Aller au contenu
Tous les transcripts
Discours / meetingMinistère de l'Europe et des Affaires étrangères· 20 janvier 2026 90 minAutoproduitFond programmatiqueEurope & internationalDéfenseInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Discours de Jean-Noël Barrot à l'académie des sciences morales et politiques

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 9:12Invité politiqueChiffre
    « En moins d'un demi-siècle, sa part dans la richesse mondiale passa de 2 % à 20 %. »
  • 10:41Invité politiqueChiffre
    « La Chine a dépassé l'année dernière le trilliard de dollars d'excédents commercial grâce à une politique industrielle très offensive. »
  • 12:09Invité politiqueFait
    « La Chine se met en situation de sécuriser son environnement régional, de dissuader toute intervention extérieure, mais aussi d'atteindre une forme de parité stratégique avec l'hyperpuissance du 20e siècle. »
  • 14:21Invité politiqueChiffre
    « Ce sont des droits de douane imposés dès 2018 par la première administration Trump sur des centaines de milliards de dollars de produits chinois et plus récemment un quasi blocus commercial décrété par l'annonce de droit de douane atteignant les 145 %. »
  • 32:29Invité politiqueChiffre
    « Les grandes entreprises du numérique réalisent un quart de leur chiffre d'affaires et sans doute la moitié de leur profit en Europe. »
  • 33:13Invité politiqueChiffre
    « Les pays de la zone euro détiennent 3000 milliards d'euros d'actifs de plus que les Américains n'en détiennent en Europe. »
  • 1:00:44Invité politiqueFait
    « Si les États-Unis demain interviennent militairement au Danemark, au Groenland, ce qui est une rupture évidente de l'OTAN, que faisons-nous ? »
  • 1:01:27Invité politiqueFait
    « Poutine veut l'Ukraine dans sa totalité. Il veut transformer l'Ukraine en Biélorussie. »
  • 1:04:22Invité politiqueChiffre
    « On parle d'un millier de soldats russes tués chaque jour sur le front. »
  • 1:05:06Invité politiqueFait
    « La Russie est une puissance dotée, ce qui lui permet en quelque sorte de décourager les soutiens les alliés de l'Ukraine. »
  • 1:05:51Invité politiqueFait
    « Aucun pays européen n'a aucune prétention territoriale sur quelque territoire que ce soit de la Fédération de Russie. »
  • 1:06:34Invité politiqueChiffre
    « Il n'est pas question qu'en 2035 lorsque nous aurons atteint les 3,5 % de notre richesse nationale consacrée à nos dépenses militaires de passer de 3 à 7 %. »
  • 1:16:03Invité politiqueFait
    « Les membres permanents renoncent à leur droits de vétocité de masse. »

Temps de parole

  • Jean-Noël Barrot100 %

≈ 0,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Jean-Noël Barrot

La séance est ouverte. J'appelle aux honneurs de la séance madame l'ambassadrice d'Italie, son excellence madame Emmanuela d'Alexandro. Madame, soyez la très bienvenue. Monsieur le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, cher Jean-Noël Barreau, merci dans votre emploi du temps surchargé de nous consacrer cet après-midi. C'est avec un immense intérêt que nous vous accueillons aujourd'hui à l'Académie des Sciences Morales et politiques en raison de la situation internationale bien sûr, mais tout autant parce que c'est vous. Permettez-moi de vous le dire avec la liberté de parole d'un retraité des postes, des postes diplomatiques.

Vous êtes unanimement apprécié, respecté, admiré, aussi bien à travers le monde qu'au sein de votre administration. Un mot de présentation. Vous n'êtes pas seulement le ministre de l'Europe et des affaires étrangères depuis septembre 2024. Vous êtes également le vice-président du mouvement démocrate, membre du bureau exécutif et conseiller de la région Île defance. ancien élève de HC Paris et titulaire d'un doctorat en économie, vous avez enseigné au Massurat Institute of Technology à Boston avant de rejoindre le corps professoral de HC Paris où vos travaux ont porté sur le financement de l'innovation et le soutien au PME.

Élu député des Yvelines en 2017, vous vous êtes distingué à l'Assemblée nationale comme vice-président de la commission des finances, rapporteur de la loi Pact et rapporteur spécial du budget de l'asile, de l'immigration et de l'intégration. au gouvernement. Vous avez d'abord été ministre délégué et chargé du numérique entre 2022 et 2024 avant d'être nommé ministre délégué, chargé de l'Europe, puis ministre de l'Europe et des affaires étrangères.

À la tête de la diplomatie française, vous vous êtes illustré notamment par votre soutien indéfectible à l'Ukraine face aux menaces pesantes sur la sécurité européenne et par votre soutien à la solution des deux États au Proche-Orient et la reconnaissance de l'État de Palestine pour relancer une dynamique de paix durable ainsi que par votre appui à la fin de la guerre au Liban permettant la tenue de l'élection présidentielle. Nous savons que vous devrez nous quitter à 16h30 précise pour vous rendre au Sénat. Notre séance va donc immédiatement commencer par votre intervention suivie d'un échange avec les membres de l'académie.

À 16h30, je vous raccompagnerai et nous aurons ensuite, chers collègues, chers confrères, frères consœurs, une demi-heure pour traiter les questions administratives de notre académie. Monsieur le ministre, vous avez la parole.

3:19
Non speech

[applaudissements]

3:24
Jean-Noël Barrot

Monsieur le chancelier, cher Xavier Darcos, monsieur le président, cher Jean-David Lévit, monsieur le vice-président, cher Rahim Corsia, monsieur le secrétaire perpétuel, cher Bernard Sir, mesdames et messieurs les académiciens, mesdames et messieurs, en quelques jours à peine, l'année 2026 a montré la pertinence du thème que vous avez retenu pour vos travaux, celui de la transformation. profonde, renversement et capture de Nicolas Madura au Venezuela. Répression sans précédent du régime iranien sous la menace d'une intervention armée, revendication par les États-Unis d'un territoire européen placé sur la protection de l'OTAN.

À n'en pas douter, nous vivons un moment de transformation profonde. Une brutalisation du monde dont l'histoire, nous disent certains, semble écrite d'avance. celle d'une rivalité croissante menant à la confrontation inéluctable entre deux superpuissances, la Chine et les États-Unis. Soyons lucide, la force n'a jamais disparu des relations internationales. Elle n'a pas été abolie par le droit international ni dissoute dans la déclaration universelle des droits de l'homme. Elle a été domestiquée. Comment ? en faisant en sorte que ce qui est fort soit juste conformément à l'intuition visionnaire de Blaise Pascal dans ses pensées que je cite "La justice sans la force est impuissante.

La force sans la justice est tyrannique. La justice sans force est contredite parce qu'il y a toujours des méchants. La force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste. Et ainsi ne pouvant faire que ce qui est juste fut fort, on a fait que ce qui est fort fut juste. Et les efforts pour domestiquer la force se succédèrent tout au long du 20e siècle. Nous nous y reprimes à plusieurs fois.

La société des nations fut une première tentative admirable mais néanmoins inaboutie car elle demandait aux États de renoncer à la force sans leur offrir de garanties crédibles sur son encadrement. Après 1945, l'Organisation des Nations- Unies et les institutions de Bretonwoods tirèrent les leçons de cet échec. Elles ne cherchèrent pas à nier les rapports de puissance, mais à les organiser. Les grandes puissances y virent leur intérêt non par altruisme mais par calcul rationnel. La stabilité du système international, l'équilibre des forces et la prévisibilité juridique leur promettait des dividendes supérieures au coût de l'instabilité et à ceux du chaos.

et elles bénéficièrent d'une position d'oligopole matérialisée par leur siège de membres permanents du Conseil de sécurité des Nations-Unies associés au droit de véu. Sans ces concessions faites aux grandes puissances, disons-le, aucun multilatéralisme durable n'aurait été accepté. Et de fait, la première des grandes puissances du 20e siècle, les États-Unis d'Amérique, tira des dividendes exorbitants du multilatéralisme. Dividendes sécuritaires. Avec les opérations de maintien de la paix des Nations- Unies, les États-Unis s'appuyèrent sur les contributions des autres pour assurer la sécurité du monde.

Avec l'architecture de non prolifération, ils évitèrent une course aux armements nucléaires qui eût été pour eux comme pour les autres ruineuses et délétaire. et je n'ose parler de l'OTAN dont nombre de ces membres ont servi de déboucher à leur puissante industrie de défense. Dividende monétaire ensuite avec le système de Breton Woods, le dollar devint une monnaie de réserve mondiale qui permit aux États-Unis de limiter considérablement le coût de financement de leur budget et de leur économie. dividende commerciale. Enfin, avec les règles du GAT puis de l'OMC, les services financiers et numériques américains puissent se répandre sans contrainte sur toute la planète.

Mais cet équilibre des forces garanti par le droit et patiemment construit au cours du 20e siècle se fragilisa avec la fin de la guerre froide. La fin du face- àface structurant entre les deux blocs fut interprétés en Occident comme la victoire définitive d'un modèle, le modèle occidental. L'illusion d'un monde enfin pacifié par le droit, le marché et la démocratie s'installa dans les esprits. Avec une assurance confinant, parfois à l'arrogance, on célébra la fin de l'histoire alors qu'on assistait au début d'une nouvelle ère. et l'on vit l'hyperpuissance américaine sûr de son fait prendre des libertés avec ce droit international dont elle était pourtant garante.

Et dans le même temps, une grande partie du reste du monde vécut cette période comme une mise sous tutelle. La mémoire des humiliations coloniales, les ajustements structurels imposés, les interventions unilatérales nourrirent une frustration qui devint progressivement un désir de revanche. La Russie post-soviétique nous dit avoir perçu l'élargissement de l'OTAN comme un encerclement. La Chine vit dans l'économie libérale et les droits de l'homme un carcan conçu sans elle. Et le reste du monde commença à avoir dans le multilatéralisme un système à géomatrie variable conçu par l'Occident pour l'Occident.

