Stéphanie Rist, engagée à l'hôpital
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir rejoint En Marche en 2017 alors que vous pensiez ne pas être retenue ?
- 0:48RelanceRéponse directe
Votre image de la politique était-elle si négative pour penser cela ?
- 1:04OuverteRéponse directe
L'idée d'être engagée dans un parti n'était pas votre truc ?
- 1:16OuverteRéponse directe
Vous avez remporté les législatives de 2017 largement. Pourquoi cette confiance ?
- 1:30OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui fait que vous allez être une bonne députée malgré votre manque d'expérience politique ?
- 1:56OuverteRéponse directe
Votre mandat est-il la suite logique de votre engagement de médecin ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41Invité politiqueFait
« Je croyais que les cases, les dés étaient jetés à l'avance. Je pensais que les postes étaient déjà pourvus. »
- 0:56Invité politiqueFait
« Oui, j'avais une image en tout cas que c'était réservé à certains. »
- 2:04Invité politiqueFait
« Depuis plusieurs années, je travaillais à l'intérieur de l'hôpital pour améliorer l'accès aux soins de mon territoire. »
- 2:32Invité politiqueFait
« C'est vraiment le sens premier de mon engagement. C'est vraiment pour améliorer la vie des gens sur la partie accès aux soins. »
- 3:36Invité politiqueFait
« Et ça m'a surpris d'ailleurs en arrivant la quantité de travail que font tous les députés, quelle que soit leur appartenance politique. »
- 4:02PrésentateurChiffre
« Vous êtes même à l'origine de deux lois, deux lois que vous avez déposées, qui ont été votées sur ce sujet. »
- 6:01Invité politiqueFait
« Je crois qu'il faut remettre dans le contexte d'une réforme compliquée qui nécessitait beaucoup de travail avant et aussi une fatigue assez importante. »
- 6:58Invité politiqueFait
« Oui, j'ai des parents qui ont tout mis. On est deux filles et qui ont mis les études comme quelque chose de très important et d'émancipateur. »
- 7:10Invité politiqueFait
« Eux-mêmes n'ont pas eu le bac. »
- 7:46Invité politiqueFait
« On regardait l'heure de vérité avec mon père. Et on préparait vraiment l'émission. Et on débattait sur les sujets. »
- 9:19PrésentateurFait
« Vous avez fait voter des mesures très concrètes pour la santé. Par exemple, le plafonnement des salaires des médecins intérimaires à l'hôpital. »
- 9:33Invité politiqueFait
« La bonne raison, c'est à mon avis qu'il faut emmener tous les acteurs. Et quand vous touchez à un sujet en politique, en fait, tout se tient, tout est engrainé. »
- 10:30PrésentateurFait
« Est-ce que ce n'est pas blessant de se battre pour améliorer l'accès aux soins et d'être accusé par une partie de la profession d'être une traître ? »
- 11:26Invité politiqueFait
« Oui, il y avait un rassemblement avec cette affiche dans ma ville. Et ma fille et ses copines ne sont passées pas loin en voyant ça. »
Temps de parole
- Stéphanie Rist56 %
- Présentateur36 %
- Intervenant4 %
- Auditeur3 %
≈ 3,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Elle aurait pu rester médecin à l'hôpital d'Orléans, d'autant qu'elle s'est toujours méfiée des partis politiques. Mais pour mener à bien la mission qu'elle s'est fixée, elle a fini par s'engager en 2017 sous les couleurs d'En Marche. Bonjour Stéphanie Riste. Bonjour. Alors vous siégez aujourd'hui au sein du groupe Renaissance, mais quand vous avez envoyé votre CV à En Marche en 2017, vous étiez persuadée que vous ne seriez pas retenue. Pourquoi ?
Oui, je croyais que les cases, les dés étaient jetés à l'avance. Je pensais que les postes étaient déjà pourvus.
C'est-à-dire que vous aviez une image de la politique qui n'était quand même pas formidable pour penser ça ?
Oui, j'avais une image en tout cas que c'était réservé à certains. Soit parce qu'ils étaient engagés depuis très tôt dans des partis politiques, ou soit parce qu'ils avaient fait des études pour ça.
Et l'idée d'être engagée dans un parti, ce n'était pas vraiment votre truc ?
Non, je n'étais pas engagée dans un parti, même si la chose politique et la politique en général, les débats, m'intéressaient déjà.
Alors à l'époque, vous étiez donc médecin à l'hôpital d'Orléans. Vous n'aviez jamais fait de politique, mais vous l'avez emporté assez largement finalement aux législatives de 2017. Et le lendemain de votre élection, vous vous êtes montrée plutôt confiante. On va revoir les images.
