Carrières longues, retraites, régime spécial des sénateurs, bénéfices de TotalEnergies... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Aurélien Pradié
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France Info Bonjour Aurélien Pradié. Bonjour. Il y a un mois, votre patron, le patron des Républicains, Éric Ciotti, a conclu un accord avec le gouvernement pour amender la réforme des retraites. Il a obtenu plusieurs avancées sur l'âge légal, sur la pension minimum, mais depuis, on a l'impression que vous faites tout pour torpiller cet accord. Qu'est-ce qui ne va pas pour vous dans cette réforme ?
Toujours la même chose pour ce qui me concerne. On peut me reprocher beaucoup dans mon tempérament, mais je suis absolument constant depuis plusieurs semaines. J'ai dit que je voterai cette réforme des retraites à une condition, que tous ceux qui ont commencé à travailler tôt ne soient pas pénalisés. Or, aujourd'hui, il y a une injustice parmi d'autres, notamment celle des carrières des femmes, une injustice profonde dont j'ai fait mon combat personnel et politique, qui est de faire en sorte que ceux qui ont commencé à travailler avant 21 ans, qui sont en carrière longue, ne fassent pas plus de 43 annuités de cotisation. Et je veux poser une question simple.
Qui peut aujourd'hui me dire qu'il est juste, légitime, efficace, que quelqu'un qui a commencé à travailler à 17 ans, à 18 ans ou à 16 ans, fasse une année de cotisation de plus que celui qui a commencé à cotiser à 30 ans ? Voilà le combat que je mène depuis des semaines, de manière constante, sereine et déterminée.
Elisabeth Borne vous a en partie donné raison en étendant le dispositif carrière longue à ceux qui ont commencé à travailler avant 21 ans. Pourquoi ça ne vous va pas ?
Mais parce que ça ne suffit pas. Enfin, pardonnez-moi, mais les batailles politiques, je les ai toujours menées jusqu'au bout. Je vous redis que je souhaite que tous ceux qui ont commencé avant 21 ans ne soient pas pénalisés. Or, l'annonce d'Elisabeth Borne, elle traite les 20-21 ans. Ce n'est pas tout à fait un détail. Les 16, 17, 18 ans que j'évoquais tout à l'heure, c'est là où il y a le plus de monde en réalité. Et Elisabeth Borne n'a pas avancé sur cela. Voilà pourquoi je continue à mener cette bataille.
Il faudrait avoir travaillé au moins un trimestre avant 21 ans pour pouvoir partir avant 64 ans.
Je n'ai pas dit cela, pardon, mais les caricatures que le gouvernement a voulu faire depuis plusieurs semaines,
elles sont insupportables.
Ma proposition, elle est très simple. Vous êtes en dispositif de carrière longue parce que vous avez commencé à travailler très tôt. Vous avez commencé avant 21 ans. Je ne veux pas que vous fassiez plus de 43 annuités de cotisation. C'est assez simple. Tout dépend de ce qu'on met dans la définition.
Vous avez commencé avant 21 ans. Le gouvernement dit, pour rentrer dans le dispositif, il faut avoir cotisé un minimum, c'est-à-dire 4 ou 5 trimestres en fonction de sa date anniversaire. Vous vous dites, un trimestre suffit. C'est ce que vous avez dit dans plusieurs interviews. Ce n'est plus le cas ?
Oui, mais si, c'est toujours le cas.
Et donc, ce que vous répond le gouvernement, c'est attention, parce qu'un trimestre, vous savez comment ça fonctionne.
Arrêtons-nous un instant. Oui, c'est très important, vous avez raison. J'aimerais que dans ce débat, on ne s'arrête pas aux caricatures. Celui qui aurait fait un seul trimestre avant ses 21 ans, il va devoir faire tous les autres trimestres après ses 21 ans. Vous avez besoin d'une durée de trimestre nécessaire pour partir à la retraite. Et donc, ce n'est pas, pardon, mais ce n'est pas parce que vous avez fait un trimestre avant 21 ans que vous allez partir à 60 ans ou à 62 ans. Je n'ai jamais proposé cela.
Ce que je veux, c'est que ceux qui travaillent le plus dur, qui aujourd'hui sont ceux qui ont commencé le plus tôt avant 21 ans, ne fassent pas une année de cotisation de plus que les autres.
Quand vous dites qu'il faut avoir travaillé au moins un trimestre avant 21 ans, concrètement, si je travaille chez McDo ou alors si je suis animatrice en centre aéré, j'ai au moins un trimestre.
