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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 26 novembre 2025 25 min

Roland Lescure va étudier "de potentielles baisses de taxes" pour faire baisser le prix de l'énergie

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Dans le grand entretien, nous recevons donc ce matin le ministre de l'économie et des finances, vos questions chers auditeurs au 01 45 24 7000 et sur l'appli Radio France. Bonjour Roland Lescure. Bonjour, bonjour. Merci d'être avec nous ce matin dans un moment de grande instabilité politique qui pèse sur l'économie. On a beaucoup de sujets à aborder avec vous, la plateforme chinoise Chine. Au tribunal aujourd'hui, la taxe soncière, ce plan qu'on nous annonce pour faire baisser les prix de l'électricité. Mais d'abord, le budget et cet introuvable compromis hier soir, les sénateurs ont rétabli la réforme des retraites.

Ils vont aujourd'hui voter un budget de la Sécurité sociale qui ressemble au texte initial du gouvernement. Alors au fond, Roland Lescure, les sénateurs, ils font ce que vous auriez voulu, vous les remerciez ?

0:46
Roland Lescure

Un détail près, ce n'est pas un petit détail, c'est, vous l'avez dit, la réforme des retraites. Le gouvernement a souhaité inscrire dans le texte la suspension de la réforme des retraites comme un gage de volonté d'un compromis. Moi, je suis convaincu que si on doit pouvoir se mettre d'accord sur ce qu'on appelle les comptes de la Sécu, le PLFSS, c'est quoi ? C'est les comptes de la Sécu. Si on n'est pas capable de se mettre d'accord sur les comptes de la Sécu, ça va être compliqué de se mettre d'accord sur le reste. Et donc, on a ce qu'on appelle une commission mixte paritaire aujourd'hui, où les sénateurs et les députés vont tenter de se mettre d'accord. J'espère qu'ils vont le faire.

1:18
Présentateur

Mais sauf qu'on a deux copies radicalement différentes entre l'Assemblée et le Sénat.

1:21
Roland Lescure

Et si ce n'est pas le cas, la procédure budgétaire est très claire. C'est l'Assemblée qui aura le dernier mot. Et j'espère bien que ce dernier mot sera positif, qu'on arrivera à voter un budget de la Sécu. Parce qu'au fond, d'abord, c'est notre quotidien à tous et à toutes. Et je suis persuadé qu'on est capable de trouver un compromis autour de ça. Ensuite, il y aura le budget de l'État, ce qu'on appelle le projet de loi de finances. Mais commençons déjà par nous mettre d'accord sur les comptes de la Sécu. Je suis sûr que c'est possible.

1:46
Invité

Roland Lescure, ceux qui nous écoutent ce matin, sans doute, ont du mal à comprendre ce qui se passe autour de ce budget. Puisque Florence le disait, des copies radicalement différentes. La dernière fois qu'il y a eu un vote à l'Assemblée nationale, une partie du budget de l'État a été rejetée. 404 voix contre seulement, une voix pour. Est-ce que ce matin, vous pouvez nous donner un seul argument qui permettrait de laisser à penser que la France aura un budget voté d'ici au 31 décembre ?

2:07
Roland Lescure

Mais d'abord, il y a eu un vote avant celui auquel vous faites référence sur le projet de loi de financement de la Sécu qui a été positif. Donc, il y a aujourd'hui une majorité de l'Assemblée pour voter un budget de la Sécu. Puis, il y a une large majorité de l'Assemblée pour rejeter un budget qui n'est clairement pas celui dont les députés veulent. On l'a dit, on l'a redit, dans ce budget, il y avait à peu près tout et n'importe quoi, notamment en termes de hausse d'impôts votée par les insoumis d'un côté, les rèves de l'autre, qui n'avaient aucun sens. Donc, on sait, on connaît maintenant le budget que l'Assemblée ne veut pas.

Le défi des quatre semaines qui viennent, trois semaines qui viennent, c'est de se mettre d'accord sur un budget dont l'Assemblée veut. Là aussi, moi, je suis persuadé que c'est possible. Dans tous les états du monde, on y arrive. Ça prend du temps, ça prend des compromis. Il faut faire des pas les uns vers les autres.

