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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 25 octobre 2025 64 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Sarkozy : la prison et l'onde de choc - C dans l’air - 26.09.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    L'onde de choc s'étend au-delà de nos frontières. Comment analysez-vous cette condamnation ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Vous étiez dans la salle d'audience. Racontez-nous ce que vous avez vu.

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Vous vous êtes dit qu'il allait échapper à la prison ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Comment il a réagi quand les décisions sont tombées ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Ce n'était pas prévu. Il a pris la parole. C'était prévu ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Comment vous avez perçu cette réaction ? Est-ce qu'elle a des accents trumpiens ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00L.ValdiguiéChiffre
    « Il a été condamné à 4 ans de prison ferme. Elle a dit: "Monsieur, compte tenu de la gravité de ce qui vous est reproché, nous ordonnons un mandat de dépôt." »
  • 5:30N.SarkozyFait
    « Ceux qui me haïssent à ce point pensent m'humilier. Ce qu'ils ont humilié, aujourd'hui, c'est la France. C'est l'image de la France. »
  • 11:00N.Saint-CricqFait
    « On a des spécificités françaises dont on se dispenserait volontiers. »
  • 16:30J.FourquetFait
    « Il cherche à installer l'idée qu'il y a un règlement de compte personnel à son encontre de la part d'un certain nombre de magistrats. »
  • 20:30L.ValdiguiéChiffre
    « Sur le papier, il a 4 mois pour être incarcéré. Le PNF fera décider d'une date d'incarcération. »
  • 22:30L.ValdiguiéChiffre
    « La cour d'appel va se réunir pour statuer de son cas dans un délai de 60 jours. »
  • 24:30L.ValdiguiéChiffre
    « Il sera dans les 9 m2 réglementaires avec une télé qu'il paiera assez cher. »
  • 32:30C.Michel-AguirreFait
    « La présidente du tribunal n'arrive qu'en bout de chaîne sur les 13 ans qu'ont duré cette affaire. »
  • 42:30N.SarkozyFait
    « Le tribunal a été plus loin en déclarant solennellement que le document Mediapart qui était à l'origine de cette procédure était, je cite, "un faux". »
  • 46:30L.ValdiguiéFait
    « La présidente l'a expliqué en 2 phrases. La loi ne l'oblige pas à motiver ça. »
  • 50:30C.Michel-AguirreFait
    « La justice a considéré que ça n'était pas un faux. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

dans ses vêtements. ... - A.Casse: Bonsoir.

L'onde de choc s'étend au-delà de nos frontières. La chute de N.Sarkozy est commentée dans le monde entier.

L'ancien président de la République est convoqué le 13 octobre en vue de son incarcération. Une incarcération qui relance le débat sur l'exécution provisoire. Même s'il fait appel et est présumé innocent, il ira en prison.

C'est le principe. Selon la droite et le RN, ça pose un problème démocratique, quand d'autres y voient la preuve de l'indépendance de la justice. Une justice plus indépendante que celle qui sévit aux Etats-Unis avec un D.Trump qui règle ses comptes avec tous ceux qui se sont mis en travers de sa route.

L.Valdiguié, bonsoir. Vous êtes journaliste à "Marianne".

Vous avez suivi le procès. On rappelle le hors-série à paraître. N.Saint-Cricq, bonsoir.

Vous êtes éditorialiste politique à France Télévisions. C.Michel-Aguirre, vous êtes grand reporter au service France au "Nouvel Obs".

J.Fourquet, vous êtes directeur du département opinion à l'Ifop. L.Valdiguié, vous étiez dans la salle d'audience quand la décision est tombée.

Racontez-nous ce que vous avez vu et perçu. - L.Valdiguié: Tout le monde s'attendait à une décision lourde.

Depuis le 8 avril, la date de fin de ces 38 audiences, tout le monde s'attendait à quelque chose d'historique. Même si toute la défense avait plaidé la relaxe. Tout le monde est rentré dans la salle d'audience avec un peu de tension.

On guette toujours s'il y a beaucoup de policiers autour de la salle. Dans ces audiences, en général, il y a des escortes. Là, il n'y en avait pas.

Il y avait des policiers, mais une ambiance normale. La présidente a commencé par lire son dispositif en prenant le truc à l'envers et en disant d'entrée de jeu qu'il y aurait 3 relaxes. Elle a cité 3 relaxes.

On a compris que les autres allaient être condamnés. N.Sarkozy a su d'entrée, à la première minute, qu'il serait condamné, qu'il n'aurait pas la relaxe.

Elle a continué. "68 infractions..." C'est hyper long, hyper juridique, hyper complexe.

On s'y perdait. Elle a lu les infractions. Le tribunal, c'est un grand tricot.

Le tribunal a détricoté tout ce qu'avait construit le PNF. Le tribunal avait écarté la corruption, blanchi et relaxé E.Woerth.