Puisqu'un mois, aujourd'hui, donne droit à un trimestre. Vous n'en avez pas marre de ces caricatures ? Est-ce que vous pouvez partir à la retraite avec un mois de cotisation ? Évidemment que non, mais je n'ai jamais proposé cela. Il est absolument fou dans ce débat politique sur les retraites qu'on refuse d'entendre des contradictions sans nécessairement les caricaturer. Ce que je veux est très simple. Vous avez commencé avant 21 ans. Vous ne devez pas faire plus de durée de cotisation que celui qui a commencé à travailler à 30 ans.
Il faut avoir travaillé combien de temps avant 21 ans pour pouvoir partir avant 64 ans ?
Le dispositif des carrières longues, c'est 5 trimestres validés, pour cotiser, validés avant jusque-là vos 20 ans, désormais vos 21 ans. Ces 5 trimestres, ils ne sont pas difficiles d'accès, pas tant que cela en réalité. Et moi, je suis prêt à discuter sur ça. Je l'ai toujours dit d'ailleurs, y compris au gouvernement. Ce que je veux, c'est qu'aujourd'hui, ceux qui bénéficient du dispositif de carrière longue, qui ont commencé, je le redis, à 16, 17 et 18 ans, ils ne fassent pas 44 annuités de cotisation, mais qu'ils en fassent 43, comme ceux qui ont commencé à payer la réforme. Mais c'est le cas dans la réforme avec ceux qui ont validé leur trimestre, pour ceux qui ont validé.
Non, pardon, mais vous vous trompez. C'est une erreur. Ceux qui ont commencé à travailler avec cette réforme, ceux qui ont commencé à travailler à 16 ans, 17 ans, 18 ans, et qui sont dans le dispositif de carrière longue, parce qu'ils ont validé leur 5 trimestres avant cet âge-là, vont demain cotiser 44 annuités. Voilà mon combat. Enfin, est-ce qu'on peut l'entendre légitimement ? Je pense que parmi ceux qui nous écoutent, tous comprendront que quelqu'un qui a commencé à travailler tôt, dont le métier est le plus difficile, le salaire souvent le plus bas, ne peut pas devoir cotiser une année de plus que les autres.
Ce qu'on a, c'est ceux qui commencent entre 16 et 18 ans, partent à 60 ans.
En tant que partie du dispositif carrière longue. Pardonnez-moi, mais ils partent avec 44 annuités de cotisation. L'âge, ce n'est pas mon sujet. Et d'ailleurs, je vous l'ai toujours dit, pour moi, ce qui compte principalement, c'est la durée de cotisation. Ma proposition, elle est donc claire. Elle n'a pas varié. Si demain, le gouvernement avance et nous dit, tous ceux qui ont une carrière longue, et qui ont commencé avant 21 ans, puisque la Première Ministre a avancé sur ce point-là, ne font pas plus de 43 annuités de cotisation, j'ai dit depuis le début que je voterai le texte. Si ce n'est pas le cas, autorisez-moi à avoir une conviction et à vouloir mener la bataille jusqu'au bout.
Elle a dit que ça coûte trop cher. Ça coûte 10 milliards, ce que vous proposez. Et en fait, on ne les a pas, ces 10 milliards.
Oui. Et qui vous a justifié les 10 milliards ?
C'est elle qui annonce ce chiffre ?
Quel est le chiffrage que vous avez fait de votre proposition, vous ? Nous sommes dans une démocratie mature. Et nous devrions nous fier à un chiffre que le gouvernement annonce comme ça, dans un journal.
C'est-à-dire qu'Elisabeth Borne chiffre à 10 milliards d'euros le coût de votre mesure ? Vous, à combien vous l'estimez ?
J'ai exigé une étude d'impact. Et vous l'avez obtenu ou pas ? C'est à la moindre des choses de savoir exactement combien ça coûte. Et alors ? J'affirme que la mesure que j'ai indiquée à l'instant, elle ne coûte pas plus de 2 milliards d'euros. Mais je veux ajouter un point. Ça, vous le tenez d'où ? Je le tiens, y compris du gouvernement. Parce qu'il se trouve que dans les discussions... Le gouvernement vous a donné une estimation qui n'est pas celle qu'il a donnée aux médias.
