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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 2 août 2022 26 min

Soutien à la majorité présidentielle et avenir des Républicains... Le "8h30 franceinfo" d'Aurélien Pradié

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bienvenue si vous nous rejoignez sur France Info, la radio, ou sur France Info, canal 27. Bonjour Jean-François Aquili. Bonjour Céline. A mes côtés comme chaque matin pour accueillir l'invité du 8.30. Et c'est vous aujourd'hui, Aurélien Pradier, bonjour. Bonjour. Vous êtes député du Lot, secrétaire général des Républicains. En attendant, peut-être bientôt un autre titre, mais enfin ça on va avoir l'occasion d'en parler tout à l'heure. Je voudrais d'abord, Aurélien Pradier, qu'on évoque ensemble le débat sur le projet de loi, sur le pouvoir d'achat qui occupe beaucoup les députés, mais aussi les sénateurs depuis quelques semaines.

Alors l'opposition a largement fait entendre sa voix dans l'hémicycle. On sait que les débats ont été très vifs pour contester des mesures défendues par le gouvernement, mais aussi parfois pour les soutenir, moyennant quelques amendements. Et certains estiment, en tout cas, que les Républicains ont largement soutenu la majorité dans cette bataille. Je vous propose d'écouter le député du Rassemblement National, Thomas Ménagy.

0:52
Invité

Les Français doivent savoir que le gouvernement a magouillé avec les Républicains au Sénat pour imposer ces mesures. Car oui, quand nous sommes arrivés en commission mixte paritaire, le texte était totalement figé. Faute de s'être imposé à l'élection présidentielle, les Républicains s'imposent aujourd'hui comme l'assurance-vie de la minorité présidentielle avec des désaccords sur le dos des Français.

1:15
Présentateur

Alors qu'est-ce que vous en pensez, Aurélien Pradier ? Est-ce que vous êtes l'assurance-vie de la Macronie ?

1:19
Aurélien Pradié

Tout ça, ce sont des pitreries. Pardon de vous le dire comme je le pense. Quelle est notre mission, nous, les députés, les Républicains ? Comme d'ailleurs, ça devrait être la mission de tous les députés dans l'hémicycle de la Sarmée Nationale. Défendre les Français. Est-ce que lorsque nous, les députés, les Républicains, nous obtenons la déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé ? Je me suis battu depuis 5 ans avec mes collègues pour l'obtenir. Est-ce que nous ne rendons pas service aux Français ? La réponse est oui.

Lorsque nous obtenons la défiscalisation des heures supplémentaires, la décharge patronale des heures supplémentaires, lorsque nous obtenons la possibilité pour nos concitoyens de monétiser les RTT, nous avons défendu cela depuis des années. Et dans le débat parlementaire, c'est légitime que nous tentions de tordre le bras de temps en temps au gouvernement. Au fond, les députés du Rassemblement National se sont des frustrés. Ils sont frustrés parce que depuis plusieurs semaines à l'Assemblée Nationale, ils ont fait du bruit, mais ils n'ont rien obtenu pour les Français.

2:08
Présentateur

Vous avez vraiment l'impression de tordre le bras au gouvernement sur les mesures que vous venez de citer ?

2:11
Aurélien Pradié

Oui, ce sont les mesures que nous avons toujours défendues, auxquelles le gouvernement s'est toujours opposé. Et c'est donc la raison pour laquelle, dans notre mission, je pense que nous n'avons pas rendu service au gouvernement. Nous avons été utiles aux Français, c'est la seule chose qui m'intéresse. Pour le reste, je reste dans l'opposition, je suis dans l'opposition, mais une opposition qui sert à nos concitoyens, c'est ce qu'il y a de plus important.

2:32
Invité

Alors vous dites, Aurélien Pradié, utile aux Français, Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, qui est issu de vos rangs quand même, c'est un ancien républicain. Il voit en vous une sorte de précieux soutien, une sorte d'élargissement de la majorité, on va dire, au prix de quelques concessions, certes, mais qui vont dans le bon sens. Donc vous êtes là, vous êtes 62 députés LR, vous êtes là en soutien au gouvernement. Vous n'êtes pas si éloigné que cela d'un Bruno Le Maire ou d'un Gérald Darmanin.

2:59
Aurélien Pradié

Si, d'abord, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ne font plus partie de notre famille politique. Factuellement, oui, ça c'est vrai. Oui, plus que factuellement. Mais l'ADN c'est le même. Non, l'ADN, lorsque vous quittez votre famille politique, vous le perdez. Mais pardon de vous dire, pour nos auditeurs, je ne suis pas sûr que tout ça soit très important. Moi, je fais partie de l'opposition. Je n'ai rien à voir avec le projet politique d'Emmanuel Macron et je ne le rejoindrai pas. Rien à voir. Ni hier, non, rien à voir. Et c'est mon choix le plus strict. Je ne veux pas rallier Emmanuel Macron. Je ne l'ai jamais fait, je ne le ferai pas plus demain.

