BFM Crypto, le Club : Crypto, un secteur entaché par la criminalité - 25/09
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 1:11OuverteRéponse directe
La criminalité autour de la crypto ces derniers mois, ça vous occupe beaucoup ?
- 1:27OuverteRéponse directe
Ça n'a pas baissé ces attaques-là ?
- 3:28OuverteRéponse directe
C'est intéressant d'avoir cette bonne nouvelle des autorités qui se penchent sur le sujet, mais est-ce que le système peut répondre à ce qui se passe ?
- 3:46OuverteRéponse directe
Plus d'une centaine de faits criminels depuis janvier, c'est exact ?
- 4:31OuverteRéponse directe
Quelle est la mauvaise nouvelle ?
- 5:09OuverteRéponse directe
Dans une affaire du 13 juillet, ils sont repartis avec 100 euros, pourquoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:54InvitéChiffre
« On a eu le hack de l'ADGFIP avec les données de plus de 600 000 Français qui ont fuité. »
- 4:31InvitéFait
« Il y avait un couple avec ses deux enfants d'une dizaine d'années. La fillette a reçu des coups au visage. Tout ça pour moins de 50 000 euros. »
- 5:39InvitéFait
« Il y a eu des criminels qui se sont allés à l'adresse de personnes qui avaient déménagé. Et donc c'est les nouveaux locataires qui se sont fait rouer de coups. »
- 5:55InvitéFait
« Ces gens-là, les exécutants, sont payés quelques centaines d'euros. »
- 8:38InvitéFait
« Avec l'arrivée de l'IA, on va avoir de plus en plus de fuites de données, et l'accessibilité ou le coût d'accès aux données personnelles est en train de se réduire. »
- 11:17InvitéChiffre
« Les enlèvements, c'est trois par semaine. Les hacks, c'est peut-être trois par jour. »
- 18:24InvitéFait
« J'avoue que Revolut se fasse hacker, là quand même, j'étais étonnée. »
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BFM Business, BFM Crypto, Le Club. Sandra Gandouin. Bonjour à tous, ravie de vous retrouver pour cette nouvelle émission BFM Crypto, Le Club, comme toutes les semaines sur BFM Business. On va parler d'adoption de crypto,
on
va parler de contraintes aussi, vous allez le voir. Et puis de situations aussi qui évoluent toujours sur le front de la criminalité. Mes invités aujourd'hui, Delphine Vincent, fondatrice de La Crypto. Bonjour Delphine,
ravie de vous avoir
en vrai sur le plateau. A vos côtés, Elodie Lulé, fondatrice d'Effet 21 Conseil, du podcast TV1, bonjour. Bonjour Sandra. Elodie et Marc-Antoine Campoletti, journaliste chez Crypto. Bonjour Marc-Antoine.
Bonjour
Sandra. Ravie de vous voir tous les trois dans cette émission. Vous, auditeurs, téléspectateurs, vous pouvez toujours nous écrire, vous le savez, à cette adresse crypto. On répond à vos questions très régulièrement dans cette émission BFM Crypto, Le Club. C'est parti. Je ne sais par quoi commencer, mais bon, l'actu nous poussant, l'actu du week-end, notamment Marc-Antoine Campoletti. C'est votre domaine, la criminalité autour de la crypto ces derniers mois. Ça vous occupe énormément chez Crypto. Poste, malheureusement, il y
a
encore eu un cas d'enlèvement et de séquestration, plutôt de séquestration le week-end dernier, d'une famille pour de la crypto. Ça ne s'est pas réellement arrangé depuis le début de l'année. Ça n'a pas baissé ces attaques-là ?
Ça ne s'est pas vraiment arrangé. Je dirais plutôt que ça s'est aggravé. Oui. J'allais dire, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Donc, j'ai commencé par la bonne. C'est que le gouvernement semble avoir pris conscience quand même qu'il y avait un problème, qu'on était les champions mondiaux des enlèvements cryptos. Donc, ce n
'est
pas forcément à mettre au tableau de chasse pour la sixième puissance mondiale. Mais le gouvernement commence à collaborer avec des acteurs du secteur. Je sais qu'il y a des gens au niveau de la justice qui commencent à rencontrer, qui commencent à se former, qui commencent à vraiment essayer de comprendre comment ça marche. Notamment au niveau des saisies, des gels, des rançons. Donc, il y avait le forum cyber organisé par l'ADAN, le premier, qui était jeudi, donc hier. Et qui a permis de réunir des juges d'instruction, des avocats, un peu l'ensemble des acteurs des deux côtés de la criminalité. Donc, les victimes et les juges. On n'a pas encore les coupables qui participent au salon.
