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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 7 janvier 2025 52 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsImmigration & asileEurope & internationalDéfense

Jean-Marie Le Pen : une vie de provocations - C à vous : l’intégral - 07/01/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 20 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Quel souvenir gardez-vous de J.-M.Le Pen après l'avoir beaucoup interviewé ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    La dualité que Patrick évoque, vous la partagez ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Il ne voulait pas accéder au pouvoir, pourquoi ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Quelle était sa relation avec sa fille Marine Le Pen ?

  • 15:00OuverteRéponse partielle

    E.Musk s'immisce dans la politique européenne, comment l'analyser ?

  • 18:00OuverteRéponse partielle

    D.Trump a-t-il été élu grâce à E.Musk ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 10:00J.-M.Le PenFait
    « C'est une grande défaite des 2 leaders de l'établissement: le président sortant et le Premier ministre candidat. Je pense même que la décence voudrait qu'ils disparaissent de cette compétition, compte tenu du fait qu'ils sont évidemment ultra minoritaires dans le pays. »
  • 17:00J.-M.Le PenFait
    « Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu, moi-même, en voir. Je n'ai pas étudié spécialement la question, mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. »
  • 19:00J.-M.Le PenFait
    « Je crois à l'inégalité des races. C'est évident. Toute histoire le démontre. Elles n'ont pas la même capacité, ni le même niveau d'évolution historique. »
  • 30:00E.MacronFait
    « Si on nous avait dit que le propriétaire d'un des plus grands réseaux sociaux du monde interviendrait directement dans les élections, y compris en Allemagne, qui l'aurait imaginé ? »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Heureuse de vous retrouver. On est en direct jusqu'à 21h avec Emilie, Patrick, Pierre, Mohamed et Lorrain. Emilie? - E.Tran Nguyen: Nouvelle déclaration choc de D.Trump après avoir déclaré qu'il voulait faire du Canada le 51e Etat.

Il veut annexer le Panama et le Groenland par la force, s'il le faut. - A.-E.Lemoine: On en parle avec P.Corbé, journaliste spécialiste des Etats-Unis et auteur de la newsletter Zeitgeist. - M.Bouhafsi: Après avoir influencé les élections présidentiell américaines, E.Musk s'attaque à plusieurs pays européens. - A.-E.Lemoine: Patrick? - P.Cohen: La disparition d'une figure de la vie politique française, qu'il a profondément transformée pendant plus d'un siècle.

J.-M.Le Pen est mort ce matin à 96 ans.

Je l'ai un peu suivi professionnellement. On va en parler et évoquer ce qu'il a changé et fait bouger en profondeur, dans la société française. - A.-E.Lemoine: On en parle aussi avec un journaliste qui l'a interviewé, c'était le premier à le recevoir dans une grande émission politique, en 1984.

Bonsoir, A.Duhamel. Merci d'être là.

Lorrain? - L.Sénéchal: Le 7 janvier, c'est la mort de J.-M.Le.Pen, mais aussi le début de la vague d'attentats de janvier 2015.

Journée d'hommage et de commémoration pour les 10 ans. - A.-E.Lemoine: Pierre? - P.Lescure: On s'arrêtera sur un dessinateur moins axé sur la politique que sur la société et les rapports entre les gens: Voutch. - A.-E.Lemoine: Dans "C à vous la suite", on reçoit L.Ruquier, qui signe un spectacle au théâtre, I.Carré, à l'affiche d'un très beau film sur l'amour qui sort demain, et R.Doduik, un vent d'air frais qui soufflera en plateau dès 20h.

Un homme a bousculé la vie politique en accédant au 2e tour des présidentielles en 2002. - Enorme surprise: J.-M.Le Pen serait au 2d tour.

Nous l'avons en ligne. - J.-M.Le Pen: C'est une grande défaite des 2 leaders de l'établissement: le président sortant et le Premier ministre candidat.

Je pense même que la décence voudrait qu'ils disparaissent de cette compétition, compte tenu du fait qu'ils sont évidemment ultra minoritaires dans le pays. - A.-E.Lemoine: J.-M.Le Pen n'accédera jamais à l'Elysée.

Les Français lui ont dit non à plus de 82 % des voix. Mais le fondateur du Front national, en 1972, a remis l'extrême droite au coeur du jeu politique, titre "Le Monde". Il n'a renié ni ses outrances, ni ses provocations racistes, ni son obsession pour l'immigration.

Il est mort à 96 ans. C'est L'Edito de Patrick. ...

J.-M.Le Pen est mort un 7 janvier. - P.Cohen: Le hasard a de ces facéties.

Il disparaît le jour où l'on célèbre le journal qui le détestait et qu'il détestait en retour. "Le Canard enchaîné" en fait sa une de demain. Il y a 10 ans, J.-M.Le Pen avait exprimé son scepticisme face à un attentat qui, selon lui, portait la marque des services secrets.

Il disait "préférer Charles Martel". Il était l'un des meilleurs ennemis de "Charlie Hebdo". Voici de nombreuses unes que l'hebdo lui avait consacrées, dont celle de 1995, avec un J.-M.Le Pen menotté.

La pétition lancée par le journal avait récolté bon nombre de signatures. Pour lui, le Front national avait pour objectif de faire disparaître la République. Il avait accepté les règles de la démocratie, mais en sapait les fondements et les valeurs.