2:52
Invité

Vous pensez vraiment à la possibilité que ça se termine sur un vote ?

2:55
Roland Lescure

Mais bien sûr, j'y crois. Pourquoi ? Parce qu'on est dans une négociation. Quand vous négociez, vous exprimez des convictions. Mais ensuite, je vais citer Mao Zedong. Quand il y a une volonté, il y a un chemin. Aujourd'hui, moi, je vois qu'il y a une majorité de l'Assemblée nationale qui est prête à faire ces compromis. On n'a pas l'habitude en France, donc c'est un peu dur. Ça fait un peu mal, y compris à nous, d'ailleurs.

3:18
Invité

Le ministre de l'Économie et des Finances qui cite sur France Inter, Mao Zedong, je pense que ça fait partie du bingo qu'on peut cocher. Juste sur les scénarios possibles, ils sont assez simples. Soit le budget est voté, s'il ne l'est pas, pour qu'il y ait un budget, soit il y a des ordonnances, soit il y a un 49-3, soit il y a ce qu'on appelle une loi spéciale. Et de plus en plus, cette hypothèse d'une loi spéciale monte. Une loi spéciale, ça veut dire reconduire d'une année sur l'autre le budget de cette année. Vous avez par exemple Bruno Retailleau, le patron des Républicains, qui vous dit, entre un mauvais budget et une loi spéciale, moi, je préfère une loi spéciale.

Est-ce qu'à la fin, ce n'est pas un moindre mal de se dire on va reconduire d'une année sur l'autre ?

3:52
Roland Lescure

Bon, deux choses là-dessus. Un, je ne souhaite pas écrire à la fin du film avant qu'il soit tourné. Et on est en train de le tourner. Mais je vais quand même répondre à votre question. Je reste persuadé qu'on peut avoir un budget, que ce budget, il ne sera peut-être pas idéal ni pour Bruno Retailleau, ni pour Olivier Faure, mais ce sera un budget de compromis qui permettra de converger. La loi spéciale, ce n'est pas la formule magique ou la solution à tous nos problèmes. Pourquoi ? Parce que vous l'avez dit, la loi spéciale, ça consiste à, en fait, reprolonger le budget de 25 en 26. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que si on veut financer, par exemple, l'effort de défense, ce n'est pas possible. On a prévu plus de 6 milliards d'euros pour financer notre effort de défense. On l'a vu avec Pierre Aski tout à l'heure, on est dans un monde quand même très compliqué. Ce n'est pas possible. Les petits colis, vous savez que j'ai beaucoup travaillé, ni compris au niveau européen, pour convaincre le fait que la franchise de taxes sur les petits colis de Chine et d'autres, c'est terminé. Ça, on l'a voté. On a voté une taxe sur les petits colis. S'il y a la loi spéciale, il n'y a pas de taxes sur les petits colis. Donc, la loi spéciale, on l'a connue l'année dernière.

4:52
Invité

Oui, et au gouvernement, vous nous expliquez que ça allait être épouvantable que les cartes vitales allaient arrêter de fonctionner, disait Elisabeth Borne. Bon, à la fin, l'économie française s'en est remise d'une loi spéciale.

5:00
Roland Lescure

Oui, enfin, ça nous a coûté un peu d'argent au passage, des milliards d'euros. La loi spéciale s'est reculée pour mieux sauter.

5:05
Présentateur

C'est surtout qu'il faut rediscuter de toute façon, il faut bien trouver un accord derrière.

5:08
Roland Lescure

J'allais y venir, merci. S'est reculée pour mieux sauter, parce que vous prolongez le budget pendant un mois, deux mois, trois mois, mais in fine, ce budget-là, il ne tient pas un an. Et donc, il faut reprendre les discussions budgétaires avec un budget forcément dégradé. Donc, voilà, on a les moyens...

5:30
Invité

Est-ce que ce serait un danger pour l'économie française qu'il y ait une loi spéciale ?

5:32
Roland Lescure

En tout cas, ce que je peux vous dire, c'est que si on a un budget voté, Sécu et État, ce sera une bonne nouvelle pour l'économie française, parce qu'aujourd'hui, on a des incertitudes politiques qui génèrent des inquiétudes économiques, il faut les lever. La croissance, pour l'instant, elle est bonne, il faut que ça reste comme ça.

