MACRON TORPILLE LA DROITE - UN BOURBON SINON RIEN #4
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« Renaud Muselier a fait un choix. Ce choix je le déplore, je le regrette, je le condamne fermement. »
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« La tentative de Renaud Muselier, le président LR de la région PACA, de s’allier avec la République en marche pour les régionales, a donné lieu, pendant trois jours, à un formidable psychodrame. »
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« Ainsi, hier, mercredi, Hubert Falco, le maire de Toulon, a claqué la porte de LR en raison du refus de son parti de s’allier à la République en marche en PACA. »
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« À peine les propos de Jean Castex sont-ils en ligne que Christian Jacob, le président des Républicains avertit que Renaud Muselier ne pourra pas se prévaloir du soutien de son parti. »
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Renaud Muselier a fait un choix. Ce choix je le déplore, je le regrette, je le condamne fermement. Ce qu’on a eu ce week-end, c’est le pire de la politique.
C’est un spectacle absolument déplorable. Je suis LR avec les bras ouverts, et j’essaie de sortir du carcan des partis. Je vois que c’est quand même très difficile.
Aucun accord, à quelque niveau que ce soit, avec la République en marche. Le risque ce soir, c’était que ça explose. La droite qui explose à la veille des régionales, c’est le sommaire de ce numéro 4 d’Un Bourbon Sinon Rien.
Réunions au sommet, propos incendiaires, conciliabules, menaces d’exclusion, forêt de caméras et de micros… La tentative de Renaud Muselier, le président LR de la région PACA, de s’allier avec la République en marche pour les régionales, a donné lieu, pendant trois jours, à un formidable psychodrame. Pour un peu, on se serait cru revenu à la grande époque des guerres fratricides. Comme celle, par exemple, qui opposa Jean-François Copé et François Fillon en 2012.
Écoutez d’ailleurs le commentaire du sénateur Roger Karoutchi à son arrivée au siège de LR, mardi. “On n’en est pas là”, dit le sénateur dans un exercice d'auto-persuasion. C’est à voir.
Car la droite vient d’encaisser une torpille en dessous de la ligne de flottaison. Et les dégâts pourraient bien finir par la faire couler. Ainsi, hier, mercredi, Hubert Falco, le maire de Toulon, a claqué la porte de LR en raison du refus de son parti de s’allier à la République en marche en PACA.
Et il se murmurait que Christian Estrosi, le maire de Nice, pourrait en faire autant, pour les mêmes raisons, dans les heures à venir. Tout a commencé dimanche avec les déclarations du Premier ministre, Jean Castex, au Journal du dimanche. Il annonce le retrait de la liste de la République en marche en région Sud, l’autre nom de la PACA depuis 2017.
Et il apporte cette précision à propos de la tête de liste, Sophie Cluzel, Secrétaire d'État chargée des personnes handicapées : Bref, il s’agit d’une fusion des listes. Ce rapprochement était soigneusement préparé depuis des semaines. À la manœuvre, il y a, du côté macroniste, Christophe Castaner et Thierry Solère, transfuge des Républicains, aujourd’hui conseiller politique d’Emmanuel Macron.
Du côté de Renaud Muselier, ce sont Christian Estrosi et Hubert Falco qui négocient dans les coulisses. Les deux maires souffrent d’être coincés entre le Rassemblement national et La République en marche. Courtisés par le chef de l’État, ils ont déjeuné avec celui-ci en avril.
Ils plaident pour une alliance avec le parti présidentiel. Quant à Renaud Muselier, son équation est plus triviale : il craint d’être battu par Thierry Mariani, le candidat du Rassemblement national, un transfuge de LR. À la mi-avril, un sondage donnait ce dernier en tête au premier tour.
Pour Muselier, le soutien de la République en marche se révèle vital. Mais quel intérêt l’Élysée a-t-il à débaucher Renaud Muselier ? L’explication est simple : si Emmanuel Macron veut l’emporter en 2022, il a besoin de rallier à lui une partie de la droite.
