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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 1 juillet 2025 14 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesTravail & emploiRetraites

Jean-Philippe Tanguy : "Les socialistes essaient de se racheter une conscience !" (France 5)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:08OuverteRéponse directe

    Pourquoi ce vote qui a surpris une bonne partie des élus de l'Assemblée Nationale ?

  • 1:01RelanceRéponse directe

    Vous joignez vos votes pour apprendre les bonnes manières à ceux auxquels vous joignez vos votes.

  • 1:33OuverteRéponse directe

    Pourquoi Philippe Ballard, qui était votre orateur, n'a pas dit ce que vous venez de dire dans l'hémicycle ?

  • 1:55OuverteRéponse directe

    Ils seront peut-être davantage déroutés par votre vote demain, qui n'ira pas en faveur de la censure du gouvernement Bayrou.

  • 2:55OuverteRéponse directe

    Mais sur ce texte-là, vous vous en pensiez quoi ?

  • 3:56OuverteRéponse directe

    Mais pourquoi ne pas l'avoir dit dès le départ, en fait ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:24Invité politiqueFait
    « Écoutez, pour une réseau qui n'est pas du tout celle de la gauche, c'est qu'une fois de plus on avait un mur d'amendements et de sous-amendements de la gauche qui visait à faire obstruction »
  • 0:53Invité politiqueFait
    « Et donc, comme sur la loi du plomb, nous avons choisi de le renvoyer au Sénat pour apprendre les bonnes manières à la gauche. »
  • 4:39Invité politiqueFait
    « Cette campagne avait été faite pour mettre fin à la smicardisation, en tout cas limiter les bas salaires en France et relancer le pouvoir d'achat des salariés. »
  • 4:47Invité politiqueChiffre
    « Il y a un rapport qui était sur son bureau et celui de Mme Bornavant depuis un an. Ils n'ont rien fait. Et pire, ils ont piqué 4 milliards de cotisations pour les mettre dans les caisses de l'État au lieu de les rendre aux salariés. »
  • 6:31Invité politiqueChiffre
    « Ça a permis de réindexer les retraites, 6 milliards d'euros pour les retraités de base de la sécurité sociale, 4 milliards d'euros de moins de taxes sur l'électricité et le non-déremboursement des médicaments. »
  • 7:00Invité politiqueChiffre
    « avec la transposition d'une directive européenne dite ETS2, les crédits carbone qui prévoient 15 centimes de hausse de taxes sur le carburant, l'essence et le gasoil. »
  • 10:01Invité politiqueChiffre
    « que l'année prochaine, nous allons devoir augmenter, et c'est officiel désormais, notre contribution à l'Union Européenne de 7 milliards d'euros, puis encore 3 milliards l'année prochaine, donc 10 milliards en deux ans »
  • 10:58Invité politiqueChiffre
    « Jordan Bardella a fait plus de 30%, deux fois plus que Mme Ayet, qui représentait les opinions de M. Macron. »

Temps de parole

  • Jean-Philippe Tanguy73 %
  • Présentateur12 %
  • Invité5 %
  • Invité 25 %
  • Invité 33 %
  • Invité 43 %

5,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonsoir Jean-Philippe Tanguy, député RN de la 4e circonscription de la Somme, président délégué du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale. Le RN qui a donc joint ses votes à la gauche pour rejeter le projet, le texte sur l'audiovisuel public voulu par Rachida Dati. Pourquoi ce vote qui a surpris une bonne partie des élus de l'Assemblée Nationale ?

0:24
Jean-Philippe Tanguy

Écoutez, pour une réseau qui n'est pas du tout celle de la gauche, c'est qu'une fois de plus on avait un mur d'amendements et de sous-amendements de la gauche qui visait à faire obstruction, qui allait gâter et empêcher tout débat de qualité pendant encore une semaine. Non, non, non, c'était prévu jusqu'à demain. Oui, donc de ne pas pouvoir finir le texte, excusez-moi, dans les temps, je viens d'arriver, je viens de débarquer de manière un peu, comment dire, imprévue. Voilà, je suis arrivé au dernier moment, je suis désolé, je suis encore un peu ailleurs. Donc le texte ne peut pas être débattu dans des conditions de qualité.

Et donc, comme sur la loi du plomb, nous avons choisi de le renvoyer au Sénat pour apprendre les bonnes manières à la gauche. C'est-à-dire que nous en avons assez...

1:01
Présentateur

Vous joignez vos votes pour apprendre les bonnes manières à ceux auxquels vous joignez vos votes.

