Attaque au couteau à Rambouillet, protection des policiers, le déconfinement progressif... Le "8h30 franceinfo" de Danièle Obono
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Le 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT. Nous sommes avec Myriam Ancawa de la chaîne parlementaire. Bonjour Myriam.
Bonjour Hercine, bonjour à tous.
Notre invité, député de Paris et porte-parole de la France Insoumise, Daniel Obono. Bonjour à vous. Bonjour. Un nouvel attentat terroriste vient de frapper la France. Il s'agit de terrorisme islamiste. Écoutez ce qu'a dit Jean Castex hier.
Une nouvelle fois, le département des Yvelines est mis à rude épreuve des attaques terroristes puisque nous avons tous en mémoire l'odieux attentat de Magnanville en 2016 et plus récemment l'assassinat de Samuel Paty. Je voudrais dire à l'ensemble des Françaises et des Français combien notre détermination à lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes est plus que jamais intacte.
Voilà ce que disait Jean Castex hier. Daniel Obono, terrorisme islamiste, vous êtes d'accord sur cette qualification ou pas ?
Écoutez, étant donné que le parquet antiterroriste a été saisi et les éléments qui semblent provenir de l'enquête confirment pour le moment cette option. Je pense que dans tous les cas, il y a le sentiment de choc et de solidarité avec la famille, les proches, les collègues, l'ensemble de la ville de Rambouillet. Et l'enjeu, c'est celui, je crois, auquel sont attelées depuis un certain nombre d'années maintenant l'ensemble des services de sécurité, de renseignement, de prévenir ce genre d'actes. Et je crois qu'en ce moment, c'est ça qui doit guider l'ensemble de l'action des responsables des forces de sécurité.
On est face à quoi, Daniel Obono ? C'est précisément. C'est le même mode opératoire, un individu qui passe à l'acte avec une arme blanche en criant à l'Akbar contre une personne qui représente la République. C'est une forme de guerre qui nous est menée par une idéologie ?
Oui, je pense que la forme du terrorisme aujourd'hui dans le monde, et en particulier celui qu'on a connu ces dernières années, est une forme d'idéologie meurtrière, violente, et qui cible un certain nombre de symboles. Ça a été l'école d'enseignement pour Samuel Paty aujourd'hui, et à d'autres moments, ça a été également des forces de sécurité, des militaires, des policiers. Donc oui, on a là un geste. Encore une fois, l'enquête doit mener à comprendre un peu plus quelles sont les circonstances dans lesquelles il y a eu ce passage à l'acte par certains individus, parce qu'il y a différentes formes d'actes de terrorisme.
Mais oui, je pense qu'aujourd'hui, la recherche sur ces actes montre qu'il y a des motivations diverses.
Alors, comment on fait pour lutter contre l'islamisme ? Il y a eu un texte à l'Assemblée nationale qui souhaitait s'y attaquer. Vous ne l'avez pas voté à la France insoumise, vous ne le regrettez pas ? De quel texte s'agit-il ? Le séparatisme, le projet de loi qui conforte les principes de la République.
Vous l'avez dit vous-même, je pense qu'il y a différents textes qui ont été votés depuis le début du mandat, dont un des premiers sur lesquels nous avons travaillé, qui portait sur la question de la lutte contre le terrorisme. Le texte sur les principes républicains, c'est encore autre chose. Mais ce terreau sur lequel se forge le passage à l'acte terroriste ? Je pense qu'il ne faut pas mélanger les deux. Ce texte, malheureusement, ne porte pas sur la question de comment on mène une lutte contre le terrorisme. Nous, nous avons été très actifs à l'Assemblée nationale à faire un certain nombre de propositions.
Parce qu'il nous semble effectivement qu'en matière de terrorisme, il faut en revenir à la raison. Il faut avoir beaucoup de sang-froid. Il faut mettre les moyens. Et nous avons formulé, je crois depuis le début du mandat, vous le savez.
