Exclusion de Philippe Brun, primaire, budget...le "8h30 franceinfo" d'Olivier Faure
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:27OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous pouvez nous dire ce matin un peu plus précisément ce qui est reproché à Philippe Brun ?
- 1:53RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous avez des éléments de ces violences physiques ?
- 2:03RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous avez des preuves de ces violences physiques ?
- 4:48RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que vous lui répondez ?
- 5:15OuverteRéponse directe
Est-ce que vous étiez au courant de la saisine de la commission en juillet ?
- 8:08OuverteRéponse directe
Les prix des carburants qui flambent, est-ce que c'est suffisant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00PrésentateurFait
« Une collaboratrice parlementaire de Philippe Brun qui l'a licenciée pour faute grave. »
- 1:49PrésentateurFait
« On parle de violence physique et de harcèlement, pas de violence sexuelle. »
- 3:00PrésentateurFait
« Quand une femme exprime sa douleur, sa souffrance, quand elle dit qu'elle a été victime de violences sexistes ou sexuelles, je la crois. »
- 3:35PrésentateurFait
« Adrien Catenins, député de la France Insoumise, qui était accusé de violences physiques contre sa compagne. »
- 4:11PrésentateurFait
« Quand une femme porte plainte, quand elle dit ce qu'il en est... On a entendu vous dire priorité à la parole des femmes, vous croyez les femmes. »
- 6:38PrésentateurFait
« Il y a eu un deuxième appel, le matin même de la décision, et à la suite de cette confirmation, l'ensemble du bureau national a été convoqué. »
- 7:22PrésentateurFait
« Philippe Brun, j'ai travaillé avec lui pendant des années, et j'ai de l'estime pour son travail. »
- 9:15PrésentateurPromesse
« Reconduire au même niveau la taxe exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises. »
- 12:04PrésentateurChiffre
« On a appris que la France est le deuxième pays au monde championne de distribution des dividendes. »
- 13:04PrésentateurChiffre
« C'est 80 milliards qui manquent chaque année. Ils sont liés aux cadeaux fiscaux qui ont été réalisés. »
Temps de parole
- Présentateur63 %
- Invité14 %
- Présentateur 211 %
- ?11 %
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Bonjour
Agathe. Bonjour. Et bonjour Olivier Faure. Bonjour à tous les deux et bonjour à celles et ceux qui nous écoutent. Bonjour Olivier Faure. Vous publiez aujourd'hui la loi du plus juste aux éditions Robert Laffont, livre programme, on va parler de vos propositions et de votre candidature bien sûr à la primaire du PS Olivier Faure. Primaire pour laquelle il n'y aura finalement que cinq candidats puisque le bureau national a écarté, le bureau national du PS a écarté le député Philippe Brun qui avait ses parrainages pour des soupçons de violence. Il vous accuse de vouloir le tuer politiquement. Alors est-ce que vous pouvez nous dire ce matin un peu plus précisément ce qui lui est reproché
? Bon
écoutez c'est d'abord une affaire que je regrette
et je
pense que le PS aurait pu s'épargner effectivement cette affaire.
De
quoi s'agit-il ? Il s'agit
d
'une accusation portée par une victime présumée et la justice dira ce qu'il en est le moment venu.
Une
collaboratrice parlementaire de Philippe
Brun qui l'a
licenciée pour faute
grave. Qui
aurait été sa compagne,
qui
l'a licenciée effectivement et qui porte des accusations suffisamment graves, qui relève du droit pénal
et
donc qui justifiait... Violence, harcèlement ? Qui justifiait violence, harcèlement, qui justifiait que le bureau national, auquel je n'ai pas participé puisque vous le savez depuis que je suis candidat à cette primaire,
je
me suis déporté. Et donc le bureau national, hier sous la conduite de Johanna Roland, puis le groupe parlementaire sous la conduite de Boris Vallaud, ont fait le choix de suspendre à titre conservatoire Philippe Brun qui n'est plus dans nos effectifs
le
temps de l'enquête. Et nous verrons bien ce qu'il en est.
On parle
de violence physique et de harcèlement, pas de violence sexuelle. Pardon de rentrer dans les détails.
Quand un député qu'on va entendre dans
un instant vous accuse de manipulation,
il
faut le
plus précis
possible. Une victime présumée parle de violence physique.
