, on parlera d'un Open AI parce que vous avez annoncé tout à l'heure à VivaTech un accord avec Open AI. Alors je vous posais la question en disant pourquoi pas avec Mistral. Vous m'avez répondu, on l'a déjà fait. Vous allez nous détailler. Et puis bien sûr, on parlera du marché de la beauté qui est en forte progression, en forte croissance. Et puis qu'est-ce que la LIA, l'intelligence artificielle peut nous apporter à nous les femmes.

Mais tout de suite, on prend la direction du salon VivaTech où nous attend Benjamin Haddad qui est ministre délégué en charge de l'Europe. Bonsoir Benjamin Haddad, ça y est, on vous a retrouvé. Merci d'être avec nous. Beaucoup de questions. D'abord, c'est vrai, qu'est-ce que vous faites à VivaTech ? L'Europe, ce n'est pas forcément à VivaTech. J'imagine que vous avez des annonces et que vous allez me contredire. Mais je voudrais d'abord peut-être un commentaire sur ce que vient de dire lors de la conférence de clôture le président Macron au G7 en disant qu'il fallait absolument qu'il y ait une régulation de l'intelligence artificielle.

Mais il met en garde contre une non-coopération entre démocratie. Qu'est-ce que ça veut dire précisément ? Parce qu'il faut une plateforme. C'est quoi une plateforme ?

6:25
Invité

Vous savez, en fait, aujourd'hui on est à VivaTech, on voit notre écosystème, nos pépites dans l'intelligence artificielle, dans le quantique, dans l'IA, dans le spatial. Mais en réalité, quand on parle de ces sujets d'innovation aujourd'hui, ce n'est pas juste une question de croissance ou de création d'emplois, d'accélération industrielle. C'est évidemment une question de souveraineté et d'autonomie stratégique. On a vu la décision de l'administration Trump de limiter l'accès à anthropique pour les personnes étrangères.

L'impact que ça peut avoir aussi pour l'Europe, fondamentalement, c'est pour ça qu'on a besoin à la fois de règles, de règles communes, quand on pense à ce qu'on a fait ces dernières années sur la lutte contre la haine en ligne, la protection des mineurs, qui est évidemment une priorité du président de la République, la lutte contre les ingérences et la désinformation. Mais on a aussi besoin de coopération, de coopération entre les démocraties, entre les États-Unis et l'Europe. Et donc c'est pour ça que c'est très important de mettre ces sujets numériques aussi à l'agenda du G7. Et c'est pour ça que le président de la République s'est exprimé sur ce sujet aujourd'hui.

7:27
Présentateur

Oui, mais en même temps, j'imagine que vous avez suivi ce qui s'est passé avec Anthropik, qui a été obligé justement de bloquer ses principaux logiciels les plus performants, les bloquer au niveau européen, sur l'ordre de la Maison-Blanche.

7:41
Invité

Mais absolument. Et c'est pour ça qu'on voit aujourd'hui la course à l'intelligence artificielle. C'est aussi un enjeu de puissance, c'est un enjeu de souveraineté pour l'Europe. Et ces dernières années, on a beaucoup parlé de réglementation, bien sûr, au niveau européen. Mais on doit aussi mettre le paquet maintenant dans l'investissement, dans le soutien à nos écosystèmes d'innovation, dans la simplification de nos règles et dans l'approfondissement de nos marchés intérieurs. C'est tout ce qu'on porte aujourd'hui au niveau européen.

C'est cet agenda de compétitivité pour faire en sorte que la souveraineté de l'Europe, elle se construit aussi au niveau technologique, dans l'intelligence artificielle, dans les drones et dans le cyber, dans des domaines comme le spatial. Là, je viens de lancer avec la French Tech une initiative qui s'appelle Choose European Tech. Nous avons lancé une coalition d'entreprises dans tous les États de l'Union européenne qui s'engage maintenant à aller travailler avec des startups européennes dans tous ces domaines parce que la souveraineté, l'autonomie stratégique, ça passe aussi par le fait de travailler avec ces entreprises, de rapprocher nos écosystèmes d'innovation.

Vous savez, je vais vous dire, moi je travaille au ministère des Affaires étrangères. Tous les jours, je vois ce magnifique salon de l'horloge où le 9 mai 1950, le ministre des Affaires étrangères, Robert Schumann, a annoncé la communauté du charbon et de l'acier. Cinq ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, on a mis en commun nos ressources pour construire l'Europe sur de nouvelles bases, pour faire en sorte que la guerre ne soit plus possible.

Aujourd'hui, quand on parle d'intelligence artificielle, quand on parle de quantique, de tous ces domaines qui sont aujourd'hui au cœur des enjeux de sécurité et de souveraineté de demain, rapprochons nos entrepreneurs, rapprochons nos écosystèmes d'innovation. C'est ce que nous faisons aujourd'hui au niveau européen.

9:17
Présentateur

Benjamin Haddad, juste par exemple sur ce Choose Europe Tech, est-ce que vous pouvez nous dire quelles sont les entreprises qui ont déjà signé, entreprises françaises, allemandes, belges, danoises ou je ne sais pas, qu'est-ce qu'ils ont déjà signé ? Est-ce que ce sont des grandes entreprises qui soutiennent des startups dans la tech ?

9:38
Invité

Alors ce sont des initiatives qui sont soutenues par des groupes français comme Publicis ou Orange, qui étaient déjà d'ailleurs très impliqués dans le soutien à choisir la French Tech. Ça a été 2 milliards d'investissements en 2026 pour les entreprises de la French Tech. C'est 800 entreprises qui, ces dernières années, se sont engagées dans cette initiative au niveau français. Donc maintenant, on est en train de lancer cette coalition au niveau européen. Ça, c'est cet effort avec les entreprises. Mais je vous le disais, on a des rendez-vous européens qui sont absolument fondamentaux.

La négociation du prochain budget européen, le cadre financier pluriannuel, qui est le budget sur 7 ans de l'Union européenne entre les périodes 2028 et 2034. Mettre combien sur la table ? Nous avons poussé pour la création d'un fonds de compétitivité qui nous permettra de soutenir aussi les entreprises avec un principe qui doit être fondamental, celui de la préférence européenne, c'est-à-dire de soutenir nos propres acteurs européens, de ne pas se mettre dans la dépendance d'acteurs américains ou chinois.

10:34
Présentateur

Et combien sur la table peut mettre l'Europe, justement ? C'est la question, ça sera ma dernière question.

10:38
Invité

Alors sur ce fonds européen de compétitivité, on part sur 500 milliards d'euros pour l'intelligence artificielle, pour le quantique, pour la défense, le spatial, les technologies vertes aussi pour faire la transition environnementale. Tout ça vient s'appuyer sur différents fonds aussi qui aident les entreprises à faire du scale-up, parce qu'on le sait, aujourd'hui, on a beaucoup d'entreprises qui nous disent, on a des produits, on a déjà des premiers investisseurs, mais quand on veut passer à l'échelle et qu'on compare par exemple à ce que les Américains ont en termes de fonds de venture capital ou de fonds de pension, nous n'avons pas ce niveau de financement.

Donc c'est là que la force publique, les institutions peuvent faire levier et entraîner aussi l'épargne privée pour aller soutenir nos écosystèmes d'innovation. Donc voilà un petit peu là les principales avancées, les principales négociations qui sont en cours et qui seront absolument cruciales sur ce sujet.