Il n'y a pas un continuum, on l'a vu, avec l'attentat contre Samuel Paty à Conflans-Saint-Honorine. Un continuum entre le djihadisme islamiste, l'islamisme, la haine en ligne sur cette idéologie qui forge, qui crée un terreau pour ce passage à l'acte terroriste islamiste. Est-ce qu'il faut s'attaquer à l'islamisme ? C'est ce que voulait faire le président de la République avec ce projet de loi. Et pourquoi vous ne l'avez pas voté ?
Parce que je pense que ce projet de loi ne s'attaque pas à ce qu'il prétend combattre. Je crois que malheureusement, et c'est d'ailleurs l'avis de nombre d'organisations des défenses des droits humains, dont on ne soupçonnera pas l'alliance avec une quelconque idéologie meurtrière ou terroriste. C'est le cas d'organisations républicaines, laïques, anciennes, comme la Ligue des droits de l'homme, comme la Ligue de l'enseignement, comme énormément de coalitions d'ONG qui contestent justement ce texte-là. La haine en ligne, les associations, les prêches dans les mosquées. Je pense qu'il faut être très sérieux et ne pas justement tout mélanger.
Il y a effectivement des idéologies qui favorisent le passage à l'acte terroriste et il faut les combattre avec les armes du droit, les armes de la démocratie, les armes de la police aussi, quand il s'agit d'une incitation à la haine. Et je crois qu'on a aujourd'hui en France un arsenal extrêmement répressif de ce point de vue-là. Donc il faudrait d'ailleurs, étant donné que sur cette matière-là, on a voté beaucoup de textes en 20 ans, presque un texte tous les ans et demi.
Et c'est aussi l'avis d'un certain nombre d'observateurs sur ces questions-là qu'il faudrait prendre le temps aussi de faire le bilan de, justement, on a à peine le temps de mettre en œuvre les dispositifs, qu'un nouveau texte vient les changer. Donc il y a tout un débat. Il y a un débat très sérieux à voir sur la lutte contre le terrorisme. Mais le texte, encore une fois, sur les principes républicains, tel qu'il est intitulé d'ailleurs, ne porte pas sur la lutte directement contre le terrorisme. Il porte sur un certain nombre de choses, notamment la restriction des libertés associatives. Et c'est ce qui a mobilisé beaucoup d'organisations pour le critiquer.
Et donc voilà, je pense que c'est encore un autre débat. Nous nous opposons à tout ce qui remet en cause l'état de droit. Nous pensons que c'est plus d'état de droit, plus de garantie des droits et libertés, qui nous permettra, y compris en tant que société, justement, de maintenir une cohésion et une unité contre ce genre d'idéologie.
L'assaillant, hier, était un Tunisien qui bénéficiait d'un titre de séjour depuis 2019, après être arrivé clandestinement en France en 2009. Beaucoup d'observateurs disent qu'il faut du coup revoir ce qui se passe aux frontières. Et Marine Le Pen dit qu'il faut cesser de régulariser les gens qui arrivent clandestinement sur le territoire français. Faites-vous un lien, là aussi, entre cette régularisation et ce qui s'est passé hier ?
Je pense que beaucoup de gens, comme vous le dis, c'est surtout la droite extrême et l'extrême droite qui se servent de tous les faits possibles, y compris les plus dramatiques et les plus atroces, pour pouvoir justifier, eux, leur idéologie, qui est de considérer que l'immigration est la source de tous les maux en France. Et je crois que c'est extrêmement... Là, en l'occurrence. Il se trouve que cette personne-là... Mais vous savez bien que depuis le nombre d'années où notre pays connaît ce type d'attentat, il y a eu différents types de profils. Il y a eu un certain nombre de personnes de nationalité française qui ont commis ces actes horribles également. Et donc, moi, je conteste...
