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interviewfranceinfo — L'invité éco· 10 janvier 2022 8 min

Autotests : Les fabricants français sont prêts à augmenter leur production, selon la ministre de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonsoir à tous. Le gouvernement veut multiplier les tests et les autotests. Je vous rappelle qu'en ce moment, les laboratoires et les pharmacies réalisent environ 10 millions de tests par semaine. Bonsoir Agnès Pannier-Runacher.

0:16
Agnès Pannier-Runacher

Bonsoir Jean-Lémarie.

0:17
Présentateur

Ministre délégué chargé de l'industrie. Encore plus de tests, encore plus d'autotests. Est-ce que matériellement c'est possible, franchement ?

0:25
Agnès Pannier-Runacher

Oui, c'est possible. Nous avons déjà en France 7 fabricants qui sont montés en capacité ces derniers mois. Ils produisent 10 millions d'autotests par mois sur les tests antigéniques et 17 millions d'autotests sur les autotests. Donc ça fait une production de 27 millions. Ils peuvent aller plus haut, c'est ce qu'ils nous disent eux. Et nous, nous avons accompagné sur ces 7 producteurs, 3 d'entre eux, pour leur permettre d'accélérer leur production.

1:01
Présentateur

Et pourtant, quand on pousse la porte d'une pharmacie, souvent, pas d'autotest.

1:05
Agnès Pannier-Runacher

Et par ailleurs, vous avez toute la disponibilité des tests qui sont produits au grand international. Donc aujourd'hui, la question c'est l'équipement des pharmacies par rapport à l'augmentation du nombre de personnes se faisant tester. Donc ça, c'est une question qui relève plutôt de la logistique, c'est-à-dire d'acheminer vers ces pharmacies qui, tout d'un coup, font face à un afflux de clients. Et vous savez qu'il y a 6 millions de tests qui sont en stock dans les pharmacies et que le ministère de la Santé a annoncé acheminer 10 millions de tests supplémentaires pour permettre à ces pharmacies de tester les Français.

1:48
Présentateur

Et quand le problème très concret que rencontre de nombreux Français sera-t-il réglé, ce problème d'accès aux autotests que vous recommandez maintenant massivement ?

1:57
Agnès Pannier-Runacher

Alors, ça, je vais laisser le ministère de la Santé accompagné parce que quand est-ce qu'on fait des autotests ? Quel est le bon rythme des autotests ? C'est aussi des pratiques sanitaires et d'épidémiologie sur lesquelles je n'ai pas mon mot à dire. Mais ce que je sais aujourd'hui, c'est que les 7 fabricants d'autotests français sont prêts à augmenter leur capacité de production et que nous acheminons des autotests complémentaires, 10 millions d'autotests complémentaires dans les jours qui viennent.

2:27
Présentateur

Ministre de l'Industrie, que pensez-vous de la qualité de ces autotests ? Je vous pose la question parce que certains fabricants, notamment français, s'interrogent sur la qualité de ces autotests, notamment de certains autotests produits à l'étranger, et la critiquent en disant qu'ils n'ont pas une qualité suffisante.

2:44
Agnès Pannier-Runacher

Alors là, je vais vous faire une réponse très simple. Je n'ai pas l'expertise sur ces sujets pour me permettre de donner une orientation. Ce que je sais, c'est qu'il y a des validations qui sont faites au niveau européen et que vous avez pour chaque dispositif médico qui est mis sur le marché ou dispositif de diagnostic, une validation par des autorités sanitaires.

3:07
Présentateur

Est-ce qu'il faut continuer à tester autant et plus encore ?

3:10
Agnès Pannier-Runacher

Il faut prendre les mesures qui nous permettent de limiter autant que possible la circulation du virus et de faire en sorte que cette circulation du virus soit compatible avec notre capacité à traiter les cas critiques à l'hôpital. Les cas critiques, ce n'est pas l'essentiel des cas. Beaucoup de Français, j'en fais partie, ont eu la Covid sans avoir eu besoin de se rendre dans des services de prise en charge. La vaccination y fait beaucoup. On sait que la vaccination atténue les formes potentiellement graves du virus. Donc aujourd'hui, nous avons trois armes. La première arme, ça reste les gestes barrières.

