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interviewLa France insoumise (sur YouTube)· 29 août 2025 91 minAutoproduit

200 ans après la rançon de l'indépendance haïtienne : le temps de la réparation | #Amfis2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à toutes et tous. Merci à tout le monde d'être venu pour cette conférence qui concerne un sujet qui intéresse peu habituellement, c'est-à-dire Haïti et son histoire et plus généralement l'histoire de France puisque l'histoire la révolution haïtienne est directement liée à l'histoire de France et a une importance capitale dans l'histoire du monde en général et dans l'histoire du colonialisme, du décolonialisme et du néocolonialisme. pour cette conférence aujourd'hui qui s'intitule 200 ans après la rançon de l'indépendance.

Quelle réparation ? J'ai le plaisir d'avoir avec moi Néémi Pierre Daomé qui est écrivain, philosophe, poète qui a écrit un livre sorti en 2021 qui s'appelle Combat. Et dans ce livre qui a dont l'histoire se passe en 1842, c'est le moment où Haïti subit les conséquences de cette dette. scandaleuse et donc c'est un c'est un roman mais fondé sur des sur des faits réels.

J'ai ensuite à ma gauche Jacques Nési, politologue, enseignant, chercheur, docteur en sciences politiques qui a lui aussi l'auteur de plusieurs ouvrages dont Haïti, la fabrique d'une communauté de semblable sortie l'année dernière. Et enfin, tout à ma gauche, Route-Pierre qui est auto-entrepreneur, condatrice du Haut Conseil pour le développement d'Haïti, qui est une association ici de la diaspora haïtienne qui valorise l'histoire et la culture d'Haïti et qui milite pour le droit des Haïtiens et qui est également militante dans le 20e arrondissement pour le droit au logement. Et moi, je suis Gabrielle Catala, député du Valdoise et présidente du groupe d'amitié.

France Haïti a l'Assemblée nationale depuis 6 mois maintenant et j'ai vécu j'ai vécu à Haïti. Raison pour laquelle je m'intéresse particulièrement à ce pays à son à son histoire. Alors pourquoi on a voulu organiser cette conférence ?

Parce que cette année c'est les 200 ans de cette rançon de l'indépendance qu'on appelle aussi la double dette ou l'indemnité de l'indépendance. Et c'est une histoire qui est méconnue en France, qui est très peu enseignée, dont on entend jamais parler. Une histoire qui a longtemps été tabou pour la France puisque la révolution haïtienne c'est une humiliation pour la France.

L'armée, les esclaves haïtiens ont vaincu Napoléon. Napoléon a perdu plus de monde à Haïti qu'à Waterlo. Donc Napoléon a été vaincu par une armée d'esclave et parce que la révolution haïtienne a fait perdre à la France sa colonie la plus riche et la plus prospère où en 1789 la France exploitait 500000 esclaves à Haïti.

Il y avait un 1 demi million de personnes qui vivaient à Haïti. Donc 90 % d'esclaves et euh l'anthropologue Michel Rolf Trouillot parle de silenciation du passé. C'est-à-dire que cette histoire a toujours été occultée euh mise de côté par honte et par volonté de ne pas regarder le passé en face.

Et ça c'est euh ça ça a été en vigueur depuis depuis toujours puisque quand on regarde même l'histoire récente, la France se contente de faire des quelques petits gestes mémoriels pour tous l'ouverture. C'est-à-dire qu'on a eu son inscription au Panthéon, un discours de Macron en 2023, mais avant ça, on avait eu que des paroles, des insultes, des maladresses. première une récente en en 2000 Chirac qui dit que Haïti n'a pas été à proprement parler une colonie française.

En 2003, le président Jean-Bertrand Aristit qui était le président d'Haïti a réclamé à la France le remboursement de cette dette. qu'il avait chiffré au centimes près. Il a demandé à la France de rendre 21,7 milliards de dollars.

Et à cette époque là, évidemment, la diplomatie française lui a rayonné en lui disant que c'était anachronique. Mais Jacques Chirac avait quand même mis en place une commission qui était dirigée par Régis Debré. ça s'appelait comité indépendant de réflexion et de propositions sur les relations franco-aïtiennes Dominique de Villepin que que certains pensent devenu de gauche.

Euh je rappelle que c'éit un homme de droite qui avait dit notamment à cette époque euh que c'était un sujet réputé sans objet et il n'avait donné aucune aucun contenu mémorial à cette initiative. On a eu ensuite un ambassadeur de France qui a avoué New York Times, qui était l'ambassadeur de France en Haïti à l'époque qui avait dit qu'il ne fallait une des consignes de cette commission était de ne pas dire un mot allant dans le sens de la restitution ou de remboursement de cette dette. Le la cette commission donc présidée par Régistre Debré, elle a rendu un rapport en 2004 qui a été enterré et qui ne revenait pas du tout sur toute l'histoire de cette double dette et de cette rançon.

Et euh le rapport c'était c'était constenté de dire que la demande du président Aristide était anachronique. Il était et qu'il n'était pas question de rendre quoi que ce soit. Ensuite, nous avons eu Nicolas SarkoSier en 2010 qui s'est rendu en Haïti.

C'était le premier chef d'état se rendre en Haïti après le tremblement terre qui a fait plus de 200000 morts. Il est resté à Haïti 4h pour faire des annonces uniquement concentrées sur l'humanitaire. Dire que la France allait donner plus de 350 millions d'euros à Haïti pour se reconstruire.

On sait aujourd'hui que cette somme n'a pas complètement été décaissée par la France et il n'a fait à cette occasion-là aucune annonce. Et enfin, une maladresse de de Hollande évidemment qui euh en déplacement présidentiel dans les Caraïbes et notamment en Guadeloupe avait dit que la France allait rembourser la dette. Alors là pour j'ai relu des articles, on explique que les certaines personnes pleuraient de bonheur parce que c'était incroyable de dire quelque chose pareil.

Évidemment, l'Élysée a rectifié quelques heures après euh via LAAFP en disant que Hollande ne parlait que de dette morale et finalement lui aussi s'est concentré que d'annonce médiocre en parlant d'un don de 50 millions de dollars. Et donc encore une fois, il a envisagé la relation entre la France et Haïti uniquement sur le point de vue de l'humanitaire alors que les Haïtiens n'ont pas besoin de de charité et d'humanitaire mais ils ont besoin de justice. Et dernier dérapage en date évidemment novembre 2024, Emmanuel Macron qui s'adressant à une personne qui l'a interpellé lors d'un déplacement présidentiel est allé dire là franchement c'est les Haïtiens qui ont tué Haïti en laissant le narcotrafic et là ce qu'ils ont fait le Premier ministre était super je l'ai défendu ils l'ont viré c'est terrible c'est terrible et moi je ne veux je ne peux pas le remplacer ils sont complètement cons.

Ils n'auraient jamais dû le sortir. Le premier ministre était formidable. Donc il a traité l'ensemble du peuple haïtien en disant que les responsables, ceux qui ont limogé le premier ministre de l'époque était complètement con.

Et on y reviendra. Le la dernière la dernière prise de position en date évidemment du 25 avril 2025 qui est le communiqué officiel de la présidence sur le bicentenaire de cette de cette rançon. Et donc ça a toujours été une succession de maladresse, d'approximation et de de non prise de décision pour ne pas voir la réalité en face.

Parce que de quoi on parle quand on parle de cette rançon de l'indépendance ? On parle d'un pays Haïti qui s'appelait à l'époque Saint-Doming qui au début des années 1790 gagne contre l'occupant l'occupant français gagne l'abolition de l'esclavage que l'esclavage a été aboli d'abord à Saint-Domingue en 1793 avant d'être aboli par la convention nationale le 4 février 1794 jour que nous proposons comme un jour férier. Nous souhaitons à la France assoumise que ce jour devienne un jour férier. la première République qui a abolit l'esclavage et Napoléon m'est content d'avoir perdu ensuite au début des années 1800 sa sa colonie la plus riche puisque Haïaïti tout ce qu'on trouvait en France à cette époque le sucre le coton le café les bois précieux venaient d'Haïti euh décide de réenvahir de il veut réenvahir Haïti notamment pour y rétablir l'esclavage et sauf qu'il est battu dans une bataille très célèbre qu'on appelle la bataille de vertière du 18 novembre 1803 par l'armée d'esclaves et donc c'est la première fois c'est la seule révolte d'esclaves au monde qui a réussi et Haïti programme proclame son indépendance le 1er janvier 1804 en relation à ce que je vous disais juste avant la France n'est jamais allée à un seul anniversaire de l'indépendance ni au centenaires de l'indépendance haïtienne ni au bicentenaire et Haïti est est mise de côté et finalement seul puisque aucun pays au monde ne reconnaît son indépendance.

Ni les États-Unis, ni les puissances, ni la France évidemment, ni les les voisins européens. Et donc la France menace à plusieurs reprises de réenvahir Haïti. Elle veut le remettre dans son dans son empire colonial.

Elle veut même elle envisage même d'en faire un protectorat. Et donc une méthode qui est trouvée, c'est de faire payer aux Haïtiens leur indépendance sous la menace des canons. C'est-à-dire en 1825, on leur dit en fait soit vous payez une rançon, vous payez une indemnité aux anciens esclavagistes, soit on vous réenvahit.

Et donc à cette époque, le président haïtien s'appelle Jean-Pierre Boyer. En France, notre le roi est Charles Charles X. Et il envoie donc le le baron de Maco qui est le baron chargé de dire au roi au président Jean-Pierre Boyer, au président d'Haïti qu'ils vont être envahis.

Donc le sous la menace de 500 canons, on on leur on leur intime de d'accepter cette ordonnance 2825. Et cette ordonnance, elle dit la chose suivante : Charles par la grâce de Dieu, roi de France et de Navar, voulant pourvoir à ceux que réclament l'intérêt du commerce français, les malheurs des anciens colons de Saint-Domingue et l'état précaire des habitants actuels de cette île, nous avons ordonné et ordonnons la chose qui suit. Et c'est une ordonnance en trois articles.

Le premier article prévoit un régime préférentiel évidemment pour la France que tout ça est capitaliste et commercial. Donc il prévoit que le la partie la partie française de Saint-Domingue donc qui est aujourd'hui Haïti sera ouverte à tous les commerce avec des droits de douanes réduits de moitié pour les navires et les commerçants français. Ensuite, l'article 2, il dit que les habitants actuels d'Haïti devront payer en cinq fois l'équivalent de 150 millions de francs ors pour dédommager les anciens maîtres esclavagistes et leurs descendants.

