Face à Face : Bruno Retailleau - 03/03
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Vous écoutez RMC Face à Face Apolline de Malherbe Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Bruno Retailleau
Bonjour Apolline de Malherbe
Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions Vous êtes le ministre de l'Intérieur Bien sûr de nombreuses questions à vous poser Mais je voudrais qu'on commence par le bras de fer que vous avez tenté d'engager face à l'Algérie Voilà les propos que vous avez tenus Il faut savoir que la France a tendu la main et n'a obtenu aucun résultat en retour A un moment donné, il faut dire stop, la France doit se faire respecter Sauf que la France, la voix de la France, ce n'est ni vous, ministre de l'Intérieur Ni même François Bayrou, le Premier ministre C'est Emmanuel Macron, président de la République Et lui, il dit Nous avons engagé un travail avec le président Tebboune pour les moderniser, ces accords On le fera en bon ordre Pas question pour lui de remettre en cause ces accords de manière unilatérale Vous n'allez donc pouvoir rien faire ?
Ah mais je n'ai jamais dit que de façon unilatérale, on stoppait tout J'ai simplement indiqué que sans un rapport de force, nous n'obtiendrions rien de l'Algérie Ce rapport de force, nous l'avons commencé Puisque nous avons déjà renvoyé un certain nombre de ressortissants algériens Qui venaient, qui avaient un passeport diplomatique Mais qui n'offraient pas toutes les garanties avec ce passeport diplomatique Première chose Par contre, un mot justement de l'enjeu de ce bras de fer Ce n'est pas un caprice du ministre de l'Intérieur Simplement, c'est une question de sécurité Moi, ma mission, elle est de protéger les Français Et je ne veux pas que ce qui s'est produit à Mulhouse se reproduise demain Pourquoi ?
Parce qu'à Mulhouse, un terroriste a tué un homme Qui était un ressortissant portugais Il aurait dû être en Algérie Nous l'avions présenté à de multiples reprises aux Algériens Qui l'avaient refusé Et bien cela, je ne veux pas être moi comptable D'une reproduction de ces faits à l'avenir
Mais est-ce que ça veut dire, Bruno Retailleau Que vous estimez que l'Algérie est complice de ce qui s'est passé à Mulhouse ? Responsable de ce qui s'est passé à Mulhouse ?
Je dis simplement qu'à l'avenir Je ne veux pas prendre le moindre risque pour la protection des Français Et que par conséquent, puisque l'Algérie ne respecte pas le droit international Le président de la République parle d'un unilatéralisme Mais ce n'est pas la France qui le pratique C'est l'Algérie qui ne respecte pas
Vous voulez dire que l'Algérie, déjà, ne respecte pas de manière unilatérale Les accords que nous avons avec vous ?
Bien sûr, la Convention internationale de Chicago, 1944 Et surtout l'accord que nous avons avec elle de 1994 Cet accord, il est simple Un ressortissant algérien doit être accepté par l'Algérie Elle ne le respecte pas Donc, nous avons proposé, pas seulement moi, Bruno Retailleau Il y a eu une commission, un comité très important Un comité interministériel de contrôle de l'immigration La semaine dernière, présidé par François Béraud Par le Premier ministre
Mais Bruno Retailleau, le ton utilisé par le président de la République Lorsqu'il s'est exprimé sur ces questions-là N'est absolument pas le même que le vôtre Absolument pas le même que le vôtre
Moi, j'ai ma liberté Mais ça n'est pas seulement une question de liberté
Mais ce n'est pas seulement la liberté Qui va porter la voix de la France en Algérie ?
J'ai une mission Eh bien, nous avons, avec le Premier ministre Et donc le gouvernement Cette ligne de fermeté qui était la mienne depuis des mois Des semaines, mais des mois aussi Elle est désormais partagée par le gouvernement Oui, par le gouvernement
Mais j'entends bien, pas par la présidence
Nous allons et nous avons adopté une riposte graduée Ça commence par des mesures individuelles Ça va, et ça pourrait se terminer Par la remise en cause de nos accords L'accord de 2007 Pour les diplomates qui se passent de visa Par exemple Pour ceux qui ont des passeports diplomatiques Ils n'ont pas besoin de visa On pourrait le remettre en cause Jusqu'aux accords de 68 Encore une fois Si l'Algérie ne prend pas en charge Ces ressortissants qui sont dangereux Et nous sommes en train d'établir Une liste de plusieurs centaines de personnes Qui ont des profils dangereux
Plusieurs centaines de personnes Aujourd'hui Sur le territoire français
Bien sûr Ils n'ont pas tous la même dangerosité Mais ces gens-là Nous allons les présenter aux Algériens Ce sont des gens dont il est établi Qu'ils sont des ressortissants algériens Eh bien, là du coup Ce sera l'épreuve de vérité Mais qu'on ne me dise pas Demain Si jamais il y avait un problème Dans les mêmes conditions que Mulhouse Que nous n'aurions rien essayé de faire Je veux tout faire Pour éviter cela
Bruno Retailleau Quand allez-vous présenter cette liste aux Algériens ?