Et voilà. Donc, on essaie vraiment d'essayer de comprendre comment on peut endiguer le phénomène, saisir les rançons et vraiment se former sur ces sujets. Laurent Nunez, le nouveau ministre de l'Intérieur, était d'ailleurs à l'anniversaire de l'ADAN en juin. Il s'est félicité de voir que les mesures mises en place depuis un an portaient leurs fruits. Donc, c'était peut-être un petit peu prématuré, vu qu'en fait, en juin,
on
était en train d'exploser les records d'enlèvement. Et depuis, en fait, on a eu un été particulièrement mouvementé. On a eu le hack de l'ADGFIP avec les données de plus de 600 000 Français qui ont fuité. Donc, des données notamment qui concernent le patrimoine. Donc, ce qu
'on
peut déclarer, c'est notamment les cryptos, si on a peut-être des métaux précieux, des choses comme ça. Et en fait,
ces
événements sont liés. Les fuites de données, les fuites de données au niveau des impôts, les adresses, les adresses des proches, tout ça.
C
'est ce qu'utilisent les criminels, en fait, pour faire les enlèvements. Donc, on ne
peut
pas avoir un ralentissement des enlèvements quand, dans un même temps, on a une augmentation des fuites de données.
C'est intéressant quand même d'avoir cette bonne nouvelle de la part des autorités qui se penchent sur le sujet, qui reçoivent les acteurs du secteur, en effet, et qui essayent un petit peu de réfléchir à la manière dont on peut empêcher. Peut-être pas empêcher, mais en tout cas répondre, que le système puisse répondre à ce qui se passe. C'est une réponse a posteriori, évidemment.
J
'ai lu dans le cryptos que c'était plus d'une centaine de faits criminels qui s'étaient déroulés depuis janvier, entre janvier et début septembre.
C'est ça, plus d'une centaine. Encore une fois, à chaque fois, les chiffres sont un peu durs à réunir. Parce qu'on a, d'un côté, le parquet anti-criminalité. On a des instances un peu plus régionales. Parfois, est-ce que c'est un enlèvement, un kidnapping ? Est-ce que les victimes appellent la police ? Donc à chaque fois, en fait, les chiffres sont éparpillés. Peut-être aussi que cette dispersion aide un peu les pouvoirs publics, permet d'avoir des chiffres quelque part qui sont minimisés. Mais après ça, c'est de la spéculation. Mais voilà, le gouvernement prend ce problème à bras-le-corps. En tout cas, il semble le faire.
Mais derrière, les criminels, en fait, sont en train d'entrer dans une phase complètement débridée. Donc l'enlèvement qu'il y
a
eu, je crois que c'était pour une rançon de 44 000 euros.
C'est là la mauvaise nouvelle.
C'est là la mauvaise nouvelle. Il y avait un couple avec ses deux enfants d'une dizaine d'années. La fillette a reçu des coups au visage. Tout ça pour moins de 50 000 euros. Les peines encourues pour ce genre de crimes, donc séquestration, kidnapping, demande de rançon, normalement, on n'est plus sur de la perpétuité. Donc on est sur les crimes les plus durement punis par la loi.
Quand
on voit, en fait, la rançon qu'il récupère avec la violence et à quel point c'est considéré comme grave par la justice, il y
a
un décalage.
J'ai vu aussi que dans une affaire du 13 juillet dernier, il était reparti avec 100 euros. Et que du coup, ils avaient pris des objets dans la maison,
évidemment,
parce que ce fait-là datait d'une fuite de données de l'année d'avant sur une des entreprises crypto qui avait été hackée et dont les données n'avaient pas été réactualisées. Les ravisseurs ne savaient plus, finalement, combien il y avait sur le compte. Il n
'y
avait plus rien sur le compte. Donc ils sont très mal renseignés. Ce sont des amateurs.
