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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 4 mars 2020 38 minContradictoireActualité / polémiqueSantéEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Compte-rendu du Conseil des ministres du 4 mars 2020

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 30:00OuverteRéponse directe

    Un report des élections municipales est-il envisageable ?

  • 35:00OuverteRéponse directe

    Le stade 3 est-il inévitable ? Existe-t-il un plan de continuité de l'État ?

  • 40:00OuverteRéponse partielle

    Les mesures sanitaires pour les élections seront-elles obligatoires ?

  • 45:00OuverteRéponse directe

    Le gouvernement va-t-il se faire tester pour le coronavirus ?

  • 50:00OuverteRéponse directe

    La France pourrait-elle ne jamais atteindre le stade 3 ?

  • 55:00OuverteRéponse directe

    À quel rythme les Conseils de défense seront-ils organisés ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 10:00Olivier VéranFait
    « Le pays reste aujourd'hui en stade 2. »
  • 11:00Olivier VéranChiffre
    « Dans 80% des cas, être positif au coronavirus, c'est avoir des symptômes d'un rhume. »
  • 13:00Olivier VéranFait
    « Tous les décès enregistrés à ce stade, que ce soit en France ou en Italie, concernaient des personnes qui avaient un état de fragilité et qui étaient généralement avancées en âge. »
  • 15:00Olivier VéranFait
    « Un décret publié ce jour et entré immédiatement en vigueur permet la réquisition par l'Etat des stocks de masques et de la production à venir. »
  • 16:00Olivier VéranChiffre
    « Sur un stock stratégique de 150 millions de masques, l'Etat vient d'en déstocker pour les professionnels de santé. »
  • 25:00Sophie NdiayeFait
    « Nous nous préparons activement au fait d'avoir une épidémie de coronavirus en France. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-S. Ndiaye : Bonjour à tous. Bienvenue à ce nouveau compte rendu du Conseil des ministres.

Conseil des ministres qui a eu pour ordre du jour essentiel à la fois la situation du coronavirus, nous avons également tenu un Conseil de défense précédemment au Conseil des ministres. Nous avons également abordé en Conseil des ministres quelques projets de loi qui sont des projets de loi très techniques dont je ne vous livrerai pas les détails. Vous le retrouverez dans le compte rendu du Conseil des ministres publié par l'Elysée.

Nous avons également évidemment abordé la situation en Syrie. Nous avons de ce point de vue-là réitéré un certain nombre de positions qui ont été celles de la France depuis quelques jours. Je vais tout de suite passer la parole à Olivier Véran, puisque ce Conseil de défense et de sécurité nationale ainsi que le Conseil des ministres ayant abordé la situation du coronavirus, nous avons conservé les objectifs qui étaient les nôtres : à la fois ralentir, dans la phase où nous sommes, la propagation de l'épidémie de coronavirus, mais également renforcer, profiter de ce moment pour renforcer la résilience du pays afin de garantir évidemment la continuité de la vie économique et sociale de la nation, y compris dans l'hypothèse où nous serions à un moment donné dans une épidémie généralisée.

Je laisse le soin au ministre de la Santé et des Solidarités de vous donner le détail des discussions qui ont été les nôtres. -O. Véran : Merci, madame la porte-parole.

Mesdames et messieurs, bonjour. Le pays reste aujourd'hui en stade 2. Je rappelle les 3 stades.

Le stade 1, c'est le stade au cours duquel on met tout en oeuvre pour empêcher le virus de rentrer sur le territoire national. Certains territoires isolés de la nation restent d'ailleurs en stade 1. C'est le cas notamment de territoires en Outre-mer et de la Corse.

Le stade 2, le stade dans lequel se trouve le pays à l'exception des territoires que je viens de citer, c'est le stade au cours duquel on met tout en oeuvre pour freiner la progression du virus, la diffusion du virus et un stade au cours duquel on peut enregistrer les premiers cas de contamination entre personnes sur le territoire national par le coronavirus. Au stade 3, nous n'y sommes pas encore, vous l'aurez compris, il convient à la fois de freiner l'expansion du virus. C'est le stade de l'épidémie.

On continue de prendre des mesures pour éviter la progression de l'épidémie, mais en même temps, on gère les conséquences de l'épidémie de manière à préserver la vie sociale, la vie économique de la nation. Les mesures à prendre qui pourront être amenées à durer devront toujours être guidées par le principe de proportionnalité. Et je l'ai déjà dit, derrière chaque décision en matière de santé publique que nous prenons, il y a des blouses blanches qui nous donnent des avis, qui font des conférences de consensus, des travaux d'experts, à la fois en France et à l'étranger.

Le passage en stade 3 pourra ainsi se traduire probablement par un certain nombre d'allégements des contraintes collectives, puisque vous l'avez compris, au stade 2, on met tout en oeuvre pour empêcher la progression et la diffusion du virus au sein de petits territoires. Au stade 3, si le virus se diffuse nationalement, on met tout en oeuvre pour en freiner la diffusion, mais on tient compte du fait qu'il diffusera puisque c'est un phénomène naturel. Des mesures sont prises à la fois au niveau national et local.

