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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 11 mars 2026 9 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTransportsInstitutions & élections

Prix du carburant : "Notre priorité, c'est de préserver le pouvoir d'achat", assure David Amiel

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 56 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:21OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous dites à un automobiliste qui ne comprend pas qu'on le laisse payer plein pot ?

  • 1:27RelanceRéponse partielle

    Pourquoi ne pas mettre en œuvre des mesures comme lors des précédents chocs énergétiques ?

  • 2:21FerméeÉludée

    Si la guerre dure et que le prix à la pompe ne baisse pas, est-ce que vous excluez un geste ciblé pour les plus modestes ?

  • 3:25OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous pourriez envisager une aide ciblée comme un chèque carburant ?

  • 4:34OuverteRéponse directe

    Faire un chèque carburant ou une ristourne à la pompe coûte de l'argent aux contribuables. Est-ce que vous pourriez dire aux distributeurs de multiplier des opérations à prix coûtant ?

  • 6:02FerméeÉludée

    Est-ce que vous avez vu ce qu'allaient décider l'Italie, le Portugal et l'Autriche sur le prix des carburants ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:56Invité politiquePromesse
    « Notre priorité absolue, c'est préserver au maximum le pouvoir d'achat des Français. »
  • 1:54Invité politiquePromesse
    « Débloquer rapidement les stocks stratégiques pour faire baisser les coûts. »
  • 5:17Invité politiqueChiffre
    « Ces contrôles ont permis d'émettre les amendes pour 6% d'entre eux. »

Temps de parole

  • David Amiel63 %
  • Présentateur37 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

À 7h49, Benjamin Duhamel, vous voici avec le ministre des Comptes Publics. Bonjour David Amiel. Bonjour. Merci d'avoir choisi France Inter pour votre première interview comme ministre des Comptes Publics. Pour ceux de nos auditeurs qui ne vous connaissent pas, vous avez 33 ans, vous êtes un macroniste historique, ce qui est presque une espèce en voie de disparition, aux côtés d'Emmanuel Macron depuis 2015. Vous avez été son conseiller, député et aujourd'hui ministre du budget. Je voudrais, David Amiel, qu'on aborde l'actualité la plus brûlante, la crainte d'un choc pétrolier, les prix des carburants qui grimpent, le litre de gasoil qui dépasse les 2 euros.

Qu'est-ce que vous dites à un automobiliste qui a été aidé pendant la crise énergétique en 2021, pendant la guerre en Ukraine et qui ne comprend pas qu'aujourd'hui on le laisse payer plein pot ?

0:39
David Amiel

C'est évidemment une situation très difficile. La hausse du prix du baril de pétrole se répercute sur le prix à la pompe et ça crée évidemment beaucoup d'inquiétudes, beaucoup de difficultés pour, notamment, et vous les citiez, tous les automobilistes qui ont besoin de leur voiture pour travailler, pour se déplacer, pour vivre, tout simplement. C'est la raison pour laquelle notre priorité absolue, c'est préserver au maximum le pouvoir d'achat des Français. Ça veut dire faire baisser le prix à la pompe, mais ça veut aussi dire ne pas dilapider l'argent public qui est l'argent des Français et qui devrait ensuite, tôt ou tard, être remboursé.

C'est la raison pour laquelle il faut prendre le problème à la racine. Quelle est l'origine de la crise ? C'est qu'on a un prix du baril qui a explosé suite au conflit dans le golfe Persique. Nous devons donc avoir une réponse internationale, à crise internationale, réponse internationale.

1:24
Présentateur

Oui, évidemment, une réponse internationale, ça prend du temps. Là encore, pourquoi ne pas mettre en œuvre des mesures qui avaient été mises en œuvre lors des précédents chocs énergétiques ?

1:32
David Amiel

Non, ça peut être très rapide. Nous avons une mobilisation au plus haut niveau, d'abord avec les pays du G7. Travaille est en cours avec les ministres des Finances depuis plusieurs jours, Roland Escur notamment. Et le président de la République a convoqué pour cet après-midi une réunion des pays du G7 pour qu'on puisse coordonner nos actions et peser ensemble sur les coûts du pétrole.

1:50
Présentateur

Donc là, on parle par exemple de débloquer rapidement les stocks stratégiques pour faire baisser les coûts.

1:54
David Amiel

Ça fait effectivement partie des hypothèses sur la table, puisque ça permet de faire baisser les coûts du pétrole sans engager de l'argent public, donc sans tour de passe-passe pour le pouvoir d'achat des Français, tout en ayant ensuite un effet rapide sur les prix à la pompe. Pour que ça soit efficace, il faut que ce soit coordonné. Et c'est le but du travail qui est en cours au niveau du G7. Et ensuite, il faut effectivement pouvoir libérer la circulation dans le détroit d'Hormuz, parce que c'est ce qui permettra de libérer la production et le flux de pétrole et de gaz.