Est
-ce que vous avez des éléments de ces violences physiques ? Parce que vous avez décidé de le suspendre le jour de la clôture des candidatures. Il était candidat à la primaire, il avait réuni ses parrainages.
Est
-ce que vous avez des preuves de ces violences physiques ?
Je viens de vous dire que moi je ne suis pas directement associé à cette décision, puisque candidat à la primaire, je ne participe plus au réunion du bureau national. Et donc tout est traité par ailleurs
par
Johanna Roland, la direction. Et hier la décision qui a été prise a été une décision unanime. C'est-à
-dire
que tous les courants du Parti Socialiste, y compris ceux qui soutiennent Philippe Brun, ont voté cette suspension pour des faits qui sont des faits
graves.
Et donc,
je
veux le dire aussi, nous avons un principe,
et
qui doit être un principe que, y compris,
l
'ensemble de la société devrait entendre.
Les
femmes, pendant des millénaires, ont subi le patriarcat, ont subi la domination des hommes,
et tout
cela s'est fait dans le silence le plus absolu.
Et
bien simplement, aujourd'hui,
je
le dis,
du
plus profond de moi-même,
quand
une femme exprime
sa
douleur, sa souffrance, quand elle dit qu'elle a été victime de violences sexistes ou sexuelles,
je
la crois.
Quelles que soient les conséquences, vous dites, il faut donner la priorité à la parole de la victime.
Je
la crois. Voilà. C'est simple, parce que, ensuite la justice dira.
Mais,
dans un moment, dans un premier moment, effectivement,
nous devons faire des choses. Il faut la
croire. On écoute
seulement Philippe Brun. Mais,
je le dis aussi pour vous, journalistes,
vous
ne pouvez pas, il y a quelques années, dans l'affaire Catenins, expliquer que les partis politiques,
en l'occurrence... Adrien Catenins,
député de la France Insoumise, qui était accusé de violences physiques contre sa compagne. Contre sa femme, je crois. Et, donc, à l'époque, pendant plusieurs semaines, vous avez fait le procès de la France Insoumise, en expliquant qu'il y avait un problème, qu'il y avait des faits qui étaient des faits
graves,
que pour un parti féministe, il était impossible de ne pas réagir. Et, aujourd'hui, vous avez expliqué que le Parti Socialiste, parce qu'il prend une décision, qui est une décision difficile, très difficile, mais qui est une décision de courage aussi, eh bien, nous ne sommes pas à la hauteur. Mais, dans ces cas-là, que faut-il faire ? Moi, je vais
vous le dire, le principe est simple, c'est quand
une femme porte plainte, quand elle dit
ce qu'il en est... On a entendu vous dire
priorité à la parole des femmes,
vous croyez
les femmes, Philippe Brun vous répond, lui, il vous accuse d'avoir instrumentalisé ce conflit pour le tuer politiquement.
La
justice n'a pas été saisie.
Mais
le Parti Socialiste s
'y
est visiblement substitué.
Entre
minuit et 7h du matin, ce conflit est désormais instrumentalisé par mon propre parti,
pour
me tuer politiquement.
Moi, je
demande simplement,
voilà,
est-ce qu'Olivier Fort s'interroge un peu sur les conséquences de ses actes
?
Voilà, de jeter comme ça l'honneur en pâture de quelqu'un sans qu'aucun contradictoire ne soit organisé, alors qu'il était apparemment au courant depuis le mois de juillet.
La
justice n
'a pas
saisi, dit Philippe Brun. Aucune procédure contradictoire. Qu'est-ce que vous lui répondez
?
Mais d'abord, les victimes, elles font ce qui leur semble être utile, et je n'ai pas à me substituer à la victime présumée. Mais en l'occurrence,
ce que dit Philippe Brun, pardon Olivier Fort,
c'est que la victime, elle avait saisi la commission de lutte contre le harcèlement et la commission des conflits du Parti Socialiste début juillet. Est-ce que vous étiez au courant
? Il
y avait une saisine au mois de juillet, mais je n'étais pas au courant, parce que tout simplement, dans nos statuts, dans notre façon de fonctionner, il y a une commission qui est la chargée de ce type de plainte, et qui est une boîte noire,
qui
est indépendante, et qui n'a pas à en référer à la direction du Parti Socialiste.
Mais comment c'est
possible ?