Elles ont été passées ce matin en revue en Conseil de défense. Il est important de dire, je le dis à chaque fois, qu'elles visent à anticiper toutes les situations, mais qu'elles sont aussi capables de s'adapter à toutes les situations et qu'elles pourront donc être amenées à évoluer selon l'évolution de la situation et en particulier en cas de passage au stade 3. S'agissant de la prise en charge sur le plan sanitaire tout d'abord, alors même que nous restons en stade 2, les agences régionales de santé peuvent décider dans certains territoires particulièrement concernés par la diffusion du virus de faire évoluer la doctrine de prise en charge sanitaire, en particulier par exemple de décider du suivi à domicile en bonnes conditions d'isolement des patients qui seraient positifs au virus mais dont l'état de santé ne nécessiterait pas qu'ils restent hospitalisés.

Il est important d'ailleurs de rappeler qu'avoir le virus ne signifie pas être malade. Dans 80% des cas, être positif au coronavirus, c'est avoir des symptômes d'un rhume, des symptômes d'un syndrome grippal avec de la fièvre, des frissons, mal de tête, parfois une sensation d'oppression thoracique. Dans 15% des cas, ça peut être des symptômes respiratoires plus importants qui peuvent aller jusqu'à la pneumonie.

Et dans 4 à 5% des cas en France, ils peuvent conduire à une hospitalisation en soins intensifs ou en soins de réanimation, et dans un certain nombre de cas, évalué, réévalué constamment au gré des données internationales et françaises, il peut conduire dans 1 à 2% des cas au décès des patients. Tous les décès enregistrés à ce stade, que ce soit en France ou en Italie, concernaient des personnes qui avaient un état de fragilité et qui étaient généralement avancées en âge. S'agissant de la question des rassemblements, d'abord, je vous rappelle, j'ai dit que je ne parlerai plus de cluster, donc je vais parler de territoires au sein desquels le virus circule activement.

Au sein de ces territoires, eh bien, les rassemblements restent strictement limités et sont à l'appréciation locale du maire et du représentant de l'Etat. En dehors de ces zones, dans la périphérie ou ailleurs, la double instruction donnée samedi demeure en vigueur. Un arrêté du ministre de la Santé et une circulaire conjointe avec le ministre de l'Intérieur sont diffusés ce jour pour indiquer la base légale à retenir de manière à harmoniser les conditions d'application sur tout le territoire tout en laissant une marge d'appréciation locale aux préfets et aux directeurs généraux d'agences régionales de santé.

Les rassemblements, je le rappelle, dans un lieu confiné qui rassemble plus de 5 000 personnes sont interdits par le préfet. Cette règle s'entend donc dans un même lieu et au même instant. Les rassemblements dans des lieux ouverts ne doivent être interdits que s'ils conduisent à brasser des populations issues de zones où le virus circule particulièrement.

A ce titre, les compétitions sportives, les marchés, les spectacles en extérieur n'ont pas nécessairement à être interdits. Ils peuvent l'être sous les conditions que je viens de lister. En dehors de ces zones où le virus circule, comme à l'intérieur des zones où le virus circule, toutes les personnes malades ont instruction à ne pas se mêler à des rassemblements, d'éviter les contacts avec les personnes vulnérables, comme les personnes âgées, les patients souffrant d'infections longue durée affaiblissant leurs défenses immunitaires.

Et puis évidemment, quand je parle de personnes âgées, c'est si vous êtes malade, ou si vous considérez être potentiellement malade, ne pas aller dans un établissement pour personnes âgées type Ehpad, parce que ces personnes âgées sont particulièrement fragiles. S'agissant maintenant des écoles, au sein des zones où le virus circule activement, les préfets, les recteurs, les directeurs généraux d'ARS peuvent être amenés à décider de la fermeture d'un établissement scolaire en fonction du nombre de cas d'enfants ou d'enseignants infectés ou suspectés d'avoir été en contact avec des cas positifs, comme c'est la règle depuis quelques jours. Les enfants d'une personne contaminée ne doivent pas aller à l'école.

Ces mesures sont prises alors même que le risque pour les enfants est reconnu comme très faible et uniquement pour ralentir la progression de l'épidémie. Elles ont vocation à être réexaminées si le pays devait passer en stade 3. Un dispositif d'enseignement à distance via le CNED est mis en place par le ministère de l'Education nationale.

Il a été question également en Conseil de défense puis en Conseil des ministres de la question des masques. D'abord, je rappelle que le virus est très majoritairement transmis par le contact physique. C'est pourquoi j'avais déconseillé la poignée de main, la bise et les gestes barrières sur lesquels je reviendrai.

S'agissant des masques, nous disposons de toutes les expertises scientifiques suffisantes à ce stade, recommandations de la Société française d'hygiène hospitalière, de santé publique ainsi que des publications internationales de renom qui attestent d'une efficacité équivalente face au coronavirus des masques dits FFP2, les masques à haut niveau de technicité et de l'usage concomitant d'un masque chirurgical anti-projections pour le patient et pour la personne qui est en face, à savoir le soignant. Les masques FFP2 ont un intérêt lorsqu'un soignant est en contact direct avec un malade ou un cas possible au cours d'exploration dite invasive à visée respiratoire, comme une aspiration broncho-trachéale par exemple, parce que là, il y a une exposition plus importante aux expectorations qui justifie le port de ce masque. Le masque FFP2 est aussi indispensable en milieu hospitalier donc lorsqu'il y a la possibilité d'une co-infection ou un doute diagnostique avec des maladies qui, elles, seraient de transmission aérienne comme la tuberculose par exemple.