2:21
Présentateur

Mais là encore, pour être très concret, si la guerre dure, si le détroit d'Hormuz n'est pas libéré et que le prix à la pompe ne baisse pas, est-ce que vous excluez un geste ciblé, y compris pour les plus modestes ? Est-ce que ça, c'est totalement exclu ?

2:36
David Amiel

Il y a beaucoup d'incertitudes. Ça fait à peine une dizaine de jours que la crise a commencé avec le conflit en Iran.

Je suis d'ailleurs très frappé de voir certains partis politiques, je pense en particulier au Rassemblement National, qui, il y a de cela peut-être deux semaines, trois semaines, s'indignaient du niveau de la dette, après d'ailleurs avoir voté la censure du budget qui permet de la réduire, qui annoncent aujourd'hui une pluie de milliards d'euros dont ils n'ont pas le début d'un centime et qui n'aboutirait au fond qu'à une seule chose, c'est-à-dire à reprendre d'une main ce qu'ils prétendent donner de l'autre et qui demain, je n'en doute pas, s'indigneraient à nouveau du niveau de la dette. Il faut de la cohérence, il faut de la constance, il faut de l'efficacité.

Et l'efficacité, c'est de prendre le problème à la racine et de faire baisser le prix du baril.

3:21
Présentateur

Sur le problème à la racine, je reviens à ma question. Si d'aventure la situation durait, il y a quelques instants, votre collègue ministre des Transports, Philippe Tabarro, dit tout est sur la table. Est-ce que vous pourriez envisager une aide ciblée, par exemple un chèque carburant, comme on a pu le voir encore en 2023 ou 2024, c'est-à-dire non pas une aide qui arroserait, qui concernerait tout le monde, mais une aide ciblée pour les plus modestes ? Est-ce que ça fait partie de la boîte à outils ?

3:45
David Amiel

Tous les scénarios seront évidemment étudiés, mais je voudrais vraiment insister sur ce point. Nous avons un devoir impérieux de maîtrise des comptes publics. Nous avons des crises désormais internationales chaque année. Il y a d'ailleurs quasiment un an, jour pour jour, nous discutions sur les radios, sur les plateaux de télévision, dans les différents médias, des conséquences de la guerre commerciale internationale déclenchée par les tarifs américains. Et malgré cela, nous avons réussi l'année dernière à faire deux choses. Un, à tenir un niveau de croissance élevé en France, d'ailleurs supérieur à ce que beaucoup de prévisions donnaient, et à réduire le déficit public.

C'est ce qu'il faut que l'on arrive à faire cette année. Parce que si on ne tient pas nos comptes publics, si on dilapide l'argent des Français, alors on ira vers des crises beaucoup plus graves. Ce qui nous permet de tenir les chocs,

4:33
Présentateur

c'est d'avoir des comptes publics qui sont tenus. Il y a, David Amiel, des mesures qui coûtent de l'argent aux contribuables. Faire un chèque carburant, décider d'une ristourne à la pompe. Et puis il y a aussi des choses qui ne coûtent pas. Est-ce que, par exemple, vous pourriez dire ce matin, comme ministre du budget au micro de France Inter, moi j'appelle les distributeurs, Leclerc, Intermarché, à multiplier des opérations à prix coûtant, pour aider précisément cet automobiliste qui ne comprend pas pourquoi le gouvernement ne l'aide pas ?

4:57
David Amiel

D'abord, la première chose à faire, c'est de s'assurer qu'il n'y a pas des distributeurs qui abusent de la situation, qui profiteraient. Beaucoup font leur travail normalement. Il y a aussi eu des abus. C'est la raison pour laquelle nous avons diligenté des contrôles exceptionnels à la demande du Premier ministre depuis lundi. D'ores et déjà, ces contrôles ont permis d'émettre les amendes pour 6% d'entre eux. Pour le dire concrètement, Benjamin Duhamel, ça veut dire de s'assurer que personne n'en profite pour augmenter les marges, pour faire de la tromperie envers le consommateur, c'est-à-dire faire payer à la pompe un prix différent de celui qui est affiché.

Et bien sûr que tout ce que les distributeurs peuvent faire pour réduire les prix sera utile. On a besoin d'une mobilisation générale dans cette période. Et je le redis, la première des choses à faire, c'est de s'assurer qu'il n'y a pas d'abus, qu'il n'y a personne qui profite de la situation pour engranger des marges qui ne seraient pas justifiées. C'est la raison pour laquelle les ministres Roland Lescure et Maude Bréjon convoqueront de nouveau demain les distributeurs pour cette situation.