Depuis début juillet, cette commission n'a pas jugé utile de prévenir, d'alerter et d'auditionner Philippe Brun, de
l'interroger. Mais moi, ce que l'on m
'a dit, puisque, encore une fois, je n'étais pas au courant, eh bien, ce que l'on m'a dit, c'est que la plainte déposée au mois de juillet ne portait pas sur des faits de violence, mais sur des faits de... Prud'homo. Des faits prud'homo, ou même, je n'en ai pas connaissance intégralement, donc je ne sais pas exactement, mais enfin, visiblement, sur un problème de fonctionnement interne du Parti Socialiste, qui n
'est
pas tout à fait la même chose.
Pas aussi
grave. Et donc, les révélations de violence, elles datent d'avant-hier ? Les
révélations ne viennent pas de cette commission, c'est parce que, en fait, l'intéressée, la victime présumée, a alerté la direction directement, effectivement, très tardivement. Johanna Roland a demandé à ce qu'elle soit rappelée une deuxième fois, et qu'elle confirme les faits, parce que les faits sont graves, et qu'on ne peut pas, effectivement, prendre une décision, simplement, dans l'air du temps, avec des simples soupçons. Et donc, il y
a
eu un deuxième appel, le matin même de la décision, et à la suite
de
cette confirmation, l'ensemble du bureau national a été convoqué, les différents courants du Parti Socialiste ont été appelés au préalable, et il a été pris une décision unanime, à laquelle je n
'ai
pas participé. Et
pour terminer sur ce sujet ?
Parce que, la réalité, quand même, c'est que, sur un sujet comme celui-là, nous ne pouvons pas être de ceux qui se lavent les mains, et qui considèrent que la parole des femmes n'a aucune valeur.
Donc, pour
terminer, Olivier Faure, il n
'y a
pas de volonté de tuer politiquement Philippe Brun, en l'écartant à la toute dernière minute ?
Il n'y a aucune volonté de ma part, en
tout cas, d 'éliminer Philippe Brun. Aucun
intérêt politique ?
Aucun intérêt
politique. Philippe Brun, j'ai travaillé avec lui pendant des années, et j'ai de l'estime pour son travail, j'ai de l'estime pour ce qu'il a apporté au Parti Socialiste, je trouvais que c'était intéressant de l'avoir dans la primaire. Maintenant, je n'y suis pour rien, et j'espère que, maintenant, la justice agira promptement, et que s
'il est blanchi, il
pourra réintégrer la primaire.
Bien sûr, malheureusement,
on connaît aussi le temps judiciaire, et c'est vrai que c'est une décision difficile, mais vous comprendrez aussi qu
'il
n'est pas imaginable non plus de laisser penser qu'au Parti Socialiste, on pourrait accepter que l'un de ceux qui pourrait emprunter cette primaire soit soupçonné d'être un homme violent avec
une
femme. Olivier Faure, un autre sujet, les prix des carburants qui flambent, face à cela, le gouvernement a décidé de prolonger jusqu'au 31 décembre les aides ciblées pour les secteurs les plus touchés, pour les pêcheurs en particulier, l'aide sera relevée de 25 à 35 centimes par litre, est-ce que c'est suffisant
? Ce
n'est pas suffisant, et je pense évidemment aux pêcheurs, parce qu'ils ont, eux, des conditions de travail et des conditions de financement qui font qu'aujourd'hui, eh bien, ils ne sortent même plus en mer quand ils ont le sentiment que ça va leur coûter plus que ça ne va leur rapporter, et donc il faut des aides spécifiques pour cette filière professionnelle, mais
j
'en appelle ce matin solennellement au Premier ministre.
Il
a été, il est encore élu local,
il
sait ce qu'est la difficulté pour toute une partie, à la fois du monde périphérique, du monde rural, de tous ceux qui ont besoin de leur voiture pour rouler,
il
sait ce qu'il leur en coûte aujourd'hui, et donc je l'appelle solennellement à deux choses.
La
première, c'est à revenir sur la décision prise
de
faire baisser la taxe exceptionnelle sur les grandes entreprises. Dans le moment dans lequel
nous
sommes...
La
décision du budget, cet axe qui était censé être exceptionnel et qui a été reconduite, cette fois, Sébastien Lecornu dit on l'a reconduit mais on l'a diminue.