Il se trouve que dans ce jeu de dupe, depuis le départ, le gouvernement a évalué la mesure, tous ceux qui ont commencé avant 21 ans, dans ce dispositif-là de carrière longue, que je proposais, ne pèse pas plus de 2 milliards d'euros. Mais je voudrais vous donner un autre chiffre. Aujourd'hui, nous consacrons chaque année... Allez, je reviens juste sur ça.
Vous me dites que je le tiens du gouvernement. Vous le tenez d'où au gouvernement ?
D'une note que le gouvernement a rédigée. Est-ce que vous pourrez nous la fournir après ? Bien sûr.
Pour qu'éventuellement, nous allions voir Matignon en disant « Regardez, ça ne correspond pas au chiffre que vous avez donné. »
Je le ferai volontiers. D'accord. Mais je voudrais ajouter un autre point. Pour que nous allions au fond de ce débat, chaque année, notre pays consacre 8 milliards d'euros aux pensions d'invalidité. Vous m'entendez ? 8 milliards d'euros. Lorsqu'un système de retraite fabrique 8 milliards d'euros de pensions d'invalidité, qui concerne principalement ceux qui ont commencé à travailler tôt d'ailleurs, c'est que le système marche mal. Et je suis prêt à assumer que si demain, on veille à ce que ceux qui ont commencé le plus tôt dans des métiers les plus pénibles ne soient pas obligés de cotiser plus que les autres, alors nous allons notamment économiser sur les pensions d'invalidité.
Mais ce que je veux vous dire de manière plus large, c'est que l'on peut me caricaturer autant qu'on veut. On peut considérer que je suis jusqu'au bautiste. Mais moi, je n'ai pas de pacte avec le gouvernement. Moi, ce que je souhaite, c'est défendre des convictions auxquelles je crois. Ce sont des combats personnels.
Vous ne vous sentez pas tenu par le pacte signé par le numéro 1 du parti, dont vous êtes le numéro 2.
Mais Éric Ciotti n'a signé aucun pacte avec le gouvernement. Moi, je ne suis pas député de La République En Marche. Il l'a dit très clairement. Éric Ciotti ne l'est pas non plus. Mais voyez-vous, ce combat...
Si, il a topé avec Elisabeth Borne.
Mais en fait, c'est quoi cette démocratie ? Mais c'est votre parti. Je suis... Ça s'appelle Les Républicains. Eh bien, permettez-moi de ne pas être le petit doigt sur la couture du pantalon dans une caserne. Mais vous en êtes numéro 2 ? Non, je suis député de La Nation. Oui, mais vous en êtes aussi numéro 2. Je suis d'abord député. Je suis d'abord élu par mes concitoyens. On peut ne pas partager toutes mes idées. On peut aussi essayer de les respecter. Moi, je ne cède à aucune pression. Je ne cède à aucun ultimatum. Je ne cède à aucune intimidation. Je souhaite défendre des convictions.
Et je crois même que ces convictions-là, elles peuvent être partagées par beaucoup de mes collègues députés parce que ce sont des convictions qui respectent le travail et l'effort. On va poursuivre cette entreprise. Depuis quand notre famille politique abandonnerait l'idée de défendre les Français qui travaillent le plus dur ? C'est ce chemin que je souhaite retrouver sereinement, sans agacer personne, en cherchant simplement à défendre les Français qui en ont bien besoin. Aurélien Pradié, qui ne veut agacer personne,
mais qui n'est pas d'accord avec son numéro 1 dans Des Républicains. Mais ce n'est pas si grave. Non, ce n'est pas si grave si on vous entend. Et l'invité de France Info, jusqu'à 9h, 8h41. Valentin Lothès pour le Fil Info.
L'affaire Le Squarnex, c'est la faillite de l'institution judiciaire, dénonce l'avocat de l'association La Voix de l'Enfant. D'après les informations de France Info, l'État a été alerté il y a plus de 10 ans sur ce chirurgien, accusé aujourd'hui de viol et d'agression sexuelle sur près de 300 enfants. Le pic de l'inflation en France, ce sera pour le moins 2 juin, estime le gouverneur de la Banque de France. Sur France 2, François Villeroy de Gallo s'attend ensuite à l'avoir baissé jusqu'à retomber à 2% d'ici fin 2024. Plus de 16 000 morts en Turquie et en Syrie trois jours après le séisme. Les chances de retrouver des survivants sous les décombres se réduisent.
