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Discours / meetingBastien Lachaud· 21 février 2019 11 minAutoproduitFond programmatiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

Avec le RIC c'est le peuple qui décide ! - Bastien Lachaud défend le RIC à l'assemblée

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 15 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:07Invité politiqueFait
    « Le souverain, c'est le peuple. Et le souverain n'a pas à demander d'autorisation à qui que ce soit ! »
  • 2:51Invité politiqueFait
    « Le RIC, c'est la fin de la résignation face aux combines électorale. »
  • 3:34Invité politiqueFait
    « Une nouvelle fois dans notre histoire, c'est la peur du peuple qui vous guide. »
  • 4:16Invité politiqueFait
    « On disait que les pauvres, n'étant pas propriétaires, n'étaient pas responsable, et ne défendraient pas le bien public. »
  • 4:59Invité politiqueFait
    « Des arguments dignes de ceux des opposant·e·s actuels du RIC ont été avancés sur les femmes : influencées, est inaptes à prendre des décisions. »
  • 5:31Invité politiqueChiffre
    « Lequel parmi eux a rétabli la peine de mort suite à un RIC ? Aucun. »
  • 6:15Invité politiqueFait
    « Vous voulez bien du peuple pour vous élire, et ensuite vous en débarrasser le plus vite possible. »
  • 6:56Invité politiqueFait
    « Vous avez inscrit l'état d'urgence dans le droit ordinaire. Vous jetez les enfants en centre de rétention ! »
  • 8:18Invité politiqueFait
    « Le RIC permet l'intervention du collectif dans les institutions, et le peuple tranche au final. »
  • 9:02Invité politiqueFait
    « Le pouvoir est toujours concentré entre les mains d'un seul homme, la majorité parlementaire est aux ordres. »

Temps de parole

  • Bastien Lachaud100 %

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:03
Bastien Lachaud

Monsieur le Président, Madame la Ministre, mes chers collègues. Depuis trois mois maintenant, des femmes et des hommes se rassemblent sur des ronds-points ou sur des places publiques, pour revendiquer ce qui leur a été confisqué pendant trop longtemps : une voix et une dignité. Ils ne sont pas là par plaisir ou par provocation. Ils sont là parce qu'ils n'ont pas d'autres choix, parce que c'est la seule façon pour eux de se faire entendre. Que veulent-t-ils ? La fin des inégalités qui gangrènent notre société. La politique fiscale et sociale de ce gouvernement les a aggravées. De sociale, leur revendication est rapidement devenue démocratique.

Ils veulent la possibilité pour les citoyennes et les citoyens de décider eux mêmes des règles qui nous gouvernent. La majorité des français se reconnaît dans cette exigence. Que l'on porte ou non un gilet jaune le constat est partout le même : nos institutions sont verrouillées, et notre société profondément inégalitaire. Comment accepter que même en travaillant, on puisse se retrouver à la rue ? Comment accepter que les jeunes comme les retraité·e·s n'aient aucune place dans notre société ? Comment accepter que rien ne soit fait contre le dérèglement climatique ?

Et il faudrait que, dans ces conditions, les citoyen·ne·s se contentent de voter une fois tous les cinq ans, puis rentrer chez eux ? Quel·le élu·e, local ou nationa, ne constate pas que le lien avec les citoyen·ne·s s'est érodé ? Qu'avec bon nombre il est même complètement rompu ? Faute d'alternative politique, et à cause de promesses non tenues, l'abstention lors des élections s'accompagne désormais d'un rejet profond de l'ensemble du personnel politique. Plus grave encore, ce rejet est manifesté principalement par les jeunes. La crise de la représentation est aiguë.

Désormais, ce ne sont plus les représentant·e·s qui sont accusé·e·s de mal représenter, mais l'idée même de représentation qui est mise à mal. Les gens n'ont plus confiance ! Ils considèrent que tous les programmes politiques ne sont que de vaines promesses. Entendez ce que vous disent les citoyennes et les citoyens rassemblé·e·s. Leur volonté est claire, et nul besoin de fumeux grand débat pour l'apprécier. Ils veulent retrouver le goût du bonheur et le pouvoir de gouverner leurs propres vies. C'est un vaste mouvementent de dignité humaine qui a lieu en ce moment dans le pays. Vous avez tort de le traiter avec mépris et suffisance comme vous le faites. Car le souverain, c'est le peuple.