Eh
bien, je lui dis, on ne la diminue pas. Comment expliquer aux Françaises et aux Français dans un moment de crise comme celui que nous connaissons, comme celle que nous connaissons,
comment
leur expliquer qu'on va baisser
l
'impôt des entreprises qui font des chiffres d'affaires supérieurs à un milliard,
et
que dans le même temps,
on
va demander à tous les autres Français de se serrer la ceinture. Donc, première chose, reconduire au même niveau la taxe exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises et deuxième chose que vous demandez... Et la deuxième
chose, c
'est effectivement de doubler et de faire en sorte que...
Doubler les aides ciblées ?
Les aides ciblées.
Est-ce que vous êtes aligné avec
l'exécutif, vous aussi ? Vous dites, il faut des aides ciblées, on ne peut pas se permettre
de raser
gratis,
de
baiser
les taxes. Sauf que Sébastien Lecornu dit que c'est le
niveau maximal permis par les règles européennes. Non, il parle là... Je parle des aides ciblées, je ne parle pas de baisse des taxes ou de quoi que ce soit.
Non, non, les 35 centimes pour les
pêcheurs. Oui, c
'est
ça pour les pêcheurs, mais moi, ce que je dis,
c
'est que les
aides ciblées... On ne peut pas faire plus.
Non, les aides ciblées,
on
fait ce que l'on veut. Les aides ciblées, on peut effectivement les doubler et je le dis aussi, il faut qu'elles soient
attribuées
mécaniquement, automatiquement, parce qu'aujourd'hui, il y a toute une partie des bénéficiaires potentiels qui ne les demandent pas parce qu'ils ne savent même pas qu'ils y ont droit. Et donc, là, l'État doit effectivement attribuer mécaniquement, automatiquement à ces grands rouleurs.
Olivier Faure, vous demandez solennellement au gouvernement de reconduire à l'identique la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises. Est-ce que ça signifie que si le gouvernement vous écoute et vous accorde ce point, vous ne censurerez pas l'exécutif
? Vous
allez vite en besogne. Mais moi, ce que je veux, c'est que nous ayons, vous l'avez dit tout à l'heure, je viens de sortir un livre ce matin qui s'appelle La loi du plus juste. J
'entends bien faire en sorte
que la justice soit la valeur cardinale qui guide l'ensemble de l'action des gouvernements.
Oui, mais si on le dit concrètement, Olivier Faure, parce que vous laissez planer
la menace d'une motion de censure depuis des semaines. D'ailleurs, vous dites même que la censure aura lieu, qu'il n
'y a
pas de suspense.
Non,
j'ai pas dit ça.
Ce
sont vos mots, vous avez dit.
Le suspense est faible. Le suspense est faible,
il y aura censure. Ce sont vos mots. Aujourd'hui, vous dites peut-être qu
'il
n'y aura pas censure si on obtient gain de cause sur certains points précis
? Nous
allons présenter un projet de contre-budget. Nous faisons en sorte que nous puissions essayer d'obtenir le maximum de gains pour les Françaises et les Français. Mais pour l'instant, les signaux adressés par l'exécutif ne sont pas les bons. Comprenez quand même que nous vivons des moments exceptionnels.
de
crise pour les uns mais d'euphorie pour les autres. On a appris hier, qu'est
-ce
qu'on a appris hier ? On a appris que la France est le deuxième pays au monde championne
de
distribution des dividendes. Sur le deuxième trimestre, sur le seul deuxième trimestre 2026, 61 milliards d'euros ont été distribués. Comprenez qu'il y
a
quand même un problème. On parle là, nous, à chaque fois,
on
parle de soixantaines de millions, de quelques milliards, etc. 61 milliards d'euros de dividendes qui ont été distribués sur un seul trimestre. Et donc, on voudrait expliquer maintenant aux Français que c'est à eux de payer quand les plus riches sont toujours préservés.
Donc là, il y a un problème
avec ce gouvernement comme avec les précédents sous Emmanuel Macron. C'est qu'ils ont depuis toujours une thèse qui est celle du ruissellement, du ruissellement qui coulerait en fait des plus riches vers les autres. Simplement, il n'y a jamais aucune goutte qui traverse en réalité ce plafond ou ce plancher qui sépare les plus riches de tous les autres. Et donc, il est temps de dire que, oui, il y a de l'argent qui manque dans les caisses de l'État pour aider les Français. C'est 80 milliards qui manquent chaque année. Ils sont liés aux cadeaux fiscaux qui ont été réalisés.
Et donc, il faut revenir sur ces cadeaux
fiscaux et accepter l'idée qu'effectivement, dans un pays dans lequel il y
a
besoin de maintenir une cohésion sociale, cette cohésion, elle passe par la justice fiscale.
