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Podcast / conversationjeremy pietrot· 25 juin 2026 57 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileJusticeSolidarités & famille

Zemmour:Le suicide français S01E01 Les années 70 la fin d'un monde

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 3 %Attaque 83 %Défensif 13 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 13:12PrésentateurFait
    « « En France, la Cour suprême, c'est le peuple. » »
  • 13:22InvitéFait
    « « Le Conseil constitutionnel estime que 32 des articles de cette loi immigration n'avaient pas de rapport avec le texte original, qu'il s'agissait donc de cavaliers législatifs. » »
  • 13:46PrésentateurFait
    « « La préférence nationale est anticonstitutionnelle. » »
  • 39:42InvitéFait
    « si ce n'est pas un français, la personne qui est interpellée, elle pense à pour du racisme. »
  • 39:48PrésentateurFait
    « Ce que nous appelions délinquance sera appelé désormais victime. »
  • 41:29InvitéFait
    « Vous n'avez pas, M. Mitterrand, le monopole du cœur. »
  • 42:01InvitéFait
    « je ferai ces réalisations à partir d'une économie en progrès. Alors que vous, vous avez l'idée étrange en réalité de vouloir faire ces réalisations à partir d'une économie brisée. »
  • 43:22InvitéFait
    « un projet qui, selon les termes même du président de la République, a pour objet de mettre fin à une situation de désordre et d'injustice et d'apporter une solution mesurée et humaine à un des problèmes les plus difficiles de notre temps. »
  • 45:44PrésentateurFait
    « l'ONU a décrété l'année de la femme »
  • 46:04PrésentateurFait
    « Ce décret, pris le 29 avril 1976, instaure le regroupement familial. »
  • 47:08PrésentateurFait
    « Nous voulons encourager l'immigration familiale régulière, c'est-à-dire faire en sorte que les femmes étrangères utilisent le dispositif que nous avons mis en place. »
  • 48:42PrésentateurFait
    « le président Valéry Giscard d'Estaing reconnaîtra que le regroupement familial aura été sa plus grave erreur de son septennat. »
  • 52:58PrésentateurFait
    « Ils manifestent contre la loi Abhi du nom du ministre giscardien de l'éducation nationale. »
  • 53:33PrésentateurFait
    « Tout le monde ira dans un seul et même collège, le fameux collège unique dont on n'a pas fini de mesurer encore aujourd'hui les conséquences désastreuses. »
  • 53:42PrésentateurChiffre
    « 20% des élèves entrant en sixième ne savent pas déchiffrer un texte. »
  • 55:20PrésentateurFait
    « 50 ans après la loi Habib le niveau s'écroule toujours davantage année après année. »
  • 55:30PrésentateurFait
    « Les classements internationaux PISA sont une honte pour la France la reléguant au niveau de la Bulgarie ou de la Turquie. »

Temps de parole

  • Présentateur75 %
  • ?10 %
  • Invité5 %
  • Invité 23 %
  • Invité 32 %

≈ 79,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:12
Invité

Française, Français,

0:14
Locuteur

le

0:15
Invité

général de Gaulle est mort.

0:18
Locuteur

La

0:19
Invité

France est veuve.

0:26
Locuteur

L

0:27
Présentateur

'annonce de la mort du général de Gaulle est un véritable traumatisme pour les Français. Dès le lendemain, ils sont des dizaines de milliers à venir se recueillir au pied de ces bureaux parisiens.

0:40
Locuteur

Les

0:40
Invité

jeunes pour le moment, et pas seulement eux, se souviennent. Les témoignages, couchés sur les registres ouverts depuis hier à Venue de Breteuil, en sont une preuve émouvante. Je peux savoir ce que vous avez inscrit sur le... J'ai dit que mon général, les jeunes ne vous oublieront pas,

0:58
Locuteur

et

0:58
Invité

que vous resterez au plus profond

1:00
Locuteur

dans

1:01
Invité

nos cœurs, vous resterez à jamais. Moi j'ai écrit au plus illustre chef d'État.

1:06
Locuteur

Et

1:07
Invité

vous ? Et moi j'ai écrit au génie qu'elle sera jamais gravée dans mon cœur.

1:10
Locuteur

Je

1:11
Invité

crois que la jeunesse

1:12
Locuteur

ne

1:12
Invité

l'oubliera jamais. On lui doit trop. On lui doit tout. Excusez-moi.

1:18
Locuteur

Les

1:18
Présentateur

11 et 12 novembre 1970, Paris est la capitale du monde. Tôt ce matin,

1:24
Locuteur

des

1:25
Présentateur

centaines, puis des milliers, puis des dizaines de milliers de Parisiens s'étaient rassemblés dans toutes les rues avoisinant la cathédrale Notre-Dame,

1:33
Locuteur

où

1:33
Présentateur

devait être célébré à 11h le service solennel à la mémoire du général de Gaulle.

1:38
Locuteur

A

1:42
Présentateur

l'intérieur,

1:43
Locuteur

la

1:43
Présentateur

cathédrale ressemble à l'Assemblée Générale des Nations Unies.

1:46
Locuteur

Le

1:46
Présentateur

monde entier est venu rendre hommage au général.

1:49
Locuteur

Le

1:50
Présentateur

roi Baudouin de Belgique,

1:51
Locuteur

le

1:52
Présentateur

prince Charles d'Angleterre, le président américain Richard Nixon, le soviétique Nikolai Podgorni, le chat d'Iran, Léopold Sédar Senghor, président de la République du Sénégal, L'empereur d'Ethiopie a y laissé l'acier, en grand uniforme, l'israélien Ben-Gurion.

2:09
Locuteur

Bien

2:09
Présentateur

sûr,

2:10
Locuteur

le

2:10
Présentateur

gouvernement est réuni au grand complet autour du premier ministre, Jacques Chabondelmas.

2:17
Locuteur

Cet

2:17
Présentateur

hommage du monde entier est personnel, puisque le général

2:20
Locuteur

a

2:21
Présentateur

quitté le pouvoir avant sa mort, et qu'aucun régime protocolaire ne l'impose.

2:26
Locuteur

Ils

2:26
Présentateur

sont venus parce que c'était lui.

2:28
Locuteur

Ils

2:29
Présentateur

sont venus parce qu'ils avaient raté l'enterrement de Churchill,

2:31
Locuteur

qu

2:32
Présentateur

'ils n'avaient pu se rendre aux obsèques de Staline,

2:34
Locuteur

que

2:34
Présentateur

c'était le dernier géant de la Seconde Guerre mondiale.

2:37
Locuteur

Le

2:38
Présentateur

dernier géant, tout court.

2:41
Locuteur

Les

2:42
Présentateur

siècles passent, mais l'histoire compte peu de très grands hommes. Il n'y a aucun doute, il a été l'un des plus grands parmi les grands. J'ai tenu à exprimer en mon nom, au nom de mes amis, au nom de tout le peuple soviétique, nos profondes condoléances à l'occasion du décès de cet homme d'Etat hors pair.

3:00
Locuteur

Et

3:00
Invité

en faisant cela, c'est au fond rendre hommage à

3:03
Locuteur

la

3:04
Invité

France, à son histoire.

3:06
Locuteur

Au

3:07
Présentateur

même moment, dans son village de Colombais-les-Deux-Églises, les obsèques du général de Gaulle sont modestes, comme il l'avait souhaité dans son testament.

3:16
Locuteur

Une

3:16
Présentateur

messe simple, sans discours officiel.

3:20
Locuteur

C

3:20
Invité

'est à lui

3:21
Locuteur

que

3:22
Invité

nous adressons notre prière

3:24
Locuteur

pour

3:25
Invité

Charles de Gaulle,

3:27
Locuteur

pour

3:27
Invité

sa famille,

3:29
Locuteur

pour

3:29
Invité

la France.

3:32
Locuteur

Le

3:33
Présentateur

soir même, à Paris, sous une pluie battante, des centaines de milliers de Français remontent les Champs-Élysées vers la place de l'Étoile pour un dernier hommage et une dernière Marseillaise sous l'arc de triomphe.

4:01
Locuteur

Plus

4:01
Présentateur

de 50 ans ont passé depuis la mort du général de Gaulle

4:04
Locuteur

et

4:04
Présentateur

les Français ne reconnaissent plus la France. Pourtant, apparemment, rien n'a changé. Le pays est en paix depuis 60 ans, la Vème République fonctionne depuis 65 ans, les médias informent, les politiques s'affrontent, les acteurs et les chanteurs distraits, les grandes tables régales, le petit noir est servi chaud aux ingues des bistrots,

4:24
Locuteur

les

4:24
Présentateur

jambes des Parisiennes font tourner les têtes.

4:27
Locuteur

De

4:28
Présentateur

loin, rien n'a changé. La rue a fière allure, mais de près, tout est dévasté.

4:33
Locuteur

Tout

4:34
Présentateur

est apparemment intact. Seule l'âme du lieu s'est envolé.

4:38
Locuteur

Le

4:39
Présentateur

président de la République préside,

4:41
Locuteur

mais

4:41
Présentateur

il n'est plus un roi.