Et le souverain n'a pas à demander d'autorisation à qui que ce soit ! Nul n'autorise de souverain, car c'est lui qui décide. Si le peuple le veut, alors il faut le faire. Aussi, il est parfaitement logique que le peuple veuille instaurer des mécanismes pour prendre l'initiative. Décider de la loi est, par excellence, l'exercice de la souveraineté. Le RIC, c'est la fin de la résignation face aux combines électorale. Le RIC, c'est la souveraineté retrouvée. Le RIC, c'est le peuple qui prend en main son propre destin. Notre République est pourrie par des institutions qui ont progressivement dépouillé le peuple des moyens d'exercice de sa souveraineté.

Le mouvement des gilet jaunes aura réussi à imposer le débat : non seulement sur la condition sociale mais aussi sur l'urgence de la question démocratique. Seuls les riches et leurs allié·e·s peuvent se satisfaire d'un tel système, qui prive le peuple de ses droits. Que le peuple participe directement à la vie politique par le biais du référendum d'initiative citoyenne, que celui ci soit législatif, abrogatoire, révocatoire, ou constituant est juste et légitime. Vous avez grand tort de mépriser la voix du peuple. Une nouvelle fois dans notre histoire, c'est la peur du peuple qui vous guide.

Celle qui a déjà, à de nombreuses occasions, cherché à exclure une partie du peuple des instances politiques. Déjà, Maximilien Robespierre a dû lutter pour que les juifs et les comédiens aient le droit de vote. Ensuite, ce sont les pauvres qu'on a cherché à exclure, avec le suffrage censitaire. On disait que les pauvres... [Président de séance] Mes chers collègues, nous sommes au début de la journée. Vous pourriez écouter tranquillement et sereinement l'orateur qui vient s'exprimer pour présenter la proposition de loi. Monsieur Lachaud - et seul Monsieur Lachaud- , vous avez la parole.

Bastien Lachaud : Merci monsieur le président, quelle agitation dès que l'on parle du peuple dans cette assemblée. Ensuite disais-je, ce sont les pauvres qu'on a cherché à exclure avec le suffrage censitaire. On disait que les pauvres, n'étant pas propriétaires, n'étaient pas responsable, et ne défendraient pas le bien public. Ensuite ce sont les femmes qu'on a voulu continuer d'exclure du vote. La République a établi le suffrage universel masculin, mais il a fallu attendre 1945 pour que les femmes puissent enfin voter. Des arguments dignes de ceux des opposant·e·s actuels du RIC ont été avancés sur les femmes : influencées, est inaptes à prendre des décisions.

Encore les mêmes préjugés, toujours les mêmes préjugés contre le peuple. N'importe quoi pour justifier l'exclusion du peuple, ou d'une de ces parties. On nous a affirmé en commission que le peuple aurait refusé plusieurs fois le droit de vote aux femmes. Quelle mauvaise foi ! Qui a refusé le droit de vote des femmes au début du 20e siècle ? Le sénat ! Voilà les hordes réactionnaires dangereuses pour les droits nouveaux. Les sénateurs, pas le peuple ! Toutes les catastrophes annoncées avec le RIC ne se vérifient nulle part dans les pays qui le pratiquent, nulle part ! C'est par référendum que les irlandaises ont enfin obtenu le droit à l'IVG.

Le RIC est pratiqué dans une quarantaine de pays, dans sous des formes diverses. Lequel parmi eux a rétabli la peine de mort suite à un RIC ? Aucun. Pensez-vous que les peuples italiens, suisses, japonais, allemand, portugais et tant d'autres encore soient injustes, impulsifs, ou obscurantistes ? Le diriez-vous donc de notre peuple ? Vos faibles arguments ne sont que des prétextes nourris par la peur profonde du peuple et la volonté de l'écarter de la politique.

Le peuple est selon vous suffisamment responsable pour élire un Président de la République - un monarque républicain qui a tous les pouvoirs - mais le peuple ne pourrait pas trancher des questions par référendum parce qu'il serait trop impulsif ? Incohérence totale. Vous voulez bien du peuple pour vous élire, et ensuite vous en débarrasser le plus vite possible. C'est l'absence des citoyen·ne·s des grandes décisions publiques, qui justement fragilise notre République. Pas sa trop grande présence.