Un décret publié ce jour et entré immédiatement en vigueur permet la réquisition par l'Etat des stocks de masques et de la production à venir. Sur un stock stratégique de 150 millions de masques, l'Etat vient d'en déstocker pour les professionnels de santé, via les pharmacies d'officine en ciblant en particulier dans les premiers temps, c'était le cas notamment lundi, les zones où le virus circulait beaucoup, je pense notamment à l'Oise et dans l'ensemble des pharmacies d'officine désormais, de manière à ce que les médecins, les soignants de villes, mais également les personnes fragiles à qui il est recommandé par leur médecin de porter un masque, ou les personnes malades puissent aller se fournir gratuitement en masques. Je le redis, il est fondamental que les personnes qui ne sont pas malades, qui ne correspondent pas aux critères retenus et qui ne se sont pas vu indiquer le port d'un masque n'aillent pas chercher des masques d'une manière ou d'une autre, parce qu'ils sont importants pour celles et ceux qui en ont besoin.

La Direction générale de la santé définit avec les sociétés savantes les règles d'utilisation précises des masques chirurgicaux. Je le redis, doivent être équipés les professionnels de santé qui exercent en établissement de soins, les professionnels de santé libéraux, les personnes contaminées et les personnes vulnérables. L'usage des masques en dehors de ces indications est inutile.

J'en appelle à la responsabilité de chacun. Un comportement inapproprié peut altérer le travail de nos professionnels de santé et nous avons besoin que les professionnels de santé puissent travailler dans les meilleures conditions de sécurité et d'efficacité. Enfin, je serai vendredi à Bruxelles dans le cadre d'une coordination européenne des ministres de la Santé afin de discuter avec mes homologues.

La situation en Allemagne par exemple ou encore en Espagne est sensiblement similaire à la situation française, tant en termes de stade d'évolution de la maladie que de nombres de patients répartis sur les territoires. Le président de la République est en contact constant avec la présidente de la Commission européenne, avec le président du Conseil européen et avec ses homologues pour coordonner la réponse collective européenne. Je vous remercie. -S.

Ndiaye : Merci beaucoup, M. le ministre. Je vous libère, puisque vous avez des obligations qui suivent, et je suis évidemment disponible pour répondre à l'ensemble de vos questions. -Bonjour.

Marie Chantrait. TF1/LCI. Une question concernant...

On a bien compris, la situation est extrêmement évolutive, sur la tenue des élections municipales. Qu'est-ce qui pourrait éventuellement justifier aujourd'hui un report de ce scrutin ? Est-ce qu'on peut envisager un report partiel dans ces foyers épidémiques, les clusters ?

Est-ce que c'est à l'ordre du jour, aujourd'hui ? -S. Ndiaye : Il n'est absolument pas à l'ordre du jour de repousser les élections municipales.

Le ministre en charge des Collectivités territoriales ainsi que sa ministre de tutelle, en l'occurrence Sébastien Lecornu et Jacqueline Gourault, auront l'occasion de rencontrer dans les tous prochains jours, je n'ai plus la date en tête, mais les associations d'élus locales, en particulier l'AMF. Ca sera une occasion d'échanger sur ce sujet. Mais nous ne considérons pas que la situation sanitaire justifierait à ce stade un recul des élections municipales.

Evidemment, on peut être amenés à prendre des précautions assez simples, évidentes, compte tenu du mode de propagation du virus. On n'est pas obligés d'être collés les uns aux autres dans une file d'attente par exemple. On peut utiliser les techniques de lavage de mains au gel hydroalcoolique.

Et donc, nous prendrons des précautions, si j'ose dire, de bon sens en fonction des recommandations sanitaires. Mais ces élections se dérouleront. Il s'agit d'un moment important de la vie démocratique de notre pays dont nous n'entendons en aucun cas priver nos compatriotes. -Sami Sfaxi pour Canal+/CNews. 2 questions.

D'abord, on est au stade 2. C'est ce que nous disait le ministre de la Santé. Est-ce que le stade 3 est inévitable ?

On entend différents sons de cloche parmi les spécialistes et parmi différents professeurs. Est-ce que c'est une question d'heures, une question de jours ? Et 2e question, est-ce qu'il existe un plan de continuité de l'Etat en cas d'infection du président de la République ou du Premier ministre ?

Merci. -S. Ndiaye : Alors, pour répondre à votre première question, le pire n'est jamais certain, mais il est néanmoins possible.

Compte tenu de la propagation du Covid-19 et de sa propagation notamment à l'échelle mondiale, nous nous préparons activement au fait d'avoir une épidémie de coronavirus en France. Ca n'est pas certain. Nous essaierons de prendre des mesures pour freiner la propagation du virus.

