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interviewBFMTV· 6 novembre 2025 44 min

Budget, PS, voile à l'Assemblée... L'interview en intégralité de Manuel Bompard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

C'est Manuel Bompard. Bonsoir Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise, député des Bouches-du-Rhône. Je voulais vous faire écouter une petite phrase de Bruno Retailleau, un constat qui devrait vous plaire. On écoute Bruno Retailleau ce soir sur BFM TV.

0:16
Invité

Olivier Faure propose, décide et malheureusement le Premier ministre s'exécute. Moi je n'appartiens pas à un gouvernement qui aurait pris des positions contraires à mes convictions.

0:30
Présentateur

En gros, il dit que le gouvernement est de gauche.

0:32
Manuel Bompard

Moi mon sentiment c'est plutôt que Sébastien Lecornu décide et qu'Olivier Faure exécute si vous voulez. Je le vois plutôt dans l'autre sens.

0:39
Présentateur

Ah bon ? Pourtant vous avez vu tout ce qu'il a obtenu Olivier Faure ?

0:42
Manuel Bompard

Ah bon ? Allez-y, dites-moi.

0:43
Présentateur

Je vais vous citer Olivier Faure. La sanctuarisation des jours fériés, l'abandon de la réforme de l'assurance chômage, la suspension de la réforme des retraites, une sorte d'ISF, l'impôt sur la fortune improductive, des pensions de retraite et des minima sociaux qui sont finalement dégelés, un milliard de plus pour l'hôpital, etc. Il a obtenu des choses, vous ne pouvez pas dire le contraire.

1:06
Manuel Bompard

On prend la liste ?

1:07
Présentateur

Oui.

1:08
Manuel Bompard

Alors les jours fériés et l'abandon de la réforme de l'assurance chômage, elles sont tombées en même temps que le gouvernement de François Bayrou. Donc ce sont des annonces qui sont antérieures à la décision du Parti Socialiste de ne pas censurer le gouvernement de Sébastien Lecornu. Donc c'est un peu fort de café de m'expliquer que c'est la conséquence de la non-censure du Parti Socialiste. Deuxièmement, un certain nombre de mesures que vous avez annoncées, par exemple vous avez annoncé qu'il aurait obtenu le DGL des pensions de retraite.

Bon, il se trouve que ce sont des amendements, pour l'instant d'ailleurs en commission, pas en séance, des débats qui ont lieu en ce moment à l'Assemblée nationale sur le projet de loi de la sécurité sociale, qui sont des amendements de suppression de cette mesure, qui ont été votés par tous les députés, de tous les partis, y compris des Insoumis en l'occurrence. Si vous voulez donner cette...

1:56
Présentateur

D'accord, donc vous dites, c'est pas grâce au PS, c'est grâce à un ensemble de choses, mais ça avance.

2:02
Manuel Bompard

Non mais attendez, pour l'instant, dans le débat parlementaire qui est ouvert d'un côté sur le budget et de l'autre côté sur le budget de la sécurité sociale, oui, il y a des mesures, de mon point de vue horrible, qui sont prévues par le gouvernement et que nous arrivons à battre, évidemment. Par exemple, je vous donne un exemple. Lundi, nous avons réussi à enlever du budget de l'État, à ce stade, le fait que les personnes qui sont atteintes de maladies de longue durée, de maladies chroniques, perdraient l'obligation de fiscaliser les indemnités qui touchent à ce titre-là. C'est notre amendement qui a été voté.

Le problème, c'est pas de savoir si on arrive à infliger, en quelque sorte, des défaites au gouvernement. Évidemment qu'on le fait. Mais le problème, c'est est-ce que ça va survivre à la suite du calendrier parlementaire ? C'est quand même le sujet essentiel, parce que c'est celui qui va répondre à la question de savoir si ça va avoir un effet sur les conditions de vie des Françaises et des Français.

2:50
Invité

Le Rassemblement national mêle parfois ses voix au vote, notamment quand il s'agit de taxer les multinationales.

2:57
Manuel Bompard

Ça, on y viendra, si vous voulez, mais là, c'est un autre sujet. Là, en l'occurrence, la mesure dont je vous ai parlé a été votée par tout le monde, tous les députés.

3:02
Invité

Ce qui m'intéresse, c'est de savoir, c'est ce qui fascine d'ailleurs beaucoup d'observateurs, pourquoi une telle haine entre la France Insoumise et le Parti Socialiste, dont on a été témoin ici à plusieurs reprises, où on a vu un élu LFI et un élu socialiste, mais se rentrer dedans comme s'ils étaient l'un de droite et l'autre de gauche ?

3:25
Manuel Bompard

D'abord, je ne sais pas pourquoi vous parlez de haine, on parle de débat...

3:28
Invité

Mais non, mais M. Tréard, s'il vous plaît... Ce n'était pas le dialogue. Non, non, non, attendez, on va être tranquille. Mais vous n'énervez pas, M. Tréard ! On va être tranquille, ce n'est pas moi qui surinterprète. Ah si, excusez-moi, quand vous parlez... Non, non, non, on va pas jouer sur les mots. On va vous passer des passages.

3:44
Manuel Bompard

Mais ne considérez pas que de la confrontation politique, de la contradiction politique, de l'échange d'arguments s'apparente à de la haine. Bon, pardonnez-moi, en tout cas, dans mes propos, dans mes arguments, dans mes contradictions, je ne considère pas que ça s'appelle de la haine, premièrement. Deuxièmement... Bon, alors, là, c'est de la sémantique, mais... Jusqu'au bout, si vous voulez bien la question... Ben non, ce n'est pas de la sémantique, c'est un petit peu important. La haine, ça révèle quand même une manière de se traiter qui ne correspond pas à l'idée... Il y a une rupture, il y a une rupture. Il y a une rupture. Du débat démocratique.

4:13
Invité

Pour le reste, attendez, excusez-moi, j'ai bien compris que votre gourmandise,

4:19
Manuel Bompard

c'est de mettre en scène les affrontements entre la France Insoumise et le Parti Socialiste. Mais moi, ma bataille que je mène en ce moment à l'Assemblée Nationale sur le budget, je la mène pour essayer de protéger les Français des conséquences de ce qu'il y a dans ce budget sur la vie des gens. Et donc, mes principaux adversaires aujourd'hui à l'Assemblée Nationale, c'est le gouvernement macroniste qui a l'intention d'infliger ces mesures. Par exemple, on a sorti il y a quelques jours le fait qu'ils avaient l'intention de sabrer ce qu'on appelle la prime de Noël pour les allocataires du RSA. – Mais il n'y a pas que ça, je vais vous citer un exemple.

– Moi, c'est ça qui m'intéresse, et de mener l'affrontement avec l'extrême droite. Attendez, je vais aller au bout de mon raisonnement. Après, quand le Parti Socialiste raconte des mensonges, parce que parfois, effectivement, sur les votes qui ont lieu à l'Assemblée Nationale, ils rencontrent des mensonges, excusez-moi de les corriger, c'est mon travail aussi.

5:04
Présentateur

– Quelle mensonge, pardon, quelle mensonge ?

5:06
Manuel Bompard

– Par exemple, quand le Parti Socialiste prétend qu'il a rétabli l'impôt de solidarité sur la fortune, alors qu'il a modifié à la marge un impôt existant qui s'appelle l'impôt sur la fortune immobilière, d'une telle manière que les personnes qui sont les plus riches aujourd'hui, si la mesure du Parti Socialiste arrivait jusqu'à son terme, paieraient finalement moins d'impôts que dans la situation actuelle. Si vous voulez, je vais vous donner des détails. Il y a un barème progressif sur l'impôt sur la fortune immobilière. Le Parti Socialiste vient de le modifier pour intégrer un barème avec un taux fixe de 1%.

Tout le monde qui nous écoute peut comprendre que si vous avez beaucoup, beaucoup d'argent, quand il y a un barème progressif qui monte jusqu'à 1,5%, ou quand il y a un taux fixe de 1%, c'est un cadeau.