4:42
Locuteur

Les

4:43
Présentateur

politiques parlent,

4:44
Locuteur

mais

4:44
Présentateur

ils ne sont plus entendus.

4:46
Locuteur

Les

4:46
Présentateur

médias ne sont plus écoutés.

4:48
Locuteur

Les

4:48
Présentateur

intellectuels, les artistes, les grands patrons, les éditorialistes, les économistes, les magistrales et aux fonctionnaires, les élus, sont suspectés.

4:56
Locuteur

Les

4:56
Présentateur

mots eux-mêmes sont faisandés.

4:59
Locuteur

On

4:59
Présentateur

fait église quand on n'y va plus, on fait famille quand on divorce, on fait France

5:04
Locuteur

quand

5:05
Présentateur

on ne se sent plus français.

5:07
Locuteur

On

5:08
Présentateur

exalte le vivre ensemble quand les communautés se séparent.

5:12
Locuteur

On

5:12
Présentateur

impose la parité homme-femme en politique

5:14
Locuteur

quand

5:15
Présentateur

elle devient subalterne dans le mariage.

5:18
Locuteur

La

5:18
Présentateur

République, une et indivisible,

5:21
Locuteur

est

5:21
Présentateur

plurielle et divisée comme jamais.

5:24
Locuteur

C

5:24
Présentateur

'est la République Potemkin.

5:26
Locuteur

Tout

5:27
Présentateur

est en carton-pâte. Tout est factice.

5:30
Locuteur

Tout

5:31
Présentateur

est retourné, renversé, subverti.

5:42
Locuteur

Comment

5:43
Présentateur

en est-on arrivé là

5:44
Locuteur

? La

5:45
Présentateur

vérité est qu'il y a désormais dans notre histoire et même dans notre imaginaire collectif national un avant mai 68 et un après mai 68.

5:54
Locuteur

Comme

5:54
Présentateur

il y a eu pendant deux siècles un avant 1789 et un après 1789.

5:59
Locuteur

un

6:01
Présentateur

peu si j'osais, je dirais comme il y a un avant Jésus-Christ et un après Jésus-Christ.

6:06
Locuteur

Pour

6:06
Présentateur

arriver à cette rupture

6:08
Locuteur

dans

6:09
Présentateur

notre histoire, les méthodes d'action de nos combattants progressistes peuvent être selon moi synthétisées en trois principes cardinaux.

6:18
Locuteur

La

6:18
Présentateur

déconstruction,

6:19
Locuteur

la

6:20
Présentateur

dérision,

6:21
Locuteur

la

6:21
Présentateur

destruction.

6:22
Locuteur

La

6:23
Présentateur

déconstruction car rien, même les institutions les plus solides n'a été considérées comme naturelles.

6:30
Locuteur

La

6:30
Présentateur

dérision car tout, même le plus sacré j'allais dire, surtout le plus sacré, pouvait être et devait être moqué. Et la destruction car rien n'a tenu debout.

6:42
Locuteur

Avec

6:43
Présentateur

un tel triptyque, déconstruction, dérision, destruction, ce sont les institutions les plus solides qui ont été ainsi sapées. L'État, la nation, le peuple, l'école, la famille, le travail, la démocratie.

6:59
Locuteur

Notre

7:00
Présentateur

imaginaire collectif national est devenu un véritable champ de ruines. Alors,

7:05
Locuteur

après

7:06
Présentateur

la mort du général de Gaulle, année après année, loi après loi, président de la République, après président de la République, la France s'est lentement déconstruite.

7:16
Locuteur

C

7:16
Présentateur

'est l'histoire de cette déconstruction que je veux vous raconter aujourd'hui. L'histoire de cette plongée est dans les eaux glacées de l'individualisme et de la haine de soi. 50 ans. 50 ans de l'histoire de notre pays pour ce que j'ai appelé le suicide français.

7:35
Locuteur

Le

7:52
Présentateur

processus de déconstruction a commencé bien avant la mort du grand homme. Le 28 avril 1969, le général de Gaulle démissionne à la suite du référendum où le non l'emporte contre sa politique. Désavoué,

8:07
Locuteur

il

8:08
Présentateur

quitte le pouvoir

8:09
Locuteur

avec

8:10
Présentateur

panache.

8:11
Locuteur

Si

8:12
Invité

je suis désavoué,

8:14
Locuteur

je

8:14
Invité

cesserai aussitôt

8:16
Locuteur

d

8:17
Invité

'exercer mes fonctions.

8:19
Locuteur

Un

8:22
Présentateur

mois et demi seulement après son départ, une première loi s'attaque à la famille traditionnelle. Le ministre de la Justice, René Pleven, propose de remplacer l'autorité paternelle par l'autorité parentale.

8:35
Locuteur

Une

8:35
Présentateur

révolution dans le code civil de 1804.

8:41
Locuteur

Les

8:42
Présentateur

débats parlementaires sont passionnés.

8:45
Locuteur

Et

8:45
Présentateur

les français sont divisés.

8:48
Locuteur

Qui

8:48
Invité

commande ? Le mari automatiquement. Vous aimeriez que ça change

8:52
Locuteur

?

8:52
Invité

Ah non, absolument pas.

8:54
Locuteur

Puisque

8:54
Invité

c

8:54
Locuteur

'est

8:54
Invité

lui qui ramène l'argent à la maison, il est donc nécessaire que la femme tienne sa place et fasse le ménage et s'occupe de ses enfants.

9:01
Locuteur

J

9:01
Invité

'estime que la femme a son mot à dire également en ce qui concerne l'éducation des enfants.

9:07
Locuteur

La

9:08
Présentateur

loi est adoptée et est en passe de modifier profondément la vie des familles françaises.

9:14
Locuteur

L

9:15
Invité

'épouse devient un peu plus légale de son mari. Son autorisation sera suffisante pour les actes habituels de gestion du ménage et d'éducation des enfants. Inscription dans une école, pratique du sport, autorisation d'intervention chirurgicale, demande de passeport.

9:31
Locuteur

Si

9:33
Présentateur

l'on en croit l'impérieux ministre, le père a donc été l'obstacle au bonheur de toutes les familles depuis toujours. Affreuses responsabilités historiques des hommes, tous coupables. Pourtant, si l'on en croit de nombreux pédopsychiatres, le grand Aldo Nahori en tête, le père est une invention capitale pour interdire l'inceste et mettre des obstacles à la fusion entre la mère et l'enfant.

9:56
Locuteur

Il

9:56
Présentateur

incarne l'autorité.

9:58
Locuteur

Mais

9:58
Présentateur

sans le soutien de la société, il n'est plus rien.

10:01
Locuteur

Il

10:02
Présentateur

n'est plus légitime pour incarner sa loi.

10:05
Locuteur

Il

10:05
Présentateur

est condamné à être une seconde mère.

10:08
Locuteur

Il

10:08
Invité

y

10:08
Locuteur

a

10:08
Invité

des tâches à fournir, il faut les faire, c'est tout.

10:11
Locuteur

Il

10:11
Invité

ne

10:11
Locuteur

s

10:11
Invité

'agit pas de faire un cloisonnement catégorique avec des

10:16
Locuteur

rôles bien

10:16
Invité

définis comme les gens

10:18
Locuteur

entreforts.

10:20
Présentateur

40 ans plus tard,

10:21
Locuteur

les

10:22
Présentateur

revendications en faveur de l'homoparentalité apparaîtront comme une continuité logique puisque la distinction entre les

10:28
Locuteur

sexes

10:29
Présentateur

du père et de la mère n'entre plus en ligne de considération pour définir leur rôle respectif.

10:46
Locuteur

Un

10:46
Présentateur

an plus tard,

10:47
Locuteur

en

10:47
Présentateur

France,

10:48
Locuteur

personne

10:49
Présentateur

ne s'intéresse au droit. C'est pourtant en ce jour du 16 juillet 1971 que nous avons abandonné sans le savoir les rivages de la République fondés depuis 1789 sur le suffrage du peuple et que nous sommes entrés les yeux fermés sur le chemin chaoteux du gouvernement des juges. La séance est ouverte.

11:09
Locuteur

Ce

11:10
Présentateur

jour de juillet,

11:11
Locuteur

le

11:11
Présentateur

Conseil constitutionnel annule une loi à Marcelin du nom du ministre de l'Intérieur de l'époque réglementant la loi d'association car elle déroge, selon les sages, à un des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République. Ces principes sont mentionnés dans le préambule de la Constitution de 1946, elle-même reprise dans le préambule de la Constitution de 1958.

11:36
Locuteur

Ce

11:37
Présentateur

qui signifie qu'ils ont été insérés comme une référence philosophique

11:41
Locuteur

et

11:42
Présentateur

non pas comme une prescription juridique.

11:45
Locuteur

La

11:46
Présentateur

manœuvre était habile et se révéla promise à un grand avenir. Le juge pioche et piochera dans la déclaration des droits de l'homme de 1789 ou encore dans celle de 1946 et plus tard dans les conventions européennes des droits de l'homme des principes qu'ils découvrent, interprètent, modèlent, façonnent

12:07
Locuteur

tel

12:07
Présentateur

un alchimiste doué. Le Conseil constitutionnel avait été créé à l'origine pour que le Parlement respecte bien les contraintes nouvelles que lui avait imposées la Constitution de la Ve République.