Vous êtes novice, votre expérience, vous ne l'avez pas encore. Qu'est-ce qui fait que vous allez être une bonne députée ? J'ai un engagement qui est ancien, un engagement à l'intérieur de l'hôpital, en milieu associatif. Et cet engagement, il se poursuit. Et pour moi, c'est une continuité sur mon parcours. Et certes, je n'ai pas d'expérience politique pure, mais j'ai une expérience de l'écoute, du partage, de l'échange et de faire avancer les sujets.
C'est assez surprenant. Donc, vous considérez que votre mandat de députée, c'est un peu la suite logique de votre engagement de médecin. Pourquoi ?
Oui, c'était assez cohérent parce que depuis plusieurs années, je travaillais à l'intérieur de l'hôpital pour améliorer l'accès aux soins de mon territoire. En difficulté, en raison du nombre de médecins depuis de nombreuses années. Et j'étais arrivée au bout de ce que je pouvais faire à mon échelle, à l'intérieur, en tant que médecin. Et donc, j'avais envie de m'engager pour améliorer l'accès aux soins.
Donc, c'était déjà l'objectif que vous étiez fixé en présentant votre candidature ?
Oui, c'est vraiment le sens premier de mon engagement. C'est vraiment pour améliorer la vie des gens sur la partie accès aux soins, puisque c'est là où j'ai le domaine de compétences.
On va en parler plus en longueur dans un instant. Mais d'abord, sur le papier, médecine et politique, ça semble très éloigné. Vous voyez quand même des points communs entre les deux ?
Ah oui, beaucoup. En fait, j'avais peur que la médecine me manque en arrêtant, même si je fais encore une demi-journée. Mais j'avais peur, en fait, dans la politique, que vous continuez à écouter les gens et à essayer d'améliorer leur vie. Soit localement, quand ils viennent vous voir à la permanence parce qu'ils ont des problèmes, donc vous essayez de les aider. Soit même nationalement et dans les lois qu'on peut porter ou voter, on essaye d'améliorer la vie des gens.
Donc il y a une partie diagnostique et une partie soins en politique ?
Il y a une partie diagnostique et une grosse partie écoute. Il y a une partie, je crois qu'il faut aimer les gens si on veut faire de la politique. Sinon, ça ne marche pas, à mon avis.
Et qu'est-ce qui est le plus facile d'entre les deux ?
Entre la médecine et la politique, je crois que la politique, c'est énormément de travail. Et ça m'a surpris d'ailleurs en arrivant la quantité de travail que font tous les députés, quelle que soit leur appartenance politique. Il y a beaucoup d'engagement et de travail. La médecine aussi, bien évidemment. J'ai beaucoup travaillé pendant mes études, on travaille beaucoup. Mais en politique, peut-être encore plus.
Quand on regarde le bilan de votre action depuis 2017, presque toutes vos initiatives sont tournées vers cet objectif que vous avez évoqué, améliorer l'accès aux soins. Vous êtes même à l'origine de deux lois, deux lois que vous avez déposées, qui ont été votées sur ce sujet. Ça donne un peu l'impression que vous êtes une députée en mission. Vous vous retrouvez là-dedans, dans cette formule ?
En tout cas, je sais pourquoi je suis là et je sais pourquoi je suis engagée. Et en même temps, chacun doit apporter sur les sujets dans le cadre de ses compétences aussi, dans ce qu'il a déjà vécu, ses expériences. Et donc voilà, moi c'est la santé, donc je m'engage sur la santé et je travaille beaucoup pour essayer d'améliorer les choses.
Mais est-ce que ça veut dire que vous ne vous intéressez pas ou peu au reste, que ce n'est pas votre truc ?
Alors non, et ça c'est venu progressivement. C'est-à-dire que quand je suis arrivée, je n'étais pas dans la commission des affaires sociales, j'étais dans la commission affaires culturelles, éducation et sport. Donc je me suis tout de suite intéressée à d'autres sujets finalement, même si une partie de moi rapportait très souvent au sujet santé. Mais non, donc c'est bien sûr sur tous les textes, parce que la vie des gens, quand ils viennent nous voir à la permanence, ce n'est pas que des problèmes de santé, mais ma spécificité, elle est sur la santé.
Elle est sur la santé. Pendant le débat sur la réforme des retraites, vous vous êtes retrouvé en première ligne parce que vous avez été rapporteur de ce projet de loi. On vous a vu répondre aux différentes attaques des oppositions sur un registre purement politique, sauf une fois, c'était en réponse au député Rassemblement National, Thomas Ménager. On va revoir les images là aussi.