Nier ses perceptions, c'est se condamner à la moindre pertinence dans sa compréhension du monde. La manifestation la plus spectaculaire de ce désir de revanche fut aucun doute le réveil de la Chine. Une civilisation millénaire se concevant comme centrale, convaincue d'avoir été relégué au rang de périphérie au cours de ce que la mémoire chinoise a nommé le siècle des humiliations depuis les guerres de l'opium jusqu'à l'effondrement impérial. Et voilà qu'en l'espace de 4 décennies, la Chine parvint à accomplir une transformation économique d'une ampleur inédite. En moins d'un demi-siècle, sa part dans la richesse mondiale passa de 2 % à 20 %.

Et cet essort sans équivalent dans l'histoire permit à des centaines de millions de personnes de sortir de la pauvreté. Il s'accompagna d'une industrialisation phénoménale et d'une montée en gamme technologique guidée par le primat de l'efficacité. Peu importe que le chat soit noir ou blanc. disait Dengo Ping. S'il attrape les souris, c'est un bon chat. Ce succès restera la confiance nationale nourrie par l'histoire nourri par l'idée que l'histoire enfin reprenait son cours. Mais à cette ambition économique vint se superposer une ambition politique explicite : rétablir la prééminence de la Chine dans l'ordre international et s'imposer face à l'hyperpuissance du 20e siècle.

Et pour cela, mobiliser l'ensemble des leviers de puissance à sa disposition et le faire avec méthode en s'appuyant sur des plans quinqué garant d'une vision de long terme et permettant la plus grande efficacité. Puissance économique d'abord. La Chine a dépassé l'année dernière le trilliard de dollars d'excédents commercial grâce à une politique industrielle très offensive qui vise à assurer les la condition de la prospérité tout en plaçant le reste du monde, y compris les États-Unis dans une situation de dépendance. Dépendance aux minerais et aux terres rares, ces ingrédients vitaux de l'industrie du 21e siècle dont elle maîtrise aujourd'hui 90 % du raffinage.

Dépendance aux infrastructures de commerce international a commencé par la maîtrise désormais quasi exclusive de la construction des portesceneurs et celle des infrastructures portuaires et logistiques le long des nouvelles routes de la soie qui s'étendent dans 150 pays. Puissance diplomatique. Ensuite, la Chine s'investit dans le dialogue bilatéral comme dans les enceintes internationales pour défendre ses intérêts, mais aussi pour contenir et faire refluer l'influence américaine. Avec l'organisation de coopération de Shanghaiï, la Chine structure les relations qu'elle entretient avec son voisinage et notamment avec la Russie.

Avec la création des Brick en 2009, la Chine et ses partenaires rejettent explicitement la domination par le G7 de la scène diplomatique et se font les porte-paroles d'un supposé sud-global qui aurait des comptes à régler avec l'Occident américanisé. Et je le rappelle, en population comme en richesse, le bloc des Bricks a désormais dépassé celui du G7. Puissance militaire. Enfin, l'armée populaire de Libération compte plus de 2 millions de soldats, ce qui fédèle la plus grande armée du monde en effectif devant les États-Unis d'Amérique.

Elle possède la Première marine mondiale en nombre de bâtiments et dispose de l'arsenal de missile conventionnel le plus dense au monde conçu pour tenir à distance des portes-avions américains. La Chine se met en situation de sécuriser son environnement régional, de dissuader toute intervention extérieure, mais aussi d'atteindre une forme de parité stratégique avec l'hyperpuissance du 20e siècle. Mobilisation des ressorts de la puissance économique, diplomatique, militaire, l'objectif semble clair, s'imposer comme une puissance centrale en rattrapant puis en dépassant les États-Unis d'Amérique. Au fond, la Chine veut redevenir ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être. l'empire du milieu.

Et alors que la Chine se réveille, voilà les États-Unis placés face au piège de Tucidide qui guettent une puissance dominante confrontée à l'émergence rapide d'une rivale et tentée par une confrontation préventive. Cette confrontation se révèle souvent très coûteuse et très préilleuse. C'est le piège qui se réferma sur Spart, superpuissance continentale de l'époque confronté au réveil d'Athène dont la puissance maritime et commerciale se développait en mer et G. Spart lança son armée dans la tique déclenchant la guerre du Pélopon. 30 ans de combat sanglant qui ravagèrent les cités grecques et à la fin Spark l'emporta. Mais à quel prix ?

Les deux puissances étaient épuisées l'une contre l'autre et c'est un troisième acteur, la Macédoine qui conquit le monde grec quelques décennies plus tard. Un troisème acteur, suivez mon regard. Tucidide rappelle que la cause la plus vraie mais la moins avouée de la guerre du Péloponise fut la croissance de la puissance athénienne et la crainte qu'elle aspira aux Spartiates.

C'est un constat de même nature sans doute qui d'administration en administration se confirme à Washington où la Chine est présentée, je cite, comme le défi géopolitique le plus déterminant pour les États-Unis dans la revue nationale stratégique américaine de 2022 et où des mesures de plus en plus confrontationnelles sont adoptées. Ce sont des droits de douane imposés dès 2018 par la première administration Trump sur des centaines de milliards de dollars de produits chinois et plus récemment un quasi blocus commercial décrété par l'annonce de droit de douane atteignant les 145 %.

L'interdiction du réseau social TikTok précédant une prise de contrôle au nom de la sécurité nationale, la plateforme étant considérée comme un instrument de recueil des données et de propagande au service du gouvernement chinois. des campagnes de communication stratégique visant à répandre dans le champ des perceptions l'idée que la Chine est responsable de pandémie qui frappe l'Occident et le reste du monde.

Des restrictions de visa pour les étudiants et les chercheurs chinois travaillant dans des filières sensibles, l'inscription sur la liste noire d'un grand nombre d'entreprises chinoises pour éviter qu'elles n'accède à des infrastructures présentes sur le sol américain empêcher qu' de bénéficier de la commande publique. Le remplacement d'un opérateur hongkongais par un consortium occidental au canal de Panama. des restrictions d'exportation sur les micropossesseurs, les semi-conducteurs et les plus Nvidia composant de critique pour les centres de données et les supercalculateur.

Je poursuis avec le renforcement massif de la présence militaire américaine dans l'Indo-opacifique par l'alliance Ocus, la multiplication des bases aux Philippines, la coopération renforcée avec le Japon et Taiwan, tentative de rapprochement avec la Russie dans l'espoir de détacher Moscou de Pékin dans une manœuvre diplomatique inversant celle de Nixon. Plus récemment, une intervention militaire en Amérique latine visant l'exfiltration d'un dictateur et le changement de régime dans un pays pétrolier dont la Chine est le premier client.

Des prétentions territoriales enfin sur un territoire européen sous protection de l'OTAN, justifié par la nécessité d'empêcher la Chine d'en faire un point d'entrée sur l'Atlantique Nord. L'ensemble de ces mesures dessine une stratégie assumer contenir la Chine et éviter qu'elle ne supplante les États-Unis. On est bien loin de la fondation des Nations Unies il y a 80 ans. Chacun des deux grands acteurs de ce duopole développe d'ailleurs une vision alternative à celle de la charte pour hériser un ordre international nouveau au sein duquel il jouerait le premier rôle.

La Chine promeut depuis septembre de l'année dernière l'initiative pour la gouvernance mondiale qui semble dessiner une telle alternative. Les États-Unis, quant à eux, ont proposé samedi dernier à 60 pays d'adhérer à une nouvelle charte, celle du Bard of Peace. Ce conseil de la paix prescrit par la résolution des Nations Unies met enfin à la guerre à Gaza. Tel qu'il est présenté, ce conseil a pour responsabilité principale la paix et la sécurité du monde à Gaza comme ailleurs. Il est dirigé par son chairman, investi de pouvoir très étendus comme celui d'approuver la participation des membres, désigner son propre successeur et exercer son vétoe décision prise à la majorité des membres.

On est loin, très loin de la charte des Nations- Unies dont je ne résiste pas à vous rappeler les premiers mots. Nous, peuple des Nations Unies, résolu à préserver les générations futures du fléo de la guerre qui deux fois, en l'espace d'une vie humaine, a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances, à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations grandes et petites.

Je pourrais prolonger le propos, mais vous l'aurez compris, tout semble se passer comme si un choc majeur entre la Chine et les États-Unis était désormais inéluctable avec des conséquences très lourdes pour le reste du monde et donc pour nous. Au mieux, le monde pourrait glisser vers un partage en sphère ou en hémisphère d'influence dans un duopol synoicain imposant ses règles, ses normes et ses dépendances dans deux hémisphères différents. [grognement] Au pire, la rivalité pourrait basculer dans une confrontation ouverte entre deux puissances dotées membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies. Ce choc est-il vraiment inéluctable ?

N'avons-nous plus qu'à choisir notre camp et à subir ? Je n'y crois pas car dans ce système d'équation par nature complexe, il y a une variable inconnue et qui peut tout changer. Cet inconnu, c'est l'Europe. Oui, l'Europe est la grande inconnue de l'équation stratégique mondiale. Pourquoi ? Parce que la résistance à la brutalisation du monde s'organise ici en Europe. Parce que de l'Asie du Sud-Est à l'Amérique latine en passant par l'Afrique, des peuples libres et désireux de le rester attendent que l'Europe se lève et montre la voie, la voix de l'équilibre.

Dans un monde sommet de choisir entre la soumission et l'affrontement, l'Europe est attendue là où elle a toujours été la plus forte dans l'invention d'une voie exigeante fondée sur la souveraineté des nations et le respect du droit international. Elle est attendue par des États de plus en plus nombreux attachés à leur indépendance qui refusent toute logique de bloc et montre qu'une architecture de sécurité collective fondée sur le dialogue est possible et qu'elle passe aujourd'hui par une Europe forte. Oui, l'Europe est la grande inconnue de l'équation et a bien des égards une variable au sens algébrique du terme que certains préféreraient voir disparaître.

Une variable que l'on cherche à effacer. Côté chinois, les autorités cherchent à effacer l'Europe en cultivant essentiellement les relations bilatérales avec les pays européens dont la France bien sûr et en faisant l'impasse sur les institutions de l'Union européenne autant que de possible. Côté américain, l'effacement est désormais théorisé explicitement dans la revue nationale stratégique publiée le 5 décembre 2025. L'Europe y est décrite comme un continent miné par des politiques migratoires jugées déstabilisatrices par la censure de la liberté d'expression et par la répression de l'opposition politique. Un continent condamné, je cite, à l'effacement civilisationnel.