5:45
Présentateur

– C'est vrai, juste un mot peut-être, pardon, pardon, Yves, Yves, Yves, pardon, juste pour éclaircir sur ce point, puisqu'on a un économiste en plateau. – Oui, mais sauf qu'on a augmenté la fiette.

5:52
Manuel Bompard

– C'est vrai. – Effectivement, il n'y avait que l'immobilier qui était concerné. Là, tout est concerné, y compris, – Non, pas tout. – Oui, attendez, y compris, effectivement, les bijoux, etc., les meubles, les avions, pas beaucoup de Français qui ont des avions, mais surtout, ça qui est très intéressant, l'assurance-vie, et ça c'est… – Une partie des assurances-vie. – Oui, une partie de l'assurance-vie, sauf l'assurance-vie investie en actions. – Exactement. – C'est-à-dire que notamment l'assurance-vie investie sur les bons du Trésor, sur les obligations d'État. – Donc c'est là où c'est complètement, je dirais, carcadien, c'est-à-dire que d'un côté… – Moi, je n'ai pas voté ça.

– Oui, d'accord, mais je vous parle du projet, d'ailleurs, ce n'est pas du PS, ça vient du Modem. – Oui, sous-amendé par le Parti Socialiste. – Non, mais ça c'est incroyable, c'est-à-dire que, on a un… Moi, je pensais que c'était vous qui avez fait ça, si vous voulez, parce que… – Non, moi, je fais des choses sérieuses, monsieur Toitier, même quand je ne suis pas d'accord avec vous.

6:33
Invité

– Même le Modem, le PS, mais c'est ça le drame, c'est qu'effectivement, on a cette… – Parce que ça, c'est quand même assez incroyable, on vous dit, sur l'assurance-vie, donc qui est là, pour financer la dette publique, et que c'est des Français qui, effectivement, se disent « bon, je vais acheter des obligations de l'État pour essayer de financer la dette publique », ben vous, on va vous taxer davantage.

6:46
Manuel Bompard

– Surtout pour avoir des garanties. – C'est complètement, évidemment, schizophrénique, et c'est ça qui est aujourd'hui inquiétant, donc c'est pour vous dire que le drame, soyons clairs… – Vous ne pouvez pas me reprocher une mesure que je n'ai pas voté.

6:55
Présentateur

– Non, mais pas du tout, mais c'est une précision. – Pour rebondir sur ce que dit Yves Tréhard, il y a un vote qui illustre ce clash entre le PS et la France insoumise, c'était hier, un vote donc sur un amendement qu'on a un petit peu du mal à comprendre du côté de la France insoumise.

7:08
Locuteur non identifié

– Pourquoi vous n'avez pas du mal à comprendre ? Expliquez-moi.

7:10
Présentateur

– Alors, un vote sur un amendement qui vise à augmenter la CSG sur les revenus du capital, voté par le PS, et vous avez voté contre. Pourquoi ?

7:20
Manuel Bompard

– Je vais vous expliquer très simplement pourquoi, parce que juste après, dans la liste des amendements, il y avait un autre amendement qui faisait exactement la même chose, mais qui augmentait davantage le taux. Et donc en fait, ce qu'on a fait, tout simplement, c'est qu'on n'a pas été d'accord avec l'idée que le PS, en se mettant d'accord avec le gouvernement macroniste, cherche à faire un amendement qui soit à moins dix ans, donc nous ne l'avons pas voté, et quelques minutes plus tard, nous avons fait voter par une majorité des députés à l'Assemblée nationale un amendement mieux dix ans, de mon point de vue, tout simplement.

Donc en fait, le PS avait l'intention de faire une sorte de petite micro-mesure, on a empêché cette manœuvre et ça nous a permis de faire une vraie mesure, tout simplement. En fait, il suffit de regarder la liste...

7:55
Invité

Ce qui est intéressant...

7:56
Manuel Bompard

Non mais ne faites pas la...

7:57
Présentateur

Oui, mais est-ce que derrière, honnêtement, vous n'êtes pas bloqué par une pseudo-traîtrise de la part du PS, et vous vous opposez à tout ce qu'ils font, finalement ?

8:06
Manuel Bompard

Non mais madame, si vous me posez une question, écoutez juste la réponse. S'il y a un amendement qui va augmenter les salaires, je vous donne un exemple de 3%, et que juste après, il y a un amendement qui va augmenter les salaires de 5%, et que vous, vous êtes pour augmenter les salaires de 5%, et que vous pensez que vous pouvez faire adopter cet amendement qui augmente les salaires de 5%, vous ne votez pas celui qui les augmente de 3%, de telle sorte, est-ce que ça soit lui de 5% qui soit adopté ? C'est précisément ce qui s'est passé hier.

8:28
Invité

J'ai deux petites questions à vous poser, de méthode. Oui. Est-ce que, finalement, le PS, en faisant ce qu'il fait, il n'essaye pas d'améliorer le sort des Français, et notamment des Français les plus modestes, alors que vous, vous rejetez tout en bloc, et qu'à ce moment-là, vous êtes sur une ligne que beaucoup de Français peuvent dire, ils ne nous rendent pas tellement service, parce qu'ils n'essayent pas, justement, de faire les réformes que nous, on souhaiterait voir apparaître.

8:56
Manuel Bompard

Mais, M. Tréard, par la censure du gouvernement, et par le travail qu'on mène à l'Assemblée nationale, je vous le dis, on a obtenu davantage, aujourd'hui, dans le projet actuel du budget pour les Françaises et les Français, que le Parti Socialiste. Donc, vous ne pouvez pas me dire ça. Ça, c'est ce que dit le Parti Socialiste. On a obtenu davantage. Je vous ai parlé d'un certain nombre d'amendements qui ont été votés par nous. Le problème, à la fin, tout le monde le sait, parce qu'on peut faire semblant, c'est qu'une fois que le débat parlementaire à l'Assemblée nationale va être terminé, le texte va partir au Sénat.

Qu'ensuite, le Sénat, en quelque sorte, va rétablir le budget, à peu près dans la version telle qu'elle est proposée par le gouvernement. Et que donc, à la fin du fin, en fait, les mesures dont vous parlez là, à quelques exceptions près, elles ne seront pas dans la copie finale du budget. Et donc, c'est précisément la raison pour laquelle il fallait censurer ce gouvernement, parce que croire qu'un premier ministre macroniste, M. Lecornu, c'est le seul homme de l'univers qui a été dans tous les gouvernements d'Emmanuel Macron depuis qu'il est arrivé au pouvoir. C'est le seul. Il n'y en a pas un deuxième, comme ça, partout. Même sur les autres planètes, il n'y en a pas un autre. C'est le seul.

Il y a des gouvernements dans les planètes. Donc, essayez de faire croire que cette personne-là a été nommée pour mettre en place une politique différente de celle d'Emmanuel Macron.

10:02
Invité

Il y a un point sur lequel vous ne pouvez pas le contredire. Il y a un point sur lequel vous ne pouvez pas le contredire. Je ne sais pas, on va voir. C'est celui des retraites. Sur les retraites, il a pris un engagement, qui est une lettre de rectification, M. Lecornu, qu'il a prise sous la pression des socialistes. Mais pas seulement. Oui, mais notamment des socialistes quand même. Et c'est pour ça que les socialistes ont accepté, justement, de rentrer dans le jeu sans censurer d'emblée. C'est vrai. Et est-ce que ça, ça ne va pas aboutir, justement, au fait qu'il y ait une amélioration du sort des Français concernés par cette réforme, si jamais le budget est adopté ?

10:40
Manuel Bompard

Alors, d'abord, vous avez tout à fait raison. Le problème, il se situe dans la fin de votre question. Puisque c'est si jamais le budget est adopté. Oui, mais le problème, c'est que...

10:49
Invité

Non, mais je commence par là. Après, on va y en discuter du suite.