Et c'est là que c'est un fait inédit dans l'histoire, c'est que Haïti et a créé a finalement donné l'exemple de ce qu'est le de ce que c'est créé un système néocolonial où une une un pays obtient son indépendance mais où il devient éternellement économiquement dépendant de son de l'ancienne puissance coloniale de de ces anciens colons. Et donc Haïti qui était à cette époque, il y avait toujours la même économie que l'économie qui s'était développée sous l'exlavage, c'estàd une économie de la plantation, donc un pays composé en très grande majorité de paysans descendant d'esclaves extrêmement précaires ont dû rembourser leurs anciens maestres esclavagistes. Et donc le roi, il met en place une commission en 1826 et cette commission, il y a 20000 personnes qui ont fait un dossier pour demander d'être dédommagé de la fin de l'esclavage à Haïti. de la de la décolonisation de l'indépendance haïtienne et 12000 dossiers ont été acceptés, c'est-à-dire il y a 12000 familles qui ont pu être indemnisées de la perte de leur revenus lié à leur plantation et à leur et à la présence de leur de leurs esclaves.

Et pourquoi on parle de double dette ? parce que Haïti ne pouvait évidemment pas payer des telles sommes en cinq décaissements et donc tout était calculé, c'était voulu pour que pour payer l'empreinte à des banques françaises, notamment à la la Caisse des dépôts qui reconnaît totalement cette histoire, ce n'est plus du tout tabou ou encore au CIC qui existe toujours aujourd'hui. Et donc le premier décaissement qui était de 26 millions de francs, Haïti a dû emprunter 6 millions à la caisse des dépôts pour donner 30 millions de francs euh à pour rembourser 30 millions de francs à la France.

Tout ça a évidemment pesé sur le paysan haïtien. On a des calculs aujourd'hui qui prouvent que sur tant de francs de café tant aller vers la France et cetera et ça a permis à Paris de devenir un une place de la bourse européenne tous ces tous ces puisqueensuite ça a pu être spéculé et cetera. Jacques reviendra reviendra là-dessus.

Et donc dès le début, Haïti ne peut pas payer de telles sommes. Donc en 1848, il y a un deuxième traité, le traité de l'amitié qui réduit la dette à 80 90 millions de francs ors. Mais il faut savoir qu' Haïti a payé pendant plus d'un siècle euh cette dette et ses intérêts et que non seulement lorsqu'on réactualise cette somme, on obtient ce que réclamait le président Jean-Bertrand Aristi, c'est-à-dire environ 21 milliards de dollars.

Mais il y a des économistes qui ont aussi calculé la perte de croissance économique puisque cet argent aurait dû être investi dans des services publics, dans l'école, dans la santé, réinjecté dans l'économie et donc d'autres économistes très pointu estiment aujourd'hui que ça représente une perte de 100 milliards de dollars pour Haïti. Qu'est-ce que c'est 21 milliards ou 30 milliards parce qu'il y a des estimations différentes. Piketti par exemple parle de 30 milliards. 30 milliards, c'est pour nous la moitié du budget euh de l'éducation nationale annuellement.

C'est euh trois fois le budget annuel du ministère de la justice. C'est une fois et demi le budget du ministère de du ministère du travail par exemple. Pour Haïti, c'est une somme considérable.

Des économistes ont réussi à euh finalement faire des des estimations de ce que ça représentait au départ. Donc 150 millions de francs or, c'est environ 560 millions de dollars, mais ça c'est sans les intérêts. Avec les intérêts bancaires et ça, on arri la la somme 30 milliards de dollars, si c'était remboursé aujourd'hui, c'est plus que le produit intérieur brut d'Haïti.

Euh la somme initiale 150 millions de francs or c'était 6 fois le budget annuel du pays. Donc c'est pour vous dire que pour pour Haïti, ce sont des sommes colossales. Et donc pourquoi il faut parler de de ce sujet-là ?

Parce que il y a toujours eu des réclamations de réparation forcément et il y a une erreur qui est souvent faite en France de dire on demande de réparer l'esclavage. Non, c'est pas l'esclavage, c'est parce que l'esclavage pareil d'autres économistes ont essayé. on se dirait que c'est 100000 euh milliards de dollars à rembourser, ce qui est évidemment impossible.

Euh mais la réparation et le remboursement, c'est des choses qui sont très évoquées à la fois par la diaspora haïtienne en France, par les collectifs, par les associations et par les Haïtiens évidemment qui résident toujours en Haïti. Le président Haristide a posé le premier jalon en en parlant dès 2004 et là le sujet est revenu cette année avec le bicentenaire de cette dette puisque la France ne s'était jamais réellement prononcée sur le sujet et donc il fallait qu'elle le fasse puisque c'est une injustice majeure dans l'histoire mondiale et dans l'histoire de d'Haïti et monsieur Macron qui devait faire une annonce s'est finalement contenté le 25 avril d'un communiqué de presse qui est sorti dans l'après-midi le 25 avril euh où on trouve la phrase suivante : "Cette décision plaçait alors un prix sur la liberté d'une jeune nation qui était ainsi confronté dès sa constitution à la force injuste de l'histoire, histoire avec un H majuscule comme si c'était des forces supérieures et pas du tout la France monarchique puis la France Bonaparti et enfin la France républicaine qui avait décidé de plonger ce pays dans la pauvreté et de le fragiliser. Ce qui a permis ensuite pareil Jacques qui reviendra aux Américains d'envahir à leur tour Haïti et de placer Haïti sous leur dépendance financière.

Et donc nous, qu'est-ce qu'on a fait ? On a déposé dès le début à l'Assemblée nationale une résolution pour que l'Assemblée nationale vote pour la première fois que la France doit réparer cette injustice majeure et qu'elle doit amorcer une nouvelle relation diplomatique avec Haïti fondée sur l'égalité entre nos deux peuples et le respect de la souveraineté haïtienne. Et pas juste parler d'humanitaire et de charité lorsqu'on parle d'Haïti.

Cette résolution n'a pas été inscrite à l'ordre du jour. Elle a été signée par plusieurs groupes et fort heureusement un autre groupe qui avait à cette époque une niche parlementaire alors que la nôtre était déjà passé, le groupe communiste a pu lui inscrire une résolution qui parle même d'envisager le remboursement qui a été voté à l'Assemblée nationale le 5 juin dernier. Donc c'est l'historique puisque c'était le premier vote de l'histoire en France sur l'idée qu'on doit réparer et restituer ou voir rembourser cette somme cette somme que sa c'est la France monarchique a volé à un état souverain.

Et euh depuis depuis cette époque-là, le débat continue. On a eu d'autres tribunes notamment Piquetti qui a rappelé qu'on pouvait restituer cette somme lui est favorable par exemple au remboursement. Pourquoi ?

Parce que ce qui est souvent évoqué en France, c'est de dire de toute façon à qui on va rembourser cet argent puisque l'État haïtien est failli et qu'il est corrompu. Donc pourquoi on rendrait 30 milliards à un pays qui en ce moment n'a même pas de président de la République ou de gouvernement ou de députés puisque c'est un conseil présidentiel de transition qui est à la manœuvre depuis 2021 depuis l'assassinat de Jovel Jovenel Moïse. Et donc Piketti rappelle que il y a des mécanismes notamment un rapport pluyant en 2023 du Centre for Reparation Research de l'université de Kingston en Jamaïque qui dit que on peut finalement restituer la somme à un fond souverain international qui ensuite serait chargé par exemple de l'investir dans des services publics pour la santé, pour l'école, pour les transports et pour tous ce infrastructures qui devraient être conduites en Haïti.

Voilà, je vais pas être plus longue euh mais on parle souvent quand on parle de cette dette, de cette double dette, de cette trans du fardio du fardeau le plus odieux de le plus injuste de tous les temps. Et c'est pour ça qu'on voulait se réunir aujourd'hui. Je vais d'abord laisser la parole à à Jacques Nezi qui va revenir sur les les mécanismes de de constitution de cette dette, comment elle a pu être acquittée par Haïti, comment l'État haïtien a fait face à tout ça et comment elle a fragilisé le pays haïtien puisqu'elle a permis ensuite à Haïti d'être envahie par les Américains en 1915 qui eux aussi se sont servis dans la banque centrale haïtienne et ont organisé un système de prédation des ressources naturelles d'Haïti.

Ensuite, on verra avec Route-Pierre euh ce qui est réclamé par le peuple haïtien et par la diaspora ici en France en en matière de réparation ou de remboursement et les initiatives qui sont en cours et qui sont qui sont travaillées. Et on conclura avec Néémi Pierre Daomé qui reviendra lui aussi sur la rép la réparation, le la demande de remboursement également évidemment le lien entre tout ce processus décolonial complètement raté puisque c'est un mécanisme de de le finalement c'est ce qui a ce qui a préfiguré ce qui est le néocolonialisme aujourd'hui et le lien évidemment entre la dette haïtienne la prédation de toutes les ressources haïtiennes de toutes ces richesses et le le capitalisme. Euh à savoir que j'aimerais ajouter une dernière chose, quand on nous dit souvent les Haïtiens vont vous répondre que parce que les Français vont dire "Oui, mais on n pas les moyens de vous rendre 30 milliards d'euros, on les a 30 milliards de dollars ou d'euros, on les a pas." Et les haïtiens vont répondre "Mais nous aussi on avait pas les moyens en 1825." Voilà.

Bonjour à toutes, bonjour à tous. Merci à madame la députée Catala d'ailleurs d'avoir proposé ce sujet, ce sujet complètement occulté, ignoré dans l'opinion publique française euh parce que très souvent on confond d'abord Haïti avec Tahi. Ne parlons pas de cette histoire, cette histoire méconnue, occultée mais à souhait parce que il s'agit d'une d'une histoire qui ranime les tensions, les passions entre la France et Haïti.

D'abord, tout a commencé par la victoire de l'armée indigène haïtienne composée d'anciens esclaves et qui a vaincu l'une des armées les plus fortes du monde à l'époque, l'armée de Napoléon. Donc c'est pas pour rien que la défaite de la de Napoléon est occultée. Alors je compte revenir sur deux termes de cette présentation.

La rançon, la rançon de l'indépendance haïtienne. C'est-à-dire que on sait très bien qu'il s'agit d'anciens esclaves qui se sont battus pour la liberté. Ça a commencé même depuis la traversée euh euh puisqueon sait très bien ce sont des anciens esclaves arraché de l'Afrique et qui ont traversé euh la mer pour atterrir sur les côtes de la Caraïbe Haïti.