11:28
Présentateur

Merci beaucoup Benjamin, là donc en direct de Bivatech. Et Barbara Lavernos, qui est directrice générale adjointe de L'Oréal, me dit, mais oui, justement, nous aussi on fait partie de ce Choose Europe Tech. Comme quoi, voilà, c'est déjà parti. Merci beaucoup. Benjamin Haddad, donc le ministre délégué en charge de l'Europe. Et tout de suite, c'est donc Barbara Lavernos. Le 18-19 d'Edwish Chevrillon sur BFM Business. Bonsoir Barbara Lavernos. Bonsoir. Merci d'être là, vous êtes directrice générale adjointe de L'Oréal en charge de la recherche, de l'innovation et de la technologie, j'ai envie de dire, et de la beauté forcément, parce que vous êtes chez L'Oréal depuis 35 ans, je crois.

Vous étiez à Bivatech, vous êtes venue en studio, merci. C'était, pour vous, Bivatech, c'est un moment toujours important. Je crois que vous êtes-elle là depuis la dixième année ? Absolument.

12:16
Invité

Bivatech fête son dixième anniversaire. Absolument. Et L'Oréal fête son dixième anniversaire avec Bivatech. Bien sûr, c'est un moment important. D'abord, c'est la fierté de nos entreprises. On vient montrer nos dernières innovations, qu'elles soient technologiques, scientifiques, biotech. Donc c'est assez fantastique. C'est aussi rencontrer, parce que Bivatech est un immense succès. C'est en France, c'est un immense succès, avec des dizaines de milliers de visiteurs du monde entier. Aujourd'hui, j'ai eu la chance de rencontrer des autorités brésiliennes, des journalistes indiens, de différents pays d'Europe, chinois. Et puis, c'est aussi le foisonnement. Moi, c'est ce que j'adore à Bivatech.

C'est le foisonnement de toutes ces entreprises. Elles sont petites, c'est des start-up, ce sont des grandes entreprises comme nous, qui viennent montrer ce qu'elles font de meilleur. Et je dois vous dire qu'ailleurs, que les allées de Bivatech sont souvent, en tous les cas pour moi, dans mon expérience dans les années précédentes, des moments où j'ai pu rencontrer et lier des liens. Et il y a aujourd'hui des innovations qui sont bornes in Bivatech.

13:12
Présentateur

On va en parler. La tech beauty, en fait, c'est assez porteur, non ? La tech beauty. En même temps, je vais être très franche, je me pose la question, est-ce que mon rouge à lèvres va être amélioré par l'intelligence artificielle ? La réponse, c'est oui.

13:25
Invité

Heureusement, vous êtes là. Non, mais la beauty tech, c'est assez simple. L'EI, la tech, elles révolutionnent le monde entier, elles révolutionnent toutes les industries. Je vais faire très simple. Comment la tech peut révolutionner la beauté ? Aujourd'hui, dans les laboratoires de L'Oréal, on a des immenses laboratoires, on investit 1,3 milliard d'euros par an dans nos laboratoires. On a propulsé l'intelligence artificielle pour nous permettre, par exemple, de faire des découvertes de molécules comme on ne faisait jamais avant. Je vous donne un chiffre. Ces derniers mois, nous avons pu screener, tester 10 000 nouvelles molécules. Nous mettions, il y a 5 ans, 1 an pour en sélectionner 100.

Vous imaginez la vitesse à laquelle ça avance grâce à l'intelligence artificielle. La deuxième chose, nous venons d'établir des jumeaux numériques, des digital twins, des cheveux, de tous les types de cheveux. Avec cette technologie qui est propriétaire de L'Oréal, on peut tester la totalité des nouveaux actifs, des nouveaux soins qu'on va pouvoir faire d'une façon ultra précise et pour tous les types de cheveux. Les cheveux raides, un peu comme nous, jusqu'aux cheveux ondulés ou aux cheveux même crépus. Ça, c'est une première chose. C'est toute la voie suffisante de l'innovation. Quand je vais vers le consommateur, il y a tout le marketing.

Parce que vous imaginez combien la Generative AI permet de faire du content. Et puis, par ailleurs, c'est le lien avec le consommateur. Le consommateur, aujourd'hui, quand vous cherchez un rouge à lèvres, j'espère, je réduis-je, qu'on ne tape plus dans la barre, etc. On discute avec la Gentic Commerce où on vient raconter qui on est, on vient prendre la photo de nos spécificités. Et là, on peut faire des essais virtuels, on peut avoir des recommandations sur mesure. Et ça, c'est la tech qui est derrière. Donc, la tech en beauté, elle est absolument essentielle.

15:10
Présentateur

En même temps, c'est une demande de qui ? Est-ce que c'est vous qui êtes ? Parce qu'on sait que L'Oréal a toujours été très innovant. C'est une culture de votre entreprise. Mais est-ce que c'est vous qui recherchez ça ? Ou ce sont vos clientes qui vous le demandent ?

15:24
Invité

Alors, nos clients, parce qu'on a de plus en plus d'hommes qui sont aussi nos clients. Je me disais dans mon fort intérieur. Ah, peut-être que tu as du plus en plus d'hommes. Et c'est vraiment important. Alors, c'est leur demande. Par exemple, je vais vous donner un chiffre sur TikTok, le fameux réseau social. Est-ce que vous savez qu'il y a eu 7 trillions de conversations sur la beauté juste l'année dernière ? Donc, il y a un appétit pour la beauté qui est immense. D'ailleurs, le marché est très dynamique. Le marché, il est à 3,5% en ce moment, dans un moment qui est très particulier, extrêmement dynamique. L'Oréal bat ce marché, by far. On a annoncé 6,7% pour notre premier trimestre.

Donc, vous voyez la dynamique de ce marché. Vous voyez l'appétit pour les innovations. Aujourd'hui, un groupe comme l'Oréal, vous avez raison, son histoire, c'est l'innovation. On a été fondé par un chercheur. Et nous avons la plus grande recherche de la beauté du monde. Aujourd'hui, l'appétit des consommateurs pour une beauté qui est de plus en plus précise, de plus en plus safe, de plus en plus performante, elle est un appétit énorme. Et les innovations qui pèsent 15% aujourd'hui de nos ventes, vous imaginez ce que ça représente en termes de nouveauté, c'est un appel de la part de nos consommateurs, mais pour une raison assez simple. Je vais vous donner un exemple.

En 2016, ce n'est pas longtemps, en moyenne dans le monde, pour soigner ses cheveux, les hommes, les femmes utilisaient environ 2,9 produits dans chacune de leurs routines. Aujourd'hui, en 2026, 10 ans après, c'est 3,9 produits. Donc, vous voyez, il y a une demande qui augmente, avec des phénomènes culturels et sociétaux qui sont hyper intéressants. Les cheveux, c'est intéressant. D'abord, c'est une partie de notre identité. Les cheveux viennent de plus en plus longs. Il y a 10 ans, environ 50% des humains avaient des cheveux longs. Aujourd'hui, on monte à 60, 65%. Hommes et femmes. Si vous regardez les jeunes hommes, ils ont tous les cheveux qui s'allongent.

Quand vous avez des cheveux plus longs, vous avez des routines de beauté, où vous devez prendre soin de vos, on va dire, des pointes, si on fait des choses simples. Donc, là aussi, la précision de nos innovations est absolument essentielle et ça explique la dynamique. Donc, c'est un appel du consommateur, absolument. D'accord.

17:43
Présentateur

Il y a un point aussi, sans aller à certaines théories américaines, mais il y a quand même une volonté de vivre plus longtemps. Donc, la longévité, c'est sûr, l'expérience de vie, elle progresse. Donc, pour vous, est-ce que ça fait partie de vos innovations sur lesquelles vous travaillez ?