Il a fait prospérer ceci dans l'espace public, après avoir réussi à fédérer sous sa bannière toutes les chapelles de l'extrême droite, faisant renaître un courant politique banni depuis la guerre et l'Occupation. Autour de lui, antisémites, poujadistes, catholiques, identitaires, révolutionnaires... - A.-E.Lemoine: Il a été un peu de tout ça. - P.Cohen: Il a été pétainiste, défendant le maréchal et refusant de le considérer comme un traître.

Anti-gaulliste, racontant avoir participé, en mars 1963, à l'évasion en hélicoptère de J.Bastien-Thiry. Antisémite, ça ne fait aucun doute, en témoignent ses nombreuses déclarations.

Poujadiste, il en était. C'est l'une des matrices du national populisme, qui a fait son succès. Succès qui n'aurait pas été si éclatant sans un talent oratoire et télévisuel exceptionnels.

Il effrayait ses adversaires. Il fallait du courage pour aller le contredire. Son adversaire, sur le plateau de RTL, en 87, était L.Jospin. - A.-E.Lemoine: Vous l'avez beaucoup interviewé.

Quel souvenir en gardez-vous? - P.Cohen: Une extraordinaire dualité.

Celle d'un personnage partagé entre son goût immodéré de la violence et de la provocation et un immense besoin de reconnaissance, un grand désir de respectabilité. Il m'a toujours fait penser à un pirate qui se révèle notable. Je ne dis pas homme de pouvoir, c'est très différent.

Quand on le traitait comme un notable, il pouvait être des plus charmants et des plus prévenants. J'ai le souvenir d'un déjeuner RTL où, après un malentendu, J.-M.Le Pen a cru que l'un des directeurs de la radio l'avait appelé par son prénom.

Je l'ai vu rosir de plaisir. Je me souviens la gourmandise avec laquelle Le Pen et son entourage ont diffusé, au début des années 2000, cet album à sa gloire. Toute la saga Le Pen en images, en famille, avec Jean-Paul II, Reagan, Hassan II, journalistes vedettes...

Et une pépite: la seule photo connue de J.Chirac serrant la main de J.-M.Le Pen, les 2 en maillot de bain, Chirac, chaussures à la main.

Une rencontre fortuite sur le chemin de la plage à Antibes. Voyez la déférence avec laquelle Le Pen salue son adversaire. Il y aura 2 autres rencontres secrètes après, dans l'entre-deux-tours de 88.

Ce cliché et cette attitude qui montrent Le Pen savourer ce moment et ce plaisir d'être au niveau des grands résume une partie du personnage. - A.-E.Lemoine: Alain, même question.

Vous qui l'avez beaucoup suivi et interviewé, quel souvenir en avez-vous gardé? La dualité qu'évoque Patrick, vous la partagez? - A.Duhamel: Complètement.

C'était à la fois quelqu'un qui était un pirate dans la vie politique française et qui refusait les règles, qui transgressait et aimait le faire, qui provoquait sans arrêt, parfois de façon insupportable...

Et en même temps, quelqu'un qui se rêvait considéré, respecté, classé parmi les gens qui comptaient sur le plan politique. C'était un pirate qui voulait être un notable. - A.-E.Lemoine: Mais qui ne voulait pas être un président ni accéder au pouvoir.

On a vu sa réaction alors qu'il était qualifié pour le 2d tour en 2002. Il était hésitant, ce soir-là. Ca ne lui ressemblait pas. - A.Duhamel: D'abord, comme tout le monde ou presque, il a été extraordinairement surpris.

Il ne s'y attendait pas. Ensuite, il s'est trouvé devant une situation non prévue. Mon sentiment, à ce moment, est qu'il était désarçonné par son succès triomphant.

Il avait le sentiment d'avoir marqué un grand point mais ne sachant pas quoi faire de ce succès. Mon impression était qu'il avait envie de la victoire, incontestablement. C'était un combattant, sur de bons champs et de très mauvais.

Mais il ne voulait pas gouverner. De ce point de vue, c'est une énorme différence avec sa fille. - P.Cohen: J'étais, toute la soirée du 21 avril 2002, au siège du FN.

Il y avait un décalage presque comique entre l'euphorie de l'entourage de J.-M.Le Pen, y compris sa fille, et la façon dont lui tirait littéralement la gueule.

Il rabrouait ses partisans et une partie de son entourage. Il n'était pas content. Il y avait cette inquiétude face à ce qu'il allait faire dans les 15 jours et qui n'était pas préparé...

Il n'a fait qu'un meeting pendant l'entre-deux-tours, à Marseille, au lendemain du 1er mai. S'il était aussi désarçonné, c'est parce qu'il rêvait de l'élimination de J.Chirac plutôt que celle de L.Jospin. - A.Duhamel: Il y avait de ça.

Il y a eu aussi, et on en a parlé une autre fois, quelques mois après...

J'ai eu le sentiment que, brusquement, il ne s'est pas senti prêt. L'idée que le pouvoir n'était pas pour lui totalement inaccessible, puisqu'il allait au 2d tour...

Il savait qu'il ne gagnerait pas, mais l'hypothèse de gagner le pouvoir, il ne s'en sentait pas prêt. Il était désemparé par son succès. - A.-E.Lemoine: "Au-delà des polémiques, qui était son arme préférée, et des affrontements nécessaires sur le fond, J.-M.Le Pen a été un adversaire de la vie politique française." Ce sont quelques mots de F.Bayrou.

J.-M.Le Pen est vivement critiqué, notamment à gauche, au-delà des polémiques... - A.Duhamel: Bien entendu.