Mais comment voulez-vous que nous fassions autrement lorsque nous sommes à l'Assemblée nationale ? Enfin, toutes les mesures dont nous parlons là, ce sont des mesures que nous, les députés et les républicains, nous avons défendues. Nous serions absolument grotesques à les refuser parce qu'elles viennent du gouvernement. Nous sommes heureux d'avoir obtenu ce que j'ai évoqué tout à l'heure. Parce que nous sommes allés dans le sens de l'intérêt général.

3:46
Présentateur

Est-ce que vous dites que ça n'intéresse pas les Français ? Mais enfin, c'est quand même crucial de savoir justement comment vous allez...

3:51
Aurélien Pradié

Ce qui est crucial, c'est pour nos concitoyens...

3:54
Présentateur

Et puis là, si vous allez prendre.

3:55
Aurélien Pradié

Ce qui est crucial pour nos concitoyens, c'est de savoir comment leur vie va changer. Comment nous apportons des solutions. Quand nous nous battons sur la baisse des carburants, que nous obtenons ce que le gouvernement ne voulait pas donner à nos concitoyens, la baisse significative du prix des carburants, à qui est-ce qu'on rend service ?

4:09
Invité

Vous avez prolongé la baisse qui a été entamée par le gouvernement via Total.

4:13
Aurélien Pradié

Le gouvernement voulait faire beaucoup moins. Nous avons obtenu plusieurs dizaines de centimes dans le même sens. Non, ça ne va pas dans le même sens. Puisque le gouvernement, initialement, voulait distribuer des chèques. Il a renoncé à cette mesure. Mais pardon d'insister sur ce point-là. Parce que c'est un point absolument essentiel. Je fais partie de l'opposition. Les députés et les républicains sont dans l'opposition. Mais lorsqu'il s'agit de faire avancer nos concitoyens dans une période de crise extrêmement grave, je ne ferai jamais partie des députés qui font de la comédie. Les pitres, ça ne sert à rien à l'Assemblée nationale.

Et je comprends que les députés NUPS ou les députés Rassemblement national soient très fâchés de voir qu'au fond, les Français se sont rendus compte qu'ils ne servaient à rien à l'Assemblée nationale. Nous avons été utiles aux Français. Nous sommes dans l'opposition. Et c'est la seule chose qui compte.

4:53
Invité

Aurélien Pradié, vous dites les pitres, que ce soit sur les deux bords de l'Assemblée, quand les députés de gauche de la NUPS, les députés de la gauche unie, disent le SMIC à 1500 euros. Vous défendiez ou pas cette proposition ? Pas l'augmentation mécanique du SMIC.

5:07
Aurélien Pradié

Je ne pense pas que l'augmentation mécanique du SMIC soit la solution. Vous dites comme le gouvernement, comme Bruno Le Maire. Non, je ne dis pas comme le gouvernement. Je dis comme moi, je le pense. Vous savez, le Rassemblement national, ou la NUPS, ça leur est arrivé, y compris dans ces débats, d'être parfois un accord unanime sur la déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé. Pardon de le répéter. C'est un combat essentiel pour nos concitoyens en situation de handicap. Tout le monde n'était pas d'accord depuis 5 ans, puisque depuis 5 ans, je me suis opposé au gouvernement. Nous, nous sommes opposés au gouvernement pour obtenir cela. Nous l'avons obtenu aujourd'hui.

C'était un de mes combats. Oui, c'était un de mes combats. Et d'ailleurs, il a été, y compris sur votre plateau, plusieurs fois question de ce sujet. Nous allons faire progresser la vie de nos concitoyens. C'est la seule chose qui compte. Mais je veux répondre à Bruno Le Maire. Les caresses de chat, j'ai passé l'âge. Et que Bruno Le Maire soit bien à l'aise. Jamais, nous ne ferons partie de sa majorité. La ligne de traite, elle est un peu compliquée quand même. Il peut faire semblant de ne pas le comprendre. Pour moi, les choses sont très claires.

5:59
Présentateur

Compromis, compromission, la frontière, elle est un peu mince.