10:51
Manuel Bompard

Oui, mais le problème, c'est que pour que le budget soit adopté, M. Tréard, il faut donc accepter le doublement des franchises médicales, dont je vous ai parlé, par exemple, la baisse des indemnisations pour les personnes qui sont atteintes de maladies chroniques, le moindre remboursement des arrêts maladies, pour prendre quelques exemples, l'élargissement... On n'y est pas arrivé, c'est pas sûr. Mais d'accord, mais à la fin, à la fin, il va y avoir ça dans le budget.

Donc, si vous voulez adopter le décalage, parce qu'on peut dire suspension, si vous voulez, parce que j'ai l'impression que c'est ce que le Parti Socialiste a envie de dire, mais la vérité, c'est que, globalement, pour être pas trop technique, les gens qui sont nés en 1968, normalement, dans la situation précédente, partiraient à la retraite à 64 ans, et avec la mesure que propose M. Lecornu, finalement, c'est les gens qui sont nés en 1969 qui partiront à la retraite à 64 ans. C'est un décalage d'un an de l'entrée en vigueur de la retraite à 64 ans.

Ça ne concerne même pas toute la génération, puisqu'on a appris depuis que, par exemple, toutes les personnes qui sont en dispositif carrière longue, c'est entre 20 et 25 % des retraités, ne sont pas concernés.

11:48
Présentateur

Bon, oui, mais c'est déjà mieux que rien par rapport à ce que vous proposez.

11:51
Manuel Bompard

Mais, madame, ce serait mieux que rien si, en échange de ça, il ne fallait pas subir une sous-indexation pendant 4 ans des pensions de retraite, une doublement des prochaines... – Pardonnez-moi, le trou de la Sécu, il est tel ? – Mais oui, mais... – Vous ne pouvez pas me dire... Si moi, je vous dis demain, je vais vous donner un euro, mais par contre, je vais vous retirer votre maison, vous n'allez pas me dire « Ah, c'est génial, pourquoi vous ne prenez pas un euro ? »

12:15
Présentateur

– Là, l'objectif, c'est de me dire le trou de la Sécu... – Oui, donc c'est normal quand même

12:17
Manuel Bompard

de regarder si les gens, ils gagnent ou s'ils perdent. Moi, je vous dis que dans le budget de la Sécurité sociale, les gens perdent plus que ce qu'ils gagnent.

12:23
Invité

– Est-ce que, d'après vous, le Parti Socialiste a eu tort de rentrer dans le jeu, finalement, du gouvernement et de Sébastien Lecornu en mettant de côté le 49-3 ?

12:33
Manuel Bompard

– D'abord, ils ont eu tort de ne pas censurer le gouvernement. Si le gouvernement avait été censuré, ben oui, mais on aurait pu avoir...

12:39
Présentateur

– Ça, on l'a compris.

12:40
Manuel Bompard

– Ah oui, mais c'est quand même l'essentiel. Alors ensuite, deuxième élément, est-ce qu'ils ont eu raison de demander ou d'échanger la non-censure contre le renoncement au 49-3 ? Moi, je fais partie des gens qui, depuis le début, leur disaient « Mais ça, c'est un piège dans lequel vous allez tomber. » – Et je pense que le piège est en train de se voir sous les yeux. Et d'ailleurs, à l'époque, pardon, pas forcément ici, mais sur les plateaux, de manière générale, on me disait « Mais vous devriez être content puisque s'il n'y a pas de 49-3, c'est l'Assemblée nationale qui va écrire le budget.

» Et tout le monde a compris maintenant que non, c'est pas l'Assemblée nationale qui va écrire le budget parce qu'il y a une commission mixte paritaire. Parce que peut-être même... – Mais c'est pas...

13:13
Présentateur

Pardon, alors, pardon, pour cette question peut-être... Mais c'est pas l'Assemblée nationale qui a le dernier mot ?

13:17
Manuel Bompard

– Alors, c'est l'Assemblée nationale qui a le dernier mot. Si elle fait l'examen dans le délai constitutionnel prévu des 70 jours, là, pour l'instant, on est quand même assez mal parti puisque la première partie du projet de loi de finances sur les recettes, ça devait se terminer mardi. Ce n'est pas terminé. On va reprendre jeudi prochain et on va arriver assez vite à un délai de 40 jours. Délai de 40 jours, ça veut dire que ça s'arrête, ça part au Sénat. Et après, il faut boucler la discussion dans un délai de 70 jours. Aujourd'hui, on est très mal parti. Et si on ne rentre pas dans ce délai de 70 jours, le gouvernement a la possibilité de faire passer son budget par ordonnance.

Et donc, le travail qu'aura fait l'Assemblée nationale pendant 70 jours, vous le prenez, vous le froissez et vous le jetez à la poube.

13:56
Présentateur

– Et vous pensez vraiment que c'est un vrai scénario ? – C'est un scénario qui risque d'arriver.

14:01
Invité

C'est-à-dire que, ordonnance et projet de loi spéciale… – Alors, c'est deux choses différentes,

14:06
Manuel Bompard

M. Trer, si je peux me permettre. – On peut les cumuler, non ? – En fait, non. La loi spéciale ne peut être votée que si le budget est rejeté. – C'est ça. – Alors, si le budget est rejeté, on renouvelle les crédits de l'année précédente sur l'année suivante. Les ordonnances, ça nécessite que les délais constitutionnels ne soient pas tenus et alors le gouvernement a la possibilité de le faire. Donc, c'est l'un ou l'autre. Mais vous avez raison que sans doute, il va se passer l'un ou l'autre.

14:31
Présentateur

– Là, on devient un petit peu technique, c'est intéressant, mais pour revenir sur les propositions qui sont faites pour le budget de la Sécu qui est en ce moment à l'Assemblée nationale, je voulais vous entendre sur la prime de Noël. La prime de Noël qui est versée habituellement à l'ensemble des bénéficiaires du RSA, qui serait bientôt, M. Farandou, qui serait bientôt réservé uniquement aux personnes qui ont des enfants et lui, il explique en disant qu'il faut arrêter ces politiques de générosité maximale. Il y a des économies à faire et ça passe notamment par là.

14:59
Manuel Bompard

– Madame, c'est une honte. Ce qu'on appelle la prime de Noël, c'est une prime de fin d'année pour les personnes qui sont au RSA. On parle de personnes qui ont des rémunérations qui sont à peu près la moitié du seuil de pauvreté.

15:14
Présentateur

– On parle de 150 euros à peu près.

15:16
Manuel Bompard

– On parle de 150 euros, on ne leur donne pas, on ne leur verse pas des millions. Et aujourd'hui, on est en train de dire que c'est sur ces gens-là qu'on va aller faire des économies, alors que tout le monde sait bien que cette prime, bien souvent, elle est un moment de respiration pour des gens qui sont dans des situations extrêmement difficiles et qui, au moment où à la fin de l'année arrive, des fois, j'entendais dire « Oui, ce n'est pas à l'état de payer les cadeaux de Noël ». Franchement, la plupart du temps, les gens qui tombent cette prime de Noël, ils ne la touchent pas pour acheter des cadeaux de Noël, en fait.

Ils la touchent pour essayer de remonter la pente des difficultés qu'ils ont eues pendant toute l'année. Je trouve ça, je vais vous dire sincèrement, je trouve ça ignoble de considérer que c'est sur ces gens-là qu'il faut aller faire des économies.

15:52
Présentateur

– Et stratégiquement, politiquement, pourquoi – Mais stratégiquement, c'est une erreur incroyable.

15:58
Manuel Bompard

– Pourquoi Nézard-Andou fait ça ? – Vous savez quoi ? Ça peut rapporter, mais c'est appliqué 260 millions d'euros, alors que les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 100 milliards d'euros depuis 2021. Ce n'est pas sérieux. C'est ça qui me surprend aujourd'hui, c'est-à-dire qu'effectivement, on a vraiment des mesures à prendre très rapidement pour justement réduire cette dépense publique, non pas sur le social, il faut améliorer le fonctionnement du social. C'est vrai que la France est l'État, le pays le plus généreux dans le monde d'un point de vue social. c'est 32% de notre PIB, alors que la moyenne de l'OCDE ou les pays riches, c'est 21%. Donc la France est un pays généreux.

