La fin du grignotage russe en Ukraine?
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- 2:00Sébastien GobertFait
« La Russie est à l'initiative sur les différents fronts ukrainiens depuis déjà plus de 2 ans et demi en opérant un grignotage constant du territoire ukrainien. »
- 3:00Sébastien GobertFait
« Les Russes continuent à pousser dans certains secteurs et les Ukrainiens ne sont pas sur le point de reprendre l'initiative. »
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On le sait bien et on en a déjà beaucoup parlé sur cette chaîne. La Russie est à l'initiative sur les différents fronts ukrainiens depuis déjà plus de 2 ans et demi en opérant un grignotage constant du territoire ukrainien. C'est un grignotage lent que l'on mesure à travers les noms des villes qui sont conquises petit à petit.
Bachmout, New York, Toret, Avdifka, Pokrovsk et maintenant Constantinfka, Kramatorsk, Slaviansk. Et c'est un effort offensif qui a demandé des sacrifices considérables de la part des forces armées russes pour des résultats qui somme toutes reste quand même assez mitigé au bout de plus de 4 ans d'invasion généralisée quand on compare les gains territoriaux à la carte de ce qu'il reste de l'Ukraine. Mais en tout cas, c'est un effort constant que les Ukrainiens n'ont pas pu enrayer depuis déjà plus de 2 ans et demi.
En tout cas, pas jusqu'à présent puisque ça pourrait bien être sur le point de changer. Alors, parlons-en. Bonjour à tous.
Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo où l'on réfléchit ensemble à cette nouvelle tendance qui marque une faiblesse russe mais aussi une montée en puissance ukrainienne. Même si d'ors et déjà je peux répondre à la question posée par le titre de cette vidéo. Le grignotage russe ne s'est pas arrêté.
Les Russes continuent à pousser dans certains secteurs et les Ukrainiens ne sont pas sur le point de reprendre l'initiative. et ça, j'y viendrai à la fin de cette vidéo. Avant d'entrer dans le vif du sujet, je veux juste dire que je suis très heureux de vous retrouver.
Euh, j'ai eu évidemment quelques longues semaines d'absence de nouveau, mais j'ai réussi là à sortir plus ou moins du tunnel des projets sur lesquels je travaillais assez intensément ces dernières semaines. Donc, j'imagine que les algorithmes de YouTube ne vont pas beaucoup m'aimer justement à cause de ce manque de régularité. J'espère que vous serez plus clément et j'espère surtout retrouver une certaine régularité dans la production de mes vidéos parce que même si l'actualité se concentre évidemment sur le Moyen-Orient, il y a quand même beaucoup de choses à dire dans la région de la mer Noire.
Beaucoup de choses que j'ai loupé. Et par exemple là, précisément au moment où j'enregistre, on est un peu dans la tente pour savoir s'il va y avoir des attaques aériennes russes ou ukrainienne pour venir perturber le weekend du 9 mai. En Russie aussi, on voit que les contestations contre Vladimir Poutine montrent.
Euh Vladimir Poutine qui a lui-même reconnu que l'économie russe battait un peu de l'aile. En Ukraine. Les critiques contre Volodimir Zelenski montent aussi après des nouvelles révélations dans l'affaire de corruption qui domine le pays depuis déjà près de 1 an.
Il y aurait aussi beaucoup de choses à dire sur l'économie ukrainienne ou sur l'état du processus de mobilisation. Et justement euh ce processus de mobilisation et bien il est clé pour donner des perspectives au phénomène que je vais décrire maintenant, c'est-à-dire ce phénomène de consolidation des défenses ukrainiennes. Donc d'abord partons du constat.
En fait, depuis le mois de février, on observe que les avancées russes, ce grignotage russe et bien il ralentit voire il est négatif avec des estimations qui sont assez diverses. Par exemple, dès le mois de février, on avait le groupe d'analyse Blackbird qui calculait que la Russie avait perdu du territoire pour la première fois depuis 2022. Là, en avril 2026, c'est le Fingtong Institute for the Study of War qui lui, selon ses propres calculs, a établi que la Russie avait perdu du territoire pour la première fois depuis l'incursion ukrainienne dans l'oblast russe de Coursk.
On le voit hein, il y a différents résultats et différentes interprétations de ces résultats en fonction des manières de définir la zone grise, en fonction des manières de certifier la géolocalisation de certains endroits. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que ces deux derniers mois, il y a un ralentissement des avancées russes sur les différentes zones du front ukrainien. Et en avril, ces avancées, elles ont pris place principalement dans l'lasmis.
Là, beaucoup plus que nulle part ailleurs. Beaucoup des commentateurs et experts qui observent cette guerre attendent avec plus ou moins d'impatience le lancement d'une offensive russe de printemps. Mais ça c'est de toute manière un effet déformant.
Euh, on aime bien annoncer des offensives de printemps, d'été, d'automne, euh le général hiver et ainsi de suite. Mais en fait, ce qu'il faut voir, c'est que ça fait déjà plus de 2 ans et demi que cet effort, il est constant, que cette offensive, elle est constante, elle est permanente et justement cet effort offensif et bien il est en train de ralentir. Alors, comme avec tout, ce phénomène est dû à une combinaison de différents facteurs.