6:02
Aurélien Pradié

Et vous, vous êtes vraiment de marcher au milieu. Croyez-vous ? Oui, c'est une position difficile pour les Républicains. Mais au fond, nous en revenons à ce qui est l'essentiel de la politique. L'essentiel de la politique, ce ne sont pas les postures politiciennes. Ce ne sont pas les hurlements à l'Assemblée nationale. L'essentiel de la politique, c'est de faire avancer la vie de nos concitoyens. Alors, donnez-nous un exemple précis de ce qui vous différencie totalement de la Macronie. Totalement. Nous avons bien des sujets sur les questions économiques, sur les questions régaliennes.

La manière dont ce gouvernement, depuis plus de 5 ans, traite par-dessus la jambe les questions de sécurité, les questions d'immigration. Sur tous ces sujets-là, nous avons des différences absolument fondamentales.

6:37
Invité

Malgré le discours musclé d'un Gérald Darmanin ?

6:40
Aurélien Pradié

Gérald Darmanin a l'habitude d'avoir une grande bouche et des petits bras. Ça fait 5 ans qu'il a une faculté très forte à dire les choses brutalement et à ne rien faire derrière. Grande bouche et petits bras, vous dites ? Oui, grande bouche et petits bras, pardon, parler très simplement. Mais il lui arrive très souvent de nous faire des déclarations tonitruantes sur les questions d'immigration. Je pense que les Français sont fatigués d'entendre Emmanuel Macron et les autres avoir des déclarations tonitruantes et ne pas avoir d'actes. Pour le reste, je crois, en disant ce que je dis, faire preuve aussi de salubrité démocratique.

Notre démocratie ne peut pas se résumer entre choisissez les extrêmes ou choisissez Emmanuel Macron. Oui, la position des Républicains, elle est difficile, mais elle est absolument responsable et fondamentale pour nous et pour l'avenir de notre démocratie.

7:24
Présentateur

Aurélien Pradié, secrétaire général des Républicains. On va poursuivre cet entretien dans un instant. On va tout d'abord faire le point sur l'actualité de ce mardi matin, puisqu'il est 8h40. Il avait succédé à Ben Laden.

7:37
Locuteur non identifié

Il était considéré comme l'un des cerveaux des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Le chef d'Al-Qaïda, Al-Zawahiri, a été tué sur son balcon à Kaboul par un drone américain. Justice a été rendue, réagit le président Joe Biden. L'Arabie saoudite se félicite de la mort du terroriste. Députés et sénateurs sont tombés d'accord sur le premier volet du projet de loi Pouvoir d'achat. Le texte définitif maintient par exemple l'augmentation des retraites et de plusieurs allocations. Le projet de loi sera soumis demain au vote final du Parlement. On ne nettoie pas sa voiture et on fait attention à l'arrosage.

Les conseils de la préfecture d'Ile-de-France, qui annoncent que Paris et la Petite-Couronne passeront aujourd'hui en vigilance sécheresse. Désormais, toute la France métropolitaine est concernée par une alerte. L'AS Monaco affronte le PSV Eindhoven à 20h en match allé du troisième tour des qualifications de la Ligue des champions de foot. Le vainqueur ira en barrage. Dernière étape avant la phase de groupe.

8:41
Présentateur

Le 8.30 France Info, toujours avec Aurélien Pradié, secrétaire général des Républicains, député du Lot. Quand on évoquait la situation des Républicains dans cette bataille parlementaire, qui n'est pas encore achevée, puisqu'il vous reste encore quelques jours de travail, on a le sentiment quand même que vous y trouvez votre compte, dans cette recomposition du Parlement, que finalement les Républicains vont peut-être jouer, et peut-être est votre espoir, un rôle plus important que lors de la précédente mandature.

9:14
Aurélien Pradié

Oui, c'est vrai que nous avons un rôle qui est déterminant depuis quelques semaines. Il ne faut pas s'y tromper, on n'est pas majoritaire, donc je ne suis pas là pour vous dire, ça y est, les Républicains, revenus peu nombreux à l'Assemblée nationale, sont ceux qui vont faire la pluie et le beau temps. Mais nous sommes dans un temps politique où je crois que nos concitoyens, en plein cœur d'une crise importante, une inflation forte qui change leur vie au quotidien, ne nous pardonneraient pas d'avoir seulement des postures politiques. Et c'est pour la raison pour laquelle, les uns et les autres, on a beaucoup discuté entre nous.

On s'est dit, voilà, à ce moment-là, nous devons faire preuve de responsabilité. On pourrait vous accuser aussi de chercher à tirer l'épingle du jeu dans cette crise. Mais ce n'est pas de nous dont il s'agit. Ce n'est pas des Républicains, ce n'est pas de moi, Aurélien Pradi, dont il s'agit. Moi, j'ai le sentiment d'avoir bien fait mon boulot à la fin de la journée, quand j'ai fait progresser la vie de mes concitoyens. C'est ça, la politique. Peut-être qu'il est temps de s'en souvenir.