Dans les semaines qui viennent Dans les semaines qui viennent Le Premier ministre
Vous maintenez le délai de 6 semaines Évoqué par le Premier ministre Qui a évoqué un délai de 6 semaines
De 4 à 6 semaines
Pour faire justement le point Sur le respect ou non Des accords avec l'Algérie ?
Bien sûr Absolument
Donc malgré les propos du président de la République La ligne du gouvernement ne change pas ?
La ligne a été arbitrée en comité interministériel Je vais ajouter non pas une confidence Mais un point qui est important C'est qu'au moment où cette ligne a été arrêtée Le Premier ministre nous a indiqué Qu'il en avait bien entendu parlé Avec le président de la République Voilà
Alors est-ce qu'il l'avait convaincu ? Semble-t-il non ?
Mais encore une fois c'est une riposte
Mais vous ne l'avez pas fait dans le dos du président de la République ?
C'est une riposte graduée Et cette riposte elle a commencé Il y a quelques heures Nous avons renvoyé la femme De l'ambassadeur algérien au Mali Parce qu'elle n'appliquait pas Elle ne présentait pas Justement la documentation nécessaire A l'entrée en France Eh bien nous continuerons Et nous avons une graduation Qui pourrait nous amener Jusqu'à la remise en cause De ces accords D'ailleurs entre nous A droite et au centre Tout le monde aujourd'hui Indique que ces accords Donnent des privilèges exorbitants A l'Algérie Qu'il faudrait remettre en cause
Des privilèges pour vous La note que vous avez rédigée Que vos services ont rédigée Que mes confrères de la tribune dimanche Se sont procurés Et ont publié hier Elle indique effectivement Les différentes étapes De ce que vous appelez Une forme de riposte graduée Avec l'Algérie Il y a ce que vous venez d'évoquer C'est-à-dire la question des visas Des officiels algériens Il y a aussi Un certain nombre d'étapes Qui pourraient même aller Jusqu'à cibler Je cite Les compagnies algériennes Et maritimes Compagnies algériennes Aériennes Et maritimes Est-ce que vous pourriez Envisager A un moment ou à un autre D'interdire l'Algérie ?
Moi je ne m'interdis rien Il ne s'agit pas d'interdire Mais on peut vérifier Les conditions Dans lesquelles Les commandants de bord Et cette compagnie Respecte notre droit Respecte les formalités Administratives J'observe d'ailleurs Qu'à Alger Ils ne s'en privent pas
Ils ne s'en privent pas De l'autre côté Ça veut dire qu'aujourd'hui Vous pourriez avoir Dans votre arsenal Un moyen De contraindre Air Algérie A annuler ses vols Vers la France
Il y a sur la table Des moyens Qui sont les moyens D'une riposte graduée Moi je ne souhaite pas En arriver jusque là Ce que je souhaite C'est que l'Algérie Encore une fois Pour garantir La sécurité des Français C'est que l'Algérie Reprenne Ses ressortissants Conformément Au droit international Conformément A l'accord Que nous nous sommes donnés En 1994 L'hostilité Ne vient pas de la France Elle vient de l'Algérie Et je dis un mot aussi De Boilem Sansal Qui est aujourd'hui L'écrivain franco-algérien Exactement Il est retenu Dans les geôles Du régime d'Alger Et pourquoi l'est-il d'ailleurs ? Parce que c'est un esprit Trop libre ? Parce qu'il aime trop la France ?
Bruno Retailleau Vous comprenez bien Que quand vous dites Menace De riposte graduée Il faut ensuite Pouvoir l'appliquer Le jour Où les limites Sont franchies Si Emmanuel Macron Contredit la fermeté Dans laquelle vous êtes Vous n'êtes pas crédible Aux yeux des Algériens ?