12:22
Locuteur

Il

12:22
Présentateur

n'y avait pas du tout été forgé

12:24
Locuteur

pour

12:25
Présentateur

contrôler la loi sur le fond.

12:28
Locuteur

Ce

12:28
Présentateur

jour-là,

12:29
Locuteur

les

12:29
Présentateur

juges du Palais Royal

12:31
Locuteur

ont

12:31
Présentateur

fomenté un véritable coup d'État.

12:36
Locuteur

À

12:37
Présentateur

partir de ce jour, les élus de la nation s'inclineront devant des juges non-élus. Conseil constitutionnel, Conseil d'État, puis Cour européenne de justice ou Cour européenne des droits de l'homme s'arrogeront des pouvoirs qui ne sont pas les leurs

12:51
Locuteur

pour

12:51
Présentateur

rendre des décisions politiques.

12:55
Locuteur

Le

12:55
Présentateur

Conseil constitutionnel allait au fil des années se transformer en une sorte de Cour suprême à l'américaine. Le général de Gaulle avait dit pourtant «

13:04
Locuteur

En

13:05
Présentateur

France, la Cour suprême, c'est le peuple

13:08
Locuteur

». Nous

13:12
Présentateur

en avons eu un exemple récent, en décembre 2023, lorsque un tiers de la loi sur l'immigration de M. Darmanin a été abrogé par le Conseil constitutionnel.

13:22
Invité

Le Conseil constitutionnel estime que 32 des articles de cette loi immigration n'avaient pas de rapport avec le texte original, qu'il s'agissait donc de cavaliers législatifs. Alors ils se défendent évidemment ici de toute décision politique.

13:34
Locuteur

C

13:34
Invité

'est un avis qui est basé sur le fond, un avis juridique. Quelques mois plus tard,

13:39
Présentateur

le président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius, précisait sa pensée dans une interview accordée au journal Le Monde. Que disait-il ? Il disait «

13:47
Locuteur

La

13:47
Présentateur

préférence nationale est anticonstitutionnelle

13:50
Locuteur

». Pour

13:52
Présentateur

attester cette phrase,

13:54
Locuteur

le

13:54
Présentateur

président du Conseil constitutionnel exhumait un article de la déclaration des droits de l'homme, même pas celle de 1789, non, celle de 1946, au texte aussi brumeux que généron. Laurent Fabius, en vérité, n'en a cure. Il s'impose ainsi au président de la République, au Parlement et au peuple français. Désormais, les juges vont s'octroyer un pouvoir de plus en plus important dans la société française. Après le Conseil constitutionnel, après les grands juges,

14:25
Locuteur

les

14:25
Présentateur

petits.

14:37
Locuteur

Le

14:37
Présentateur

6 avril 1972, à Bruy en Artois, dans le nord de la France, le cadavre d'une jeune fille est découvert sous de vieux pneus par deux enfants jouant au ballon dans un terrain vague.

14:49
Locuteur

L

14:50
Présentateur

'autopsie révélera qu'elle a été étranglée avec un foulard, frappée à coups de hache,

14:55
Locuteur

mais

14:55
Présentateur

pas violentée. Brigitte

14:57
Locuteur

n

14:57
Présentateur

'avait pas 16 ans.

14:59
Locuteur

Son

15:00
Présentateur

père, Louis De Verve, est un mineur des houillères, avec sa femme Thérèse, ils resteront dignes dans leur malheur comme des incarnations d'ouvriers chez Zola.

15:10
Locuteur

La

15:11
Présentateur

mort tragique de cet enfant du peuple sera annoncée par un entrefilet dans la presse locale.

15:17
Locuteur

L

15:18
Présentateur

'affaire est dirigée par le juge d'instruction Henri Pascal. A 52 ans, l'homme estime ne pas avoir eu la carrière qu'il mérite et s'est toujours senti déclassé.

15:28
Locuteur

Le

15:29
Présentateur

juge Pascal, comme on l'appellera rapidement, est un militant de la première heure du syndicat de la magistrature, né après mai 68.

15:38
Locuteur

Après

15:39
Présentateur

une enquête sommaire, il arrête le notaire de la ville, Jean-Pierre Leroy. Riche, membre du Rotary Club, l'homme qui n'est pas marié fréquente les bordels de l'île.

15:50
Locuteur

Le

15:50
Présentateur

juge a trouvé son coupable idéal et offre l'arrestation du notaire au photographe, menotte au poignet,

15:57
Locuteur

ce

15:57
Présentateur

qui déclenchera un ourvari médiatique jamais vu en France depuis l'affaire Dominici.

16:03
Locuteur

À

16:04
Invité

Bruet, en Artois, Pierre Leroy, notaire et fils de notaire, l'une des plus grosses fortunes du pays, est en prison. Malgré ses protestations, il est inculpé pour le meurtre d'une jeune fille de 16 ans, Brigitte Devers. Est-ce que vous avez des problèmes matériels ?

16:17
Locuteur

Non,

16:18
Invité

il n'y a pas de problèmes matériels caractérisés, tout repose sur des raisonnements, des raisonnements logiques, des déductions.

16:27
Présentateur

Les juges rouges avaient forgé une théorie et une pratique

16:31
Locuteur

de

16:31
Présentateur

la justice révolutionnaire. La lecture de Marx leur avait appris à faire du droit un instrument de la lutte des classes. Cette affaire de Bruet en Artois est la première mise en pratique de cette théorie de la justice révolutionnaire qui n'a pas grand-chose à voir avec la justice.

16:46
Locuteur

Le

16:46
Présentateur

petit juge sera bientôt rejoint par des alliés bruyants,

16:50
Locuteur

des

16:50
Présentateur

militants d'extrême-gauche, dits maoïstes, venus soutenir cette classe ouvrière qu'ils idolâtrent, et dans laquelle ils rêvent de s'immerger. Dans leur délire paranoïaque, ces militants cachent leur nom et prennent des pseudonymes.

17:06
Locuteur

Le

17:06
Présentateur

chef régional de l'organisation se fait appeler Marc.

17:09
Locuteur

Il

17:09
Présentateur

est chargé de garantir la pureté idéologique de l'opération et de mettre en place une agence de presse locale pour concurrencer la presse bourgeoise.

17:18
Locuteur

Marc s

17:19
Présentateur

'appelle de son vrai nom Serge Julie. Son journal

17:24
Locuteur

Pirate

17:26
Présentateur

utilise les journalistes militants de l'agence de presse Libération, créé neuf mois plus tôt sous le parrainage prestigieux de Jean-Paul Sartre

17:34
Locuteur

et

17:35
Présentateur

de Maurice Clavel.

17:37
Locuteur

Les

17:38
Présentateur

jeunes maoïstes sont des puritains qui vitupèrent contre la vie cochonne des bourgeois.

17:43
Locuteur

Le

17:52
Présentateur

1er mai 1972, La cause du peuple, le journal maoïste, publie une double page consacrée au crime et titrée « Et maintenant ils massacrent nos enfants » et sous-titrée de manière explicite « Le crime de Bruet, il n'y a qu'un bourgeois pour avoir fait ça ».

18:11
Locuteur

Le

18:12
Présentateur

juge Pascal n'a jamais présenté la moindre preuve matérielle de la culpabilité du notaire.

18:18
Locuteur

C

18:19
Présentateur

'est en se fondant sur son intime conviction

18:22
Locuteur

qu

18:22
Présentateur

'il inculpe le notaire pour homicide volontaire

18:25
Locuteur

et

18:26
Présentateur

qu'il le jette

18:26
Locuteur

en

18:27
Présentateur

prison.

18:28
Locuteur

«

18:28
Invité

À partir de maintenant je ne peux plus rien vous dire. Pourquoi donc, monsieur le juge ? »

18:31
Locuteur

«

18:31
Invité

En raison du secret de l'instruction, à partir de maintenant je veux me tenir strictement au secret de l'instruction.

18:36
Locuteur

Je

18:36
Invité

n

18:36
Locuteur

'ai

18:36
Invité

absolument rien à vous dire. Mais pourtant ces jours derniers vous acceptiez volontiers

18:40
Locuteur

de parler. » « Et bien maintenant il y en est

18:41
Invité

différemment je ne peux plus parler.

18:43
Locuteur

»

18:43
Présentateur

Trois mois plus tard, toujours en l'absence de preuve, la cour d'appel d'Amiens désavoue le juge et fait relâcher Pierre Leroy le 18 juillet 1972. Il ne sera jamais jugé.

18:57
Locuteur

L

18:57
Présentateur

'assassin ne sera jamais retrouvé et le juge Pascal se posera en victime d'une cabale contre sa corporation.

19:06
Locuteur

tous

19:07
Présentateur

ont été dépassés par cette guerre idéologique

19:10
Locuteur

mais

19:10
Présentateur

la justice française ne sera plus jamais la même.

19:14
Locuteur

Et

19:15
Présentateur

l'homme blanc hétérosexuel de la bourgeoisie française sera un coupable à jamais. Un coupable de tout,

19:22
Locuteur

un

19:22
Présentateur

coupable pour toujours.

