Budget, jours fériés, motion de censure: l'interview de Mathilde Panot
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Il est 8h32, vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Mathilde Panot. Bonjour. Vous êtes la présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale. Vous êtes vous-même députée LFI du Val-de-Marne. François Bayrou tiendra une conférence de presse tout à l'heure à 16h pour défendre son budget. Vous en attendez quelque chose ?
Oui, nous attendons qu'il parle, puisqu'apparemment il va être partout cette semaine, qu'il parle beaucoup, même plusieurs fois par jour s'il le souhaite, puisque je crois qu'à chaque fois que François Bayrou ouvre la bouche, eh bien cela nourrit les revendications et la colère dans le pays, et notamment le mouvement du 10 septembre autour de ce mot d'ordre qui a été donné assez spontanément dans une auto-détermination, qui est une auto-organisation qui est bloquons-tout. Donc il parle le plus possible. Hier je voyais dans une interview par exemple qu'il disait que c'était comme dans Astérix et Obélix, Mission Cléopâtre, en colère, en colère, ce qui est extrêmement méprisant.
Il disait ça même à votre endroit, c'est-à-dire à l'endroit des politiques. Il disait que les politiques ne savent dire qu'une chose,
comme dans Astérix, en colère, en colère.
Pas content, pas content, mais je vais vous dire, je crois qu'il a choisi une mauvaise scène, parce que dans Astérix et Obélix, ce sont les esclaves qui, à force d'être fouettés, décident de tout bloquer pour obtenir des revendications, et d'ailleurs ils les obtiennent.
Donc vous appelez évidemment à ce mouvement du 10 septembre, on va y revenir, mais avant ça, il y a donc les déclarations de François Bayrou tout à l'heure, et puis il y a la rencontre à l'invitation de la ministre des Affaires Sociales, Catherine Vautrin, qui veut recevoir tous les présidents des groupes parlementaires. Vous êtes présidente du groupe LFI, Mathilde Panot,
est-ce que vous accepterez l'invitation ? Est-ce que vous irez ? Non, nous n'irons pas, et aucun des parlementaires insoumis n'ira à ces rencontres, parce que je veux que le gouvernement l'entende très clairement. Il n'y a rien à négocier dans ce budget. Nous n'irons pas négocier que plutôt que... Si vous voulez qu'il l'entend, il faut lui dire. Il faut aller lui dire. Il faut aller en parler avec lui. Je pense qu'il l'a très bien entendu. Vous savez, il a entendu que nous allons déposer une motion de censure dès le premier jour de la rentrée.
Mais je veux dire, nous n'allons pas négocier, par exemple, des miettes pour dire que non, ça ne devrait pas être deux jours fériés, mais seulement un jour férié. Non, ça ne devrait pas être tout le bras, mais seulement la main dont on voudrait amputer le peuple français. Nous refusons la logique du budget. La logique du budget, c'est des gouvernements successifs d'Emmanuel Macron, qui ont fait des cadeaux aux plus riches et aux multinationales, qui nous ont mis dans une situation qui est désastreuse. Par exemple, la France a une mortalité infantile qui réaugmente dans le pays, ce qui est absolument indigne de la septième puissance économique au monde.
Et donc, la logique qui veut maintenant faire rembourser au peuple les cadeaux qui ont été faits aux plus riches, c'est une logique que nous refusons absolument.
Sur les jours fériés, pardon, mais s'il annonçait dans les jours qui viennent que finalement il renonce à les supprimer, vous applaudiriez tout de même ?
Non, parce que toute la logique est désastreuse. On s'en prend aux malades, on s'en prend aux retraités, on s'en prend aux chômeurs. Mais je vais vous dire, peut-être qu'il renoncera sur les jours fériés, parce que vous avez sûrement vu ce sondage qui montre que 84% des Français sont défavorables à la suppression des jours fériés. Pour que tout le monde comprenne, c'est la suite de ce qui s'est fait avec la réforme des retraites. C'est-à-dire qu'après nous avoir volé deux ans de vie, maintenant on veut nous voler deux jours de travail qui seront non payés.
Si on prend sur une carrière pour quelqu'un, c'est 86 jours de travail non payés, c'est-à-dire un trimestre non payé qui doit être fait par les gens.
Mais quand vous dites qu'on nous a pris deux ans de vie, ça veut dire quoi ? C'est-à-dire que pour vous, le travail, c'est la mort ?