Donc vous ne voyez pas le rapport, en fait, entre les deux ? Le rapport, c'est que cette personne était effectivement une personne de nationalité... Et était une personne de nationalité tudisienne, qui était une personne immigrée. Mais faire de là, à nouveau, un amalgame avec l'immigration, Oui, ça, c'est la marotte de l'extrême droite, mais je pense qu'il faut être extrêmement sérieux là-dessus et ne pas céder à ce genre de propos qui n'aide en rien, y compris le travail, encore une fois, sur le terrain. On a des profils très différents. On a, dans les passages à l'acte, des processus très différents.
Il faut se donner les moyens de faire un travail sérieux là-dessus et arrêter l'instrumentalisation absolument que je trouve indécente, qui est faite, y compris depuis un certain temps, un certain nombre d'heures. On a à peine le temps de rendre hommage et de se recueillir que déjà des vautours politiciens, instrumentalistes, tout cela. Je trouve ça absolument lamentable.
On fait une pause dans cette discussion, le temps du Filinfo, puisqu'il est 9h moins 20. Voici William Delesseux.
Le parquet antiterroriste mène l'enquête après l'attentat de Rambouillet dans les Yvelines. L'agent administratif du commissariat a été tué à l'arme blanche par un ressortissant tunisien de 36 ans. Un homme qui n'était pas connu des services de police et qui a également succombé à ses blessures. Trois de ses proches sont en garde à vue de perquisition menée dans les derniers domiciles connus de l'assaillant. Un nouveau jalon dans la vaccination des plus de 55 ans. Le vaccin Unidos Johnson leur est accessible. 400 000 professionnels exposés de plus de 55 ans ont également des créneaux prioritaires pour se faire vacciner aujourd'hui et demain.
Deux hommes sont morts dans l'accident d'un ULM hier dans le Médoc, en Gironde. L'accident a eu lieu ce vendredi vers 16h dans une forêt. La mère de Mia est mise en examen pour enlèvement en bande organisée. Retrouvée avec sa fille il y a une semaine en Suisse, Lola Montemagy, a été extradée vers la France, placée en détention provisoire. Approche finale. Pour Thomas Pesquet et les trois autres astronautes qui composent l'équipage à bord de la capsule Crew Dragon, le vaisseau doit s'amarrer à la Station Spatiale Internationale autour de 11h10, heure française.
Daniel Obono, invité du 830 France Info, député de Paris, porte-parole de la France Insoumise. Myriam Ancawa.
Oui, il y a le terrorisme contre les forces de l'ordre d'un côté. Il y a un problème très différent et plus large, c'est l'insécurité des policiers agressés, tir de mortier contre les commissariats, notamment dans les Yvelines. Les syndicats de policiers demandent, d'une certaine manière, c'est la CFDT Police qui en parle, que les forces de l'ordre deviennent grandes causes nationales. Il y a une loi sur la sécurité globale qui avait pour but de protéger davantage les policiers. Faut-il le faire ? Et là encore, vous n'avez pas voté ce texte.
Oui, nous avons voté compte, encore une fois. Nous ne pensons pas que les mesures prises vont dans le sens ni d'un renforcement de la sécurité des forces de police, ni d'un renforcement de la sécurité des citoyens et des citoyennes. Encore une fois, je crois que là, il y a... Est-ce qu'il faut davantage protéger les forces de l'ordre, ceux qui nous protègent ?
Gérald Darmanin va renforcer la sécurité devant les commissariats.
Je pense que ça, c'est bien sûr que nous soutenons la mesure de sécurisation des lieux où ce type d'attaque peut avoir lieu et que nous réprouvons toutes les attaques contre les forces de police. Mais je crois que malheureusement, dans le texte sur la sécurité globale, encore un texte qui est bien plus large, qui développe la sécurité privée, qui développe la télésurveillance, la vidéosurveillance... Qui remet en cause un certain nombre, là aussi, de droits et de libertés fondamentales. Et vous avez vu la mobilisation extrêmement large au niveau national et international contre ce texte-là. La défenseur des droits, enfin, je pourrais en citer énormément.