5:48
Présentateur

Alors, ça aussi, c'est le budget, le budget des ménages. Roland Lescure, le Premier ministre, vous a demandé de plancher sur des scénarios de baisse des prix de l'électricité. On l'a appris hier soir. On parle des prix que payent les Français, les entreprises. De quoi s'agit-il ?

6:03
Roland Lescure

Alors, d'abord, vous savez qu'aujourd'hui, l'électricité en France, c'est 40% moins cher que de l'autre côté du Rhin. C'est moins cher qu'ailleurs en Europe. Pourquoi ? Parce qu'il y a 50 ans, il y a des leaders politiques qui ont décidé de lancer un grand plan d'investissement dans les centrales nucléaires qui nous permettent aujourd'hui d'avoir l'électricité la plus décarbonée d'Europe et la moins chère d'Europe. Donc, la première chose que me demande le Premier ministre, c'est de lui faire des propositions pour continuer ses engagements. On appelle ça la programmation pluriannuelle de l'énergie. C'est un peu technique. Qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire quel est le grand plan d'investissement qu'on a envie de faire dans les mois, trimestres, années qui viennent pour financer des nouveaux électeurs nucléaires, pour financer des énergies renouvelables. Parce que ça, c'est la seule garantie de prix d'électricité faible dans les décennies qui viennent.

6:45
Invité

Mais ça, Roland Lescure, ça prend du temps. Là, ce que vous dit Sébastien Lecornu, est-ce qu'il y a, pour ceux qui nous écoutent ce matin, une perspective à court terme de baisse des prix de l'électricité ?

6:55
Roland Lescure

Ce que me dit le Premier ministre, c'est deux choses. Un, il faut travailler sur ce grand plan à long terme. C'est la seule manière. Et deux, il faut éviter les formules magiques. J'ai vu que le Rassemblement National votait une baisse de la TVA sur l'électricité. Ça coûte une fortune. Ça ne sert à rien. Et donc, de regarder de manière sérieuse des amendements qui aujourd'hui tournent. Il y en a au Sénat, il y en a à l'Assemblée pour baisser ce qu'on appelle les assises sur l'électricité.

7:17
Invité

Ce sont des formes de taxes, oui.

7:18
Roland Lescure

Qui sont des formes de taxes. Mais je dirais, ça, c'est directement l'État qui le prend. Si vous les baisser, c'est une baisse de la facture. Le problème qu'on a, et comme sur toutes les mesures qui sont bonnes à regarder, c'est comment on finance. Moi, devant chaque plus, je veux un moins. Et donc, il faut qu'on trouve les manières de financer de potentielles baisses de taxes de manière à potentiellement baisser les factures d'énergie. Moi, je le dis depuis le début, je suis un peu le garant du cadre. On a parlé d'un déficit inférieur à 5%. Je ne fais pas ça pour me faire plaisir. Je fais ça parce que si on n'est pas en dessous de 5%, on ne sera pas en dessous de 3% en 2029.

On n'arrivera pas à financer nos priorités stratégiques. Il faut qu'on arrête d'augmenter la dette publique française. Et donc, vous n'excliez pas

7:57
Invité

de baisser les taxes

7:58
Roland Lescure

sur l'électricité ? Moi, d'abord, quand le Premier ministre me demande de regarder quelque chose, en général, je le fais. Et puis, évidemment, il y a des amendements aujourd'hui parlementaires. Vous savez que la discussion parlementaire est plus importante que jamais. Évidemment, on les analyse.

8:10
Présentateur

Alors, il y a une autre question au sujet du portefeuille des Français, c'est la taxe foncière. Elle doit augmenter pour plus de 7 millions de logements. Votre collègue ministre, Vincent Jean Brun, hier, a dit que le gouvernement souhaitait suspendre cette augmentation. Est-ce que vous pouvez nous dire ce matin qu'il n'y aura pas d'augmentation de la taxe foncière en 2026 ?