19:34
Locuteur

Alors

19:35
Présentateur

que la France se passionne pour l'affaire de Bruy en Artois, le ministre de la justice René Pléven plastrone mais c'est pour une autre raison.

19:43
Locuteur

Il

19:43
Présentateur

est très fier de lui et pourtant, et pourtant sans le vouloir ni même le savoir, il va mettre fin à une certaine idée de la liberté d'expression en France par le vote d'une loi

19:53
Locuteur

ici

19:54
Présentateur

à l'Assemblée nationale le 1er juillet 1972.

19:59
Locuteur

Cette

20:00
Présentateur

loi visant à réprimer plus sévèrement le racisme fut ce genre de loi votée à la va-vite et à main levée dans des hémicycles aux trois quarts vides où les rares présents s'agitent en tous sens pour tourner les clés de vote de leurs chers petits camarades absents. Votez quasiment en catimini.

20:17
Locuteur

Elle

20:18
Présentateur

va pourtant nuire gravement à la démocratie française.

20:21
Locuteur

Les

20:22
Présentateur

députés examineront demain six propositions de loi car le racisme et la xénophobie sont insidieusement présents dans les actes, les paroles ou les écrits de tous les jours.

20:31
Locuteur

Dans

20:32
Présentateur

la presse et les moyens audiovisuels, un délit

20:34
Invité

nouveau serait créé. Toute

20:36
Présentateur

provocation à la discrimination raciale ou à la haine fondée sur l'origine ethnique, nationale ou sur l'appartenance ou non à une religion serait sévèrement punie.

20:47
Locuteur

La

20:47
Présentateur

diffamation raciste également.

20:50
Locuteur

Depuis

20:51
Présentateur

la loi Pléven,

20:52
Locuteur

la

20:52
Présentateur

presse et l'imprimerie ne sont plus libres en France. En dépit de la pureté de ses intentions, cette loi est une véritable régression. Elle introduit de la subjectivité là où régnait l'objectivité. elle condamne pour des intentions et non pour des faits. Elle donne au juge le droit et même le devoir de sonder les cœurs et les âmes. Les associations antiracistes pourraient se porter partie civile. Enfin, le code pénal serait complété

21:21
Invité

pour punir plus lourdement ceux qui, fonctionnaires ou particuliers, refusent pour des raisons raciales un emploi, un logement ou un service

21:30
Présentateur

à un étranger.

21:30
Locuteur

Ce

21:34
Présentateur

principe de non-discrimination entre Français et étrangers interdit toute préférence nationale, sape toute notion de frontière, ruine la différence entre l'intérieur et l'extérieur et assimile

21:46
Locuteur

le

21:47
Présentateur

patriotisme au racisme. La loi Pléven est potentiellement, sans que personne ne s'en soit rendu compte à l'époque, la dissolution programmée

21:57
Locuteur

de

21:57
Présentateur

la nation française

21:58
Locuteur

dans

21:59
Présentateur

un grand magma planétaire.

22:00
Locuteur

Les

22:12
Invité

voix

22:47
Locuteur

sont

22:49
Présentateur

les mêmes, douces, chaleureuses, mélancoliques, sans animosité aucune comme résignées.

22:56
Locuteur

Dans

22:57
Présentateur

nos souvenirs, les deux chansons se mélangent car les textes se mêlent. Le petit jardin est près de la chaussée d'Antin chez Jacques Dutronc et la maison est près de la fontaine chez Nino Ferrer.

23:11
Locuteur

Pour

23:11
Présentateur

nous, à leur place, il n'y a que du béton,

23:15
Locuteur

des

23:16
Présentateur

parkings

23:16
Locuteur

et

23:17
Présentateur

de l'hydrogène sulfuré.

23:19
Locuteur

On

23:19
Présentateur

ne sait plus qui dit quoi puisqu'ils chantent la même chose. Leur révolte juvénile, impuissante et pleurée pacifique, marque pourtant un basculement historique major.

23:33
Locuteur

Depuis

23:34
Présentateur

les Lumières, voire depuis la Renaissance, le progrès et le bonheur se conjuguait ensemble. Mais en cette fin d'année 1972, pour la première fois,

23:45
Locuteur

la

23:46
Présentateur

jeunesse

23:46
Locuteur

reniait le

23:48
Présentateur

progrès

23:49
Locuteur

en

23:50
Présentateur

reprenant les chansons de Nino Ferrer et de Jacques Dutronc.

23:54
Locuteur

L

23:55
Présentateur

'écologie politique commençait alors sa longue marche. Des jeunes gens chevelus occupent le Larzac et élèvent des chèvres en Ardèche, refusant la société industrielle devenue à leurs yeux la société de consommation.

24:11
Locuteur

Leur

24:12
Présentateur

archaïsme est alors furieusement moderne. Politiquement, ils se placent aux antipodes de la droite mauracienne et traditionnaliste qu'ils abordent en reprenant pourtant toutes ces intuitions.

24:24
Locuteur

La

24:24
Présentateur

longue marche des verres en politique commençait alors. Ceux qui l'ont vu se souviennent encore de l'ingénieur agronome René Dumont, premier candidat écologiste de l'histoire, buvant un verre d'eau lors de la campagne de l'élection présidentielle de 1974.

24:38
Locuteur

C

24:39
Présentateur

'est pourquoi je bois devant vous un verre d'eau précieuse puisque avant la fin du siècle, si nous continuons un tel débordement, elle manquera. puis de la légèreté aristocratique de Brice Lalonde et de la perruque

24:54
Locuteur

d

24:54
Présentateur

'Antoine Wechter.

24:56
Locuteur

Ils

24:57
Présentateur

se feront bientôt écraser

24:59
Locuteur

par

25:00
Présentateur

une extrême gauche qui réussira son opéat sur l'écologie politique par ses méthodes impitoyables et sectaires. Alors,

25:08
Locuteur

les

25:09
Présentateur

verres deviendront ce curieux parti qui s'adresse non pas aux paysans, mais aux petits bourgeois des villes,

25:16
Locuteur

qui

25:17
Présentateur

contestent la mondialisation

25:19
Locuteur

mais

25:19
Présentateur

qui détestent les frontières,

25:21
Locuteur

qui

25:22
Présentateur

veulent des produits fabriqués localement mais avec une main d'oeuvre venue du monde entier, qui rejettent l'énergie nucléaire alors que c'est l'énergie la moins carbonée. rien de très cohérent pour un esprit rationnel mais

25:35
Locuteur

avec

25:36
Présentateur

l'écologie politique nous ne sommes plus dans le registre de la raison,

25:41
Locuteur

nous

25:41
Présentateur

sommes dans le domaine de la foi. Revoir aujourd'hui Elle court, elle court la banlieue nous transporte des siècles en arrière dans un univers presque aussi exotique qu'un film en costume du 18e siècle. Cette comédie nous plonge dans la vie d'un couple qui s'installe dans une cité moderne de la grande banlieue parisienne

26:11
Locuteur

à

26:12
Présentateur

Auberge-en-Ville.

26:13
Locuteur

Non,

26:14
Présentateur

la banlieue n'a pas toujours été ce rebut désolé, redouté.

26:18
Locuteur

Elle

26:19
Présentateur

fut une destination rêvée et même désirée par des familles venues de la campagne qui découvraient et baubis

26:25
Locuteur

les

26:26
Présentateur

conforts de la ville moderne. Salle de bain, chauffage central et les jeunes couples des centres-villes qui y trouvaient enfin de l'espace pour leur progéniture.

26:37
Locuteur

On

26:37
Invité

vous offrirait les mêmes prix à Paris.

26:39
Locuteur

Est

26:39
Invité

-ce que vous préféreriez à

26:40
Locuteur

l

26:40
Invité

'été Paris ?

26:41
Locuteur

Non, non, non,

26:41
Invité

absolument

26:41
Locuteur

pas. Pourquoi ? Parce

26:43
Invité

que c

26:44
Locuteur

'est... On

26:44
Présentateur

est beaucoup moins libre. En fait, c'est le bruit, c'est la circulation. Ici, on est quand même au calme.

26:49
Locuteur

La

26:49
Présentateur

banlieue heureuse a vraiment existé et elle ne fut pas une chimère

26:52
Locuteur

avant

26:53
Présentateur

de devenir cette zone de non-droit, ce ghetto pour trafiquants de drogue et délinquants en tout genre. Toutes les explications échafaudées par les sociologues, les urbanistes, les géographes pour justifier la situation actuelle s'effondrent en quelques images.

27:10
Locuteur

Non,

27:11
Présentateur

ce ne sont pas les tours en hauteur, les cages d'escaliers ou l'absence de rues

27:15
Locuteur

qui

27:16
Présentateur

provoquent les bandes et la violence.

27:18
Locuteur

Ce

27:19
Présentateur

sont les bandes et la violence qui transforment le paradis en enfer. Ce ne sont pas les structures, mais les populations et même le changement de population

27:28
Locuteur

qui

27:29
Présentateur

façonne l'environnement.