18:02
Invité

Alors, la longévité, c'est effectivement, d'abord, c'est une réalité. En 30 ans, la durée de vie moyenne des habitants de cette planète a augmenté d'une façon significative. Moi, je me rappelle, quand j'étais enfant, notre fameuse centenaire, on la voyait à la télé, c'était un événement. Aujourd'hui, on parle de super centenaire, c'est-à-dire 115 ans et plus et on connaît tous des centenaires autour de nous. La problématique de cette durée de vie qui est augmentée, c'est qu'on vit plus longtemps, mais pas en meilleure santé. Donc, toute la capacité à avoir un soin préventif est essentielle. Vous allez dire, c'est la longévité et c'est pour ça que c'est un boom énorme.

La science évolue de façon extraordinaire. Vous allez dire, la beauté là-dedans. La peau, c'est le plus grand organe d'un être humain.

18:39
Présentateur

La peau, c'est la santé. La peau, c'est la santé, je suis d'accord. Moi, ce qui m'intéresserait aussi, c'est très intéressant, c'est voir justement qu'est-ce que l'intelligence artificielle, comment elle vous aide là-dedans ?

18:48
Invité

Alors, dans cette recherche ? D'une façon extrêmement concrète, la longévité, c'est être capable, non pas d'être à la surface de la peau, mais de comprendre sous la peau, au niveau tissulaire, au niveau cellulaire, quels sont les signes qui vont amener, quels sont les paramètres qui vont amener ces cellules à engager le vieillissement. Aujourd'hui, beaucoup des soins sur l'ensemble de la planète vont corriger des signes de l'âge qui sont déjà apparus, des rides, des taches, de la perte de cheveux.

Désormais, avec l'intelligence artificielle, et on a fait 15 ans de recherche, et on a créé ce qu'on appelle le AI Longevity Cloud, donc un cloud de la longévité, on a pu comprendre et identifier 260 biomarqueurs qui sont à l'origine du vieillissement de vos cellules. Et à partir de là, en comprenant ces passways biologiques, on a pu identifier des nouvelles molécules, des nouveaux actifs qui permettent d'intercepter les signes de l'âge. Alors, je vais vous dire la vérité, on n'arrête pas totalement le vieillissement. En revanche, on est capable aujourd'hui de découpler l'âge sur votre carte d'identité et l'âge biologique.

Et ça, on le mesure avec une précision qu'on ne pouvait pas avoir avant. Et on vient de montrer à VivaTech, d'ailleurs... On peut voir sur les images... Absolument. Vous voyez la voyager des LED Mass, mais on a mis au point, avec une start-up coréenne absolument extraordinaire, Cell BioPrince. C'est un petit laboratoire qui a cette taille-là, sur lequel, sans biopsie, on peut prendre l'échantillon de votre peau, faire votre propre analyse de vos biomarqueurs, et à ce moment-là, vous accompagner dans votre trajectoire de longévité.

20:18
Présentateur

Est-ce qu'un jour, on arrache... Je pense à ça en regardant les images. Est-ce qu'un jour, on arrache chez soi un petit robot qui vous maquillera ? Parce que, ici, par exemple, à BFM, on a des maquilleuses formidables, mais chez soi, c'est toujours beaucoup plus compliqué. Est-ce qu'un jour, ça existera dans pas si longtemps que ça ?

20:36
Invité

Je ne sais pas si un robot pour se maquiller existera, parce que, moi, je suis une tech optimiste, je suis passionnée par cette tech. En revanche, je suis totalement convaincue que l'humain reste là. Et le maquillage, c'est aussi un geste artistique. Alors, là où vous avez raison, là où l'intelligence artificielle aide énormément, c'est pour vous apprendre à bien vous maquiller. D'abord, c'est pour vous connaître. Et ça, c'est tout ce qu'on appelle nos essayages virtuels, les virtual try-on.

Aujourd'hui, vous pouvez, sur votre téléphone, vraiment prendre votre visage, faire des essais des différentes couleurs de maquillage, des différentes textures de fond de teint, des différents types de mascara. Vous apprenez ainsi. Vous avez un certain nombre de tutoriels qui sont là. Et au fur et à mesure, ça vous explique les gestes. C'est, à mon avis, beaucoup plus ce qui va arriver qu'un petit robot qui va vous maquiller. Maintenant, je voudrais juste vous raconter quelque chose qui me tient beaucoup à cœur.

Avec la marque Lancôme, qui fait partie de notre groupe, évidemment, on a développé APTA, qui est un appareil, un device, qui permet aux gens qui n'ont pas la possibilité de se maquiller, donc c'est un device, ce n'est pas un robot, et qui ont des mouvements des mains, et qui est beaucoup plus fréquent que vous ne l'imaginez, de pouvoir se maquiller, parce qu'on a fait des micro-oscillations qui viennent compenser les mouvements de la main, et qui permettent à des personnes qui ont ces tremblements de venir se maquiller, poser leur rouge à lèvres. Donc, c'est plutôt en ce sens qu'on aura une aide par la tech.

21:57
Présentateur

On va parler dans un instant, Barbara Lavernos, de l'accord que vous venez de signer et que vous avez annoncé tout à l'heure à VivaTech, justement, avec Openerheim, qu'est-ce que ça vous apporte ? Mais je voudrais, est-ce que L'Oréal, qui est un groupe de 44 milliards, est-ce que vous investissez beaucoup dans des petites boîtes de tech, dans la beauty tech ? Absolument.

22:18
Invité

Alors, on le fait à travers notre fonds d'investissement, notre venture capital de compagnie, on le fait au travers d'accords commerciaux très, très importants. Et vous savez, je vous raconte juste, VivaTech, j'en reviens, vous le disiez, c'est pour ça que j'ai des baskets, ont présenté deux biotech françaises extraordinaires. Microfit, qui est une société qui est à Bayargue, dans le sud de la France, et qui sont les spécialistes biotech des micro-algues. Ces micro-algues sont des organismes vivants exceptionnels, qui sont en train de nous délivrer des nouveaux actifs, par ailleurs totalement durables, issus de la nature, et qui sont d'une puissance absolument fascinante.

Et dans la longévité, en 2027, on va arriver avec des actifs qui viennent de cette société. On a aussi présenté Damae. Damae, c'est une société, alors, Microfit, excusez-moi, cette société de Bayargue, on a investi au capital pour les soutenir, avec BPI, on parlait de Tous France tout à l'heure, on a investi et on les accompagne. Damae, c'est une société de Medtech en France absolument extraordinaire, ils ont inventé dans le monde médical quelque chose de fascinant. Moi, ça me fascine. Ils ont inventé un appareil qui permet sans biopsie, c'est-à-dire sans vous découper une partie de la peau, de regarder en réel, en vivant, ce qui se passe au niveau de vos cellules sous la peau.

C'est extraordinaire et ça veut dire que nous, quand on développe des nouveaux actifs performants, des nouvelles formules, des nouveaux horaux le supplément, parce que la beauté, c'est aussi des compléments horaux, on peut regarder jour après jour, semaine après semaine, non pas l'aspect extérieur de la peau, mais la réalité de la biologie. Donc, on investit beaucoup

23:55
Présentateur

dans ces startups. Alors, cet accord que vous avez annoncé tout à l'heure avec OpenAI, pourquoi faire ?