1:03
Jean-Philippe Tanguy

Oui, on l'a fait sur la loi du plomb, on a joué nos voix au bloc central sur la loi du plomb. On n'est pas du tout d'accord, par exemple, en un panier renaché, sur sa vision de l'agriculture et de l'écologie punitive. Mais on ne veut plus que l'Assemblée nationale soit polluée par des murs d'amendements qui font que les textes, soit ne peuvent pas être étudiés, soit sont pourris, soit sont renvoyés à la cinglinglin. Parce que, par exemple, la loi sur la simplification, ça a mis des semaines, ça a mis des semaines parce que c'était entrecoupé. Donc ça nuit à la qualité du débat.

1:31
Présentateur

Là, en l'occurrence, ça le renvoie à la cinglinglin, les textes sur la réforme.

1:33
Invité

Mais pourquoi Philippe Ballard, qui était votre orateur, n'a pas dit ce que vous venez de dire dans l'hémicycle ? Parce que nous faisons parfois quelques surprises à nos adversaires.

1:42
Jean-Philippe Tanguy

C'est très déroutant, quand même. Oui, mais on est habitués à vous dérouter, monsieur Cohen. Non, non, ce n'est pas moi, c'est vos électeurs. Non, nos électeurs, je pense qu'ils ne vont pas être très déroutés par ce texte audiovisuel public, qui ne les intéresse pas beaucoup. Ça fait partie aussi des grands problèmes.

1:55
Invité

Ils seront peut-être davantage déroutés par votre vote demain, qui n'ira pas en faveur de la censure du gouvernement Bayrou. Parce que l'une des explications qui m'a été donnée par les députés que j'ai joints tout à l'heure, c'est que le RN ne voulait pas sauver deux fois la mise du gouvernement, demain pour le vote de censure, et aujourd'hui pour le vote du projet d'Hattie.

2:14
Jean-Philippe Tanguy

Non, parce que le projet va être envoyé au Sénat, donc de toute façon, le texte n'est pas mort. Il n'est pas mort ? Vous pensez vraiment qu'il a eu une chance ? Non, c'est un texte qui vient du Sénat, qui a été initié par le Sénat. Donc le Sénat continuera à faire vivre ce texte qui vient de lui, et il reviendra à l'Assemblée. Peut-être que la gauche va arrêter, une fois plus, de déposer ses murs d'amendements, qui font qu'on ne peut plus discuter de rien. D'ailleurs, ça fait le lien avec le sujet de demain. Je vous rappelle que c'est pour ça aussi qu'on n'a jamais pu voter sur la réforme des retraites. Il y a deux raisons.

Une raison, le 49-3 Mme Borne, mais la raison la plus importante, et les syndicats à l'époque, et vous le savez, l'avaient eux-mêmes condamnés, c'est que l'extrême-gauche avait mis tellement d'amendements sur la loi qu'on n'a jamais pu arriver à l'article sur l'âge de départ à la retraite.

2:55
Présentateur

Mais sur ce texte-là, vous vous en pensiez quoi ?

2:58
Jean-Philippe Tanguy

Comment ? Oui, sur ce texte-là, vous...

3:00
Présentateur

Oui, quelle était votre opinion ? Vous vous en pensiez quoi exactement ?

3:05
Jean-Philippe Tanguy

Bon, écoutez, franchement, je pense qu'on est très très loin des préoccupations des Françaises et des Français. Mme Dati a ce combat-là. Bon, nous, pourquoi pas ? Ça permet de faire des économies. Mais je veux dire, on est vraiment très très loin des priorités des Français sur les salaires, sur la santé. On voit le retard d'équipement pour lutter contre la chaleur dans nos écoles qui doivent fermer, dans les hôpitaux où le personnel soignant souffre et où les patients suffoquent. Donc, voilà, je crois que c'est vraiment les problèmes qui intéressent les gens et que les problèmes de Mme Dati, bon...

3:32
Invité

Vous n'êtes vraiment pas alignés, hein, au Rassemblement National. Cet après-midi dans le Monde, Philippe Ballard dit « Oui, oui, on va voter le texte, on a quelques lignes rouges, il est là, les lignes rouges. » Et hier, j'ai dit, ces conditions, et puis là, vous vous dites « En fait, on n'a rien à faire. »

3:43
Jean-Philippe Tanguy

Mais c'est ce que je viens de vous dire, on n'est pas contre le texte, mais ce n'est pas la priorité des Français. Excusez-moi si vous croyez, moi j'ai fait deux meetings dans la Somme chez moi. J'ai fait un meeting à Doulange, j'ai fait un meeting à Île-Clocher. Je peux vous dire qu'on m'a parlé de tout, sauf du texte de Mme Dati. Et ça commence à faire beaucoup.