La vérité est ailleurs. Une Europe éclatée serait une Europe plus facilement vassalisée et une Europe vassalisée deviendrait la variable secondaire d'une économie dont les priorités seraient mises au service des seuls intérêts américains. Alors disons-le, non, l'Europe n'est pas au bord de l'effacement civilisationnel. La civilisation européenne est ineffaçable. C'est une civilisation de l'esprit. Elle s'est forgée patiemment depuis plus de deux millénaires. Deux millénaires pars semés d'échecs, de succès, de flux, de reflus, de guerre, de paix.

L'Europe est cette forge de l'idée selon l'expression de Stephan Sweg, où furent frappés à partir du sang et de l'esprit des nations latines, germaniques, anglo-saxon et slaves certaines des plus grandes pensées du monde. Des idées qui changèrent le cours de l'histoire. Et s'il est vrai que l'Europe a donné au monde le pire et le meilleur, c'est précisément ce qui aujourd'hui la rend adulte. Elle était là avant, elle sera là après. Le dessin européen commença à Athène, berceau de la démocratie puis à Rome lorsque Naky l'idée inédite de gouverner non seulement par la force mais par l'intelligence traduite dans le droit.

une administration rationnelle, un réseau routier, une langue commune, le latin. Derrière les lésions romaines, c'est la culture qui marche et l'esprit européen se manifesta à nouveau avec l'humanisme. Les universités dialoaient à travers le continent, Bologne, Prague, Oxford, Paris. On y parlait latin, Erasm, Giordiado, Bruno, Spinoza, Bacon, Libnis, Descart sea citoyen même République, la République des lettres. L'imprimerie mit le savoir en mouvement, puis ce fut la renaissance, une nouvelle naissance de l'esprit. Puis vint les lumières, la liberté d'expression inventé bien avant le premier amendement, [grognement] l'esprit critique, le discernement.

Tout au long de l'histoire européenne nous rappelle Sveg, chaque fois que la flamme de l'idée a été sur le point de s'éteindre, elle s'est rallumé. Et lorsque la littérature se replia dans les langues nationales, une langue universelle surgit au-dessus des autres, la musique. Endel, Mozart, Heiden, Gluc, Spontini écrivaient indifféremment leurs opéras en italien, en français ou en allemand. et la fraternité européenne pris corpe dans l'art, dans la science, dans la pensée. L'esprit européen est un esprit de résistance contre tous les totalitarismes.

C'est l'esprit des républicains espagnols si brillamment traduit dans la poésie d'Aragon, des Luars et de Char, c'est celui d'André Troquet, pardonnez-moi cette référence, pasteur du Chambon sur l'ignon, juste parmi les nations, qui dans un prêche révolté au lendemain de l'armistice le 23 juin 1940 s'adressa à ses paroissiens en ses termes : [grognement] "Des pressions païennes formidables vont s'exercer pour tenter de nous entraîner à une soumission. passive à l'idéologie totalitaire. Si l'on ne parvient pas tout de suite à soumettre nos âmes, on voudra soumettre tout au moins nos corps.

Et le pasteur Trockm qui les appela à opposer à la violence exercée sur leur conscience les armes de l'esprit. Esprit de résistance contre le jou soviétique qui chercha en 1991 à réprimer l'élan d'indépendance qui traversait le flanc oriental de notre Europe. Ce fut le cas à Riga où je me trouvais jeudi dernier et où le peuple la désarmé mais vaillant affronta la rigueur de l'hiver pour dresser des barricades et empêcher les tanks de Gorbatchov de reprendre les bâtiments publics.

Esprit de résistance de l'homme révolté de Camu qui nous rappelle, je cite, qu'aussitôt que la révolte oublieuse de ses généreuses origine se laisse contaminer par le ressentiment, elle nie la vie, court à la destruction et fait se lever la coorte ricanante de ces petits rebelles, graines d'esclaves qui finissent par s'offrir sur tous les marchés d'Europe à n'importe quelle servitude. Elle n'est plus révolte ni révolution, mais rancune et tyrannie.

Une civilisation de l'esprit qui apporta tant au monde et qui mit fin à des décennies de guerre fratricides en donnant naissance à l'une des construction politique les plus abouties de l'histoire, l'Union européenne qui n'acquit dans le salon de l'horloge du qu d'ors le 9 mai 1950 assurant à l'Europe 8 décennies de [grognement] paix et de prospérité. Paul Valérie avait raison quand il disait que les autres parties du monde ont tu des civilisations admirables, des poètes de premier ordre et même des savants. Mais aucune partie du monde n'a possédé cette singulière propriété physique, le plus intense pouvoir émissif uni au plus intense pouvoir absorbant.

Tout est venu à l'Europe et tout en est venu. Oui, 10 pays sont aujourd'hui candidats pour rejoindre l'Union européenne. Quelle autre organisation politique dans le monde peut en dire autant ? [grognement] Oui, ici comme sur le Maidan en 2014, des peuples se lèvent et chantent leur aspiration à la démocratie et la liberté au son de l'ode à la joie et en brandissant le drapeau européen comme un symbole d'espérance. Quel autre idéal politique dans le monde suscite un tel engouement ? Et de fait, on vit mieux en Europe qu'aux États-Unis ou en Chine. On y vit plus libre, on y vit plus longtemps et en meilleure santé. Notre espérance de vie est plus longue.

La mortalité infantile est plus faible, deux fois plus faible. Les inégalités aussi. Ceux qui annoncent l'effacement de la civilisation européenne devraient donc commencer par s'interroger sur leur propre faiblesse, leur propre fragilité, le risque de leur propre effacement et se souvenir que les logiques de domination, si fascinantes soit-elles, pour les observateurs, sont vaines et voué à l'échec. Parce que les nouveaux empires portent, nous le voyons bien, en eux-mêmes, les conditions de leur propre faiblesse. [grognement] Non seulement le les grandes puissances ont leur propre fragilité interne qui sont largement documenté, je n'y reviens pas.

Mais l'histoire nous instruit que chaque fois qu'une nation a cherché à étendre démusirément son influence, son empreinte économique ou son territoire au détriment des autres, elle a fini par tout perdre, aveuglée par sonris. Le néocolonialisme, la pulsion de recolonalisation est un aveu de faiblesse. Chaque nation du monde est confronté à sa propre finitude. La mesure seule est la condition de l'équilibre et c'est cet équilibre qu'il faut chercher avec ardeur. Alors non, l'Europe n'est pas au bord de l'effacement civilisationnel. Mais oui, l'esprit européen est travaillé par un doute profond.

Un doute qui interroge sa capacité justement à peser dans l'équation stratégique mondiale que je tentais tout à l'heure de décrire. Sa capacité à ne pas se laisser entraîner dans un camp auquel elle serait assujettie ou dans une confrontation qu'elle n'aurait ni voulu ni choisie. Et ce doute est d'abord de nature spirituelle et morale. Il tient à une lente corrosion de l'esprit européen par la rouille de l'individualisme et l'opium du matérialisme. À l'exigence de solidarité se substitue des modes de vie qui poussent chacun à s'intéresser à soi plutôt qu'aux autres et à la vie de la cité. des modes de vie dont découle l'épidémie de solitude qui submerge nos sociétés contemporaines.

Au sens du devoir se substitue une course effrainée à l'accumulation des droits individuels, au mépris de la nature profondément spirituelle et collective de la personne humaine qui n'accède à l'émancipation véritable que par l'exercice de la conscience et de la responsabilité. Au goût de l'effort et du travail se substitue celui du plaisir matériel et du divertissement. J'ai vu toute mon enfance rempailler des chaises exactement du même esprit et du même cœur et de la même main que ce même peuple avait taillé ses cathédrales. Le travail était une prière, l'atelier, un oratoire, écrivait Peggy qui concluait que la bourgeoisie capitaliste a infecté le peuple.

Oui, l'esprit européen est travaillé par un doute spirituel et moral. Un doute qui s'accompagne et c'est un paradoxe pour le continent le plus démocratique du monde d'une grande [grognement] lassitude démocratique ancrée dans des sentiments mêlé. Le sentiment que la démocratie ne nous protège pas ou plus des bouleversements mondiaux. Le choc venu de Chine a détruit des millions d'emplois laissés des régions entières d'Europe et d'Amérique du Nord sur le carreau. Les politiques de Pékin ont fait gonfler l'endettement des ménages américains et assombrer les perspectives d'emploi.

Dans le même temps, les mutations profondes des structures familiales et l'immigration croissante ont transformé nos sociétés alimentant des inquiétudes auxquelles la démocratie peine ou semble peiner à apporter des réponses. La numérisation, l'automatisation ont bouleversé le marché du travail. fragiliser les classes moyennes qui se sentent livrées à elles-mêmes, seules et délaissées. C'est aussi le sentiment d'injustice et de frustration que génère des sociétés rongées par le matérialisme malgré le bien-être sans précédent dont nous jouissons par rapport à l'immense majorité de la population mondiale.

le sentiment que les citoyens ne sont pas entendus, que les sujets qui leur tiennent à cœur ne sont jamais traités et qu'une élite lointaine à Paris ou à Bruxelles ou dans les capitales décide à leur place sans leur rendre de compte. Cette lassitude démocratique n'est pas tombée du ciel. Elle résulte de décennies d'aveuglement des élites face à un monde en bouleversement, de leur déni face à la colère légitime des classes moyennes et populaires fatiguées d'être méprisé et mis à l'écart. Elle est le fruit de l'incapacité des forces politiques traditionnelles à esquisser un nouvel horizon pour répondre à cette colère.

Depuis des années, les forces politiques traditionnelles aux États-Unis comme en Europe ont laissé la situation dérivée au point que le peuple se sent totalement dépossédé du pouvoir et soumise aux pressions venues de l'extérieur qui qui éprouve sa solidité comme au coup de boutoir de plus en plus puissant des forces politiques nationalistes qui veulent en finir l'organisation politique qui n'a il y a 76 ans dans le salon de l'horloge du qu d'ors est remise en question. Le président de la République l'avait dit en 2024 à la Sorbonne. Le chancelier allemand l'a répété cette semaine. Rien ne garantit aujourd'hui que nous vivrons encore au sein de l'Union européenne dans 10 ans.

