Adrien Quatennens peut-il rester député ? - Sandrine Rousseau - C à Vous - 19/09/2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:54OuverteRéponse directe
Est-ce que cette affaire affaiblit pas la parole et la crédibilité du parti et du groupe dont vous êtes membre ?
- 2:57OuverteRéponse directe
Votre solution, c'est de trouver une ligne directrice pour lutter contre ces violences en politique ?
- 3:27RelanceRéponse partielle
La solution serait de suivre ce qui se fait comme procédure en entreprise, par exemple ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18Invité politiqueChiffre
« 230 000 femmes qui sont aujourd'hui victimes de violences chez elles »
- 3:59Invité politiqueFait
« qu'elle puisse saisir la justice »
- 4:14Invité politiqueFait
« sur les questions de relations avec les femmes »
Temps de parole
- Sandrine Rousseau81 %
- Invité11 %
- Présentateur8 %
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Toutes ces prises de parole à l'Assemblée nationale ne seront plus légitimes.
Moi je pense qu'il ne peut pas être mis en valeur, mis en avant. C'est impossible aujourd'hui. Tant que l'instruction ne s'est pas terminée, c'est impossible. On ne peut pas faire ça. Parce que qu'est-ce qui va se passer si on fait ça ? Ça veut dire que les 230 000 femmes qui sont aujourd'hui victimes de violences chez elles, vont se dire que c'est eux qui sont les plus forts. Ça n'est pas possible. Moi je ne préjuge pas de ce qui va se passer à l'issue de l'instruction, même s'il a reconnu des faits. Donc ce qui n'est quand même pas si courant.
Mais on ne peut pas envoyer le moindre signal à ces femmes, qui sont ultra fragilisées, souvent très fragilisées aussi économiquement, parce qu'il y a des violences économiques derrière. Je ne m'engage pas du tout sur le cas d'Adrien Quatennens. Mais souvent dans les violences conjugales, il y a aussi des violences économiques. Donc en fait, le saut qu'elles ont à faire quand elles déposent plainte, c'est un saut dans l'inconnu complet. C'est un saut dans la précarité. Et c'est un saut dans la possibilité d'être menacée et être en situation précaire. Donc en fait, c'est une décision qui est extrêmement lourde à prendre.
Voilà, je dis juste que là, il faut penser à toutes ces femmes, au-delà de Céline Quatennens, il faut penser à toutes ces femmes. Et vraiment, on est dans un moment, à mon avis, un peu crucial dans la gestion de ces violences, puisque c'est la première fois quand même que des hommes politiques sont inquiétés au titre des gestes qu'ils auraient eus vis-à-vis de leurs conjointes. Je rappelle que Simian, dans la précédente mandature, qui avait un bracelet anti-rapprochement, il y a très peu de personnes qui ont un bracelet anti-rapprochement, on n'a jamais levé son immunité parlementaire.
J'espère qu'on évolue sur la chose et qu'on avancera vers un respect des femmes, parce qu'aujourd'hui, les hommes politiques sont questionnés là-dessus.
On le sait, la France Assoumise est en pointe sur le combat contre les violences conjugales. Est-ce que cette affaire qui suit celle qui concerne l'État à Bouhafs ou encore Éric Coquerel, ça affaiblit pas la parole, la crédibilité du parti et du groupe dont vous êtes l'un des membres à l'Assemblée nationale ?
Au moins, il y a des choses qui sortent et il y a des choses qui se disent, parce qu'il y a aujourd'hui des partis politiques dans lesquels on aimerait bien que les choses sortent et se disent. Par exemple, à droite, on en entend très peu, et pourtant il y a les mêmes violences, c'est obligatoire. Les violences faites aux femmes, c'est quelque chose qui transcende tous les partis politiques, qui transcende toute la société, toutes les catégories sociales, que ce soit dans les milieux ouvriers ou dans les milieux de cadre. La violence faite aux femmes est quelque chose qui transcende tout. Qui transcende tout.
Donc aujourd'hui, manifestement, c'est plus facile de sortir d'un côté que de l'autre. Moi, je salue encore une fois la parole de ces femmes, qui à chaque fois est courageuse, qui à chaque fois savent qu'elles vont se prendre des torrents dans la tête, que probablement ça va être difficile pour elles, ne serait-ce que de sortir de chez elles. Donc aujourd'hui, l'enjeu en France est de respecter ces femmes et de leur dire que la justice sera à leur côté, ce qui n'est pas le cas de toutes les femmes qui dénoncent des violences.
Il y a à peine deux mois, vous aviez publié dans Le Monde une tribune pour dénoncer justement les tâtonnements quand des accusations de violences sont révélées, et notamment en politique. On a encore été témoins de ces tâtonnements avec ce qui s'est passé pendant cinq jours. Votre solution, c'est de trouver une ligne directrice pour lutter contre ces violences en politique. La solution serait de suivre ce qui se fait comme procédure en entreprise, par exemple. A savoir quoi ? A savoir mener une enquête interne, d'abord, avant toute chose ?
Avant toute chose, avant quoi ? Si les personnes ne veulent pas déposer plainte, il faut les accompagner vers le dépôt de plainte. Moi, ce que je conseille, c'est de mettre en place des partenariats avec des associations pour qu'elles puissent accompagner les femmes vers le dépôt de plainte. Et vous voulez l'action d'une instance indépendante en politique, spécifiquement ? Oui, je pense qu'on est exactement dans la même situation qu'on était dans les années 80 avec les questions d'argent et de financement occulte ou d'enrichissement privé. Là, aujourd'hui, c'est sur les comportements vis-à-vis des femmes. Et on doit avoir une instance qui puisse saisir la justice.
L'instance ne se substitue pas à la justice, mais qu'elle puisse saisir la justice. Moi, j'ai fait mes déclarations à la Haute Autorité pour la transparence dans la vie publique. Et c'est au titre de cela qu'on va vérifier que je ne me suis pas enrichie, etc. Eh bien, il va falloir faire exactement la même chose sur les questions de relations avec les femmes. Parce que ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'à l'intérieur d'un parti politique, il y a trop d'entrelacement d'intérêts pour que l'enquête soit réellement considérée comme indépendante, objective et impartiale.
C'est pour cela que je pense qu'il y a besoin de la saisine, particulièrement quand il s'agit de députés ou de grands élus, qu'il y a besoin de la saisine d'une instance indépendante.
Sandrine Rousseau