Dans la tête de F.Bayrou, ce n'est pas une façon de lui accorder une grâce éternelle. Il y a un équilibre qu'il a voulu trouver entre le côté catholique classique, respectueux de la mort des adversaires, le côté tacticien en se disant que c'est quelque chose dont le RN se rappellera, et un peu la volonté de se différencier. - A.-E.Lemoine: Quitte à... - A.Duhamel: Le ton n'est pas le même de la part d'E.Macron. - A.-E.Lemoine: L'Elysée évite l'écueil de l'hommage.

Elle rappelle que le rôle de J.-M.Le Pen dans la vie publique relève désormais du jugement de l'histoire. - A.Duhamel: C'est très dur.

C'est une façon très polie de dire quelque chose de dur, dire que l'histoire ne lui fera pas grâce. - A.-E.Lemoine: L'histoire retiendra celui qui n'a jamais renié ni ses déclarations racistes, ni ses outrances, ni ses provocations verbales qu'il a multipliées dès ses 1ers succès électoraux. - J.-M.Le Pen: Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé.

Je n'ai pas pu, moi-même, en voir. Je n'ai pas étudié spécialement la question, Mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. "Monsieur Durafour crématoire", merci de cet aveu.

Je crois à l'inégalité des races. C'est évident. Toute histoire le démontre.

Elles n'ont pas la même capacité, ni le même niveau d'évolution historique. Je vais te faire courir, tu vas voir, le rouquin! PD!

Ca me rajeunit! - A.-E.Lemoine: Vous étiez là, Patrick. - P.Cohen: A Mantes-la-Jolie, oui. - A.-E.Lemoine: Ces mots lui vaudront des condamnations en justice, notamment pour apologie de crimes contre l'humanité, et il les a toujours assumés, quitte à être marginalisé. - A.Duhamel: Ca ne l'a pas marginalisé.

On peut se demander si ça n'a pas contribué à le promouvoir. Brusquement, il devenait le dissident en chef. On ne parlait que de ça.

C'est une façon de toucher un public qui, jusqu'à présent, ne le connaissait pas. Ils l'ont connu à travers ça. Ce n'était pas forcément délibéré.

Je pense que c'était sincère, en revanche. Ses dérapages étaient sincères. La preuve est qu'il revenait toujours sur les mêmes thèmes.

Ca n'est pas un hasard. Ce n'était pas forcément une stratégie, mais comme une de ses caractéristiques était d'avoir un orgueil terrible, l'idée de s'excuser ou d'admettre une bourde était en dehors de son personnage. En plus, il se prenait pour un grand chef dans son camp.

Un chef, ça ne se trompe pas, même si ça dit une énormité ou une horreur. - P.Cohen: Sur les chambres à gaz, il a dit à T.Legrand, journaliste à RMC à l'époque, dans une conversation privée, qu'il était impossible à ses yeux qu'il y ait eu 6 millions de morts juifs dans les camps nazis pendant la guerre, parce qu'il n'y avait pas assez de camps.

T.Legrand le rappelle cet après-midi dans "Libération". Le dérapage sur les chambres à gaz, il sait en le prononçant, qu'il a fait une connerie.

Il est malade, mais il ne recule pas. Ca part d'une conviction profonde. - A.Duhamel: Il est négationniste, absolument. - A.-E.Lemoine: En 1984, vous l'interrogez sur son antisémitisme au cours de "L'Heure de vérité". - A.Duhamel: Quand vous lisez ou entendez des propos antisémites, quelle est votre réaction? - J.-M.Le Pen: Si l'antisémitisme consiste à persécuter les juifs en raison de leur religion ou de leur race, je ne suis certainement pas antisémite.

La "Tribune juive" notait qu'en 30 ans de vie publique, on n'a pu noter une seule déclaration antisémite à mon encontre. En revanche, je ne crois pas être obligé d'aimer la loi Veil, d'admirer la peinture de Chagall ou d'approuver la politique de Mendes France. Telle est ma position. - A.Duhamel: Bien.

Enfin, c'est une manière de ponctuer... - J.-M.Le Pen: Je réponds à votre question. - A.-E.Lemoine: Tout est résumé dans sa réponse? - A.Duhamel: Oui, et dans son comportement.

Il donne le sentiment d'être très à l'aise. Il assume, parce que c'est ce qu'il pense. De ce point de vue, il n'y a pas de mystère Le Pen.

Il dit ce qu'il pense. Il est intelligent, il comprend que ce n'était pas ce qu'il fallait dire. Mais comme il est plus orgueilleux qu'intelligent, il se refuse à rectifier ou, surtout, à prendre davantage de précautions pour la suite.

Il recommencera, il réitérera un nombre de fois impressionnant. Sauf erreur de ma part, il a été condamné 20 fois. Assez peu d'hommes politiques sont condamnés 20 fois. - E.Tran Nguyen: Ce sont ces déclarations qui sont lourdes à porter pour le RN d'aujourd'hui.

Même si, encore en novembre 2023, quand J.Bardella était interrogé sur BFMTV sur l'antisémitisme ou non de J.-M.Le Pen, il avait du mal à répondre. - J.Bardella: La rupture politique entre M.Le Pen et J.-M.Le Pen a été jusqu'à l'exclusion du propre père de M.Le Pen.

Je ne crois pas que J.-M.Le Pen était antisémite.