L'Union européenne, notre organisation politique, est en danger. Rien n'est perdu mais l'Europe ne se révélera ne se relèvera que si elle conclut un pacte nouveau avec les peuples. Des peuples qui aspirent à maîtriser leur avenir, qui aspirent à la souveraineté. Non pas une souveraineté illusoire, repliée, solitaire, mais une souveraineté européenne véritable. des peuples qui n'acceptent ni les capitulations face aux guerres d'invasion, ni les renoncements dans les guerres commerciales.

des peuples qui attendent de l'Europe qu'elle protège, qu'elle défendent et qu'elle maîtrise ses frontières contre toutes les menaces qu'elles viennent du Kremelin, du programme nucléaire iranien ou du terrorisme islamiste contre toute forme de concurrence déloyale, de coercition économique, de chantage énergétique contre toute ingence étrangère dans les processus électoraux de ces États-membres. Que l'Europe tienne bon, qu'elle tienne ferme et qu'elle sache dire non. Non aux États-Unis quand il touche à ce qu'elle a de plus intime, sa démocratie, ses frontières. Si certains semblent aujourd'hui l'oublier, rappelons que les États-Unis ont un besoin vital de l'Europe.

Les grandes entreprises du numérique réalisent un quart de leur chiffre d'affaires et sans doute la moitié de leur profit en Europe. Et les pays de la zone euro détiennent 3000 milliards d'euros d'actifs de plus que les Américains n'en détiennent en Europe. Personne ne sort jamais gagnant d'une guerre commerciale. J'ajoute que nous disposons d'instruments très puissants pour nous défendre contre toute atteinte à nos intérêts essentiels qui nous permettent de restreindre l'accès au marché européen et refermer nos marchés publics. On aurait tort de l'oublier.

Dans ce contexte, les peuples de l'Europe attendent d'elle qu'elle se saisisse pleinement de la ligne donnée par le président de la République dans ces discours de la Sorbonne, celle de l'autonomie stratégique et de la souveraineté européenne. clause de sauvegarde pour l'acier. Protection des ferrox alliages, préférences européennes dans les instruments européens de défense, nouvelle emprunt commun pour soutenir l'Europe. L'Europe, ces derniers mois semble enfin se réveiller mais elle doit accélérer. Ce surceau européen est encore possible mais il reste peu de temps. Et la condition de ce sursaut européen, l'inconnu dans l'inconnu, oserais-je dire, c'est la France.

Nietzsche disait de l'Europe qu'elle était cette petite presquile de l'Asie. Or, la France en est le finistère. C'est là que tout commence. C'est là que peut repartir l'élan européen et le destin de l'Europe est désormais indexé sur le choix que fera notre pays. S'engager résolument sur la voie de la reconquête ou se résoudre au déclin. C'est à cette responsabilité historique de la France, de notre pays que je voudrais maintenant consacrer la suite de mon propos. La France ne peut entraîner l'Europe que si elle est véritablement elle-même. Et comme l'a si bien dit le général de Gaulle, la France n'est réellement elle-même qu'au premier rang. La France ne peut être la France sans la grandeur.

Il est vrai que la classe politique n'est pas toujours au rendez-vous ni de ce changement d'époque que je viens de décrire, ni de cet appel du général de Gaulle à la grandeur que je viens de citer. Un débat public stérile où règnent les invectives n'en finit plus d'éloigner les Français de la politique et donc des choix qui engagent leur avenir. Pourtant, au fond de même, les Françaises et les Français sont prêts à participer ensemble à de grandes aventures collectives, à rendre par leur effort, par leur travail la vie et le monde meilleur en même temps qu'ils en tient gratification, considération et dignité. Les exemples ne manquent pas de ce génie français qui ne demande qu'à s'exprimer.

Et il suffit, monsieur le président, de contempler la composition de cette Auguste Académie pour s'en apercevoir qui compte en son sein des esprits parmi les plus brillants du monde. Philosophes, juristes, entrepreneurs, écrivain, économiste, serviteur de l'État. Vous avez mesdames et messieurs, les académiciens donné à voir au monde la grandeur de la France. Et permettez-moi d'avoir un mot pour le dernier membre que vous avez élu qui [grognement] grandit dans une famille égyptienne réfugiée un temps en Italie. Madame l'ambassadrice.

Il fut formé en France à l'économie et s'imposa comme l'un des grands théoriciens de la croissance et de l'innovation au point de recevoir il y a quelques semaines le prix Nobel d'économie Philippe à Guillaume. Un mot aussi pour le dernier d'entre vous à avoir été intronisé il y a quelques jours seulement. entrepreneur et dirigeant talentueux, théoricien du désir, qui contribue de façon décisive à la balance commerciale de notre pays et qui fait rêver le monde entier en y valorisant admirablement les savoir-faires français. Bernard Arnaud, ses destins révèlent le talent et le génie français.

Ils sont la preuve irréfutable que la France n'a rien perdu de sa grandeur et il nous donne l'espérance d'un nouvel essort. Mais on ne va jusqu'à l'espérance qu'à travers la vérité et au prix de grands efforts, nous rappelle George Bernanos. Alors disons la vérité sur les défis qui sont les nôtres et soyons prêts à de grands efforts. Je ne serai pas exhaustif. Les défis sont nombreux et chacun pourrait faire l'objet. d'une discussion à part entière. J'en citerai trois qui peut-être me paraissent un peu sous-estimé. [grognement] La répartition des responsabilités, la justice générationnelle et le courage civique. Commençons par le premier.

Dans toutes les dimensions de nos vies quotidiennes, l'énergie créatrice du peuple français est insérer dans un carcan que nous avons nous-même conçu par un pouvoir à la fois concentré et dilué dans des structures anonymes qui prétendent décider à notre place sans jamais rendre de compte. Une technocratie qui croit souvent mieux que nous ce dont nous avons besoin et ce que nous devrions faire par un maqui d'administration, d'opérateurs, de strat que nous avons nous-mêmes créé et qui perdent le citoyen dans des méandres où il ne sait plus qui décide ni à qui il doit s'adresser. D'où le sentiment d'être impuissant et désarmé, d'où le sentiment de dépossession.

Simplifier, débucratiser, [grognement] décomplexifier, décentralisé, déconcentré. Chacun ici a entendu 1000 fois ces termes qui portent une part de l'intention qui est la nôtre, mais que j'exprimerai différemment. J'appelle à un changement de régime dans l'ordre des pouvoirs et des responsabilités, à une remise à plat complète des compétences de l'État, des collectivités, de la sécurité sociale du secteur privé, se donnant pour objectif la libération des énergies et préservant les conditions de la solidarité. Que chacun dispose d'une zone d'autonomie et de responsabilité où il puisse exercer ses capacités. Voilà le principe de fécondité pour toute société qui se veut créatrice.

Car c'est dans la liberté et la passion d'entreprendre que s'exprime le dynamisme d'un peuple. Alors, rendons à chacun les moyens de diriger sa vie. Donnons-nous des chefs, ouvrons des voix et invitons ceux qui trépignent d'impatience à s'y engager, à y déployer leur enthousiasme et leurs talents. Libérons les puissances du rêve et les puissances de l'action. Cela doit commencer par une refondation profonde de l'action publique telle que François Baïou l'avait initié et par un acte de décentralisation comme le premier ministre l'a annoncé.

Cette refondation doit se poursuivre par une révision sans tabou du périmètre d'intervention respective de l'État, la sécurité sociale, des collectivités et du secteur privé, sans rien s'interdire, y compris si cela doit nous conduire à établir des parlements et gouvernements de provinces dépositaires de vastes champs de compétences. comme cela a été suggéré récemment. Et dans ce même mouvement, des libertés nouvelles doivent être rendues au chefs d'entreprise, au maire, aux salariés, à l'usager du service public qui doit pouvoir décider pour eux-mêmes et assumer leur responsabilité.

C'est la condition nécessaire pour liber libérer l'énergie dont la France a aujourd'hui tant besoin et pour offrir à chacun un horizon d'émancipation. Deuxè défi, la justice générationnelle. Nos prédécesseurs ont bâti un modèle social qui permet de vivre plus longtemps et mieux que dans la plupart des pays du monde. Un modèle conçu dans une France en forte croissance portée par la démocratie la démographie galopante du baby boom. Ces deux tendances sont aujourd'hui inversées. Pour la première fois depuis 1945, la France a enregistré l'année dernière plus de décès que de naissance. Il est difficile de se faire à cette idée, mais il nous faut sortir du déni démographique.

L'exception française est bel et bien derrière nous. La France est en train de devenir un pays de grands-parents sans petits-enfants et dans 10 ans, la population active de la France commencera à baisser. Tout cela emporte de très lourdes conséquences. [grognement] Dans un système fondé sur la solidarité intergénérationnelle, la charge pesant sur les nouvelles générations devient insoutenable et les condamne à l'asphyxie. D'où la colère, d'où l'inquiétude, d'où le surgissement de Nicolas qui paye l'affaiblissement du consentement à l'impôt comme au cotisation sociale et le doute désormais bien installé sur la pérénité du système de retraite par répartition.

La France ne peut se permettre de sacrifier sa jeunesse pour soutenir un niveau de vie pour les boomers, pardonnez-moi l'expression, supérieur à celui dont il bénéficie dans tous les pays comparables. ayant la lucidité et la franchise de dire que nous partons plutôt à la retraite que les autres, que lorsque nous y sommes, nous bénéficions d'un niveau de vie équivalent à celui des actifs, d'un taux de pauvreté inférieur à toutes les autres classes d'âge, que nous touchons davantage que ce que nous avons cotisé et épargnons un/4 de nos pensions de retraite. La France ne peut se permettre de sacrifier l'avenir au présent.