27:33
Locuteur

dans

27:34
Présentateur

Elle court, elle court, la banlieue, les conflits existent, ne sont pas à nier, mais sont avant tout générationnels.

27:42
Locuteur

Les

27:42
Présentateur

heurts restent encore discrets, peu de violence, encore moins de haine. Il n'y a pas de viol, pas de trafic.

27:49
Locuteur

On

27:49
Présentateur

ne tire pas sur la police et les commissariats ne sont pas barricadés derrière des pégrillages. Les médecins, ni les pompiers, ni les professeurs ne sont passés à tabac.

27:59
Locuteur

On

27:59
Présentateur

sent que l'époque

28:00
Locuteur

n

28:01
Présentateur

'imagine même pas de tels débordements.

28:07
Locuteur

La

28:07
Présentateur

banlieue est alors tenue en main par le Parti communiste qui, avec ses innombrables associations, crée et forge le lien social indispensable à ses populations.

28:18
Locuteur

Une

28:19
Présentateur

église matérialiste qui a son Saint-Siège à Moscou, remplaçant une église catholique en déclin. C'est ce monde-là que le capitalisme consumériste, les idéologies libertaires et l'immigration de masse s'apprêtent à détruire.

28:40
Locuteur

A

28:41
Présentateur

l'époque, l'État fait un effort financier considérable au service de la banlieue et de ses habitants.

28:47
Locuteur

Le

28:47
Présentateur

25 avril 1973, sous Georges Pompidou, on inaugure le boulevard périphérique qui facilite les liens entre Paris et sa banlieue.

28:56
Locuteur

Et

28:57
Présentateur

c'est le même pouvoir gaulliste qui lance les lignes de RER pour renforcer et supplanter les traditionnels trains de banlieue dépassés par l'afflux soudain de populations.

29:05
Locuteur

Mais

29:08
Présentateur

le RER, boulot dodo, fatigue ses nouvelles classes moyennes du tertiaire embourgeoisées par les Trente Glorieuses. Elle délaisse la banlieue, débarque dans les quartiers populaires de l'Est parisien et annonce sa gentrification et les futurs bobos.

29:25
Locuteur

La

29:26
Présentateur

place est libre dans les périphéries des grandes villes pour d'autres populations venues principalement du Maghreb et de l'Afrique.

29:34
Locuteur

Aujourd

29:34
Présentateur

'hui, elle court toujours la banlieue mais elle court à l'abîme. Elle ne le sait pas alors elle ne l'imagine même pas. Ce film restera à la trace enfouie d'un moment de bonheur fragile et ingénieux. Vingt ans après, le prochain film sur la banlieue s'intitulera

29:52
Locuteur

La

29:53
Présentateur

haine.

30:27
Locuteur

Michel

30:27
Présentateur

Delpeche est un de ces chanteurs talentueux et populaires qui incarnent l'avènement de la génération du baby boom.

30:34
Locuteur

Il

30:35
Présentateur

chante pour elle, il chante ses émois, ses découvertes, ses coups de cœur. Il chante aussi ses peines et ses choix. Avec une grande sensibilité, il est en train de former les contours d'un divorce banalisé et déculpabilisé. Plus question de se déchirer, plus question de s'inventer des fautes des adultères, des constats du huissier.

31:08
Locuteur

Il

31:08
Présentateur

est l'homme des arrangements et des compromis.

31:11
Locuteur

Il

31:11
Présentateur

est au-delà des rancunes, des mesquineries, des haines, même dans la rupture. Le cocu n'est plus furieux des ridicules.

31:19
Locuteur

Il

31:20
Présentateur

est compréhensif.

31:21
Invité

Tu pourrais même faire aussi

31:23
Locuteur

un

31:24
Invité

demi-frère à Stéphanie.

31:26
Locuteur

Ce

31:27
Présentateur

serait merveilleux pour elle. Michel Delpech le compte d'une voix affectueuse. Il fait la paix, pas la guerre.

31:34
Locuteur

Il

31:34
Présentateur

chante un nouveau mode de vie. Pendant des siècles, le mariage fut une institution essentielle à la stabilité des familles et à la société.

31:46
Locuteur

Le

31:46
Présentateur

divorce, rendu légal en 1884 mais resté au fond illégitime, doit rester exceptionnel. L'ensemble de la société, législateurs, justice, église, s'efforce donc de le limiter.

31:58
Locuteur

Une

31:59
Présentateur

société où la pérennité de la famille est préférée au bonheur des individus,

32:03
Locuteur

où

32:03
Présentateur

on ne divorce pas

32:04
Locuteur

pour

32:05
Présentateur

préserver les enfants.

32:07
Locuteur

Mais

32:07
Présentateur

au début des années 70, la libération des mœurs vécues de manière anarchique pousse à la multiplication des séparations.

32:14
Locuteur

Les

32:15
Présentateur

lourdeurs juridiques du divorce freinent une génération pressée et impatiente.

32:19
Locuteur

Les

32:19
Présentateur

femmes sont à la pointe de cette révolution. Elles poussent au mariage d'amour et veulent pouvoir refaire leur vie quand l'amour s'éloigne. Elles demandent le divorce quand leur époux les trahi ou quand elles ont trouvé une nouvelle âme seule.

32:38
Locuteur

Cette

32:38
Présentateur

chanson de Michel Delpech sous son air anodin annonçait une mutation des valeurs radicales.

32:44
Locuteur

Toute

32:45
Présentateur

l'histoire du divorce nous est annoncée en quelques vers.

32:49
Locuteur

La

32:49
Présentateur

souffrance ineffable des enfants, la négation des pères, les familles recomposées. Deux ans plus tard,

32:56
Locuteur

en

32:56
Présentateur

1975, une loi autorise

32:59
Locuteur

le

32:59
Présentateur

divorce par consentement mutuel.

33:11
Locuteur

D

33:12
Invité

'un côté, les grands, les super ou hypermarchés.

33:15
Locuteur

De

33:15
Invité

l'autre, les petits, les petits commerçants, les petits artisans, ceux qui ont trouvé cet été un défenseur acharné, Jean Royer.

33:23
Locuteur

En

33:23
Présentateur

ce début des années 70, Jean Royer est maire de Tours mais il est aussi ministre du commerce et de l'artisanat. Aux yeux de la gauche mais aussi de nombreux gaullistes et libéraux, il incarne la figure emblématique de l'infâme conservateur du réactionnaire Fieffet.

33:39
Locuteur

Il

33:40
Présentateur

connaît bien les petits commerçants de sa ville de Tours et a à cœur de les défendre.

33:44
Locuteur

C

33:45
Présentateur

'est à cette époque-là que s'installent dans les périphéries des villes les premiers supermarchés.

33:52
Locuteur

Le

33:53
Présentateur

premier hypermarché Carrefour, créé en 1963 par Marcel Fournier à Saint-Geneuve-des-Bois, est d'une superficie de 2500 mètres carrés avec 400 places de stationnement.

34:04
Locuteur

Pour

34:05
Présentateur

limiter la prolifération de ces grandes surfaces et défendre les petits commerçants, Jean Royer rédige une loi cadenas rendant obligatoire une autorisation administrative pour toute création de grandes surfaces supérieures à 1500 mètres carrés.

34:21
Locuteur

Il

34:22
Invité

faut tout aussi bien écarter le corporatisme que surtout écarter l'anarchie dans la prolifération des grandes surfaces qui conduiraient à écraser à l'amont les petits concurrents.

34:34
Locuteur

En

34:35
Présentateur

obtenant le vote de sa loi, Jean Royer a gagné une bataille.

34:39
Locuteur

Mais

34:40
Présentateur

il va perdre la guerre. Les hyper et les super devinrent à cette époque les temples de la nouvelle religion où on se précipitait en famille alors qu'on désertait les anciennes églises. Nos élites

34:51
Locuteur

faisaient

34:52
Présentateur

alors le choix qu'on allait payer des années plus tard du consommateur contre le producteur, des importations contre les exportations, des prix bas

35:03
Locuteur

contre

35:03
Présentateur

la qualité, de la finance contre l'industrie et de l'agrobusiness contre les paysans.

35:09
Locuteur

En

35:10
Présentateur

centre-ville, les rideaux se ferment les uns après les autres. Les rues se désertifient.

35:16
Locuteur

Les

35:17
Présentateur

commerces de bouche périclite. Seules, les boutiques de vêtements et de luxe subsistent.

35:23
Locuteur

Le

35:23
Présentateur

commerce urbain est devenu le royaume des succursalistes, des franchisés, des financiers.

35:29
Locuteur

Les

35:29
Présentateur

technocrates qui avaient favorisé l'essor de la grande distribution en sont devenus les patrons.

35:35
Locuteur

Aujourd

35:36
Présentateur

'hui, toutes les entrées de nos villes sont abîmées par des blocs d'usines et des panneaux publicitaires.

35:41
Locuteur

Mais

35:42
Présentateur

la grande distribution est intouchable, inattaquable, inatteignable, indéboulonnable.

35:48
Locuteur

Les

35:48
Présentateur

gouvernements tremblent devant un coup de gueule télévisuel de Michel-Edouard Leclerc. Bonjour, merci de m'accueillir.