Donc cette opposition, elle est basée sur une analyse.
Plus largement, est-ce que les insoumis n'ont pas un problème avec la police ? Je vais vous citer Jean-Luc Mélenchon qui a expliqué en mars dernier que les policiers étaient discrédités à ses yeux. Ce n'est pas des bons à rien, qu'ils sont juste capables de flanquer des amendes à tout le monde et de faire des gardes à vue qui vont nous expliquer ce qu'on doit faire à Marseille, disait-il, pour défendre les Marseillais qui participaient à un carnaval en dépit des contraintes sanitaires. Les policiers sont des bons à rien ?
Écoutez, je pense que les propos de Jean-Luc Mélenchon sur la police, si vous les avez entendus dans leur intégralité, notamment lors du colloque que nous avons organisé en septembre dernier, sont bien plus réfléchis et approfondis que cette phrase prise à la volée dans ce contexte assez particulier.
Voilà une généralisation que vous condamnez tout à l'heure.
Je pense que généraliser ainsi l'ensemble, encore une fois, je vous renvoie. Et si vous êtes intéressé au sujet, vous savez que nous avons de manière très extensive développé un certain nombre de propositions pour donner les moyens à la police et aux agents et à l'ensemble des personnels aussi, parce que l'agente qui a été tuée hier était une agente administrative. Et donc la police, ce ne sont pas juste les policiers qu'on voit, ce sont l'ensemble des personnels qui travaillent et qui font fonctionner le service.
Vous proposez d'ailleurs de réformer du sol au plafond la police. Mais en même temps, il y a des mots qui me laissent et qui font aujourd'hui que les policiers, quand vous voyez tous les syndicats, ils considèrent que la rupture est quasi consommée avec les insoumis.
Écoutez, moi, je pense que les propos d'un certain nombre de syndicats extrêmement virulents et qui dépassent, je pense, un certain nombre de limites sont aussi extrêmement graves. Moi, je vous réponds simplement que si vous regardez depuis 4 ans à l'Assemblée nationale, l'ensemble des propositions qu'a fait la France insoumise vont dans le sens de défendre la police républicaine, de donner des moyens de recruter...
Oui, mais ce qu'on entend, ce sont les propos de Jean-Luc Mélenchon.
Non, ce qu'on veut bien repasser en boucle... Non, ce qu'il dit et ce qu'on entend dans les micros dans lesquels il parle. Non, non, encore une fois, je vous renvoie aux propos très longs. Je crois que c'est à peu près une heure et demie d'intervention sur ce sujet-là, fait par Jean-Luc Mélenchon au septembre dernier. J'y étais, j'en parle, puisque avec mon collègue Hugo Bernalicis, qui sommes tous les deux commissaires aux lois, avons travaillé de manière très extensive et allons d'ailleurs proposer un certain nombre de lois cadres. Alors justement, la sécurité sera sans doute l'un des grands thèmes de la présidentielle. Et vous verrez que nos propositions sont très conséquentes.
Et ça va, juste, je termine, ça va des propositions de recrutement, de prendre plus de temps, une meilleure formation. Ça va aussi à faire une commission d'enquête sur la situation de mal-être et de souffrance au travail de l'ensemble des personnels de la police. C'est notamment mon collègue Alexis Corbière qui a mené un long travail là-dessus. Et donc, non, ça ne se résume pas à une phrase prise. Et je pense que toutes les interventions prises en deux secondes et passées en boucle, si on résume l'action et les propositions politiques d'un mouvement à cela, c'est bien réducteur. Et malheureusement, beaucoup trop de personnes le font. Mais encore une fois, j'affirme que la France insoumise...
La sécurité était l'un des grands thèmes de la campagne de 2022.
On le voit dans les enquêtes d'opinion. C'est une priorité et ça remonte d'ailleurs dans les priorités des Français. Vous ne partez pas perdant sur ce terrain.