C'est de la prévention, mais la prévention, ça a toujours été un levier extrêmement puissant face aux épidémies. Le deuxième geste, c'est la vaccination pour permettre à la fois de limiter la circulation du virus puisque la vaccination a un impact sur la limitation de la circulation du virus sans faire du 100% parce qu'on présente toujours les choses en blanc et en noir. Non, ça limite, c'est moins fort, mais également pour limiter la survenue de formes graves du virus. Et donc, c'est notre arme aujourd'hui la plus efficace. On le voit par rapport à l'année dernière où nous avions des restrictions, des fermetures, de restaurants, etc. Là, on n'est pas dans ce cas-là.

Et pourtant, on a plus de circulation du virus. Et la troisième arme, c'est de vérifier qu'on n'est pas porteur sans s'en rendre compte et qu'on n'est pas en train de contaminer. Et donc, les tests se justifient dans ces cas-là.

4:44
Présentateur

Geste barrière, le masque. Évidemment, allez-vous généraliser le port du masque FFP2 ?

4:51
Agnès Pannier-Runacher

Alors, vous savez que le Premier ministre avait indiqué qu'il attendait l'avis du Haut Comité de la Santé Publique. Je comprends que cet avis vient d'être rendu et qu'il ne recommande pas l'utilisation du masque FFP2. Le gouvernement va continuer à discuter parce qu'on entend dans certaines professions une inquiétude, une demande parfois. Donc, il faut aller jusqu'au bout de cela. Mais disons que la généralisation du masque FFP2, pour vous, pour moi, pour tout le monde, n'est pas la recommandation du Haut Comité pour la Santé Publique. Ce qu'il faut savoir ensuite en termes de fourniture, d'abord, c'est plus cher. Donc, ça, c'est un sujet.

Le deuxième sujet, c'est que les fabricants français de masques FFP2, et je veux rappeler que nous avons permis à cette production d'être multipliée par 30 entre le début de la crise et fin de l'année 2020. Donc, les capacités de production ont très fortement progressé. Nous avons la capacité à produire des dizaines de millions de FFP2 dans un temps très réduit. Mais aujourd'hui, les commandes sont plutôt faibles parce que la population, les acheteurs publics et privés, ne recourent pas de manière prioritaire aux masques FFP2 français.

6:10
Présentateur

À propos d'acheteurs publics, l'État va distribuer des masques chirurgicaux aux enseignants. Est-ce que ce sont des masques français ou produits à l'étranger ?

6:16
Agnès Pannier-Runacher

Oui, tout à fait. Ce sont des masques français. Je m'en suis assurée.

6:20
Présentateur

Vous attendez le vaccin de l'américain Novavax, qui est un vaccin qu'on appelle sous-unitaire et pas un vaccin ARN messager. Vous ne suivez plus directement la question des vaccins, mais quand sera-t-il disponible ? Vous avez beaucoup suivi ces vaccins depuis le début de la pandémie.

6:31
Agnès Pannier-Runacher

Tout à fait. J'étais en charge pour la France de la négociation avec les laboratoires pharmaceutiques en lien avec l'Union européenne pour nous prémunir et faire des achats de vaccins, quelle que soit leur dimension. Donc, j'ai participé à Pfizer, Moderna, etc. Novavax, ce sont des commandes qui sont sécurisées. Ce que nous attendons aujourd'hui, c'est l'arrivée des premières doses. Elles sont annoncées pour début février. Novavax, vous avez raison de le dire, c'est une nouvelle technologie de vaccin. Alors, pas nouvelle, puisque c'est une ancienne méthode, mais c'est le premier vaccin à protéines sous-unitaire qui est disponible sur le marché.

Et c'est un laboratoire qui a un petit peu de mal à monter ses capacités de production. Nous attendons 3 millions de doses, un peu plus de 3 millions de doses au premier trimestre. Et c'est maintenant à Novavax de nous dire quel sera leur calendrier de livraison. Mais c'est une ligne de production qui est un peu plus récente que sur les autres vaccins, qui n'est pas encore en rythme de routine, comme peut l'être le Pfizer ou le Moderna. Et nous avons dans la foulée sécurisé également des commandes de Valneva et des commandes de Sanofi. Là, pareil, nous attendons à la fois les autorisations et nous attendons les livraisons.

7:55
Présentateur

Agnès Pannier-Renaché, merci. La ministre de l'Industrie, invitée éco de France Info ce soir.