Je pense que pour beaucoup de gens, oui, il y a des gens qui meurent au travail.
Non, mais qui meurent au travail, oui, mais je veux dire, deux ans de vie, ça veut dire qu'en fait la retraite c'est la vie, le travail c'est la mort ?
Oui, je pense que la retraite a été faite dans le temps long. Si vous prenez, pourquoi est-ce que la retraite a été faite ? Parce que vous aviez des personnes qui, complètement usées par le travail, soit mouraient directement au travail, ce qui était extrêmement fréquent, et vous savez que depuis la réforme des retraites, il y a des dizaines de milliers de personnes supplémentaires qui ne verront pas un seul jour de leur retraite. Et si nous avions fait un système de retraite par répartition, c'est aussi parce qu'il y avait un nombre de personnes âgées qui vivaient dans la misère qui était absolument insupportable. C'est pour ça que nous avons fait un système de retraite par répartition.
Et donc, lorsque l'on force les gens à travailler plus longtemps, non seulement vous avez un problème pour faire rentrer les jeunes dans le marché du travail juste après, mais oui, vous augmentez les risques d'accidents, d'invalidités, vous augmentez les risques de morts au travail, et vous savez que la France est malheureusement la championne d'Europe du nombre de morts au travail.
Mathilde Panot, vous l'avez dit, vous dites non à l'invitation de Catherine Vautrin à rencontrer les patrons, les chefs des différents groupes parlementaires. En revanche, vous dites oui au 10 septembre, et au 23 septembre pour l'ascension, on va y revenir. Le 10 septembre, vous serez dans la rue, vous n'avez pas peur de trop politiser un mouvement dont vous le dites, il a été plus ou moins spontané ?
Non, nous n'avons pas peur, puisque nous avons dit que nous nous mettons au service de ce mouvement, vous savez.
Mais vous vous souvenez d'avoir été parfois chassés, vous élus, pas vous personnellement, mais les uns et les autres, des ronds-points des Gilets jaunes.
Moi, je me rappelle que le 17 novembre 2018, justement pour les Gilets jaunes, nous avions appelé à cette manifestation nationale, je le dis parce que j'entends que, comme nous aurions raté le coche des Gilets jaunes, alors nous reprendrions dès le début pour le 10 septembre.
C'est pas tant que vous avez raté le coche des Gilets jaunes,
Ah non, c'est que les Gilets jaunes n'ont pas voulu de vous ? Ah bah si, on a défilé avec eux.
Ils n'ont pas toujours voulu de vous, ils vous ont assez vite chassé des cortèges.
Mais pas du tout, on était dans les cortèges, je ne sais pas.
Sur quel élément vous vous basez, sur quel fait ? Sur l'idée que les mouvements se voulaient non politiques. Non, aujourd'hui, vous n'êtes pas trop en train de politiser.
Non, je vais vous dire, les mouvements sont très politiques, les mouvements du peuple sont toujours politiques. Par contre, c'est un mouvement apartisan, et nous respectons le fait que ce mouvement ait une autonomie, qu'il soit apartisan, et donc c'est pourquoi nous avons demandé aux Insoumis de se mettre au service. Et j'observe que depuis que nous avons appelé à rejoindre et à aider ce mouvement populaire, eh bien beaucoup d'autres s'y ont mis. Tous les anciens partenaires du Nouveau Front Populaire appellent eux aussi à s'y joindre. Il se trouve qu'il y a des fédérations de syndicats qui appellent à s'y joindre. La CGT est pour l'instant assez prudente.
Oui, il y a des fédérations CGT qui appellent déjà, mais on verra ce que disent les syndicats, effectivement. Et si les syndicats, comme nous le souhaitons, appelaient à faire une grève générale à ce moment-là, alors nous aurions un mouvement qui peut-être pourrait être écouté dans le pays.
Depuis ce matin, j'ai des témoignages sur RMC. Spontanément, ils ne sont pas forcément contre ce mouvement, mais certains disent, voilà, moi je bosse, j'ai eu un soudeur qui m'a appelé à 6h58 ce matin, et qui disait, moi je travaille, je suis seul salaire pour élever mon fils, je ne peux pas me permettre une journée de grève ce jour-là. Les Gilets jaunes, c'était le samedi, c'était le soir sur les ronds-points. Le fait que ce soit une journée de grève, est-ce qu'on n'avait pas peur que les Français n'aient tout simplement pas les moyens de faire grève ? Alors c'est une excellente question.