24:02
Invité

D'abord, L'Oréal, c'est un groupe mondial, parce que vous m'avez posé la question, pourquoi pas Mistral ? Je vous ai répondu, mais Mistral, parce qu'on travaille déjà avec eux et qu'on a déjà un accord. L'Oréal, c'est un groupe mondial, donc on travaille avec les géants de la tech américains, les géants de la tech européens. D'ailleurs, L'Oréal, lors du sommet AI qui avait lieu en France l'année dernière, en 2025, a été un des grands signataires de AI European Champion pour promouvoir cette tech européenne. Et puis, on travaille avec, en Asie, les Chinois. OpenAI, c'est Tchadjpity, tout le monde le connaît. Donc, le partenariat qu'on a fait avec eux, il nous apporte trois choses.

Un premier, c'est dans la science et c'est là où vous ne l'attendez pas. Mais ce qui est assez extraordinaire, c'est que Tchadjpity a aussi fait des LLM qui parlent de science, qui nous permettent d'augmenter nos connaissances en termes de science. Et c'est Rodaling de OpenAI. Et ça, c'est sur le microbiome de la peau où on a un programme de recherche.

Par ailleurs, vous savez que L'Oréal, on a développé nous-mêmes, grâce à notre technologie propriétaire Modiface, des outils de diagnostic, de diagnostic de la peau qui sont nourris par des dizaines de milliers d'images réalisées avec des dermatologues, avec toutes nos données, des outils diagnostiques de votre peau, de vieillissement, des expositions différentes, je dirais, aux agressions pour votre peau. On a proposé de mettre à disposition dans Tchadjpity pour notre marque Maybelline New York, donc une marque de maquillage, ces technologies pour qu'elles puissent être promouvoir notre marque Maybelline New York.

Mais une autre chose, parce que L'Oréal, et je ne suis pas là en train de faire du greenwashing, etc., L'Oréal, c'est, vous savez, on a un motto, UnSense of Purpose qui dit crée la beauté qui fait bouger le monde, create the beauties that move the world. Et le monde, c'est l'ensemble du monde. Quand on donne ce type d'outils à Tchadjpity, on le fait dans toute la diversité des humains, tous les couleurs de peau, tous les types de cheveux, parce qu'on pousse

26:07
Présentateur

la diversité, parce que ça, c'est une de nos valeurs. Mais en même temps, est-ce qu'il n'y a pas quand même, je ne sais pas, vous avez entendu ce qu'a dit le président Macron, vous avez entendu ce qui s'est passé avec Anthropique qui a été bloqué, on voit bien quand même qu'il y a une guerre de liens très forte. Il y a un problème de souveraineté numérique, c'est pour vous, pour L'Oréal, ce n'est pas une question parce que vous êtes...

26:26
Invité

Comme pour tout le monde, sans aucune naïveté, évidemment une question. Ce pourquoi on a investi massivement dans nos fondations tech, données propriétaires de L'Oréal, elles sont chez L'Oréal, elles tournent sur nos machines et aujourd'hui, on a la plus grande base de données de beauté du monde avec 27 000 terabytes propriétaires. Il y a des données qui sont publiques, pas sensibles, celles-là, on peut les échanger. En revanche, quand on fait ce type de partenariat, d'un point de vue infrastructure tech, on est capable de savoir ce que l'on peut partager et ce que l'on ne partage pas et qu'on fait tourner sur nos propres machines parce qu'effectivement, il ne faut pas être naïf.

27:06
Présentateur

Juste en conclusion, Barbara Lavernaud, vous avez dit tout à l'heure que le marché de la beauté marchait bien. Malgré une conjoncture difficile, malgré la crise de pouvoir d'achat, vous observez que vous avez une croissance forte,

27:21
Invité

une forte croissance. Le marché, je vous l'ai dit... Comment vous expliquez ça ? C'est assez simple. Le marché est très dynamique, il est 3,5%. Nous, vraiment, on le surperforme, on fait deux fois le marché sur le premier trimestre pour une raison simple et qu'on connaît bien. ça s'appelle le lipstick effect ou le dopamine effect et ça s'apprend dans les universités. Quand le monde est si gris, quand le monde est si dur, les individus, ils prennent soin d'eux, ils ont besoin d'estime de soi, ils ont besoin de prendre soin d'eux, de prendre soin des gens autour d'eux et de mettre un peu de couleur dans leur vie.

Donc, le marché de la beauté va très bien et il est toujours extrêmement résilient. Et quelles sont les zones qui marchent le plus ? Alors là, je dois dire que la dynamique que nous observons en ce moment, elle est très forte aux Etats-Unis, très forte en Europe, très forte en Asie avec un vrai retour de la Chine. Elle est forte dans les pays en Inde, elle est forte en LATAM. Donc, j'ai envie de dire, là, c'est un full strike. Toutes les régions vont bien sur le marché de la beauté. Eh bien, dis donc.

28:17
Présentateur

Merci Barbara Laverneuse d'avoir été avec nous. On sent votre dynamisme et puis, au cas où vous n'aurez pas compris, mais ça s'entendait, vous êtes directrice générale adjointe de L'Oréal, mais en charge de l'innovation et de la science. Merci beaucoup d'avoir été avec nous. Dans un instant, justement, on parlera des problèmes du lien, l'intelligence artificielle, mais qui, vraiment, qui met en péril les données et la cybersécurité. On en parlera avec Pascal Gauthier, c'est le CEO de Ledger. Ledger, vous savez, c'est les wallets, évidemment, pour les portefeuilles numériques sécurisés. A tout de suite. BFM Business et la Tribune présentent le 18-19 d'Edwis Chevrillon.

Vous êtes toujours dans le 18-19 spécial Vivatech parce que lui aussi, il arrive de Vivatech. Bonsoir, Pascal Gauthier. Bonsoir, Alvige. Merci d'être là. Vous êtes CEO de Ledger. Ledger, faut-il le rappeler, mais je le rappelle quand même, c'est le spécialiste mondial des portefeuilles numériques sécurisés pour les crypto-monnaies, les fameux wallets.

Mais, justement, il y a une évolution importante dans la stratégie de votre entreprise parce que ce que vous mettez en avant, c'est que l'intelligence artificielle devient, est une véritable menace pour la cybersécurité, pour les données et donc, ça transforme un tout petit peu le rôle de vos wallets qui ne sont plus uniquement pour des cryptos mais qui pourraient servir pour des données. Non ? Je vous vois un air sceptique par rapport à ce que vous dites.

29:38
Benjamin Haddad

C'est juste une précision, c'est une menace parce que l'IA, ça peut servir à attaquer et c'est aussi une opportunité parce que l'IA et notamment les agents, ça peut rendre des services et simplement, il faut savoir les contrôler. Et donc Ledger, ça sert aux deux, c'est-à-dire que l'IA attraque très vite à plein d'endroits le software et donc le software ne peut plus protéger les secrets en fait. Et donc les secrets doivent être isolés dans un Ledger qu'on voit sur l'écran derrière vous, c'est-à-dire du hardware sécurisé qui empêche l'IA d'aller voler les secrets.

30:16
Présentateur

Oui, on va rentrer dans l'état parce que c'est très important quand même parce que quand je disais que l'IA est une chance, une opportunité, évidemment, on ne va pas dire le contraire, mais en revanche, ça facilite les attaques, les cyberattaques. Donc ça facilite les attaques

30:30
Benjamin Haddad

mais par contre, de l'autre côté, quand je dis une chance, une opportunité, c'est-à-dire que votre Ledger aussi peut contrôler vos agents IA parce que quand vous allez demander à une IA d'aller dépenser votre argent en crypto-monnaie quelque part, il faut être sûr que cette IA, cet agent va bien faire ce que vous allez lui demander de faire.