Mais ce n'est pas une question d'être perdant. On ne fait pas un concours. Alors peut-être si, certains s'adonnent à une espèce de course à l'échalote sécuritaire. Donc nous, nous opposons à une course à l'échalote sécuritaire parce que, par ailleurs, ça ne rend pas notre pays plus en sécurité, ça ne rend pas les citoyens plus en sécurité et ça ne rend pas, y compris les personnels de sécurité, plus en sécurité. Nous, nous pensons qu'il faut donner les moyens aux services publics, de la police, à tout un ensemble de services publics, de faire ce travail qui est d'être au service de la population, qui est de maintenir la paix civile, d'être des gardiens et gardiennes de la paix.
Et c'est ce que nous proposons. Et donc, non, nous n'avons pas de problème à parler de ces sujets. Et je pense que nous avons démontré à l'Assemblée nationale que nous avons des propositions très nombreuses et très fournies pour assurer cette tranquillité publique, cette paix, ce qui est le travail au quotidien de la police et qui doit pouvoir le faire. Mais nous sommes contre, effectivement, les dérives sécuritaires et autoritaires que nous constatons ces dernières années.
Toujours à propos de la police. Gérald Darmanin va recevoir les policiers victimes d'une attaque au cocktail Molotov à Virichatillon en 2016. Alors, la Cour d'assises des mineurs de Paris a prononcé 8 acquittements sur 13 prévenus. 3 condamnés sur 5 se sont pourvus en cassation. Beaucoup de policiers, et les syndicats particulièrement, sont scandalisés par ce verdict. Et vous ?
Écoutez, encore faut-il expliquer pourquoi est-ce qu'un certain nombre de prévenus ont été par deux fois, en fait, relaxés. Parce qu'il y a eu un certain nombre de procédures. Et d'ailleurs, vos collègues, je crois, de Mediapart l'ont montré dans une enquête fouillée où des personnes qui avaient été interpellées ont été maintenues en prison. Je pense au moins à deux jeunes hommes, dont un a passé 4 ans en prison alors qu'il n'avait commis aucun de ses actes condamnables. De fait, c'est bien pour cela que la justice a rendu ce verdict. Donc je pense que d'abord, il faut expliquer. Et là encore, arrêter d'instrumentaliser.
Je pense que les faits sont suffisamment graves pour que tout le monde ait à cœur qu'effectivement les coupables soient sanctionnés, soient condamnés. Il se trouve que dans ce cas précis, il y a eu des condamnations, mais il y a eu aussi, oui, des acquittements parce que les personnes qui avaient été mises en cause n'étaient pas responsables. Mais je pense que là aussi, plutôt que d'agiter comme ça et d'extrapoler, on a eu aussi des propos très graves en plus de remise en cause, de la falsification et la diffusion dans un certain nombre de médias de propos qui n'avaient pas été tenus à l'audience. Et vous voyez très bien de quoi je parle.
Je parle des propos notamment de Mme Pécresse qui s'est mise à reprendre là aussi l'ancienne de l'extrême droite et de mettre en cause le parquet. Je crois que c'est extrêmement grave parce qu'encore une fois, ça n'aide ni la police à faire son travail correctement, mais à mettre une telle pression politicienne. Parce que du coup, on l'a vu malheureusement. On peut comprendre la tension qu'il y avait pour les forces de l'ordre étant donné que des collègues avaient été mis en cause.
Mais l'exigence serait que les coupables soient sanctionnés, condamnés et que non, on ne peut pas considérer satisfaisant que des personnes ill-soscentes, des jeunes hommes, se retrouvent quatre ans en prison alors qu'ils n'ont pas commis d'acte. Donc je pense qu'il faut plus de sérénité, plus de responsabilité de la part de politiciens qui aujourd'hui ne rendent pas service à la police et ne rendent pas service à la justice avec ce type de propos.
Voici William Delesseux pour le Filinfo.