Eh bien on verra J'espère que ce moment N'arrivera pas Ce que je vais dire aux Français C'est que Cette crise ne date pas d'hier Ce que je vais dire aux Français C'est que Depuis des mois et des mois Les entreprises françaises Sont souvent blacklistées Sur la commande publique algérienne Ce que je veux dire C'est que Le français est éradiqué De l'enseignement primaire Au profit de l'anglais Ce que je veux dire Ce que j'ajoute C'est qu'un refrain De l'hymne national algérien Très anti-français A été réhabilité Ce que je dis aussi C'est que La coopération sécuritaire Entre nos services A été au minimum Et quasiment arrêtée Y compris au moment Des Jeux olympiques Vous ne trouvez pas Que ça fait beaucoup Vous pensez qu'il faut Que la France Continue à raser les murs A baisser la tête Aucune douleur de l'histoire Et je sais qu'elles sont vives Entre nos deux pays Mais aucune douleur de l'histoire Fut-elle aiguë Ne donne Un permis D'offenser Mon pays La France
Bruno Retailleau Vous êtes désormais La cible Non seulement de la gauche Mais aussi sur votre droite Jordan Bardella Ce matin dit Le roi Macron A mis fin à la mascarade Et au plan de communication Du gouvernement
Chez moi on dit Vaut mieux Faire envie Que faire pitié C'est votre réponse Je deviens l'obsession Du Rassemblement National Parce que Il voit en moi Peut-être Un homme politique Susceptible De dire aux électeurs A nos anciens électeurs Qui nous ont quittés Qui ont quitté la droite Le centre Parce que nous avions déçu De revenir dans une maison Commune Voilà Et je pense que ça me donne Au contraire Des motivations Pour continuer mon travail
Et je rappelle effectivement Que Bruno Retailleau Vous êtes également Outre ministre de l'Intérieur Candidat à la présidence Du parti Les Républicains Dans le même temps Dans le même temps Vous avez accordé Le ministère de l'Intérieur A accorder des visas Aux imams Dits imams du Ramadan Qui sont des récitants Ou des psalmodieurs Qui viennent principalement Du Maroc Mais également d'Algérie Est-ce qu'il n'y a pas un paradoxe ?
Il n'y a aucun paradoxe C'est le Ramadan Et nous accordons Depuis des dizaines d'années Des facilités A des imams A des psalmodieurs Qui viennent Pendant 40 jours Ils sont strictement contrôlés La procédure est strictement encadrée Moi je préfère Avoir des gens qui viennent Sur une courte période Plutôt que certains Qui s'autoproclament imams Et qui tiennent des discours de haine Les choses doivent être claires Maintenant je suis ministre des cultes Et moi j'ai une ligne Je fais une chasse impitoyable Aux islamistes Mais je veux Dans le même temps Faire en sorte Que nos compatriotes De religion musulmane Puissent s'ancrer Dans notre pays Je suis donc ministre des cultes Je suis pour la liberté des cultes Et je ne pense pas Voyez Et je l'assume Mais alors totalement Qu'il faudrait être Qu'il faudrait être Un mauvais croyant Pour être un bon citoyen Dans notre république Donc une fois de plus Le rassemblement national
Donc les musulmans pratiquants Doivent être accompagnés Aider Et avoir les ressources Dont ils ont besoin
Mais bien sûr Ce que ne voit pas Le rassemblement national C'est que Si on mettait des entraves Occultes Pour des compatriotes Qui respectent Les principes de la république On creuserait en réalité Le séparatisme Et on les ferait Basculer Du mauvais côté De la barrière C'est ce que veulent Les terroristes d'ailleurs Le rassemblement national En est-il conscient ? Moi je suis ministre des cultes Et je pense que La laïcité Ce n'est pas d'interdire Les réjusions C'est de faire en sorte Que l'exercice La pratique d'une religion Soit parfaitement Compatible Avec les principes Les valeurs De la république française
Bruno Retailleau Vous avez mentionné L'attentat à Mulhouse La semaine dernière Est-ce qu'aujourd'hui La menace terroriste Est toujours aussi élevée ? C'est-à-dire A son grade d'ailleurs Le plus élevé ?