Je n'aurais pas tenu les propos qu'il a tenus sur le "point de détail". Pour moi, l'horreur de la Shoah n'est pas un point de détail de l'histoire. - E.Tran Nguyen: Cette réponse est le signe qu'il y a encore un an et demi, des mots sont difficiles à prononcer au sein du RN? - A.Duhamel: Je pense que dans la tête de J.Bardella...

Je n'y suis pas, mais je pense qu'il y a à la fois le désir de ne pas décrocher le tableau de famille, même s'il est détestable, et l'envie d'incarner autre chose. L'avenir de J.-M.Le Pen au sein de ce que sera le RN est un portrait qu'on ne décrochera pas, mais qu'on mettra à un endroit de plus en plus discret. - A.-E.Lemoine: Un portrait qu'on a commencé à cacher avant la rupture, dès 2014.

Il était devenu gênant. On lui posait la question sur ce plateau. Vous avez le sentiment de gêner M.Le Pen, comme certains militants du Front national peuvent le penser? - J.-M.Le Pen: Je ne crois pas.

Peut-être que cela gêne, c'est possible...

Il faudra qu'elle s'y fasse. J'essaie de ne pas la gêner. Ce qui m'importe, beaucoup plus que M.Le Pen, c'est la cause de la France et de son redressement.

J'ai parfois envie de dire des choses que je ne dis pas, pour ne pas gêner la présidente et pour rester, grosso modo, dans la ligne générale du mouvement. - A.-E.Lemoine: Il y a des choses que vous ne dites pas? - J.-M.Le Pen: Quelquefois.

Quand je ne suis pas d'accord, j'évite de le dire publiquement. Je lui dis au creux de l'oreille, affectueusement. - A.Duhamel: Quand il parle ainsi de sa fille en public, c'est la façon la plus vache de feindre d'être gentil. - A.-E.Lemoine: Là, il est vache, mais il deviendra carrément violent en 2015.

Des propos auxquels vous avez confronté M.Le Pen, Patrick, quand elle était à nouveau candidate en 2022. - J.-M.Le Pen: J'ai honte que la présidente du Front national porte mon nom.

Je souhaiterais qu'elle le perde le plus rapidement possible. - P.Cohen: C'est d'une violence... - M.Le Pen: Il peut être très violent quand il est contredit.

Il était entré dans un processus de provocation à mon égard qui faisait qu'il était dans une démarche de sabotage de ce que je souhaitais faire, de ce que les adhérents du Front national aussi, me demandaient de faire. Je leur ai proposé quelque chose et ils m'ont dit oui. Il avait du mal à le supporter.

Quand il est blessé, il peut être terriblement brutal et violent dans les propos qu'il exprime. - A.Duhamel: C'est un peu un trait de famille.

Quand M.Le Pen est contredite, elle se durcit avec une rapidité spectaculaire. - A.-E.Lemoine: Quand elle parle de sabotage, il a réellement tenté de saboter le projet présidentiel de sa fille? - A.Duhamel: Je ne pense pas qu'il ait voulu le saboter.

Il avait énormément de difficultés à accepter l'idée que ce qu'il n'avait pas réussi, même s'il n'en avait pas tellement envie, sa fille allait le faire. C'était lui, le patriarche, le fondateur, celui qui avait réinventé l'extrême droite en France, qui l'avait réimplanté. Même si c'est sa fille, on trouve toujours que, dans ce cas-là, le successeur est ingrat. - P.Cohen: Par ailleurs, M.Le Pen a été à bonne école.

Pour gravir le sommet du Front national, elle a éliminé un certain nombre de rivaux. Il y a eu une bataille interne qui a abouti à ce qu'elle soit seule, aujourd'hui, dans la lumière, et que ça reste une possession familiale. - A.Duhamel: Elle n'aime pas davantage que son père être contredite. - P.Lescure: Depuis quelques années, J.-M.Le Pen réservait ses quelques apparitions publiques à son journal de bord, diffusé uniquement sur YouTube.

Un tout petit extrait de voeux très sobres il y a 2 ans. ... - Bonjour, J.-M.Le Pen. - J.-M.Le Pen: Bonjour. - Vous avez des idées de voeux pour la France et pour les Français? - J.-M.Le Pen: Souhaiter aux gens une bonne santé.

C'est une des conditions de la vie équilibrée et heureuse. - P.Lescure: Son dernier journal de bord sur YouTube datait de juin 2023.

C'était une manière de continuer d'exister alors que son entourage, vous l'évoquiez tous les 3, faisait qu'on essayait de le tenir à distance. - A.Duhamel: A ce stade, il avait renoncé à la vie politique, et a fortiori à tout espoir politique.

Il avait en tête qu'on n'effacerait pas ce qu'il a fait pour l'extrême droite toute sa vie. S'il y a une forme de sincérité dont on peut le créditer, c'est qu'il n'a pas aimé la dérive entre ce qui était son idéologie et celle que construisait progressivement sa fille. Peut-être pour des raisons cyniques, mais qui les différenciait.

Lui, c'était un colonialiste réactionnaire au sens littéral du mot, un hypernationaliste, un ultralibéral, au début, etc. Sa fille fait tout ce qu'elle peut pour être exactement l'inverse. Je pense qu'il n'en était pas content. - A.-E.Lemoine: Elle est notamment beaucoup plus sociale.

Elle l'est devenue. - A.Duhamel: Ca n'était pas le social, lui, qui le caractérisait.

Sa chance, c'était son talent d'orateur et à la télévision. Son instrument a beaucoup été la télévision. Son levier a été sans arrêt le racisme, qu'il s'agisse d'antisémitisme, ou ses propos sur les immigrés...