Le téléphone du terroriste de Rambouillet dans les Yvelines est au cœur des investigations des enquêteurs du parquet national antiterroriste. Cet homme, un ressortissant tunisien de 36 ans, n'était pas connu des services de police. Il avait été régularisé il y a deux ans, dix ans après sa première arrivée en France. Trois membres de son entourage sont en garde à vue la victime. Une agente administrative du commissariat de Rambouillet était âgée de 49 ans. Les Français de Guyane qui souhaitent rejoindre la métropole sont soumis à dix jours d'isolement à compter d'aujourd'hui.
Cette quarantaine est obligatoire pour les voyageurs de l'Inde, du Brésil, de l'Argentine, du Chili ou encore d'Afrique du Sud à l'arrivée en France. En cas de non-respect, l'amende passe à 1500 euros. A la place du vaccin Pfizer, du sérum physiologique, étrange erreur de la part d'un centre de vaccination d'Epernay dans la Marne, 140 patients sont concernés par cette méprise, dont la cause n'est pas identifiée. Cette injection n'est pas dangereuse pour la santé. Les patients ont reçu un nouveau rendez-vous pour un vrai vaccin. Et aujourd'hui partout en France, une vingtaine de professions prioritaires ont accès à des créneaux prioritaires pour la vaccination.
France Info.
La députée de Paris et porte-parole de la France Insoumise, Danielle Obono et l'invité du 830 France Info, Myriam Ancawa.
Oui, quelques questions sur la crise sanitaire. Le gouvernement commence à déconfiner dès lundi, alors que le virus circule encore fortement. Est-ce que l'exécutif prend un risque, un trop grand risque sanitaire selon vous ?
Écoutez, nous, nous sommes circonspects et circonspects comme beaucoup, en particulier les personnels de l'éducation nationale, des parents aussi, sur le fait qu'une décision est prise sans qu'on sache véritablement quelles sont les motivations de l'exécutif. Ça fait un an que ça dure toute cette histoire et où les consignes sont pour le moins contradictoires.
Pour les primaires, notamment, dès lundi, pardon, et pour les collégiens lycéens, la semaine suivante, ce sont les dates annoncées, elles seront tenues ? Ce n'est pas une bonne nouvelle ?
Mais la question, ce n'est pas de tenir des dates, c'est de s'assurer que quand il y a des confinements, et je pense que tout le monde, au bout d'un an de restrictions, de crise pandémique, et surtout, on est à plus de 100 000 morts aujourd'hui dans notre pays, c'est quelque chose, c'est une épreuve extrêmement dure individuellement et collectivement, donc je pense que tout le monde souhaiterait... Donc pour vous, les conditions sanitaires ne seront pas respectées à l'école ? Une vie un peu plus normale. Il y a des protocoles, les tests salivaires, les demi-jauges ? Vous parlez de l'école, où en est-on là-dessus ?
Aujourd'hui, les annonces, parce que c'est beaucoup d'annonces, et en fait, peu de suivis, et l'intendance a du mal à suivre, parce que tout cela n'est pas anticipé. Malheureusement, on parle des demi-jauges. Est-ce qu'à partir du 26 avril, et ensuite le 3 mai, il y aura des demi-jauges systématiquement, dans tous les établissements aujourd'hui de notre pays, de la maternelle au lycée ? Vous avez des remontées de terrain qui permettent d'en douter ? Ce n'est pas le cas. Ce n'est pas ce qui est annoncé d'ailleurs. C'est aujourd'hui au lycée, mais ça ne va pas être systématisé partout. Est-ce que dans chaque salle, quand on parle de demi-jauges, on parle bien d'effectifs réduits ?