16:34
Invité

– Principalement les retraites et la santé.

16:35
Manuel Bompard

– Alors évidemment, il faudra améliorer certainement le fonctionnement. Par contre, il y a d'autres dépenses sur lesquelles on peut baisser très rapidement, c'est bien sûr les dépenses de fonctionnement qui n'arrêtent pas d'augmenter. Là, on n'en parle pas du tout. Vous voyez donc ça qui est inquiétant. – Il y a le vocabulaire aussi qui est employé. C'est-à-dire la manière

16:50
Invité

de dire la politique de la générosité, c'est fini. On sait très bien que les personnes qui sont au RSA qui font quand même une situation de précarité qui n'est même pas forcément à l'aise socialement, d'être pointé du doigt de cette manière-là à la veille des fêtes de Noël, c'est vraiment créé.

17:00
Présentateur

– Alors arrêtons-nous là-dessus. C'est vrai que, Yves, peut-être que vous avez eu des coulisses de cette décision. C'est vrai que le signal envoyé est très mauvais pour finalement peu de rentrée d'argent.

17:14
Invité

– Je vais vous dire une chose, c'est que les ministres peuvent dire à peu près ce qu'ils veulent. Le seul qui décide, c'est Sébastien Lecornu et éventuellement, ce qui peut se passer à Bercy, M. Ferrandou, est chargé de l'économie. Mais c'est Lecornu qui a une très bonne expression en début de semaine en disant « j'avance pas à pas ». Ça veut dire qu'il improvise au fur et à mesure de la discussion parlementaire. Mais là où je suis...

17:39
Présentateur

– Donc c'est lui qui est derrière ça ?

17:40
Invité

C'est ça que vous dites ? – Non, non, non. Mais les ministres parlent et c'est Sébastien Lecornu qui fait la synthèse. Et Manuel Bompard, de toute manière, a tout à fait raison. Le problème, c'est que le texte... Je vous rappelle qu'on n'a pas encore commencé à parler des dépenses, des recettes. Et donc là, il s'agit d'une dépense en plus. – Oui, c'est dans la partie dépense du budget, pas du budget de la sécurité. – Les ministres peuvent dire ce qu'ils veulent, mais ce qui se passe, c'est que le texte va partir au Sénat où il sera de toute manière réécrit le texte. Donc aujourd'hui, on est dans une course contre l'avent avec une fin qui est probable et qui est écrite.

C'est que le budget de la France, que ce soit le PLFSS et plus sûrement encore le budget de l'État, ne pourra pas être voté en temps et en heure. – C'est là, on peut rassurer peut-être certains Français, parce qu'effectivement, je suis désolé, mais cette course à l'échalote, ce concours l'épine

18:31
Manuel Bompard

de l'imposition aujourd'hui fait peur à beaucoup de Français. Pas que les très riches, parce qu'ils ne sont déjà plus là, mais l'ensemble des Français. quand on augmente la CSG sur le revenu du capital, c'est sûr que la CSG, ça a été créée par Michel Rocard en 1991. À la base, c'était 1%. Donc pour combler le trou de la sécu, c'était une bonne idée.

18:46
Invité

Aujourd'hui, on a 9,2%, et si on voulait passer à 10,5%, et si on augmente, on prend toutes les cotisations sur l'épargne, on est à 17,5%. Donc c'est déjà énorme et nous, on va encore augmenter. Donc ça, c'est peut-être le point positif, c'est que finalement, et vous l'avez bien dit, tout ce qu'on est en train de débattre aujourd'hui, on est encore en train de perdre du temps. C'est ça qui est incroyable. On est en train de perdre du temps pour avoir un budget qui finalement va arriver certainement par ordonnance, et donc d'ailleurs, on aura certainement l'émotion de censure. Donc on sera au même point qu'il y a quelques semaines. On aura encore perdu 4 mois.

Donc l'image qu'on renvoie effectivement... Pas à moi que vous pouvez reprocher ça.

19:21
Présentateur

Marc Toissy et Emmanuel Bompard sont d'accord. Non, je crois pas.

19:24
Manuel Bompard

Pas sur les mesures. Pas sur les mesures. C'est sûr. Oui, mais je crois pas qu'on soit d'accord sur les mesures parce que... Mais oui, ça c'est ça. Non, mais pas grave. C'est pas grand du tout.

19:32
Invité

Mais sur la CSG, vous ne pouvez être que d'accord. Non, je suis pas d'accord. La CSG, sur la CSG, il faut la réduire. Attardez, attendez, attendez. Sans être péjoratif, le nombre de petits retraités qui ont des assurances vies ou qui ont des petits appartements, des petits studios qui louent et sur lesquels on va augmenter la CSG alors qu'ils comptent là-dessus pour vivre leur retraite, ça va être... C'est vraiment déflagrateur. Écoutez, M. Tarras,

19:57
Manuel Bompard

si vous êtes attaché au pouvoir d'achat des petits retraités ou des petits revenus, sans doute vous serez d'accord avec une proposition qui est dans le programme de la France Assoumise depuis des années et des années, c'est de faire en sorte que cette CSG, elle soit progressive. C'est-à-dire que moins on a de moyens, moins on contribue sur la CSG et plus on en a, plus on paye.

Parce que vous ne pouvez pas non plus considérer qu'il est normal dans notre pays qu'alors que vous avez à peu près 96% des dividendes qui profitent à 1% de la population, ça c'est des chiffres officiels, que quand on touche beaucoup, beaucoup de dividendes, on doit payer autant de CSG qu'une personne qui bénéficie juste d'une assurance vie qu'elle a placée sur des comptes. Vous voyez ? Donc sans doute que vous serez d'accord avec ma mesure et la mesure que nous défendons de rendre la CSG progressive. Après, pardon M. Toiti, mais à la fin, vous pouvez dire le problème c'est les dépenses, le problème c'est les dépenses et c'est là où on sera et c'est là où on ne sera pas d'accord.

C'est très élevé. Parce que moi je vous dis que si aujourd'hui il y a un déficit important dans ce pays, ce n'est pas parce que depuis 2017 les dépenses ont explosé, ce n'est pas ce que disent les chiffres officiels. Non, pas du tout. En proportion du PIB... C'est à 37% du PIB. En proportion... Attendez mais... Vous avez une équipe de fact-checkers. Ah pas du tout. Tout à fait, si, bien sûr. Non, non, non. A BFM Thierry, probablement. Vous verrez si ce que je vais dire à cet instant est faux ou pas. En proportion du PIB, les dépenses, elles ont baissé ou elles sont restées à peu près stables depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir en 2017.

Ce qui a par contre largement baissé, c'est les recettes de l'État en proportion du PIB. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu une politique qui a été une politique qu'on a appelée politique de l'offre, de suppression, notamment d'un certain nombre d'impôts, soit pour les plus riches, soit pour les très grandes entreprises, qui ont profité, écoutez, bien, 80 fois plus aux plus riches qu'aux plus pauvres de notre pays. Ça, c'est la politique qui a été mise en place par Emmanuel Macron. C'est-à-dire qu'on a fait des cadeaux aux plus riches et aux grandes entreprises. Et aujourd'hui, on vient voir les gens et on leur dit qu'on a dépensé trop d'argent, donc maintenant,

21:51
Invité

c'est à vous de payer la facture. Eh bien, moi, je ne suis pas d'accord avec ça. Pour vous contredire, la limite, c'est que ça fait baisser le chômage de 3 points.

21:57
Présentateur

Non, pas du tout. Ce qui n'est pas rien. Non, non, non. Ce qui n'est pas rien. Juste, attendez, attendez. Attendez.