6:02
Présentateur

Ce qui est intéressant dans le moment qu'on vit David Amiel, c'est qu'il est aussi révélateur des fragilités françaises. J'ai regardé ce que faisaient nos voisins européens en réponse à la crise. Est-ce que vous avez vu ce qu'allaient décider l'Italie, le Portugal et l'Autriche sur le prix des carburants ?

6:14
David Amiel

Mais monsieur Duhamel, ce que la crise révèle...

6:17
Présentateur

Alors, juste, vous avez vu ce qu'allaient faire

6:19
David Amiel

l'Italie, le Portugal et l'Autriche ou pas ? J'ai surtout vu une chose, monsieur Duhamel, surtout vu une chose, c'est que ce que la crise révèle, c'est que la France a une grande force par rapport à ces pays-là, justement. Alors, décidément, cette semaine,

6:30
Présentateur

j'ai un peu de mal à parfois avoir des réponses des membres du gouvernement. Vous avez vu que l'Italie, le Portugal et l'Autriche vont décider de baisser la fiscalité. Ce qui est frappant avec ces pays, c'est que pour la plupart, ils ont fait les efforts peut-être que la France n'a pas pu faire. Est-ce que vous assumez ce matin, comme ministre des comptes publics, de dire, au fond, si on est presque impuissant aujourd'hui, c'est parce qu'on a cramé la caisse ?

6:48
David Amiel

Monsieur Duhamel, est-ce que vous savez que la différence principale qu'on a avec ces pays-là, c'est d'avoir un parc nucléaire, aujourd'hui, qui nous permet d'avoir des prix de l'électricité maîtrisés. Et la raison, d'ailleurs, pour laquelle la Commission européenne... Là, je parle bien du prix de l'essence. Oui, mais c'est des pays où les prix de l'énergie sont plus élevés que chez nous parce qu'ils ne disposent pas d'un parc nucléaire performant. C'est d'ailleurs une des grandes différences. Vous évoquez la situation de 2022, 2023, 2024.

Une des grandes différences entre ce que nous vivons aujourd'hui et la période que nous avons vécue alors, c'est que le parc nucléaire était en grande partie indisponible. Et ça avait créé, on se rappelle, toute l'explosion des prix de l'électricité. Aujourd'hui, notre production nucléaire, elle est de 30% supérieure à ce qu'elle était en 2022-2023. Ça permet non seulement d'avoir des prix d'électricité maîtrisés, ça permet d'exporter en Europe. Et c'est la raison pour laquelle nous renforçons encore l'électrification, la relance du nouveau programme nucléaire comme nous l'avions fait en 1973 après le premier choc pétrolier.

7:42
Présentateur

David Amiel, pour terminer, le premier tour des municipales, c'est dans quatre jours. Vous êtes élu à Paris. Qui est-ce que vous soutenez comme candidat ?

7:48
David Amiel

Je voterai pour Pierre-Yves Bournazel qui est le candidat d'Horizon et de Renaissance. Je crois surtout qu'on a besoin d'avoir une alternance à Paris. Paris a besoin de sérieux, de sérieux budgétaires, de sérieux de gestion, de sérieux en matière de propres côtés. Et vous êtes à l'aise

8:02
Présentateur

avec la position de Pierre-Yves Bournazel qui consiste à dire au second tour, je ne me rallierai ni à Rachida Dati, ni à Emmanuel Grégoire parce que si on veut l'alternance, ce n'est pas forcément la meilleure stratégie au second tour.

8:14
David Amiel

Je suis ici en tant que ministre. Je ne suis pas d'ailleurs candidat aux élections municipales, mais effectivement, je crois qu'il faut une alternance à Paris. Et c'est la raison, je vous le dis, pour laquelle je voterai Pierre-Yves Bournazel dimanche.

8:25
Présentateur

Donc l'alternance, ça veut dire aussi aider Rachida Dati si elle est la mieux placée pour gagner au second tour.

8:29
David Amiel

Il y a un premier tour dimanche. J'imagine que le débat sur les municipales se pose d'abord en ces termes-là et c'est d'abord la question que les gens vont se poser cette semaine de savoir pour qui ils votent pour ce premier tour. Merci David Amiel d'être venu ce matin. Merci à vous, Jean-Saint-Père.

8:41
Présentateur

Et merci Benjamin Duhamel. Merci à vous.

Prix du carburant : "Notre priorité, c'est de préserver le pouvoir d'achat", assure David Amiel — David Amiel · Pourquijevote