Mais il est évident que les autorités publiques, les autorités politiques, les autorités sanitaires doivent se préparer à l'éventualité, j'allais dire très réalisable, d'avoir une épidémie sur le sol français. C'est ce que nous faisons au fur et à mesure de toutes les réunions et de toutes les instances que nous mettons en place pour pouvoir répondre à cette éventuelle épidémie. Nous voyons bien que la propagation est relativement importante désormais sur le territoire, puisqu'il y a beaucoup de zones où le virus circule.

Et donc, nous prenons toutes les mesures pour pouvoir y faire face. Notre objectif étant, dans la phase où nous sommes, de faire en sorte qu'en ralentissant la progression du virus, nous ayons à la fois le temps de bien préparer notre système sanitaire à apporter une réponse en cas d'épidémie de coronavirus, mais également que nous laissions passer l'épidémie de grippe, qui, je le rappelle, chaque année, touche 2,5 à 3 millions de personnes, fait à peu près une dizaine de milliers de décès malheureusement, et donc dette épidémie est en cours. Son pic était il y a quelques jours, je crois, de mémoire.

Et donc, il est important que nous puissions soulager en quelque sorte le système sanitaire de la gestion de la grippe pour qu'il soit tout à fait apte à gérer la situation en cas d'épidémie de coronavirus. C'est donc cette temporalité-là que nous sommes en train de gérer et je le redis encore une fois, comme l'a dit le ministre de la Santé, les mesures que nous prenons en ce moment, qui sont des mesures qui ont des impacts à titres collectifs importants, ne seront pas forcément, même ne seront pas les mêmes mesures que nous prendrons dans un stade épidémique s'il advenait, puisque là, nous serons sur des contraintes qui sont plus collectives... qui sont, pardon, plus individuelles, s'agissant de l'évolution de notre doctrine pour ce que nous cherchons à faire.

Il s'agira dans une phase 3 d'atténuer les effets d'une éventuelle épidémie. Concernant les plans de continuité de l'activité, toutes les administrations françaises ainsi que l'ensemble des opérateurs d'intérêt vital, sont dotés de plan de continuité de leur activité. Le porte-parolat du gouvernement par exemple est doté d'un plan de continuité de l'activité, car il s'agit de faire en sorte que l'Etat français, quelle que soit la situation à laquelle il est confronté, puisse continuer à fonctionner de manière normale.

Cela est activé notamment par exemple en cas d'inondations. Nous avons des plans de continuité de l'activité si d'aventure, la Seine faisait une crue centennale et que nous étions amenés à devoir poursuivre nos activités. C'est également le cas par exemple, ça l'a été au moment des grèves du mois de décembre, puisque nous avons suivi des plans de continuité de notre activité dès lors qu'un certain nombre de fonctionnaires par exemple ou de salariés ne pouvaient pas accéder, ou salariés d'opérateurs d'intérêt vital, ne pouvaient pas accéder à leur lieu de travail compte tenu de l'empêchement dans les transports en commun.

Donc oui, nous avons des plans de continuité de l'activité administrative. Ils sont activés autant que de besoin lorsque c'est nécessaire et lorsque nous sommes éventuellement à la veille de crises, nous revérifions systématiquement que ces plans de continuité de l'activité économique, de l'activité tout court, pardon, sont adaptés à la crise à laquelle nous pourrions potentiellement faire face. -Bonjour.

Guillaume Daret. France 2. Est-ce qu'au sujet des élections municipales dont vous parliez, les recommandations de bon sens du jour du vote, est-ce qu'on est pour l'instant que dans le cadre de recommandations ou est-ce qu'on sera dans un cas d'obligations avec des mesures transmises au préfet ?

Une obligation de porter des masques ou de mettre en place un gel hydroalcoolique à l'entrée du bureau de vote ? Est-ce de la recommandation ou est-ce que ça sera de l'obligation ? -S.

Ndiaye : Alors vous le savez, nous avons déjà ce que j'appellerais des recommandations aux populations générales. Autrement dit, à l'attention de l'ensemble des Français, nous indiquons jour après jour, j'allais dire même presque heure après heure, quelles sont les précautions à prendre pour limiter la propagation et la contamination au Covid-19. Il s'agit du lavage régulier des mains, nous avons une recommandation toutes les heures.

Il s'agit d'éviter de se serrer la main, de se faire la bise, d'éviter le contact physique direct compte tenu des modalités de transmission par gouttelettes du coronavirus. Ces recommandations, elles existent avant le jour du vote, le jour du vote et après le jour du vote. Evidemment, compte tenu des opérations spécifiques qui ont lieu à l'intérieur d'un bureau de vote, on peut se poser la question de la nécessité d'aller un peu plus loin.

C'est ce que nous serons amenés à discuter lors de la rencontre entre le ministre en charge des Collectivités locales et les associations d'élus, en particulier avec l'AMF. -Bonjour, madame la porte-parole. -Paul Larrouturou.

Quotidien. Jeudi dernier, le ministre de la Santé Olivier Véran était dans l'Oise. Il a eu une réunion de plus d'une heure avec le préfet et le directeur de l'agence régionale de santé.