3:56
Présentateur

Mais pourquoi ne pas l'avoir dit dès le départ, en fait ? C'est juste ça qui nous interroge.

4:00
Jean-Philippe Tanguy

Mais nous, on pense qu'on l'a dit depuis le départ, que ce n'était pas la priorité des Français. Vous ne nous avez pas entendu demander ce débat sur cette holding. Ça crée une grève à quelques moments. Si ça se trouve, le Français ne va même pas pouvoir couvrir le Tour de France, qui est un moment très important pour les Français, y compris et notamment les classes populaires. Ça leur donne aussi un peu d'aperçu des vacances, de pouvoir suivre le Tour de France depuis chez eux. Donc est-ce que c'était le moment de le faire ? Je ne crois pas. Donc on a renvoyé au Sénat, on verra bien. Mais franchement, est-ce qu'on pourrait parler des priorités ?

Pas vous, mais est-ce que ce gouvernement pourrait se soucier des vraies priorités des Français ? Ce serait pas mal. Vous voyez, par exemple, il y a un an, on fête les un an de la campagne. Cette campagne avait été faite pour mettre fin à la smicardisation, en tout cas limiter les bas salaires en France et relancer le pouvoir d'achat des salariés. M. Attal promet 40 milliards pour les salaires ce matin. Que l'a-t-il fait depuis un an avec ses amis ? Il y a un rapport qui était sur son bureau et celui de Mme Bornavant depuis un an. Ils n'ont rien fait. Et pire, ils ont piqué 4 milliards de cotisations pour les mettre dans les caisses de l'État au lieu de les rendre aux salariés.

4:58
Présentateur

Vous ne voterez donc pas la censure déposée par le Parti Socialiste sur les retraites. Ça, c'est demain. François Bayrou qui compare cette motion de censure à une blague, c'est aussi votre avis ? C'est la raison pour laquelle vous ne la voterez pas ?

5:10
Jean-Philippe Tanguy

Non, je pense que c'est pas bien de la part de M. Bayrou de dire que c'est une blague parce qu'il faut prendre le Parlement au sérieux. Par contre, je pense que les socialistes... Oui, M. Cohen, je vous jure qu'il faut... Non, mais vous venez de dire que... Bon, pardon. Non, je vous en prie, continuez. Par contre, le fait que les socialistes essaient de se racheter une conscience de gauche pour pas cher avec François Hollande, qu'il faut bien dire qui vend un peu le morceau en disant que si cette motion de censure avait été votée par le RN et donc qu'elle aurait pu passer, il ne l'aurait pas voulu. Je pense que ça veut tout dire.

En même temps, faut-il rappeler que les socialistes, quand ils étaient au gouvernement, avaient augmenté avec la réforme touraine le nombre de trimestres nécessaires pour partir en retraite, ce qui était particulièrement dur pour les catégories populaires, il faut bien le dire, mais aussi pour les femmes qui ont déjà beaucoup de mal à avoir leur trimestre et à atteindre un âge pour partir avec des bonnes retraites.

5:54
Présentateur

Que dites-vous à vos électeurs qui veulent que vous appuyez là maintenant tout de suite sur le bouton de la censure sans attendre le débat sur le budget à l'automne ?

6:03
Jean-Philippe Tanguy

Mais on leur dit que le seul but de la censure, c'est de leur apporter quelque chose de concret. Si on votait la censure sur M. Bérou, il ne se passerait rien pour eux. Contrairement à ce qu'essaie de faire croire à une certaine gauche, la réforme des retraites ne serait pas changée. Les gens devraient toujours partir à 63 puis 64 ans avec toujours plus de trimestres avec la réforme touraine socialiste, donc il ne se passerait rien pour eux. Donc c'est très déceptif et moi je trouve ça dommage que la gauche vende un peu des rêves aux Françaises et aux Français. La réalité c'est que quand on avait censuré M. Barnier, c'était pour des choses concrètes.

Ça a permis de réindexer les retraites, 6 milliards d'euros pour les retraités de base de la sécurité sociale, 4 milliards d'euros de moins de taxes sur l'électricité et le non-déremboursement des médicaments. Ça c'était du concret par la censure. Donc nous, on pourra censurer M. Béroud si ça permet d'éviter le pire aux Français, voire d'espérer le meilleur. Enfin, il ne faut pas rêver.

Par exemple, on avait menacé de censure sur la programmation énergétique parce que cette programmation énergétique, si elle avait été publiée, aurait amené des surcoûts pour les Français, des surcoûts immédiats à l'année prochaine avec la transposition d'une directive européenne dite ETS2, les crédits carbone qui prévoient 15 centimes de hausse de taxes sur le carburant, l'essence et le gasoil. Ça, c'était du concret.