Il n'était pas poursuivi pour des histoires de financement de la campagne. Tout ça pour dire que ça partait bien pour N.Sarkozy. - A.Casse: Vous vous êtes dit qu'il allait échapper à la prison? - L.Valdiguié: On savait qu'il était condamné pour association de malfaiteurs.

Le Parquet national financier avait mis la barre à 7 ans. On a tous compris que la barre était en train de descendre. Les avocats, côté défense...

Tout le monde s'échange des textos. C'était long et technique. Tout le monde pensait que ça allait bien se passer.

A un moment donné, elle avait presque fini. Des policiers sont rentrés sur la droite. C'est cette grande salle Victor Hugo avec des bancs blancs.

C'est une pente douce. Sur la porte de droite, des policiers se sont installés sur le bord. Le commandant, le chef de la police, avait une matraque dans le dos.

Ca m'a paru bizarre, cette matraque dans le dos. Il n'a jamais ça, le commandant. Il était entouré d'une grappe de policiers.

Les avocats l'ont vu aussi. Tous les avocats voient que quand il y a des policiers qui s'installent à la porte de la salle à la fin d'une audience, il peut se passer quelque chose. Elle a égrainé les peines.

Elle avait campé le décor juridique. Elle a appelé un banquier suisse qui a mis en musique tous les financements, qui a rendu opaque les 500 000 euros qui ont permis à C.Guéant de bénéficier d'un appartement en échange de tableaux qui n'en valaient que 30 000.

Son avocat avait plaidé que s'il allait en prison, il serait le 3e plus vieux détenu de France. Il a 80 ans. Il a été condamné à 4 ans de prison ferme.

Elle a dit: "Monsieur, compte tenu de la gravité de ce qui vous est reproché, nous ordonnons un mandat de dépôt." Les 2 policiers se sont rangés derrière lui. L'ambiance a changé du tout au tout. - A.Casse: Ca veut dire qu'il va être incarcéré? - L.Valdiguié: Il était sous escorte policière.

Juste après, A.Djouhri, pareil, 6 ans de prison. C'est plus que les réquisitions.

Le 3e à se lever, c'est N.Sarkozy. On n'entendait pas voler une mouche dans cette salle.

Plus un son. La salle était bondée. "Bonjour, monsieur N.Sarkozy." Elle lui a lu le dispositif des faits d'une exceptionnelle gravité. 5 ans ferme.

Mandat de dépôt différé. Il y a eu un frisson et un bruit dans la salle. N.Sarkozy est venu avec toute sa famille, ses 3 fils, ses 2 frères, sa soeur, sa femme, tous ses proches.

Tout le monde a compris qu'il n'allait pas aller en prison aujourd'hui, donc les policiers ne se sont pas approchés, mais qu'il allait être convoqué. Il allait être convoqué par le PNF. - A.Casse: Comment il a réagi quand les décisions sont tombées? - L.Valdiguié: Il y a eu un murmure, une onde, un frisson.

Des gens ont dit quelque chose. La présidente avait dit d'entrée de jeu: "Je vous préviens, je ne tolérerai aucune manifestation dans cette pièce." Ca a duré 2 secondes.

Il n'a absolument rien dit. Il s'est assis. Elle a continué les peines pour les autres.

Ca a duré 5 ou 10 minutes. L'audience a été suspendue. Il y a eu tout le volet des parties civiles.

Dans cette audience, il y avait sur les bancs de gauche toutes les familles de l'accident du DC-10 UTA. Toutes ces familles ont été reçues comme parties civiles. Au-delà des peines, le tribunal a estimé que ces familles, leurs parties civiles étaient recevables et qu'elles devaient être indemnisées.

C'était une victoire judiciaire pour ces familles. Les policiers ont eu beaucoup de mal à évacuer la salle. N.Sarkozy était au 1er rang.

Il s'est levé et a fait un bloc avec ses avocats et sa famille. - A.Casse: Il a eu le temps de se concerter?

Il a pris la parole. C'était prévu? - L.Valdiguié: Ce n'était pas prévu.

C'est lui qui l'a décidé. On voyait bien qu'il y avait un groupe et il était au centre. Le tribunal a accepté que les deux qui partaient en prison le soir même puisse s'entretenir avec leur famille et les avocats.

Il y a eu un brouhaha. Ils ont fait évacuer tout le monde. C'est là qu'il est sorti et qu'il a fait sa déclaration.

Comment vous avez vécu cette décision? Si on continue l'histoire, il sort et s'exprime devant les caméras. Il dit: "La haine n'a aucune limite." Comment vous avez perçu cette réaction?

Est-ce qu'elle a des accents trumpiens? - N.Saint-Cricq: Je n'étais pas étonnée de la réaction.

Les fois précédentes, il y avait une technique de justification qui était de crier en disant que les juges avaient fait un complot contre lui et que c'était une victime. Le connaissant, je savais que son ton n'allait pas être dans le désespoir, mais plutôt dans la colère devant la volonté de ne pas se laisser abattre. Il a tendance à se battre.

C'est quelqu'un qui veut gagner. Il a du caractère. Personnellement, je me suis dit que ce n'était pas possible.