Donc à chaque fois que oui, sur des sujets essentiels, pour faire en sorte que le travail paye davantage, sur les RTT que j'évoquais tout à l'heure, sur les heures supplémentaires, sur la question du handicap, lorsqu'à la fin de la journée, nous avons obtenu gain de cause, je rentre chez moi en me disant que tout ça a été utile aux Français. C'est quand même le cœur de l'engagement politique.

10:21
Invité

Aurélien Pradi, vous estimez que ce gouvernement dépense trop ?

10:25
Aurélien Pradié

Je ne sais pas s'il dépense trop.

10:26
Invité

Vous auriez fait différemment ?

10:27
Aurélien Pradié

Je pense que nous aurions fait différemment depuis plusieurs années. Pas seulement aujourd'hui. Ce gouvernement a laissé filer la dette. C'est un sujet absolument explosif pour les mois qui viennent. Et on voit d'ailleurs déjà que nos marges de manœuvre pour aider nos concitoyens sont limitées. Il y a une forme d'irresponsabilité.

10:42
Invité

C'est le fameux cramer la caisse de Valérie Pécresse, sanctionné dans les urnes à la présidence.

10:46
Aurélien Pradié

Valérie Pécresse avait raison de le dire, parce qu'elle avait raison peut-être avant les autres. Le sujet, ce n'est pas tant la manière dont on gère la situation aujourd'hui. C'est dont elle a été gérée depuis cinq ans. La question ne sont pas les aides d'urgence. Nous en avons besoin aujourd'hui, y compris pour maintenir notre machine économique. Je pense que tout le monde est d'accord sur tous les bancs. Le vrai problème, c'est qu'aucune réforme structurelle n'a été faite depuis cinq ans. Les grandes réformes dont nous avons besoin, y compris celles des retraites, mais d'autres aussi, n'ont pas été conduites depuis cinq ans.

Ce qui nous pousse aujourd'hui à ne plus avoir les mêmes marges de manœuvre. Je pense qu'en effet, Emmanuel Macron a non seulement cramé la caisse, mais n'a pas eu conscience que plus de dettes, c'était moins de souveraineté pour notre pays.

11:23
Présentateur

Et en même temps, vous avez soutenu, quoi qu'il en coûte, pendant la crise sanitaire. Vous avez dit, il faut ouvrir...

11:27
Aurélien Pradié

Je vous redis qu'il y a une différence.

11:28
Présentateur

Il faut soutenir. Aujourd'hui, vous dites, on a trop ouvert la bourse.

11:32
Aurélien Pradié

Je crois être à peu près clair. Je vous dis qu'il y a une différence entre l'absence de réformes structurelles, la gestion courante de notre pays. La dette la plus problématique aujourd'hui, c'est celle qu'on produit tous les jours pour payer le fonctionnement de l'État. Voilà. Lorsqu'il y a des situations d'urgence, nous avons besoin de réinjecter de l'argent dans notre économie. Mais qu'est-ce que vous feriez fondre ? Vous parlez de réformes structurelles. Je vous parlais de la réforme des retraites tout à l'heure. Nous avons besoin de réformer totalement notre administration. Je pense que nous avons, dans bien des secteurs, une administration pléthorique.

Et dans d'autres secteurs, une administration qui manque.

12:02
Invité

La réforme de l'État, tout le monde dit ça, des droits comme des gauches.

12:05
Aurélien Pradié

Peut-être qu'il est temps de le faire. Et c'est tout le travail que nous aurons à avoir dans les années qui viennent. La parole politique, y compris celle de la République publicaine... C'est quoi ? Moins de fonctionnement ? Moins de fonctionnaires là où c'est moins utile. Et plus de fonctionnaires là où c'est nécessaire. Mais vous avez raison. Nous en parlons beaucoup depuis des années. Les uns et les autres, ça n'a jamais été fait. C'est sûrement d'ailleurs ce qui fait que la politique relève beaucoup de défiance. Et dans les années qui viennent, si nous voulons changer, il faut passer des paroles aux actes.

12:29
Présentateur

Et en même temps, on a vu ces dernières années, et c'est depuis le début de la crise sanitaire notamment, l'importance de l'hôpital, l'importance de l'école. C'est compliqué de tenir un discours sur pléthore de fonctionnaires lorsqu'on a vu l'utilité dans des conditions difficiles ces dernières années.