C'était son ressort. - A.-E.Lemoine: Merci.

Restez avec nous. On a d'autres sujets d'actualité. C'est la Story de M.Bouhafsi. ... - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'un homme qui, après s'être attaqué à la politique américaine, s'invite dans les élections européennes.

E.Musk s'immisce dans la politique du Vieux Continent. Après D.Trump, l'homme le plus riche du monde a d'abord voulu soutenir le Britannique d'extrême droite N.Farage, pour son plus grand plaisir. ... - M.Bouhafsi: Ca, c'était avant quelques tweets d'E.Musk dans le week-end.

Il trouve maintenant que N.Farage n'est pas assez souverainiste et conservateur. Il soutient activement un autre homme d'extrême droite, plusieurs fois condamné pour ses propos contre les immigrés syriens.

On sent que N.Farage ne veut quand même pas se mettre E.Musk à dos. ... - M.Bouhafsi: Après Farage, E.Musk s'en est pris à un autre Britannique, K.Starmer.

Il se justifie par les chiffres des viols commis par des immigrés. Il relaie des théories complotistes, comme si la plupart des médias avaient voulu cacher les faits, alors qu'ils ont été mentionnés. ... - M.Bouhafsi: Musk ne s'est pas arrêté là dans ce raid numérique visant l'Europe.

Il a également soutenu l'AfD, soutenant qu'O.Scholz était un imbécile incompétent. A un mois des législatives anticipées, O.Scholz lui a répondu. ... - M.Bouhafsi: Quelques chiffres.

Sur X, plus de 85 % des tweets d'E.Musk concernent la politique avec une fréquence de 20 minutes seulement entre 2 tweets, même la nuit. Des tweets proposés à 200 millions de followers et qui inquiètent également le gouvernement norvégien. - M.Bouhafsi: Si E.Musk a pu croiser E.Macron à l'occasion de la réouverture de Notre-Dame de Paris le 7 décembre, leur prochaine rencontre devrait être plus tendue.

Ecoutez les propos du président français hier. - E.Macron: Si on nous avait dit que le propriétaire d'un des plus grands réseaux sociaux du monde interviendrait directement dans les élections, y compris en Allemagne, qui l'aurait imaginé?

C'est le monde dans lequel nous vivons. Des désordres qui bouleversent nos modes de vie et des ordres en clair-obscur. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, P.Corbé.

Vous êtes journaliste, spécialiste des Etats-Unis, créateur de la newsletter dont Patrick va se charger de prononcer le nom. - P.Cohen: Zeitgeist. - A.-E.Lemoine: E.Musk multiplie ses ingérences contre tous les gouvernements quasi européens. - P.Corbé: Pas la France.

Il y a 24 heures, il a répondu de façon assez sèche à la déclaration du président de la République français, E.Macron, qui parlait de ce rôle joué par E.Musk, sans le nommer.

Il a répondu de façon sèche, sans l'attaquer frontalement. Mais depuis 24 heures, ce tweet est épinglé en tête de la liste d'E.Musk.

Peut-être parce qu'il connaît E.Macron. Il ne connaît ni O.Scholz ni K.Starmer.

C'est intéressant de se demander quand il va intervenir dans la vie politique française et pour dire quoi. - A.-E.Lemoine: Il va appeler à voter pour des partis nationalistes français, en gros? - P.Corbé: Lequel? - P.Cohen: Il n'y en a pas 50 non plus. - A.-E.Lemoine: Zemmour ou Le Pen. - P.Corbé: M.Le Pen, sur son projet économique, est totalement contradictoire avec ce que promeut E.Musk.

D'ailleurs, c'est l'une des ambiguïtés qu'il faudra clarifier entre E.Musk et D.Trump.

Une partie des ultra-trumpistes se définit comme nationaliste et populiste. E.Musk N'est ni un nationaliste ni un populiste.

C'est un libertarien, voire un technolibertarien. Sur certains sujets, il peut y avoir des contradictions. Je ne suis pas certain que M.Le Pen serait ravie d'être soutenue par quelqu'un qui veut faire exploser les systèmes sociaux dans les pays occidentaux. - A.-E.Lemoine: Il serait peut-être zemmourien. - P.Corbé: Il peut aussi considérer que Zemmour est trop dur. - A.-E.Lemoine: Ce qui est sûr, c'est qu'avant, les gouvernements européens s'inquiétaient des tweets intempestifs de D.Trump.

Maintenant, ils ont 2 comptes à surveiller, aussi incontrôlables, ingérables l'un que l'autre. - P.Corbé: Juste avant Noël, il s'est passé une chose très intéressante dans la politique américaine.

Il fallait passer un budget. Il y a eu un compromis entre démocrates et républicains pour éviter une paralysie de l'Etat fédéral. Au milieu de la nuit, il y a eu un tweet d'E.Musk, qui est devenu la une de tous les journaux, de toutes les matinales et qui a bloqué pendant un peu plus de 24 heures le vote à la chambre. - A.-E.Lemoine: Il a failli provoquer un shutdown. - P.Corbé: Il a fallu qu'une partie des républicains de la chambre réagisse pour qu'il n'y ait pas de shutdown à la veille de Noël. - A.-E.Lemoine: On se dit qu'il a des ambitions présidentielles. - P.Corbé: Il ne peut pas être élu parce qu'il est né en Afrique du Sud. - A.-E.Lemoine: D.Trump dit qu'il est tranquille, mais ça veut aussi dire autre chose.