7 000 licensivements à venir chez Disney pour faire des économies et rentabiliser sa plateforme de streaming. Disney Plus a perdu 2,5 millions d'abonnés sur les trois derniers mois de 2022. France Info Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
Toujours avec le vice-président exécutif des Républicains, Aurélien Pradier. Au sein de votre parti, M. Pradier, beaucoup s'interrogent sur ce qui est de la sincérité dans votre combat actuel ou ce qui serait peut-être de la tactique politique. Et s'il se pose cette question, c'est notamment au vu de vos positions il y a quelques mois sur cette réforme des retraites. Il y a trois mois exactement, vous défendiez une retraite avec 45 années de cotisation. C'était dans une interview aux Echos et aujourd'hui vous nous dites 44, c'est impossible.
Voilà ce que j'ai toujours défendu. 45. J'ai toujours considéré que la bonne réforme des retraites c'était celle qui s'appuyait sur la durée de cotisation. Sauf que je ne suis pas au gouvernement, vous l'aurez observé, et donc nous nous appuyons sur une réforme qui est proposée par le gouvernement qui est celle des 64 ans. A l'époque, même lorsque ma famille politique proposait les 65 ans, je me suis toujours battu pour les carrières longues. A l'époque d'ailleurs, j'avais proposé un amendement qui avait été co-signé par tous mes collègues députés de l'époque pour qu'il y ait un système universel de pénibilité qui aille beaucoup plus loin que ce qu'on a aujourd'hui.
Lorsqu'il y a quelques mois dans la campagne interne des Républicains, j'ai défendu cette idée que ce qui comptait c'était d'abord la durée de cotisation avant l'âge légal. J'ai toujours dit que les carrières longues pour moi c'était essentiel.
Mais vous disiez 45.
Mais pas pour les carrières longues. J'ai toujours dit que ceux qui avaient commencé à travailler tôt devaient finir tôt. C'est une expression que j'ai répétée des dizaines de fois. C'était pas pour les carrières longues c'était pour qui ? Mais pour ceux qui ont commencé après.
D'ailleurs, pardon, mais lorsque vous commencez...
Alors du coup c'est un départ à quel âge ?
Mais du coup ils partaient à quel âge ? Si ceux qui ont commencé à 22, vous leur mettez 45 années, ils partiront à quel âge ? Lorsque vous commencez à travailler à 23 ans. Oui, 23 plus 45, je fais rapidement le calcul, ça nous amène à 68. Oui, sauf qu'il y a... Donc ils ne les auront pas à 67 au moment de...
Il y a un dispositif qui s'appelle l'âge d'effacement. Oui, 67. Ce qui fait qu'à 67 ans, vous n'avez pas besoin de continuer au-delà. Du coup ils ne cotiseront pas non plus 45. Du coup ils ne sont pas concernés. Aujourd'hui, c'est qu'aujourd'hui vous pouvez arriver jusqu'à vos 67 ans si vous avez commencé à cotiser à 40 ans, vous faites votre durée de cotisation et vous allez jusqu'à l'âge d'effacement. Mais je voudrais vous répondre plus précisément sur tout cela. Les Français ne me connaissent pas beaucoup et c'est tout à fait normal. Je vois bien que mes amis politiques parfois se disent très irritant qu'il y a quelqu'un qui ne pense pas exactement comme nous.
Mais d'abord c'est toujours arrivé dans notre famille politique. Et puis la liberté de penser c'est quand même absolument fondamental. Alors ce n'est pas ça la question qu'on pose
avec Marc, c'est on ne comprend pas...
Qu'est-ce que vous ne comprenez pas
dans votre colonne vertébrale mais on ne sait pas comment elle tient.
Est-ce que vous êtes un peu en train de rejouer la primaire des Républicains
à travers les retraites ? Il y a une chose que je ne tolère pas. Je vous le dis comme je le pense. C'est depuis une semaine d'essuyer tous les sarcasmes, toutes les caricatures. Alors que je me suis toujours battu pour les carrières longues et que je continuerai à le faire. Que je me suis toujours battu pour que ma famille politique renoue avec ses nécessités de justice sociale. Et je vais vous même vous dire plus. Durant cette campagne interne, vous m'avez beaucoup entendu parler de mon frère boulanger qui a commencé à cotiser bien avant moi. Qui se lève bien plus tôt que moi tous les jours pour aller bosser.