Ce sont des amateurs. Encore pire, il y
a
eu des criminels qui se sont allés à l'adresse de personnes qui avaient déménagé. Et donc c'est les nouveaux locataires qui se sont fait rouer de coups jusqu'à ce que les criminels qui ont entre 15 et 18 ans réalisent leur erreur. Et là encore, ils prennent les clés de la voiture,
ils
prennent un téléphone. Parce que de toute façon, ces gens-là, les exécutants, sont payés quelques centaines d'euros. Donc pour eux, ils se remboursent. Et d'ailleurs, c
'est
le commanditaire qui, en plus parfois, est en prison. Ça,
c
'est notre histoire. Qui, lui, va devoir monter notre équipe et trouver un nouveau commando, une nouvelle cible. C
'est là que les autorités peuvent agir. C'est comment on peut laisser des gens qui sont en prison. Celui qui a été... Voilà, cette affaire qui a été... Le
gardien de Gaulle du
PSG.
Non, les agresseurs de juillet,
là.
Ils ont été mis en examen cette semaine. L'agresseur, le commanditaire était incarcéré à Auxerre. Enfin, à chaque fois, on dit que le commanditaire est incarcéré à Auxerre, au Maroc. Enfin, voilà,
comment c'est possible ? En fait, on se dit comment
on peut se protéger s'ils sont déjà en prison ? À quel moment on peut être en sécurité ? Et donc, il y a un aggravement de ce phénomène dans les rançons visées. Maintenant,
en
fait, la première fois que j'étais venu, je vous disais, il ne suffit pas d'être influenceur pour être visé. Aujourd'hui, j'ai envie de vous dire...
C'est monsieur tourment. Il suffit d
'avoir 100 euros chez soi pour être visé. Donc, bon, je pense que tout le monde est concerné.
Et
il y a un autre mécanisme de transversalité qui est à l'œuvre. C'est que les kidnappings commencent à toucher d'autres personnes que les gens de la crypto. On a eu des projets fomentés par des gens qui étaient encore en prison, qui visaient Bappé, donc le footballeur, qui visaient le gardien de but du PSG, qui a reçu la visite d'un commando,
qui
s'est fait frapper, dont la femme était enceinte, qui a ensuite perdu le bébé. Donc, une violence extrême qui vise des gens qui sont censés être des stars qu'on pourrait imaginer être un peu protégés, être un peu plus formés sur les risques de
la
criminalité qui peut les viser. Et ce que j'ai envie de vous dire, c'est que dans les prochains mois, on va voir des entrepreneurs de l'IA, du monde du luxe, des gens qui ont des patrimoines dans d'autres secteurs, en fait, qui vont être visés.
C'est
une criminalité générale, de toute façon. On sait que la crypto s'inscrit dans un climat général. Delphine. Oui,
j'aurais rebondir, en fait, parce qu'on sait qu'en France, par exemple, les vols à l'arraché des objets de luxe, notamment les montres de luxe, on est parmi les premiers en Europe à se faire arracher ces montres de luxe. La France est reconnue pour ça. Donc, évidemment, le dérapage pour aller vers le contrôle, pour pouvoir aller saisir à la racine les personnes, en fait, on voit bien qu'il
y a
un problème de compétence, je pense sincèrement, parce que depuis le temps qu'on sait qu'en France, on a ce problème, il était avant dans le luxe, maintenant il est dans la crypto, il est dans toutes les sphères de la société, il y a un problème ou de moyens ou de compétences, parce que normalement, c'est le rôle de la police, quand même, d'enquêter. On a l'impression qu'il n
'y
a pas d'enquête, en fait, en amont, ou qu'il n
'y
a pas de moyens, mais c'est là depuis toujours. Moi, ce que je voulais rajouter, c'est qu'avec l'arrivée de l'IA,
on
va avoir de plus en plus de fuites de données, et l'accessibilité ou le coût d'accès aux données personnelles est en train de se réduire. Donc, on va dire que
c
'est une mauvaise nouvelle, mais ce type d'attaque va de plus en plus proliférer, parce qu'on a besoin de moins de moyens pour avoir les informations personnelles d'un joueur ou d'un entrepreneur crypto, etc. Évidemment, on sait, on
en parle souvent ici, qu'on doit fournir de plus en plus de données à l'administration pour lutter contre le blanchiment d'argent, notamment. Ça, on l'a bien compris et c'est normal, mais enfin, ce serait encore mieux si les autorités qui reçoivent nos données pouvaient les protéger, parce qu'effectivement,
il
y a de plus en plus d'attaques. Concrètement, Marc-Antoine Campoletti, est-ce que,
malgré
tout, la réponse policière, puis la réponse juridique, elle est là quand même ? Il y a des mises en examen, ils sont arrêtés, ils sont jugés assez vite. Je veux dire, on a quand même monté aussi un arsenal policier et juridique à la hauteur. C'est juste que, finalement, comme à chaque fois, les criminels ont de
l
'avance.