C'est la priorité de toute civilisation que d'opérer ses choix en pensant aux prochaines génération, à sa jeunesse, à ses enfants. Des choix justement devront être faits pour préserver le contrat social. Bien sûr, il sera nécessaire de rouvrir le chantier des retraites en sortant de l'obsession stérile de l'âge légal. Une voie crédible existe. Le système de retraite à point déjà en vigueur dans plusieurs pays européens. Mais vous l'aurez compris, cette ambition dépasse largement le champ de la sécurité sociale. Nous devons assumer un rééquilibrage entre les générations et le dire clairement.

petite enfance, éducation, enseignement supérieur, recherche, accès au logement et à l'emploi, équilibre des finances publiques. Ces investissements doivent devenir une priorité stratégique. La jeunesse ne doit plus être la variable d'ajustement de nos choix budgétaires. 3è et dernier défi provisoirement puisque je le disais tout à l'heure, il y en a tant d'autres celui du courage civique ce tressaillement que nous ressentons au fond de nous et qui nous pousse à nous désintéresser de nous-même pour nous tourner vers notre prochain vers la vie de la cité. Conscient que face à l'adversité et quels que soient les risques, nous formons ensemble une communauté de destin.

Le courage de mettre nos valeurs au-dessus de nos intérêts, d'assumer notre part du fardeau collectif sans certitude que les autres feront de même, d'appréhender la dimension spirituelle de la vie et de résister à la tentation du confort, de regarder le monde en face et d'être prêt à prendre des décisions difficiles quand elles s'imposent. Le courage aussi de ne pas céder aux pressions immédiates et de rester concentré sur l'essentiel. De refaire la renaissance pour reprendre le titre de l'article d'Emmanuel Mounier inaugurant la revue Esprit. Le courage de ceux qui dans les heures les plus sombres de notre histoire surprendent tous les risques sans aucune garantie de succès.

De ceux qui partirent à Londres, de ceux qui prirent le maqui. Le courage de l'admiral Muselier envoyé par le général de Gaulle en 1941 pour protéger Saint-Pierre et Miclon contre l'appétit des États-Unis de Roosevelt qui menaçaient de s'en emparer pour des raisons de sécurité nationale. L'amiral Musolier reprit le contrôle de l'archipel qui fut le premier territoire libéré par la France libre à la faveur d'une manœuvre militaire entrée dans les annales.

Mais constatant que l'appétit américain ne faiblissait pas et que Roosevelt songeait à envoyer à Saint-Pierre Miclon un croiseur et deux destroyés, l'admiral Muselier s'adressa au peuple américain en ces termes : "Il n'y a pas de puissance au monde qui puisse chasser mes hommes et moi-même de ces îles tant que nous serons vivants." Pour l'honneur, je résisterai à toute force navale, quelle que soit sa puissance. Si par une circonstance incroyable, une telle tentative devait être faite, alors c'est qu'il n'y aurait plus de démocratie sur la terre et il ne resterait d'autres solutions pour les démocrates que de mourir.

Notre sang tâcherait l'histoire, la démocratie serait notre lince seul et notre ton. Et de fait, Saint-Pierre et Miclon resta un territoire français et le restera toujours. Naturellement, toute ressemblance avec des faits existants ne serait terre que fortuite. Le courage civique, c'est celui des Françaises et des Français qui se lèvent face à l'adversité, des médecins, infirmiers, caissiers, chauffeurs ou livreurs qui lorsque nous avons été confinés été confinés par la COVID-19 se sont levés pour permettre au pays de tenir et de résister.

des Françaises et Français si nombreux qui se sont retrouvés dans des réseaux de solidarité pour fabriquer des masques, des visières, porter des repas ou tout simplement rompre la solitude des plus fragiles. Le courage civique ne se décrète pas. Il nî de l'inspiration que nous puisons dans l'histoire de la France. Il se forge à l'école de la République et dans l'engagement conçu avec Paul Louis Lanzberg, ni comme une fidélité irréfléchie, ni comme la passivité de celui qui attend la cause parfaite, mais comme une nécessité, un moyen de connaissance et de réalisation de la liberté et de l'émancipation de la personne humaine.

La répartition des responsabilités, la justice générationnelle, le courage civique. C'est au prix de tels efforts et de bien d'autres encore que nous parviendrons à donner à la France toute la force et la grandeur dont elle a impérativement besoin pour éviter à l'Europe d'être condamné au déclin pour permettre à l'Europe de modifier l'équation stratégique mondiale, faire mentir ce qui apparaît aujourd'hui comme une évidence algébrique et ouvrir une troisème voie. Telle est la responsabilité que nous avons en partage devant les générations à venir et devant nous-mêmes.

Telle est l'épopée qui me paraît non seulement nécessaire mais souhaitable à n'en pas douter le cycle de conférence prestigieux conçu avec soin par l'ambassadeur Lévit que je remercie pour son invitation et pour ses mots nous montrera la voix. Mesdames et messieurs académiciens, je vous remercie.

47:16
Non speech

[applaudissements] [applaudissements] [applaudissements]

47:37
Jean-Noël Barrot

Monsieur le ministre, merci du fond du cœur au nom de toutes mes consœurs et de tous mes confrères pour un discours véritablement extraordinaire. visionnaire. Monsieur le ministre, merci. Nous savons que votre emploi du temps est surchargé, mais vous nous faites l'honneur et le plaisir de rester avec nous jusqu'à 16h30 et j'ai déjà parmi mes confrères et mes consœurs neuf d'entre eux qui souhaitent vous poser des questions et vous pouvez leur répondre de là où vous êtes. Le premier c'est Xavier Darcos. Ensuite, j'aian-laude Cousseran, Thierry de Montbrial, Dominique Sénéquier, Hervé Guemard, George Henri Soutou, Serge S, Jean-Claude Trichet et François DOIVAL. Monsieur le Chancelier. Oui.

Merci monsieur le président. Alors comme vous, je voudrais saluer le la puissance de l'expression que nous avons entendu à la fois très analytique et plus de texte avancé plus orienté vers un pléloyer et même à la fin vers un sorte de programme politique national de source nationale. C'était un un exposé d'une très grande qualité. Je voudrais simplement revenir sur un point assez précis. Vous avez d'emblé dans votre introduction, monsieur le ministre, insister sur la difficulté qu'il y a aujourd'hui à lire les règles du jeu mondial.

pas de brutalisation de désordre de confusion et vous avez montré à quel point les la les les rapports de force la force semblait l'emporter sur le justeté lorsque la loi du plus fort s'installe évidemment avec en plus une imprévisibilité très grande de plus en plus grande on perd un peu ses repères et quand vous avez parlé de l'Europe vous avez beaucoup insisté me semble-t-il sur à la fois sa grande histoire sa force son sa tradition civilisationnelle et aussi sur une forme de de d'usure, d'inquiétude, de vieillissement, de doute.

Il me semble que, et là c'est un peu pire que cela, c'est-à-dire que il me semble que les jeunes générations sont moins dans le le doute sur l'Europe et sur la culture qu'elle incarne que sur la le la peur au fond qu'elle soit incapable de tirer son ép du jeu de monde qui est placé sous des signes de rapport de force. Et lorsqu'on regarde, je vais juste en donner un exemple, je vais être très bref et je vous poserai une question très simple. Lorsqu'on regarde des propos qui sont tenus par exemple par les idéologues qui entourent Vladimir Poutine, je parle sous le contrôle de Pierre desville.

Lorsqu'on voit ce que dit Serge Caraganov, vous me permettez de le citer, cette guerre ne prendra fin que lorsque nous aurons infligé à l'Europe une totale défaite morale et politique. L'Europe est aujourd'hui l'expression absolue du mal qui ronge l'humanité. Elle finira, Dieu merci, par se désagréger et redevenir ce qu'il a toujours été un dépôtoir. Là, l'angélisme européen ne saurait suffire, me semble-t-il.

Et donc la question que je pose, c'est est-ce que face à la guerre hybride violente faite d'assassinat de d'inc d'incurs aériennes, de drones qui circulent sur nos sur nos nos aérodromes, de de chemin de fier qui explos en Pologne, est-ce que nos nos références simplement à André Trockm, Charles Peggy et Paul Valérie suffiront ?

Et donc, je voudrais que vous me disiez ce que vous pensez de la capacité de l'Europe de faire ce qui avait été vaguement promis par Ursula Vanerleden l'an dernier lorsqu'elle avait lancé le plan Riarm Europe et que vous nous disiez où nous on en est de tout ça et si nous allons continuer à laisser à à 2000 km de chez nous des peuples être martyrisés par une succession de crimes de guerre devant lesquels nous n'opposons que me semble-t-il de bonnes parole. Monsieur le ministre. Merci monsieur le président, monsieur le chancelier.

Je crois que vous avez tout à fait raison de dire que euh la partie n'est pas gagné et que au fond euh même si l'Europe avance dans la bonne direction, je reviendrai dans quelques instants, le le rythme n'est pas encore le bon. Elle avance dans la bonne direction parce qu'au fond, elle a adopté cette idée que le le président de la République a formuler dès 2017 qui est celle de l'autonomie stratégique et qui est au fond une idée française puisque vous le savez notre la ce que nous avons de plus de plus intime la notre sécurité ultime et est tout à fait indépendante et et seul la France après Suèse a tiré les les leçons qui s'imposent posé et et pris ces décisions là.

Elle elle avance dans la bonne direction puisque quand on se retournera sur les ces 10 années entre disons 2017 et et 2027, on s'apercevra que là où la l'Europe a a le plus changé, c'est dans la prise en charge de sa propre sécurité.

On relèvera que les pays européens au sein de l'OTAN ont décidé à l'été 25 de relever leurs dépenses militaire à un niveau qui leur permet de combler pas enfin je sais que beaucoup on ont lu dans cette décision une la réponse à une prescription américaine mais il y avait des analyses indépendantes de des analyses américaines qui démontraient que c'était le bon niveau pour justement protéger l'Europe pour que l'Europe puisse se protéger sur le plan capacité face à une Russie qui s notamment qui s'est considérablement réarmée. Donc ils ont pris cette décision là.

Quand on regarde l'Union européenne au sens communautaire du terme, on s'aperçoit aussi que là où il n'y avait à peu près qu'un qu'un epsilon inscrit au budget européen consacré à la défense, il y aura dans la prochaine programmation budgétaire de l'Union européenne des sommes beaucoup plus considérables visant à la constitution de capacité conjointes dans des domaines où on peut s'autoriser à prendre les décisions ensemble ou en tout cas à à faire des investissements.