12:44
Aurélien Pradié

Bien sûr que c'est un discours compliqué. Mais c'est un discours fondamental. Je n'ai pas dit qu'il fallait moins de fonctionnaires à l'hôpital. Nous avons besoin de restructurer les choses pour que nous ayons, dans nos administrations où c'est utile, à l'école par exemple, dans nos hôpitaux, en matière de sécurité, une concentration des moyens de l'État. Et moins d'États là où c'est inutile.

13:02
Invité

Aurélien Pradry, cas d'école, le Sénat a voté à son tour la suppression de la redevance TV. Vous êtes ici sur France Info. Vous étiez d'accord avec cette promesse de campagne d'Emmanuel Macron ?

13:12
Aurélien Pradié

Je pense qu'elle n'est qu'une manière de redégager du pouvoir d'achat pour nos concitoyens. Mais j'ai un doute. Je vous le dis très librement. Je suis favorable à ce que l'on retire cette redevance. Et je pense que c'est une bonne nouvelle pour nos concitoyens. Remplacé par quoi ? Par de la TVA ? C'est toute la question. Si ça doit être demain un remplacement par une autre taxe qui va peser de la même manière, peut-être pire encore sur nos concitoyens, on n'aura rien gagné. Et puis, je pense qu'il y a aussi un sujet avec les moyens qu'on donne au service public de l'information. Qu'on soit clair, je ne suis pas toujours d'accord avec ce que le service public de l'information dit.

Ça m'arrive bien souvent de m'agacer. Parfois, de parti pris que je trouve ici ou là.

13:46
Invité

Est-ce que vous le feriez si vous étiez aux affaires ?

13:47
Aurélien Pradié

Je ne suis pas en situation aujourd'hui. Mais je pense qu'au moment où nous supprimons la redevance, nous devons garantir au service public de l'information des moyens nécessaires pour continuer à exister. Vous le voyez bien dans le champ. Comment ? C'est toute la question qui n'a pas été traitée aujourd'hui. Et c'est pour moi une des problématiques. Est-ce que c'est dans le budget de la nation qu'on attribue au service public de l'information des moyens ? J'ai un doute parce que ça ne me paraît pas très dynamique en termes de recettes. Est-ce que c'est de la TVA ? J'ai un vrai doute parce que je pense que c'est une nouvelle taxe.

C'est tout ce débat qui n'a pas eu lieu qui pour moi est un problème.

14:20
Présentateur

Justement, il n'a pas eu lieu. Vous soutenez donc la suppression d'une taxe tout en n'étant pas d'accord avec la manière dont ça sera remplacé. C'est compliqué. On aurait peut-être dû prendre les choses dans l'ordre.

14:27
Aurélien Pradié

Peut-être qu'il faut vous habituer à ce que les responsables politiques soient des êtres un peu complexes. Il faut vous habituer aussi que, sur certains sujets, nous ne soyons pas absolument binaires. Et donc, lorsque je vous dis que je suis favorable à la suppression de la redevance parce que je pense que ça redonne du pouvoir d'achat à nos concitoyens, j'ai en responsabilité, parce qu'il m'arrive de réfléchir de temps en temps aussi, à vous dire que je suis inquiet sur l'indépendance et les moyens qui seront donnés au service public de l'information demain. C'est ce qui aurait dû faire l'objet d'un vrai débat parlementaire et nous ne l'avons pas eu.

Une question d'anticipation, pas de simplification. C'est une question d'anticipation, oui, mais c'est une question aussi de profondeur dans le débat public que nous pouvons avoir.

15:05
Invité

Vous dites au service des Français, Aurélien Pradié, est-ce que les Républicains n'ont pas commis une erreur en refusant un accord de gouvernement avec Emmanuel Macron ? Est-ce qu'il n'est pas plus facile de peser de l'intérieur ?

15:15
Aurélien Pradié

Non, c'est une théorie à laquelle je ne crois pas. Mais moi, les tactiques politiques, ça ne me passionne pas. Ce qui compte, c'est de savoir... Le comment faire, c'est important quand même. Oui, mais pas seulement. Pourquoi ? La question, c'est pourquoi le faire ? Est-ce que je partage le projet politique d'Emmanuel Macron ? La réponse, c'est non. Je le dis depuis plus de 5 ans, la vision qu'Emmanuel Macron a de la société n'est pas la mienne.

15:35
Invité

Mais qu'est-ce que vous dites du soutien de Nicolas Sarkozy, figure de proue des Républicains, de la famille Gaulliste, à Emmanuel Macron ?