Elle m'a vraiment remonté des auditeurs. Et c'est pourquoi nous, nous essayons au maximum de faire des manifestations aussi, le samedi et le dimanche, effectivement, pour que le peuple dans son ensemble puisse participer. Mais je vais vous dire, il existe quelque chose qui va aider les uns et les autres, justement, à tenir dans la bataille que nous engageons contre le gouvernement Bayrou et contre la politique macroniste. Eh bien, ce sont les caisses de grève. Et nous, les Insoumis, nous faisons des caisses de solidarité, justement, pour aider les grévistes à tenir. C'est ce que nous avions fait, notamment, pour le mouvement contre la retraite à 64 ans.
Voilà pour le 10 septembre. Le 23 septembre, vous déposerez une motion de censure, une motion de censure avant même le début des débats parlementaires, vraiment le jour de la rentrée. Est-ce que vous avez des alliés ?
Oui, j'ai entendu dire que les communistes voulaient la signer avec nous. Je pense que les écologistes aussi. Et nous la proposerons à l'ensemble de la gauche de l'hémicycle. Et je pense que oui, nous aurons des alliés. Et que même cette motion de censure peut faire tomber le gouvernement de M. Bayrou. Je vais vous dire, il faut que tout le monde comprenne. Nous sommes en train de défendre la démocratie. Car M. Bayrou n'a aucun droit de présenter un plan d'une telle cruauté. Je rappelle que la politique macroniste a été sévèrement battue lors des dernières élections législatives.
Je rappelle que ce qui a gagné, c'est le programme de rupture du nouveau Front populaire qui demandait des investissements dans l'hôpital public, dans l'éducation nationale, qui demandait qu'on augmente les salaires, qui demandait qu'on augmente les minima sociaux et qu'on aille vers la retraite à 60 ans. Donc l'exact opposé de ce qu'ils sont en train de faire. Et je le redis, leur politique est un désastre. Il faut les arrêter avant qu'ils détruisent le pays. Les socialistes, vous pensez qu'ils peuvent la signer ou la voter avec vous ? J'ose espérer que les socialistes ont compris ce qui s'est passé avec le conclave sur les retraites.
Et que les socialistes qui ont présenté une motion de censure le 1er juillet dernier, donc qui le 1er juillet dernier voulait faire tomber le gouvernement, auraient du mal à expliquer pourquoi, si le 1er juillet ils voulaient le faire tomber, pourquoi est-ce que maintenant ils ne voudraient plus le faire tomber ?
Pourquoi tant de haine ? Tant de haine contre qui ? Je voudrais que vous écoutiez vos militants ce week-end. Écoutez ça. Le cri qu'on entend, vraiment scandé par vos militants, c'est tout le monde déteste le PS.
Mais vous savez, il faut pouvoir se faire aimer en politique.
Vous pensez que c'est comme ça qu'ils vont vous aimer ?
Non, mais je vais vous expliquer. Vous ne m'avez jamais entendu dire tout le monde déteste le PS. Mais je vais vous dire, il faut savoir se faire aimer en politique. Lorsque vous êtes, pour le PS, responsable de 8 mois du gouvernement Bayrou et donc du budget qui s'applique aujourd'hui, avec, vous l'avez vu, des gens qui renoncent à tous les petits plaisirs de la vie, qui ne peuvent plus aller juste de temps en temps au restaurant, au cinéma, qui ne peuvent plus aller en vacances, comme ça s'est passé cet été, qui ne peuvent plus prendre le train. Eh bien, ceux qui ont refusé par 6 fois de censurer ce gouvernement, c'est le Parti Socialiste.
Et donc, oui, j'admets qu'il y a une colère de la part de militants insoumis. Vous ne condamnez pas ce slogan ? Je ne le dirai jamais. Mais je veux que vous compreniez. Vous n'avez pas demandé à ce que ça se calme ? Bien sûr que non. Ah non, que ça se calme. J'ai compris qu'on demande à ce qu'il crie ça. Non, non, non. J'imagine que vous ne leur avez pas demandé de le dire. Mais est-ce que vous leur avez demandé de se taire ? Mais je ne sais même pas quand est-ce que c'était. J'ai fait un meeting hier. C'était vendredi soir. J'ai fait un meeting hier. Manuel Montpard est arrivé dans la salle. Il n'y avait pas un seul cri de cette sorte. Je vais vous dire.