Tout le monde dit que c'est le 1er président de la République depuis la guerre...

C'est quelqu'un avec qui on a partagé la vie politique. Je me suis dit: "Mon Dieu. On a des spécificités françaises dont on se dispenserait volontiers." Ce serait souhaitable que ce soit autrement.

J'ai commencé à écouter, regarder, téléphoner...

Je n'ai pas suivi ça d'aussi près. Des gens ont dit qu'on allait l'humilier. On s'était dit que ça risquait de se tasser.

Il y a eu la bascule. J'envoie et je reçois des messages qui disent: "Il va s'en sortir." Tout à coup...

Je commence à entendre des voix divergentes qui disent "la juge a jugé pour l'exemple, en morale". "Elle a outrepassé le droit. Il a fait ça, il y a des preuves, il est condamné." C'était plutôt: "Il a fait ça, probablement.

On a des faisceaux de preuves et il va être condamné parce que si c'est vrai, c'est grave." Le côté "douteux", qui excède le rôle normal que je vois de l'extérieur... - A.Casse: Qui vous dit ça? - N.Saint-Cricq: Je demande à des gens qui ne sont pas journalistes.

Je lis dans les détails. Est-ce qu'on sort d'un cas ni épargné ni condamné plus parce qu'il est ce qu'il est... - A.Casse: Ce n'est pas un hasard si N.Sarkozy parle de haine. -N.Saint-Cricq: On a tendance par rapport à la gravité de ce que fait D.Trump à considérer que tout est trumpien.

Là, c'est son tempérament. On est dans un pays où la justice a le droit de faire ce qu'elle veut. Mediapart a le droit...

Arrêtez de voir des Trump partout. Dieu merci, il n'y en a qu'un. - A.Casse: Pourquoi ce vocabulaire de la haine? - J.Fourquet: Il cherche à installer l'idée qu'il y a un règlement de compte personnel à son encontre de la part d'un certain nombre de magistrats, avec qui il avait pu avoir maille à partir quand il était en exercice.

Il avait rompu des lances avec le corps de la magistrature. Il se pose en victime en disant: "Il y a, au sein de l'appareil d'Etat, de la magistrature, des gens qui m'en veulent et qui veulent m'abattre personnellement et politiquement." C'est sa ligne de défense.

Le sujet est que toute une partie de la population partage cette opinion. N.Sarkozy est une personnalité très clivante.

On l'a vu dans les réactions, que ce soit les microtrottoirs ou sur les réseaux sociaux, des simples citoyens ou des responsables politiques. La gauche la plus radicale s'est félicitée et a ironisé sur le thème de l'indépendance de la justice et de l'exemplarité. La droite, sa famille d'origine, et le RN y voient un procès politique.

Ils considèrent que ça fait beaucoup. Les électeurs de droite se disent que la justice a été très rapide pour faire chuter F.Fillon en 2017 lors de la campagne présidentielle.

Ses électeurs pensent également à ce qui est arrivé à M.Le Pen. "Rebelote, Maintenant, c'est N.Sarkozy, qui n'est plus dans la politique active, mais qui va payer un passif que toute une partie de la gauche judiciaire et de la gauche en général avait vis-à-vis de notre ancien champion." Il y a cette ligne de clivage très forte.

N.Sarkozy a été la 3e personnalité la plus appréciée dans "Paris Match", ou la moins désapprouvée. N.Sarkozy a été le président de la République pendant 5 ans.

Il y a ce rôle à part qu'il avait. Quand monsieur Lecornu a été nommé Premier ministre, une des premières choses qu'il faites, c'est de se rendre dans les bureaux de N.Sarkozy pour recueillir ses conseils de grand ancien. - A.Casse: Il le soutient encore ce soir.

Dans une interview au "Parisien", il dit de nouveau son amitié pour N.Sarkozy. Question. - C.Michel-Aguirre: La raison officielle donnée par le président du tribunal, c'est pour organiser sa vie professionnelle.

On comprend que c'est une manière de lui laisser le temps pour s'organiser, pour qu'il n'ait peut-être pas cette humiliation de partir entre 2 policiers à la sortie du tribunal. C'est une manière de le ménager. Ce à quoi j'ai pensé, hier, c'est que c'était la fin d'un système d'une certaine droite affairiste, d'une époque où, avec une série...

Il ne faut pas laisser penser que cette condamnation tombe du ciel comme si c'était la première. Monsieur Sarkozy a été condamné 2 fois. Il y a des appels pour une partie d'entre eux.

Monsieur C.Guéant aussi a été condamné 2 fois. Z.Takieddine, mort 2 jours avant le jugement, s'était enfui après Karachi.

Quand vous faites le récit des 30 dernières années, il y a une certaine continuité d'une certaine droite affairiste sur des financements occultes qui vont des valises de liquide de la Mairie de Paris...

J.Chirac, qui n'a pas fait de prison, a été le 1er président condamner. Z.Takieddine et A.Djouhri sont des intermédiaires qui ont fréquenté ces 2 derniers présidents.