Avec
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste et candidat à la primaire PS Place Publique, vous publiez la loi du plus juste chez Robert Laffont dans lequel vous avancez vos propositions.
On
va en parler. Mais d'abord, vous êtes candidat à cette primaire et vous dites vouloir être la surprise de cette élection. Pour l'instant, dans les sondages, vous êtes au mieux à 5 %, très loin de Raphaël Glucksmann. Pourquoi une surprise aurait lieu, Olivier Faure
?
Tout simplement parce que
si
vous pensez que les sondages, c'est l'élection,
nous
ne devons plus d'élection.
Et
si vous pensez au contraire que la vie politique, ce sont des engagements,
des
propositions
et
des convictions, alors peut-être qu'effectivement, il y a une place pour le débat. Ils
donnent une
petite indication quand même, les sondages.
Les sondages donnent une indication, je ne sais pas, Éric Zemmour était à 17% au milieu de l'élection présidentielle, il l'a fini à 7. Varie Pécasse a commencé à 18, elle l
'a
fini à 4,5. Et je pourrais donner beaucoup d'exemples, vous savez qu'Edouard Balladur a été élu par les sondages jusqu'au mois de mars avant d'être absent même du second tour. Donc si vous voulez qu'on fasse l'historique des sondages, on peut les
faire. On ne va
pas le faire, mais il y a les sondages, mais il y a le fond aussi, Olivier
Faure. Il y a le fond, et d'abord le fond. Et vous
proposez, par exemple, d'augmenter les salaires au moyen d'une baisse de la CSG. Vous proposez une taxe sur les très gros héritages au-delà de 500 000 euros. Vous proposez d'augmenter le SMIC, vous dites 1 700 euros. Raphaël Glucksmann dit 1 600. Là-dessus, vous êtes d'accord ou allez quasiment d'accord avec Raphaël Glucksmann. Pourquoi vous présentez contre lui
?
Mais d 'abord, vous verrez dans les débats que nous ne sommes pas d'accord sur tous les sujets.
Mais
surtout,
prenons
un exemple simple.
Je
suis pour la taxe Zuckmann. Raphaël Glucksmann, je crois, est aussi pour la taxe Zuckmann.
Mais
Raphaël Glucksmann dit en fait, je vais la faire tout seul. Moi, je dis qu'il faudra rassembler la gauche pour pouvoir le faire. Parce que vous ne pouvez
pas... Tout ce qui
vous distingue, c'est la question
de l'alliance avec
LFI, en fait. Mais il ne s'agit pas d'alliance
avec LFI. C'est votre réponse à l
'instant. Je n
'ai
pas parlé d'alliance avec LFI. Je dis simplement que quand on veut avoir une ambition de transformation sociale, écologique, démocratique, il faut pouvoir l'asseoir sur, à un moment, une majorité. Et que donc, ça suppose de se poser la question de savoir qui on récuse et qui on ne récuse pas. Moi, je considère que la gauche, nous avons besoin de toute la gauche pour pouvoir avancer. Il ne s'agit pas d'alliance. Je dis simplement qu'à un moment, il faut éviter de systématiquement avoir un débat entre la gauche et la gauche parce que moi, mon obsession, c'est l'extrême droite. Et que je vois bien que pour le premier tour, il y aura une concurrence avec Jean-Luc Mélenchon.
Mais j'entends bien faire en sorte que les électrices et les électeurs de Jean-Luc Mélenchon du premier tour viennent soutenir ma candidature au second tour et faire en sorte que la victoire soit possible. Parce
que si on est en permanence à considérer que les gauches
sont irréconciliables et ne parler que de cela, la réalité, c'est qu'on n'est pas au
deuxième tour et on ne les en fait pas gagnant au deuxième tour. Vous parlez de
vos propositions mais puisque vous parlez de l'alliance
avec l'État... Non, non, c'est vrai qu'on parle de propositions parce que la
vie... Non, mais attendez. D'abord, Jean-Luc Mélenchon n'a pas le monopole de la gauche.
Non, mais ce qui s'est passé
c'est
que vous êtes fait huer à la fête de l'humanité.
Pas du tout, je
n'ai pas été hué
à la fête de l'humanité. Le parti socialiste
s'est fait huer, vous représentez quand même un peu le parti socialiste et quelques heures après, vous n'excluez pas une alliance avec LFI alors qu
'on
vous demande si vous pourriez intégrer des ministres LFI dans un gouvernement fort.