22:02
Invité

Il est en train de réaugmenter, malheureusement.

22:04
Présentateur

Mais la tendance plus globale, elle est à la base. Non. Juste, vous voulez vous... Non, non.

22:09
Invité

Non, il faut être honnête. Non, il a... Là, le chômage est en train d'augmenter. Je parle de 2017 à maintenant. Oui. Il a 2017... Alors, M. Tréard,

22:18
Manuel Bompard

parce qu'on est attaché au fait ici, moi, je vais vous dire quelque chose. Le taux de chômage en France, il était au même niveau que les autres pays de la zone euro en 2017. Aujourd'hui, le taux de chômage en France, il est de 20% supérieur aux autres pays de la zone euro. Mais c'est une réalité. Donc, vous devriez vous poser la question de savoir pourquoi, alors que précisément, il y a eu une conjoncture internationale qui était plutôt favorable au retour à l'emploi, pourquoi la France a fait bien moins ? Et pourquoi 60% des emplois qui ont été créés sont de l'apprentissage subventionné par l'État ?

Là où c'est clair, c'est qu'au niveau des recettes fiscales qui ont été réduites, c'est parce que, justement, il n'y a pas eu d'impact économique.

22:49
Invité

C'est-à-dire que, globalement,

22:50
Manuel Bompard

la croissance...

22:51
Invité

Quand on augmente les impôts, on réduit la fiscale. Vous comprenez ? Et donc, à partir de là, on ponctionne plus ce gâteau plus petit. Donc, il y a moins de recettes fiscales. Il y a moins d'activité.

22:59
Manuel Bompard

C'est pourquoi, malheureusement... Vous avez raison. Je suis d'accord que la politique... Mais pourquoi vous voulez continuer de dire ça ? Non, je veux changer de politique. Il faut changer de politique. Je voulais vous soumettre... Votez pour nous.

23:05
Présentateur

Non, certainement pas. Je voulais soumettre un miracle à faillir avoir lieu sur ce plateau. Un sondage qu'on voulait vous soumettre. Sondage élable pour BFM TV. Jordan Bardella, qui est à 35%. C'est à peu près les mêmes scores pour Marine Le Pen. 20 points derrière Edouard Philippe. Même plus par rapport à Jean-Luc Mélenchon, qui est à 12,5%. Alors, certes, il y a une petite dynamique qui commence à s'installer pour Jean-Luc Mélenchon. Mais il reste très, très loin derrière le Rassemblement National. Est-ce que ça vous inquiète, ces chiffres ?

23:38
Manuel Bompard

Moi, je ne peux pas, évidemment, sauter de joie à voir que le Rassemblement National est estimé à 35% des voix. Par contre, comme j'ai un petit peu de mémoire des sondages et de mémoire électorale, je sais qu'à 18 mois de l'élection présidentielle de 2022, et là aussi, vous pourrez vérifier mes chiffres, Jean-Luc Mélenchon était annoncé à 8%. Marine Le Pen était annoncée à 30%. Ça faisait exactement 22 points d'écart. Ça, c'était à 18 mois de l'élection présidentielle 2022. Le soir de l'élection présidentielle de 2022, Mélenchon était à 22 et Marine Le Pen était à 23. Donc, de 22 points d'écart au début de la campagne, on est arrivé à 1 point d'écart à la fin de la campagne.

24:11
Présentateur

Donc, vous dites que tout est possible pour Jean-Luc Mélenchon ?

24:13
Manuel Bompard

Il y a une campagne électorale, et dans une campagne électorale, vous pouvez convaincre des gens et vous pouvez faire bouger les lignes. Et en tout cas, c'est mon objectif et c'est mon ambition.

24:20
Présentateur

Je pense que Jean-Luc Mélenchon n'a pas en effet un repoussoir sur une partie de l'électorat de gauche. J'aimerais qu'on écoute, c'était Raphaël Enthoven ce soir sur le plateau, et écoutez...

24:31
Manuel Bompard

Je ne suis pas sûr que l'électorat de gauche correspond exactement à la définition que vous êtes en train d'en donner, mais allez-y.

24:35
Présentateur

Écoutez ce que dit Raphaël Enthoven.

24:36
Invité

Si Jean-Luc Mélenchon est qualifié pour le deuxième tour face à Jordan Bardella, vous votez pour qui ? Je ne vote pas. Je ne vote pas. Malgré tout le mal que j'ai pu dire des abstentionnistes. Peu de gens ont dit autant de mal que moi des abstentionnistes. Je les ai traités de feignants, d'ingrats, de tout ce que vous voulez. Je les ai conchiés, maudits, etc. Eh bien, je m'apprête à intégrer ce club à la seconde. Vous restez à la maison ou vous votez blanc ? Je ne sais pas.

25:02
Présentateur

Ce n'est pas anodin non plus.

25:04
Manuel Bompard

Pourquoi ce n'est pas anodin ? Je ne sais pas pourquoi M. Enthoven est prescripteur des positions de vote de la gauche dans ce pays. Enfin, je ne comprends pas vraiment votre question. M. Enthoven, s'il n'est pas capable de faire la différence entre un parti qui défend, par exemple, d'interdire des emplois à une certaine catégorie de Français parce qu'ils ont une double nationalité, et un parti comme la France Insoumise qui, au contraire, défend l'égalité de tous les citoyens, quelle que soit leur origine, leur couleur de peau ou leur religion.

S'il n'est pas capable de faire la différence entre une formation politique comme la France Insoumise, qui défend un contre-budget s'appuyant sur le partage des richesses, et un parti comme le Rassemblement National qui défend un contre-budget dans lequel il propose, par exemple, de réserver, parce que ça, personne ne le sait, de réserver la prime d'activité aux travailleurs qui travaillent en France et qui sont de nationalité française.

C'est-à-dire très précisément que deux travailleurs, attendez, je termine ma démonstration, que deux travailleurs qui ont le même poste de travail, la même qualification, le même emploi, n'auraient pas la même rémunération à la fin, parce que l'un aurait la prime d'activité et l'autre ne l'aurait pas. S'il n'est pas capable de faire la différence entre ça, c'est-à-dire quelqu'un qui propose une politique qui a pas pris l'inégalité et le programme de la France Insoumise,

26:13
Invité

je ne peux rien faire pour lui.

26:14
Présentateur

Didier François ?

26:15
Invité

Non, enfin, de toute manière, c'est juste un constat, mais Raphaël Endeuven a déjà eu des positions de même nature sur la question du vote Front National. Avant, il disait qu'il votait Le Pen, même. Et la deuxième chose, c'est qu'il sort d'un procès fait à LFI en l'accusant de l'antisémitisme. Donc on peut comprendre qu'effectivement, il ne soit pas exactement sur cette ligne-là. Donc pour vous, ça... Je suis d'accord avec vous. Moi, je n'ai pas dit autre chose que vous.

26:41
Présentateur

Donc vous dites que c'est révélateur de rien.

26:46
Invité

Non, c'est révélateur du parti.

26:46
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon n'a pas un effet peut-être trop fort pour une partie écrite. Au-delà de Raphaël Endeuven.

26:53
Invité

Enfin, là, on a bien compris qu'on n'était pas seulement sur la question du fond politique. On est sur une question, entre autres, sur la question sur Gaza, qui a été une question fondamentale de désaccord entre LFI et une partie de l'électorat et de Raphaël Endeuven. Enfin, je dirais qu'on est... Ce n'est pas le sujet économique que... Mais pour Raphaël, je ne pense pas que ce soit l'économie qui l'est poussée à cette position-là. Je pense que c'est son combat sur la question. Ce n'est pas le sujet économique.

27:18
Manuel Bompard

Je n'entends très bien ce que vous dites, mais si je peux me permettre, les propositions dont je viens de parler ne sont pas juste des propositions économiques. Ce n'est pas le sujet économique. Non, mais allez, ce que je viens de dire, là, les exemples que j'ai donné...