30:44
Présentateur

Oui,

30:44
Benjamin Haddad

et pas autre chose. Et pas autre chose. Et donc les secrets sont protégés dans le Ledger. L'ordre est donné à l'IA, à l'agent d'aller dépenser de l'argent en votre nom et le Ledger contrôle bien que c'est bien l'ordre que vous avez donné qui va être exécuté.

30:58
Présentateur

Parce que le côté j'adore, c'est qu'avec vous, on ne perd pas de temps. C'est-à-dire que tout de suite, on rentre dans le vif du sujet, on sent que vous vivez tech, vous vivez des... Vous posez des questions, je réponds. Non, juste un point d'abord, c'est une manière aussi de faire un petit point. Est-ce que le leader a été classé, Ledger a été classé pour la sixième fois au Next 40 ? Là, ça vient de tomber, enfin, c'est tombé il y a quelques jours. C'est important pour vous ou pas ? Ça veut dire quoi ?

31:21
Benjamin Haddad

Oui, c'est important. Quand on demande si quelque chose est important, c'est la question qu'il faut se poser, c'est si on n'y était pas, est-ce qu'on serait malheureux de ne pas y être ? Oui. Donc la réponse, c'est oui. Donc oui, c'est important et ça montre que Ledger en fait partie du top 40 sociétés technologiques françaises. Ce serait bien d'avoir d'ailleurs un classement européen et puis de toute façon, à la fin, ce qui est important, c'est de changer le monde et de sécuriser en fait nos utilisateurs et c'est ça pour nous l'étoile du Nord.

31:52
Présentateur

Mais en même temps, vous êtes très très implanté aussi aux Etats-Unis. Est-ce que vous diriez que Ledger est encore une société française, européenne ?

32:00
Benjamin Haddad

Non, mais en fait, Ledger, les gens ne savent pas d'où vient Ledger. Quand vous êtes à l'étranger, tout le monde pense que c'est une société américaine ou autre. Et puis d'ailleurs, finalement, nous, nos clients sont partout sur la planète donc la nationalité a peu d'intérêt en ce qui concerne nos clients. Ce qui est important, c'est encore une fois de leur livrer un bon produit et un bon service. Et puis en plus, finalement, nous, vous savez, c'est 3% de notre chiffre d'affaires qui est fait en France et il y a 97% qui est fait en international. Donc, on est là pour servir nos consommateurs partout où ils sont et on est là pour leur ressembler.

Et donc, chez Ledger, je crois qu'il y a 35 nationalités qui travaillent sur une équipe de 700 personnes. donc ça représente qui on est véritablement.

32:38
Présentateur

Aujourd'hui, c'est quoi le chiffre d'affaires de Ledger ?

32:40
Benjamin Haddad

C'est des choses sur lesquelles on ne communique pas parce que les chiffres, c'est compliqué. Non, mais grosso modo, quoi. Grosso modo,

32:45
Présentateur

c'est les centaines de millions d'euros.

32:47
Benjamin Haddad

C'est les centaines de millions d'euros, le chiffre d'affaires.

32:49
Présentateur

Les centaines de millions d'euros.

32:50
Benjamin Haddad

C'est une société qui est rentable, c'est une société qui se porte très bien mais surtout, c'est une société qui a l'avenir pour elle parce que ce que Ledger a fait sur les 12 dernières années, c'est de construire une plateforme de sécurité qui est prête pour les 10 prochaines années. L'IA attaque quand le quantum computer, l'ordinateur quantum attaque, Ledger est déjà prêt pour répondre à ces attaques. Et donc, la sécurité, si vous pensez que c'était important les 10 dernières années, c'est encore plus important les 10 prochaines.

33:18
Présentateur

Oui. Alors expliquez-nous parce que donc avant, c'était la sécurité notamment sur les crypto-monnaies et là, quand je disais que vous avez évolué pour les 10 prochaines années parce que c'est presque l'ensemble des données de nos données personnelles, enfin aux données d'entreprise qu'il faut aujourd'hui protéger.

33:33
Benjamin Haddad

Oui, tout à fait. En fait, parlons des utilisateurs, comme ça, c'est plus simple mais aujourd'hui, Ledger, ça sécurisait vos clés privées de Bitcoin qui vous permettent de prouver au protocole que vous allez envoyer un Bitcoin d'un point A, de bouger un Bitcoin en l'envoyant d'un point A que vous contrôlez vers un point B que vous ne contrôlez pas forcément. Mais en fait, la preuve, pour faire ça, on fait une preuve cryptographique, on signe cryptographiquement. Mais en fait, la preuve cryptographique, ça sert à prouver tout un tas de choses. Je peux prouver que je suis moi. Parce que le problème de l'IA, c'est demain, à qui vous parlez si vous êtes online ?

Est-ce que vous parlez vraiment à Edwige ou est-ce que vous parlez à une IA qui fait semblant d'être Edwige ? Si Edwige signe cryptographiquement son identité avec un Ledger, à ce moment-là, on est sûr que c'est elle.

34:18
Présentateur

Mais vous pensez qu'à un moment, on va en arriver là ? C'est-à-dire que chaque fois qu'on parlera avec quelqu'un, je ne sais pas, moi je reçois à peu près 100 rappels par jour, si à chaque fois je dois mettre en avant une crypto-signature, ça va être compliqué, non, les relations humaines ?

34:34
Benjamin Haddad

Déjà, à un moment, c'est déjà le cas et c'est un vrai problème. Aujourd'hui, je ne suis pas en train de parler en théorie, je suis en train de parler pratiquement de ce qui se passe dans le monde. Et nous, notre job chez Ledger, c'est de développer des produits et des services qui permettent de répondre à ce problème de manière simple pour que le consommateur puisse l'utiliser simplement et que ce ne soit pas quelque chose qui vous complique la vie.

34:56
Présentateur

Et donc, comment est-ce que vous pouvez justement, comment vous adaptez votre wallet à ce portefeuille numérisé ? Comment vous le faites évoluer pour qu'il puisse aussi servir justement à sécuriser des données ?

35:10
Benjamin Haddad

À sécuriser des données ? Et des signatures ? Il le fait déjà, c'est-à-dire que sur un Ledger, vous avez différents applicatifs que vous pouvez émuler et ça vous permet d'utiliser différents services, notamment les services de mots de passe, des services de protection de données, etc., etc. Donc, il y a déjà tout un tas de choses que Ledger fait. Et bien sûr, on est... Le coup de tonnerre, il est arrivé cette année en février, c'était opus 4.6, je pense, dans Tropik. En fait, l'IA, ça existe depuis très longtemps et puis depuis quelques années, les sociétés d'IA se sont développées. Mais là, il y a vraiment eu un bond technologique qui a été fait.

Et en fait, c'est la première fois qu'on a un système qui permet d'attaquer qui va plus vite que la défense. parce que vous savez que la cybersécurité, c'est le chat et la souris. Il y a les gens qui défendent, les gens qui attaquent. Et généralement, les gens qui défendaient à l'époque avaient l'avantage. Aujourd'hui, les gens qui attaquent peuvent attaquer très vite et il faut que tous les gens qui défendent upgradent leur système de sécurité. Donc, c'est à ça que c'est Ledger. Et on est en train de... On a déjà des produits qui sont prêts sur l'étagère à être vendus pour les entreprises, pour les consommateurs.

Et bien sûr, maintenant, on a une roadmap sur 5 ans de tout ce qu'on doit faire en plus pour répondre aux challenges du futur.

36:21
Présentateur

Quand vous voyez l'histoire de Palantir, vous avez vu, la DGC devra, qui avait toujours signé avec Palantir, pour des questions de sécurité, le gouvernement lui a demandé de signer avec Tchab Vision, même si ça va prendre beaucoup de temps. Est-ce que le gouvernement a raison ou pas ? C'est-à-dire qu'il y a un risque de travailler avec une société américaine et de fuite de données.