7:13
Présentateur

Si vous faites tomber le gouvernement cet automne, c'est avec l'espoir qu'Emmanuel Macron décide de dissoudre à nouveau ?

7:19
Jean-Philippe Tanguy

Oui, vous avez raison. C'est vrai qu'au cours de ce mois...

7:22
Présentateur

À partir du 8 juillet, ce sera un nouveau possible.

7:25
Jean-Philippe Tanguy

Vous avez raison. La dissolution redevient possible. Et donc, effectivement, une censure du budget, puisque censurer le budget, c'est aussi censurer la totalité du gouvernement, la politique menée par ce gouvernement, pourrait conduire, on l'espère, à une dissolution et donc à un autre projet pour les Françaises et les Français. Et rapidement, la présidentielle s'enclenchera.

7:48
Invité

En attendant cette éventuelle censure, François Bayrou vous a tendu la main hier. en annonçant qu'il mettrait en débat la proportionnelle. Ça, c'est une mesure que vous réclamez. Et ce, avant la fin de l'année ou début 2026. Il y a une majorité pour la proportionnelle à l'Assemblée nationale. Cette majorité-là, elle passe au sein du socle commun. Et donc, je présenterai ce texte après que nous aurons eu le travail budgétaire. Donc, début de l'année prochaine, 2026. Par exemple, oui. Vous aviez prévenu de l'âge. Ou à la fin de cette année. Voilà, donc le texte sur la proportionnelle qui vous tient à cœur pourra être discuté, mais seulement après le débat sur le budget.

Et vous, vous y voyez là une stratégie, une manœuvre ?

8:32
Jean-Philippe Tanguy

Ah oui, là, c'est une bonne grosse ficelle avant les vacances de M. Béroux, qui nous avait promis ça pour la rentrée. Même, on devait convoquer et on souhaitait l'Assemblée nationale pour une session extraordinaire sur la proportionnelle. Bien que là aussi, ce ne soit pas la priorité des gens, mais ça fait longtemps qu'on l'attend. Pas nous, une majorité français.

8:48
Invité

Vous iriez jusqu'à dire que c'est du chantage ?

8:50
Jean-Philippe Tanguy

Non, ce n'est pas du chantage, parce que j'ai écouté cette émission avec attention. Il ne l'a pas présenté comme du chantage. Il l'a présenté un peu comme une nécessité et un ordonnancement des priorités. Moi, je crois que la ficelle est un peu grosse. De croire que le Rassemblement national ne va pas le censurer sur quelque chose d'aussi important que le budget, surtout avec 40 milliards d'économies. Donc, c'est quand même très important. C'est un effort jamais fait. Donc, on va voir comment cet effort est fait. en échange de la proportionnelle. Je lui dis tout de suite, ça ne marchera pas.

9:11
Présentateur

En revanche, vous, vous allez fixer des lignes rouges en fonction desquelles vous censurerez plus ou moins facilement. Quelles sont ces lignes rouges ? Qu'est-ce que vous comptez négocier avec François Bayron en échange d'une non-censure ?

9:24
Jean-Philippe Tanguy

Il faudrait des réformes structurelles sur les économies et pas, une fois de plus, soit une année blanche. Une année blanche, ça consiste donc à n'indexer aucune politique sociale ou les salaires de l'État ou les retraites pendant un an. C'est le néant de la politique. C'est-à-dire, le politique n'a rien à dire, donc il gèle tout. Donc, c'est inacceptable. Ou des hausses d'impôts, évidemment, pour combler le tonneau, remplir le tonneau des Danaïdes. Tout ça, ce sont des lignes rouges. Nous, on attend des économies structurelles. S'attaquer au grand tabou, que vous connaissez, je pense, de la part du Rassemblement National. Évidemment, le soutien massif est coûteux à l'immigration.

Un chèque à l'Union Européenne. Là, il y a vraiment un sujet, et je pense que ça vous intéressera de savoir, que l'année prochaine, nous allons devoir augmenter, et c'est officiel désormais, notre contribution à l'Union Européenne de 7 milliards d'euros, puis encore 3 milliards l'année prochaine, donc 10 milliards en deux ans, pour un service venant de l'Union Européenne qui ne va pas s'améliorer, c'est le moins qu'on puisse dire. Vous voulez que Bayrou applique votre programme, en fait, c'est ça ? Une partie, oui, j'aimerais qu'il applique tout, mais je n'ai pas trop d'espérance.