35:53
Locuteur

ou

35:53
Présentateur

une pression discrète des patrons de carrefours ou de casinos. Il y a des financiers qui sont pour l'inflation et donc c'est un combat politique. Ce n'est pas qu'un combat entre distributeurs et industriels.

36:06
Locuteur

Les

36:07
Présentateur

politiques défendent le pouvoir d'achat.

36:09
Locuteur

La

36:10
Présentateur

grande distribution agit pour les prix bas.

36:12
Locuteur

Les

36:12
Présentateur

politiques luttent contre le chômage, en particulier celui des non qualifiés.

36:16
Locuteur

La

36:17
Présentateur

grande distribution aussi. 3 millions de salariés y travaillent, 20% des emplois privés. Ils créent entre 10 000 et 20 000 emplois par an. Et tant pis

36:28
Locuteur

si

36:28
Présentateur

3 emplois de proximité sont détruits pour un emploi créé dans la grande distribution. Celle-ci a forgé un nouveau prolétariat à la Zola, en majorité féminin, taillable et corvéable. A Merci.

36:42
Locuteur

La

36:42
Présentateur

religion des prix bas alimente le chômage de basse. Il y a dans chaque client de grande surface un consommateur qui détruit son propre emploi.

36:50
Locuteur

On

36:51
Présentateur

peut dire que les grandes surfaces ont été des pouces au crime de la désindustrialisation, de la délocalisation

36:57
Locuteur

et

36:58
Présentateur

de la malbouffe.

37:11
Locuteur

Le

37:12
Présentateur

20 mars 1974 sort dans les salles Les Valseuses de Bertrand Blier. Ce film-choc, interdit au moins de 18 ans, imprime sur pellicule l'esprit de la jeunesse

37:23
Locuteur

dans

37:24
Présentateur

les années 70.

37:24
Locuteur

« Ils

37:26
Présentateur

ne respectent rien. Ils sont jeunes, drôles, truculents.

37:30
Locuteur

Un

37:30
Présentateur

amoralisme joyeux les anime.

37:33
Locuteur

Ils

37:33
Présentateur

volent et squattent sans vergogne.

37:35
Locuteur

Les

37:35
Présentateur

deux compères des Valseuses prennent l'hexagone pour un grand self-service où ils se servent sans se gêner. Les deux garçons, interprétés avec un naturel exubérant par Gérard Depardieu et Patrick Devers, errent en liberté dans une France transformée en Far West en compagnie de leur égérie jouée par une actrice sortie du café-théâtre Miu Miu

37:54
Locuteur

qu

37:55
Présentateur

'ils partagent comme une bonne bouteille de vin sans se poser de questions éthiques ou sentimentales.

38:01
Locuteur

Le

38:01
Présentateur

film Les Valseuses met en scène une double subversion nihiliste.

38:05
Locuteur

Elle

38:06
Présentateur

fait de la sexualité ostentatoire et de la délinquance les ingrédients d'une formidable contre-culture qui va peu à peu subvertir puis remplacer. la culture traditionnelle. A partir des années 80, cette contre-culture deviendra culture officielle puis, avec l'arrivée de la gauche au pouvoir, elle deviendra culture d'État.

38:27
Locuteur

La

38:27
Présentateur

prison

38:28
Locuteur

et

38:29
Présentateur

la famille deviendront des objets de détestation identique. Toute la société en sera durablement déstabilisée. La délinquance en sortira renforcée, démultipliée, décuplée et les défenseurs de l'ordre

38:44
Locuteur

seront

38:45
Présentateur

désormais

38:45
Locuteur

affaiblis,

38:47
Présentateur

fragilisées, délégitimées.

38:50
Locuteur

Les

38:51
Présentateur

sociologues nous expliqueront doctement que, à l'instar de la différence des sexes, l'insécurité n'existe pas.

38:59
Locuteur

qu

38:59
Présentateur

'il n'y a qu'un sentiment d'insécurité qu'il faut combattre.

39:03
Locuteur

Ce

39:03
Invité

qu'il ne faudrait pas, c'est que la population française en général se crispe sur ses peurs, se crispe sur cette espèce de montée de la violence

39:12
Locuteur

qu

39:12
Invité

'on a quand même un petit peu fabriquée,

39:13
Locuteur

il

39:13
Invité

faut le dire, et du coup, renforce cette spirale en excluant davantage qui entraînera plus de violence, qui entraînera plus d 'exclusion, on ne s'en sortira pas. Très souvent, les jeunes reprocessent aux policiers d'avoir des méthodes trop sévères avec eux, voire d'être racistes. Quelle est votre position ? Absolument pas. C'est-à-dire, de notre part, non, aucun racisme. Mais bien sûr, du fait que une intervention se fait, automatiquement, si ce n'est pas un français, la personne qui est interpellée, elle pense à pour du racisme.

39:48
Présentateur

Ce que nous appelions délinquance

39:51
Locuteur

sera

39:52
Présentateur

appelé désormais victime. Et ce que nous appelions victime sera appelé désormais coupable.

39:57
Locuteur

ne

39:58
Présentateur

restera que le mépris d'une loi ridiculisée et des prédateurs arrogants qui s'empareront de tout ce qu'ils convoiteront jusqu'aux femmes

40:07
Locuteur

avec

40:08
Présentateur

la haine de la France

40:09
Locuteur

comme

40:10
Présentateur

drapeau.

40:22
Invité

Mesdames, messieurs, le débat entre les deux candidats, M. Valéry Giscard d'Estaing et M. François Mitterrand,

40:30
Locuteur

le

40:31
Invité

19 mai, vous élirez l'un de ces deux candidats président de la République.

40:38
Présentateur

Ce soir-là, 20 millions de Français assistent au duel télévisé entre le socialiste François Mitterrand et le libéral Valéry Giscard d'Estaing.

40:46
Locuteur

Nous

40:46
Présentateur

sommes à quelques jours du second tour de l'élection présidentielle.

40:50
Locuteur

Le

40:51
Présentateur

spectacle fut brillant, les duelistes talentueux. Jamais, jamais, leurs successeurs

40:56
Locuteur

ne

40:57
Présentateur

parvint à leur niveau.

40:58
Locuteur

Le

40:59
Présentateur

débat est élevé,

41:01
Locuteur

le

41:01
Présentateur

vocabulaire est riche,

41:02
Locuteur

les

41:03
Présentateur

échanges tendus.

41:05
Invité

Laissez-moi vous dire,

41:05
Locuteur

je vous venez de dire qu'elle ne correspond plus

41:07
Invité

à la réalité politique

41:08
Présentateur

française. Nous avons un débat précis,

41:10
Locuteur

il faut informer les Français. Je m'excuse d'avoir à vous

41:13
Présentateur

répéter que je l'ai déjà dit. L'histoire a retenu de tout le débat une réplique savamment préparée par Valéry Giscard d'Estaing et placée fort à propos.

41:23
Invité

Je vais vous dire quelque chose que je trouve toujours choquant et blessant

41:27
Locuteur

de

41:28
Invité

s'arroger le monopole du cœur. Vous n'avez pas, M. Mitterrand, le monopole du cœur. Vous ne

41:33
Locuteur

l

41:33
Invité

'avez pas.

41:34
Locuteur

J

41:34
Invité

'ai un cœur comme le vôtre qui bat sa cadence et qui est le mien. Vous n

41:38
Présentateur

'avez pas le monopole du cœur.

41:41
Locuteur

Mais

41:41
Présentateur

la vérité est que la suite

41:42
Locuteur

est

41:43
Présentateur

encore plus intéressante que cette formule célèbre. Je suis convaincu que si

41:47
Invité

je suis élu président de la République, les personnes âgées, les travailleurs au SMIC, les jeunes en ce qui concerne la formation scolaire, rurale ou citadine, M. Mitterrand, ils connaîtront exactement les mêmes réalisations que celles que vous ambitionnez de faire. Seulement, moi, je ferai ces réalisations à partir d'une économie en progrès. Alors que vous, vous avez l'idée étrange en réalité de vouloir faire ces réalisations

42:09
Locuteur

à

42:09
Invité

partir d'une économie brisée.

42:11
Locuteur

Les

42:11
Présentateur

Français croient alors qu'ils vont devoir faire un choix de société entre libéralisme et collectivisme.

42:17
Locuteur

En

42:17
Présentateur

réalité, les deux champions de la vie politique nationale des années 70 conduisaient le pays, sans le dire, peut-être même, sans s'en douter, vers le même modèle économique et social, à savoir la social-démocratie.

42:31
Locuteur

Alors, lorsque

42:33
Présentateur

Valéry Giscard d'Esta a gagné avec son libéralisme avancé,

42:37
Locuteur

il

42:38
Présentateur

a en vérité fait le lit

42:39
Locuteur

d

42:40
Présentateur

'une société libérée des carcans de la tradition

42:43
Locuteur

et

42:44
Présentateur

qui ne pourrait que se donner à la gauche

42:46
Locuteur

sept

42:47
Présentateur

ans plus tard.

42:59
Locuteur

L

42:59
Invité

'ordre

42:59
Locuteur

du

43:00
Invité

jour appelle la discussion du projet de loi relatif à l'interruption volontaire de la grossesse.