Il y a des soupçons et des condamnations qui ont égrainé cette droite, de la Mairie de Paris à la campagne d'E.Balladur, qui a valu à certains proches des condamnations dans l'affaire Karachi. On peut discuter de la sévérité de la condamnation, de l'association de malfaiteurs appliquée dans ce cas-là alors que c'est plutôt un délit qui est impliqué dans le trafic de stupéfiants ou le terrorisme.

J'ai quand même le sentiment que ça vient boucler un certain nombre d'affaires qui ne datent pas d'hier. - A.Casse: Il va y avoir cette image d'un N.Sarkozy menotté qui sera incarcéré.

Il sera allé de l'Elysée à la prison de la Santé. C'est fort. C'est le destin d'un président de la République.

Il est convoqué le 13 octobre. Est-ce qu'il peut être incarcéré à cette date? - L.Valdiguié: Sur le papier, il a 4 mois pour être incarcéré.

Le PNF Fera décider d'une date d'incarcération. Il est convoqué le 13. Rien ne peut plus s'opposer sauf raisons de santé à la Santé.

L'administration pénitentiaire s'y prépare déjà. Ca ne pas dire qu'il va y rester 5 ans. - A.Casse: Est-ce qu'il peut y rester une journée ou quelques heures? - L.Valdiguié: A partir du moment où vous êtes incarcéré, vous changez de statut.

Si vous n'avez pas fait appel, votre peine va devenir définitive dans les 10 jours. Une fois que vous êtes incarcéré, vous pouvez faire une demande de remise en liberté. Cette demande va venir devant la cour d'appel de Paris si vous êtes un individu lambda, en ce moment, en un mois et demi ou deux mois.

La loi, c'est 60 jours. A Paris, c'est un mois et demi, vu l'encombrement. Si vous êtes N.Sarkozy, sur le papier, ils pourraient se décider le lendemain.

Ils ne vont pas tout bousculer. - A.Casse: Vous dites que ça peut être une histoire d'heures. - L.Valdiguié: D'heures, non.

Ils ne vont pas faire ça. Ils vont considérer qu'il faut s'approcher d'un citoyen comme les autres. La cour d'appel va se réunir pour statuer de son cas dans un délai de 60 jours.

Pendant ce temps, il sera en prison. Son cas va être entre les mains du directeur de la Santé. En général, vous êtes mis dans le quartier des nouveaux arrivants.

En principe, vous êtes seul en cellule. Dans l'administration pénitentiaire, il y a des surveillants spécialisés et qui jaugent comment vous supportez le choc carcéral. C'est toujours un choc.

En fonction de votre aptitude à gérer la prison, à gérer ce choc, vous êtes ensuite dispatché dans différents quartiers de la prison. - A.Casse: Quand vous dites prison de la Santé, c'est le quartier VIP?

Ca ressemble à quoi? - L.Valdiguié: Le quartier VIP d'avant, on l'a visité quand la prison a été rasée et reconstruite, c'était une espèce de grand couloir avec des cellules assez grandes, des radiateurs en fonte, des fenêtres un peu grillagées.

C'était fait pour des vieux monsieurs, des anciens policiers. C'est là qu'il y avait M.Papon, B.Tapie, J.Crozemarie.

C'était un quartier calme avec un grand couloir central. Les portes étaient ouvertes, en général. - A.Casse: Ca, c'était avant. - L.Valdiguié: Ils ont refait la prison.

Elle est plus moderne. La prison est froide en hiver, paraît-il. Il faut avoir de la mousse à raser.

Quand il fait trop froid la nuit, vous mettez de la mousse à raser dans les fuites des portes et ça vous protège des courants d'air. C'est le système D. Il pourra cantiner comme tout le monde.

C'est une autre vie. C'est la vie de détention. N.Sarkozy, il faut qu'il s'attende à un mois de cette vie de détention.

J'imagine que les surveillants de la prison seront dans un rapport plus déférent avec lui. Quand il arrive dans un tribunal, les gens le saluent. - A.Casse: C'est lui qui va les saluer. - L.Valdiguié: Il a toujours un circuit un peu différent.

C'est quand même un ancien président. C'est une première absolue de voir un ancien président détenu. - A.Casse: Ce seront qui, ses voisins de cellule? - L.Valdiguié: C'est ce que l'administration pénitentiaire va gérer.

Si elle considère qu'il ne faut surtout pas qu'il se mélange...

Il ne faut pas qu'il lui arrive quelque chose. En prison, le danger, ce sont les autres détenus. Il ne peut pas aller en promenade avec Monsieur et Madame Tout-le-Monde.

Le directeur de la Santé risque...

C'est l'avantage qu'il y avait dans l'ancien quartier VIP. Il avait créé un groupe de gens calmes. - A.Casse: La perspective de la prison pour N.Sarkozy ne cesse de faire réagir les institutions et les médias, et secoue l'opinion publique. - Le jour d'après la condamnation de l'ancien président à 5 ans de prison ferme pour association de malfaiteurs dans l'affaire libyenne, réactions et émotion à droite. ...