Vous êtes un peu
maso, c'est ça ?
Mais est-ce que je vous ai parlé d'alliance ? Je ne
vous
ai pas parlé à un seul
instant d'alliance. Vous n'avez pas répondu clairement que vous n'avez pas répondu que vous ne comprenez pas la question.
Je ne vois pas très bien. En fait, je ne pense pas que LFI ait envie de participer à un gouvernement d'Olivier Fort. Je dis simplement qu'il faut arrêter de faire tourner la vie politique autour de LFI à gauche. LFI n'a pas le monopole de la gauche. Jean-Luc Mélenchon n'est pas un repère fixe pour tout le monde. Pour moi, dans cette élection, il faut affirmer quelque chose. Et ce que j'affirme, c'est que je veux, moi, réconcilier tous les électrices et les électeurs de gauche et
faire en sorte que nous puissions les
emmener ensemble vers la victoire.
Et que ça n'est pas possible en permanence de chercher
à les diviser parce que nous n'arriverons à rien dans ces conditions-là.
Dans votre livre, Olivier Fort, vous écrivez LFI flirte avec l'antisémitisme. Les dérapages successifs et la responsabilité personnelle de Jean-Luc Mélenchon sur cette question sont inexcusables.
C
'est inexcusable ou c'est excusable ? Parce que quand on vous écoute,
on a l'impression que c'est
excusable.
Et je l'ai écrit, donc je ne vais pas moi-même me renier.
Donc ça veut dire
jamais d'alliance avec LFI
?
Ou pas
?
Pourquoi voulez-vous parler d'alliance ? Nous sommes dans une élection présidentielle.
Parce que c'est la ligne directrice de
cette primaire, finalement. Ceux qui
choisissent
de se rapprocher de
LFI, ceux qui choisissent de
se rapprocher de ça.
Non, je refuse que la vie politique à gauche tourne autour de la seule question de LFI. Je suis là pour
affirmer les convictions. de la question
de vos différences de fond avec Raphaël Glucksmann. Vous avez répondu vous-même sur la nécessité, selon vous, de rassemblement à gauche. Bien sûr, mais je ne
vais
pas... Enfin, pardon, mais je ne
parle
pas
d'alliance. Je
dis simplement comment voulez-vous appliquer demain un programme de gauche si vous passez votre vie
à
essayer de taper sur votre voisin. Ce qui est vrai pour Raphaël Glucksmann est vrai pour Jean-Luc Mélenchon. Les uns comme les autres passent leur vie à expliquer que rien n'est possible, etc. Moi, ce que je dis, c'est que je vois les votes au Parlement.
Je
vois que
nous
avons des votes communs avec l'ensemble de la gauche à plus de 80%. Et donc, si demain, je suis président de la République,
je
ferai en sorte que le Parlement vote le programme pour lequel j'aurais été élu. Et cela suppose d'arrêter d'antagoniser les uns et les autres. Je ne parle pas d'alliance,
je
ne parle pas de gouvernement,
je ne parle pas de ministre. Vous avez intégré
la défaite et qu'en fait, ce que vous préparez,
ce
sont les alliances pour les législatives. Parce que vous savez que vous ne serez pas élu président de la République et qu'après cette primaire, vous vous presserez dans le bureau de Jean-Luc Mélenchon pour négocier des sièges. Est-ce que c'est ça qui se joue ?
Vous
ne pouvez pas vous
passer des défis pour les élections ?
Les
polémiques sont
assez minables. La réalité,
c
'est que si aujourd'hui il
y
a une primaire du Parti Socialiste,
c
'est parce qu'il y a encore un Parti Socialiste. Et s'il y a encore un Parti Socialiste, c'est parce qu'on le doit aux décisions que j'ai prises pendant les huit dernières années. Y compris de choisir à deux reprises Raphaël Glucksmann
pour
les élections européennes.
Qui était presque comme un petit frère pour vous.
Et
finalement, aujourd
'hui...
Ce que je dis, c'est que s'il y a aujourd'hui un Parti Socialiste et qu'il y
a
une primaire qui peut intéresser, c'est parce que j'ai pris des décisions. Et que ces décisions-là, elles ont été acceptées par tout le monde. Je n'ai pas souvenir que quiconque ait refusé le NFP. Je n'ai pas souvenir que quiconque ait refusé le mandat qui lui était donné par le NFP. Je n'ai pas souvenir que quiconque ait démissionné depuis.