Et depuis la traversée, ils se sont révoltés. Mais mais cette révolte prend un essort particulier à partir du 14 août 1791 et qui va aboutir à à ce qu'on appelle l'insurrection générale des esclaves plus tard 1793 et qui va cuminer par la grande bataille, la bataille de Vertière où plus de 25000 hommes français ont été déployés donc au Cap haïtien notamment dans le Nord. Alors le temps de la réparation assez souvent réparation, on peut aussi inclure la restitution.

La restitution de quoi ? De cette somme importante qui a été exigé par Charles et de quelle manière ? Puisque c'est l'escadr navires et est doté de 500 canons qui ont exigé au président Boyer à l'époque de verser cette somme importante.

C'est que le roi Charles le dis déjà a envisagé une ordonnance. une ordonnance, c'est-à-dire un acte qui d'autorité et qui fait mine de ne pas reconnaître la souveraineté d'Haïti. D'ailleurs, même dans le traité qui a été lu tout à l'heure par la députée Catala, il ne reconnaît, il parle pas d'Haïtien mais il parle de la partie française de Saint-Doming.

C'est que le Charles Leis n'a pas reconnu l'indépendance haïtienne mais tout au moins soumet la reconnaissance de cette indépendance au versement de 150 millions de francs ors. 150 millions de francs or qui répond aussi à une demande, une forte demande des anciens colons et qui réclamait une indemnisation après avoir perdu les esclaves également les moyens de production. Mais ce qui est choquant dans l'histoire ou ce qui soulève la curiosité, c'est que ces esclaves se sont battus pour leur liberté.

Voilà, ils sont obligés de payer encore une fois pour accéder à cette liberté. Alors, j'insiste sur le les mécanismes de reproduction de cet ordre colonial. Non seulement le traité de 17 avril 1825 reconnaît et des privilèges à la France, c'est-à-dire la France doit avoir une réduction de 50 % des droits de douane sur tout commerce qu'elle aura fait avec Haïti.

Et puis deuxièmement euh c'est que euh elle a des prix préférentiels sur les sur les les exportations des biens et parallèlement le versement de 150 millions. Alors qui a profité, je vais aller très vite, qui a profité de notre damnité ? Il y a d'abord les anciens collants puisque les il y a aussi les créanciers des collants puisqu'on sait que les collants aussi se sont endettés pour fructifier les moyens de production qu'ils avaient. euh à Saint-Domingue, c'est-à-dire Haïti.

Il y a aussi les souscripteurs. Les souscripteurs, c'est-à-dire ceux qui ont permis à l'État haïtien d'avoir accès à ces à ces fonds. Et puis il y a les intermédiaires financiers, ce sont les plus gagnants de cette opération. euh les les intermédiaires puisque il touchent des commissions bancaires assez importantes.

Tel est le cas par exemple de Jacques Lafit, ancien banquier 18140 qui s'est fait rembourser par Haïti 1000 obligations au prix de 1000 francs en 1832 alors que ces obligations étaient côté à 220 francs. Et puis il y a l'État français. l'État français aussi puisque à un moment donné l'État français a apporté un soutien par exemple au fils d'ancien colon qui était obligé de fuir et de rentrer et en catastrophe en France et que l'État français leur apportait un soutier financier à partir de ces indemnités.

Donc l'État français s'est complètement désengagé. Mais ce qui est important c'est le c'est le coût le coût de la dette et le coût des échéance. Parce que quand Haïti a a signé ce traité, le couteau sous la gorge puisque comme je vous l'ai dit tout à l'heure, il y avait 15 navires de guerre qui menaçaient de bombarder Porrce si le roi Charles le 10 ne signait pas et doté de 500 canons.

Donc le Racha le dit s'empress de signer mais en même temps l'émissaire spécial comme ça a été tout souligné tout à l'heure par madame la députée Katala Mako fait comprendre Racha le disent il suffit de signer après on va renégocier parce que mao lui est un émissaire assez malin rusé ce qu'il voulait c'est quand même la signature. Mais et en même temps, il fait comprendre à Char le dis si vous signez tout de suite, même la France pourrait aussi vous donner la possibilité d'avoir accès à ces fonds, c'est-à-dire de faciliter vos échanges avec des banquiers français, d'où trois émissaires haïtiens ont donc accompagné ma pour rentrer en France et rencontrer la Caisse des dépôts et consignation. Alors déjà pour payer la première tranche 30 millions donc Haïti a dû s'endetter et à un taux de 6 % et donc Haïti a pu avoir 24 millions des 30 millions et ces 24 millions sont versés à la France.

En 1875 Haïti va s'endetter une nouvelle fois 34 millions et à un taux de 8 % et 21 millions versés à l'État français. Toujours en 1875, 23 millions ont été empruntés à un taux d'intérêt de 5 % et 21 millions versé à l'État français. Et puis en 1896, 50 millions de francs à un taux d'intérêt de 6 % dont 38 millions versés à l'État français.

Et puis arriv, Haïti ne pouvait plus, n'avait pas assez de rein solide parce que les mauvais calculs qu'ils ont fait, ils pensaient que certes Haïti c'était la plus riche colonie française qui correspondait à un cas du produit intérieur brut français mais au moment de l'esclavage. Mais après l'esclavage, il faut voir aussi que les anciens esclaves ne voulaient plus travailler et puis étant donné la stratégie de guerre c'était et bien mettre les le feu aux habitations aux usines de production, donc les moyens de production étaient complètement à plat. Donc on pouvait plus s'attendre à avoir le même produit intérieur brut.

De ce qui fait Haïti ne pouvait plus payer en 1910 un emploi encore de 60 millions de francs à un taux d'intérêt de 5 % et 45 millions versés à l'État français. Alors, vous observez que à chaque fois il y a des commissions importantes et que les intermédiaires financiers gagnent énormément sur ces transactions financières et que là arrivé à un moment donné 1915, les Américains vont intervenir en Haïti puisque la doctrine de Mondro, l'Amérique aux Américains. pour faire cour, c'est que quand Haïti a eu son indépendance euh en 1804, et bien euh Napoléon a dû vendre la Louisiane puisque comme en allant en Haïti, c'était toujours euh intéressant pour l'empire français et les Américains ont mis beaucoup de pression sur la France.

Donc la France a dû vendre la Louisiane et puis et en même temps les Américains font tout avec les Anglais pour empêcher la reconstruction de l'empire français. Ce qui fait la reconnaissance de l'indépendance haïtienne ou tout au moins la proclamation de l'indépendance haïtienne était et tout était une oben pour les Américains qui voyaient mal l'empire français d'où la doctrine de Monro 1823 l'Amérique aux Américains. une façon de dire aux français de ne plus remettre les pieds en Américain en même temps. pour confirmer cette ce précarré que les Américains exercent sur Haïti vont intervenir en Haïti 1915 1934 et non seulement les Américains vont intervenir mais ils vont voler 500000 dollars qui étaient dans les caisses dans de la Banque nationale de la République d'Haïti et les États-Unis vont reconfigurer la structure de l'économie haïtienne et va donc participer de sorte que en mettant Haïti a encore euh 50 millions en prêtant Haïti 50 millions de dollars pour poursuivre les transactions que la dette pour poursuivre l'indemnité qu' Haïti devait à la France.

Et pire dans tout ça, c'est que arrivé à un moment donné euh même les Haïtiens vont être mis à contribution et que Haïti va donc payer la dette jusqu'en 1947. Donc on est parti de 1825 à 1947. Donc c'est dire que cette dette a obéré complètement les potentialités économiques de l'île pour une jeune nation puisque contrainte de payer mais en même temps Haïti ne pouvait plus euh prétendre à investir dans les infrastructures par exemple dans les secteurs de l'éducation puisque des Saline le premier chef d'état haïtien se contentait de de construire des forts puisque à tout moment, il pensait les Français pouvaient revenir sur l'île.

Donc il y avait une politique de fortification ce qui a obéré complètement la capacité de l'île. La dette a également obéré l'épanouisson des générations d'Haïtiens. Comme je vous l'ai dit, depuis la restauration jusqu'à la 3e République, la dette confine les Haïtiens dans un espace épuisé par les guerres de libération nationale et dont les populations héritées et et alors qu'elles se sont acquittées du prix démographique et du prix du sang.

La dette a également taché désormais la construction d'un état, un état capable d'assurer des garanties de services public à ses habitants, l'école, la santé et la sécurité. Et c'est ce qui ce qui fait donc que c'est la responsabilité du système néocolonial qui ne peut pas être banalisé dans la mécanique de banalisation de trivialisation de ce développement d'Haïti. Donc euh il est donc difficile pour une jeune nation d'aspirer au développement si les capitaux euh sont captés par des milliers de bénéficiaires et de quelques banquiers au détriment de possibles investissements en faveur de la population haïtienne.

Donc d'où la nécessité d'ouvrir cette page de restitution. Tout à l'heure, ça a été souligné souligné qu'il y a une demande de restitution qui a été faite par Haïti euh en 2004 euh par Jean-Bertrin Aristide mais qui a été invincé du pouvoir. Mais euh on peut dire les relations sont beaucoup plus apaisées.

Certes, le président français a fait une déclaration le 25 avril dernier, mais une déclaration assez prudente, très timide puisque cette déclaration fait l'impasse sur deux grandes vérités. Est-ce que la France reconnaît cette somme 150 millions de francs qui correspond aujourd'hui à plus de 21 milliards selon les spécialistes, les économistes ? Est-ce que la France accepte de verser ce fond ?

Pour le moment, le président français ne s'est pas encore prononcé là-dessus et pour gagner du temps, il a créé une commission. Euh, il a créé une commission. On sait très bien que bon, à la fin de son mandat, sans doute qu'il et cette commission est en train de travailler là-dessus avec toutes les difficultés que cela impose.

Haïti a également créé une commission de son côté. La France, le président français a créé a nommé un diplomate historien. Donc euh pour esquiver la question, on a on attend à ce que la commission fasse des recommandations.