27:27
Présentateur

Attendez, laissez Emmanuel, qu'on part terminé, je donne le micro.

27:29
Invité

Si vous voulez, ce n'est pas sur les sujets économiques que la fracture à gauche se fait.

27:35
Manuel Bompard

Mais ce n'est pas de l'économie de dire qu'il ne faut pas qu'une personne, parce qu'elle a une double nationalité, ne puisse pas avoir accès à certains emplois. Vous, vous appelez ça de l'économie. Moi, j'appelle ça l'idée que je me fais de la République.

27:43
Invité

Vous savez très bien que la fracture à gauche, telle qu'on la voit notamment, effectivement, elle s'opère sur Gaza, elle s'opère sur le discours. Certains discours que peuvent avoir certains élus de la France insoumise, comme ça a été encore cet après-midi le cas, ou hier après-midi plutôt le cas à l'Assemblée nationale, quand Mme, par exemple, Panot, ce n'est pas Mme Panot, Mme Obono a parlé d'islamophobie d'État. Ce n'est pas la seule, les institutions internationales qui en parlent pour la France. Non, non, mais je ne sais pas, je dis qu'à la France insoumise... Je ne vois pas le rapport avec Gaza, mais allez-y.

Si, si, parce qu'il y a une partie de la Cour qui n'accepte pas le discours de la France insoumise.

28:23
Manuel Bompard

Non, mais d'accord, mais enfin, si vous voulez, ça s'appelle la démocratie. Heureusement que tout le monde n'est pas d'accord avec la France insoumise en France, sinon on fait 100% aux élections, et je pense que ça vous inquièterait. Mais en l'occurrence, je ne suis pas sûr que Raphaël Entoven soit le maître étalon d'un électeur de gauche.

28:36
Invité

Je ne sais pas, M. Entoven, M. Entoven, c'est sûr, M. Entoven est le symbole de cette gauche qui recuse la France insoumise.

28:45
Manuel Bompard

Merci Yves, qui résume ma question. Mais je ne sais pas, qu'est-ce qui vous permet de faire ça à l'élection de gauche.

28:52
Invité

Si on prend les sondages, vous voyez bien que quand on met côte à côte M. Mélenchon et M. Glucksmann, M. Raphaël Glucksmann, on s'aperçoit qu'il y en a un qui est grosso modo à 12-13% avant le précédent sondage qu'on vient de vous montrer là, et l'autre qui est à 10%. Donc il y a quand même une partition de l'électorat de gauche.

29:21
Manuel Bompard

Alors attendez, il y a plusieurs choses dans ce que vous dites. Effectivement, vous avez raison. À gauche, il n'y a pas... Je l'écoute. Non, non, il suffit de dire les choses avec précision. Si vous êtes en train de me dire que Jean-Luc Mélenchon n'est pas le candidat unique de toutes les électrices et les électeurs de gauche aujourd'hui, ça ne m'a globalement pas échappé, j'en suis à peu près conscient. Sauf que ce que je vous dis, c'est que dans une campagne électorale, je pense qu'on a déjà fait à plusieurs reprises la démonstration, parce qu'à un moment, il faut sortir des polémiques.

Et à un moment, les gens qui nous écoutent, je crois que ce qu'ils veulent savoir, et après ils choisissent, c'est qu'est-ce qu'on propose pour le pays, et est-ce que ça va améliorer leur vie, est-ce que ça va correspondre à l'idée qui se fonde du pays dans lequel ils ont envie de vivre. Et à un moment, dans une campagne, on sort un peu des polémiques nauséabondes, qui cherchent juste à dénigrer les gens, et on commence à s'intéresser à ce qu'ils proposent. Si vous ne voyez pas que la France Insoumise, depuis deux ans, subit toute une série de polémiques nauséabondes, non pas à juste titre. Si ! Quand on refuse de qualifier... Bon, on va pas revenir là-dessus à nouveau.

Ça fait dix fois que vous me le faites, M. Tréard. Arrêtez deux minutes. À un moment, lisez les propositions qui sont dans notre programme, et interrogez-vous sur ça, et dites « je ne suis pas d'accord » quand vous n'êtes pas d'accord avec les propositions de mon programme. Cherchez pas tout de suite à dénigrer les autres.

30:33
Présentateur

Mais avançons un peu, on voit bien une dernière question là-dessus, sur la présidentielle qui va arriver bientôt. Il va bien falloir vous départager et trouver une façon... Vous savez bien que la gauche, elle est éparpillée, là. Est-ce que vous, vous pensez qu'une primaire serait une bonne manière de désigner un candidat pour porter la gauche ?

30:50
Manuel Bompard

Mais non, parce que, madame, regardez. Vous dites vous-même qu'il y a des différences entre Raphaël Glixmann et Jean-Luc Mélenchon, pour prendre cet exemple. Est-ce que vous croyez, une minute, que s'il y avait une primaire, et que, par exemple, c'est Jean-Luc Mélenchon, pour prendre cet exemple, qui gagnerait cette primaire ? Est-ce que vous croyez, une minute, que Raphaël Glixmann va faire campagne pour Jean-Luc Mélenchon et le soutenir ? Tout le monde sait que ce n'est pas vrai. Il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles. Et à l'inverse, si Raphaël Glixmann gagnait une éventuelle primaire, je ne vais pas, moi, ou Jean-Luc Mélenchon, faire campagne pour Raphaël Glixmann.

Donc, c'est bien la rupture dont on parlait au début de cette interview. Mais non, mais c'est parce qu'on ne porte pas les mêmes projets, madame. C'est la démocratie, ça. On ne va pas faire semblant qu'on est tous d'accord sur tout. Moi, je ne suis pas d'accord avec un certain nombre de mesures.

31:28
Invité

Le divorce, c'est surtout opéré sur certains sujets de politique étrangère. Et derrière, on va avancer... Didier-François. Entre autres, c'est pour ça que la question qui lui était posée, en fait, relevait de la décision judiciaire du jour. La seule question, après, ça ne passe pas par des primaires ou pas des primaires, il y a quand même une vraie question. C'est que là, ce qui est décrit, c'est en fait l'existence de deux gauches irréconciliables. Et deux gauches irréconciliables, ça pose un problème pour gagner une élection, quand même, non ?

31:54
Manuel Bompard

Moi, je ne crois pas... Je vous réponds franchement, je ne crois pas que les deux gauches sont irréconciliables.

31:59
Invité

Si on ne peut pas faire campagne pour l'un ou pour l'autre, s'il y en a un qui passe... Non, mais en même temps, j'ai l'impression que ce n'est pas nouveau. Il n'y a aucune élection présidentielle où le PS n'était pas tout seul. Ce n'est pas quelque chose... Au législatif, on trouve des moyens d'union, mais en fait, au présidentiel, il y a systématiquement un candidat qui incarne le courant de la France insoumise et un autre qui incarne le courant du PS. Mais sauf que là, il parle de la question du deuxième tour. C'est l'entention des siècles qui est éliminés.

Je pose la question de savoir s'il y a deux gauches un peu irréconciliables, puisqu'on dit que Mélenchon ne pourrait pas faire campagne pour, et lui ne ferait pas campagne pour Mélenchon. Au premier tour. Je peux l'entendre, bien sûr.

32:34
Manuel Bompard

Je rajoute la précision si elle n'était pas claire. Mais attendez, je vous réponds franchement. Je ne crois pas, moi, au fait que les électeurs de gauche soient irréconciliables. Je pense qu'il va y avoir des préférences de choix politiques. C'est pour ça qu'il y a une élection présidentielle, il y a un premier tour. Et évidemment qu'au deuxième tour, face à un macroniste ou face à un candidat d'extrême droite, la gauche, elle se réunira sur le candidat qui sera qualifié au second tour.