Et bien si je me bats en politique, si j'ai mené tous les combats que j'ai menés sur d'autres sujets depuis des années, si je suis toujours allé jusqu'au bout sans jamais me laisser intimider, si j'ai gagné un certain nombre de combats sur l'handicap, contre les violences conjugales, je l'ai toujours fait parce que j'y croyais. Et là j'y crois. Et je ne lâcherai pas, non pas pour moi, pas par tactique personnelle. Tout ça n'a aucun effet. Vous savez, ça fait une semaine que j'en prends plein la tête. Et c'est pas très grave. Parce que je sais pour qui je me bats.
Et je pense même que mes collègues députés à droite, si je les agace, se disent que c'est pas si mal que de temps en temps on résiste un peu plus au gouvernement.
Et quand vous entendez par exemple, non pas un député, mais un sénateur, Bruno Retailleau, vous dire, c'est ce qu'on a lu dans la presse ces derniers jours, les yeux dans les yeux, Aurélien, tu fais du Le Pen en moins bien. Vous lui avez dit quoi ?
Je lui ai dit que si nous en étions là depuis quelques années, c'était peut-être à cause de cela. Je ne comprends pas comment on peut faire de la politique en ne s'intéressant pas profondément à la vie de nos concitoyens. J'ai des différences avec Bruno Retailleau.
On peut se dire des choses
comme ça dans le même parti. Tu fais du Le Pen en moins bien. Non, je crois qu'on ne peut pas se le dire. et c'est d'ailleurs pour ça que je ne lui ai jamais dit cela. J'ai des divergences avec Bruno Retailleau. Je demande juste à ce qu'on me respecte un peu. Je peux agacer et irriter par mon comportement, par mon tempérament peut-être, mais on a toujours le tempérament de ses convictions. Et si la droite en est là aujourd'hui, c'est parce qu'elle a perdu le peuple. Je veux que nous puissions, et c'est la raison pour laquelle je me suis un jour engagé en politique, non pas pour gérer les injustices, mais pour les corriger.
Pour qu'on comprenne ce qui va se passer dans les prochains jours, vous, vous êtes prêts à faire échouer la réforme, l'adoption de la réforme si Elisabeth Borne n'accède pas à votre demande.
Mais qu'est-ce que c'est que ce chantage ? Enfin, je ne suis pas un député patroniste. C'est vous qui avez dit c'est à prendre ou à laisser. Je suis un député d'opposition. Si j'étais un député de la République en marge, je comprendrais qu'on me mette une pression folle pour que je vote.
Vous êtes combien aujourd'hui, Aurélien Pradié ? Enfin, pas vous, mais derrière vous, il y a combien de députés ?
La mesure dont nous parlons là, on en a beaucoup discuté en réunion de groupe chez les Républicains et je pense qu'elle est partagée par tout le monde. Tout le monde. Je ne sais pas comment le vote se fera au final, mais moi, la condition que je pose... Tous les députés aujourd'hui sont derrière vous ? Sur cette mesure-là, tout le monde la défend. On en a débattu longuement en réunion de groupe. Et donc, tous les députés voteront contre la réforme ? Je ne sais pas. Moi, je laisse à chacun la liberté. Mais pourquoi on attend
Gérard Larcher, le président du Sénat, Éric Ciotti, le patron de votre parti, dire si Aurélien Pradié ne vote pas la loi, Vous avez peur d'être exclu de votre parti ou pas ?
J'ai peur. Enfin, franchement, je veux bien que vous considérez que je suis un petit enfant, qu'on peut gronder et qu'il se calmerait parce qu'on le gronde, mais ça m'a passé depuis très longtemps, tout ça. Et puis, depuis quand, dans une famille politique, on peut considérer que la menace fait avancer les choses ? Et moi, je ne cède à aucune menace. Depuis quand on menace un député en fonction de son vote, de son orientation de vote ? Et puis, franchement, qui pourrait mettre la pression sur des députés, les Républicains, en leur reprochant de ne pas voter un texte macroniste ? J'ai posé une condition claire. Si demain, Elisabeth Borne, et je le dis et je le redis, je n'ai jamais varié.
Si demain, Elisabeth Borne nous dit pour ceux qui ont commencé avant 21 ans, qui sont dans ce dispositif qu'on appelle le dispositif carrière longue, personne ne fera plus de 43 annuités, ni les 14 ans, ni les 16, ni les 17, ni les 18 ans, j'ai dit depuis le début que je voterai le texte alors que tout le monde se détende, je mène un combat. On ne va pas me reprocher de mener ce combat jusqu'au bout. Et puis, enfin, la politique, c'est quand même ça. Ce n'est pas une affaire de deal. La politique, c'est une affaire de bataille aussi. J'assume un bras de fer. Non, j'ai dit à Eric Ciotti tout ce que je vous dis là.