Les critiques venant des dirigeants politiques sont nombreuses. La première est venue de l'ancien président lui-même à sa sortie de la salle d'audience. - N.Sarkozy: Ceux qui me haïssent à ce point pensent m'humilier.

Ce qu'ils ont humilié, aujourd'hui, c'est la France. C'est l'image de la France. - Le tribunal justifie la peine prononcée en évoquant...

A gauche, quelques sourires. Un certain soutien à la justice et des critiques. - M.Tondelier: Monsieur Sarkozy est contre l'aménagement des peines de plus de 6 mois.

On verra si le condamner, puisqu'il est condamné, rejoint les mêmes préconisations que le candidat à la présidentielle. C'est souvent bien de voir des politiques face à leurs promesses. - O.Faure: Je ne comprends pas comment des femmes et des hommes qui sont censés incarner l'ordre républicain se mettent maintenant à critiquer la justice. - C'est bien la question de l'exécution provisoire qui est la plus commentée, même par le 3e personnage de l'Etat, le président du Sénat.

Des questions soulevées aussi par la patronne du RN. M.Le Pen est elle-même mise en cause dans une autre affaire, celle des assistants parlementaires. - M.Le Pen: Ce sont les magistrats qui ont décidé de rendre exécutoire une peine, qui est une peine terriblement lourde, avant même que des magistrats en appel puissent venir dire si, à leurs yeux, les magistrats de première instance se sont ou non trompés. - N.Sarkozy est convoqué le 13 octobre par le Parquet national financier pour connaître les modalités de son incarcération, vraisemblablement à la prison de la Santé, dans le quartier des personnes vulnérables, où sont détenues les personnalités.

Une cellule semblable aux autres mais sans codétenus. La nouvelle a fait le tour du monde. - L'ancien président N.Sarkozy est envoyé en prison. - En Allemagne, ce journal titre: "L'ancien président comme un poison pour la démocratie." Le "New York Times" évoque "Le coup le plus sévère porté à l'héritage de N.Sarkozy".

Depuis la France, certaines voix à droite s'élèvent pour demander une grâce présidentielle. Il ne me paraît pas absurde qu'il soit gracié sur la peine complémentaire, sur l'exécution provisoire. - Difficile d'imaginer une grâce du président accordée à l'ancien président en plein climat de tensions sociales et politiques. - A.Casse: Est-ce possible, cette grâce présidentielle? - N.Saint-Cricq: Vu le caractère de N.Sarkozy, je vois mal qu'il en fasse la demande.

Je vois mal E.Macron la faire. Le deux poids, deux mesures, on l'entend.

Je pense que ça va se jouer sur les 2 mois dont parlait Laurent. Symboliquement, il faut en faire pour montrer que c'est un citoyen comme les autres et vu la gravité pensée par la présidente. Je vois très mal qu'il y ait une espèce de manip.

On est déjà dans une situation très tendue en France. Ca serait l'anarchie. C'est comme ça.

Au mieux, les magistrats indépendants décideront que comme on sait où il est, comme on connaît son visage, on le voit mal finir dans une malle et aller au Liban comme certains ont pu le faire. - A.Casse: Vous faites référence à Z.Takieddine... - N.Saint-Cricq: A C.Ghosn. - A.Casse: J'étais encore dans l'affaire... - N.Saint-Cricq: Ca ne peut pas être un truc qui se règle entre 2 présidents de la République, qui se sont certes bien aimés, mais qui ne s'aiment plus du tout, notamment depuis la Légion d'honneur.

N.Sarkozy en veut énormément à E.Macron de ne pas s'être interposé entre le président et la Légion d'honneur.

C'est aussi un problème d'honneur. Le tempérament de N.Sarkozy est bagarreur avec le sens de l'honneur.

C'est de l'ancien temps... - A.Casse: Question. - C.Michel-Aguirre: Non.

Je ne crois pas. Il ne faut pas oublier quand on parle de cette affaire que la présidente du tribunal n'arrive qu'en bout de chaîne sur les 13 ans qu'ont duré cette affaire. Il y a eu un certain nombre de policiers, des magistrats du parquet, des juges d'instruction, puis un tribunal qui intervient.

La justice politique voudrait dire qu'il y a eu des instructions données pour qu'on le condamne. Je ne crois pas. Qu'on soit d'accord ou pas avec le choix de la présidente du tribunal, on peut le discuter.

Je ne vois pas d'instruction politique qui lui aurait intimé l'ordre de prononcer cette peine contre N.Sarkozy. - A.Casse: A propos de la présidente du tribunal... de la justice politique, et peut-être que le téléspectateur avait ça en tête, de ce qu'on peut comprendre de ce que pensent les personnes sur cette ligne, ce n'est pas qu'il y ait une oreillette qui aurait dicté à la présidente la peine appliquée, mais que de manière autonome, une partie de la magistrature se soit sentie autorisée à... - A.Casse: Je vous interromps.