Les
criminels ont une longueur d'avance. Maintenant, les moyens policiers sont surtout mis sur des actions
de
réaction. C'est-à-dire, quelqu'un est enlevé, ok, la BRI, la BRB, le GIGN sont très efficaces. Ils vont retrouver les personnes, peut-être en localisant des objets, en retraçant le parcours des véhicules avec des caméras.
Donc,
on a une réaction impassive qui est efficace.
Ils
sont en train de se former maintenant sur la saisie des rançons, qui n'est pas encore parfaitement mise en place au niveau de la justice, donc qui est quand même la dernière pièce du puzzle pour libérer les personnes, en
train
de récupérer l'argent. Mais c'est ce que vous avez dit, c'est au niveau de l'enquête, en fait. En amont, on a du mal à détecter qu'en fait, il y a une personne en prison qui gère un cartel de crime depuis sa cellule. On n'arrive pas à le détecter. On n'a pas de service de renseignement efficace en prison, où maintenant, en fait, tous les cerveaux du crime sont. On a un manque de culture, on a une dette cyber aussi au niveau des administrations, de la DGFIP, des entreprises, qui fait qu'on a des hacks qui sont rendus beaucoup plus faciles avec l'IA, comme vous l'avez dit.
Et ensuite, ces hacks fournissent des bases de données de criminels qui ensuite, une fois que les données sont dans la nature, on ne peut pas les récupérer. Donc, une fois que le mal est fait, et le mal, il est bien fait, là. Je veux dire, je pense que tous les Français ont des données en ligne. Alors, elles ne
sont
peut-être plus d'actualité, elles ne
sont
peut-être pas complètes, mais...
Et
quand on recoupe ? Quand on recoupe, on finit par retrouver des choses. Et puis, des hacks, il y en a. Les enlèvements, c'est trois par semaine. Les hacks, c'est peut
-être
trois par jour.
Pour terminer plus ou moins sur ce sujet, vous aviez répondu à cette question de est-ce qu'on récupère les cryptos à la fin ? On les récupère en partie, et ce n
'est
pas encore tout à fait ça. En revanche, est-ce qu'il y a un recours de celui qui se fait attaquer physiquement par rapport aux établissements qui ont perdu ces données ? Je vois ce qui s'est passé avec les DGFIP. J'ai vu qu'il y
avait
une classe action des victimes qui ont perdu leurs données. Il y a eu des millions de personnes. Est-ce qu'on peut agir ? Est-ce qu'on peut, par la justice nous-mêmes, dire non, mais là, ce n
'est
pas possible, mes données ont été perdues par la DGFIP ou cette entreprise ? Est-ce qu'on peut attaquer ? Est-ce qu'il y a ce genre même d'actions qui se mettent en place
? Alors, pour avoir parlé avec des victimes, aussi bien des entreprises victimes de hack que des victimes de kidnapping,
eux
portent plainte, ils sont en
contact
avec la police, mais après, derrière, déjà, ils n'ont aucune nouvelle, ils se sont laissés dans le flou. Quand c
'est
les entreprises qui sont victimes de hack, elles doivent signaler à la CNIL. Souvent, elles ne le font pas parce qu'en fait, ça prend trop de temps que derrière, ou même porter plainte,
ils
ne le font pas parce que derrière, l'officier de police qui prend leur plainte leur demande ce que c'est qu'une adresse IP. Donc, en fait, ils ne peuvent pas vraiment faire tout ça. Les entreprises, elles se disent, on se défend de nous-mêmes. Les personnes victimes de kidnapping,
elles
disent, je déménage, je quitte la France, je change d'adresse. Quand on voit qu'on est dans une fuite de données, on déménage. Mais c'est vrai qu'il faudrait peut-être qu'il y ait une mise en danger de la vie d'autrui, de la part des entreprises dont les fuites ont permis de réaliser des kidnappings, des agressions. C
'est
-à
-dire
qu
'il y a
une question qui se pose. Peut-être aussi qu'une voie qui pourrait être intéressante,
c
'est de créer des exceptions fiscales pour que les gens puissent renforcer leur sécurité cyber. Et voilà, peut-être trouver un peu des fenêtres de financement comme ça parce qu'il y a un gros gap à financer dans la sécurité cyber. et il faut trouver l'argent pour ça. Donc peut-être qu'au niveau de la légion fiscale, ça pourrait être une voie aussi. C'est ce que m'a dit une personne de l'écosystème.