Quand je vous dis que par 6 fois, ils ont refusé de censurer le gouvernement Bayrou, ils sont responsables d'avoir laissé un gouvernement illégitime. Je vais vous dire pour la colère de gens. Par exemple, un ministre de l'Intérieur qui parle comme pétain de français de papier, qui crie « abat le voile », qui parle des belles heures de la colonisation. Vous parlez de Bruno Rotaillot ? Je parle de Bruno Rotaillot. Qui répand du racisme dans le pays. Et donc, oui, il y a une colère. Aujourd'hui, la situation est la suivante. Depuis cet été, c'est le Rassemblement national et seulement le Rassemblement national qui est responsable du fait de m'arriver François Bayrou.
Je vais vous reposer quand même une dernière fois la question, Mathilde Panot. Vous ne regrettez pas ce genre de cri ? Moi, je regrette que le Parti Socialiste ne respecte pas son programme et sa parole lorsqu'il ne le fait pas. Et je vais vous dire, il y a dans ce pays quelque chose d'une souffrance qui est causée par la politique macroniste. d'une haine de classe qui s'est abattue sur le pays. Et vous ne pouvez pas demander toujours que ça s'exprime poliment, gentiment. Il y a une colère, y compris contre le Parti Socialiste, d'avoir laissé un gouvernement. Je rappelle que...
Que ça puisse s'exprimer, y compris parfois, par une forme de violence, de hargne, de haine.
Mais écoutez, personne n'a agressé... Évidemment, je n'accepterai jamais la violence physique. Personne n'a agressé des militants socialistes, des responsables socialistes. Je ne dis pas ça, mais il faut comprendre que... Rappelez-vous, l'époque où le Parti Socialiste ne pouvait même plus aller en manifestation. Il ne pouvait plus aller en manifestation. Ça vous est arrivé aussi. Parce que tout le monde... Il est arrivé aussi à Jean-Luc Mélenchon
de devoir être extrait par la police de certaines manifestations.
Parce que tout le monde se rappelait du bilan de M. Hollande. Tout le monde se rappelait de la tentative de faire de la déchéance de nationalité. Mais c'est souhaitable, ça ?
Quand Rata et Guitseman a été parfois chassé par des militants LFI de certaines manifestations, c'est souhaitable, ça ?
Écoutez, nous, nous souhaitons les manifestations les plus larges possibles. Mais non, ce que je suis en train de dire, c'est que vous ne pouvez pas... C'est comme si vous avez un macroniste qui se pointe en manifestation et on lui demande de partir. Vous comprenez qu'à un moment, lorsque nous faisons des revendications et que vous avez des personnes qui viennent que l'on considère qui sont adversaires des revendications à ce moment-là. Vous comprenez que c'est compliqué pour les gens.
Et vous comprenez que quand les gens se demandent comment ils vont remplir leur frigo, quand vous avez une personne sur trois dans ce pays qui se prive régulièrement de repas pour pouvoir nourrir ses enfants, vous comprenez qu'il y a une colère et que cette colère, elle est légitime.
Non seulement, je la comprends, mais je l'entends sur l'antenne d'RMC. Je vous le disais tout à l'heure avec l'exemple de ce soudeur. Pour autant, que votre ancien partenaire soit ainsi hué, voire même injurié, et que vous ne disiez pas que vous le regrettez, ça me paraît toujours un peu étonnant.
Est-ce que vous avez entendu Jean-Luc Mélenchon dire, dans son discours, c'était vendredi aussi, il dit dans son discours qu'il n'y a jamais eu autant d'unité dans l'action qu'actuellement avec nos anciens partenaires du Nouveau Front Populaire. Tous appellent au 10 septembre. Et je pense que tous censurons le gouvernement. Et je le dis parce que c'est important. Pourquoi ? Parce que lors de la première motion de censure que nous avons faite contre M. Bayrou pour dire, M. Bayrou et son gouvernement sont illégitimes, ils n'ont pas respecté le résultat des urnes. Eh bien, que s'est-il passé ?