Il faut expliquer pourquoi la présidente du tribunal est controversée. Elle avait participé à une manifestation contre N.Sarkozy en 2011. - J.Fourquet: Régulièrement, à droite et au RN, on évoque un syndicat de la magistrature marqué à gauche qui représente à peu près un tiers des voix aux élections professionnelles, qui n'est pas le bras armé ni de LFI ni du PS, mais qui a des prises de position politiques très marquées.

On se souvient de l'épisode du mur des cons dans les locaux du syndicat. La musique qui monte sur l'idée qu'il y a une justice politique, ça serait qu'il y ait des sensibilités politiques qui s'expriment dans la magistrature et dans d'autres organes. Ca ressemble à ce qu'on entend sur les Etats-Unis, avec l'idée d'un Etat profond, le Deep State, qui agirait de sa propre autonomie pour faire avancer sa propre cause politique. - A.Casse: Qu'est-ce qui fait controverse, dans cette décision?

Vous avez plusieurs passages de cette décision, qui fait 400 pages. Vous l'avez lu toute la journée? - L.Valdiguié: Je l'ai écoutée.

Elle l'a lue pendant 2 heures. C'est extrêmement long. 68 infractions, 13 prévenus.

On a l'impression, à entendre les gens, qu'ils se sont levés hier matin en se disant "combien on lui met?" Si on faisait le total du nombre de juges pour arriver à la décision d'hier soir, on serait à 20 ou 30. Il y a les juges d'instruction, les juges du parquet.

Toute la défense a fait plein de recours. Ca venait à chaque fois devant 3 nouveaux juges. Tout le tribunal de Paris est passé sur cette affaire.

Il y avait 3 juges. Ils ont pris 169 jours pour prendre leur décision. La présidente n'a rien pris toute seule.

Tout ça est collégial. Supposer ou dire "c'est possible, les gens pensent que..." Il n'y a pas de justice politique en France.

Il a des magistrats qui peuvent avoir une opinion à titre personnel, comme un médecin, un huissier, un gendarme ou un instituteur...

Ils ne sont jamais seuls. Même le juge d'instruction, qui était seul à pouvoir décider de la détention, on lui a enlevé ça. On a créé un juge de la liberté.

Ils ne sont jamais seuls. Ils ne peuvent pas faire des choses par opinion politique. Ce n'est jamais définitif, ce qu'ils décident.

Même les 3 juges d'hier vont être...

Ca va être réexaminé en appel puis en cassation. - A.Casse: L'incarcération va avoir lieu. - L.Valdiguié: Imaginer qu'un groupuscule politique s'attaque à N.Sarkozy, c'est absurde. - A.Casse: Ce qui est difficile à comprendre pour le commun des mortels, c'est voir qui est d'abord relaxé pour corruption faute de preuves et qu'ensuite, il est condamné pour association de malfaiteurs.

L'avocat de N.Sarkozy a continué sa contre-offensive. - La condamnation de Sarkozy repose exclusivement sur cette hypothèse d'hypothèse.

Le principe selon lequel tout inculpé est innocent et que l'innocence doit être déclarée, ces 2 principes essentiels n'ont pas été appliqués à N.Sarkozy. - A.Casse: Il n'y a pas de preuve que l'argent libyen a financé la campagne de N.Sarkozy. - L.Valdiguié: Il faut expliquer l'association de malfaiteurs.

C'est pour ça qu'il est condamné. Il y a plein d'infractions pour lesquelles les juges ont estimé qu'il n'y avait pas assez de preuves. Pour l'argent libyen, il y avait des traces d'argent liquide dans la campagne.

Ils n'ont pas cru les explications d'E.Woerth. Ils ont estimé qu'il n'y avait pas de preuves que cet argent venait de Libye.

Le tribunal a estimé qu'à compter de mai 2007, quand N.Sarkozy a été président de la République, il n'a pas eu envers la Libye de changement particulier qu'on pourrait lui reprocher. Ils se sont concentrés.

C'est un peu comme un résidu de combustion. Ils gardent l'association de malfaiteurs. C'est très facile à comprendre.

En octobre et décembre 2005, C.Guéant puis B.Hortefeux, en compagnie de Z.Takieddine, à Tripoli, ont rencontré Abdallah Senoussi.

C'est le beau-frère de M.Kadhafi. C'est le chef des services secrets.

C'est une des personnes les plus sulfureuses pour les Libyens. Il a été condamné à perpétuité par un tribunal français parce qu'il a armé la bombe qui a fait exploser le DC-10 d'UTA. - A.Casse: On en revient au voyage de C.Guéant et B.Hortefeux à Tripoli.

Il rencontre A.Senoussi, déjà condamné. Il n'y a pas de membres de l'ambassade? - L.Valdiguié: Non.

Il avait pour obsession qu'on lui enlève le mandat international qui l'empêchait de voyager. Leur version, c'est d'avoir été piégés. Z.Takieddine, c'est ce Franco-Libanais qui avait touché 200 000 euros de commissions dans des ventes d'armes...