Ces recommandations sont déjà connues puisque l'historiographie est assez claire là-dessus que 150 millions ont été versés et ces 150 millions ont obéré l'économie haïtienne et n'ont pas permis à Haïti de favoriser les investissements en matière d'éducation des infrastructures à la suite d'un compromis et ce serait donc le temps d'alléger les souffrances les blessures de deux états. Donc nous on a une responsabilité nous de la société civile, c'està-dire et bien faire comprendre au décideur qu'il est temps et bien de de s'engager sur cette question et d'engager de façon sereine euh la voix de la restitution. Certes, assez souvent on évoque l'idée que Haïti est un état affaibli parce qu'on sait très bien aujourd'hui euh c'est un état euh infesté de dirigeants corrompus et qui sont liés avec des gangs qui mettent à plat les institutions publiques.

Mais il faut croire que c'est une situation passagère et qu'il y a des élites vertueuses qui peuvent arriver au pouvoir et faire en sorte que ce pays renoute avec tout l'espoir qu'il incarnait au 19e siècle. La liberté. Merci.

Merci beaucoup Jacques. Effectivement, tu tu rappelais que Emmanuel Macron dans ce fameux communiqué d'avril a mis en place une commission qui était réclamée depuis un moment et qui a été perçu comme une manière de balayer le problème puisqu'il aurait pu mettre en place cette commission 2 ans avant le bicentenaire et faire des annonces le jour du bicentenaire plutôt que faire des annonces à la en fin de quinquena. Sachant que pour l'instant, nous à l'Assemblée, nous avons auditionné la directrice Caraïbe, c'est-à-dire la la fonctionnaire en charge de de la zone au ministère des affaires étrangères qui nous a bien spécifié, c'était avant les les congés d'été, qu'elle n'avait euh pas de calendrier exact sur la durée des travaux de cette commission, qu'est-ce qu'elle devait rendre exactement et les solutions ont déjà été proposées puisque il y a une commission en Haïti euh d'intellectuels qui ont fait un certain nombre de préconisations dont le remboursement.

Mais Emmanuel Macron a préféré proposer une commission franco-aïtienne alors que ça devrait être aux Haïtiens eux-mêmes uniquement de proposer des solutions et de les soumettre à Emmanuel Macron. Je j'avais omis de vous préciser que au-delà de du fait que 30 milliards, c'est une somme qui est qui est colossale euh pour Haïti, euh Thomas Piquetti notamment rappelle que c'est moins de 1 % de la dette française. Notre dette en France, c'est 3300 milliards.

Donc c'est moins de 1 % de cette somme. Et à titre autre titre de comparaison, c'est transmard, c'est 0,2 % de des patrimoines privé, 15000 milliards en France. Donc c'est une somme qui est relativement faible.

Alors que sans cette rançon, et là pareil, c'est des calculs d'économistes très poussés, euh Haïti aurait eu un PIB comparable à celui de sa voisine euh la République dominicaine et aurait eu un développement comparable à à à ses voisins euh d'Amérique d'Amérique latine. Donc c'est une somme qui est qui était exorbitante pour pour cet état. Je vais laisser Route revenir sur l'ensemble des réclamations et la perception de cette dette par la la population haïtienne et ce qui est envisagé en terme de de restitution et de de réparation.

Alors, bonjour à tous. Euh merci Gabriel de d'avoir pris l'initiative de cette conférence puisqueaujourd'hui on parle peu, même pas assez de Haïti cette relation franco-haïtienne puisque Haïti fait partie de l'histoire de la France. La France fait partie de l'histoire d'Haïti.

Donc moi, j'interviens essentiellement sur cette question de perception euh de cette dette, les impacts que ça a aujourd'hui sur la communauté haïtienne dans son ensemble, particulièrement les Haïtiens vivants en France, les Haïtiens qui ont été contraints de quitter leur île il y a plusieurs années parce que faible revenu après ces épisodes, les Haïtiens ont quand même eu la dictature du palier qui a conduit énormément d'Haïtiens, d'Haïtiennes, de familles à s'expatrier euh pour trouver un peu de tranquillité à l'extérieur et principalement en France puisque nous avons cette langue commune puisque la le français est une des langues officielles haïtiennes. Donc les Haïtiens arrivent ici pour des études ou en migration économique parce que on a tout simplement empêché Haïti à un moment donné de pouvoir aller au bout de ce qu'elle pouvait faire en tant que nation et en tant que pays pour son peuple. Donc euh aujourd'hui en France, on compte des milliers euh d'étudiants euh qui s'inscrivent alors dans toutes sortes de de filières.

Euh les statistiques. On a parmi les actions, on a mis en place en 2019 un programme qui s'appelle programme POPS, programme d'orientation au parcours supérieur pour accompagner justement ces étudiants qui ben face au désarrois qui vivent dans le pays, face à cette absence d'opportunité post étude sont contraints de de de d'aller chercher euh du du la vie en fait ailleurs que ça soit aux États-Unis où c'est plus compliqué parce que il y a cette barrière de la langue puisque tous les Haïtiens ne parle pas forcément anglais ou même quand ils traversent en République dominicaine. Donc ça ça demande une adaptabilité particulière.

Euh et donc pour ceux qui arrivent ici en France, euh ces jeunes-là arrivent s'inscrivent dans des filières euh faciles entre guillemets pour eux puisque c'est des filières où euh les jeunes français françaises euh s'inscrivent très peu. Donc là on a euh les filières comme la philo, euh euh comment euh les études d'art aussi. Donc on a des jeunes qui arrivent qui sont confrontés à un système colaire qu'ils ne connaissent pas, qu'ils ne maîtrisent pas et donc un taux d'échec assez important.

Et donc on se retrouve sur une migration économique plutôt qu'une mobilité étudiante puisque ces jeunes-là sont incapables après de rentrer chez eux et quand bien même ils rentrent, ils n'ont pas la possibilité de pouvoir travailler sur le métier qu'ils auraient étudié, appris et sur lequel ils se seraient formés ici en France. Donc ce programme vise à les accompagner sur la maîtrise de la langue puisque même si on parle français en Haïti, le français que nous pratiquons ici en France n'est pas le même. Les murs sont pas forcément les mêmes et les modes de vie sont pas forcément les mêmes.

Donc au travers de ce programme, on a accompagné une quinzaine de jeunes euh qui parfois ont été réorientés puisque la dernière étudiante s'était inscrite en histoire de l'art alors que aucune aucune étude d'art n'avait été faite en Haïti. mais elle a quand même été acceptée ici. Et donc euh bien entendu un échec au bout au bout du compte, donc une réorientation en soin infirmiers où cette jeune étudiante aujourd'hui euh a eu sa licence 3 ans après.

Donc on en est extrêmement fier. Euh et donc ça fait partie des actions que nous jeunes alors moi je suis française d'origine haïtienne, née en Haïti. J'ai pas choisi forcément de venir ici.

J'ai j'ai été ramené ici par ma maman. Euh et donc aujourd'hui cette quête de qui nous sommes, euh qui suis-je moi en tant que française d'origine haïtienne ? Cet Haïti dont on ne parle pas, cet Haïti dont on ne connaît euh pas forcément l'histoire euh si on ne s'y intéresse pas.

Euh c'est comment apporter des réponses à la fois euh à aux Français qui ne connaissent pas et qui s'interrogent euh qui maladroitement pose des postulats ou comme le disait Jacques tout à l'heure quand on parle d'Haïti, on nous répond "Mais non, c'est Tahi." Euh ce qui est quand même assez dramatique. Du coup, on a à cœur de pouvoir porter différents sujets. pour ces programmes d'accompagnement.

Euh on a on mène aussi des luttes euh auprès des euh des institutionnels puisque jusqu'à aujourd'hui euh très peu d'actions avaient été menées pour aller rencontrer euh nos députés, nos élus, euh les responsables euh Caraïbes du ministère des affaires intérieures euh de étrangère, pardon, par que le ministère le ministre des affaires étrangères, il a il a aussi une couche et donc c'est institutionnalisé tout ça au travers de ce haut conseil de coopération de développement autour d'Haïti où on va pouvoir aborder euh de manière très solennelle et très encadrée ces questions de coopération. Donc comment ces jeunes sont accompagnés, comment les bourses d'étude peuvent être données euh prendre en compte aussi la situation des Haïtiens et Haïtiennes qui sont en migration économique, qui vivent ici depuis 20 30 ans, qui arrivent bientôt à l'âge de la retraite. Comment cela se dessine ?

Et donc ce qui m'amène à parler aussi de cette volonté de création d'un institut d'Haïti à Paris. Euh cet institut donc euh sur lequel on travaille donc à la fois avec des intellectuels euh des euh personnalités politique Gabriel euh qui aussi euh nous accompagne euh pour pouvoir créer un lieu pour faire connaître, transmettre, comprendre aussi cette histoire haïtienne, cette histoire française et haïtienne, mais aussi permettre aux Haïtiens et aux Haïtiennes de découvrir d'autres cultures et de mieux euh apprécier le pourquoi Pourquoi nous en sommes arrivés là ? Donc tout ça c'est des projets qui sont en cours.

À travers ça, il y a aussi bah cette cette nécessité de visibiliser les Haïtiens en France, leur situation puisque les différentes instances quand on prend des des instances comme le comme le logement pour lequel je milite aussi beaucoup, euh on a des familles haïtiennes qui sont confrontées. Désolé, j'ai beaucoup d'émotions quand je dis ça. Qui sont confrontés à du kidnapping en Haïti et donc ces familles sont obligé d'envoyer de l'argent en Haïti, donc ne paye pas leur loyer.

On a des bailleurs qui bon ben comme des bulles deer entamment des procédures d'expulsion et cetera sans pouvoir comprendre que ces familles ont arrêté de payer leurs loyers parce que on leur réclamé des centaines de milliers d'euros de dollars qu'elles n'ont absolument pas. Et donc euh c'est aussi faire comprendre la réparation, c'est aussi celle-là, c'est aussi faire comprendre que les Haïtiens Haïtiennes vivants en France, française d'origine haïtienne qui sont ici euh subissent quelque part euh le système français euh non pas par volonté mais parce qu'elles n'ont pas le choix. Elles ne peuvent plus rentrer.

Aujourd'hui, nous ça fait plus d'un an que l'aéroport de de de Portprince est fermé. Donc, on ne peut plus rentrer en Haïti. Euh pour nous en France, ça nécessite un voyage de 30h où il faut passer, moi j'habite dans le sud, donc pour rentrer chez moi, il faut que je fasse 27 de vol.

Euh alors qu'aiti se trouve à 8h de vol en temps normal. Donc c'est faire comprendre quand on parle de restitution, de réparation, c'est que toutes ces choses ont un lien de causalité avec cette dette initialement imposée à l'État haïtien qui n'a pas pu structurer son système éducatif, qui n'a pas pu structurer son accès aux soins et ses infrastructures sanitaires, ses hôpitaux, ses cliniques, qui fait qu'on a eu euh au fur et à mesure une privatisation euh du pays. Les écoles sont quasiment toutes privées si on veut que les enfants réussissent. euh pour avoir accès aux soins.