Et puis je je voudrais souligner aussi l'importance de la réunion qui s'est tenue il y a 2 semaines à Paris lors de laquelle à l'invitation du président de la République et du premier ministre britannique pour la première fois de leur histoire depuis à mon avis la création de de l'OTAN il y a 76 ans, des pays européens flanqués de pays d'Amérique du Nord, d'Asie et d'Océanie ont mis en commun leurs forces militaires dans le cadre d'un exercice de planification très détaillé au service de de garantie de sécurité permettant d'imaginer que la paix une fois conclue puisse être durable. Ça n'a l'air de rien.

Il y a parmi les chefs militaires qui ont participé à à ce travail de planification des des officiers généraux qui n'avaient jamais participé à des discussions, à des exercices de planification à l'extérieur de l'OTAN. Rappelons-nous que la plupart des armées européennes ne savent pas euh se déployer ou combattre autrement qu'en lien très étroit avec l'OTAN jusqu'à présent. Ce que je veux dire, c'est que nous voyons un un vrai mouvement. La question c'est évidemment celle du rythme puisque quand c'est la loi du plus fort qui régit rapports entre les nations, bien la première des choses à faire, c'est d'être assez fort pour pouvoir se défendre.

Nous avons anticipé par rapport à d'autres partenaires en décidant de doubler le les moyens consacrés à nos forces armées. Je souhaite d'ailleurs qu'on puisse également renforcer les moyens de notre diplomatie pour épauler, si je puis dire, comme un épaulement diplomatique de ce réarmement. D'autres sont un petit peu en retard, d'autres ont pris de l'avance euh confrontés sur le flanc oriental de de l'Europe à une proximité de de la menace. Euh la la question c'est d'accélérer et face au au nombreux chocs que nous auquels nous sommes assujettis en ce début d'année, il y a ce rythme dans la prise en charge par l'Europe de sa propre sécurité mais aussi de la sécurité des autres.

vous avez raison de le rappeler, mais il y a aussi étant donné la pression qu'exerce l'allié américain sur l'Union européenne, l'OTAN et structure de solidarité qui ont été conçues après la deuxième guerre mondiale pour éviter les confrontations. Il nous faut un peu de courage pour pouvoir et bien dire non et mobiliser un certain nombre de moyens que nous avons à notre disposition pour nous faire entendre et respecter par nos alliés. Merci infiniment. Jean-Claude Couseran. Jean-Claude pardon Jean-Claude Casanova. Pardon. Merci monsieur le président. Monsieur le ministre, je vous remercie beaucoup.

J'ai été très impressionné par votre intervention, par sa profondeur historique et par les engagements politiques qu'elle définit. Et je voudrais vous vous interroger sur l'immédiat parce que vous avez cité la très belle formule de Pascal mais le mot décisif dans la formule de Pascal c'est à la fin on affecte. C'est-à-dire que l'esprit de justice doit continuer à nous posséder même si les obligations du temps nous obligent à à prendre la réalité comme elle est et le plus fort comme elle est. Vous avez tout à fait raison de dire que la situation de l'Europe est aujourd'hui dramatique. Elle est dramatique. Elle a déjà été dramatique si je peux me permettre.

En 1945, la situation de l'Europe occidentale était dramatique. Nous sommes entrés en guerre pour sauvegarder la Pologne. La Pologne a été partagée immédiatement par la Russie et par l'Allemagne. Et après la guerre, elle a été totalement russe. 6 millions de Polonais sont morts dont 3 millions de juifs et 200000 Tchécoslovaques sont morts. Et on peut se demander s'il vaut mieux être unos un tchè abandonné ou un polonais secouru. Et en 45, l'Europe s'est trouvé dans la même situation dramatique.

La moitié de l'Europe était occupée par les soviétiques pour lesquels dans la Pologne pour lesquelles nous étions prés en guerre à cause de la faiblesse américaine à Yalta et de la faiblesse particulière de Roosevelt. mais pas sans affecter la lucidité de Churchill, mais Churchill n'a pas été décisif entre 44 et 45. En revanche, les États-Unis ont aidé profondément l'Europe. Ils l'ont aidé de deux façon. En la sauvegardant politiquement et par le plan Marchal qui correspondait à 3 % du produit national américain. La France étant le pays qui a le plus bénéficié du plan marchal parmi les pays européens.

Aujourd'hui, nous sommes dans une situation beaucoup plus dramatique d'une certaine façon puisque proche de celle de Roosevelt d'une certaine façon qui était à certains égards indifférents à l'Europe, les États-Unis semblent abandonner l'Europe. Et nous avons un président Trump qui dit à Danemark que vous n'avez pas de titre de propriété au Groenland. Exactement comme Poutine dit aux Ukrainiens, vous n'avez pas de droit historique. L'Europe dit à l'Ukraine que l'Ukraine entrera un jour dans l'Union européenne et l'aide. L'Europe dit au Danemark que la souveraineté du Danemark sur le Greenland est affermé et qu'elle ne peut pas être violée.

Alors ma question est la suivante : aucune difficulté à partager la position politique du président Macron, la vôtre et la position de la France. Je crois que même d'une certaine façon l'ingratitude du peuple français à l'égard de Macron et du gouvernement actuel est tout à fait injuste parce qu'il prend des positions qui sont politiquement courageuses et bénéfiques à l'avenir de la France et l'avenir de l'Europe. Mais l'immédiat est là. Si les États-Unis demain interviennent militairement au Danemark, au Groenland, ce qui est une rupture évidente de l'OTAN, que faisons-nous ? cherchant l'affrontement immédiat avec les États-Unis.

Et si l'Ukraine en Ukraine, Poutine poursuit sa guerre jusqu'à ce que l'Ukraine cède totalement parce que ce n'est pas nous le savons depuis le départ, il l'a dit, il l'a dit clairement et d'une certaine façon, il fallait le comprendre dès 2004, Poutine veut l'Ukraine dans sa totalité. Il veut transformer l'Ukraine en Biélorussie. Bon, alors que faisons-nous ? Est-ce que l'Europe assure la sauvegarde militaire de l'Ukraine même s'il y a un retrait américain ? Il y a un journaliste anglais de grand talent Oxford carton qui a dit "L'Europe a besoin de deux hommes, c'est Churchill et de Gaulle.

Churchill par la capacité de dire non et de Gaulle par la capacité de dire que l'Europe peut exister sans les États-Unis." Alors, avez-vous le sentiment dans l'immédiat dans les de ou 3 ans qui viennent que l'Europe fera ce qu'il faut pour que l'Ukraine reste indépendante et pour que le Grenland reste la possession du Danemarc ? Merci Jean-Claude, monsieur le ministre. Merci monsieur le président. Jean-Claude Casanova vient de convoquer à nouveau le général de Gaulle et donc je résiste pas à poursuivre [raclement de gorge] le récit de l'histoire de Saint-Pierre et Miclon euh que certains d'autres v d'entre vous ont peut-être eux aussi vu ressurgir à la faveur de l'actualité du moment.

Cependant que l'amiral Muselier adressait des messages de fermeté à l'opinion publique américaine, le général de Gaulle à Londres était entrepris par le ministre des affaires étrangères britanniques avec une une formule imaginée aux États-Unis consistant pour les la France libre à quitter l'archipel et pour le Canada de prendre en charge la sécurité de l'île. Euh le général de Gaul l'accueille, vous l'imaginez, de manière très tiède, voire glaciale, le le la proposition qui lui est euh formulée.

C'est alors que le ministre des affaires étrangères britanniques lui dit "Mais en général, euh que ferez-vous lorsque les les bâtiments euh de guerre des États-Unis approcheront de Saint-Pierre et Niclon Le général de Gaul répond et bien l'amiral en charge commandant la flotte sera invité par l'amiral Muselier à déjeuner ce qui sera un moment délicieux pour eux deux.

ministre des affaires étrangères britanniques lui répond "Oui, mais si l'invitation n'est pas respectée, le général de Gaul affirmé alors nous ferons les sommations d'usage." Et le ministre des affaires des affaires étrangères britadiques lui dire "Et si ces sommations ne sont pas respectées, alors nous n'avons pas d'autre choix que de d'ouvrir le feu." ce nom du général de Gaulle, cette affirmation que la souveraineté est indivisible.

Je crois qu'effectivement nous y sommes restés fidèles, y compris lorsque nous avons depuis 9 ans à l'initiative du président de la République amener l'Europe par fragment successif à se défaire de certaines de ces dépendances inacceptables qui peuvent contraindre sa marge de manœuvre, y compris lorsque l'essentiel est en jeu. Donc nous continuerons de soutenir l'Ukraine bien qu'il me semble totalement déraisonnable aujourd'hui pour la Russie de poursuivre sa guerre dans la mesure où le le prix de cette guerre est absolument colossal. On parle d'un millier de soldats russes tués chaque jour sur le front.

Euh on parle dans certaines études d'un euh trilliard de dollars qu'aurait d'ors et déjà coûté cette guerre à à l'économie russe. Donc on voit qu'il y a là un fantasme impérialiste et colonial qui est en train d'épuiser très profondément la la Russie. Oui, mais la Russie est une puissance dotée, ce qui lui permet en quelque sorte de décourager les soutiens les alliés de l'Ukraine.

Et ce qui là aussi est une faute absolument, vous l'aurez compris, majeure de la part d'une nation qui a été victorieuse de la deuxème guerre mondiale, qui a contribué à à ériger cet ordre international en en revêtant la responsabilité principale de membres de permanents du conseil de sécurité, mais aussi et surtout en étant l'une des cinq puissances dotées dans le monde dont la détention de l'art nucléaire est protégée par le traité de non prolifération qui interdit à toutes les autres nations du monde de posséder de telles armes et qui donne à ces pays dotés, ces puissances dotées une responsabilité particulière, celle de ne l'utiliser que pour se défendre et et certainement pas pour de la dévoyer au fin d'une d'une agression territoriale comme le fait Vladimir Poutine.

Mais donc dans l'immédiat, nous allons continuer notre double agenda de soutien à l'Ukraine, pression sur la Russie, tout en préparant la paix et notamment aux conditions dans lesquelles elle pourrai être garantie sans être confrontationnelle. Je le redis mais je crois que ça coule de source. Aucun pays européen n'a aucune prétention territoriale sur quelque territoire que ce soit de la Fédération de Russie. Aucune. Et nen aurons nous n'en aurons jamais. Voilà, c'est dit. Nous voulons simplement garantir que la paix une fois conclue sera sera durable.