Ça m'emmène à notre autre thème de cette émission, l'adoption par les particuliers. Vous, Delphine Vincent, vous travaillez avec les particuliers pour les acculturer à la crypto, à l'investissement en général. Vous travaillez avec les femmes. Élodie, vous travaillez sur les entreprises, comment elles peuvent se servir de la crypto dans leur trésor, les utiliser de toutes ces façons. Est-ce que ces situations-là, d'après vous deux, freinent l'adoption, finalement constituent des contraintes chez les personnes que vous accompagnez ? Delphine ?
Alors
avant, elles le découvraient une fois qu'elles étaient introduites dans le milieu crypto. Donc comme elles sont en dehors du milieu crypto, elles ne sont pas averties des phénomènes liés à la crypto. Là ça y est, on sort du cadre, ça devient vraiment de l'actu. donc on en parle dès le début
et
de toute façon, il y a un gros volet maintenant qui porte sur la cybersécurité, sur l'hygiène numérique parce qu'on est obligé de le mettre en place quand on est dans la crypto et particulièrement si on va vers l'autoconservation. Chose vers quoi on tend aussi de plus en plus, même si justement au contraire, on développe, tu en parleras, les stable coins en banque, c'est très intéressant pour aller dans le monde réel et je trouve que justement là, les questions qui reviennent au niveau de l'adoption, c'est mais que faire avec mes cryptos ?
Justement, c'est un peu nouveau parce qu'avant c'était plus vraiment pour de l'investissement et de la réserve et de la plus-value et là c'est maintenant mais ok, mais à quoi ça sert
?
Et donc évidemment qu'on va être obligé de travailler sur la sécurité, sur les objets, sur comment faire en sorte que son adresse n'apparaisse pas forcément.
Voilà, on essaye au fond, c'est le principe aussi de base et on essaye de rester le plus invisible possible tant que faire se peut et on espère aussi que les institutions vont arriver à ce niveau de fluidité où finalement on va arrêter de traquer et on va rendre plus fluide la conversion crypto-euro par exemple pour revenir dans l'écosystème, dans la finance traditionnelle sans friction et tant que ça n'arrive pas, tant qu'on ne peut pas fluidifier ces introductions-là, et bien en fait, on est obligé de développer soi-même des méthodes de sécurité et bien sûr de responsabilisation.
On l'a entendu, c'était la DGFIP qui disait « Désolée,
vos
données ont disparu, sont dans la nature, faites attention ! » C'est pas possible d'entendre ça. On n
'a
pas fait attention, du coup faites attention parce que c'est trop tard. Faites attention à vous. Marc
-Antoine. Et toujours, quand il y a des hacks, quand
il
y
a
des fuites de données, souvent, toujours, la culpabilité est remise sur la victime de l'arnaque, en disant « Ah, vous n'avez pas été vigilant, en fait, vous voyez, il y avait une lettre qui n'était pas un i, mais un l minuscule, donc en fait, vous vous êtes fait avoir, c'est votre faute. » Il n'y
a
aucune reconnaissance de la part des administrations ou des gens qui ont perdu les données. Mais même de la police, parce que récemment, j'ai écouté d'ailleurs sur le plateau de BFM National qui interviewait un policier qui disait «
Mais
c'est la faute, parce que ce sont des influenceurs, ils parlent de leur adresse, ils donnent leur adresse volontairement à des gens qu'ils viennent voir
donner leur adresse à une entreprise à qui ils ont fait confiance.