36:49
Benjamin Haddad

Est-ce que le gouvernement a raison ? C'est une question qui est un peu compliquée parce qu'on est dans un marché... Il ne faut pas se brouiller

36:53
Présentateur

avec les uns ou les autres, mais bon.

36:55
Benjamin Haddad

On est dans un marché capitaliste, libre, où normalement, on devrait utiliser le meilleur outil. Si le meilleur outil, ce n'est pas l'entier, il faut l'utiliser. Sauf que maintenant, sur toutes ces questions, il y a quand même une question de souveraineté. Et donc, le gouvernement a raison de se poser des questions. Le gouvernement a raison d'essayer de faire des choses. Ensuite, est-ce que c'est ça exactement qu'il faut faire ? Je ne sais pas parce que je n'ai pas étudié le sujet.

37:16
Présentateur

Non, mais sur le fond, vous voyez bien.

37:18
Benjamin Haddad

Sur le fond, oui. De toute façon, sur le fond, moi, ce que j'ai toujours dit, d'ailleurs, je crois que je l'avais dit ici, il faut que l'Europe fasse des grandes sociétés de technologie. Il faut avoir de l'ambition. Pourquoi ? Parce que sinon, on disparaît. La technologie, les sociétés de technologie, c'est aussi une manière de véhiculer ces valeurs. Valentir, d'ailleurs, c'est marrant Anakin Skywalker dans Star Wars, avant qu'il devienne Dark Vador. C'est-à-dire, il faut des institutions fortes, il faut que tout le monde bosse pour faire un État fort. Et c'est l'État d'abord avant les citoyens. Nous, chez Les Gears, on pense exactement l'inverse.

C'est les citoyens d'abord qui votent pour l'État, mais sauf qu'il faut leur donner les outils pour ça. Et c'est ce que les Gears essayent de développer. Et donc, dans toute notre approche, il y a aussi un aspect souverain. Il faut que les gens puissent être souverains. C'est-à-dire qu'il faut qu'ils puissent décider pour eux-mêmes en responsabilité. Et vous savez, la Déclaration des droits de l'homme, la Constitution américaine, l'ONU, c'est We the People. C'est nous. Nous, le peuple. Nous, le peuple. Donc, c'est nous, le peuple. Et donc, les Gears, on est pour le peuple.

38:23
Présentateur

Mais quand vous dites qu'on a sur l'étagère, on a ce qu'il faut, c'est quoi sur l'étagère ? Vous avez quoi sur votre étagère ?

38:29
Benjamin Haddad

Tous les produits qu'on vend, en fait, sont déjà prêts à faire ce que... À remplir le rôle. À remplir le rôle.

38:33
Présentateur

Que j'ai envie de dire, vous êtes en train de remplir. Parce que c'est un peu nouveau, quand même, cet up, un peu nouveau. Je veux dire ça. Comme vous dites, maintenant, on voit l'attaquant, il a beaucoup plus de moyens que celui qui essaie de se défendre.

38:47
Benjamin Haddad

Mais il y a quelque chose qui n'a pas changé. C'est ce qu'on a toujours dit. C'est-à-dire que les secrets doivent être protégés dans du hardware sécurisé. Sinon, c'est facile de les voler. Avant, on pouvait essayer de les cacher un petit peu dans le software et on pouvait y arriver. Maintenant, ce n'est plus possible.

39:01
Présentateur

Donc, à ceux qui nous écoutent, que ce soit des particuliers ou entreprises, vous leur dites quoi ? Alors, à part acheter des produits Ledger, bien sûr. Oui, ça, vous êtes là pour ça, si je veux dire. Il faut faire quoi ? Vous dites que le software, il n'est plus du tout...

39:18
Benjamin Haddad

Il faut vraiment réfléchir à ces sujets. C'est-à-dire que, vous savez, parfois, il y a des choses qui arrivent dans le monde qui sont des vrais événements et on regarde ça à la télé, on regarde ça passer et puis on se dit, bon, j'y réfléchirai demain, ce n'est pas grave. En fait, il faut y réfléchir. Je dis aux gens, il faut réfléchir à ces sujets. Il ne faut pas perdre de temps. Au patron d'entreprise, il ne faut pas perdre de temps. Au gouvernement, il y a une urgence et qu'il faut vraiment... Et d'ailleurs, le gouvernement l'a bien saisi, ce que vous venez de dire sur la souveraineté, etc. Donc, les gens sont au courant quand même.

Je ne suis pas le seul à dire ce que je suis en train de dire.

39:50
Présentateur

Mais en même temps, il y a un autre exemple aussi, assez fort, qui montre que là, il y a vraiment, c'est vraiment, on est vraiment dans la guerre de l'IA. L'affaire d'Anthropix, qui a été interdit de mettre à disposition des Européens et d'autres ces logiciels les plus forts, ça vous choque ? Est-ce que ça choque le monde de la tech, vous qui êtes souvent dans la Silicon Valley ? Est-ce que c'est... Je ne sais pas, comment ça a été interprété ça ?

40:17
Benjamin Haddad

Moi, je ne sais pas. Je trouve que finalement, c'est une chance. Quand on refuse de vendre son produit à certaines personnes, il y a peut-être des raisons stratégiques, mais du coup, ça laisse l'opportunité aux Européens de faire les leurs. Vous savez, la première vague technologique qui venait des Etats-Unis sur le web, Google, etc., ont écrasé tout le monde parce qu'ils pouvaient pénétrer nos marchés et on n'avait pas les réponses en face. Aujourd'hui, s'ils ne viennent plus nous le vendre, on pourra développer les nôtres.

40:40
Présentateur

Mais est-ce qu'on est en train, là j'en recevais Benjamin Haddad, le ministre en charge de l'Europe justement, qui disait qu'il a essayé à une initiative Choose European Tech. Vous y croyez ça ? Parce que vous m'avez déjà dit ça il y a quelques mois, quand on s'est vus, mais est-ce que ça bouge ? Est-ce que vous voyez l'émergence de tech européens ?

41:01
Benjamin Haddad

Oui. En fait, si vous regardez...

41:03
Présentateur

Qui par exemple ? Allez-y.

41:04
Benjamin Haddad

La France. La France, il y a trois technologies qui marchent en combinaison. Il y a la cryptographie, et dedans, la crypto-monnaie. Il y a l'EI et il y a le quantum. Aujourd'hui, la France, c'est le seul pays en Europe, je crois, je suis un peu dans le business donc j'ai l'impression que c'est ça, où il y a des boîtes numéro un en cryptographie, en cybersécurité et en crypto-monnaie, des boîtes qui sont très fortes en EI avec Yann Lequin qui vient de revenir en France pour monter sa boîte avec Mistral, etc. et des boîtes qui cartonnent sur le quantum. La France, on est les meilleurs ingénieurs, on est les meilleurs mathématiciens. Donc oui, je pense que...

41:42
Présentateur

Ce qui nous manque, c'est l'argent.

41:43
Benjamin Haddad

Non, il ne nous manque pas l'argent. Ce qui nous manque, c'est... Vous savez, les Français, on est toujours en train de se plaindre. Ce qui nous manque, c'est d'arrêter de se plaindre, de penser grand et de redevenir la France qu'on a pu être à un moment donné. Mais on a tous les talents et on a tout l'argent et je pense que si le privé, le public et tout le monde se met ensemble pour construire le futur, on va y arriver.