Ensuite ensuite si nous nous rarons aujourd'hui, c'est pour restaurer d'une certaine manière une non pas la parité mais une forme de dissuasion nous permettant le moment venu et le président de la République s'est déjà plus ou moins exprimé en ce sens d'ouvrir un un dialogue, il faudra évidemment que la la page de la guerre en Ukraine soit tournée avec la Russie sur l'architecture de sécurité sur notre continent. Il n'est pas question qu'en 2035 lorsque nous aurons atteint les 3,5 % de notre richesse nationale consacrée à nos dépenses militaires de passer de 3 à 7 %.

L'objectif, c'est comme nos prédécesseurs l'ont fait, de trouver les voies d'une architecture de sécurité, de désarmement, de contrôle désarmement. Mais pour le faire, il faut être fort pour que cette discussion se fasse de manière conforme à nos intérêts. C'est aussi ça l'objectif que nous poursuivons au moment où nous nous réarmons sur le plan militaire et où nous réarmons aussi sur le plan économique, budgétaire et j'espère moral. Merci monsieur le ministre. Question suivante, Thierry de Montbrial et après ça sera Dominique Senquier. Thierry, Merci monsieur le ministre.

Euh je crois que nous avons tous admiré votre exposé à ce point d'ailleurs que on avait envie de vous élire tout de suite président de la République euh le mandat commençant tout de même au terme de celui du président Macron parce que c'est un programme présidentiel que vous avez présenté pas seulement d'ailleurs sur le plan de relation internationale aussi sur le plan économique et je crois d'ailleurs que vous avez extrêmement bien fait parce que s'il n'y a pas la puissance économique vous avez plusieurs fois rappelé de 58 et cetera, il ne peut pas y avoir de puissance tout court.

Alors, je voudrais maintenant comme mes prédécesseurs redescendre sur le court terme parce qu'après tout, vous êtes ministre des affaires étrangères pour le moment dans une petite cellule d'espace-temps et vous posez très brièvement trois questions. La première euh c'est la c'est c'est fait fait suite d'ailleurs à ce que la à l'intervention de Xavier de tout à l'heure. Pardonnez-moi être un peu provocateur, mais je ne vois pas actuellement, je deviens actuellement l'Europe unie, l'Union européenne unie. Il suffit de voir les réactions immédiates aux propositions du président de la République dans l'affaire du Grenland. Je je ne vois pas que nous fassions vraiment front unis.

Alors, comment allons-nous être suffisamment unis avec peu de moyens pour dissuader euh pour dissuader Trump ? Bon, ça c'est la première question. Je crois c'est une vraie question quand même. Bon alors le euh le le deuxème point, vous avez évoqué l'intervention du président de la République récemment sur la nécessité de renouer avec avec Poutine. Madame Mélonie d'ailleurs s'est exprimé aussi dans le même sens à sa manière. Bon euh et là vous venez d'être précis parce que vous avez parlé de la nécessité de rebâtir un système de sécurité européen.

Et là, pardonnez là, vous avez parlé beaucoup de futur et là, pardonnez-moi, je vous posez une question sur le passé parce que je fais partie d'une toute petite minorité de gens qui depuis presque 30 ans et en tout cas depuis 20 ans disent que c'est c'était avant cette guerre d'Ukraine qu'il fallait euh penser à rebâtir euh un système de sécurité européen. Alors bon, on n' pas le temps de refaire l'histoire mais euh et jamais trop tard, mais pourquoi ne l'avons-nous pas fait avant ? Parce qu'il y a beaucoup de choses qu'on aurait dû dont on aurait dû se préoccuper avant. Et la troisème question, c'est l'avenir de l'ONU.

Vous avez dit de très belles choses aussi sur l'ONU, son histoire, mais l'avenir de l'ONU est aussi risqué, on va dire, que celui de l'Union européenne. Or, l'ONU n'a jamais été capable de se réformer par elle-même puisque c'est trop trop difficile. Alors, est-ce que vous ne pensez pas, je ne dirais pas craignez pas parce que je crois que vous ne craignez rien, donc ça c'est une force. Mais est-ce que vous ne pensez pas que avant d'être rebâti adapté aux réalités nouvelles, le système entier de l'ONU ne risque pas de de s'écrouler ? Monsieur le ministre, merci monsieur le président. Thierryine Mombrial a dit deux choses très justes.

Il a dit "Vous êtes ministre des affaires étrangères pour le moment." Et il a raison puisque étant donné l'ordre du jour du conseil des ministres qui vient de débuter, on est on ne peut plus être sûr de rien. Euh la deuxième des choses, c'est que notre poids à l'extérieur est indexé sur notre force à l'intérieur, notre force militaire, notre force économique, notre force morale aussi. C'est c'est peut-être un tout petit peu moins vrai de la pour la France que ça ne l'it pour d'autres pays puisque les grands diplomates qui sont présents aujourd'hui le savent mieux que quiconque.

La France a toujours réussi à boxer au-dessus de sa catégorie parce que dans l'histoire, elle s'est affirmé comme elle s'est affirmée avec des paroles fortes que les peuples du monde ont retenu. La grandeur de la France a un pact 20 fois séculaire avec la liberté du monde. La phrase du général de Gaulle, elle elle dit très bien que il y a quelque chose de très particulier quand les peuples du monde pensent à la France. La semaine dernière, j'étais à Belgrade en Serbie où se trouve le seul monument qu'un État est consacré à la France sur son propre territoire parce que la Serbie doit à son unité nationale son existence pour partie à la fraternité d'armes qu'elle entretient avec la France.

Donc tout ça compte et ça continue à compter dans les relations. Mais soyons voilà, soyons réalistes. Malgré tout le tout le talent tactique du de la diplomatie française et évidemment du président de la République, nous avons besoin d'être forts à l'intérieur pour peser à l'extérieur. Est-ce que c'est le premier point est-ce qu'actuellement l'Europe est unie ? Bon, elle est unie dans sa dans son analyse et son constat.

Euh mais le choc est est le le je veux dire le choc est tel entre ce qui nous vient de l'Orient et ce qui nous vient de l'Occident que même tous ces efforts que nous avons réussi à faire en commun en brisant un certain nombre de totems et de tabous pour nous défaire de certaines de nos dépendances qui ont qui sont apparues au plein en plein jour au moment de la COVID-19 ou de la guerre en Ukraine, et bien il les [raclement de gorge] les le degré d'appréhension de ce que ces chocs signifient pour l'avenir de l'OTAN ou de l'Union européenne et est variable d'une capitale à l'autre.

euh nos efforts, ceux de la diplomatie française aujourd'hui euh sous l'autorité du président de la République, c'est de nous déployer auprès de nos partenaires euh pour que les bonnes décisions soient prises euh dans ce moment que nous traversons. Et donc pour consolider une unité européenne mais par le haut plutôt que de de que l'unité se fasse comme c'est parfois le cas et de manière regrettable sur la base d'un plus petit dénominateur commun. Vous avez ensuite réévoqué le le l'expression de certains dirigeants européens dont le président de la République de qu'un contact puisse être pris avec Vladimir Poutine.

Je crois que le président en en l'évoquant ne n'avait pas en tête les discussions que nous aurons à avoir plus tard lorsque nous aurons renforcé et lorsqu'on aura tourné la page de la guerre en Ukraine sur l'architecture de sécurité. Je crois que si il nous paraît que nous pouvons plus exclure cette possibilité aujourd'hui, c'est que nous avons tellement travailler à créer les conditions pour une paix durable en Ukraine que si toutefois les médiations qui sont aujourd'hui conduites devaient se sold reprendre en main cette médiation parce que tout le travail qui a été fait ne serait pas pour autant caduc.

Et puis enfin sur les Nations Unies, euh je je ne peux voilà, vous faites un constat de blocage. Je crois qu'il est assez largement partagé.

[raclement de gorge][toux] Nous avons été force de proposition sur la réforme des Nations-Unies parce que pensons que c'est un actif majeur qui va en quelque sorte au-delà de ce qu'on attendait de la société des nations à l'époque et qui qui en quelque sorte qui qui n'a qui a été une œuvre inachevée comme je le disais tout à l'heure mais sans prendre le temps de rendre hommage ou de rappeler à quel point cet exercice du traité de Locarno de la société des nations a été très utile parce que quand on regarde la génération des hommes et des femmes qui sont à l'origine des nations de l'Organisation des Nations- Unies et de sa charte en 1945.

Ce sont des esprits qui avait été entraînés à la paix par ce mouvement dans les années 20 de réconciliation et de tentative de domestication de la force. Donc faut faut rendre à la société des nations, ce qui était la société des nations d'avoir cultivé cet esprit qui n'a pas abouti avant la deuxième guerre mondiale mais qui a permis après de construire l'édifice. Alors, on a été force de proposition pour débloquer le Conseil de sécurité. D'abord pour débloquer le vétoant avec le Mexique a une quinzaine d'années, vous le savez que en gros les membres permanents renoncent à leur droits de vétocité de masse.

Je dois vous dire que on n pas eu beaucoup de succès avec les autres mêmes membres permanents du auprès du des autres membres permanents. L'autre initiative, celle que j'ai relancé avec pas mal de vigueur l'année dernière qui est l'élargissement du Conseil de sécurité pour le rendre au moins plus légitime en y faisant entrer l'Inde, le Japon, le Brésil, l'Allemagne et deux pays africains euh comme membre permanent avec toutes les prérogatives qui sont attachées.

Maintenant euh les développements récents et en particulier la charte du Board of Peace tel qu'elle a été adressée à la soixantaine de pays qui en ont été destinataires ce weekend rajoute à mon sens à l'urgence de de transformer les Nations-Unies si nous voulons les préserver. Et je le disais, les Nations-Unies, ça ont une vocation paix et sécurité, mais elles ont aussi de d'autres grandes missions, les droits de l'homme, euh le développement durable et elles exercent quoi qu'on en pense et même les États-Unis le reconnaissent dans le champ humanitaire par exemple euh des missions que que qu'aucune autre organisation dans le monde serait capable d'assumer à leur place.