10:21
Présentateur

Donc s'il ne le fait pas, puisqu'il annoncera dans une quinzaine de jours, son budget, celui qu'il défendra à l'automne prochain...

10:26
Jean-Philippe Tanguy

Dans l'architecture de 15 ou 16 juillet.

10:28
Présentateur

Vous le saurez très rapidement, en fait, ce que vous allez faire.

10:31
Jean-Philippe Tanguy

C'est vrai. Bon, ce n'est pas nouveau, parce qu'en fait, c'est les lettres cadres. Normalement, c'est chaque année, dans la procédure budgétaire, qu'on le sait en juillet, il y avait un petit décalage l'année dernière à cause des élections. Donc, ce n'est pas une vraie annonce de M. Bayrou. Mais, vous voyez, c'est important, parce que cette contribution à l'Union européenne, elle rassemble quand même les dysfonctionnements de notre pays. Déjà, on n'en débat pas. L'année dernière, quand on l'a dit, on s'est fait encore traiter de tous les noms qu'on mentait aux Français, c'était factuel.

Et que cette contribution, elle ne correspond pas du tout au vote des Français sur les élections européennes. Jordan Bardella a fait plus de 30%, deux fois plus que Mme Ayet, qui représentait les opinions de M. Macron. Et les Français, clairement, ont dit qu'ils ne voulaient pas continuer cette construction européenne qui est de plus en plus coûteuse. Donc, quand même, pardon, un an après les élections européennes, apprendre que la contribution va augmenter de 30%, c'est quand même inacceptable. Pierre.

11:18
Invité

Une question sectoriale, mais un large secteur. L'alerte a été donnée par Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, mais qui était aussi président de la Fédération du Commerce et de la Distribution. En 18 mois, 50 000 emplois ont été supprimés dans ce secteur. Il propose dans une interview, vous l'avez peut-être lue, à la tribune dimanche, de contrôler très strictement les colis des plateformes de vente en ligne, comme Chine ou Temu, et surtout de les taxer jusqu'à 100% de la valeur du produit. Dès avril, Amélie de Montchanin, la ministre déléguée au Compte public, souhaitait que chacun de ces colis fasse l'objet d'un frais de gestion.

Faut-il aller, selon vous, comme le suggère Alexandre Bompard, jusqu'à 100% de taxes pour ces colis venus d'ailleurs ?

11:59
Jean-Philippe Tanguy

Ça me paraît un peu excessif, mais M. Bompard, je suis désolé, est rattrapé par la politique que la grande distribution française, malheureusement, a menée depuis 40 ans. La grande distribution française a eu un rôle très important dans la mondialisation de l'industrie, dans la délocalisation notamment du textile ou de la petite industrie, faisant produire à l'extérieur de nos frontières à bas prix, puis réimportants pour les vendre en France. Donc en fait, M. Bompard est rattrapé par ce modèle.

Moi, je me souviens, quand je faisais mes études à Sciences Po ou à l'ESSEC, on avait des cours d'économie, on peut le dire, racistes, qui nous expliquaient que les Chinois étaient voués à produire pour toute éternité à bas coût, qu'ils n'innoveraient jamais, qu'ils ne sauraient jamais rattraper les Européens et les Américains. Des discours complètement surréalistes. Évidemment, les Chinois, comme tous les peuples, pouvaient rattraper les Occidentaux. Et aujourd'hui, on est pris à notre propre piège, puisque les usines...

12:44
Présentateur

Mais quelle est votre solution alors ?

12:46
Jean-Philippe Tanguy

Il faut relocaliser en France, c'est-à-dire taxer sans relocaliser, ça ne sert à rien. Et c'est un peu une facilité pour faire plaisir à M. Bompard. Il y a un sujet écologique, il y a un sujet social, parce que souvent, ces produits sont fabriqués dans des conditions sociales déplorables. On se souvient de l'accident avec plusieurs milliers de morts au Bangladesh, une usine textile qui s'était effondrée sur elle-même. C'est la responsabilité de ceux qui ont délocalisé ces productions et ouvrir une perspective de développement respectueux.

C'est-à-dire que ces emplois dans les pays en voie de développement n'ont pas assuré un développement endogène, c'est-à-dire que les populations restent avec des salaires très bas ici. Et on a volé l'emploi des ouvriers français. Voilà, moi, dans ma circonscription, il y avait le groupe Saint-Frère, qui était un groupe de textiles très important en France. Et il y a encore des friches aujourd'hui qu'on transforme en HLM, alors qu'on devrait avoir des belles usines.

Jean-Philippe Tanguy : "Les socialistes essaient de se racheter une conscience !" (France 5) — Jean-Philippe Tanguy · Pourquijevote