15:41
Aurélien Pradié

J'ai dit tout ce que j'avais à dire de ce soutien de Nicolas Sarkozy. J'ai dit qu'il fallait tourner la page du sarkozisme. J'étais un des premiers à le faire, à le dire. Je me suis un peu fait hurler dessus et je pense ne pas avoir tort aujourd'hui, puisque tout le monde le dit. Pour vous, Sarkozy, c'est fini ? Sarkozy appartient à notre histoire politique. Nicolas Sarkozy a été un grand président de la République. Je le respecte pour ce qu'il a fait et ce qu'il a été en tant que président de la République. Désormais, il n'appartient pas, il n'appartient plus à l'avenir de notre famille politique. C'est plus compliqué pour vos électeurs ?

Je ne sais pas si c'est plus compliqué pour nos électeurs. En tous les cas, pour moi, c'est très simple. Et c'est vrai que c'est peut-être compliqué de le dire, parce que dans ma famille politique, ce n'est pas toujours simple de tourner des pages. Je pense que c'est aussi le travail de ma génération de tourner un certain nombre de pages. J'ai beaucoup de respect pour Nicolas Sarkozy, mais je pense désormais que lui, comme d'autres, appartienne à notre passé et à notre histoire politique.

16:27
Présentateur

Aurélien Pradi, on va poursuivre cet entretien dans un instant, 8h50. On va tout d'abord faire le point sur l'actualité de ce mardi matin. Et c'est le Filinfo tout de suite.

16:35
Locuteur non identifié

La France frappée par une troisième vague de chaleur. La canicule s'étend vers le nord. Pour le moment, 5 départements sont en vigilance orange dans le sud-est et dans les Pyrénées-Orientales. Un pic de température est attendu demain et jeudi au niveau national. Une attaque de drone américaine a tué le chef d'Al-Qaïda en Afghanistan. Ce week-end, annonce le président Joe Biden. Al-Zawahiri était recherché depuis plus de 10 ans. Il avait pris la place de Ben Laden à la tête de l'organisation terroriste. La présidente de la Chambre des représentants américains est arrivée en Malaisie. La visite de Nancy Pelosi à Taïwan n'est pas confirmée, mais elle est de plus en plus probable.

Et elle risque de faire monter les tensions entre la Chine et les Etats-Unis. Pékin veut assurer sa souveraineté. Taïwan se dit déterminée à se défendre. Et on souhaite un joyeux anniversaire aux jumelles pandas du zoo de Beauval. Beaucoup de visiteurs sont attendus pour fêter les 1 an de Juan Lili et Yohan Doudou, devenus des symboles, alors que la reproduction des pandas est un vrai problème. France Info Le 8.30 France Info, Jean-François Aquili, Céline Asselot.

17:49
Invité

Aurélien Pradier, secrétaire général des Républicains, député LR Dulotte. Est-ce que vous serez candidat à la présidence de votre parti ?

17:56
Aurélien Pradié

C'est le 4 décembre. Le 1er tour a lieu le 4 décembre. C'est une décision que je suis en train de mûrir, qui avance de plus en plus, pour être tout à fait honnête. Je prendrai durant l'été, que j'annoncerai à la rentrée. Il faut tout changer chez les Républicains. Donc vous nous annoncerez que vous serez candidat ? Je vous annoncerai la décision que j'aurais prise durant cet été. Vous l'avez déjà prise ? Je suis en train de finir de la prendre, oui. Alors tout ça, ce n'est pas des coquetteries, mais dans mon parcours politique, j'ai souvent pris beaucoup de décisions seul. Cette fois-ci, je n'ai pas envie de la prendre seul, parce que je sais que c'est une aventure collective.

Et donc voilà plusieurs jours, plusieurs semaines, que je vais voir les uns et les autres, que je discute avec certains de mes amis politiques avec qui je ne discutais pas, ou je ne discutais plus, parce que je sais que c'est une responsabilité particulière d'être président des Républicains. Il ne s'agit pas de rejouer le match des primaires, de rejouer les matchs du passé. Il s'agit de tout changer. Est-ce que je peux faire partie de ceux qui, avec d'autres, apportent ce changement profond ? Je pense avoir quelques atouts pour le faire, mais ce n'est pas suffisant. Il faut jouer collectif, et c'est donc tout mon boulot durant cet été, avant de vous annoncer quelque chose à la rentrée.

19:00
Présentateur

Alors si vous êtes candidat, on va maintenir les 6, puisque vous le souhaitez, vous seriez candidat pour quoi faire ?

19:05
Aurélien Pradié

Moi, comme les autres, nous devons être candidat pour tout changer. Je pense que c'est le temps du changement. Vous le voyez d'ailleurs, tous les autres partis politiques sont en train de changer. Notre élection aura lieu le 4 décembre. Quelques jours avant, le Rassemblement National va réélire son nouveau président. Vous voyez qu'un vent de renouvellement souffle sur tous les partis politiques. Les Républicains ne peuvent pas être les seuls. Fini par Cossy, fini Chirac, vous gardez le général de Gaulle quand même ? Je redis que les Républicains ne peuvent pas être les seuls dans ce contexte de changement à ne pas changer. Tout changer, ça veut dire parler à nouveau à tous les Français.