43:07
Locuteur

La

43:07
Invité

parole est à Mme le ministre de la Santé.

43:10
Locuteur

J

43:14
Invité

'interviens aujourd'hui à cette tribune

43:16
Locuteur

pour

43:16
Invité

proposer aux élus de la nation une profonde modification de la législation sur l'avortement, un projet

43:23
Locuteur

qui,

43:24
Invité

selon les termes même du président de la République,

43:27
Locuteur

a

43:27
Invité

pour objet de mettre fin à une situation de désordre et d'injustice

43:30
Locuteur

et

43:31
Invité

d'apporter une solution mesurée et humaine à un des problèmes les plus difficiles de notre temps.

43:37
Locuteur

Du

43:37
Présentateur

14 au 17 janvier 1975, l'Assemblée nationale a examiné un texte de loi devenu légendaire. Porté par Simone Veil, il légalisait l'interruption volontaire de grossesse.

43:48
Locuteur

Les

43:49
Présentateur

débats furent agités dans toute la société.

43:54
Locuteur

Les

43:54
Invité

militantes féministes réclament en toute priorité une sexualité heureuse et déchargée des angoissants problèmes matériels et elles revendiquent la contraception libre et gratuite et la liberté de l'avortement.

44:10
Locuteur

Dans

44:11
Présentateur

l'hémicycle comme dans l'opinion, c'est l'opposition entre le progrès et la réaction, entre la liberté des femmes et la répression par les hommes, entre les gentils et les méchants, entre la gauche et la droite.

44:23
Locuteur

Mais

44:23
Présentateur

pour une fois, essayons de regarder à travers les yeux des opposants, ceux qui ont perdu, les vaincus

44:29
Locuteur

et

44:30
Présentateur

le plus prestigieux d'entre eux, Michel Debray.

44:32
Locuteur

«

44:33
Invité

J'ai honte

44:34
Locuteur

de

44:35
Invité

l'ignorance dont font preuve au regard du bonheur humain

44:38
Locuteur

comme

44:39
Invité

au regard de la nation, les propagateurs ou les complices d'une action hostile à l'enfant.

44:44
Locuteur

»

44:45
Présentateur

Michou la colère. Ainsi l'appelait-on alors dans un sarcasme méprisant. Lorsque Michel Debray s'oppose à cette loi, il ne sort ni son revolver ni son crucifix. Il sort sa calculette. Il compte et il pleure. Il compte

44:58
Locuteur

les

44:59
Présentateur

enfants perdus, selon lui, par la France et il se lamente sur la puissance perdue à tout jamais. Il parle de démographie, il parle d'intérêt national dans la compétition mondiale.

45:10
Invité

« Il faut, dans les sociétés modernes, rééquilibrer les situations afin d'encourager conception et naissance.

45:19
Locuteur

Il

45:19
Invité

y va, mes chers collègues, de l'intérêt de la famille,

45:23
Locuteur

de

45:23
Invité

l'intérêt de la nation, de l'intérêt de la femme.

45:26
Locuteur

»

45:27
Présentateur

Mais son discours n'est pas entendu.

45:29
Locuteur

«

45:29
Invité

Pour 284, contre 189,

45:35
Locuteur

l

45:35
Invité

'Assemblée nationale a adopté.

45:39
Locuteur

» Ce

45:40
Présentateur

mouvement est irréversible, universel. Cette année-là, en 1975, l'ONU a décrété l'année de la femme et depuis lors,

45:47
Locuteur

la

45:48
Présentateur

baisse de la natalité française n'a cessé de s'aggraver.

45:51
Locuteur

Mais un

45:53
Présentateur

an plus tard, un décret pris discrètement par le gouvernement

45:56
Locuteur

va

45:57
Présentateur

régler, croit-on, cette question de la natalité française. Ce décret, pris le 29 avril 1976, instaure

46:04
Locuteur

le

46:05
Présentateur

regroupement familial.

46:16
Locuteur

Le

46:17
Présentateur

président Pompidou

46:18
Locuteur

a

46:18
Présentateur

fait venir des millions de travailleurs immigrés dans les usines françaises. Recrutés dans les campagnes algériennes et marocaines,

46:26
Locuteur

de

46:27
Présentateur

préférence à des citadins urbains trop éduqués, paradoxalement trop francisés.

46:32
Locuteur

Une

46:33
Présentateur

main-d'oeuvre

46:33
Locuteur

peu

46:34
Présentateur

chère

46:35
Locuteur

et

46:36
Présentateur

corvéable à Merci qui fait le bonheur des patrons du bâtiment et de l'automobile.

46:40
Locuteur

«

46:41
Invité

Nous avions exclusivement ou pratiquement exclusivement la main-d'oeuvre française.

46:47
Locuteur

Pour

46:48
Invité

arriver à l'attirer, nous serions obligés

46:50
Locuteur

de

46:51
Invité

la payer

46:51
Locuteur

25

46:54
Invité

et 30 % plus cher.

46:56
Locuteur

»

46:56
Présentateur

Quelques années plus tard,

46:57
Locuteur

le

46:58
Présentateur

président Giscard d'Estaing, lui,

47:00
Locuteur

pour

47:01
Présentateur

des raisons humanitaires, prendra un décret qui va changer

47:05
Locuteur

la

47:05
Présentateur

face de la France, le regroupement familial.

47:07
Locuteur

«

47:08
Présentateur

Nous voulons

47:09
Invité

encourager l'immigration familiale régulière, c'est-à-dire faire en sorte que les femmes étrangères utilisent le dispositif que nous avons mis en place.

47:16
Locuteur

Et

47:16
Invité

pour cela, nous avons prévu un certain nombre d'incitations, en particulier une prime d'installation qui couvrira en gros trois mois de loyer et qui permettra à la famille d'arriver avec un bon départ.

47:28
Locuteur

» Une

47:28
Présentateur

alliance improbable voit alors le jour entre, d'un côté, les humanistes, conseillers d'État, épiscopats ouverts sur le monde ou encore démocrates chrétiens et le patronat. Après la prise de ce décret, le 29 avril 1976, des centaines de milliers de femmes et d'enfants quittent leur douard

47:47
Locuteur

pour

47:48
Présentateur

rejoindre un mari ou un père qu'ils connaissent à peine. Aussitôt, pour les services sociaux et du logement, c'est le branle-bas de combats. Leur principe est simple, ces populations ne sont pas différentes des paysans français venus dans les villes au 19e siècle. Elles doivent donc être assimilées et éduquées à se servir d'une brosse à dents, d'un stylo, d'une machine à laver

48:10
Locuteur

et

48:11
Présentateur

à suivre les études de leurs enfants à l'école.

48:13
Locuteur

Quand

48:14
Invité

j'ai parlé du couscous, bien entendu, on ne donne pas du couscous à un bébé.

48:18
Locuteur

On

48:18
Invité

peut commencer à donner la semoule, oui, le jus, pas,

48:23
Locuteur

parce

48:23
Invité

que ça pique et puis ce n

48:25
Locuteur

'est

48:25
Invité

pas très bon pour lui.

48:26
Locuteur

Tout

48:27
Présentateur

le monde y croit

48:28
Locuteur

ou

48:28
Présentateur

fait semblant d'y croire, oubliant la prophétie du général de Gaulle comparant les arabes et les français à l'huile et au vinaigre. Au bout d'un moment, disait le général, ils se séparent. Quelques années avant sa mort, en 2020, le président Valéry Giscard d'Estaing reconnaîtra que le regroupement familial aura été sa plus grave erreur de son septennat.

49:02
Locuteur

Dupont

49:02
Invité

-Lajoie, le film d'Yves Boisset, c'est le racisme au coin de la rue. Ce film, nous allons le voir ce soir et nous devons nous demander à cette occasion si nous ne sommes pas un peu comme les personnages de ce film, comme ces français qui n'aiment pas les arabes, qui les chargent de tous les mots et qui n'hésitent pas parfois à les corriger comme, soi-disant, ils le méritent.

49:27
Présentateur

Dans son film, sorti au cinéma le 26 février 1975, Yves Boisset y dépeint une caricature du français beauf et raciste. Il est un peu question de tout ce qui préoccupe le français moyen, de tout ce qui vous préoccupe, de tout ce qui me préoccupe, c'est-à-dire la bouffe, le cul, la voiture, la télévision et, entre autres choses, aussi le racisme qui est un problème qui nous préoccupe tous. Ils sont laids, bêtes et méchants.

49:53
Locuteur

Ils

49:54
Présentateur

sont vulgaires et libidineux, xénophobes, misogynes et racistes.

50:00
Locuteur

Ils

50:00
Présentateur

jouent au tiercé, boivent des coups au comptoir et passent leurs vacances au camping. Jean Carmet et Ginette Garcin composent un couple de Thénardier-Séventis avec un rare talent. Cosette est joué par Isabelle Huppert au sortir de l'enfance. Elle meurt pour avoir résisté à la tentative de viol du père Thénardier qui la cache dans un chantier voisin pour faire accuser un travailleur immigré. Dans Dupont-la-Joye, Yves Boisset forge une mythologie.