Il suffit pour s'en rendre compte de se déplacer au aux frontières du Soudan traversé par la plus la crise humanitaire la plus grave du monde pour percevoir que si les Nations unies n'étaient pas présents avec toutes leurs chaînes logistiques pour accueillir les centaines de milliers de de sunanés qui se trouvent dans des camps au Tchad en Égypte ou au Soudan du Sud, personne d'autre ne vient ne leur viendrait en secours. Merci monsieur le ministre. Dominique Sénéquier et ensuite ce sera Hervé Gemar. Monsieur le ministre, merci beaucoup. J'ai une question un peu plus pratique sur le Groenland. Quels sont les angles possibles aujourd'hui d'une négociation par voie diplomatique ?

Monsieur le président, si vous m'autorisez, je réponds à Dominique Sénéquier pour pour dire que il y a à mon sens au moins [raclement de gorge] deux axes d'effort. Le premier, c'est tout simplement, comme les autorités françaises l'ont exprimé ces dernières heures, de de proposer qu' un problème de sécurité arctique soit apporté, une réponse dans le meilleur des cadres et ce cadre, c'est l'OTAN et donc d'inviter tous les partenaires de l'OTAN, au premier rang desquels les États-Unis d'Amérique à concevoir pour la zone artique ce qui existe pour le flanc oriental de l'Union. C'est-à-dire ces dispositifs sentinel sentinel, on appelle ça saint.

en en anglais et donc avoir un une sentinelle artique, c'est-à-dire un dispositif permanent euh de de je dirais de euh de maîtrise de de la de la menace sur le le flanc nord, si je puis dire, de de l'alliance et il me semble que c'est la meilleure des manières et sans doute la plus efficace pour répondre à cette préoccupation de sécurité exprimée par les États-Unis.

Et puis l'autre axe d'effort bien sûr, c'est de ne c'est d'amener l'administration américaine à ne pas prendre de nouveaux droits de douane qui coûterait très cher au contribuable et au consommateurs américains qui ne changerait pas à mon sens la posture européenne vis-à-vis du du Groenland et que nous serions contraints d'accueillir avec des mesures de représailles qui une nouvelle fois ne bénéficieraient ni aux Américains ni aux Européens puisque entre deux partenaires commerciaux aussi imbriqués que les États-Unis et l'Europe, aucun ne peut sortir gagnant d'une guerre commerciale. Merci monsieur le ministre. Alors maintenant donc c'est Hervé Gamard et après ça sera George Henri Sou Hervé.

Merci monsieur le ministre cher Jean-Noël de nous donner à espérer dans les saisons gâtées que que nous traversons. Vous avez cité Stéphan Schweig. Il se suicide après avoir terminé l'écriture du monde d'hier parce qu'il ne pas il ne pouvait pas imaginer que les alliés gagnent la guerre et créer un nouvel ordre international en 1945. C'est pourquoi il faut toujours garder cette vertu d'espérance chère à à Bernanos qui d'ailleurs n'avait pas convaincu devaille puisqu'il avait rencontré quelques mois avant son suicide.

Un petit grain de selmiclon qui est étonnamment à l'honneur aujourd'hui pour dire que une des raisons pour lesquel Roosevelt a reculé, c'est la réaction de l'opinion publique américaine puisque le secrétaire d'État Cordel Hull avait parlé des so-called free French et il y avait eu de telles réactions de la part de l'opinion publique américaine et des éditorialistes que finalement l'administration Roosevelt s'est un peu calmée et donc n'est n'a pas voulu conquérir par la force Saint-Pierre Mlan, ni les Antilles d'ailleurs qu'il souhaitait envahir. J'en viens à ma question qui concerne l'Allemagne.

Je parle sous le contrôle de notre confrère George Henry Soutou qui a publié il y a 30 ans un livre fondateur sur la relation franco-allemande qui s'appelle l'Alliance incertaine puisqu'on a toujours beaucoup plus parlé de couple franco-allemand en France qu'en Allemagne. Donc ma question sera double. Où en est-on avec l'Allemagne ? Parce qu'on sait qu'il y a pas mal de sujets de friction. L'avion de combat futur, les relations commerciales multilatérales notamment avec la Chine. J'en passe et des meilleurs. Et la question jumelle c'est où en est l'Allemagne avec l'Europe ?

puisque à lire la presse allemande, on voit beaucoup d'euroscepticisme se développer dans ce pays qui pourtant a toujours été un des moteurs de l'Union européenne. Je vous remercie. Merci beaucoup monsieur le président et merci à à Herv Guemar pour ces remarques et notamment celle qui porte sur l'opinion publique américaine dans l'épisode de de Saint-Pierre et Nickelomb. Sans grande surprise, l'opinion publique américaine aujourd'hui ne semble pas être tout à fait convaincue par les les revendications de de l'administration sur le Groenland. Mais à n'en pas douter, ça aura un rôle à mon avis important dans la la la suite des des discussions entre danois, américain, européen.

La question de la relation entre la France et l'Allemagne est fondamentale pour ce que j'évoquais tout à l'heure du du relèvement de l'Europe. De ce point de vue-là, le président de la République et le chancelier ont on ont on ont déployé tous les efforts pour que lorsque les deux gouvernements se sont rencontrés à Toulon l'été dernier, nous puissions réamorcer la pompe euh de projets créant les solidarités de fête pour reprendre le lexique de Robert Schuman qui comment dire qui active les forces centripèes plutôt que les forces centrifuges. qui sont toujours présentes entre nos deux pays.

Et il est essentiel que cette agenda de Toulon, nous puissions le mener à bien, que nous puissions aussi le compléter par de d'autres initiatives lors de notre conférence récente des ambassadrices et des ambassadeurs, constatant que de part et d'autres du rein, des talents reconnus dans le monde entier investissent pleinement le champ de l'intelligence artificielle et du quantique. que nous puissions faire du numérique ce que le charbon et l'acier furent en 1950, même si évidemment compéison ne fait pas raison et qu'il faudra inventer d'autres moyens pour créer des solidarités entre nous qui s'installeront pour des générations.

C'est absolument indispensable dans le moment où que nous vivons où effectivement le les je dirais les forces anti-européennes ou les tendances nationalistes sont en train de gagner. Vous avez cité l'Allemagne, on pourrait citer aussi la la France. C'est d'ailleurs peut-être une des russes de l'histoire. Il y a une une énergie qui traverse le peuple européen que j'ai essayé de de décrire en quelques mots tout à l'heure qui appelle à plus de souveraineté mais qui est qui est convaincu que cette souveraineté passe par une Europe plus forte. Si l'Europe ne se renforce pas pour répondre à cette demande de souveraineté, qui répondra à cette attente ?

Bien, c'est la souveraineté bien plus bien plus illusoire mais bien mieux connue qui est celle de la souveraineté nationale qui est la gamme traditionnelle des des partis nationalistes. Et là, évidemment, le défi pour l'Europe se se se deviendra considérable et à commencé à commencer bien sûr par le couple franco-allemand où les les les les responsables politiques doivent multiplier les occasions de resserrer les liens, mais aussi porter ensemble une ambition renouvelée pour l'Europe. C'est c'est ce que le président de la République et le chancel Mers s'efforce à faire. Merci monsieur le ministre.

Nous savons que vous devez partir dans quelques minutes seulement et je pense que la question de George Henry Suou de ce fait sera la dernière. George Henry, vous avez la parole. Merci beaucoup. Je serai très bref dans ma question. Tous les thèmes que vous avez évoqués auraient profonde résonance si vous les exposiez devant n'importe quel auditoire, n'importe [raclement de gorge] où en Europe. Il y a un pays en particulier à mon avis où il raisonnerait profondément avec les discussions locales si j'ose dire en cours, y compris dans les médias, y compris la presse quotidienne, c'est l'Italie.

Et ma question sera que pensez-vous de l'état de l'avenir possible souhaitable d'un rapport franco-italien à mes yeux essentiel même s'il est parfois un peu grinçant. [grognement] Je parle sous non seulement sous le regard de la caméra de l'agence France-Press mais aussi sous le regard de l'ambassadiris d'Italie en France.

Donc je mesure mes propos et surtout je veux dire la voilà la la très profonde amitié qui lit le peuple français, le peuple italien, on a pu le vérifier avec madame l'ambassadrice lors de la fête nationale où c'est c'est plus d'un millier de personnes qui étaient qui étaient rassemblées pour cette pour ce moment qui traduisait combien nos nos deux pays qui vivent côte à côte sont en réalité des histoires et des peuples mêlés. Euh et cette cette comment dire cette relation, nous avons voulu la la resserrer un peu plus encore avec un traité du Kirinal qui vient dans toutes les dimensions de ce qu'un pays de la relation d'un pays avec son voisin resserrer les liens.

J'ai pour ma part avec mon ou j'entretiens pour ma part avec mon collègue italien Antonio Taani des relations très fréquentes, très proche, très amical aussi. Antonio Tayani, ancien commissaire européen, profondément attaché à à l'idéal européen qui est le chef de l'un des partis de la de la coalition et avec lequel on peut évidemment travailler dans l'intérêt de l'Union européenne.

Il arrive qu'on ait quelques divergences d'appréciation sur des situations, mais vous aurez constaté que sur l'un des dossiers principaux de la fin d'année qui touche à à la relation de l'Union européenne avec une région de l'Amérique latine, la France et et l'Italie et et leurs deux dirigeants ont ont agi de concert. Merci monsieur le ministre. Je crois que nous venons de vivre une séance tout à fait extraordinaire grâce à vous. Votre discours était inspirant et montre qu'il y a au gouvernement une volonté d'aller de l'avant, de donner toutes ces chances à notre pays, à l'Europe, à la paix et à la démocratie dans le monde. Monsieur le ministre, soyez-en remerciés.

Chers confrères, chers consœurs, si vous me le permettez, je vais avec le chancelier et notre secrétaire perpétuel raccompagner le ministre. Donc la séance va être suspendue pendant 5 minutes et on la reprendra pour traiter nos questions habituelles. Monsieur le ministre, une fois encore un immense merci.

1:29:34
Non speech

[applaudissements]

1:29:51
Jean-Noël Barrot

Comment s'est passé