Vous qui vous fait les chantres opportunistes de la défense des droits fondamentaux, que disiez-vous lorsqu'en juillet dernier, nous voulions les inscrire dans la Constitution pour les protéger d'une assemblée réactionnaire ? "Pas maintenant, pas comme ça, pas ces droits". Qui a voté les lois sécuritaires attentatoire aux libertés publiques ? Vous ici même, il y a une semaine. Vous avez un temps inventé qu'il était urgent d'attenter au droit constitutionnel de manifester. Vous avez inscrit l'état d'urgence dans le droit ordinaire. Vous jetez les enfants en centre de *rétention* ! Vous avez démantelé le droit social.

Vous avez décidé de saboter l’Éducation Nationale et le service public du rail ! Et j'en passe ! Voilà les réactionnaires! Ils sont ici dans cette assemblée et refusent le contrôle du peuple. C'est tout l'objet de cette proposition de loi, que la France insoumise a déposée et voulu inscrire à l'ordre du jour. Nul opportunisme là dedans. Ce débat est opportun parce qu'il est sur toutes les lèvres. Nous soutenons ces mesures de longue date. Nous considérons en effet, que nous ne pourrons résoudre les grands défis auxquels nous devons faire face qu'ils soient démocratiques, sociaux, économiques ou environnementaux sans passer par une nouvelle Constitution, écrite par le peuple.

Le régime, déjà gravement déséquilibré en 1958, a considérablement dérivés au fil des réformes vers une monarchie présidentielle. Le quinquennat crée de petits roitelets, l'inversion du calendrier des législatives réduit le Parlement à l'état de chambre d'enregistrement docile. Vous essayez de nous renvoyer au référendum plébiscitaire et à notre propre critique de la Ve République. Renversement rhétorique vaseux. Le référendum n'est plébiscitaire que s'il émane de l'exécutif ! et sert en fait à justifier le pouvoir présidentiel. C'est l'usage césariste de Bonaparte, de Napoléon III du Général de Gaulle, qui a fait du référendum un instrument de légitimation de leur personne.

Mais le RIC est tout le contraire. Le RIC permet l'intervention du collectif dans les institutions, et le peuple tranche au final. Certains essayent d'inventer des verrous à l'intervention populaire. Pourquoi mettre un quorum pour les référendum d'initiative citoyenne ? Et pas pour les autres référendum ? Je vous rappelle que le quinquennat a été adopté avec 70% d'abstention, mais personne n'a parlé de quorum à ce moment là. Le renouvellement de la confiance dans la vie politique, que la majorité pensait pouvoir décréter en début de législature, s'est heurté au mur de la réalité.

Car rien n'a changé : le pouvoir est toujours concentré entre les mains d'un seul homme, la majorité parlementaire est aux ordres, les propositions de l'opposition sont à peine discutées pour être systématiquement rejetées. Voyez cette journée, des motions de rejet ou de renvoi déposées sur presque tous les textes. Belle preuve d'ouverture ! Alors vous allez chercher à enterrer notre proposition de loi, sous prétexte de grand débat. Vous présentez une motion de renvoi en commission. Ridicule ! Vous n'avez pas présenté le moindre amendement en commission, ni témoigné de la moindre volonté de travailler quoi que ce soit. Pur autoritarisme !

Les français·es ne veulent pas se prononcer par un référendum à la main du seul président de la République, qu'il décide seul sur des thèmes sur lequel le peuple voterait. Le RIC concurrencerait le parlement ? Mais où est le Parlement dans ce grand débat décidé par le président ? Quelle est sa place dans le référendum d'initiative présidentielle ? Aucune. Tout comme le rôle du Parlement dans votre révision constitutionnelle, avortée grâce à l'affaire Benalla, était de se taire face à l'exécutif, sans donner aucune place aux citoyen·ne·s. Vous n'êtes que des hypocrites ! Les citoyen·ne·s vous regardent, l'intérêt pour ce sujet est immense.

Donc je le dis solennellement, nous voici aujourd'hui à la croisée des chemins. Ou bien vous choisissez la solution démocratique, et reconnaissez que le peuple est maitre en toutes choses. Ou bien vous optez pour le bonapartisme, et l'autoritarisme d'après lequel le peuple a besoin d'un guide et d'un maitre. Vous avez la possibilité de poser un acte fondateur, et de faire entrer la démocratie dans une ère nouvelle.