Être une droite populaire. Il y a des pans entiers de notre pays auxquels nous ne parlons plus. Les Français les plus modestes, ceux qui travaillent dur au quotidien, les jeunes...

19:43
Présentateur

C'est la présidentielle qui vous a convaincu de ça ?

19:45
Aurélien Pradié

Oui, qui a fini de me convaincre de cela. Mais en réalité, ce que je vous dis, quand je le disais il y a quelques années, mes amis pouvaient me trouver un peu irritant.

19:54
Invité

On vous dit de vous que vous êtes réputé brutal, vous êtes un dur du parti. C'est ce qui se dit de vous.

19:59
Aurélien Pradié

Je vais terminer en vous disant que ce que je disais il y a quelques années, tous aujourd'hui sont convaincus que c'est vrai. Quant à la brutalité, les Français ne me connaissent pas beaucoup. J'ai 36 ans, je suis un jeune député. Mon histoire politique, elle s'est faite dans un département, le Lot, qui est un département de conquête absolue pour mes idées politiques. Et c'est vrai que j'ai toujours été un peu contre vents et marées. Ça m'a forgé un peu de caractère. Et puis je vais vous dire les choses simplement. Dans la vie politique, dans notre période politique, si on n'a pas de tempérament, on ne peut pas faire avancer des grandes causes. Oui, j'ai mes tempêtes.

Et je pense qu'on s'ennuie tellement dans cette vie politique que ça ne fait pas de mal, de temps en temps, d'avoir des femmes et des hommes qui ont un peu de tempérament, un peu de caractère.

20:36
Invité

On s'ennuie. Vous vous ennuyez. Les Français s'ennuient ou les politiques s'ennuient ?

20:40
Aurélien Pradié

Je pense qu'on s'ennuie tous un peu. Pourquoi ? Je pense que les Français s'ennuient un peu aussi. C'est très présomptueux ce que je dis. Certains m'ont trouvé extrêmement arrogant et prétentieux. Enfin, on s'ennuie beaucoup dans une vie politique où il n'y a plus de grandes convictions ou parfois même il n'y a plus de grands clivages politiques. On s'ennuie dans une vie politique où tous les tempéraments sont les mêmes. Il ne faudrait plus être en colère dans cette vie politique. Moi, j'assume d'être parfois un peu rude, un peu rugueux parce que je pense qu'on a le tempérament de ses convictions.

Quand on a beaucoup de convictions, on a beaucoup de tempérament et ça ferait du bien à notre vie politique de retrouver ce chemin.

21:12
Présentateur

Vous pensez arriver à intéresser les Français à une bataille interne au sein d'un parti ? C'est un peu compliqué.

21:16
Aurélien Pradié

On intéressera d'abord nos propres adhérents. Et je dis d'abord à nos concitoyens, je dis aussi à nos concitoyens qui ne sont pas forcément adhérents des Républicains que s'ils veulent participer à ce changement au sein des Républicains, ils peuvent le faire en adhérent. Je veux vous dire aussi que l'enjeu du prochain président des Républicains, ce sera de rassembler. Au mois de décembre, on peut risquer l'explosion. On peut risquer l'explosion avec l'affirmation de certaines lignes politiques qui fractureraient notre famille.

21:40
Invité

Je vais vous aider, Aurélien Pradié.

21:42
Aurélien Pradié

Nous n'avons pas le droit d'exploser.

21:43
Invité

C'est aussi une de mes responsabilités. Vous dites une certaine ligne politique. Nous savons qu'Éric Ciotti est candidat à la présidence du parti. Il est arrivé en tête du premier tour de la primaire des Républicains. Il incarne une forme de ligne, on va dire quoi, identitaire, sécuritaire, forte. Éric Ciotti a de grandes qualités.

21:58
Aurélien Pradié

Il n'est pas comme vous. Non, mais heureusement que nous ne sommes pas exactement les mêmes. C'est plutôt bien. Il a de grandes qualités. Lui et lui, vous restez ? Je suis certain qu'il pourra contribuer à faire grandir notre famille politique. Lui et lui, vous restez au sein du parti ? Lorsqu'on participe à une campagne électorale, si j'étais engagé à y participer, on ne fait pas de chantage. Ce n'est pas moi où je m'en vais. Quand on rentre dans la bataille, évidemment, on accepte de jouer le match jusqu'au bout. Je le redis, Éric Ciotti, comme beaucoup d'autres candidats ou comme beaucoup d'autres personnalités qui ne seront pas candidates, ont de grandes qualités.

Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je tâcherai de travailler avec tout le monde. Mais je pense, si je suis candidat, que le temps est au changement et qu'on ne peut pas rejouer les matchs du passé. Il ne s'agit pas là de rejouer la primaire. On a tellement souffert de tout ça. Il s'agit d'écrire une nouvelle page et je suis absolument convaincu que nous allons surprendre les uns et les autres au mois de décembre.

22:51
Invité

Vous dites réenchanter, en quelque sorte, la vie politique. Les Français s'ennuient. Les politiques s'ennuient. Prenez Laurent Wauquiez qui ne sera pas candidat à la présidence du parti comme si le parti LR était trop étriqué en vue d'une candidature à la présidentielle. Ça veut dire que le parti, ça ne compte plus. Aujourd'hui, cette famille politique,

23:07
Aurélien Pradié

comme beaucoup d'autres partis d'ailleurs... Il a raison de zapper la case présidence des Républicains ? Laurent Wauquiez se prépare à une échéance majeure qui est l'élection présidentielle. Donc pas vous. Et il a de grandes qualités pour cela. Donc pas vous. Je ne suis pas candidat à la présidentielle de 2027. Ma santé mentale va très bien, je vous rassure. Je suis en train de tracer mon chemin, pas seulement pour moi, mais pour des convictions auxquelles je crois. Et une volonté que les Républicains soient à nouveau l'endroit où l'on réfléchit.

Il faut demain que nos concitoyens puissent entendre chez les Républicains des idées neuves, des idées nouvelles, qui parfois perturberont un peu aussi. C'est ça le rôle de la République.

23:40
Invité

C'est ce que vous leur direz au congrès de LR en décembre. Qu'est-ce que vous pouvez leur dire pour les réveiller un petit peu ?

23:47
Aurélien Pradié

D'abord, il faudra que je leur dise à la rentrée si je suis candidat ou pas. Ce qui n'est pas un détail. Et je le dis vraiment, encore une fois, sans fausse pudeur, je le dis parce qu'il faut le temps de mûrir cette décision. Ce que nous dirons les uns et les autres, sûrement à nos adhérents, c'est que la fidélité c'est essentiel. J'ai toujours été fidèle à cette famille politique et je le resterai jusqu'au bout. Et que c'est le temps du grand changement de fond en comble. Il faut pour ça un peu de courage, beaucoup de détermination. Et je vais tâcher cet été de finaliser cette détermination.

24:18
Présentateur

Mais quand vous dites changement, est-ce que ce n'est pas aussi, j'allais dire une reconquête, même si le terme est connoté aujourd'hui, mais d'aller récupérer une partie de votre électorat partie dans d'autres familles politiques et notamment au Rassemblement National ? Ce n'est pas l'enjeu essentiel pour vous aujourd'hui ?

24:32
Aurélien Pradié

Mais pas seulement au Rassemblement National. Oui, évidemment, vous avez raison, c'est l'enjeu essentiel. Nous avons fait moins de 5% aux élections présidentielles.

24:38
Invité

Donc notre électorat, il n'existe plus. Vous ne pensez pas que cet électorat, en cas de grande déception, c'est loin dans 5 ans, c'est un quinquennat encore qui va se dérouler. Eh bien, l'alternance s'appelle Marine Le Pen, à droite, plus que vous.

24:49
Aurélien Pradié

Et si je suis autant engagé depuis des années avec beaucoup de mes collègues, c'est justement pour éviter cela ? Moi, je refuse de même que nous ayons constamment à choisir entre un grand bidule du centre et les extrêmes. Parce qu'un jour, ça basculera du côté des extrêmes. Tout ce dont nous parlons depuis tout à l'heure, ça n'est pas dans l'intérêt des Républicains ou dans mon intérêt personnel, c'est aussi dans l'intérêt de nos concitoyens. Nous avons besoin d'une force républicaine de droite dans notre pays qui puisse apporter des idées nouvelles. C'est un chantier immense, mais je trouve que c'est un chantier absolument passionnant.

Et c'est sûrement le moment de le mener avec beaucoup d'audace.

25:25
Présentateur

Bon, ben, on vous laisse à votre réflexion. Alors, merci beaucoup, Rémi Antradier, d'avoir accepté notre invitation ce matin, secrétaire général des Républicains, député LR Dulotte. Merci à vous, bien sûr, Jean-François Aquilier. On se retrouve demain et restez avec nous, bien sûr, sur France Info. Sous-titrage Société Radio-Canada