Mon père a travaillé toute sa vie sur les toits, il est couvreur. Mon père a 58 ans, aujourd'hui, chaque soir à les genoux qui doublent de volume, chaque matin est incapable de se lever parce qu'il est cassé. Venez sur le terrain et vous comprendrez que pour une partie des Français, il est impossible d'aller jusqu'à 64 ans. Monsieur Ménager, mon père à moi, il tenait un bistrot, il se levait tous les matins à 5h du mat', il bossait 7 jours sur 7. Personne ici a un monopole du papa qui a souffert dans sa vie.
C'est assez rare que les députés parlent d'eux-mêmes de leur histoire privée, de leur vie familiale, on peut dire. Pourquoi vous avez fait ça ce jour-là ?
Oui, je crois qu'il faut remettre dans le contexte d'une réforme compliquée qui nécessitait beaucoup de travail avant et aussi une fatigue assez importante. Et je crois que dans ces moments-là, finalement, on retire un peu les barrières et c'était une attaque. Vous avez eu besoin de répondre sur ce registre. C'était une violence aussi vraiment importante au banc dans cette réforme des retraites avec des propos très virulents de plusieurs bords. Et en fait, je trouve que l'argument était personnel et qu'il fallait répondre par du personnel. En fait, c'est sorti tout seul. Je ne sais pas s'il y a froid, reposé, j'aurais eu les mêmes arguments. Je ne crois pas.
Alors, vous avez été élevé, éduqué dans un milieu plutôt modeste, on l'a compris. En choisissant de faire medicine, vous avez donc fait les études les plus longues qui existent en France. Et vous dites que c'était une forme de revanche pour vous. Une revanche sur quoi ?
Oui, j'ai des parents qui ont tout mis. On est deux filles et qui ont mis les études comme quelque chose de très important et d'émancipateur.
Parce qu'eux-mêmes n'ont pas fait d'études.
Eux-mêmes n'ont pas eu le bac. Et voilà, mais on n'en est pas triste dans la famille. Moi, j'ai une grande fierté. Je suis très fière de mes parents. Mais n'empêche que la notion de faire des études et d'avoir cette chance de pouvoir étudier était vraiment rabâchée presque tous les jours. Donc, avec ma soeur, on a fait effectivement chacune des études très longues. Et je pense que c'est peut-être, en revanche, par rapport à eux qui n'avaient pas pu faire d'études.
Donc, vous avez choisi médecine. Et pourtant, la politique vous a passionnée très jeune. Dès l'âge de 7 ans, vous regardiez l'heure de vérité. Quand la plupart des enfants regardaient plutôt le club Dorothée.
On regardait l'heure de vérité avec mon père. Et on préparait vraiment l'émission. Et on débattait sur les sujets. J'essayais d'avoir un avis. C'était cette idée du débat qui vous intéressait ? Oui, c'était vraiment se positionner par rapport à avoir un avis sur les choses qui nous entourent. C'est pour ça que le sujet en politique, pour moi, n'est pas que la santé. Mais tous les sujets m'intéressent pour essayer de me construire un avis et le porter et essayer de convaincre.
C'est peut-être pour ça qu'au sein de l'hôpital, vous êtes un peu sorti du cadre purement médical, comme vous l'expliquiez à un moment. À 41 ans, vous avez repris vos études. Vous avez fait un master à Sciences Po. Là aussi, c'était une façon aussi peut-être de vous rapprocher de l'engagement politique. Mais je me suis dit que le déclic, il avait peut-être eu lieu un peu avant quand je suis tombé sur cette déclaration de vous. Plus je regardais la chaîne parlementaire, plus j'avais envie d'y aller. Oui, c'est-à-dire que vous ne seriez peut-être pas à l'Assemblée sans LCP.
Alors, je ne sais pas. Mais en tout cas, je regardais les questions de gouvernement, mais je regardais aussi les séances la nuit. Et je me disais, ils ne sont pas très nombreux. Moi, si j'y étais, j'y serais tout le temps sur les sièges.
Et depuis, vous avez un peu changé votre façon de voir les choses ?
Eh bien depuis, on comprend pourquoi tous les sièges ne sont pas forcément remplis à longueur de temps. Parce qu'il y a du travail en commission, parce qu'il y a des réunions, parce que...
Est-ce qu'il y a aussi la présence en circonscription ?
C'est des choses qu'on ne sait pas forcément quand on regarde la télé.