Depuis, ils sont confinés, avec une très forte suspicion de coronavirus. Je vois à l'instant que vous venez de tousser dans votre coude. Est-ce que le président de la République et l'intégralité du gouvernement, par mesure de précaution, vont faire le test, pour savoir s'ils ont ou non le coronavirus ? -S.

Ndiaye : Alors ce n'est pas prévu, puisque nous sommes, au fond, comme tous les Français. Donc nous n'avons pas à nous tester, si nous ne sommes pas cas contact confirmé, cas contact, pardon, d'un cas confirmé. Donc il s'applique au gouvernement l'ensemble des procédures, aux membres du gouvernement, pardon, l'ensemble des procédures qui s'appliquent à l'ensemble des Français, et donc il faut avoir un certain nombre d'étapes à franchir.

Vous avez été au contact d'un cas confirmé de manière proche, vous êtes dans son entourage intime si j'ose dire, vous avez échangé par exemple des fluides. Et donc ça, ça conduit à ce qu'on vous considère comme un cas possible et qu'on vous teste. On n'est pas dans cette situation-là pour ce qui concerne les membres du gouvernement à ma connaissance. -Bonjour.

Hadrien Bect. Europe 1. Est-ce qu'il vous semble possible que la France n'atteigne jamais le stade 3 ? -S.

Ndiaye : Cela me semble peu probable, malheureusement. -Julie Marie-Leconte. France Info.

Un premier Conseil de défense a été organisé samedi. Un autre, aujourd'hui. A quel rythme comptez-vous organiser ces conseils dans la mesure où on constate aujourd'hui que par exemple aujourd'hui, vous n'annoncez pas de nouvelle mesure par rapport à celles qu'on connaît déjà ? -S.

Ndiaye : Alors aujourd'hui, si vous avez écouté avec attention l'intervention de mon collègue ministre de la Santé et des Solidarités, il vous a indiqué ce qu'était la nouvelle doctrine en matière d'utilisation des masques, puisque jusqu'à maintenant, nous avions 2 types de masques : les masques FFP2, les masques dits chirurgicaux, les fameux masques bleus légèrement plissés, avec une interrogation sur le fait qu'il y en ait un qui ait une meilleure efficacité pour se protéger du coronavirus dans sa transmission par gouttelettes que l'autre. Nous avons souhaité attendre que des sociétés savantes, que Santé publique France notamment, puissent nous indiquer quelle était la bonne doctrine d'utilisation de ces masques, ce qui mécaniquement a des répercussions sur la manière dont nous les distribuons et sur la manière dont nous les utilisons. Et donc, ça a été l'occasion au cours de ce Conseil de défense de pouvoir aborder ce sujet-là.

Nous avons également passé en revue l'ensemble des mesures qui ont été déjà prises, puisque vous le savez, dans le cadre d'une situation très évolutive, on peut être amenés à faire évoluer les choses. Donc on se pose toute une liste de questions sur la manière dont on organise ou pas les rassemblements collectifs, la manière dont les élèves peuvent ou pas aller à l'école. Et donc, on peut parfois être amenés à faire évoluer des doctrines compte tenu de l'état de nos connaissances et de l'état de la propagation du virus, ou à l'inverse, on peut être amenés à consolider des doctrines en considérant qu'elles s'appliquent encore et qu'elles sont encore valables, mais qu'elles sont susceptibles d'évolution dès lors que nous rentrerions dans la phase 3 de la réponse à une éventuelle épidémie de coronavirus.

Et donc, ces Conseils de défense autour du président de la République se tiendront autant que de besoin et au fur et à mesure que nous jugerons que cela est nécessaire. -Bonjour, madame la ministre. Camille Plaisant.

La Chance aux concours. Il y a plusieurs maires de l'Oise qui ont appelé à un report des élections municipales. Vous avez dit que ce n'était pas lieu d'être.

Est-ce que le gouvernement ne prend-il pas un risque d'un fort taux d'abstention dans ces départements où les clusters sont présents ? -S. Ndiaye : Nous sommes évidemment très attentifs à l'évaluation de la situation, en particulier dans les zones où nous avons un regroupement important de patients.

De ce point de vue, nous considérons compte tenu aujourd'hui, à l'instant où je vous parle, des projections que nous pouvons faire sur la propagation du coronavirus, et donc le nombre de personnes qui sont susceptibles d'être infectées, nous n'estimons pas nécessaire d'avoir une réponse qui consisterait à reporter sur le territoire national l'ensemble des élections municipales évidemment. J'entends parfaitement l'inquiétude qui est celle des élus, y compris parce que dans l'Oise, nous avons des élus, qui eux-mêmes ont été atteints. Il y a évidemment des questions qui se posent naturellement sur le fait que l'inquiétude générale autour du coronavirus pourrait pousser certains de nos concitoyens à ne pas venir dans les bureaux de vote.