La menace est élevée Bien sûr La menace est élevée Il y a deux menaces Une menace Qui vient de l'extérieur Elle est peut-être moindre Mais il faut s'en méfier Celle qui venait de l'extérieur C'était Daesh Daesh a été vaincue Mais Ces mouvements-là Se reconstituent En Afrique et ailleurs Mais il y a Une menace Qui est une menace Qu'on appelle endogène Qui vient de l'intérieur Avec un terrorisme low cost Le terrorisme low cost C'est typiquement Un individu Que personne ne contrôle Armé d'un couteau Voilà Qui va acheter Et quand vous dites
Que personne ne contrôle Vous avez évoqué Plusieurs centaines D'individus Qui présenteraient Un profil Qui pourrait être comparable A celui de l'attaquant De l'attaquant de Mulhouse Non
Attendez Quand je dis Plusieurs centaines De profils Ils ne sont pas comparables Parce que L'individu de Mulhouse Il associait à la fois Une dimension De radicaliser Apologie Il avait été condamné Pour l'apologie Au terrorisme Et une autre dimension Psychiatrique Schizophrénique Donc ne me faites pas dire Ce que je n'ai pas dit Il n'y a pas plusieurs centaines
Qui pourraient passer à l'acte Qui juxtaposerait
Ces deux profils-là En même temps
Au moment où on se parle Vous évoquez tout de même Plusieurs centaines D'individus Qui présentent un danger
Bien sûr Parce qu'ils ont commis Des troubles à l'ordre public Ou parce qu'ils figurent Dans notre fichier Des radicalisés Pour terrorisme C'est la raison pour laquelle Ce bras de fer avec l'Algérie Il est fondamental Vous savez La question des OQTF Pourquoi est-ce qu'on n'arrive pas A exécuter les obligations De quitter le territoire français Parce que cela ne dépend pas de nous Cela dépend du bon vouloir Des états d'origine Des états étrangers Qui ne délivrent pas Les sésames Les fameux Laissez-passer consulaires
Il y a aussi une part Qui dépend de nous Si je puis me permettre Qui est aussi La manière dont ces OQTF Sont rédigées L'une des OQTF Qui a été prise Depuis que vous êtes Ministre de l'Intérieur Qui était l'idée De renvoyer Cette influenceur algérien Elle a été cassée Non pas seulement Par l'Algérie Mais également Par la juridiction française Qui estime Que le motif d'urgence N'était pas justifié
Non non C'est beaucoup plus compliqué Que ça J'imagine bien Mais enfin tout de même Attendez Le tribunal administratif De Paris A indiqué Que j'avais eu raison De prendre un arrêté D'expulsion Mais qu'il n'y avait pas urgence Moi je considérais Qu'il y avait urgence Et le tribunal administratif De Melun Qui considérait Qu'il fallait quand même Lui donner un titre de séjour Il y a une contradiction Il faut qu'on m'explique Comment est-ce que je peux expulser Sans écraser un titre de séjour Voilà C'est une question de droit
Une question de droit Une question également Sur Karim Mohamed Agag Il a 34 ans Il est le frère De Fouet Mohamed Agag Qui a été l'un des tueurs Du Bataclan Il est au moment Où l'on se parle Dans la ville de Lure Dont le maire S'est plaint A alerter Sur sa présence Il a été condamné Pour complicité De terrorisme Il a purgé sa peine Il a été déchu de sa nationalité En 2023 Placé en centre de rétention Administrative Mais il a été au bout Du temps Qu'on pouvait le laisser Dans ce centre administratif Et depuis Il est donc assigné à résidence A Lure Depuis fin 2024 Le maire Alerte et demande A ce qu'au minimum Il soit déplacé Qu'en est-il aujourd'hui ? Où est-il ?
Eh bien j'ai écouté J'ai écouté la demande du maire Simplement Dans cet individu-là Ne présente plus du tout de danger Il est suivi par nos services Il est très contrôlé Et j'ai bien vu Que mettre le maire Dans cette position-là Présentait des difficultés Donc nous en tirerons Des conséquences Dans les jours Et les semaines A venir Simplement plus généralement
C'est-à-dire qu'au moment Où on se parle Il est toujours à Lure ?