Aujourd'hui, un Haïtien qui n'a pas une couverture de soins euh ne peut pas aller euh prendre les soins. Euh à titre d'exemple, en 2020, une de mes proches est décédée parce que on n' pas eu le temps de faire un transfert de 100 dollars pour qu'elle puisse être admise à l'hôpital. Donc il y a toutes ces répercussions qui sont là aujourd'hui.

Donc cette commission euh proposée par le président Macron de la manière la plus ignoble qui soit puisque proposer euh parler d'Haïti, parler de cette double dette à travers un communiqué de presse balancé dans l'après-midi alors que nous associations haïtienne nous sommes là. Il sait que nous sommes là. Nos associations sont déclarées en préfecture, il aurait très bien pu nous réunir, nous rencontrer, rencontrer c'est qui ?

Ces Haïtiens. Qui sont ces personnes qui parlent de cette double dette aujourd'hui ? Pourquoi on parle de cette double dette aujourd'hui ?

Qu'est-ce qui nous intéresse ? Qu'est-ce qu'on a subi ? Et donc c'est tout ça qu'on a à cœur à travers ces rencontres, à travers ces temps d'échange de pouvoir transmettre et partager.

Et donc la vocation première de l'Institut d'Haïti qui est l'un des chantiers prioritaires pour nous euh en tout cas pour l'instant jusque jusque l'année prochaine, c'est de pouvoir instituer vraiment cet espace physique où euh vous toutes et tous, toute personne qui souhaitent comprendre, connaître notre histoire commune puisse aller chercher ces éléments. que les Haïtiens aient un un point d'ancrage quand ils arrivent tout seul parce que pareil on a aussi des jeunes qui voyagent seuls qui arrivent esselés qui n'ont personne et qui ne comprennent pas forcément le système tout de suite et donc qui se retrouvent esselés dans des petites villes. On a des des jeunes qui viennent, je suis vraiment désolée pour l'émotion mais c'est vraiment terrible que en 2025 on puisse tolérer que des personnes subissent systématiquement des violences alimentaires, physiques, morales.

Le tremblement de terre a été l'une des des enfin même pas la plus grosse violence psychologique, drame psychologique que le monde a vécu. Les Haïtiens n'ont pas été suivis. Il n'y a jamais eu il y a presque pas eu de suivi psychologique.

Donc le retentissement psychologique aujourd'hui, les enfants l'ont on se le transmet de parents enfants. Des jeunes qui viennent ici en temps d'un métro se cachent, tremblent. Et ça ça fait partie aussi de ces de ces restitutions et de ses réparations.

Comment on accompagne les Haïtiens qui sont chez nous ? Qu'est-ce qu'on peut faire pour eux ? Et donc la la l'annonce d'Emmanuel Macron de cette commission sans calendrier, autant dire que bon c'est une commission pour dire que j'ai fait une commission, ça y est, je l'ai dit, vous m'avez cassé les pieds avec votre Haïti, ça y est, je l'ai fait.

Donc nous, on est là aussi pour dire que non. Cette commission, voilà, il y a 18 mois à peu près avant la fin du mandat est Emmanuel Macron. Tout est documenté, les chiffres sont là, tout est accessible.

Donc s'il y a une réelle volonté euh on peut très bien aboutir à des conclusions euh avant la fin du mandat d'Emmanuel Macron de manière à ce qu'il puisse euh valider, confirmer, terminer euh ses ses engagements pris sous sa mandature parce que c'est facile d'annoncer une commission à 2 ans de la fin de son mandat puisque le prochain dira bah je savais pas on recommence donc on repart encore. Et donc à travers le haut conseil, on mène aussi des études pour pouvoir documenter nos propres commissions et proposer en tout cas dans avant la fin de la mandature proposer une liste en tout cas de de de d'orientation, de préconisation, d'impact qui peuvent et qui doivent être prises en compte. Quand on parle de restitution, c'est pas forcément quand on parle de restitution, on parle pas nécessairement d'un remboursement immédiat.

Donc la France pourra très bien échelonner le remboursement de la dette tout comme Haïti l'a fait. Mais dans les restitutions, il y a aussi ces prises en compte de l'Haïtien aujourd'hui. Comment il vit, comment euh ces Haïtiens qui sont arrivés il y a 30 40 ans ici qui vont arriver à l'âge de la retraite, sachant qu'on est surtout sur des métiers du tertiaire, donc des des revenus tout justes.

Donc ces personnes, comment elles vont pouvoir vivre avec cette petite retraite ? et qui s'ans doute chez elle aurait pu être professeur, aurait pu être enseignant, aurait pu être docteur, aurait pu être avocat et cetera. Donc c'est comment apprécier tout ça et apporter des réponses.

Donc voilà ce qu'on vous partage aujourd'hui. Euh merci encore Gabriel. Merci beaucoup en route pour ces éléments.

C'est vrai que quand on parle de restitution, de remboursement, de réparation, il y a à la fois le remboursement donc rééchelonné ou non comme tu viens de le dire, mais aussi l'idée de changer totalement la coopération qu'on a avec Haïti, les investissements qu'on y fait sans que ce soit des investissements intéressés. Et il y a notamment la question des étudiants. T'en parler, il faut savoir que actuellement en France, il y a environ 4000 étudiants haïtiens tout niveau confondu, license, master, doctorat.

Euh mais la France n'octroie qu'environ 40 bourses par an aux étudiants haïtiens, des étudiants haïtiens alors qu'elle en troit beaucoup plus avec des pays pour qui avec qui on a pourtant beaucoup moins de lien historiques, des pays qui sont même pas francophones. Par exemple, si vous regardez les pays d'Amérique latine qui sont hispanophones, il y a beaucoup plus de bourses qui sont octroyées par le ministère des affaires étrangères. Haïti, c'est qu'environ 40 bourses par an.

Et c'est extrêmement faible au regard du nombre d'étudiants. Et là tuen parler, l'État en ce moment avec les gangs qui contrôle 85 % de Port au Prince, l'université d'État d'Haïti ne fonctionne pas de manière normale. L'université Casquia, tous les toutes les toutes les universités haïciennes fonctionnent très mal ou sont à au 3/4 fermés.

Et euh le nombre de bourses est extrêmement faible comme les investissements de de l'AFD ou de tout ce que la France pourrait faire pour construire des hôpitaux, aider à construire une nouvelle université, euh construire des infrastructures, des routes, rénover les aéroports et cetera. Euh et donc il y a aussi une volonté de changer totalement notre manière de coopérer avec Haïti et d'en faire un pays euh prioritaire. mais non pas sur de la diplomatie néocoloniale et une relation inégalitaire mais sur une relation qui respecterait la souveraineté des Haïtiens.

Mais Néémi va peut-être y revenir revenir sur tout ça en conclusion. Oui, merci. Euh j'ai la difficulté après ces interventions précises et émouvantes.

Euh je suis très heureux de vous voir aussi nombreuses parce que euh entendre parler d'Haïti dans un contexte où on a le temps pour développer et aussi on a le temps pour se demander en quoi cette histoire nous appartient à chacune et à chacun ici. Ça me fait particulièrement plaisir et c'est particulièrement important dans un mouvement politique comme la France insoumise. Le sujet est politique, c'est la construction d'identité politique.

C'est la construction de mémoire communes euh tant du côté d'Haïti que du côté de la France et même j'ai envie de dire du côté des deux pays ensemble. Ce qui fait que euh je ne vais pas d'abord euh parler de relation diplomatiques. Je vais surtout me demander ce que cela représente.

Euh quelle est la différence fondamentale entre réparation et restitution s'agissant de la dette française la rançon de l'indépendance imposée à Haïti. Euh quand j'avais commencé à écrire mon roman, puisque moi je suis écrivain, je ne suis pas comme vous professionnel du domaine, je voulais d'abord raconter une histoire, une histoire qui se passe dans un milieu rural euh en au 19e siècle. Je ne savais pas que le roma allait rencontrer là euh aussi fortement la dette de l'indépendance haïtienne.

Le Roma a rencontré fortement la dette la dette haïtienne, enfin la dette française, la rançon plutôt française à Haïti. auprès d'Haïti parce que les personnages que je construisais vivaient dans une telle situation précaire, une telle situation de conflit que cherchant les origines du conflit, je suis tombé sur le code rural de Boyer de 1826 et ce code rural m'a paru très vite lié à l'acceptation euh suite à à à l'acceptation de du même boyer Jean-Pierre Boyer de payer cette grosse rançon à la France. Voilà comment cette rançon euh est entrée en littérature dans dans la mienne dans avec mon roman combat publié donc en 2021 et voilà comment j'ai continué du coup à m'intéresser à à cette rançon. même si en tant qu'aïtien et ayant vécu en Haïti et ensuite euh vivant en France depuis de depuis de longues années maintenant, je connaissais la dette de l'indépendance mais je ne pouvais pas m'imaginer à quel point c'était tentaculaire dans l'identité sociale et politique euh d'Haïti et à quel point euh cette rançon de l'indépendance va être un point une angulaire dans mon point de vue politique sur ces deux pays. parce que tout simplement je me suis rendu compte que et j'en ai parlé après dans une tribune que j'ai publié.

D'ailleurs, je vous conseille si vous voulez de lire le dossier de Benjamin King qu'il a publié là dans les colones du journal Luma sur cette histoire de dette d'Haïti. Euh il m'a proposé de faire une tribune et l'angle comment j'ai anglé, je suis devenu conscient à quel point euh la France n'a pas besoin de réparer Haïti. Je veux dire c'est déjà il je distingue très clairement réparation et restitution.

Il y a un argent qui a été pris, il faut que l'argent soit rendu. Ça s'appelle une restitution, ça s'appelle un remboursement. Mais par ce remboursement, il s'agit de mon point de vue hein que la France se répare elle-même, répare quelque chose de son histoire et répare euh euh rompre rompre avec une méthode que j'ai appelé la méthode rançon qui empoisonne l'existence de la France à l'intérieur même du pays.

Ce n'est pas seulement dans une visée de d'être généreux, presque, j'ai envie de dire, avec d'autres pays, d'être généreux vis-à-vis de son passé, qu'il faut que la France envisage la restitution de la dette de l'indépendance haïtienne. C'est aussi dans l'idée qu'un pays ne peut pas euh s'il ne veut pas continuer à se faire du mal accepter ce type de méthode. Je vais vous donner un exemple très très simple que qui va vous parler probablement très vite.