8:29
Roland Lescure

Bon, d'abord, il y a beaucoup de bêtises qui ont été dites sur cette mesure qui est avant tout une mesure technique. On actualise les bases, on le fait tous les ans. Ce qui aboutit

8:37
Invité

à ce qu'elle augmente pour 7 millions de gens.

8:38
Roland Lescure

Ce qui aboutit à ce qu'elle baisse pour certains et l'augmente pour d'autres. Et je le répète, j'espère que tout le monde en est conscient, la taxe foncière, elle ne vient pas dans ma poche. Elle est dans la poche des collectivités locales. Et donc, pour voir la manière dont on fait évoluer cette mesure, on consulte les collectivités locales. Elles viennent aujourd'hui à Bercy. Elles vont nous dire si stop ou encore elles veulent ou elles ne veulent pas et on en tirera les conséquences. Mais aujourd'hui, ce n'est pas l'État qui cherche à faire les poches des Français. Il adapte techniquement, comme tous les ans, une mesure qui va dans les poches, si je puis dire, des collectivités locales.

Si elles n'en veulent pas, clairement... Donc, suspension ? On va écouter les collectivités locales. Moi, je ne décide pas à leur place. Donc, si elles souhaitent la suspendre, je pense qu'on les écoutera, oui.

9:18
Invité

Encore un mot rapidement, Roland Lescure, avant de retrouver Frédéric Ostandard, sur cette proposition des socialistes au Sénat qui veulent instaurer un emprunt obligatoire. C'est une révélation de nos confrères des Echos pour les 20 000 foyers les plus riches, ce qui permettrait à l'État de lever 5 à 6 milliards d'euros. Est-ce que ça, c'est une bonne idée, un emprunt forcé pour les plus aisés ? Ah, je vous vois lever les sourcils en studio. Non, mais je lève les sourcils,

9:39
Roland Lescure

pourquoi ? Parce que, si vous voulez, le ministre des Finances, quand il se lève le matin, il y a quand même pas mal de problèmes à régler. Heureusement, il y en a un qui ne lui pose pas de problème, c'est le financement de la dette. Je peux vous annoncer qu'on a complété cette semaine le financement de nos dettes publiques pour l'année 2025, plus de 300 milliards d'euros qui sont passés sur les marchés. Aujourd'hui, les gens continuent à prêter à la France et c'est tant mieux.

10:01
Invité

Donc, pas besoin d'un emprunt forcé.

10:02
Roland Lescure

Donc, a priori, pas besoin d'un emprunt qui plus est forcé. Que les socialistes soient nostalgiques des années Mitterrand, je le comprends, la dernière fois qu'on a fait ça, c'était le gouvernement Moroix en 1983. Qu'on puisse examiner toutes les formes, allez, je dirais, créatives, innovantes de financement de la dette de l'État. Pourquoi pas ? Mais attention, aujourd'hui, je n'ai pas de problème de financement. Je ne compte pas en avoir l'année prochaine non plus.

10:26
Présentateur

Un prêt à tout zéro, ça ne vous intéresse pas ?

10:27
Roland Lescure

Surtout, s'il est forcé, je pense que ça ne donnerait pas forcément un message très positif. Donc, pas d'emprunt forcé dans la position du ministre de l'Économie et de la financement. Effectivement, pas d'emprunt forcé.

10:36
Présentateur

Alors, Roland Lescure, on en vient à Chine, la plateforme au tribunal à 11h ce matin a signé... Ah bah oui, on devait prendre un éditeur. Ah bah écoutez, on va le prendre et puis on parle de Chine après. Alors, on a Frédéric. Bonjour Frédéric, bienvenue. J'ai failli vous oublier, pardonnez-moi.

10:53
Locuteur non identifié

Il n'y a pas de mal. Bonjour en termes. Roland Lescure, bonjour. Bonjour. Ne pensez-vous pas qu'en renonçant à ses responsabilités, je pense à l'abandon du 49.3 et en ayant renoncé à organiser lui-même des compromis en amont sur un programme, ne pensez-vous pas que le gouvernement en fin de compte cherche à faire retomber sur les parlementaires la responsabilité d'un échec annoncé sur le vote du budget en fin de compte à la responsabilité de la crise économique que nous vivons et qui incombe bien entendu à votre camp et à la gestion, à votre gestion depuis au moins sept ans.