Et c'est ce que disent aujourd'hui les syndicats de l'enseignement et de l'éducation. Est-ce que dans toutes les salles, il y aura des détecteurs de CO2 et des purificateurs d'air ? Ce sont aussi des éléments qui ont été pointés depuis plusieurs semaines, même depuis plusieurs mois, comme permettant d'assurer un protocole sanitaire véritablement strict. Désormais, la règle d'un cas signifiant une fermeture de classe va être appliquée, mais il y a encore quelques semaines, ce n'était plus le cas, et on avait réduit ces protocoles. Donc vous voyez bien qu'il y a peu de raisons de croire qu'aujourd'hui, le 26 avril, les conditions sécuritaires en termes sanitaires seront remplies.
Et pour la suite, alors, Daniel Obono, début mai, mi-mai, les terrasses, les lieux culturels qui devraient commencer à rouvrir, vous dites quoi ?
Écoutez, nous, nous disons depuis le début qu'il faut créer les conditions pour des alternatives au confinement. Et nous avions proposé la société de roulement, les horaires décalés pour les personnes qui travaillent. Donc tout un ensemble de mesures qu'on aurait pu préparer et mettre en œuvre jusqu'à présent. Mais ça changerait quoi ?
Ça changerait vraiment la situation épidémique si on était en société du roulement avec des roulements pour les élèves ?
C'est ce que nous pensons. C'est ce que nous pensons. Mais dans tous les cas, aujourd'hui, quand même, on est quand même un des pays en Europe qui a la tension hospitalière la plus forte et la tension épidémique la plus forte. Mais alors, début mai, 15 mai, vous voyez quoi ? On avait peut-être un peu de recul pour préparer et anticiper tout cela. Vous voyez une nouvelle vague pour la mi-mai ? Pour le moment, je pense que peu de personnes arrivent à voir ce qui va se passer. D'ailleurs, les annonces de date de réouverture sont encore très floues et les professionnels se posent un certain nombre de questions. Donc je pense que tout cela est mené depuis le début avec un manque d'anticipation.
Mais encore une fois, quels moyens sont mis en œuvre ? Encore une fois, qu'est-ce qui est anticipé ? Qu'est-ce qui est planifié en termes d'outils ? La vaccination, notamment pour les deuxièmes lignes, est-ce que ça, vous en réjouissez ? Les caissières, les routiers vont pouvoir être vaccinés ? Je crois qu'il aurait fallu, par exemple, vous parliez de l'école le 26 avril, s'assurer que l'ensemble du personnel de l'éducation nationale serait vacciné au moment de l'ouverture. Ça commence à se faire. Oui, mais ça prend quand même un peu beaucoup de temps. C'est mis en œuvre depuis quelques jours.
Ce que disent aujourd'hui les enseignants, c'est que ce n'est pas disponible pour tous les enseignants. Donc, je pense que oui, il faut que toutes celles et ceux qui le souhaitent puissent être vaccinés dans les personnels prioritaires, notamment dans l'enseignement et d'autres secteurs, effectivement particulièrement exposés. Mais encore une fois, est-ce que la logistique va suivre ? On a vu qu'on avait un certain nombre de problèmes de logistique parce que tout cela n'avait pas été anticipé. Et puis, un point sur la vaccination.
On en est encore en une situation où il n'y a en France pas assez de doses, notamment parce que notre pays s'oppose aujourd'hui à la levée des brevets sur les vaccins, qui permettrait que nous puissions produire des vaccins aujourd'hui en plus grand nombre. Et donc, vous avez comme une situation contradictoire où nous ne sommes pas au rythme actuel en capacité de vacciner toutes les personnes qu'il faudrait parce que nous refusons nous-mêmes, notre propre pays refuse de se donner les moyens de produire des vaccins en levant les brevets.
Donc, vous voyez quand même que là, il y a une contradiction, surtout quand la vaccination est aujourd'hui le seul, quasiment le seul outil qui semble guider la politique du gouvernement pour permettre justement le déconfinement. Et là, il y a un problème.
Merci Daniel Obono, député de Paris, porte-parole de la France Insoumise, invité du 8.30 France Info ce matin. Merci d'avoir regardé cette vidéo !
Danièle Obono