Il ne le sent pas loin de lui. - A.Duhamel: J'attends le moment où ils vont s'opposer l'un à l'autre. 2 personnalités aussi agressives, je vois mal comment ça peut donner un couple idéal.

En ce qui concerne son intervention internationale, bien sûr qu'il y a la façon dont il peut utiliser les algorithmes dans une campagne, mais quelqu'un qui va retourner à la Maison-Blanche se permettre de dire qu'il veut annexer le Canada...

Il n'y a quand même pas tellement de précédents. - A.-E.Lemoine: On revient dans un instant sur D.Trump.

D.Trump a été élu, E.Musk, non. - P.Corbé: Est-ce que D.Trump aurait été élu sans E.Musk?

Je n'ai pas la réponse. Il a dépensé 200 millions de dollars. En mars dernier, E.Musk voit Trump.

Ils se voient à Palm Beach. C'est E.Musk qui vient faire du gringue à D.Trump.

Pendant 3 mois, on sent qu'E.Musk s'approche d'un vaste soutien à D.Trump, mais ce n'est que quelques minutes après la tentative d'assassinat qu'il se range derrière lui.

En Pennsylvanie, il a organisé une sorte de tombola. Il a structuré de façon astucieuse le travail de terrain. Plutôt que d'avoir des militants qui allaient frapper aux portes, il y avait une utilisation des algorithmes pour aller chercher des relais ville par ville pour convaincre les gens qui pourraient être convaincus.

C'était innovant. - A.-E.Lemoine: A quel point D.Trump sera sous tutelle? - P.Corbé: C'est le sujet.

A un moment donné, il va y avoir une compétition de lions où l'un et l'autre seront sous la lumière. D.Trump n'a jamais aimé partager la scène.

Ou il va y avoir une sorte de dépendance à E.Musk. Je n'exclus pas que cette dépendance s'installe sur certains sujets.

C'est Trump qui suit E.Musk. Faut-il ou pas accorder des visas à des ingénieurs, par exemple, se demande-t-on.

Trump s'était souvent opposé à ça. Il a semblé donner raison à Musk entre Noël et le Nouvel An. - M.Bouhafsi: Des contrats publics, aussi. - P.Corbé: L'entreprise la plus importante d'E.Musk, c'est SpaceX, la conquête spatiale.

La Nasa peut se passer de SpaceX? Non. Il n'y a pas de concurrents.

Le concurrent, c'est Blue Origin, J.Bezos, qui a pris un retard technologique. D.Trump peut-il se passer d'E.Musk ou est-ce qu'il peut se payer E.Musk qui utiliserait Twitter contre lui?

Ce serait étonnant. - A.-E.Lemoine: D.Trump se vantait d'avoir gagné une bataille de l'information très importante.

M.Zuckerberg a annoncé mettre fin au service de fact-checking, qui sera remplacé par le même système que sur X...

Il n'y a plus de fact-checking. - P.Cohen: Ce sont des modérateurs. - P.Corbé: C'est un changement total.

Pour M.Zuckerberg, qui mène une opération pour s'attirer les bonnes grâces de Trump, J.Bezos et M.Zuckerberg veulent montrer qu'ils sont ouverts aux conservateurs.

Il vire Son directeur des relations publiques. Il fait nommer une amie de Trump au conseil d'administration de Facebook. Cet après-midi, E.Musk fait un tweet pour commenter la décision de Zuckerberg. - A.Duhamel: Quand on voit ça, on dit bonne année. - A.-E.Lemoine: C'est inquiétant. - P.Corbé: Bezos, c'est pareil.

C'est le 2e homme le plus riche du monde. C'est le rival d'E.Musk sur la conquête spatiale.

Il essaye de se rabibocher avec Trump. Il offre un contrat de plusieurs milliers de dollars à D.Trump pour un documentaire.

Il va à Mar-a-Lago. E.Musk s'est installé à Mar-a-Lago pendant plusieurs semaines. - A.-E.Lemoine: Il va emménager à la Maison-Blanche. - P.Cohen: Et il fait bloquer un édito contre D.Trump dans le "Washington Post", propriété de J.Bezos. - P.Corbé: Début janvier 2024, la fortune d'E.Musk était estimée à un peu moins de 200 milliards de dollars.

Aujourd'hui, il a 418 milliards. Il est passé de moins de 200 à 418. - P.Cohen: Parce que la Bourse a explosé. - P.Corbé: Les gens savent qu'il a une proximité avec Trump, donc ils bénéficient de contrats publics.

Il est en chemin pour aller vers les 500 milliards. Il est l'homme le plus riche du monde aujourd'hui. Il est plus riche qu'aucun homme n'a jamais été.

Sa richesse est incomparable dans l'histoire. Aucun individu privé...

Je n'ai pas de souvenirs d'un individu privé qui aurait autant d'influence sur les Etats. 3 dirigeants européens répondent en quelques heures à un individu privé pour quelques tweets. Il fait des tweets et on répond. - E.Tran Nguyen: L'influence que Musk a sur D.Trump, en tout cas, quand on regarde ses dernières déclarations...

Hier, il disait vouloir faire du Canada le 51e Etat des Etats-Unis. Aujourd'hui, il a expliqué vouloir renommer le golfe du Mexique le golfe d'Amérique et vouloir annexer le Panama et le Groenland. - P.Corbé: Il n'a pas exclu l'utilisation de l'armée pour annexer le Panama. - E.Tran Nguyen: Il est allé plus loin hier. "Le contrôle du Groenland est une nécessité absolue." Il a même utilisé son slogan de campagne en disant "Make Groenland Great Again".