11:31
Roland Lescure

Non mais d'abord merci pour votre question parce qu'elle est assez pertinente. On a changé de méthode. On est dans une... Non, non mais c'est vrai parce que ça peut surprendre. Pendant deux ans, on déresponsabilisait les parlementaires. On en disait votez ce que vous voulez de toute façon c'est nous qui choisissons on va vous faire un 49-3 et puis stop ou encore vous décidez si vous maintenez le gouvernement ou pas. Là, on a inversé la responsabilité et donc vous avez raison on partage la responsabilité d'un budget avec les parlementaires. C'est la moindre des choses dans une démocratie parlementaire.

S'ils ne souhaitent pas faire de compromis le Premier ministre a été très clair ce sera tant pis pour eux et tant pis pour nous.

12:04
Invité

Ce que dit aussi Frédéric c'est est-ce que ce n'était pas une erreur de se priver du 49-3 ? Est-ce que l'idée de se dire un 49-3 on se met d'accord avec les socialistes un compromis ce n'est pas une meilleure idée pour assumer d'avoir un budget ?

12:13
Roland Lescure

Alors, on nous l'a reproché suffisamment pendant deux ans et demi Madame 49-3 la pauvre Elisabeth Borne qui a quand même gouverné la France pendant deux ans du mieux possible l'année dernière le 49-3 sur le budget c'était une demande des socialistes. Nous, on souhaite continuer à débattre un budget 149-3 on y fait gré et on dit ok, banco, on y va. Ça complique le débat c'est vrai mais je pense que ça le rend plus légitime plus juste plus responsable.

12:40
Invité

Pas de 49-3 Roland Lescure parlons de la plateforme Chine au tribunal à 11h ce matin puisque vous avez assigné cette plateforme après l'affaire des poupées pédoponographiques et des armes vendues qui étaient en vente sur son site vous demandez une suspension de 3 mois avant une réouverture éventuelle sous condition à quoi ça sert cette assignation ? Est-ce que vous attendez vraiment de la justice qu'elles suspendent la plateforme pendant 3 mois ?

13:03
Roland Lescure

Ça sert, j'allais dire au minimum à marquer le coup ils ont dépassé les bornes vous l'avez dit on a vendu n'importe quoi sur une plateforme des poupées pédoponographiques des armes interdites ils ont dépassé les bornes et en plus ils nous ont montré qu'ils étaient incapables de contrôler ce qu'on appelle

13:16
Invité

leur place de marque sauf qu'ils ont retiré ce qu'on appelle la marketplace c'est-à-dire précisément ces objets non vestimentaires qui posaient plus de problèmes

13:24
Roland Lescure

ils ont reconnu qu'ils étaient incapables de contrôler ce qu'ils vendaient sur leur marché vous imaginez un marché à Paris ou à Bourgogne-Jayeux où le vendeur vous dirait écoutez, excusez-moi je vous vends des trucs interdits mais je ne savais pas on me les a mis dans mon camion donc il faut quand même fermer la plateforme en tout cas c'est ce que nous on demande effectivement

13:41
Présentateur

Mais ça sert à quoi de suspendre 3 mois ? Pourquoi faire ?

13:45
Roland Lescure

3 mois le temps qu'ils montrent qu'ils sont capables de contrôler ce qu'ils vendent sur cette plateforme aujourd'hui bon on fait faute tout bois j'ai parlé d'attaques sur les petits colis j'ai parlé du changement du règlement européen mais la moindre des choses c'est que quand on vend des choses interdites on prenne le temps de s'assurer que ce ne sera plus le cas

14:01
Présentateur

Alors c'est Chine mais pas seulement puisqu'on nous informe ce matin que l'Etat porte plainte contre AliExpress et Joom deux autres plateformes pour le même motif la vente de poupées pédopornographiques

14:12
Roland Lescure

Mais bien sûr ce qu'on a décidé de faire au fond j'allais dire c'est presque idiot à le dire mais il faut le dire quand même c'est d'appliquer la loi quand vous vendez des choses interdites on demande votre suspension c'est le juge qui décidera au juge de décider mais le rôle du gouvernement c'est quand même d'appliquer la loi on l'applique en France on l'applique en Europe également on a saisi la commission européenne on change la taxation de ce qu'on appelle les petits colis pour éviter qu'il y ait des avantages induits bref on fait feu de tout bois pour que ces plateformes se comportent