» Au début, c'était vraiment ça qui était poussé comme argument, comme quoi c'était les influenceurs qui étaient attaqués parce qu'ils avaient montré leur solde sur les réseaux sociaux, donc c'était un peu bien fait pour eux. On se rend compte que c'est des personnes qui ont simplement déclaré leur gain à la DGFIP, donc qui ont fait leur devoir de citoyen, qui au final se font attaquer parce qu'ils ont respecté les règles. Bon, parlons d'adoption de
façon générale.
On ne
va
pas parler de sujets positifs. La récupération, vous parliez, vous commenciez à en parler Delphine,
de
la récupération du secteur par les banques. On peut dire que depuis cet été, la disparition d'un certain nombre d'acteurs fait que le secteur s'est reconcentré sur les très gros acteurs de la finance, même s'il y a des purplayers qui sont encore là. Mais voilà, c'est quand même les banques ont récupéré. C'est une bonne nouvelle justement pour assurer la sécurité, la cybersécurité. Non, pour vous, ce n
'est
pas une bonne nouvelle ?
Non, je vous donne
un
parcours tout simple que j'avais beaucoup travaillé en début d'année 2026 qui était de passer par la rampe de paiement Revolut Pay, par exemple. Voilà. Vous
considérez
que Revolut est
une banque ? Ah oui,
oui. Maintenant,
c'est une banque.
Ils
vont avoir leurs propres stable coins. Et puis, c'était surtout une rampe de paiement pour aller dans la crypto en trois secondes et demie. On
ne s'est pas
justement laissé un KYC. On a son compte bancaire Revolut et on utilise Revolut comme rampe de paiement et on n'a pas besoin de s'authentifier de ce KYC sur des protocoles cryptos. Donc, c'était ça l'intérêt. Sauf que ça,
c
'était en janvier et puis en mars-avril avec le DAC8 qui est passé. Alors là, maintenant, il faut laisser son IF, son numéro d'identification fiscale. Il faut remplir tout un tas d'informations et alors au moment même où j'ai dit bon, de toute façon, on ne
va
pas faire comme ça, on va trouver une autre solution
et
on a appris le hack de Revolut. Alors là, j'étais quand même super étonnée. J'avoue que Revolut se fasse hacker, là quand même, j'étais étonnée mais je me suis dit ben voilà, encore une fois, en fait, eux-mêmes devraient être partisans d'éliminer la friction qu'il y a. Alors évidemment, derrière, c'est le millefeuille réglementaire de l'UE. L'UE est fautif aussi. Évidemment, c'est vraiment un enchevêtrement de poupées russes.
mais c'est vrai qu'ils devraient être les premiers à fluidifier, à faire en sorte que de l'euro, on puisse immédiatement passer à un stable coin mais qu'il soit un stable coin d'euro, d'euro déjà d'une part et aussi réutilisable en DeFi, pas juste utilisable dans le cadre du compte bancaire.
Elodie, on l'a dit, les cryptos appartiennent beaucoup aux banques. Effectivement, le développement des stable coins d'euro, est-ce que c'est intéressant malgré tout en termes de services pour les entreprises ? Est-ce que ça, c'est quand même une porte qu'ils regardent et sur laquelle ils commencent à finalement se dire que ça va être plus efficace et que c'est quand même peut-être intéressant pour leur trésor ?
En tout cas, le stable coin euro, je trouve, a un grand intérêt pour les entreprises qui font de l'export. C'est vrai qu'on a noté une accélération ces derniers temps et quand il est présenté, on met en avant plutôt les usages dans le système financier donc pour les transferts entre banques ou alors pour la finance décentralisée. Mais par contre, l'usage pour l'export, je trouve que c'est celui qui est le plus sous-estimé. Or, il y a vraiment un intérêt donc pour l'expliquer, on prend une entreprise mettons dans les Yvelines qui vend des machines hors zone euro.