50:27
Locuteur

Ces

50:28
Présentateur

Arabes superbes sont aux yeux de sa caméra les nouveaux prolétaires exploités et méprisés tandis que les ouvriers employés représentants de commerce de la petite bourgeoisie franchouillarde

50:40
Locuteur

sont

50:41
Présentateur

voués aux gémonies. Boisset n'est pas le seul à mépriser le peuple français. A la même époque, d'autres portent le fer dans la même plaie. Dans Hexagone, Renaud traite les Français de roi des cons.

50:56
Locuteur

La

50:56
Invité

France des Versaillais, la France de Vichy, la France des collabos, la France de la bêtise et de la haine, la France de Le Pen. Voici Hexagone.

51:02
Locuteur

Cabu

51:03
Présentateur

dessine les beaufs et Coluche brocard de Gérard, le père alcoolique qui reproche à son fils de fumer des pétards.

51:11
Locuteur

Gérard ! Pour

51:13
Présentateur

la première fois dans les années 70, les jeunes révoltés ne s'en prennent pas seulement aux classes supérieures, aristocratie ou bourgeoisie, mais aussi aux classes populaires. Quelques années plus tôt, ils ne juraient pourtant que par le prolétariat, le monde ouvrier, sanctifié et même idolâtré.

51:33
Locuteur

Mais

51:34
Présentateur

en mai 68, la rencontre de ces jeunes révoltés et de leurs héros prolétariens s'était mal passée. Les ouvriers, cornacés par la CGT, ont repoussé les gauchistes à la sortie des usines Renault.

51:48
Locuteur

Les

51:49
Présentateur

ouvriers ne voulaient pas faire la révolution,

51:51
Locuteur

mais

51:52
Présentateur

acquérir le confort petit-bourgeois.

51:55
Locuteur

Ils

51:55
Présentateur

ne désiraient pas détruire la société de consommation,

51:58
Locuteur

mais

51:59
Présentateur

y entraient.

52:01
Locuteur

Alors, cette

52:02
Présentateur

jeunesse trouvera son nouveau peuple élu, l'immigré, victime du peuple français, vulgaire et forcément raciste.

52:10
Locuteur

À

52:10
Présentateur

la fin du film, le jeune arabe dont le frère a été tué dans la ratonnade improvisée fait irruption dans le café de Jean Carmet avec une arme à la main.

52:19
Locuteur

Il

52:20
Présentateur

met en joue

52:20
Locuteur

et

52:21
Présentateur

tire.

52:23
Locuteur

Le

52:23
Présentateur

film s'achève

52:24
Locuteur

sur

52:25
Présentateur

un appel au meurtre.

52:26
Locuteur

Le

52:26
Présentateur

peuple français doit mourir.

52:28
Locuteur

Un

52:40
Présentateur

même collège pour tous. C'est un peu le slogan de la réforme de l'enseignement mise au point par M. Abhi et qu'il vient d'écrire dans le détail cet après-midi au cours d'une conférence de presse.

52:51
Locuteur

En

52:51
Présentateur

ce début d'année 1975, collégiens et lycéens envahissent les rues des grandes villes de France.

52:57
Locuteur

Abhi, ça suffit ! Ils

52:59
Présentateur

manifestent contre la loi Abhi du nom du ministre giscardien de l'éducation nationale. Pourtant, cette loi aspirée des revendications de la gauche devrait les réjouir puisqu'elle met en place le collège unique. Fini la sélection opérée entre les élèves dirigés vers l'enseignement général et ceux orientés vers l'enseignement technique.

53:17
Locuteur

Ça, la

53:19
Invité

réforme n'en veut plus.

53:21
Locuteur

Il

53:21
Invité

n'y aura plus de filière d'entrée en sixième.

53:23
Locuteur

Les

53:23
Invité

mêmes classes pour tous, les mêmes programmes pour tous. Et pour ceux qui sont à la traîne, un soutien particulier des professeurs.

53:30
Locuteur

Un

53:30
Invité

enfant doit avoir plusieurs années pour faire ses preuves.

53:32
Locuteur

«

53:33
Présentateur

Tout le monde ira dans un seul et même collège, le fameux collège unique dont on n'a pas fini de mesurer encore aujourd'hui les conséquences désastreuses. » 20% des élèves entrant en sixième

53:43
Locuteur

ne

53:44
Présentateur

savent pas déchiffrer un texte. S'adapter à eux, c'est cesser d'enseigner à tous les autres.

53:49
Locuteur

Très

53:49
Présentateur

vite, la violence s'est installée dans les classes sans parler des trafics et aujourd'hui du harcèlement.

53:54
Locuteur

Pour

53:54
Présentateur

échapper à ce désastre, les classes moyennes prennent d'assaut l'école privée.

53:58
Locuteur

Mais

53:59
Présentateur

pour comprendre ce désastre, il faut remonter des décennies en arrière.

54:04
Locuteur

Au

54:04
Présentateur

moment de la libération, le général de Gaulle, enferré dans son alliance avec les communistes pour éviter la guerre civile

54:10
Locuteur

et

54:11
Présentateur

se dégager d'une telle américaine arrogante, cède à la gauche

54:15
Locuteur

tous

54:16
Présentateur

les pouvoirs sur l'éducation nationale.

54:18
Locuteur

Les

54:18
Présentateur

communistes signèrent avec le fameux rapport Langevin-Vallon la feuille de route que la droite appliquera sans broncher.

54:27
Locuteur

C

54:28
Présentateur

'est d'abord l'école primaire qui est attaquée.

54:30
Locuteur

Elle

54:31
Présentateur

qui s'enorgueillissait à juste titre d'être la meilleure école du monde sera peu à peu détruite par les pédagogistes.

54:39
Locuteur

La

54:39
Présentateur

sélection républicaine par le mérite, par le travail est mise en cause. La transmission du savoir détenue par le maître est remplacée par la sacralisation de l'enfant qui devient l'acteur de la construction de ses savoirs.

54:53
Locuteur

Le

54:53
Présentateur

résultat est consternant.

54:55
Locuteur

abaissé

54:56
Présentateur

inexorablement les niveaux de l'école primaire

54:59
Locuteur

puis

54:59
Présentateur

du collège unique ne cesseront de dégringoler.

55:03
Locuteur

Face

55:03
Présentateur

à leur échec de plus en plus cruel les progressistes s'accrochent alors au fétichisme du diplôme. L'obtention du diplôme remplace l'acquisition du savoir.

55:15
Locuteur

Mais

55:15
Présentateur

à son tour

55:16
Locuteur

c

55:17
Présentateur

'est le diplôme

55:17
Locuteur

qui

55:18
Présentateur

ne vaut plus grand chose. 50 ans après la loi Habib

55:23
Locuteur

le

55:23
Présentateur

niveau s'écroule toujours davantage

55:25
Locuteur

année

55:26
Présentateur

après année.

55:27
Locuteur

Les

55:28
Présentateur

classements internationaux PISA sont une honte pour la France la reléguant au niveau de la Bulgarie ou de la Turquie. En 2023 le ministre de l'éducation nationale Gabriel Attal annonçait triomphalement le grand retour des classes de niveau.

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Locuteur

On

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Présentateur

se mettait à espérer la fin tant attendue du collège unique.

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Locuteur

Là à

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Présentateur

peine Gabriel Attal s'installait-il à Matignon en janvier 2024 que son successeur Ruth Grenelle la socialiste Nicole Belloubet faisait comprendre qu'elle ne donnerait pas corps à la promesse de son prédécesseur. Chez les syndicats de profs et la vieille garde des théoriciens du pédagogisme on respirait

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Locuteur

on

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Présentateur

avait eu chaud

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Locuteur

on

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Présentateur

ne change surtout pas

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Locuteur

une

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Présentateur

équipe qui perd.

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Locuteur

Notre

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Présentateur

époque a été tout entière dessinée par mai 68.

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Locuteur

Nous

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Présentateur

sommes tous qu'on le veuille ou non des enfants de mai 68 ou plutôt de la décennie qui a suivi car cette décennie 70 a mis tous les moyens au service de la destruction de l'ancien monde pour faire table rase du passé.

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Locuteur

La

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Présentateur

littérature et le cinéma la radio et la télévision la publicité la bande dessinée

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Locuteur

l

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Présentateur

'école l'université

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Locuteur

les

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Présentateur

syndicats ouvriers mais aussi patronaux

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Locuteur

jusqu

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Présentateur

'aux églises l'église catholique mais aussi les institutions juives et protestantes

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Locuteur

sans

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Présentateur

oublier les grands groupes économiques et même l'état et sa machine bureaucratique tous se sont mis au service de cette nouvelle idéologie de ces nouvelles idées cette nouvelle vision du monde né en mai 68

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Locuteur

à

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Présentateur

la fin des années 70 commence la désindustrialisation de notre pays et une époque confuse où le vieux monde tarde à mourir et où le nouveau s'impatience

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Locuteur

alors place

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Présentateur

aux années 80 et que la fête commence

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Locuteur

et que

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Présentateur

la fête

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Locuteur

commence pour

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Présentateur

les autres s

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Locuteur

'impatience les années 90 entaires vont seむ