Yannick Jadot sur l'allocution d'Emmanuel Macron : "Il faut que ce soit une bonne surprise"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Le Président doit parler ce soir aux Français. Le plus grand secret entoure les mesures qu'il doit annoncer pour ménager un effet de surprise. D'après vous, ce sera une bonne ou une mauvaise surprise ?
Il faut que ce soit une bonne surprise. On a besoin de réconcilier les Français, on a besoin de les emmener sur un grand projet partagé qui nous sorte de la haine, qui nous sorte de la violence, qui nous sorte du repli. Et pour nous, évidemment, ce grand projet partagé qui va remobiliser tout le monde, c'est autour de l'écologie, autour de la transition énergétique, l'isolation de nos logements, c'est lutter contre la vie chère, c'est créer des métiers d'artisans qualifiés sur tous nos territoires, c'est évidemment les énergies renouvelables, c'est la transition de l'agriculture pour qu'on ait à la fois la protection de l'environnement, de notre santé, une bonne alimentation.
Voilà ce qui peut réunir la société.
Alors la seule information qui transpire, c'est qu'Emmanuel Macron veut des mesures à effet rapide, visibles et concrètes, privilégier le court terme, n'est-ce pas tout le contraire de la démarche écologique ?
La démarche écologique, c'est se projeter sur le long terme, c'est se réconcilier avec notre futur en protégeant la nature, mais c'est évidemment agir dès maintenant. La catastrophe, elle a déjà commencé, elle va s'amplifier. En revanche, si on agit immédiatement, on gagne. Et on gagne du point de vue économique, on gagne du point de vue de la justice sociale. Avec un beau projet, on peut éviter qu'il y ait un seul salarié au bord de la route. Au contraire, créer de l'emploi, y compris pour notre jeunesse.
Yannick Jadot, la leçon de la crise des Gilets jaunes, c'est que la fin du mois a désormais priorité sur la fin du monde.
C'est le même combat. Quand je dis on isole nos logements, c'est à la fois économiser des centaines d'euros de chauffage, c'est créer de l'emploi sur tous ces territoires qui sont abandonnés.
Vous dites que c'est le même combat, mais par exemple, selon la restitution du Grand Débat, 58% des Français sont hostiles aux taxes écologiques pour modifier les comportements.
Ça veut dire que c'est une mauvaise idée ? L'écologie, ce n'est pas seulement des taxes. Ce qu'on dit aussi les Gilets jaunes... Il n'y a pas besoin de taxes. Ce qu'on dit aussi les Gilets jaunes, c'est que chaque euro collecté doit être redistribué pour accompagner les Français dans la transition qu'ils savent indispensable et pour investir. Mais quand nous nous battons pour qu'on investisse sur les énergies renouvelables, ce sont des emplois partout. C'est de l'investissement. Quand nous nous battons pour que les normes européennes sur le diesel soient correctement appliquées, c'est éviter des dizaines de milliers de morts prématurées.
C'est rendre possible à nos enfants de courir dans les cours de récré dans la journée.
Concernant les mesures sociales, les hypothétiques mesures sociales annoncées ce soir, il y a cette idée de fonds de garantie des pensions alimentaires.
C'est une excellente idée. C'est absolument scandaleux que des familles monoparentales, et particulièrement des femmes, soient en difficulté financière parce qu'elles ne touchent pas leurs pensions alimentaires. Ça marche très bien au Québec. Il faut faire la même chose.
Yannick Jadot