Aujourd
'hui, si elle veut utiliser la vitesse et la flexibilité de la blockchain, elle est obligée d'aller en stablecoin dollar et ce faisant, elle perd une partie de l'intérêt parce que de son client, il va convertir la monnaie locale en dollar et l'entreprise, elle va convertir les stablecoins dollar en euro. Donc, double taux de change et ensuite, on rajoute la marge sur le taux de change donc au final, on gagne en rapidité, en efficacité opérationnelle mais on perd en fait sur les frais parce que la marge de change a tout prix.
Avec les stablecoins euro, la même entreprise dans les Yvelines, elle peut demander à son client de la payer directement en stablecoin qui est dans sa devise locale et elle peut garder ses stablecoins si elle est dans un écosystème bancaire. Donc ça, ça a vraiment un intérêt dans la vie réelle et c'est un cas d'usage d'adoption que je trouve très pertinent. Revolut, justement, a sorti
son stablecoin euro. Revolut,
ils avaient tout compris, c'est super bien, ils ont même sorti leur stablecoin dans Livre Sterling, j'ai vu. Tout à fait.
Je reparle des freins pour les particuliers du coup parce que j'en ai oublié un et j'avais promis de passer le message si c'était possible, c'est le gel des
fonds.
Voilà, parce que même Revolut gèle les fonds en fait, qu'on soit en rampe en entrant ou même en sortant et c'est pareil avec les banques traditionnelles et même Revolut fait ça. Donc, plus de 500 euros, alors moi, j'imaginais que 1000 euros, ça passait encore parce que, voilà, les déplacements de fonds, plus de 1000 euros, là, ça commence à être traqué. Mais même à 500 euros, vous avez vos fonds qui sont gelés. Donc, après, vous partez sur des services clients robotisés, externalisés où vous devez faire les selfies, les petits messages écrits. Enfin, c'est insupportable.
c
'est devenu l'enfer
réglementaire. C'est une demi
-journée entière pour rentrer dans la crypto. Je ne
sais
pas si vous imaginez comment on décourage. Alors, on décourage à l'entrée, on est découragé à la sortie avec les événements, franchement, ou même de détenir, tout simplement. Est-ce que c'est trop de dire qu'il
y a
une volonté derrière, que ce n
'est
pas juste du laxisme et qu'il n
'y a
pas une envie de dire aux gens « Non, mais n'y allez pas, en fait. Vous voyez, c'est trop dangereux, c'est trop enquiquinant. » Ou
alors rester sur les pure players, justement, j'allais dire peut-être les entreprises qui étaient là au départ ou qui se sont créées ces dernières années qui ne sont pas des banques. Il y en a qui ont passé la barre Mika. Et voilà, c'est peut-être rester dans la philosophie du livre blanc du Bitcoin d'il y a quelques années et se dire « C'est celle-là qu'il faut prendre, Elodie. »
Surtout que ces entreprises-là, on leur demande tellement de choses au niveau cyber qu'elles ont développé une grande résistance à tout ça. Ça leur a coûté très
cher. Parce qu'en
plus de Mika, on leur demande aussi d'aura, donc tout ce qui est acte au niveau de la résilience opérationnelle. Donc, elles ont une montagne à franchir d'un point de vue réglementaire, résilience et gestion des données. Donc, finalement, elles peuvent s'avérer être beaucoup plus résilientes en fait que des acteurs qui n
'ont
pas l'habitude de gérer tout ça.
Restez dans la philosophie crypto, on n'arrête pas de vous le dire. Il faut résister, il faut essayer. Marc-Antoine voulait dire quelque chose. Oui,
je voulais parler, on évoquait le cas de Mika, les entreprises des pure players. Et justement, on a eu Binance qui s'est fait refuser le Mika sur la ligne d'arrivée. Sous la
pression
éventuellement peut-être
de la BCE.
de Francfort. Et donc, ça rejoint un peu ce qu
'on
disait, c'est-à-dire qu'il
y a
des entreprises du secteur, on ne veut pas vraiment qu'elles aient... Enfin, ce n
'est
pas vraiment qu'on veut décourager les gens d'aller sur la crypto, mais on veut les décourager d'aller sur des entreprises qui ne sont pas les grandes banques, les grands acteurs de l'écosystème classique de la finance. Et quand on parlait aussi de Mika qui force les boîtes à être très carrées sur les questions de sécurité, dans le cadre évolute, il me semble que c'est une administration, c'est la police italienne qui s'est fait hacker. Et ensuite, via cette police, ils ont envoyé des messages faisant passer pour les autorités. Et c'est comme ça qu'ils ont eu les infos.