Ce sont les autoroutes françaises concédées à Vincy. Ça c'est de la méthode ranon. C'est-à-dire que euh citoyen français, vous avez payé une infrastructure publique.

L'infrastructure publique a été donné au privés et vous vous retrouvez à payer deux fois cette même infrastructure publique. Si c'est pas une méthode rançon, ça. Si c'est pas une double dette, vous me direz ce que c'est.

Vous êtes auprès des autoroutes en situation de double dette. Tout comme vous le serez bientôt auprès des trains, vous l'êtes déjà d'ailleurs, la SNCF qui sera euh petit à petit privatisée et des infrastructures, les voies, les rails que vous avez payé en tant que citoyen qui travaille et que vous vous retrouverez à à repayer parce que la méthode rançon qui s'est appliquée dans les anciennes colonies continue à s'appliquer sous sa forme la plus finie, c'est-à-dire l'ultralibéralisme et le néolibéralisme actuel. Vous voyez ? rompre avec la méthode rançon et rembourser l'argent notamment à Haïti, ce n'est pas réparer Haïti.

Je ve dire la responsabilité de réparer Haïti va au final revenir aux Haïtiens eux-mêmes. Euh mais rendre un argent qui a été pris, c'est quelque chose de concret. Bien évidemment, Macron a fait une commission comme chacun chacune l'a dit pour gagner du temps.

Mais après avoir gagné du temps, on en viendra à la réponse à savoir est-ce que oui ou non euh la France va rendre cet argent, ces 30 milliards et peut-être envisager de de dédommager ensuite parce que quand quand on vole un argent qui cause des dégâts de de d'envisager de payer en plus pour les dégâts pour les dégâts causés. Donc cette réparation de la France qui passe par la rupture avec ce que j'appelle la méthode rançon, c'est aussi une vision anticapitaliste des rapports des rapports avec son histoire. Euh et c'est pour ça que j'ai commencé par dire que je suis très content que cela se passe au cœur de la France insoumise ce débat parce que nous sommes réunis.

Bon, ce n'est pas la première fois que je viens aux amphies ce n'est pas la je ne parlerai pas seulement d'Haïti. Samedi prochain, j'aurai des lectures de textes sur Gaza euh dans l'idée que ici à la France insoumise, on travaille sur la continuité du colonialisme et du capitalisme et que la France insoumise le veuille ou pas, que la gauche française le veuille ou pas, les questions de réparation française par la reconnaissance de ces sortes de dettes finiront par être au cœur de leur logiciel politique parce qu'il n'y a aucun moyen de considérer que le capitalisme est mortifère pour nous-même sans considérer que le capitalisme dans ses origines coloniales était déjà mortifire pour les autres. Donc c'est en acceptant que le capitalisme a été mortifère pour les autres par le colonialisme, par les rançons comme les rançons de la dette de l'indépendance que nous serons prêts du coup à accepter que le capitalisme continue à être mortifère pour nous autres cette fois en tant que français en France.

Et d'ailleurs, ce ne sera pas très difficile puisqu'il s'agit des mêmes familles. Faut pas se tromper. C'estàd les anciennes familles esclavagistes, les mêmes banques qui ont été citées, CIC, la Caisse des dépôts, les mêmes villes qui se sont enrichies par les mêmes méthodes sont celles qui continuent à s'enrichir.

Les mêmes personnes à qui on va devoir faire payer euh nous rendre d'abord les autoroutes, les mêmes personnes qui vont devoir nous rendre tout l'argent qu'il gagne en surprit. Je ne vais pas vous détailler à chaque fois comment le le gouvernements français successifs nous parlant de dettes, nous nous demandons à nous d'enrichir l'aristocratie. Ce sont les mêmes, c'est c'est ce sont les mêmes à qui on va prendre cet argent pour rembourser Haïti.

Euh Gabriel Catala disait que euh faisait faisait remarquer à juste titre à quel point il ne s'agit pas d'une grosse somme pour la France. Rembourser ces 30 milliards de dollars à Haïti, j'en suis très content. Mais encore, ça aurait été une grosse somme qu'il faudrait quand même envisager son remboursement.

Voyez ce n'est pas du tout l'idée que ça nous coûte rien, faisons-le. Non, ça nous coûte, ça doit nous coûter et on va le faire parce qu'il s'agit de nous réparer nous aussi. Il s'agit d'envoyer un message très clair à notre oligarchie française que nous voulons rompre avec la méthode rançon qui a commencé dans les anciennes colonies françaises qui s'est fructifié pendant le 19e siècle et qui continue aujourd'hui qui fait que une petite minorité de de Français peuvent avoir autant de part de la richesse du pays et continuer sous le même prétexte magique de la dette à toujours nous demander plus.

Vous voyez ? C'estàd mon écroation, la restitution, c'est ce que la France doit faire pour Haïti, c'est-à-dire rendre cet argent qui a été pris. Mais la réparation, c'est ce qu'en France on fait pour nous-mêmes en envoyant un signal clair aux mêmes personnes à qui on veut faire payer et les dégâts coloniaux qu'ils ont causés et les dégâts capitalistes qui continuent à causer.

Donc cette écroation est très claire pour moi. Et enfin euh il y a le le second débat du de la des modalités de remboursement. C'estàd il y a l'idée que Haïti est un pays corrompu.

Bon, on va pas donner une telle somme d'argent à ces personnes. On va euh peut-être mettre un fond international, on va peut-être bon l'argent partirait en corruption et cetera. Alors, je ne vous je ne vous cache pas que du côté d'Haïti, le débat est tout aussi fort et ce qui se comprend à juste ce titre.

Aujourd'hui, le pays n'a pas de président élu, un conseil présidentiel de neuf membres et euh des groupes armé sur tout le territoire de la capitale, des institutions qui ne tournent pas. Je comprends que ce débat est lieu, mais je pense qu'on prend ce débat par le mauvais bout. Premièrement, il faudrait prendre ce débat par le bout de ce qui se passe réellement quand de l'argent est donné et gardé à l'étranger au nom d'Haïti.

À chaque fois, ça se passe mal. C'est ce que je dis y compris à mes compatriotes haïtiens. Je leur dis, rendez-vous bien compte que à chaque fois que vous vous dites en Haïti on n'est pas capable de recevoir une telle somme parce que la somme sera dilapidé.

Et bien dans le cas par exemple de CRH qui est le fond qui a été octroyé après euh après le tremblement de terre, le séisme dont dont dont vous avez parlé Ruth du 12 janvier 2010, et bien cet argent a été dilapidé alors que l'argent n'était pas euh euh rentré dans le budget national haïtien. C'est-à-dire l'argent peut être dilapidé aussi de l'étranger et dans des fonds gérés à l'étranger. Là pour le coup, c'était Bill Clinton avec le Premier ministre haïtien qui gérait ça de l'époque. pareil pour l'argent du pétrocaribé où il y avait un bureau du nom de BMPAD.

Bon, vous pouvez pas vous pouvez ne pas être beaucoup à à savoir cela aujourd'hui, mais un argent qui n'a pas été directement dans le budget haïtien et qui quand même a été dilapidé. Par conséquent, là je fais la promotion d'un point de vue personnel pour les modalités de remboursement. C'est à Haïti elle-même.

On dit une Haïti, je ne sais pas pourquoi, on a toujours dit une Haïti. Euh c'est à Haïti elle-même d'avoir Haïti chéri d'ailleurs d'avoir les les institutions nécessaires qui fonctionne pour répartir et décider de ce qu'il fait avec son son budget. Parce que tout simplement un pays ce ne sont pas les murs, ce sont les institutions.

Si un pays ne peut pas avoir des institutions pour le moment, en tout cas ce qu'il y avait juste avant le le conseil présidentiel de transition, c'est-à-dire un parlement élu euh euh un budget voté et qui décide de son avenir, on peut injecter autant de milliards qu'on veut sous forme d'aide humanitaire à ce pays. Ça ne marchera pas. Euh je tenais à dire cela parce que euh je sais qu'il y a un cercle vicieux qui peut s'implanter quand on commence par faire une mauvaise réputation à un pays et que la mauvaise réputation finit par donner une mauvaise situation qui engendre une plus mauvaise réputation encore.

C'està-dire c'est un cercle vicieux dont on a déjà vu le mécanisme. L'exemple le plus frappant étant quand les Américains ont soutenu la dictature des Duvaliers en Haïti sous prétexte de commun de combattre le communisme éventuel des intellectuels haïtiens et commençant par dire que bon Haïti pays le plus pauvre de l'hémisphère sud et cetera et cetera ce qui donnait l'impression qu'aïti était déjà dans l'état où il est actuellement et il finit par l'aide parce que tout simplement les dirigeants emboitent le pas dans cette autodévalorisation dans cette déconstruction des institutions. et cetera et cetera.

Donc je conclai par dire que il est important pour nous autres euh militants politiques, je pense que que vous en êtes, il il doit y avoir très peu de bado qui vient voir et cetera ici. Il est important pour nous autres militants politiques de comprendre qu'il s'agit de militer politiquement quand on demande à notre pays actuel de revenir sur son passé et de payer ses dettes. Il ne s'agit pas, ce n'est pas faire œuvre mémorielle, c'est faire œuvre de combat politique et faire œuvre de rupture avec un système aujourd'hui capitaliste ultralibéral, néolibéral. hier colonialiste et structurel du racisme.

Ce n'est pas du tout un débat en l'air, c'est un débat concret. Les mêmes à qui on va devoir reprendre les autoroutes sont les mêmes qui vont devoir rembourser l'argent qu'ils ont pris parce qu'ils ont esclavagisé les Haïtiens et qu'ils les ont fait payer leurs propres personnes. C'est avec cette méthode rançon qu'il s'agit de rompre.

Merci. Merci beaucoup Néémie. Merci à à tous les trois.

Néémie parlait du dossier dans l'huma dans lequel tu avais publié une excellente tribune. Il y a aussi le magazine Histoire qui a fait un hors série sur cette histoire de de la rançon qui est extrêmement intéressant. le Monde qui a fait qui avait fait aussi un dossier le 17 avril dernier.