À gauche, il a déjà pris tout ce qu’il pouvait prendre. Dans le scénario présidentiel, la fusion en PACA de la liste macroniste avec celle de la droite doit devenir le prélude d’un rassemblement plus vaste autour de sa personne. Mais voilà, les dirigeants de LR ont bien compris que le président de la République s’apprêtait à plumer leur électorat.
À peine les propos de Jean Castex sont-ils en ligne que Christian Jacob, le président des Républicains avertit que Renaud Muselier ne pourra pas se prévaloir du soutien de son parti. Le député des Alpes maritimes, Éric Ciotti, sort l’artillerie lourde : Renaud Muselier a fait un choix. Ce choix, je le déplore, je le regrette, je le condamne fermement.
Il fait un choix contre notre famille politique, mais aussi contre l’intérêt général. Parce que ce choix va conduire vraisemblablement à l’élection de Thierry Mariani. Le lendemain, c’est Bruno Retailleau, le président du groupe Les Républicains au Sénat qui monte au créneau.
Je considère qu’il s’est mis de lui-même à la marge de notre mouvement. Ce qu’on a eu ce week-end, c’est le pire de la politique. C’est un spectacle absolument déplorable.
C’est ce qu’on aime le moins, je crois, en politique. Ce ne sont pas des convictions, c’est de la manœuvre politicienne, des combinaisons d’arrière-cuisine. Pourtant, Christian Jacob ne veut pas rompre avec Muselier.
D’abord, parce que le patron des Républicains n’a pas de solution de rechange. Impossible de monter une nouvelle liste LR d’ici le 17 mai, date de la clôture du dépôt des candidatures. Surtout, une telle liste aurait toutes les chances d’être battue à plate couture.
Ensuite, parce que Muselier est prêt à faire machine arrière. Sans l’étiquette LR, le président sortant de la région PACA risque fort de voir une partie de son électorat lui préférer le candidat du Rassemblement national. D’ailleurs, dès le lundi, Renaud Muselier fait savoir qu’il veut bien renoncer à la présence de ministres ou de députés macronistes sur sa liste.
Marché conclu, lui répond Jacob. Reste à habiller la capitulation. La vieille ficelle du malentendu fera l’affaire.
Écoutez Renaud Muselier plaider sa cause au sortir de la commission des investitures, mardi soir. Je suis LR, avec les bras ouverts, et j’essaie de sortir du carcan des partis. Je vois que c’est quand même très difficile.
On a en permanence essayé de montrer que ce n’était pas la bonne solution et qu’il y avait des arrières-pensées politiques. On m’a même traité de traître quand même. Je dis que je veux additionner, je dis que je veux élargir ma majorité.
Je veux dire que je veux avancer. Je dis qu’il n’y a pas d’accord d’appareil. Et on m’a expliqué tout de suite qu’il y avait un accord d’appareil avec la République en marche.
J’ai beau le répéter, après une fois que c’est parti, c’est très difficile de faire marche arrière. Le président de la région PACA conteste avoir été piégé par Matignon. Non, je ne suis pas piégé par le Premier ministre.
J’ai beaucoup d’estime, et d’ailleurs je l’ai rappelé tout à l’heure. Non, je ne suis pas dans un combat national, je ne veux pas le nationaliser ce match. Le Premier ministre, j’ai travaillé avec lui, je travaille avec lui, je n’ai pas de difficulté avec le Premier ministre.
Il y a un problème de… Ce qui s’est passé dimanche, il y a eu la volonté d’affirmer une recomposition politique. Ça, ce n’était pas acceptable. Christian Jacob, lui s’empresse de tourner la page : Écoutez, c’est un très bon résultat puisqu’on arrive à un vote, non pas unanime mais, 68 votants, 5 contre et 3 abstentions. en clarifiant les choses que nous avions vues précédemment avec Renaud Muselier.