Alors, il y a peu de députés qui ont réussi à donner leur nom à deux lois différentes en aussi peu de temps. Vous avez fait voter des mesures très concrètes pour la santé. Par exemple, le plafonnement des salaires des médecins intérimaires à l'hôpital. Et pourtant, vous dites avoir été surprise par la difficulté à faire bouger les choses en politique. Comment vous expliquez cette forme d'inertie qui peut exister ?
Alors, elle s'explique d'une part pour une bonne raison et une moins bonne. La bonne raison, c'est à mon avis qu'il faut emmener tous les acteurs. Et quand vous touchez à un sujet en politique, en fait, tout se tient, tout est engrainé. Ça touche les finances, ça touche d'autres secteurs. Donc, vous avez tous ces gens-là à essayer d'emmener vers une transformation, une politique qui change. Donc, c'est normal que ça prenne un peu de temps. Et puis, il y a aussi une lourdeur administrative aux changements, culturel aussi. Et parfois, on aimerait que ça aille beaucoup plus vite. Mais c'est aussi notre boulot de député d'essayer de faire accélérer et bouger les lignes.
Et donc, la résistance aux changements, en ce qui vous concerne, elle est venue en grande partie de vos propres collègues médecins qui n'ont pas franchement été tendres avec vous. Est-ce que ce n'est pas blessant de se battre pour améliorer l'accès aux soins et d'être accusé par une partie de la profession d'être une traître ?
Alors, c'est difficile au début parce qu'en plus, quand on est médecin, les gens vous aiment bien. Généralement, quand je fais ma consultation le lundi matin, les gens m'aiment bien. C'est plutôt sympathique. Quand vous arrivez en politique, vous comprenez qu'il y a des gens qui ne sont pas d'accord avec vous et certains qui ont une certaine violence. Et là, sur les lois que j'ai portées, c'est vrai que ce sont des lois qui changent la culture, qui bousculent. Ça a été peut-être un peu rapide. Il y a eu aussi des fausses informations qui circulent. Enfin, tout ce qu'on retrouve dès qu'on veut transformer et faire avancer un peu plus vite. Effectivement, il y a des propos très violents.
Encore une fois, quand on s'attaque au député lui-même, on s'y attend. Quand on va faire en politique, le premier truc qu'on vous dit, c'est que ça va être dur. Mais quand ça touche la famille, par exemple, là, c'est vraiment plus difficile.
Dans les manifestations de médecins libéraux, il y a eu parfois la pancarte « Riste, tu » et vous expliquez que votre fille est tombée face à cet affichage-là dans la rue.
Oui, il y avait un rassemblement avec cette affiche dans ma ville. Et ma fille et ses copines ne sont passées pas loin en voyant ça. C'est sûr que pour elle, ce n'était pas évident. Mais en même temps, maintenant, elle commence à être un peu habituée. Ça leur fait aussi se rendre compte de l'engagement, de ce que ça peut être. Même s'il ne faut pas cautionner cette violence et cette personnalisation. Parce que quand vous faites une loi, certes, la loi porte mon nom. J'étais à l'initiative, j'ai beaucoup travaillé là-dessus. Mais on est aussi une majorité, puisque c'est des lois qui ont été votées par presque l'ensemble de l'Assemblée.
On va passer à notre quiz à présent. Je vous explique le principe. Je vais vous proposer un début de phrase et ça va être à vous de le compléter. On y va. En devenant député, j'ai découvert que...
Qu'il fallait beaucoup travailler pour faire bouger les lignes.
C'est un peu ce que vous évoquiez tout à l'heure. Depuis que je suis élue, ma famille me dit souvent... On continue. On continue, d'accord. Malgré toutes ces attaques, malgré leur propre exposition, parfois...
Oui, j'ai posé la question pour savoir si je retournais à l'élection pour un deuxième mandat. Et ça a été unanime.
Enfin, pour être ministre de la Santé, il faut...
Il faut le vouloir. En tout cas, pour ma part, ce n'est pas ce qui me fait me lever le matin. Moi, ce qui me fait me lever le matin, c'est améliorer les choses. S'il faut passer par cette case, pourquoi pas, mais...
Parce que votre nom a circulé plusieurs fois lors des remaniements.
Oui, il y a toujours des noms. C'est normal. Je m'occupe des sujets à santé. Moi, je ne cherche pas un poste en particulier. Je cherche à avancer les sujets. Mais parfois, ça passe par des postes. C'est vrai.
Et bien, on verra pour la suite. Merci beaucoup, Stéphane Iris, d'avoir été l'invité de La Politique et moi.
Merci beaucoup. Merci beaucoup.
Stéphanie Rist