32:56
Invité

Il y aura un test, d'ailleurs, Manuel Bompard, c'est des élections municipales. Comment ça va se passer ? Est-ce que ça va être du cas par cas ? Est-ce que ça va être ville par ville, commune par commune ?

33:06
Manuel Bompard

Ou est-ce qu'il va y avoir des mots d'ordre au premier tour ? Au premier tour, là, de ce que je vois... Est-ce que vous allez essayer de faire des nuages ? Je vois comment les choses avancent. Et je pense que... Et là aussi, comme disait Rocaïa Diallo à l'instant, pardon, mais c'est à peu près courant dans les élections municipales. C'est aux élections municipales, il faut passer 10% pour être qualifié au second tour. Donc dans toutes les élections municipales, à part dans quelques cas très concrets, il y a plusieurs listes de droite, il y a plusieurs listes de gauche. Et puis c'est les électrices et les électeurs qui choisissent celles qu'ils mettent devant.

Et puis après, au deuxième tour, les listes, elles se rassemblent. En tout cas, ça a toujours fonctionné comme ça, à gauche.

33:40
Invité

C'est pas évident, si j'entends le discours, notamment à Paris, d'ailleurs.

33:43
Manuel Bompard

C'est certains socialistes qui disent qu'au même au deuxième tour, ils ne veulent pas s'allier avec la France insoumise. Oui, justement. Mais ça, posez-leur la question à eux, moi, j'y suis pour rien.

33:50
Invité

Mais est-ce que du coup, est-ce que vous, vous pourriez voter pour des candidats socialistes ?

33:54
Manuel Bompard

Non, moi, je vais vous répondre autrement, M. Tréhard. Parce que moi, je ne peux répondre que de mes décisions et des décisions des listes que je soutiens. Que nous, clairement, les insoumis, si on est en tête au premier tour de la gauche, on proposera le rassemblement de la gauche pour le second tour des élections municipales. Si vous êtes derrière, M. Grégoire dit qu'il ne veut pas s'allier avec nous. Donc, posez-lui la question, le jour où il a changé d'avis, je vous répondrai.

34:13
Invité

Donc, ça voudrait dire que vous, vous êtes comme le Parti socialiste ? Non, posez-lui la question et je vous répondrai.

34:17
Manuel Bompard

Mais non, moi, je vous dis que si on arrive en tête au premier tour de l'élection municipale, je propose le rassemblement. Et si vous êtes derrière ? Mais si vous êtes derrière, M. Grégoire dit qu'il ne veut pas s'allier avec nous. Donc, c'est vous dégoché. Bon, allez, s'il vous plaît. Mais non, mais posez-lui la question. Mais non, mais c'est incroyable, c'est pas moi qui ai répondu ça.

34:33
Invité

C'est incroyable, parce que l'autre réponse aurait pu être voter contre le candidat de droite ou des candidats. Attendez, attendez, mais après. Ça, c'est notre position.

34:42
Manuel Bompard

Allez, messieurs, si je peux en caser une, non ? C'était la position traditionnelle de la gauche ou de la gauche. Mais évidemment que ça reste la position traditionnelle. Mais on est là en réprovant. Non, mais non, non, parce que là, c'est un peu plus compliqué que ça. Sinon, c'est un peu technique. Non, c'est pas de la tactique. Si on passe la barre de 10%, Non, mais attendez, je prends personne pour un imbécile. Ça, je sais. Mais si vous êtes au-delà de 10%, au second tour des élections municipales, vous avez le choix entre vous maintenir, fusionner ou retirer votre liste.

35:05
Invité

Oui, mais c'est bien un choix tactique. C'est bien ce que je dis.

35:08
Manuel Bompard

On peut avoir la position de principe au départ. Si les hommes ne veulent pas fusionner leur liste avec vous, vous avez le choix. Bon, allez, on avance. Non, non, non, non.

35:13
Invité

Le principe de départ qui est de dire on veut battre l'adversaire. C'est ce que je vous ai dit, je crois.

35:18
Présentateur

Didier, un peu de discipline.

35:19
Invité

Pas totalement sûr. S'il vous plaît.

35:21
Présentateur

C'est valable pour tout le monde. Je voulais vous entendre sur la polémique après la venue d'Écolière qui portait le voile dans les tribunes de l'Assemblée. C'était hier. Yel Brunpivet, la présidente de l'Assemblée nationale, a été interpellée par Julien Audoul du Rassemblement national. Et voilà ce qu'elle dit. Il est inacceptable que de jeunes enfants puissent porter des signes religieux ostensibles dans les tribunes. Elle invoque une cohérence républicaine dans le lieu où la loi de 2004 sur la laïcité à l'école a été votée. Quel est votre regard à vous sur cette polémique ?

35:51
Manuel Bompard

Je la trouve infecte. Et voir pendant toute la journée des images de ces jeunes filles qui sont venues assister au débat de l'Assemblée nationale, ce qu'on devrait tous trouver plutôt bien, en fait. On devrait trouver plutôt bien que des jeunes hommes, des jeunes femmes, des citoyennes, des citoyens français viennent assister au débat à l'Assemblée nationale pour aussi comprendre comment fonctionnent nos institutions. Je trouve qu'on transforme ça en les pointant du doigt, en les ciblant au nom d'un principe que Mme Brunepivet vient d'inventer. Parce que, pardon, mais dans la loi... Et l'article 8 de notre règlement ? L'article 8 du règlement ne parle pas des signes religieux.

36:28
Invité

Vous devez être découvert. Oui, mais ce n'est pas la laïcité. Ce n'est pas au nom de la laïcité. On parle de tenue correcte. Vous devez être découvert. Donc, il ne parle pas des signes religieux.

36:35
Manuel Bompard

C'est dans le règlement. Donc, il ne parle pas des signes religieux.

36:38
Invité

Ce n'est pas au nom de la laïcité. Ce n'est pas la même chose.

36:39
Manuel Bompard

Mais le voie n'a jamais été un signe religieux.

36:44
Invité

Jamais. Jamais. Monsieur Trénais. Jamais. Ça ne figure pas dans le Coran. Ce n'est pas le sujet. La loi de l'Ouest. Mais Yves Tréa, le Coran n'a pas de valeur juridique en France. On ne peut pas... C'est incroyable. Ce n'est pas un signe religieux. Le Coran, ce n'est pas un texte de loi. Enfin, je ne comprends pas ce qui se passe ici.

36:58
Manuel Bompard

Le règlement du Sommet national. Vous m'avez parlé d'une loi qui...

37:01
Invité

Article 8, on ne peut pas se baser sur le Coran pour savoir ce qui est religieux ou non. Si c'est pas ça. Article 8, on doit être découvert dans l'Assemblée nationale. Mais alors, monsieur Tréa, je conteste votre... Qui comprend le public. Mais pas pour des raisons de laïcité, Yves Tréa. C'est ça, en fait. Vous manipulez la laïcité. Déjà, il y a une chose... Je ne dis plus le rien. Je vous dis l'article 8. Je veux dire deux choses. Il y a deux choses. Il existe qu'on soit découvert dans l'Assemblée nationale. Alors, il y a deux choses. Sur la question des enfants, la Convention internationale des droits des enfants permet aux parents de transmettre leur religion. Pardon Israël.

A leurs enfants, donc, les petites filles n'ont pas... Enfin, il n'est pas interdit pour des enfants de porter des signes religieux. Puisqu'en fait, la Convention internationale des droits des enfants permet aux parents de donner une religion à leurs enfants. La deuxième chose, c'est que la laïcité n'interdit aucunement le port de signes religieux dans l'ensemble de l'Assemblée nationale. Article 8 de l'Assemblée nationale, vous devez être assis... Pas au nom de la laïcité. Mais qu'est-ce que vous parlez de la laïcité ? On ne vous parle pas de la laïcité. C'est Yael Broun privé qui l'a fait. Laissez Yael Broun privé de côté et dites simplement que vous respectez le règlement...

Mais attendez...