Son fils est sur place. C'est du sérieux, tout ça. - A.Duhamel: Le gouvernement du Groenland est danois. - E.Tran Nguyen: Il faut s'en inquiéter? - P.Corbé: Ce n'est pas un projet nouveau.

Le président Truman avait cherché à racheter le Groenland après le Seconde Guerre mondiale. Les Etats-Unis, dans l'histoire, rachetaient des territoires...

La Louisiane a été vendue par Napoléon. C'était une grande partie du Midwest américain. L'Alaska a été rachetée à la Russie.

Dans l'histoire américaine, c'est une manière de dire: "Nous retrouvons une période de grandeur." Le Canada, c'est un peu différent. La situation politique au Canada...

Il sait que le pouvoir est faible donc il en profite. Ce qu'il cherche derrière, c'est de à faire tomber des barrières douanières ou de trouver un système de libre-échange avec le Canada. - A.-E.Lemoine: Vous voulez commenter? - A.Duhamel: On a l'impression qu'il y a un génie un peu fou et un fou dont on se demande s'il est génial.

C'est compliqué, quand même. - A.-E.Lemoine: Bonne année, comme vous le disiez tout à l'heure.

Zeitgeist? - P.Corbé: Pas mal. - A.-E.Lemoine: Je m'en rapproche.

C'est une newsletter...

Tous ceux qui ont fait allemand sont très heureux, mais moi... - P.Corbé: Ca veut dire, aux Etats-Unis, "ce qui est dans l'air du temps", "ce qu'on renifle".

Pourquoi c'est un mot allemand pour une revue qui parle des Etats-Unis? - L.Sénéchal: E.Macron et la maire de Paris ont rendu hommage toute la journée aux victimes de l'attaque de "Charlie Hebdo" et des attentats de l'Hyper Cacher et de Montrouge. 17 morts dans cette série d'attaques qui a débuté le 7 janvier 2015 par la tuerie de l'hebdomadaire satirique qui venait de publier les caricatures de Mahomet. - Ce quartier du 11e arrondissement est totalement bouclé.

Vers 11h30 ce matin, 2 ou 3 hommes cagoulés et armés se seraient introduits dans les locaux de "Charlie Hebdo". La fusillade se serait poursuivie à l'extérieur. - L.Sénéchal: Les frères Kouachi ont assassiné 12 personnes, dont 8 membres de la rédaction de "Charlie Hebdo".

La chroniqueuse judiciaire S.Vinson a été épargnée, suivant une sorte de logique perverse. - Il me dit de me calmer, de ne pas avoir peur, que je devais réfléchir à ce que je faisais, que ce que je faisais était mal, selon lui.

Il m'a dit qu'il ne tuait pas les femmes. Puisqu'il m'épargnait, je devais lire le Coran. Pourquoi m'a-t-il épargnée?

Il y a des mots sur lesquels je m'interroge. Je trouve ça particulièrement injuste d'avoir été épargnée parce que je suis une femme. Il y a le sentiment de culpabilité qui est très fort. - Encore aujourd'hui? - Oui. - L.Sénéchal: 10 ans après cette attaque effroyable, la dessinatrice de "Libération", Coco, témoigne. - Riss le dit très bien, c'est la vie de rire.

Quand on est dans cette rédaction à "Charlie", c'est un mélange d'actu, de travail et beaucoup de déconnade. C'est ce qui porte le dessin, les gags. C'est un langage à part entière, de rire. - L.Sénéchal: L'esprit "Charlie" que décrit Coco avait mis 4 millions de Français dans la rue le 11 janvier 2015.

Il y a un héritage à faire vivre 10 ans après cette attaque. C'est donc avec soulagement qu'H.Rousso accueille le revirement d'E.Macron sur le musée mémorial du terrorisme, un projet qui avait été enterré pour des raisons budgétaires pas le gouvernement Barnier. - Annoncer la suppression d'un projet qui a été l'une des clés, l'un des éléments clés de toute la politique mémorielle française, qui est originale et assez novatrice, alors même qu'on entre dans une série commémorative, on va dire que c'était une erreur.

Je le dis ainsi. Cette erreur a été réparée. Le chef de l'Etat nous a dit qu'il assumait, qu'il nous assurait que ce projet allait désormais être mené à son terme. - L.Sénéchal: E.Macron remet donc ce projet sur la table, ce musée mémorial qui pourrait ouvrir en 2028. - A.Duhamel: L'essentiel, c'est que ça se fasse. - L.Sénéchal: Avec un peu de retard. - A.Duhamel: Le gouvernement Barnier voulait revenir en arrière parce qu'il cherchait de l'argent partout.

Mais du moment que ça se fait, tant mieux. - A.-E.Lemoine: Multiples désertions de soldats ukrainiens formés en France. - L.Sénéchal: L'armée ukrainienne a reconnu officiellement un problème avec les soldats formés en France. .. - L.Sénéchal: On parle d'une unité de 4500 hommes, baptisée Anne de Kiev, et qui a pour devise le mot d'ordre de la bataille de Verdun: "Ils ne passeront pas".

Sur cette unité, 2000 soldats ont été formés en France, dans la région Grand Est. ... - L.Sénéchal: La France a également équipé cette unité. 150 véhicules blindés, 18 canons Caesar, qui n'ont pas disparu, contrairement à plusieurs dizaines de soldats.