14:40
Invité

comme les autres commerciaux juste sur Chine Michel-Éloire Leclerc dit c'est le bal des aveugles il dénonce une forme d'hypocrisie pour ceux qui nous écoutent et qui peut-être pensaient faire leurs achats de Noël sur le site Chine là vous leur dites si jamais la justice décide de vous suivre ça ne sera pas possible et là je ne parle évidemment pas des produits comme les poupées pédopornographiques ou comme les arbres je parle du textile

14:59
Roland Lescure

ou pour ailleurs ce n'est pas terrible non mais j'entends l'argument pouvoir d'achat donc ces plateformes permettent d'avoir accès à des produits pas chers et j'allais dire commerce moderne ça ne peut pas se faire à n'importe quel prix je pense que vos auditeurs comprennent que si le prix à payer pour acheter des t-shirts à 1 euro pour Noël c'est qu'on se retrouve dans le far west où on vend tout et n'importe quoi à des ados à des jeunes adultes parce que ceux qui vont sur Chine c'est plutôt des jeunes mais non non mais beaucoup oui mais alors

15:31
Présentateur

2 euros sur les petits colis pardon mais c'est pas hyper déçu

15:34
Roland Lescure

alors on a d'abord mis ça en place au niveau français si on avait mis plus tout seul les petits colis seraient rentrés par ailleurs mais surtout moi j'ai obtenu qu'au niveau européen on accélère dès 2026 une réglementation qu'on avait prévue en 2028 qui était d'arrêter la franchise douanière donc de pouvoir mettre une taxe plus importante en Europe alors on agit en français on agit en européen

15:56
Présentateur

Roland Lescur il y a un autre sujet de souveraineté en ce moment sur lequel vous êtes focalisé puisque le géant de l'e-commerce chinois JD.com pourrait devenir le deuxième actionnaire du groupe Fnac Darty qui est le premier vendeur de livres en France face aux risques stratégiques notamment concernant les données clients du groupe vous avez activé à Bercy ce qu'on appelle la procédure de contrôle des investissements étrangers en France le groupe chinois a dû déposer une demande d'autorisation préalable est-ce que vous allez lui accorder cette entrée au capital de Fnac Darty est-ce que la souveraineté française est en danger dans cette affaire ?

16:35
Roland Lescure

En tout cas Fnac ce n'est pas un commerçant comme un autre vous l'avez dit c'est des biens culturels et on est très sensibles en France peut-être plus qu'ailleurs à cette exception culturelle et donc moi j'ai échangé avec le groupe JD qui intervient de manière indirecte dans Fnac ils ont acheté une entreprise en Allemagne qui elle-même est actionnaire de Fnac un pour les sensibiliser au caractère culturel du commerce en question et deux pour poser des conditions ils les ont acceptées ces conditions elles sont très simples ils vont rester un actionnaire à 20 et quelques pourcents dormant aucun droit de gouvernance aucun impact sur la gestion de l'entreprise en fait Fnac.com demain ce sera la même chose que Fnac.com hier on passe d'un actionnaire allemand à un actionnaire chinois qui n'aura aucun impact ni sur la gestion de la gouvernance et ils l'ont bien compris en fait autant il y a des plateformes avec lesquelles on a des débats parfois un peu conflictuels là je reconnais qu'on est capable d'attirer des investisseurs qui comprennent ce que c'est que la France

17:30
Invité

et qui jouent le jeu

17:32
Roland Lescure

et donc s'ils jouent le jeu évidemment la France serait ouverte à ceux qui jouent le jeu on n'est pas un pays qui est en train de se refermer c'est pas à n'importe quel prix on a nos conditions quand on les respecte on garde la porte ouverte et j'allais dire c'est tant mieux