37:56
Présentateur

Donc pour vous, ces petites filles, ne respectez pas le règlement vestimentaire de l'Assemblée nationale. Qui parle... Bah voilà ! Le public va porter... Personne ne connaît le règlement. Il n'y a pas des gardiens à l'entrée. Le public va porter une tenue correcte, se tenir assis, découvert et en silence. Voilà ce que dit le règlement à l'Assemblée nationale.

38:16
Manuel Bompard

D'accord, mais donc... Attendez, mais que les... D'abord, enfin, je trouve ça hallucinant cette discussion que vous vous tire. Je vais vous dire sincèrement. Si vous considérez, vous, sur la base de votre lecture du règlement de l'Assemblée nationale qu'il y a un problème, demandez à Mme Broun-Pivé, c'est elle qui est chargée de le faire respecter.

38:29
Invité

Non mais on peut en parler quand même.

38:30
Manuel Bompard

Non mais donc demandez-lui à elle. Là, vous me posez la question à moi de ce que je pense de la polémique du jour. Oui, on vous pose la question. Et je trouve ça infecte, je l'ai dit. Et en plus, le fait que Mme Broun-Pivé réagisse à une polémique qui a été lancée par un média, le média frontière, qui est un média d'extrême droite, par un député comme M. Odoul, qui s'est déjà fait remarquer sur ce sujet. Parce qu'une fois, dans un conseil régional, il avait même fait pleurer une famille qui était dans les tribunes. Alors que cette personne, elle venait. Et ces gens, ils viennent là pour essayer de voir comment fonctionne notre démocratie. Peut-être que c'est une bonne chose, non ?

Moi, quand je vois des enfants dans les couloirs de l'Assemblée nationale, je trouve ça super qu'ils viennent là.

39:02
Présentateur

Et les règlements intérieurs de l'Assemblée nationale ne mentionnent pas les signes religieux pour les visiteurs. J'aimerais juste, sans aucune transition, sur une note un peu plus légère, est-ce que vous faites partie de ceux qui aimaient boire des coups à la buvette de l'Assemblée nationale, Manuel Bompard ?

39:22
Manuel Bompard

Non, il se trouve. Alors après, je ne veux pas me distinguer. Mais en tout cas, personnellement, je bois très peu d'alcool et jamais à l'Assemblée nationale.

39:31
Présentateur

Ah, jamais !

39:31
Manuel Bompard

Non, sincèrement. Mais ce n'est pas pour... Après, il y en a qui le font et c'est aujourd'hui permis par le règlement.

39:37
Présentateur

Alors justement, pour combien de temps ? Parce qu'on est avec l'un de vos collègues, Emmanuel Duplessis, député NFP, qui nous attend du Loiret. Merci d'être avec nous. Vous vous proposez l'interdiction de la vente d'alcool à la buvette de l'Assemblée nationale. Pourquoi c'est important pour vous ?

39:56
Invité

Oui, bonsoir à tous et toutes. Je crois que déjà, il y a une question de principe autour du fait que ces frais d'alcool et de dépenses courantes d'alcool sont pris en charge aujourd'hui par nos frais professionnels, nos AFM. Je crois que c'est un problème. Je ne vois pas bien en quoi des dépenses d'alcool peuvent être considérées comme des dépenses professionnelles. Et puis, il y a le sujet d'avoir une buvette qui distribue de l'alcool juste à proximité de l'hémicycle, ce qui peut poser des questions d'ailleurs parfois de troubles à l'ordre public. Et dans une question à la fois d'exemplarité… Il y a des problèmes ? Pardon, je m'arrête un instant, mais ça pose…

40:41
Présentateur

Pardon, je m'arrête un instant, vous dites que ça pose des questions de troubles à l'ordre public au sein de la buvette de l'Assemblée ?

40:48
Invité

Non, mais c'est peut-être un grand mot, mais je crois que des faits de députés qui peut-être avaient abusé ou pas de quelques verres a pu émailler l'actualité régulièrement. Mais en tout cas, le sujet, c'est que c'est un lieu de travail, l'Assemblée, c'est un endroit où on délibère, où on traite de sujets sérieux. Et je crois que nos concitoyens, et d'ailleurs, quand je vois les réactions que j'ai, soit en circonscription ou que je peux voir sur les réseaux, c'est une surprise de savoir que les députés peuvent consommer de l'alcool à proximité de l'hémicycle.

41:25
Présentateur

Merci beaucoup Emmanuel Duplessis. Je voulais poser la question maintenant à Emmanuel Bompard. Vous êtes pour l'interdiction de la vente d'alcool dans la buvette ?

41:32
Manuel Bompard

Ça ne me choquerait pas qu'on l'interdise sincèrement, parce que comme ça a été dit, je trouve que franchement, c'est un peu difficile à comprendre pour les gens. Maintenant, je préfère dire les choses franchement. ce serait un peu démagogique de faire croire qu'on peut lutter contre un fléau comme celui de l'alcoolisme, y compris qui, des fois, peut frapper des parlementaires juste en interdisant la vente d'alcool dans la buvette de l'Assemblée nationale. Parce que c'est surtout que c'est les Français qui payent, surtout ça. Oui, il y a plutôt des raisons économiques qui étaient invoquées. Il y a cette question-là, et moi, je suis évidemment sensible.

42:02
Présentateur

Les recettes des seules boissons alcoolisées de la buvette en 2024 s'élèvent à un peu moins de 100 000 euros.

42:08
Manuel Bompard

Oui, mais c'est pour ça que je vous dis...

42:10
Invité

Les cafés autour de l'Assemblée nationale vont faire le plat, hein ?

42:12
Manuel Bompard

Oui, voilà. Tu vas repousser le problème de 20 mètres, là, c'est pour ça que j'ai ajouté ça, et c'est bon. Vous n'irez plus, du coup, il se préhère à la buvette de l'Assemblée nationale. Non, mais il faut arrêter, c'est pas nous qui finançons non plus. On peut se prendre des coups, les gars, ils vont au café, ils vont tirer. Après, il y a aussi une question de santé publique aussi.

42:28
Invité

C'est vrai qu'il y a quand même une question de santé publique qui se... Pardon, il y a une question de santé publique qui se pose, c'est-à-dire qu'il y a quand même aujourd'hui un discours en santé publique sur la prévention par rapport à la consommation d'alcool, et le fait que ce soit installé comme une pratique normalisée, je pense que ça n'envoie pas forcément le bon message par rapport à la raison qu'on doit adopter quand on consomme de l'alcool. Moi, je suis un vieux con, donc... C'est pas très 2025, quoi.

42:50
Manuel Bompard

Non, mais je suis d'accord avec ça, moi.

42:51
Invité

Moi, j'ai un petit côté vieux con, donc je comprends qu'il faille lutter, je pense que c'est un vrai problème, mais c'est ce que disait M. Bompard tout à l'heure, c'est un peu démagogique, c'est parce qu'on va faire... La question de l'alcoolisme est un vrai sujet. Je pense qu'effectivement, repousser le problème de 20 mètres, pour le coup, est un peu démagogique, et que c'est pas comme ça qu'on... Après, ça peut être un symbole... C'est symbolique, quoi.

43:11
Manuel Bompard

Mais après, si on veut vraiment...

43:12
Invité

Je pense qu'on a vaguement d'autres problèmes à régler aujourd'hui. C'est clair. Je suis particulièrement persuadé que le sujet de la semaine générale, ce jour, soit la question de... C'est ce qu'a dit Julie, elle veut dire un peu un petit jeune, un peu...

43:23
Présentateur

J'ai voulu faire un peu de sonne, comme vous dites. C'est bien, c'est bien. Marc Toitier, donc vous êtes plutôt contre. Plutôt pour, pardon.

43:29
Manuel Bompard

Oui, je suis plutôt pro, je ne serais pas choqué par une telle décision.

43:32
Présentateur

Voilà. Bon, merci beaucoup. Merci à vous. Merci Emmanuel Bompard d'être passé nous voir.