France 2 est parvenu à joindre l'un des déserteurs ukrainiens. Il explique que la formation ne correspondait pas avec ce qu'on lui demandait sur le terrain. - J'ai été formé comme artilleur.

Quand je suis arrivé à Pokrovsk, on m'a dit que j'allais poser des mines. J'ai répondu que je n'avais fait ça de ma vie. Ils m'ont répondu: "Tu as déjà vu sur Internet." - L.Sénéchal: Aujourd'hui, les armées françaises et ukrainiennes minimisent, parlent de quelques dizaines de déserteurs sur les 2000 formés en France.

Mais l'un des journalistes ukrainiens qui a révélé cette affaire évoque 1700 déserteurs. Quoi qu'il en soit, l'Ukraine souffre sur le terrain. Le pays a bien tenté de lancer une contre-offensive surprise. - E.Macron: Les Etats-Unis d'Amérique ont à nous aider pour changer la nature de la situation et convaincre la Russie de venir à la table des négociations.

Les Ukrainiens ont à mener des discussions réalistes sur les questions territoriales. - L.Sénéchal: "Des discussions réalistes sur les questions territoriales".

Une pression supplémentaire pour V.Zelensky. Le président ukrainien perd beaucoup en popularité dans son pays.

Désormais, 52 % du peuple ukrainien le soutient, contre 77 % un an plus tôt. V.Zelensky s'accroche toujours à l'imprévisible D.Trump, qui sera investi dans moins de 2 semaines président des Etats-Unis. ... - L.Sénéchal: On a du mal à comprendre ce que pense Trump de ce conflit en Ukraine.

Et E.Musk, dans tout ça? - P.Corbé: Quand V.Zelensky a appelé Trump, juste après son élection, il était à Mar-a-Lago et a fait venir E.Musk pour parler au téléphone avec V.Zelensky.

Il y a un gros enjeu pour les Ukrainiens avec les relais Internet, les satellites d'E.Musk qui permettent d'assurer une connexion notamment dans les zones de combat. C'est un vrai enjeu. - L.Sénéchal: E.Musk menaçait de couper à un moment. - P.Corbé: Il y a 2 ans.

Il avait dit qu'il fallait un accord rapide entre Poutine et l'Ukraine. D.Trump a intérêt à ce que cette situation ne s'éternise pas.

Il a intérêt à aller plus vite et à ne pas attendre que la situation militaire sur le terrain se retourne ou tourne à l'avantage des Ukrainiens. - A.Duhamel: Mais ça ne sera pas en 24 heures, comme il le disait. - A.-E.Lemoine: C'est une escroquerie qui grandit avec l'essor du commerce en ligne: le refund. - L.Sénéchal: Les grands groupes vous laissent souvent le bénéfice du doute, et ça donne des idées à des petits malins. - Le retour d'un produit à 10 euros coûte à peu près aussi cher que de gérer le retour d'un produit à 1000 euros. - Une fois que tu reçois les produits, tu te fais rembourser par la plateforme en disant que tu n'as pas reçu le colis ou qu'il a été volé.

Tu arrives à te faire rembourser. - L.Sénéchal: Il y a même des tutos en ligne.

Parmi ces petits malins, certains sont devenus de vrais arnaqueurs qui volent les gens du commerce en ligne. "Le Parisien" consacrait ce matin une page sur l'arnaque au remboursement de colis. Un jeune Espagnol gardait le colis et renvoyait le colis rempli du même poids en terre.

Ca déclenchait automatiquement le remboursement. Ces arnaqueurs sont souvent jeunes et n'ont pas conscience du risque, parce qu'il y a un risque pénal. - Ils sont jeunes.

Ils n'ont pas un profil à proprement parler de délinquant, dans le sens où ils n'ont pas d'antécédents judiciaires, mais ils s'essayent à ce types d'arnaques parce qu'ils se croient immunisés. C'est l'appât du gain, la récupération de petites sommes, une petite escroquerie. Il est possible de leur demander la restitution des sommes qu'ils ont perçues quand ils sont appréhendés.

Ils risquent jusqu'à 5 ans d'emprisonnement. - A.-E.Lemoine: Hommage à la voix française de M.Freeman. - L.Sénéchal: B.Allemane, qui venait de fêter ses 82 ans.

Il aura prêté sa voix à des dizaines de personnages. - Ravi de vous retrouver, monsieur Wayne. La CIA avait un programme dans les années 60 pour évaluer ses employés... - L.Sénéchal: Il avait fini par rencontrer la légende du cinéma américain seulement cet été, à Monte-Carlo.

Il ne faut surtout pas le réduire à la voix française de M.Freeman. - P.Lescure: C'est 60 ans de voix à la radio, dans des publicités, des documentaires, des magazines.

On a tous cette voix en tête. Quand on entend M.Freeman, on entend B.Allemane. - L.Sénéchal: Il a officié sur RMC.

Il a été aussi un comédien de théâtre. Il a joué dans "Sauvage Innocence", dans "J'accuse" de R.Polanski...

Son dernier combat: contre l'intelligence artificielle. - L.Sénéchal: Doubleur, c'est un métier. - A.-E.Lemoine: Merci, A.Duhamel, d'être venu sur notre plateau.

Merci, P.Corbé. Zeitgeist...

Excellente newsletter.

Jean-Marie Le Pen : une vie de provocations - C à vous : l’intégral - 07/01/2025 — Jean-Marie Le Pen · Pourquijevote