Le RN a dit, puisque le Parti Socialiste ne vote pas la censure, nous ne la votons pas, parce qu'elle ne l'aboutira pas. Donc, ils se sont appuyés sur la tension du PS. Nous estimons que la clé, elle est entre les mains du Parti Socialiste. La clé, elle est entre l'ensemble des députés de l'Assemblée Nationale et il faut une majorité pour pouvoir les faire partir, ce qu'aussuette le pays. Ce week-end, Marine Tondelier,
au moment des universités d'été des écologistes, a déclaré, je cite, « Tout le monde doit être bienvenu à la primaire que le Front Populaire 2027 souhaite organiser » de Raphaël Glucksmann à Jean-Luc Mélenchon. De son côté, Raphaël Glucksmann, il a déclaré ceci, « On sait tous qu'il y aura deux offres politiques en 2027 qui ne sont pas solubles l'une dans l'autre parce que nous n'avons pas la même vision de la France, de l'Europe, du monde et que nos approches de la démocratie dans le débat public comme du débat public sont opposées.
» Est-ce que vous êtes plutôt du côté de Marine Tondelier à dire « Tout le monde est le bienvenu » de Raphaël Glucksmann à Jean-Luc Mélenchon ou est-ce que vous faites le même constat que Raphaël Glucksmann ?
Je crois que Raphaël Glucksmann a au moins le mérite de la clarté et que nous, nous l'avons dit, comme Raphaël Glucksmann d'ailleurs, nous n'irons jamais dans une primaire et je veux expliquer pourquoi. Nous n'irons pas dans une primaire parce que nous croyons que l'heure est à convaincre les gens, à aller chercher celles et ceux... Peut-être aussi parce que vous n'avez pas vraiment envie du vote ? Vous nous l'avez dit d'ailleurs, souvent vous estimez que le vote
ce n'est pas l'alpha et l'oméga de la démocratie.
Ce que voulait dire le vote n'est pas l'alpha et l'oméga de la démocratie, c'est que parfois nous prenons des décisions au consensus et que, par exemple, dans le groupe parlementaire, nous arrivons avec un avis dans la discussion du groupe parlementaire et nous en ressortons avec un autre parce que nous avons été convaincus par les autres. Mais nous votons très régulièrement, ne vous inquiétez pas, et notamment après nos assemblées représentatives. Donc je disais, pourquoi nous ne voulons pas aller dans la primaire ? Parce que nous croyons que la clé de l'élection se joue sur les questions de l'abstention.
Et ce que nous avons montré en juin et en juillet dernier, c'est que lorsque les gens retournent massivement aux urnes, ceux qui ont été dégoûtés de la politique retournent massivement aux urnes, alors nous gagnons. C'est ce qui se passe un peu partout lorsqu'on observe, par exemple, l'élection de Zohan Mamdani à New York qui va gagner la municipalité de New York.
Qui est candidat, effectivement, à la mairie de New York.
Donc moi, je le dis, nous, nous voulons prendre du temps pour aller convaincre sur le fait que nous pouvons tout changer dans ce pays, que nous avons la force et que nous sommes plus nombreux qu'eux. Mathilde Panot,
Olivier Perroux. Olivier Perroux est journaliste au Monde et il s'est vu refuser l'accès à votre université d'été. Voilà ce qu'en dit Edoui Plenel, le fondateur de Mediapart que je voudrais citer ce matin. Jusqu'ici, seule l'extrême droite interdisait les journalistes qui lui déplaisait que LFI fasse de même, piétinant la liberté de la presse et le droit de critique, contredit sa prétention à démocratiser la République et confirme son cours autoritaire. Confirme son cours autoritaire.
Alors déjà, Edoui Plenel devrait regarder ce qui s'est passé encore récemment. Par exemple, le seul meeting de campagne en 2022 qu'a fait Emmanuel Macron a refusé l'accréditation, non pas à un journaliste, mais à l'ensemble d'une rédaction. C'était reporter. Bon, ça c'est la première chose. La deuxième chose, moi je... Vous estimez que c'est normal ? Vous prenez comme exemple
ce qui s'est passé avec Emmanuel Macron ? Je vais vous dire,
je vais répondre très directement à la question que vous posez. Il existe un code de déontologie dans le journalisme. Le code de déontologie, c'est de s'appuyer sur des faits, de faire du contradictoire et de respecter les vies privées. Et je vais vous dire, lorsque vous avez un journaliste, nous avons dit à la rédaction du Monde qu'elle était bienvenue. Nous avons d'ailleurs accrédité un photoreporteur du Monde. Donc il n'y avait aucun problème à ce que le Monde puisse couvrir notre événement. Mais lorsque vous avez un journaliste qui nous compare à une secte, qui compare les insoumis à des animaux et qui surtout expose nos familles et nos enfants, c'est non.