Il est allé, comme notre, en tant que notre représentant, discuter avec le gouvernement. Si on vous écoute... C'est bien, mais je pense que nous devons aller plus loin. On se dit qu'il s'est fait avoir
pendant la négociation. S'il a négocié un texte qui vous semble aujourd'hui profondément injuste, c'est qu'il n'a pas bien négocié.
Nous avons un débat parlementaire. Enfin, depuis quand tout se négocierait avant le débat parlementaire. On est en train d'examiner
aujourd'hui à l'Assemblée le texte et c'est bien qu'il y ait les nouvelles avancées. L'Assemblée examine en ce moment la suppression des régimes spéciaux. Il y a un régime autonome que le gouvernement n'a pas prévu de supprimer. C'est le régime des sénateurs. Régime particulier parce que pour un mandat de 6 ans, par exemple, un sénateur qui cotise plus que le reste des Français peut prétendre à un peu plus de 2000 euros de pension. Est-ce qu'il faut le supprimer, celui-là ?
Vous voulez vraiment que je m'attire encore quelques délimitiés ? Non, pas plus que ça. Vous savez, il n'est pas impossible dans l'irritation que quelques-uns ont de ma position que ce sujet soit présent. Peut-être que quelques sénateurs, et je le comprends, ont été agacés que des députés aient pu dire qu'il faut aussi remettre en question le régime autonome des sénateurs. Non, je n'ai pas signé cet amendement-là. Je pense que la question se pose, mais d'ailleurs, les sénateurs le savent.
Au moment où, y compris Bruno Retailleau, il a raison, dit qu'il faut être absolument rigoureux sur les finances publiques, qu'il faut que tout le monde soit traité de la même manière, il a raison de le dire. La question se pose pour le régime des députés qui aujourd'hui est un régime de droit commun en réalité.
Quasiment aligné sur celui des fonctionnaires.
Oui, depuis quelques années, moi, je n'ai pas connu de régime autonome, spécial ou particulier des députés.
Vous dites à vos collectif sénateurs de modifier leur système de retraite ?
C'est à eux de le décider. Vous savez, on est dans un pays où je pense que les injustices sont trop présentes pour qu'on puisse vraiment faire fonctionner notre démocratie. Et vous voyez, dans tous les combats que j'ai menés depuis quelques années, vous m'avez reçu souvent ici, quand je suis venu vous parler d'autres sujets, notamment de handicap et de violence conjugale, j'ai toujours dit que ce qui aujourd'hui abîmait le plus notre pays, c'était les injustices. Je pense que c'est le cœur de la politique.
Donc ils doivent se montrer exemplaires les sénateurs ?
Bien sûr, mais comme nous, nous devons nous montrer les injustes aussi.
C'est un régime autonome des sénateurs ?
Tous les régimes de faveur aujourd'hui sont des régimes qui posent question dans notre système. Ce n'est pas le régime qui porte le plus de faveur, celui des sénateurs aujourd'hui. Mais la question se pose pour eux. Je crois avoir entendu qu'ils voulaient aligner leur régime sur le régime général, sur les règles qui s'appliquent à tout le monde. Les sénateurs de gauche
qui disent ça ?
Bien, écoutez, non, je crois l'avoir entendu les sénateurs de droite. Et si c'est le cas, ce sera très bien. Pour eux d'ailleurs aussi, parce que ce sentiment-là, il n'est pas bon. On parle beaucoup d'anti-parlementarisme. Je pense qu'on a oublié le rôle des députés parfois aussi dans la vie parlementaire. Dans la démocratie, un député, il est là aussi pour résister.
Moi, j'assume aussi ce statut de résistance. Pardon, Aurélien Pradier, numéro 2 des Républicains, invité de France Info, 8h51, le fil Info, Valentin le tesse.
Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky arrivent en ce moment même à l'aéroport de Villakoublet. Après un dîner à Paris, les présidents français et ukrainiens partent ensemble pour Bruxelles ce matin pour un sommet européen extraordinaire. Trois nouvelles dates de mobilisation contre la réforme des retraites. Avant même, celle prévue après-demain, les syndicats en annoncent une autre le 16 février, le 7 mars aussi pour l'arrivée du texte au Sénat et des actions le lendemain à l'occasion de la journée internationale des droits de la femme.