Aucun accord, à quelque niveau que ce soit, avec la République en marche. Rappeler notre opposition totale à l’idéologie du Rassemblement national, et ensuite, bien évidemment, la conséquence de cela, c’est qu’aucun parlementaire, bien sûr, ministre ou élu de la République en marche, ne figurera sur les listes. Les têtes de liste ont été annoncées.
Et ensuite, Renaud Muselier va composer les listes départementales, avec les têtes de listes qu’il a annoncées, mais avec les présidents et les secrétaires départementaux des fédérations Les Républicains. Reste à désigner un responsable de la crise. C’est le député du Vaucluse, Julien Aubert, qui s’en charge.
Vous savez, le risque, ce soir, c’était que ça explose. Au contraire, nous sortons unis, nous sortons derrière le candidat. Et Renaud a bien expliqué ce qu’il s’était passé, et comment d’ailleurs il y avait eu, je dirais de la part de Jean Castex, une forme de tentative de récupération.
Donc, c’est ça qui est aujourd’hui dénoncé, avec un communiqué de presse, je le dis, qui est très clair, et qui permet de remettre les choses d’aplomb. Donc oui, je suis soulagé. Bref, c’est “Embrassons-nous, Folleville !”.
Au point que Muselier se paie le luxe de fanfaronner devant les caméras : Ce matin, j’étais en difficulté avec ma famille politique, et aujourd’hui j’ai mon soutien. Vous n’attendiez qu’une seule chose c’est que je sois exclu, et que j’ai une liste contre moi. Et aujourd’hui c’est clair, c’est net, je suis soutenu par ma famille politique.
Je fais l’ouverture et je continue le rassemblement, et les listes seront déposées le 17. Et vous savez, il va s’en passer encore des choses. Mais surtout, n’écoutez pas toutes les rumeurs.
S’il vous plaît. Mais dès le lendemain matin, le président de la région PACA donne un coup de canif dans l’accord conclu avec Christian Jacob. Voici ce qu’il répond à la journaliste Caroline Roux, qui lui demande si Sophie Cluzel, la tête de liste de la République en marche, peut rejoindre sa liste.
Madame Cluzel, personne ne la connaît. Le Premier ministre, si, il l’a citée dimanche. Sauf qu’elle est ministre donc, dans la mesure où elle est ministre, à ce moment-là, ça fait rempart absolu.
En tant que ministre ce n’est pas possible, voilà. Si madame Cluzel veut démissionner, et apporter ses compétences de responsable des handicapés pour le redémarrage de la région, je prends les compétences d’où qu’elles viennent. Comme je l’ai fait pendant toute cette période de crise, pour faire en sorte que ma région fonctionne.
À la même question, voici ce que répondait Jacob la veille au soir. C’est clair, le cas de madame Cluzel, il est réglé. Si elle a envie de faire une liste, qu’elle la fasse, on verra.
Vous êtes certain à 100% que Sophie Cluzel ne sera pas sur la liste de Renaud Muselier ? Oui, bien évidemment. Il n’y a pas de discussion là-dessus.
Au même instant, Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, persistait sur LCI à affirmer qu’il y aurait des membres de la République en marche sur la liste de Renaud Muselier. Du coup, mercredi en milieu de journée, Christian Jacob remet les points sur les i en faisant cette déclaration à l’AFP : On en est là. Après avoir ratissé la gauche, Emmanuel Macron s’emploie maintenant à fragmenter la droite.
Objectif, rester en tête-à-tête avec Marine Le Pen. Cette stratégie de destruction de la classe politique risque de se retourner contre lui. Au “tout sauf Le Pen”, les électeurs qui iront encore voter pourraient bien préférer le “tout sauf Macron”.
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À la semaine prochaine pour un nouveau numéro d’Un Bourbon Sinon Rien !