Moi, je crois, au contraire, qu'il faut dire vraiment de manière ferme à l'ensemble des Français que nous faisons face avec beaucoup de résolution à la situation qui se présente, mais que c'est une situation qui est maîtrisée et que le pays ne va pas s'arrêter de fonctionner purement et simplement, y compris si nous avons une épidémie de coronavirus. C'est important à comprendre, parce que les gens ont peut-être en tête le fait que dès lors que nous serions dans une phase épidémique du coronavirus circulant sur l'ensemble du territoire sans que nous puissions retracer l'ensemble des contaminations, c'est la définition d'un stade épidémique, on a l'impression que le pays va s'arrêter, que les enfants n'iront plus à l'école, qu'on n'ira plus travailler. Ca n'est pas ce qui va se passer.

Dans un stade où l'épidémie circule, où on est dans une phase épidémique, où le virus circule de manière active sur l'ensemble du territoire, notre objectif est d'en atténuer les effets. C'est pour ça que nous changeons progressivement, en fonction des territoires, la doctrine de prise en charge sanitaire des patients atteints de coronavirus. On peut être testé, présenter un gros rhume, un syndrome grippal, et ne pas avoir besoin d'être à l'hôpital.

On peut être testé, avoir un syndrome de détresse respiratoire et donc être amené à être hospitalisé. Et donc, on voit bien qu'au fur et à mesure de l'évolution de la situation, nous prenons des mesures en fonction de l'évolution de la situation mais les métros continueront à circuler jusqu'à nouvel ordre, les transports en commun continueront à circuler jusqu'à nouvel ordre et la vie du pays ne s'arrêtera pas à cause du coronavirus. Nous prenons toutes les précautions, nous mettons tout en oeuvre, pour que cela soit possible. -Jérôme Rivet de l'AFP.

Sur un autre sujet, est-ce que vous pourriez en dire un peu plus sur le Conseil de défense consacré à la Syrie ? Est-ce que des décisions ont été prises et vont être annoncées ? -S.

Ndiaye : Alors vous le savez, il n'est pas dans nos habitudes de communiquer, pour des raisons évidentes de confidentialité, sur les décisions qui sont prises en Conseil de défense. Ce que je peux néanmoins vous rappeler, c'est ce qu'é été la position constante de la France exprimée par son ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, nous avons indiqué que nous regrettions et que nous dénoncions évidemment l'offensive qui a été menée, qui est encore en cours par le régime syrien dans la région d'Idlib, que cette offensive, elle avait une double répercussion : à la fois une crise humanitaire importante et une crise migratoire potentielle qui n'a pas encore été aujourd'hui avérée. Et donc, nous avons souhaité que les ministres des Affaires étrangères au niveau européen, comme les ministres de l'Intérieur au niveau européen, compte tenu de ce double effet dû à l'offensive menée aujourd'hui par le régime syrien dans la région d'Idlib, puissent être réunis.

Ca va être le cas dans les jours à venir pour que nous puissions avoir une coordination européenne importante et que la France évidemment intervienne dans un cadre humanitaire, pardon, intervienne dans un cadre européen d'un point de vue humanitaire en direction des populations qui vivent aujourd'hui une situation particulièrement grave. -Bonjour. Laurence Benhamou.

AFP. Sur un autre sujet, est-ce qu'au Conseil des ministres, le président et les ministres ont fait le point sur le recours à l'article 49-3 pour la réforme des retraites ? Et est-ce que ce calendrier pour ce projet de loi est toujours celui d'une adoption à l'été ?

Merci. -S. Ndiaye : Alors, je peux vous dire que le calendrier pour l'adoption du projet de loi portant, institution d'un régime universel de retraites, est toujours celui avant l'été.

L'explication en est très simple. Le président de la République, lors de sa campagne électorale en 2017, comme l'ensemble des députés de La République en marche, s'était engagé sur une refonte du système de retraites pour qu'il soit à la fois plus juste, universel, plus équitable. Et donc, nous souhaitons que cet engagement puisse être rempli dans le cadre de ce quinquennat et que nous ne repoussions pas aux calendes grecques, à plus tard, sans responsabilités vis-à-vis de notre action politique, cette réforme des retraites en dehors du quinquennat.

C'est la raison pour laquelle nous souhaitons qu'un certain nombre de mesures, y compris de mesures de justice sociale importantes, je pense au minimum de pension, soient mises en place dès le 1er janvier 2022, ce qui, compte tenu du calendrier parlementaire, et en particulier de la fermeture du Sénat pour cause d'élections sénatoriales, fermeture tout à fait normale, que nous puissions avoir une adoption du texte de réformes des retraites avant l'été. Et donc, nous poursuivons cet objectif. Pour ce qui est de l'évocation du 49-3 en Conseil des ministres, nous avons simplement constaté collectivement que les deux motions de censure avaient été rejetées au Parlement hier soir, y compris tard dans la nuit. -Julie Marie-Leconte.

France Info. Je reviens au coronavirus. Dans un certain nombre de secteurs, des salariés font valoir leur droit de retrait.

Vous nous dites : "Le pays ne sera pas bloqué. La situation est maîtrisée." Qu'est-ce que vous pensez du fait que ces salariés font valoir ce droit ?

Et quelle prise avez-vous dans la mesure où ils font valoir un droit ? -S. Ndiaye : Alors, d'abord, je voudrais dire que je comprends parfaitement l'angoisse qui peut être celle d'un certain nombre de salariés, soit parce qu'ils travaillent dans des endroits où ils sont en contact avec du public en grand nombre, soit parce qu'ils ont eux-mêmes des pathologies qui les rendent vulnérables.