42:09
Présentateur

Oui, en même temps, je ne vais pas faire... Vous avez raison, il faut regarder peut-être un côté « think positive » comme on dit. Mais quand vous voyez l'argent, l'incroyable réussite, autre réussite, celle d'Arthur Mensch avec Mistral et puis de l'autre côté, vous voyez l'introduction en bourse de SpaceX ou d'Enthropics, on n'est pas du tout dans la même échelle.

42:32
Benjamin Haddad

Oui, alors ? Oui, d'accord, sinon on va se coucher. Il faut quand même faire des choses. Et puis en plus de ça, encore une fois, on a les cerveaux pour. La France, l'Europe, ce n'est pas petit. On sait quand même faire des choses mais il faut quand même revenir à de l'ambition. Parfois, on est un peu trop nombriliste ou défaitiste. Ils ont fait ça, nous, on ne pourra jamais rien faire. Nous, il faut se poser...

42:57
Présentateur

Ce que vous dites, c'est qu'on fait des choses.

42:59
Benjamin Haddad

On fait des choses mais surtout pour savoir quelles sont nos forces. nous, nos forces. Sur le quantum, on est très fort. Sur la cryptographie, on est très fort. Et quand je dis on est très fort, on est plus fort que les autres. Et vous savez, ma spécialité, c'est de monter des business internationaux où on devient catégorie leader. On était catégorie leader, on a écrasé les Américains, les Chinois, tout le monde sur ce thème. C'était un petit thème de retargeting, mais quand même, on l'a fait. Et sur Ledger, on est leader sur ce qu'on est en train de faire. La France sait faire des sociétés leaders de technologie. Maintenant, il faut savoir faire des sociétés leaders de technologie à scale.

Et là, ça tombe bien parce que les trois technologies du futur, c'est les technologies que la France maîtrise. Oui,

43:36
Présentateur

c'est important ça. Mais en même temps, vous allez vous faire, à priori, vous allez vous faire côté aux Etats-Unis et au Nasdaq. Mais qui dit ça ? Je ne sais pas, moi j'ai vu ça. Non plus, je ne sais pas. J'ai vu ça et je n'ai pas vu de démenti. Non, c'est faux ? Ah oui,

43:46
Benjamin Haddad

on a un démenti. Non comment, il n'y a pas de démenti.

43:48
Présentateur

Ah bah non comment, pardon, non comment, c'est pas un démenti. Alors bon,

43:51
Benjamin Haddad

je dément. Vous démentez, d'accord, mais voilà, ça c'est un démenti. Ça c'est un démenti parce qu'en fait, c'est compliqué cette histoire d'introduction en bourse. Aujourd'hui, moi mon rôle, c'est de positionner Ledger pour le succès. Donc déjà, je ne ferme aucune porte. Est-ce que vous me dites, est-ce que vous n'allez jamais vous introduire en bourse aussi ? Non, mais enfin, je vais vous dire, bah non, j'en sais rien. Si je dois, je le fais et si c'est la meilleure route pour Ledger, je le ferai. Bon, en tout cas, on n'a pas de S1 ou de F1 publié. Bon, on n'a pas de process en cours.

44:18
Locuteur

Donc non.

44:18
Présentateur

Mais ça pourrait être en France parce que c'est en France c'est autre chose ou alors ? Ah bah non, vous voyez déjà que vous... Non,

44:24
Benjamin Haddad

mais ça dépend de ce qu'il y a. Vous savez, le monde bouge très vite en ce moment.

44:28
Présentateur

Oui.

44:28
Benjamin Haddad

Il y a des réponses qui sont en train de se construire en Europe sur la souveraineté européenne. Vous venez de le dire sur les gouvernements qui bougent, sur l'Europe qui bouge parce que les Américains viennent fermer certaines portes. Ça dégoûte. Peut-être ça va ouvrir d'autres portes. Donc je veux dire, moi je suis pas... Moi je suis là pour préparer la société à pouvoir saisir l'opportunité. Vous savez, la chance ou le succès c'est la préparation qui rencontre l'opportunité. Moi, j'ai préparé l'entreprise et quand l'opportunité se présentera, on la saisira et à ce moment-là on dirait que je suis chanceux.

45:02
Présentateur

Est-ce que vous diriez, parce que moi j'ai pas mal d'écho dans ce sens-là en disant que l'Europe est un marché qui est presque encore un petit peu vierge sur ce plan-là au regard du marché américain et que du coup il y a beaucoup de fonds américains notamment de venture, de VC ou de venture capitaliste qui débarquent pour soit racheter des entreprises soit investir dans les entreprises de la tech.

45:23
Benjamin Haddad

Et bien qu'ils viennent investir. De toute façon, l'argent...

45:24
Présentateur

Non mais est-ce que vous observez ce phénomène ? Oui, bien sûr.

45:26
Benjamin Haddad

Mais l'argent, nous on est financé par des Américains. Mais l'argent... Vous savez, les Américains... Oui, mais pourquoi

45:31
Présentateur

vous êtes financé par les Américains ?

45:32
Benjamin Haddad

C'est très bien. Les Américains, ils s'en fichent. De toute façon, le business is business. Les Américains, vous savez, l'investisseur moyen américain, il fait pas de géopolitique, politique, souveraineté. Lui, il veut gagner de l'argent. De toute façon, pour lui, l'argent n'a pas d'odeur. Que le ledger soit français, c'est très bien. Il n'est pas...

45:49
Présentateur

Oui, mais est-ce qu'on peut dire que le ledger est français si vous êtes financé que par des Américains ?

45:52
Benjamin Haddad

Bien sûr, puisqu'on a notre headquarter à Paris, 106 rue du Temple.

45:56
Présentateur

Oui.

45:57
Benjamin Haddad

Donc oui, on est français, oui.

45:58
Présentateur

Et vous, au contraire, c'est français. Non, non, mais quand on parle de souveraineté numérique, c'est important.

46:02
Benjamin Haddad

Oui, c'est important. Mais vous savez qu'aujourd'hui, être incorporé en France, vous avez certaines responsabilités. Il y a certaines lois qui s'appliquent à vous, etc. Si notre headquarter était à New York, ce ne serait pas pareil. Bon, là, aujourd'hui, on est français, on est en France et à la fin, le business, c'est de la concurrence, et de la compétition, etc., à ce qui est en train de se passer, c'est ça. Quand on parle de souveraineté, bon, par contre, moi, je veux vendre des produits à tout le monde. C'est-à-dire que je suis là pour sécuriser la planète, pas que la France. Donc, de toute façon, les histoires de souveraineté, c'est l'histoire de géopolitique et il faut s'en occuper.

Mais moi, je suis là pour sécuriser la planète.

46:38
Présentateur

Oui. Je ne sais pas si vous avez vu la déclaration de Christine Lagarde, la présidente de la Banque Centrale Européenne, on lui posait une question sur les crypto-monnaies. Oui. En disant, qu'est-ce qu'elle en pensait ? De toute manière, ce n'est pas une monnaie parce que c'est quelque chose qui monte et qui descend. C'est que de la spéculation.

46:51
Benjamin Haddad

Oui, OK.

46:52
Présentateur

Elle a raison, non ? Elle a pas raison ou pas ?

46:54
Benjamin Haddad

Madame Lagarde, elle a basé toute sa rhétorique sur le fait que son fils a perdu de l'argent en spéculant sur les crypto-monnaies.

46:59
Présentateur

Ça, c'est une attaque personnelle.