Et
donc, ça me permet de dire aussi très clairement que c'est bien de venir boire la soupe et c'est bien de ne pas cracher dedans après. Qui vient boire la soupe ? Raphaël Glucksmann est venu...
Mais
je dis tout le monde. Je dis que tout
le monde a participé... Rappelez-vous,
le NFP,
c
'est de Philippe Poutou à François Hollande. Et donc, il serait temps que chacun se rappelle quelles ont été les conditions à partir desquelles nous avons réussi à bloquer la montée de l'extrême droite et comment nous avons réussi à mettre à un moment la gauche en tête d'une élection. Voilà. François Hollande, vous venez de le citer, qui ne cesse de répéter, ici même encore il y
a
quelques jours, que la primaire c'est la machine à perdre et qui se plaît à souligner que quand lui, par exemple, a été désigné, c'était 2,5
millions
et plus, près de 3 millions de votants en 2012 et plus de 2 millions de votants à la dernière primaire encore en 2017. Là, vous en attendez combien ? 50 ? 100 000 ? Je n'en
sais rien.
Du mieux ? Mais je trouve ça formidable que François Hollande ait appelé à voter pour une primaire qui ne soit pas la primaire que je proposais à 2 euros et ensuite qu'il dise maintenant qu'elle est trop chère, personne ne va y venir. 15 euros, 10 euros, tarif social. 10 euros, tarif social. Et moi, j'appelle les Françaises et les Français qui en ont les moyens de venir dans cette primaire et de venir choisir leur candidate ou leur candidat.
Mais un candidat élu par 50
000 ou 100 000 votants maximum, ça donne de l'élan à qui ?
Mais
vous remarquerez que dans les autres partis politiques, ils sont élus par combien ? Par personne. Et donc, vous vous admettrez que cette légitimité, elle sera de toute façon plus forte que tous les autres candidats. Voilà. Et
d'ailleurs, vous soutiendrez le vainqueur quel qu'il soit si c'est Raphaël Guzman qui gagne cette primaire
ou pris sa campagne sans état d'âme. Et tous ceux qui s
'engagent dans cette primaire s'engagent aussi à respecter l'issue de ce vote et donc à faire en sorte que, évidemment, ce soit celui qui l'emporte qui soit notre candidat.
Un petit mot sur Ségolène Royal, Olivier Faure, certains disent que le fait qu
'elle
soit candidate, ça vous arrange bien que vous poussez sa candidature pour affaiblir Raphaël Guzman.
Le front anti-Gluxman. Vous
remarquerez, je vois, il
est
8h57. Vous avez expliqué qu'on allait parler de fond et du livre que je viens de publier. Et vous aurez passé toute l'interview à m'interroger uniquement sur Pierre, Paul et Jacques et uniquement sur des questions qui sont de nature totalement politicienne. Et donc, je ne veux plus répondre à ces questions-là. Je suis pour là pour affirmer tes convictions. et ma conviction,
c
'est que nous avons de grands défis devant nous. Je propose trois grands défis industriels. Le premier, c'est sur la question de la transformation écologique qui peut être aussi une grande aventure industrielle de l'emploi, des salaires non délocalisables. Deuxième sujet, c'est la souveraineté alimentaire parce que nous avons aussi besoin d'être souverains sur ce terrain-là. Troisième sujet, c'est la souveraineté numérique et de faire en sorte d'encadrer aussi ce qui va être à la fois une formidable opportunité, l'intelligence artificielle, mais
qui peut être aussi un
immense problème. Oui, parce que tout simplement,
et je
finis peut-être
cette phrase-là,
ça permettra de dire un peu quelque chose sur le fond, c'est que quand vous avez aujourd'hui un outil d'intelligence artificielle qui va détruire de l'emploi et donc des cotisations sociales, il est normal que l'IA cotise et permette de financer notre protection sociale parce qu'autrement, nous ne savons pas très bien où nous allons et moi, je défends un état social, un état qui garantit
à chacun
contre les risques de l 'existence. Je rappelle le titre de ce livre, La loi du plus juste chez Robert Laffont. Merci beaucoup
Olivier Faure. Merci à vous. Merci
Olivier Faure.
Merci
Agathe et merci à vous.