C'est contraire au code de déontologie et je l'assume complètement.
Je vais donc citer à nouveau Edouard Plenel et Mediapart qui critiquait et qui parlait de l'ameute. Ce journal enquête écrit notamment par Olivier Perroux. L'ameute écrit par des journalistes de Libération et du Monde qui ne sont donc pas des médias qu'on pourrait considérer de droite et Mediapart, pas vraiment un journal de droite non plus. L'ameute livre enquête sur le fonctionnement interne de la France insoumise, travail des journalistes du Monde et de Libération. Cette enquête vient d'apporter des éléments supplémentaires au tableau qui se dessine depuis plusieurs années.
Celui d'un mouvement dans lequel l'absence de démocratie a nourri la toute puissance d'un chef et de sa compagne et qui exclut méthodiquement au fil des années les voix dissidentes. Je cite donc Mediapart. Il se trompe.
Mais je veux dire, c'est abject de dire des choses comme ça. Je veux dire, nous présenter comme un mouvement qui serait autoritaire autour d'un gourou qui serait Jean-Luc Mélenchon puisque c'est ça la définition d'une secte. C'est ça. Lorsque vous avez ces mêmes journalistes qui ont écrit ce livre... C'est le culte du chef, dit-il. Lorsque ces mêmes journalistes qui ont écrit ce livre, La Meute, bon déjà dans l'imaginaire... Journaliste du monde et de Libération. ...explique que les insoumis sont des êtres qui ne réfléchissent pas.
Je crois que ces caricatures face au premier groupe parlementaire à l'Assemblée de gauche, au plus grand mouvement populaire de ce pays politique, sont des caricatures qui ne font pas honneur à ceux qui les portent. Et vraiment, je veux réinsister dessus. Nous n'accréditerons pas, et c'est notre droit, un journaliste qui expose nos enfants et nos familles. Nous sommes, nous, des personnalités publiques. Vos enfants ? Moi, je n'ai pas d'enfants, mais les enfants des autres, oui, par exemple, oui, on a plusieurs enfants qui sont... Les enfants d'Aurélie Trouvé, par exemple, elle l'a dit à plusieurs antennes, donc je peux le dire, et d'autres.
Donc oui, nous n'acceptons pas qu'on expose nos familles et nos enfants.
Mathilde Panot, l'ambassadeur des États-Unis... Et je le rappelle, c'est contraire au code de déontologie des journalistes. Vous avez pu vous défendre. L'ambassadeur des États-Unis en France s'inquiète de la montée des actes antisémites et il dénonce ce qu'il estime être l'absence d'action suffisante d'Emmanuel Macron. Est-ce qu'il faut le convoquer, comme a décidé de le faire le Quai d'Orsay,
ou est-ce qu'il a raison ? Oui, je pense qu'il faut le convoquer et que ce n'est pas seulement Emmanuel Macron qui est attaqué, mais c'est l'ensemble du peuple français avec des déclarations qui suivent, vous vous en rappelez, celles de M. Netanyahou, qui lui aussi qualifiait d'antisémite Emmanuel Macron. Je vais vous dire, quand vous lisez la lettre de l'ambassadeur, dedans il y a marqué que c'est l'action de la France visant à reconnaître l'État de Palestine qui met en danger la judéité en France. Personne ne peut accepter cela. Personne. Il y a 148 pays dans le monde... Emmanuel Macron ne l'accepte pas d'ailleurs. Il dit,
nous refusons fermement
ces dernières allégations. Il y a 148 pays dans le monde qui reconnaissent la Palestine. Et je vais vous dire, ce qui est dangereux, c'est que M. Netanyahou instrumentalise l'antisémitisme comme une arme diplomatique et que M. Netanyahou tente d'assimiler l'ensemble des juifs du monde à sa politique génocidaire. Voilà ce qui est dangereux, ce qui propage de l'antisémitisme et nous ne serons jamais d'accord avec cela. Merci Mathilde Panot
d'avoir répondu à mes questions ce matin.
Mathilde Panot