17:44
Invité

Roland Lescure demain sera examinée à l'Assemblée nationale la niche parlementaire de la France insoumise c'est-à-dire une succession de textes à leur initiative il y aura notamment une proposition de loi pour nationaliser ArcelorMittal en France Arcelor qui produit deux tiers de l'acier français cette nationalisation ça coûterait à peu près 3 milliards d'euros est-ce que c'est une solution pour sauver l'acier français quand on voit que l'entreprise ArcelorMittal c'est ces dernières années progressivement désengagée d'un certain nombre de sites industriels

18:09
Roland Lescure

non mais ces 3 milliards d'euros c'est surtout un énorme écran de fumée pour garder une aciérie en France et en Europe d'abord un il faut se protéger contre les invasions de produits en l'occurrence venant de Chine qui sont du véritable dumping nous on a obtenu que la commission lance une enquête et augmente les tarifs douaniers sur l'acier ça c'est bien 2 il faut que l'acier se décarbone c'est 2 milliards d'investissement qui va payer ça ?

c'est encore l'état français donc on va faire un chèque de 3 milliards qui ne changera rien à la compétitivité de l'acier européen on va remettre 2 milliards pour décarboner tout ça sans changer quoi que ce soit à ce qui se passe aujourd'hui et au défi majeur de l'acier

18:50
Invité

c'est un écran de fumée pardon Roland Lescure mais quand on regarde d'autres exemples européens vous avez en Grande-Bretagne des hauts fourneaux qui ont été mis sous tutelle par l'état il s'est passé la même chose en Italie il y a un an en Italie c'est pas exactement un gouvernement communiste puisque c'est le gouvernement de Georgia Meloni qui a décidé de mettre sous tutelle le site de Tarente qui est d'ailleurs aussi la propriété d'ArcelorMittal quand vous avez des exemples comme ça autour de vous il n'y a qu'en France que ce n'est pas possible de prendre le contrôle d'acierie

19:14
Roland Lescure

pour protéger l'acier français je vous rappelle quand même que c'est le gouvernement Edouard Philippe qui avait nationalisé les chantiers de l'Atlantique non aujourd'hui le problème c'est pas un problème de capital c'est un problème de compétitivité et c'est pas parce que l'état va faire un chèque de 3 milliards qui en passant faudra financer quelque part qu'on va changer la compétitivité aujourd'hui on a un acieriste global qui reste investi en France qui souhaite décarboner ses fours qu'on accompagne dans cet effort j'allais dire c'est très bien continuons moi je préfère effectivement des acieries compétitives à l'international plutôt que des acieries nationalisées qu'on va éteindre petit à petit parce qu'on n'aura pas les moyens d'investir dans leur avenir c'est un vrai en fait c'est un vrai schisme de fond avec la France insoumise on n'est pas d'accord sur la manière de gérer l'économie et ça je l'assume totalement

20:01
Présentateur

puisqu'on parle industrie on a une question de Pierrick à Lyon bonjour Pierrick bienvenue vous avez une question à poser sur une des grandes filières de l'industrie française

20:10
Auditeur

oui bonjour la grande matinale et bonjour monsieur Roland bonjour donc voilà je voulais vous interroger sur l'avenir de la filière hydrogène automobile donc en juillet Stellantis a annoncé l'arrêt brutal de ses projets hydrogène donc descend dans une grande incertitude l'entreprise Saint-Dieu qui fabrique des piles à hydrogène à Lyon donc qui a construit une gigafactory pour subvenir aux commandes de ce grand constructeur automobile et donc suite à l'arrêt de ce programme cette nouvelle laisse dans une grande incertitude les 530 employés de l'entreprise et je voulais vous interroger sur la position de l'état français et qu'est-ce que vous comptez faire pour assurer la souveraineté industrielle de la France et de la filière hydrogène dans un contexte que je vous rappelais qui est assez compliqué pour l'automobile

21:05
Présentateur

Merci Pierrick

21:06
Roland Lescure

Alors merci Pierrick D'abord un sur Symbion on travaille avec les actionnaires pour s'assurer qu'on assure la pérennité du site on y reviendra j'espère très bientôt mais plus généralement sur l'hydrogène vous avez raison il y avait un peu un mirage qui semble s'estomper et donc il faut se focaliser sur ce qui marche dans l'hydrogène ce qui marche dans l'hydrogène c'est ce qu'on appelle la mobilité lourde les camions les trains c'est l'industrie on parlait d'ArcelorMittal tout à l'heure on a les moyens de remplacer le charbon qui permet de faire par de l'acier par de l'hydrogène