47:01
Benjamin Haddad

Non, c'est elle qui le dit. Donc, bon, moi, je trouve qu'aujourd'hui, on n'est pas au niveau de la Banque Centrale sur ce que ça veut dire les crypto-monnaies. On ne peut pas voir Wall Street qui embrasse le Bitcoin et que toutes les grandes banques américaines fassent des notes pour dire que le Bitcoin, c'est l'avenir, tous les grands fonds, fonds de pension américains, y vont. Et nous, en Europe, on est encore en train de dire qu'il ne faut pas le faire. Enfin, je ne comprends pas.

47:25
Présentateur

Est-ce que les Bitcoins, justement, ce côté extrêmement spéculatif et volatile, est-ce que c'est toujours aussi porteur des crypto-monnaies ?

47:34
Benjamin Haddad

En fait, vous savez, la volatilité, ce n'est pas un bug, c'est une fonction. Et puis, les marchés sont volatiles. Dire que le Bitcoin est volatile, c'est l'arbre qui cache la forêt. Pourquoi les marchés ne sont pas volatiles ? Le Nasdaq, la dernière fois qu'il a dégringolé de 30%, ce n'était pas volatile. Et puis, en plus, vous regardez en valeur absolue. Quand le Nasdaq dégringue de 30%, c'est plusieurs dizaines de milliards qui sont éliminés d'un coup. Enfin, plusieurs milliers de milliards, en fait, qui sont éliminés d'un coup. Beaucoup plus que ce que le Bitcoin peut perdre. Donc, la volatilité, ça fait partie des marchés.

Quand vous avez des grandes crises internationales, comme on peut avoir avec l'Iran, où tout d'un coup, on coupe le robinet de pétrole, bon, ben oui, il y a des impacts sur les marchés qui sont très forts. Et ce n'est pas que le Bitcoin. Ensuite, quand on parle de monnaie, on rentre un peu dans un aspect technique. Est-ce qu'on peut payer en Bitcoin tous les jours ?

48:25
Présentateur

Est-ce qu'on va payer sa baguette en Bitcoin ? Non.

48:28
Benjamin Haddad

Ben si, la réponse est oui. Mais ce que je veux dire, c'est que, déjà, il y a des stable coins qui existent. Donc, si on veut avoir un... La banque centrale européenne ferait mieux de réfléchir aux... Personne ne demande d'ailleurs à payer en Bitcoin nulle part. Enfin, ce qu'on voudrait bien, ce serait avoir un euro stable coin.

48:47
Présentateur

Oui. À mon avis, ce n'est pas pour tout de suite. Il y a juste un phénomène dont on parle beaucoup en France, mais qui, en fait, et je crois assez français, c'est les fameux crypto-wrap, vous voyez, ces enlèvements dans la... dans la... dans la... dans la cybercriminalité qui se développe autour des détenteurs de crypto. comment vous expliquez ça ? Parce que j'ai l'impression que c'est un phénomène qui est très français et qui se multiplie d'une manière assez spectaculaire en France.

49:14
Benjamin Haddad

Il n'est pas très français.

49:15
Présentateur

Vous-même, dans votre entourage, vous en avez été victime.

49:19
Benjamin Haddad

Non, il n'est pas très français, ça arrive partout dans le monde.

49:20
Présentateur

D'accord. À ce point-là ?

49:21
Benjamin Haddad

Oui, oui. Partout dans le monde. Alors, en France, on est un peu plus actifs sur le sujet statistiquement, mais bon, en fait, ça se passe partout dans le monde. En plus, il faut regarder aussi tout ce qui est home jacking, etc. Donc, quand vous remettez ça dans un spectre un peu plus large, bon, c'est une goutte d'eau dans l'océan de toutes les violences qui peuvent se passer dans nos sociétés. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas y réfléchir. Mais bon, moi, j'ai des amis qui se sont faits home jacker avec des flingues sur la tête pour en voler une torche. Donc, il n'y a pas besoin d'avoir du bitcoin pour se faire home jacker. Donc, ça, c'est un vrai phénomène de société.

Et ce qui se passe, c'est encore une fois la même chose. C'est-à-dire que...

49:56
Présentateur

C'est des fuites de données.

49:57
Benjamin Haddad

Des fuites de données. Il y a les attaquants. Les fuites de données, c'est très compliqué. On en sait quelque chose. Vous-même,

50:02
Présentateur

vous avez été victime à votre société, oui.

50:04
Benjamin Haddad

Et les attaquants ont maintenant un méga fichier avec toutes les données de tout le monde, etc. Parce que des fuites de données l'année dernière en France, il y en a eu je ne sais pas combien qui ont fuité de partout. Et donc, en plus, il y a d'autres choses. C'est que les criminels, tout le monde peut devenir un criminel potentiel. Vous avez vu, c'était quoi ? C'était quelqu'un qui était au service des impôts, non ? Oui, c'est ça. Absolument. Oui, tout à fait. Pourquoi ? Parce qu'en fait...

50:27
Présentateur

Qui a fait fuité les données parce que les impôts avaient exigé des détenteurs de crypto qui se... qui passent, qui les déclarent et qui passent via cette plateforme.

50:36
Benjamin Haddad

Et comment ça se passe ? Ça veut dire qu'aujourd'hui, vous recevez... Demain, vous recevez un mail. On vous dit si tu me files toutes ces données, c'est 50 000 euros. Personne n'en saura rien, etc. Donc, les gens deviennent vite criminels et ne se rendent pas compte en fait de la portée de leurs actes. Et ça, ça arrive dans le monde de la crypto où régulièrement des agents du service client des sociétés sont contactés pour... Et par adresse, tu gagnes 50 euros. Donc, tu m'envoies 1 000 adresses et 50 fois 1 000, 50 000 euros. Bon. Donc, c'est comme ça que ça se passe. Moi, j'ai rencontré les services de police et le ministre de l'Intérieur pour parler de ces sujets.

Mais pour moi, c'est pas ça. Je lui ai dit que le vrai problème, en fait, c'est... C'est vous ? Non, c'est pas du tout. La police française fait un travail merveilleux. Non, mais c'est les fuites de données du ministère. C'est même pas ça parce que ça, de toute façon, ça va arriver tout le temps. C'est-à-dire que il faut se rendre compte contre qui on est en train de se battre. Et en fait, en face de nous, il y a des gens qui ont des grandes bases de données avec tous les actifs que les Français ont, mieux que le fisc et le gouvernement. Et qu'ensuite, si demain, ils viennent vouloir pour votre bitcoin, après-demain, ils viendront vouloir pour votre Porsche, etc.

Donc, c'est pour ça qu'il y a quand même une réponse stratégique à apporter ensemble, public, privé, pour savoir quels sont les systèmes qui vont venir maintenant protéger nos citoyens. Et c'est pour ça que moi, je parle de souveraineté. Ce n'est pas tellement contre les États-Unis ou contre quelqu'un d'autre, mais c'est la souveraineté du citoyen. et qui ne peut pas protéger sa vie privée, c'est un citoyen qui n'est pas libre.

52:03
Présentateur

Qui n'est pas libre. Merci beaucoup, Pascal Cotill. J'ai envie de dire, là, vous nous plombez, mais en même temps, je pense que vous avez vraiment raison. Merci beaucoup, Pascal Cotill, d'avoir été avec nous. Donc, le CEO de Ledger a toute son ambition pour les dix prochaines années pour nous protéger. Merci beaucoup. Voilà, c'est la fin de ce 18-19 post-spécial Vivatech. Nous, bien sûr, on se retrouve demain. Tout de suite, vous retrouvez Stéphanie Collot pour son journal de l'écho. Le 18-19 David Chevrillon sur BFM Business.