Quand N.Sarkozy est arrivé en tant que ministre de l'Intérieur, il s'est réinvité dans les coulisses de vente d'armes. - A.Casse: N.Sarkozy n'est pas présent dans ces réunions. - L.Valdiguié: Mais le tribunal estime que c'est lui qui les a avalisées. - A.Casse: Qu'est-ce qui permet de dire qu'il les a avalisées? - L.Valdiguié: C'est l'audience, la démonstration de l'audience, que ces 2 rencontres...

Z.Takieddine en a parlé. Il est décédé il y a 2 jours, mais pendant toute l'instruction, il y a eu une enquête sur ces rencontres.

Ces rencontres n'auraient jamais dû avoir lieu. Un ancien patron des services secrets, qui est venu à la barre, a dit: "S'ils avaient été piégés, leur devoir eut été d'en référer immédiatement." N.Sarkozy l'a dit aussi.

Tout le monde savait qu'il était infréquentable. - A.Casse: On a dit qu'il ne pouvait pas ne pas savoir. - L.Valdiguié: La vérité judiciaire du tribunal est qu'il a avalisé ces rencontres et qu'il les a supervisées, que tout était organisé pour que lui n'apparaisse pas ou ne participe pas.

C'est ce que dit le tribunal. Ce n'est pas ce que je pense, moi. Le tribunal estime, en se basant sur les témoignages, les rencontres, les officiers de sécurité de B.Hortefeux... - C.Michel-Aguirre: Et sur les rapports.

C.Guéant, ce n'est pas un monsieur qui passe là par hasard. C'est le directeur de cabinet de N.Sarkozy, ministre. - A.Casse: Qui est son donneur d'ordres. - C.Michel-Aguirre: Et son supérieur hiérarchique.

B.Hortefeux, tout le monde sait qu'il est ami d'enfance avec N.Sarkozy depuis des décennies et des décennies.

La conviction du tribunal, c'est que ces 3 personnes forment un groupe et une entente. C'est la définition de l'association de malfaiteurs. Ils partagent les mêmes objectifs.

Il ne peut pas y avoir de naïveté. Les 2 auditions, les 2 interrogatoires de C.Guéant et de B.Hortefeux sur ces rencontres ont été terribles pour eux.

Ils n'arrivent pas à expliquer, même au motif du piège...

Vous êtes piégé, vous vous levez, vous partez et vous signalez. Ca a été des moments où la mauvaise foi est apparue. C'est ce que dit la présidente du tribunal. - A.Casse: Ils ont même été lâchés par N.Sarkozy.

Regardez ce reportage sur Mediapart qui a révélé l'affaire en 2012. La pièce maîtresse de l'enquête, c'était une note de 2006 qui semblait accréditer des versements par le pouvoir libyen de 50 millions d'euros. Le tribunal dit que le plus probable est que ce document soit un faux. - C.Bruni arrachant la bonnette du micro rouge des journalistes de Mediapart.

C'est l'une des images qu'on retiendra de la condamnation historique de N.Sarkozy hier. Quelques heures plus tard, la réponse tout en humour du journal.

Mediapart, un ennemi aux yeux du clan Sarkozy. Les journalistes du site d'investigation sont à l'origine de la plupart des révélations dans l'affaire de financements libyens. Leur thèse: l'ancien président et Kadhafi auraient noué un pacte de corruption.

Pour preuve, ce document censé provenir de Tripoli et contesté par le principal intéressé. - N.Sarkozy: Le tribunal a été plus loin en déclarant solennellement que le document Mediapart qui était à l'origine de cette procédure était, je cite, "un faux". - Quelques minutes plus tôt, les magistrats avaient expliqué que ce document était probablement faux.

Mediapart rappelle que son enquête ne s'arrête pas là. - E.Plenel: Il ne suffit pas de contester l'authenticité de notre document pour balayer tous les faits concordants qui attestent de la crédibilité d'un soupçon de financement illicite de monsieur Sarkozy par la dictature libyenne. - Mediapart, c'est l'histoire d'un site d'information créé en 2008.

Le pari d'une indépendance totale et, très vite, des enquêtes qui exaspèrent la classe politique. - J.Bardella: Ce n'est pas chiant de bosser à Mediapart? - J.-L.Mélenchon: 22h30, ce torchon a lancé un truc dégoûtant. - Au-delà des articles qu'ils font, ils ont un projet politique.

C'est l'idée que la démocratie représentative ne vaut rien. - Mediapart, à l'origine de nombreuses révélations, et de quelques chutes aussi, comme celle de J.Cahuzac.

En 2012, le média accuse le ministre du Budget de fraude fiscale. Le début d'un long feuilleton émaillé de mensonges. - J.Cahuzac: Je n'ai pas, je n'ai jamais eu, de compte à l'étranger, ni maintenant ni avant. - J.Cahuzac est obligé de démissionner et sera condamné. - C'est une conséquence politique qui n'appartient pas à Mediapart.