En premier lieu, on peut citer un certain essoufflement donc des forces armées russes après cet [raclement de gorge] effort offensif qui s'est prolongé et qui a obtenu des résultats pendant 2 ans et demi. Il faut évidemment parler des problèmes de recrutement et du renouvellement des effectifs côté russes. Même si là encore, il est très [grognement] difficile de comprendre les statistiques et de comprendre les différentes estimations.
Les Ukrainiens affirmant depuis déjà près de 4 mois que les Russes perdent plus d'hommes sur le terrain que ce qu'il recrutent à l'intérieur de la Russie. Ça c'est quand même assez difficile à vérifier. Par contre, ce qui est clair, c'est que le rythme de recrutement et le rythme de renouvellement des effectifs côté russes et bien il ralentit.
Un autre facteur, c'est la consolidation des défenses ukrainiennes. Il semble que les forces armées ukrainiennes aient enfin réussi à dépasser plus ou moins les Russes dans la dronisation de la Kill zone. He donc la kill zone, c'est littéralement la zone pour tuer, c'est-à-dire maintenant une zone qui s'étend sur environ 25 km le long de la ligne de front et où règnent et bien des essins de drones qui cherchent des cibles en permanence.
Et bien, il semble que désormais les Ukrainiens déploient plus de drones que les Russes. En tout cas, sur certains secteurs clés du front. Selon les sources ukrainiennes, ce serait 30 % de plus, mais encore une fois, c'est difficile à certifier.
Les Ukrainiens ont aussi fortement densifié leur défense à travers l'édification de fortification. Donc maintenant, ce sont des milliers de kilomètres de lignes de tranché de dents de dragon de barbelé auquels font face les Russes. Les Russes qui avaient dû délaisser plus ou moins les assauts mécanisés, donc notamment à cause de la dronisation, mais aussi les assauts d'infanterie en masse tels que on y avait été habitué pendant la bataille de Barkmout.
Ils étaient passés à un rythme de groupe d'infiltration de 1 de voire trois hommes maximum. Mais même ces petits groupes maintenant, ils ont énormément de mal à se faufiler à travers les défenses étant donné qu'il y a de longues lignes de fortification et de longues lignes de barbelet à travers toute la zone. Et les Ukrainiens n'ont pas que consolider les défenses le long de cette ligne de front.
Ils ont aussi intensifié leur tir. Évidemment dans la profondeur. Ça, je pense que c'est très visible.
Les raffineries qui brûlent sur la mer noire ou dans l'laste de Saint-Pétersbourg, mais aussi les frappes de moyenne portée, c'est-à-dire des frappes qui visent des cibles entre 50 et 200 km de distance. Et ça c'est quelque chose qui nuit évidemment à toute la logistique de guerre russe, là où les Russes n'ont pas exactement réussi à reproduire euh l'intensification de ce genre de frappe euh côté euh ukrainien. Et donc en fait quand on met ça bout à bout, on en arrive à la conclusion d'une espèce d'inversion de la dynamique sur le terrain.
C'est-à-dire que les Russes ont moins d'élan et que ils avancent moins. Alors que les Ukrainiens sont désormais dans une position un peu plus confortable où ils sont donc en mesure de contrôler à la fois leur propre logistique mais aussi les flux des attaques. Et puis évidemment pour expliquer les faiblesses russes, on peut reciter l'état faible de l'économique reconnu Vladimir Poutine, les critiques qui montent contre la personne même de Vladimir Poutine, ce qui est assez inédit.
On peut rappeler les destructions des infrastructures pétrolières russes qui empêchent le pays de profiter de l'augmentation des cours du baris de pétrole suite à la guerre israélo-américaine contre l'Iran. Et puis aussi rappelez encore la coupure de Starlink qui a fait assez mal aux forces armées russes et qui s'est suivi par des coupures de télégram d'autres réseaux sociaux et des coupures généralisées d'Internet mobile en Russie qui à ce jour reste encore inexpliqué voire inexplicable. Et donc pour le résumer de manière très générale et bien en fait cette guerre commence à ressembler un peu à ce que les Ukrainiens voulait c'est-à-dire qu'il réussiraient à amener les Russes sur un terrain qui leur est favorable et non l'inverse.
Cela étant dit, on est potentiellement sur une inversion de la dynamique mais pas du tout sur une inversion des courbes. Et moi, je ne m'aventurerai pas à dire que les Ukrainiens sont en train de reprendre l'initiative et ça pour plusieurs raisons. D'abord, il est trop tôt étant donné que pour que les Ukrainiens restent vraiment dans cette situation plus ou moins confortable, et bien il faudrait que cette tendance se confirme dans la durée.