Et
c'est quelque chose qui revient, encore une fois, avec la DGFI pour avoir parlé avec des CTO de grosses sasses qui gèrent les sites d'entreprises privées et d'assauts d'entreprises publiques. Et en fait, c'est souvent les entreprises publiques qui sont le plus à la ramasse en termes de cybersécurité et qui, si vous voulez, l'État fait passer des lois avec des exigences extrêmement élevées que lui-même ne respecte pas, qu'il n'est pas en mesure ou qu'il ignore tout simplement.
Oui, mais il nous dit de faire attention et ça, c'est le plus important. Pour terminer,
est
-ce que du coup, ça veut dire que notre secteur est en danger ? Est-ce que l'adoption va s'arrêter là, va stagner ? D'après vous, mesdames, il nous reste deux minutes pour en parler. Élodie, qu'est-ce que vous en pensez ?
Pour moi,
en
tout cas, d'un point de vue entreprise, je trouve que l'adoption, elle a à peine commencé et les entreprises, elles vivent des douleurs au quotidien. Donc, l'exemple que je voquais tout à l'heure, elles ont des problèmes au niveau des transactions internationales, notamment, que des stable coins typiquement résolvent. Donc, elles ont un besoin qui existe. Aujourd'hui, ce qui fait peur ou ce qui manque, ce n
'est
même pas les attaques ou autres, c'est qu'il y a un gros manque d'informations. Aujourd'hui, il y a des dirigeants qui ne savent même pas qu'un stable coin existe. Pour ceux qui le savent, ils savent encore moins que ça peut résoudre des problèmes qu'ils vivent au quotidien. Donc, il
y
a ce manque d'informations qui est là et comment passer à l'action. Et à la fin, se rajoute le problème de la sécurité. Mais pour une entreprise qui opère sur des transactions, le problème, elles sont moins visibles en fait par les hackers sauf fuite de données, etc. Mais un commerçant qui doit afficher une vitrophanie devant son enseigne pour indiquer qu'il accepte les paiements en bitcoin, ça clairement, ça décourage l'adoption. Oui, effectivement. Tout petit mot de fin, Delphine.
Oui, alors je trouve que justement le travail d'Elodie est essentiel parce que plus il y aura de cas d'usage dans le monde réel et la demande, elle est là maintenant vraiment, c'est qu'est-ce que je fais avec mes cryptos. Donc, on farfouille,
on
va sur BTC Map, on cherche, voilà. Et savoir qu'il y a par exemple des compagnies aériennes ou des grands tours opérateurs, je parle du tourisme parce que souvent les personnes veulent voyager grâce à leurs cryptos, et bien savoir vous avez Corsair qui prend les paiements en crypto, mais vraiment, ça développe l'adoption aussi bien côté particulier du coup que PME et ETI et c'est intéressant et c'est ça, il faut vraiment aller vers ça que les entreprises aussi acceptent les paiements en crypto. Une fois encore, il faut adapter aussi la fiscalité
parce que c
'est des sorties. Un achat, c
'est une sortie. Donc on fera une autre émission pour parler d'adoption et fiscalité qui empêche quoi ? Bref, merci à tous les trois d'être venus dans cette émission le club BFM Crypto Delphine Vincent fondatrice de la crypte et l'eau du liuée fondatrice de Effet 21 Conseil. Je me suis trompée non sur le reste ?
Oui, j'ai oublié quelque chose ? C'est bien ça.
Marc-Antoine Campoletti journaliste chez Cryptos, merci à tous les trois d'être venus dans cette émission à retrouver sur notre appli, notre site, nos réseaux sociaux. Évidemment, c'est tous les vendredis l'émission à 15h. Très bonne journée sur BFM Business. BFM Business, BFM Crypto, le club.