Dans le panier anti-inflation du gouvernement, il y aura une cinquantaine de produits, confirme la ministre aux petites et moyennes entreprises aux Parisiens aujourd'hui en France. 5 fruits et légumes de la viande rouge, du poisson mais pas d'alcool ou de bonbons. Direction les pistes de Méribel-Courchevel, le français, Alexis Peintureau, sacré champion du monde du combiné avant-hier, tente de rééditer l'exploit sur le Super G. Début de l'épreuve, 11h30, à suivre sur France Info, radio partenaire de ces mondiaux de ski alpin. France Info Le 830 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec le numéro 2 du parti Les Républicains, Aurélien Pradié, bénéfice record pour Total Energy, 19 milliards et demi. Est-ce que vous dites comme la gauche qu'il y a quelque chose d'indécent dans ses profits ?
Je pense qu'on a un vrai sujet. Je ne sais pas si je le dis comme la gauche, je le dis comme les Français. Plutôt, pardon, mais je le dis comme un gaulliste. Les gaullistes ont toujours été attentifs à ce que les choses soient justes et que les profits le soient aussi. Est-ce que les super profits aujourd'hui que Total engrange dans une situation d'inflation incroyable pour le pays, est-ce qu'ils sont justes ? Je ne le crois pas. Et donc, je pense que la question se pose. Aujourd'hui, de les taxer, je n'en sais rien. Je vous le dis comme je le pense parce que j'ai un vrai doute.
Je vois bien que souvent la taxation des plus gros finit par être aussi une taxation des plus petits et je pense que notre pays a soupé de la taxation. Mais je pense que Total ne peut pas tenir en expliquant aux Français que tout va bien pour eux sans vraiment expliquer pourquoi d'ailleurs. Alors que pour les Français, c'est difficile. Un modèle économique, il a du sens s'il est capable de faire en sorte que la valeur soit intelligemment répartie. C'est normal que des grandes entreprises et des grands groupes gagnent beaucoup d'argent.
Si vous écoutez Patrick Pouyanné, le patron de Total, il dit moi j'ai augmenté mes salariés, mes salariés ont aussi des dividendes puisqu'ils détiennent 7% du capital. Voilà, je partage la valeur.
Oui, est-ce que c'est suffisant ? Je ne le crois pas. Donc si vous mettez de côté ce que vous semblez dire à l'idée d'une taxation supplémentaire, c'est quoi ? Vous demandez un geste pour les automobilistes par exemple ?
Je pense qu'il faut un geste beaucoup plus vif, beaucoup plus fort, que le gouvernement doit aussi mettre autour de la table les dirigeants de Total en se demandant si d'autres mesures sont possibles, ces débats sereinement sans être ni les coupeurs de tête des grands chefs d'entreprise qui sont notre fierté nationale mais sans être non plus naïf sur le fait que ça pose un problème dans notre pays aujourd'hui. Le rôle profond du politique et j'y reviens, c'est de faire en sorte de recoller les morceaux. Moi je crois trop à nos entreprises, je respecte trop nos entreprises pour qu'un sentiment de défiance s'installe dans notre pays. C'est ça le rôle de la politique. C'est à l'État,
vous nous dites, de convoquer le patron d'une entreprise privée pour lui dire il faut faire plus Patrick.
Total n'est pas une entreprise comme une autre. D'abord je ne sais pas si on l'appellera par son prénom. Monsieur Pouyanné, il faut faire plus Monsieur Pouyanné. C'est moi qui avais simplifié. Par son nom. J'ai moins d'intimité que vous avec lui. C'est le rôle du politique de poser des questions. Évidemment nous n'allons pas gérer les entreprises à la place des chefs d'entreprise.
Mais enfin à force de considérer que le politique ne peut rien faire, qu'il ne peut pas corriger l'injustice sur les carrières longues, qu'il ne peut pas corriger les injustices sur le système de retraite, qu'il ne peut pas corriger ce qui doit être corrigé, notamment dans le cadre de ces profits qui posent des questions. Alors le politique ne servira à rien. Vous voyez bien qu'il y a dans ce pays une défiance profonde. Il y a une rupture entre ceux qui dirigent et nos concitoyens. Et il faut le dire, c'est cela qu'il faut renouer. Et quand je mène les batailles que je mène, elles peuvent paraître un peu pleines de tempérament et de fougue, mais c'est simplement pour faire en sorte...
Non mais elles ne sont pas en contradiction avec vos collègues du même parti.
Non, elles ne sont pas en contradiction avec mes collègues. Et elles sont en cohérence avec la grande histoire.