Deuxièmement, les Russes conservent toujours un avantage, un avantage numérique évidemment en terme d'homme, d'équipement et d'armement, mais aussi un avantage dans plusieurs secteurs où il continue à avancer. Et ça c'est vrai donc comme je l'ai dit dans l'oblast de soumis, alors la justification c'est d'établir une espèce de zone tampon le long de la zone frontière mais ça c'est juste de la rhtorique pour justifier les annexions territoriales mais aussi évidemment dans ce qu'il reste d'Ukrainien de l'Oblast de Donetsk et notamment autour des villes de Constantinfka Droukivka Kramatorsk et Slaviansk Constantinifka est d'ors et déjà un champ de ruine vidé infiltré par plusieurs groupes groupe russe. La route qui relie Constantinfka aux autres villes au nord de la Conurbation, donc Drouchifka, Kramathorsk et Slaviansk, est attaqué en permanence et menacé par les drones russes.
Un drone câblé avec de la fibre optique s'est écrasé sur Kramatorsk la semaine dernière, ce qui montre que les Russes sont vraiment très proches et ce qui montre que maintenant ils peuvent déployer ce genre d'arme qui est particulièrement difficile à intercepter. Et on voit aussi les premiers drones FPV russes voler au-dessus de Slavsk, ce qui nous donne déjà une idée du rythme du processus d'attrition pour ces villes. C'est-à-dire que d'un drone à l'autre, d'une attaque à l'autre et bien la ville s'épuise, les défenses s'affaiblissent, ce qui permet et bien un grignotage, ce qui permet des infiltrations russes qui sont très très difficiles à contrer.
Et ça, ça nous emmène au 3è point, c'est-à-dire que pour que les Ukrainiens reprennent l'initiative, et bien il faudrait qu'ils soient en mesure de lancer leur propre contreoffensive pour reprendre des positions, reprendre du territoire et desserrer un peu les taux autour de ces cibles et réduire la pression sur le reste de l'Ukraine. Et pour ça, l'Ukraine ne semble toujours pas en mesure de le faire. Comme je l'ai dit, évidemment, elle reste en infériorité. en infériorité en terme d'équipement, d'armement aussi de financement.
Faut voir que les dépenses militaires russes en 2025, c'était 160 milliards d'euros alors que l'Ukraine a elle fait un effort de 71 milliards d'euros. Et bien sûr, vous le savez bien, l'Ukraine est en infériorité numérique en terme d'homme. La stratégie ukrainienne actuelle, ça vise visiblement à remplacer le plus de soldats possible par des drones, qu'ils soient volants ou roulants, afin qu'on arrive à une situation où une petite poignée de soldats bien protégé et qui ne prennent pas de risque physique arrivent à déployer des centaines de drones volant ou roulant pour tenir une zone de front.
Mais ensuite, qu'est-ce que ça peut vouloir dire en terme offensif ? Évidemment, on a tous été très frappés, hein, il y a 2 semaines par l'annonce de Vladimir Zelenski de la reprise d'une position russe par des drones, donc sans intervention humaine physique. Mais est-ce que c'est quelque chose qui peut être reproduit à grande échelle ?
Est-ce qu'on peut reprendre une ville comme Donet avec des drones ? Je pense que c'est vraiment là toute la question si jamais on se projette sur la poursuite et la conclusion de cette guerre. Une des promesses du nouveau ministre de la défense, Mirail Fedorov, c'est de fluidifier le processus de mobilisation.
Et il y a déjà d'ailleurs plusieurs annonces qui sont faites et ça, j'aimerais beaucoup en parler dans ma prochaine ou une de mes prochaines vidéos. J'espère vous proposer ça dans un futur très proche. Mais là pour ce qu'il s'agit de cette vidéo, donc je vais m'arrêter là en résumant quand même.
Donc il semble que le grignotage russe soit enrayé ou en tout cas qu'il se soit sérieusement ralenti et que les Ukrain aient réussi malgré la très forte pression militaire à consolider leur défense et à se trouver dans une position plus ou moins confortable si on peut dire ça comme ça par rapport à la situation des deux dernières années. Mais il y a un mai, ça ne veut pas du tout dire que les Russes sont vraiment en débandade. Ils continuent à avancer dans certains secteurs, il continue à conserver un avantage notamment numérique.
Et en plus de ça, ça ne veut pas du tout dire que les Ukrainiens sont prêts à repartir à l'initiative. Donc voilà, mais en tous les cas, c'est vraiment très intéressant à observer, d'autant plus que ça s'inscrit vraiment dans une séquence où ben ça va pas si mal que ça pour l'Ukraine alors que les mauvaises nouvelles se sont un peu accumulées pour la Russie. ces derniers temps.
Et il faut rappeler hein que ce weekend, ce 9 mai, le jour de la fin de la Seconde Guerre mondiale de la Grande Guerre patriotique pour les soviétiques, et bien la grande Russie a dû réduire comme une peau de chagrin son défilé sur la place rouge par peur des attaques aériennes qui pourraient être conduites par une petite Ukraine que la Russie a passé des années, des décennies à minoré jusqu'à vouloir l'envahir entièrement pour en nier l'existence. Et donc c'est particulièrement remarquable et ce qui se passe sur le front et bien ça contribue à cette séquence. Voilà, je m'arrête ici.
Merci beaucoup d'avoir regarder cette vidéo jusqu'au bout. Je file et je vous retrouve cette fois-ci très vite.