21:35
Présentateur

mais donc pas la voiture

21:35
Roland Lescure

il faut investir la voiture à hydrogène si vous voulez déjà moi je veux qu'on continue à soutenir la voiture électrique et je peux vous l'annoncer on prolonge le bonus automobile l'année prochaine il sera même augmenté si vous achetez un véhicule électrique fait en France fait en Europe vous avez jusqu'à 5700 euros de primes ça il faut continuer à le faire donc ça c'est une annonce

21:53
Invité

ce matin c'est une annonce

21:54
Roland Lescure

ce matin le bonus électrique il est maintenu en 2026 il est même augmenté jusqu'à 5700 euros donc un peu plus de 1000 euros par véhicule ça dépend de votre revenu donc je ne vais pas rentrer dans le détail des paramètres mais aujourd'hui le véhicule électrique le plus vendu en France c'est une Renault 5 faite à Douai soyons-en fiers et continuons à accompagner ce qu'on appelle l'électrification des usages de manière à ce que on continue à investir dans l'électricité décarbonée pas chère et faite en France

22:21
Invité

Roland Escur juste avant de vous poser une question sur le service militaire puisque nos auditeurs connaissent bien Mao Zedong et autres ils nous font remarquer et ils ont raison que quand il y a une volonté il y a un chemin ce n'est pas Mao Zedong mais c'est alors Olivier nous dit Lénine et Hubert nous dit qu'en fait c'est une situation qui est attribuée à tort à Lénine mais qu'en fait on la doit à William Hazlitt voilà when there's a will there's a way je l'apprends il y a un chemin une question sur le service militaire puisque Emmanuel Macron demain devrait annoncer un service militaire volontaire avec un dispositif qui devrait monter en puissance 10 000 personnes d'abord 50 000 par an combien ça va coûter ?

22:56
Roland Lescure

ça dépend du chemin que vous mentionnez donc là il y aura un chemin et une volonté mais moi j'ai fait le service militaire en 1987 ça ne me rajeunit pas on est dans un exercice totalement différent là on souhaite que les gens qui sont dans la société civile qui ont pour certains d'entre eux des compétences réelles en technologie en intelligence artificielle ou peut-être en mécanique puissent contribuer au développement de notre armée puissent s'impliquer de manière temporaire et volontaire c'est important dans le développement de notre armée pour à la fois qu'on fasse nation et qu'on soit en lien avec notre armée et puis qu'on continue à développer je dirais une armée compétitive forte et capable de faire face aux défis d'aujourd'hui ils sont énormes

23:37
Invité

les coûts estimés ça pourrait être jusqu'à 2 milliards d'euros par an on parlait il y a quelques instants de la possibilité de nationaliser ArcelorMittal c'est à dire 3 milliards d'euros est-ce qu'on a les moyens de dépenser jusqu'à 2 milliards d'euros par an pour mettre en place un service militaire volontaire ?

23:48
Roland Lescure

en tout cas ce dont je suis convaincu c'est qu'il faut qu'on choisisse c'est la défense nationale on est face à un monde géopolitique complètement bouleversé on a un vrai risque aux portes de l'Europe avec la Russie qui a envahi l'Ukraine il faut qu'on soit fort c'est aussi un sujet économique c'est aussi un projet de développement de notre industrie de défense mais c'est avant tout un enjeu de souveraineté et de protection on est là c'est le rôle majeur de l'Etat pour protéger nos concitoyens

24:16
Présentateur

Merci Merci à vous Roland Lescure ministre de l'économie et des finances je trouverai une citation Votre père était journaliste à l'humanité

24:23
Roland Lescure

C'est vrai Le pauvre s'il savait je ne pense pas qu'il serait très fier de son fils Merci

24:29
Présentateur

Merci monsieur le ministre Merci à vous Merci à vous

Roland Lescure va étudier "de potentielles baisses de taxes" pour faire baisser le prix de l'énergie — Roland Lescure · Pourquijevote