Je ne répondrai pas A cette question Simplement Ce que je veux vous dire C'est qu'il nous manque Dans notre arsenal juridique Ce qu'on appelle Des peines de rétention De sûreté Parce que Pour les uns ou les autres Ils vont en prison Ils vont ensuite A leur sortie de prison On les enferme On les retient dans des centres De rétention administrative Et au moment où ils sont libérés On n'a plus qu'une seule solution Les assigner à résidence Les faire pointer Un commissariat Et moi je voudrais Que pour les individus Les plus dangereux On ait une peine De rétention De sûreté Où ils puissent Où ils puissent être enfermés Tant qu'on n'arrive pas A les éloigner Du sol français
Bruno Retailleau La crise internationale Pose une question Qui se lance dans le débat Qui est la question De notre dissuasion nucléaire La dissuasion nucléaire française Pas question Dit Emmanuel Macron De partager la décision Sur la dissuasion nucléaire Est-ce que vous estimez Que c'est un risque Est-ce qu'il faut partager La dissuasion nucléaire Au minimum En étant une sorte de parapluie Pour nos voisins Comment vous voyez L'usage De la dissuasion nucléaire française
Je la vois sur trois points Pour être très précis Parce que c'est une question Extrêmement lourde Qui va devoir être traitée Dans les mois Les années à venir Première chose La dissuasion française Doit rester Comme l'a très bien dit Le ministre des Arnais Sébastien Lecornu De conception De fabrication De mise en oeuvre française Deuxième élément Une telle décision Le feu nucléaire C'est l'arme absolue Donc elle ne peut pas Se partager On ne partage pas On ne partage pas Parce que comme c'est Une arme absolue Elle appartient A celui qui est détenteur De la souveraineté nationale Elle est étroitement liée Cette mise en oeuvre A cette idée Et à la nation D'ailleurs quand le général de Gaulle A ensuite dit Quels étaient les ressorts Lorsqu'il a voulu faire élire Au suffrage universel Le président de la République Il y avait aussi Cette question là Donc c'est fondamental On ne partage pas On ne peut pas Mutualiser une décision C'est le président De la République En tant qu'il a été élu Par l'ensemble de la nation Qui porte justement Cette décision ultime D'utiliser précisément Le feu nucléaire Enfin Troisième élément Depuis le général de Gaulle Une instruction de 1964 Où il reconnaissait que Nos intérêts Pouvaient inclure Les intérêts Du territoire Benelux Et de la République Fédérale d'Allemagne Allemagne de l'Ouest A l'époque Tous les présidents De la République Ont indiqué que L'intérêt stratégique De la France L'intérêt vital Pouvait ne pas se réduire Au seul territoire national En cela Pour le moment Je ne vois pas D'inflexion de doctrine De ce que j'ai entendu Des propos Du président de la République
Vous estimez avoir vocation Vous-même A un moment A être président de la République
Non J'ai toujours dit que Vous voyez Ce virus Je ne l'ai pas Je dis colline après colline Et pour vous répondre Très clairement Je pense que Cette obsession présidentielle A fait beaucoup de mal A notre famille politique Pourquoi ? Parce que le parti S'est transformé En une écurie présidentielle On a oublié Le débat d'idées On a oublié De forger Dans un monde Qui est plus menaçant Que jamais Il va falloir Réinventer des solutions Et si on pense Déjà 2027 On est mort On ne sera pas capable De présenter aux français Des solutions nouvelles Des propositions Qui puissent offrir A l'ensemble de la nation Notre vision de l'homme De la société Et de la France
Une dernière question Monsieur le ministre de l'Intérieur Rima Hassan Députée européenne LFI A affirmé Je cite Que le Hamas Avait une action légitime Du point de vue De droit international Vous avez dit Avoir signalé ses propos A la procureure de la République De Paris Parce qu'il relève Selon vous De l'apologie du terrorisme Un Savez-vous si la procureure A donné suite Deux Estimez-vous Que cela puisse conduire A une procédure de déchéance De nationalité Un
Je n'ai pas eu de nouvelles Pour l'instant De l'autorité judiciaire Deux Je peux vous indiquer Un scoop Une information Que le préfet de police De Marseille A fait aussi un signalement Sur la base De l'article 40 Du code de procédure pénale De la même Rima Hassan Qui dans un tweet Je crois A livré A l'invendique Une adresse D'une entreprise Qui travaille Sur des munitions Pour Israël Et trois Puisqu'elle n'a que De la nationalité française Il ne serait pas possible Dans notre droit De la déchoir De la nationalité Parce qu'en France On ne peut pas créer De situation D'apatride
Et ça vous le regrettez ? J'ai répondu précisément Très précisément Vous le regrettez Ou au contraire Vous respectez cette idée Et vous estimez C'est l'honneur de la France De ne pas créer D'apatite C'est pas le problème
De le regretter ou non C'est le droit Qui s'impose à moi Oui mais je sais bien
Qu'il y a des moments Où vous dites Que le droit On peut le changer
Simplement Moi ce que je souhaite Mais ça dépend désormais De l'autorité judiciaire Vous ne pouvez pas Dans une même émission Légitimer le terrorisme Et en même temps Utiliser ce mot de terrorisme Ça s'appelle Apologie du terrorisme
Merci Bruno Retailleux D'avoir répondu A mes questions ce matin Vous qui êtes Ministre de l'Intérieur Merci
Bruno Retailleau