Avec la ligne libérale de la droite en tout cas qui dit des bénéfices en plus. Les bénéfices d'aujourd'hui sont les impôts, les investissements et les emplois de demain.
Et c'est vrai. C'est vrai. Mais enfin, la droite française, elle a toujours veillé à ce que la valeur soit répartie. Le grand combat du général de Gaulle, c'était la participation. Et la droite de Gaulle,
c'était il y a un demi-siècle.
Oui, mais c'est la droite... Depuis, il s'est passé d'autres choses. Mais figurez-vous que c'est la droite pour laquelle je me suis engagé. Jeune. Gamin. C'est cette droite qui était capable de faire en sorte de redonner aux Français de la dignité. De faire en sorte que celui qui le méritait le plus obtienne ce qui était nécessaire. Qu'on se batte pour les Français humbles. C'est pour ça que je me suis engagé à 16 ans en politique. Et je n'ai pas l'intention de varier aujourd'hui.
Aurélien Pradié, le Conseil constitutionnel a annulé l'élection du député de l'étranger Meyer Habib pour fraude électorale. Il avait été élu avec le soutien de votre famille politique, Les Républicains. Les médias israéliens affirment qu'il pourrait être nommé prochainement ambassadeur d'Israël en France sur proposition du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Est-ce que vous trouvez ça normal ?
L'annulation d'une élection par le Conseil constitutionnel, c'est le droit du Conseil constitutionnel de le faire. Je crois que la question porte sur le deuxième volet.
Sur le choix de Benjamin Netanyahou de l'investir ambassadeur
d'Israël en France. Je n'en sais rien, mais il me semble que c'est ou l'un ou l'autre. Et après, c'est à l'État d'Israël de gérer le choix de ses représentants. Mais c'est ou l'un ou l'autre. Vous ne pouvez pas être député et ambassadeur. Mais ça, c'est l'affaire. Il n'est plus député.
Parce que son élection est à l'État d'Israël.
Mais si la nomination intervenait avant, il ne pourrait plus être député naturellement. C'est un choix qui appartient à l'État d'Israël et je n'ai pas à intervenir sur ce sujet.
Mais on peut représenter la France pendant plusieurs années, défendre les intérêts de la France et puis après défendre l'intérêt des Israéliens parce qu'on a été choisi par le Premier ministre israélien ?
Il a la double nationalité, je crois. Je ne vais pas me tromper en vous le disant. C'est son choix personnel. Je pense que l'engagement politique, il nécessite une forme de conviction si profonde qu'on ne peut pas faire deux choses à la fois. Mais là, ce sera l'une après l'autre, j'imagine. C'est une information d'ailleurs que je découvre pour tout vous dire en vous écoutant. C'est à lui de faire son choix. Ce sera ou l'un ou l'autre. J'imagine qu'il le fera avec honnêteté et conviction.
Aurélien Pradier, député du LOT, vice-président exécutif du parti Les Républicains, était ce matin l'invité de France Info. Vous ne quitterez pas le parti ? Je ne quitterai pas le parti. Ça reste votre famille
en dépit de...
Mais dans une famille,
on s'engueule, heureusement. Il arrive qu'on ne soit pas tous les mêmes. Parfois, il y a des portes qui claquent dans les familles aussi. Parfois, on se croit. Moi, je ne claque pas de portes. Et je suis même certain que beaucoup de mes amis se disent qu'au fond, ce n'est pas si mal qu'on soit tous ensemble.
C'est-à-dire ?
Oui, est-ce que c'est bien que vous fassiez ce boulot-là aussi ? C'est bien qu'on ait des voix qui ne soient pas exactement les mêmes. C'est bien qu'on résiste au gouvernement. C'est bien qu'on ne soit pas des clones les uns les autres. Et donc, je ne claquerai aucune porte parce que j'ai trop de respect pour les valeurs pour lesquelles je me suis engagé et parce que la politique, c'est une affaire de bataille et de tempérament, pas de porte qui claque.
Merci Aurélien Pradier. Merci à vous. Et si vous voulez bien, vous nous donnerez le document dont vous avez parlé tout à l'heure qui chiffre donc à 2 milliards d'euros les mesures que vous préconisez. Là où le gouvernement ne dit pas du tout, ça coûtera 10 milliards. On essaiera de vous donner les informations, amis auditeurs et téléspectateurs. Le journal dans deux minutes, les informer juste après.
Aurélien Pradié