On peut par exemple souffrir de diabète et se poser la question de la nécessité de se protéger particulièrement vis-à-vis du coronavirus. Ces inquiétudes, elles sont parfaitement compréhensibles. Néanmoins, le droit de retrait, il a un cadre juridique et une jurisprudence qui sont relativement clairs.

Ca n'est d'abord pas une appréciation subjective. Il faut qu'il y ait un danger grave, imminent qui puisse mettre en cause de manière directe votre vie ou votre santé. Donc ça, c'est un cadre juridique.

Par ailleurs, il ne s'agit pas d'un droit qui est collectif. C'est un droit qui est individuel. Aujourd'hui, la situation sanitaire ne permet pas l'exercice du droit de retrait et si je vous prends par exemple, pardon, ne justifie pas, excusez-moi de l'imperfection de mon terme, ne justifie pas l'exercice du droit de retrait.

Et si je vous prends par exemple l'exemple de la situation au musée du Louvre, où les agents du Louvre étaient inquiets du fait que le Louvre brasse un nombre important de visiteurs au cours de la journée, je rappelle que l'instruction que nous avons donnée est très claire : c'est lorsque nous sommes dans un endroit qui est confiné où se retrouvent au même moment, au même endroit plus de 5 000 personnes qu'il convient d'avoir des mesures d'interdiction de ces rassemblements dits collectifs. Ca n'est pas la situation du Louvre où nous avons de la circulation et du passage certes d'un grand nombre de personnes, mais où on n'est pas dans un endroit où les gens stationnent au même endroit pendant une durée donnée et dans un très grand nombre, en l'occurrence supérieur à 5 000. Et donc, il faut nécessairement là où il y a des inquiétudes qui s'expriment, et je sais qu'elles s'expriment y compris dans d'autres services publics, qu'il y ait des explications, y compris que les directions de ces entreprises ou de ces organismes publics puissent expliquer la situation à leurs salariés pour que les choses soient bien comprises de chacun et il va évidemment de la responsabilité de l'employeur, qu'il soit public ou privé, de mettre en place toutes les précautions sanitaires que nous préconisons, en l'occurrence, l'accès à un endroit où on peut se laver les mains toutes les heures. -Bonjour, madame la porte-parole.

Mathieu Coache. BFMTV. Le ministre de la Santé allemand dit aujourd'hui que le coronavirus est devenu une pandémie mondiale.

L'Italie va fermer toutes les écoles et les universités jusqu'à mi-mars, même chose au Japon. La Chine a demandé à ses habitants d'être confinés en stade épidémique. Et vous nous dites aujourd'hui qu'au stade 3, la France ne va pas s'arrêter de fonctionner, qu'on pourra aller voter et que les métros fonctionneront.

Est-ce qu'il n'y a pas un risque à ne pas prendre des mesures plus fortes, peut-être plus drastiques face à ce virus ? Un risque que le coronavirus se répande sur le territoire ? -S.

Ndiaye : Alors, vous avez remarqué que dans des pays où il y avait eu des mesures de confinement importantes, ça n'avait pas complètement empêché la propagation du virus. Ca l'avait certes ralenti. Mais ils sont quand même dans des stades épidémiques.

Je pense en particulier à la Chine où ça a été le cas. En Italie, vous avez eu des fermetures massives d'écoles. Pour autant, il y a, dans un certain nombre de régions d'Italie, une circulation active du virus.

Donc, il faut être je crois d'abord très coordonnés au niveau européen et c'est notre souhait, notre volonté, vis-à-vis de nos partenaires de l'Union européenne pour qu'il y ait une réponse qui soit coordonnée sur le coronavirus évidemment. Il ne s'agit pas d'être dans une situation de panique. Il faut aborder les choses avec sérieux.

Toutes les décisions que nous prenons en France sont étayées d'un point de vue scientifique et d'un point de vue sanitaire. C'est le seul guide. Ca n'est pas la porte-parole du gouvernement avec Olivier Véran sur un coin de table avant de rentrer dans cette salle qui décident en fonction de leur appréciation politique ou du degré de pression politique, ou du degré de stress et de peur qui s'exprime dans la population qui, je le dis encore une fois, est normal.

Ca n'est pas nous qui allons dire : "Il faut faire telle ou telle chose." Nous avons des appréciations, des décisions politiques qui sont prises en fonction de connaissances scientifiques. Je vous en donnais tout à l'heure l'exemple sur le sujet des masques.

Et donc, nous continuerons à suivre en quelque sorte cette doctrine qui est la nôtre, c'est que nous prenons des décisions qui sont étayées scientifiquement et sanitairement. -Bonjour. Ania Nussbaum de Bloomberg news.

Je reviens rapidement sur la Syrie. La chancelière allemande a laissé la porte ouverte à un financement bilatéral vers la Turquie en cas de non-accord au niveau de l'Union européenne. Est-ce que la France pourrait elle aussi envisager une aide à la Turquie hors cadre de l'Union en cas de désaccord ou de non-accord à l'échelle de l'UE ? -S.