Bref, malgré ce qu'on peut ce jour-là, c'était assez surprenant mais beaucoup de médias français se sont intéressés à l'histoire de cette de cette dette. Et je vous invite aussi à lire un excellent livre qui est magnifique, qui s'appelle les Jacques Auobin noir, qui raconte toute l'histoire d'Haïti euh et qui a été réédité et réactualisé récemment et qui parle aussi de toutes les révoltes des esclaves, de tous ces personnages complètement oubliés de de l'histoire puisque je crois je crois que ce qu'on ce qu'on veut vous dire un petit peu avec cette conférence, c'est que il faut la la révolution haïtienne est un est un événement central dans l'histoire mondiale et qui a été totalement occulté par la France, qui a heureusement été humilié par les les esclaves haïtiens qui lui ont mis un coup de grâce en 1803 avant de proclamer le leur indépendance en 1804. Voilà.

Et donc on va vous laisser la parole si vous avez des questions et on va faire pour répartir correctement la parole, nous allons donner la parole à un homme et une femme en alternant. Voilà. Merci, merci d'avoir parlé d'Haïti.

Bonjour, j'ai plusieurs points à aborder, donc je vais essayer d'être synthétique. Le premier point, ça concerne, ça s'adresse plutôt à Jacquési qui concerne Aristide. Il y a une version, je sais pas si c'est une rumeur, du coup, je voudrais votre avis.

Euh donc en 2003 euh Aristi demandait la restitution de de la Rançon et une rumeur dit que Chirak aurait euh euh commandité l'enlèvement de Aristide par les États-Unis et l'aurait euh envoyé en Centrafrique pour éviter que ça fasse tâche d'huile et que d'autres pays euh qui avaient accédé à l'indépendance se saisissent aussi de cette demande et demande des une restitution. Ça c'est le premier point. Le deuxième point, vous avez évoqué que dès aujourd'hui hein, donc c'est que la situation en Haïti est catastrophique avec les gangs.

Euh d'ailleurs, on se demande pourquoi ils ont proliféré. Enfin, à qui profite le prime ? Sans doute pas seulement à la bourgeoisie haïtienne, mais aussi, je me demande dans quelle proportion, aux États-Unis et à la France, si vous avez une réponse.

Donc, vous évoquez des intellectuels haïtiens qui euh travaillent à changer prochainement. On sait pas comment parce que si c'est sans sans moyen armé, on va pas comment on va faire disparaître les gangs. Donc, je voudrais quelques noms pour savoir si c'est des noms que je connais de ces intellectuels qui veulent changer le monde en Haïti.

Le troisème point euh qui est personnel finalement qui s'adresse un petit peu à vous tous et peut-être plus particulièrement à Rud Pierre qui est l'adoption internationale. Donc moi, c'est par l'adoption internationale que je connais à Haïti puisque en 2003 avec mon mari nous avons adopté une petite fille d'origine haïtienne et je l'aborde pas du côté de Ah, c'est bien, qu'est-ce que vous faites ? parce que ça on l'a souvent entendu.

Mais du côté économique et du côté de l'impact que cet appauvrissement de Haïti a au cœur même des familles haïtiennes aujourd'hui, hein. C'est-à-dire que les parents, c'est toujours il y a toujours au moins un parent ou sinon deux parents qui confient leurs enfants à l'adoption internationale parce qu'il faut qu'il y ait des parents pour passer par ce processus avec l'espoir d'une vie meilleure. Et moi, j'ai pu constater puisquon on est allé là-bas, c'est la question que je pose plutôt que de faire une affirmation.

Il me semble qu'à l'époque l'adoption internationale, c'était aussi une activité économique assez lucrative pour une la classe bourgeoise puisque c'est les avocats qui œuvrent à faire les dossiers. Et voilà. Et donc c'est comment au cœur même de l'intimité des Haïtiens de leur vie familiale mais de leur intimité aussi parce que ma fille elle dit moi j'ai pas du tout demand elle a 25 ans aujourd'hui j'ai pas du tout demandé à venir.

Donc vous parliez de traumatisme psychologique. l'impact que ça a au cœur même de d'une petite personne haïtienne, cet appauvrissement hein, ce néocolonialisme, voilà, qui a été mis en place par les pays capitalistes. Qu'il y a question ?

Merci madame. Bon euh les deux questions. Oui.

L'hypothèse de du renversement de Jean-Bertain Aristide, je pense la plus possible c'est de fermer la boîte de pendeur parce qu'il s'agissait de commémorer le bicentenaire de l'indépendance d'Haïti et que Aristit certes n'avait pas une légitimité nécessaire puisque il a été mal élu en 2001 une deuxième fois et que en même temps il tirait les gains politiques de cette demande de restitution de survie politique mais il n'y avait pas de ressources politique. Donc ça lui permettait de survivre puis deuxièmement c'est que il a été lâché parce que toute la classe intellectuelle a lâché Aristi sur ce plan parce que les Haïtiens engagéaient un mouvement de contestation contre Jean-Bertrin Aristide et que les élites en même temps adhéraient à l'idée de la France, c'est-à-dire bah boycotter le bis de l'indépendance. Maintenant aujourd'hui, elle regrette l'élite intellectuelle de n'avoir pas observé une sorte de trêve en disant on combat résistes mais le bicentenaire soutient.

Donc je pense que c'est une erreur fondamentale de l'élite intellectuelle haïtienne d'avoir participé quelque part au sabotage de cet événement important, le bicentenaire de de l'indépendance haïtienne. Et quant à la bon oui puisqueà un moment donné pour terminer avec cette question à un moment donné les États-Unis ont soutenu Aristide évoquant la déclaration par exemple de Coline Poel disant que c'est un président légitime on le soutient mais de semaines après il a changé d'avis il a adhéré à l'opération française menée par Dominique de Villepin c'est-à-dire visant à à déstabiliser Aristine. Et puis la deuxième question, oui, la situation que vit Haïti, c'est une reproduction, on peut dire encore du schéma capitaliste parce que certains disent que les gangs sont de connivance avec quelques entités internationales qui voyaient donc Port comme étant, vous vous rappelez le président américain Trump disait que Gaza, il faut le transformer une sorte de de d'espace de de Côte d'Azur.

C'est comme qui dirait pas au prince s'inscrire dans ce schéma c'estàd faire en sorte que tous les habitants de la capitale la fuit l'abandonne et quand on voit aujourd'hui l'état catastrophique physique de Porto Prince Porrce 1970 qui draînait des milliers de touristes aujourd'hui qui est méconnaissable parce que les gangs ont détruit physiquement cette capitale. Et on se demande qui est derrière cette opération puisque ce sont des ce sont on peut dire des petits délinquents au début maintenant qui deviennent des millionnaires aujourd'hui et c'était des petits délinquents qui travaillaient avec les entrepreneurs qui pour des raisons économiques de de concurrence ou de lutte contre un concurrent bien se servait se servait de ces petits caïdes mais aujourd'hui euh ils sont leurs propres patrons, ils sont des milliards, des millionnaires puisque non seulement ils vivent des opérations de kidnapping du trafic d'organes, euh du trafic d'armes, de munitions et puis en même temps euh euh avec le gouvernement, avec les différents gouvernements. Donc quand vous dites à qui profite le crime, je pense d'abord aux grandes puissances notamment les États-Unis d'Amérique qui n'ont jamais pardonné Haïti cette conquête de l'indépendance qui a tout fait pour sa beauté.

Et aujourd'hui, l'Haïtien, le dirigeant haïtien ne peut même prétendre désigner le chef de la police sans l'aval de l'ambassade américaine. C'est l'ambassade américaine qui fait défit comme ça a été démontré par Hillary Clinton qui a installé Martelli alors qu'il n'avait pas gagné les élections. Donc on voit bien qu'il y a euh ce qui se passe en Haïti qu'il y a une situation guerrière.

On sait pas avec qui Haïti se bat, mais en même temps euh les États-Unis sur lesquels en général les Haïtiens compte ont complètement euh esquivé la question et pour le moment c'est aux Haïtiens eux-mêmes. Quand vous dites les intellectuels travaillent à changer. Oui, il y a une bonne partie des élites vertueuses que j'appelle, c'est-à-dire patriote national compétente, il y en a en Haïti, il y en a à l'extérieur qui tente et bien qui travaillent encore à une alternative.

S'agit-il d'une lutte armée ou d'une révolution entre guillemets ? En tout cas, euh toutes les options sont sur la table aujourd'hui puisque euh les opérations usiennes, on a vu, ça n'a rien donné et la coopération latino-américaine n'est pas efficace. Donc, je pense c'est aux haïtiens eux-mêmes de redessiner les chemins de l'émancipation émancipation hein qui a été initié au 18e siècle par la bataille de Vertière en 1803.

Merci Jacques. Alors l'impact de cet appr 1 2 3 approissement sur les familles haïtiennes en fait on le mesure vousz je parle pas très fort on le mesure déjà de base avec le colonialisme puisqueà l'époque de l'esclavage les hommes étaient déjà dans les champs. Les femmes étaient seules avec les enfants.

Donc l'apprissement de l'État haïtien ensuite n'a absolument pas aidé puisque les femmes ont continué à s'occuper des enfants, les hommes allaient chercher de l'argent, du travail et cetera. Euh et aujourd'hui euh euh de plus en plus de familles ben à l'époque avaient recours à la fois à soit à à l'adoption de leurs enfants à l'international, mais aussi un phénomène où euh les familles dans les campagnes envoyer leurs enfants euh à Port au Prince ou dans les grandes villes euh chez une une tante, un oncle et cetera pour que l'enfant puisse avoir euh une éducation, ce qui parfois n'arrivait pas puisque ça a donné lieu au phénomène de reste avec. Donc je pense que ce ce phénomène de reste avec donc les restes avec c'était des enfants euh qui sont donnés à euh des ongles, des tantes, des proches en tout cas qui vivent en ville et qui se retrouvent en situation d'esclavage eux-mêmes par leur propre famille ou proches.

Et donc les familles face à cette situation préféraient parfois la voix de l'adoption internationale à contre-cœur puisque euh dans les différents témoignages qu'on peut avoir euh des familles expliquent que pour la propre survie de l'enfant, il est très préférable de le donner. Euh donc bien entendu ce qui a ouvert la pétence ben euh d'élite hein euh d'avocats, de notaires et cetera puisqu'on est sur un système global et général euh euh entaché par la corruption à tous les étages euh du euh de la simple personne qui fait l'orientation à l'entrée du tribunal, euh au greffiers et cetera, à qui il faut graisser la patte pour avoir un document et des documents sur le même système français, on nous on nous en demande 50. Donc euh tout ça vient euh alimenter euh toutes ces euh euh euh toutes toutes toutes ces comment dirais-je euh toutes ces blessures que les Haïtiens et Haïtiennes et familles Haïtiennes vivent.