Ndiaye : Il est important que d'abord nous ayons une coordination de la réponse au niveau européen. C'est ce que j'ai eu l'occasion de dire, d'une part. Il est aussi important que l'Union européenne apporte la démonstration de sa capacité à protéger ses propres frontières.

Nous avons eu l'occasion de le dire. Nous soutenons la Grèce dans les difficultés qui sont les siennes et nous souhaitons que ce soutien puisse s'effectuer de manière européenne. Donc, le sujet que vous évoquez n'est à ce stade pas à l'ordre du jour, compte tenu de la volonté qui est la nôtre de donner à l'Union européenne la possibilité à la fois à intervenir humanitairement dans la situation qui est aujourd'hui celle que nous connaissons, mais aussi à faire en sorte qu'elle soit capable de protéger ses frontières. -A nouveau Paul Larrouturou.

Quotidien. Une toute dernière question. Est-ce que ce matin... -S.

Ndiaye : Je me méfie, parce qu'on m'a dit plusieurs fois : "ça sera la dernière", mais en fait, non. -OK, pas de ma question, que ce soit la dernière. Sur l'origine du virus en France, a priori en Haute-Savoie, c'est lié à l'Italie.

Est-ce que ce matin, lors du Conseil de défense, vous en savez plus sur le patient zéro dans l'Oise ? Puisqu'hier, le ministre de la Santé a dit que l'hypothèse comme quoi ça serait un avion militaire qui l'a ramené du Wuhan sur la base aérienne 110 est écartée. D'où vient le virus dans l'Oise d'après vos informations ? -S.

Ndiaye : Alors, nous n'avons pas malheureusement l'information concernant le patient zéro dans l'Oise. Je pense que c'est peut-être important d'expliquer comment est-ce qu'on cherche. On remonte les chaînes de transmission.

Dès lors que nous avons un cas qui est un cas confirmé, c'est-à-dire où nous avons réalisé un test de virologie et que nous avons constaté la présence de coronavirus, c'est parfois sur des gens qui sont relativement peu symptomatiques. Une fois qu'on a constaté la présence de coronavirus, il y a des épidémiologistes, des médecins, qui vont interroger la personne pour savoir avec qui elle a été en contact dans les 15 derniers jours, c'est-à-dire le temps maximal d'incubation du coronavirus. Et puis, de proches en proches, en fonction du temps que vous avez passé avec les personnes que vous indiquez, on va déterminer ce que sont les cas contacts.

Puis, on va aller voir les cas contacts, on va eux-mêmes les tester. Et ainsi de suite, par une forme d'arborescence, d'enquête quasi policière, on va déterminer ce qu'a été votre entourage, les gens avec qui vous avez été en contact et ceux qui sont susceptibles d'avoir été contaminés ou d'être contaminants désormais. Cette enquête-là, quand nous avons la possibilité de la réaliser, et, aujourd'hui, dans 75% des cas qu'on retrouve dans les clusters de coronavirus, aujourd'hui, sur notre territoire, nous savons remonter la chaîne de transmission à partir du patient zéro.

Ca n'est pas le cas, aujourd'hui, pour l'Oise puisque nous ne savons pas quelle est la première personne qui a apporté le virus ni comment, d'ailleurs, elle l'aurait apporté, mais je peux vous confirmer les propos du ministre de la Santé : ça n'est pas dans le cadre du rapatriement de Chine que ce virus a été apporté sur la base militaire de Creil. Voilà, j'avais raison de me méfier. -Presque la dernière.

En cas de passage au stade 3, il semblerait qu'aient été prévues des mesures concernant des réunions interministérielles qui se tiendraient via la visioconférence. Le Conseil des ministres est, par essence, une réunion interministérielle. Est-ce que le stade 3 pourrait faire que le Conseil des ministres se fasse avec chacun dans son ministère par visioconférence ?

Est-ce que ça pourrait être une des conséquences ? -S. Ndiaye : A ma connaissance, ça n'a pas du tout été évoqué.

Et il est assez naturel que le Conseil des ministres se poursuive. Evidemment, comme tous les Français, nous sommes...

Si, par exemple, je devais développer de la fièvre, avoir une insuffisance respiratoire ou quoi ou qu'est-ce, évidemment que la question se poserait. Je me ferais tester pour le coronavirus, et que, en conséquence de quoi, on prendrait les mesures pour que, soit je puisse continuer mon activité en télétravail, ou que je puisse, comme n'importe quel Français, être ce qu'on appelle en état de réduction sociale qui fait que vous sortez moins de chez vous, vous êtes à l'isolement et que vos enfants, quand vous êtes contaminé, ne vont pas à l'école pour ne pas être vecteurs de transmission. Donc, évidemment, dès lors que nous passerons en stade épidémique, on sera amenés à avoir des mesures de réduction sociale parce qu'on peut avoir des gens qui sont malades, qui ont des fonctions qui sont importantes.

Ca fait partie de l'organisation des plans de continuité de l'activité dans nos différentes administrations, mais il n'est pas envisagé de le faire pour le Conseil des ministres, en tout cas, pas à ma connaissance. Eh bien, c'était vraiment la dernière. Je vous remercie.

Au revoir.