Donc le phénomène des enfants donné à l'adoption, donc sachant que l'adoption internationale en Haïti a quand même euh ralenti voire euh n'est quasiment pas possible aujourd'hui par les voies légales. Euh fait que ben on on a euh ces familles qui préfèrent se séparer de ces enfants euh pour qu'ils aient l'espérance qu'ils aient une vie euh meilleure, même une vie tout simplement. Et c'est vraiment euh l'un des impacts euh qu'on peut quantifier puisque on a encore les chiffres euh des des adoption international légal euh puisque'à côté il y a quand même beaucoup de raft d'enfants, des familles qui se retrouvent dans certains villages où là l'adoption n'était même pas du tout un une volonté, mais qu'on allait chercher en expliquant aux familles qu'on va s'occuper de l'enfant, il sera dans un orphelina peur au prince, il va être pris en charge, il va être à l'école et cetera et finalement ce sont des familles qui n'ont jamais revu leurs enfants ni même la trace du du prétendu orphelina et face à une absence de moyens à un manque d'alphabétisation aussi puisque dans les campagnes, l'alphabétisation est aussi un sujet donc ces personnes n se sont retrouvées sans moyen de retrouver leurs enfants qui ont été sans doute adoptés dans des structures ayant pignon sur mais sans le réel consentement des familles derrière.

Donc ça c'est un vrai sujet l'adoption et malheureusement euh il y a pas vraiment de de de de recherche réelle faite pour à la fois accompagner ces enfants adoptés donc ici en France ou aux États-Unis et en Belgique puisqueon a quand même pas mal d'enfants haïtiens en Belgique qui sont à la recherche de leurs traces puisqu'on se rend compte que comme il y a eu ce phénomène en dans les Philippines, des enfants ont simplement été volés et donner à l'adoption. Je sais pas si j'ai répondu concrètement. Bon, je n'ai pas de réponse concrète sur l'adoption à part une autopromo.

Euh, mon premier roman, il se trouve publié en 2017 raconte une histoire d'adoption donc disponible dans toutes les bonnes librairies de France et de Navar et ailleurs. Il s'appelle Rapatrié, publié en janvier 2017 aux éditions du Seuil. Donc vous saurez tout ce que je pense et toute ma perception de l'adoption.

Juste pour rajouter rapidement un élément sur Jean-Bertrand Aristi, il est vrai que dans cette fameuse enquête du New York Times qui est l'enquête par laquelle le monde s'est réintéressé finalement à cette histoire de de la dette qui a été publiée en 2022 et qui est accessible gratuitement en ligne, qui a été traduite en français, qui s'appuie sur plus d'un millier de documents. Il y a ces aveux de l'ancien ambassadeur de France de l'époque qui sous-entend que Aristide a été renversé notamment suite à cette demande de remboursement, voilà, par la France et par les États-Unis. Est-ce que quelqu'un a une dernière question puisque nous devons terminer à 17h ?

Oui, bonjour et merci beaucoup pour toutes vos interventions. Euh, je connais assez peu euh Haïti et le le système un peu politique et les enjeux qui euh auquels le pays fait face. Euh actuellement, là maintenant, en terme de en terme politique, quels sont les perspectives ?

Est-ce qu'il y a des des partis politiques qui se mettent en place, des luttes particulières, des collectifs euh à ce niveau-là et comment ça se passe en ce moment ? Alors, je commence la réponse juste parce qu'on va être très bref. En ce moment, il y a un conseil présidentiel de transition de neuf membres qui se relaisent et qui ont pour objectif, semble-t-il, d'organiser des élections euh pour mettre un président légitime suite à l'assassinat de l'ancien président élu, Jvenel Moïse.

Euh mais mon point de vue demeure que des élections doivent avoir lieu, la classe politique haïtienne doit s'organiser et je pense que les élections peuvent se faire même en temps de guerre. Moi je suis pour le par exemple j'ai vu la dernière note de blog de Jean-Luc maintenant dès que N soum est à la radio, on lui dit "Mais il y a la guerre en Ukraine et vous demandez des élections." Oui.

Euh même en situations difficiles, on peut faire des élections et justement il faut un peu de légitimité politique pour sortir des situations difficiles. Et là aussi, c'est un cas typique où les phénomènes ne sont pas humanitaires ou seulement mémoriels, mais politique, directement politique. Oui, il y avait il y a une volonté actuelle de d'organiser des élections en Haïti en novembre.

Et donc l'idée était euh puisque en Haïti, il faut savoir que euh route parler de l'analphabétisme, il y a aussi un gros problème de d'état civil. C'est-à-dire il y a des centaines de de milliers de gens qui n'ont pas d'existence civile, qui n'ont pas de carte d'identité, qui ne sont répertoriés nulle part. Et donc, il y avait une volonté de d'à la fois faire en sorte de répertorier tous les citoyens haïtiens et de faire en sorte que ceux qui ne peuvent pas voter à Port au Prince, des bureaux soient organisés en dehors de Port au Prince de manière délocalisée pour que tous les Haïtiens un maximum en tout cas puissent voter et que un président élu et ensuite un gouvernement et une assemblée nationale, un Sénat puisse prendre des décisions.

Actuellement, c'est un conseil de transition. Nous on nous avions rencontré Lesle Voltaire qui était en mars jusqu'en mars le président de de transition et lui-même nous disait ne pas se sentir légitime pour prendre un certain nombre de décisions et notamment sur ce sujet-là de la rançon et du bicentenaire parce que personne n'est lieu actuellement et que l'État est totalement défaillant. Quand vous regardez les images des gangs à Port au prince, la violence est telle que les ministères sont des devenus des camps de réfugiés. dans les ministères, vous avez des déplacés.

Il il n'y a plus aucun service public qui fonctionne. C'est un pays, on en est je on en parle évidemment moins que Gaza puisque la Palestine est le pire le génocide à Gaza est le pire crime qui puisse actuellement exister. Et puis à Gaza, l'aide humanitaire est est bloquée.

Le il y a un blocus humanitaire depuis 2007. Haïti, il y a rien de comparable, c'est-à-dire politiquement situation totalement différente. L'aide humanitaire n'est pas bloquée, les ONG ne sont pas bloqués, même si il est très difficile d'y accéder parce que là l'aéroport tous l'ouverture est fermée.

Euh mais c'est une situation humanitaire qui est totalement oubliée avec plus d'un million de personnes en situation d'insécurité alimentaire très grave. euh 5 millions qui sont en insécurité alimentaire, mais 1 million en situation catastrophique. Euh des violences sexuelles généralisées euh à Portines euh par les gangs euh des des millions de gens qui sont plus d'un million de déplacés.

Euh l'année dernière, vous avez 5000 personnes qui ont été tuées par les gangs selon les Nations Unies. Bref, l'ONU parle aussi de cataclysme humanitaire. Donc là, l'urgence dans le moment, c'est évidemment de répondre à la situation humanitaire sur les les les besoins essentiels et de d'assurer à tout le monde ses droits fondamentaux en matière de de santé, de d'alimentation, d'éducation, mais plus largement, comme disait Némi, de changer de situation politique puisqu'il faut qu' Haïti puisse avoir des autorités légitimes et souveraines pour prendre des des décisions et pour que le peuple haïtien puisse être écouté dans la dans la situation.

Je vais juste rajouter que ça fait aussi partie du militantisme qu'on doit continuer à avoir ici puisque comme Néémi le disait tout à l'heure, on est toutes et tous ici des militants politiques et on doit aussi dans l'international pouvoir continuer à revendiquer la tenue d'élection euh euh légitime en Haïti. Pour ça, au sein de la communauté haïtienne de France, il y a un mouvement euh très récent qui s'appelle Nobé euh qui est dont la représentante est avec nous aujourd'hui et je l'en remercie beaucoup. Fara euh qui a organisé une marche euh le 22 mai, tu me corrigeras, mars euh qui a réuni plus de 15000 personnes du jamais vu en France ou ailleurs d'ailleurs pour pour militer pour Haïti.

Donc ça fait aussi partie des revendications qu'on doit continuer à porter euh euh qu'on soit à la France insoumise ou de la gauche de manière globale euh dans ces revendications internationales puisque euh pour nous en France la déstabilisation en Haïti a un impact sur la région et dans la région Caraïbe les autres mères. Les autres mères qui sont confrontées à des défis de leur territoire qui sont quasi similaires à l'exception des gangs à ce qui se passe en Haïti. Mais ce qu'il faut savoir, c'est que si Haïti tombe euh on ne fait rien, on ne bouge pas pour que à un moment donné des élections légitimes, des élus euh avec un mandat puissent siéger, prendre des décisions euh et que ce sont les gangs qui prolifèrent sur l'ensemble du territoire et qu'on a finalement un état narc livré au narcotrafic.

Ce qui veut dire que la Haïti est à 900 km de de de Saint-Martin en fait, donc de la France. Donc ce qui veut dire une prolifération de la drogue dans nos autres mères. Et ça ce n'est pas possible puisque la violence dans les autres mères, on en parle pas beaucoup non plus, mais a atteint parfois son paroxisme.

Et dans la région, il faut vraiment veiller à ce que on retrouve une stabilité en Haïti pour le bien-être bien entendu des Haïtien mais aussi pour la région Caraïbe dont nous Français avons aussi des territoires. [Applaudissements] On va on va s'arrêter là. Une une dernière remarque, la une des prises de parole me faisait me rappeler tout à l'heure le tu tu parlais des fonds qui ont été gérés par des des expatriés qui n'ont pas été gérés par les Haïtiens et qui ont tout de même été un échec.

Tu parlais de Bill Clinton et René Préval qui ont géré les les les centaines de millions de dollars après le le séisme de 2010. Il y a un film très beau qui s'appelle Fatal Assistance de Ralouec qui est un réalisateur haïtien, ancien ministre de la culture d'Haïti sur tout le détournement euh de fonds de cette de tout l'argent qui a été détourné à cette époque et tout le néocolonialisme qui a été qui a été mis en place et qui a conduit à ce qu'on parle ensuite de la République des ONG, c'est-à-dire un endroit où finalement l'État ne contrôle presque plus rien et tout est sous-traité à des ONG international et à des étrangers. Voilà, merci beaucoup à tous et euh à bientôt.

Merci.