C'est la conséquence politique de la concrétisation de la validation du sérieux des informations publiées depuis 3 mois par Mediapart dans ce qui est devenu l'affaire Cahuzac. - Quand on les accuse de faire de la politique, E.Plenel répond. - E.Plenel: Il n'y a pas d'agenda caché.

Toutes les affaires qui ont dérangé la gauche, l'extrême droite, la droite, c'est nous. - Mediapart, une rédaction uniquement financée par le soutien des lecteurs. Un gage d'indépendance, selon son cofondateur. - E.Plenel: L'ensemble des médias privés sont propriétés de milliardaires extérieurs à nos métiers avec des dispositions qui n'existent pas pour défendre la rédaction.

Nous, nous défendons un journalisme et un média indépendant de ça, pas pour donner des leçons, mais pour donner du courage. Il faut résister à cela. - Mediapart compte plus de 233 000 abonnés et a produit plus de 6500 enquêtes. - A.Casse: Elle va rester, l'image de C.Bruni qui attrape la bonnette de Mediapart et qui la jette par terre.

Puisqu'on s'interroge sur l'onde de choc, quelles peuvent être les répercussions politiques de cette décision et de la prochaine incarcération de N.Sarkozy? - N.Saint-Cricq: Regardez la prudence d'un certain nombre de commentateurs politiques.

La droite, contrairement à ce qu'on aurait pu imaginer, au lieu d'embrayer sur la justice politique, il n'y a que 2 personnes, F.-X.Bellamy et peut-être B.Retailleau...

Les autres ont parlé de l'homme, du président, de son quinquennat. V.Pécresse, X.Bertrand, L.Wauquiez...

Maintenant, on ne joue plus à taper sur la justice. C'est la première chose. Du côté de la gauche, il y a eu une espèce de forme...

Pas toute la gauche. Mais il y a eu, pas du côté de J.-L.Mélenchon, mais de LFI, un certain nombre de commentaires joyeux.

B.Lucas, des Verts, a dit: "Il aura un nouveau quinquennat". Ca peut accréditer la joie.

Le problème, c'est que N.Sarkozy a toujours été une personnalité clivante...

Il a suscité de la haine, de la détestation. Il ne laisse pas insensible. C'est logique que certains considèrent que ses capacités de nuire vont être neutralisées.

C'est quelqu'un de violent politiquement, violent quand il s'exprime. Il ne tape pas les gens, mais il ne donne pas dans la langue de bois habituelle. Il n'est pas sinueux.

On ne dirait pas qu'il est comme E.Macron, mais il y a des phénomènes dans l'opinion vis-à-vis de ces 2 présidents qui dépassent le minimum habituel. F.Hollande, beaucoup l'ont méprisé, mais N.Sarkozy et E.Macron suscitent autre chose.

On va voir si ça va être utilisé. Je ne pense pas. La seule personne très maligne, si j'ose dire, c'est que M.Le Pen n'ait pas volé au secours de N.Sarkozy.

Elle a fait un témoignage pro domo. Elle a considéré que l'exécution provisoire posait problème. Le RN passe la moitié du temps à taper sur les juges.

Quand elle a fait son meeting après sa condamnation, elle s'attendait à ce qu'une vague de choc de gens la soutiennent en disant "les juges sont à gauche". Finalement, dans les sondages, on voit que c'est plus mesuré. Les gens ne sont pas idiots.

Quand on leur dit que c'est un complot, ils ne le croient pas systématiquement. Quand on leur dit que les jeux sont à gauche, ils disent que oui, mais que peut-être qu'il a fait ce dont on l'accusait...

C'est une onde de choc parce que nous, Français...

Il suffit de voir votre reportage avec ce que disent les étrangers. Que ce soit en Allemagne ou aux Etats-Unis, on passe pour une république semi bananière. Au lieu de se féliciter que la démocratie permette de juger quelqu'un... - L.Valdiguié: Il y a quand même un avion qui a sauté avec les bombes libyennes.

Ils sont allés chercher de l'argent chez Kadhafi et les Américains ont fait la guerre à Kadhafi. - A.Casse: On continue à analyser cette onde de choc qui frappe les juges.

On apprend ce soir que la présidente du tribunal est menacée de mort. C'est l'Union du syndicat de la magistrature qui le fait savoir. Son nom avait fuité, son adresse également.

Elle fait l'objet d'une vindicte. Ca n'a pas l'air de vous surprendre. - J.Fourquet: Avec les réseaux sociaux, ce type de pratique est devenu monnaie courante dans chaque affaire.

Si on reste dans l'univers de la justice, quand des domiciles privés de gardiens de prison avaient été ciblés par des hommes de main de réseaux de narcotrafiquants...

On voit dans d'autres affaires comment les noms des journalistes et leurs adresses peuvent être hackés. On les livre en pâture. Ca a dit l'extraordinaire tension qu'il existe dans la société française.

N.Saint-Cricq a parlé de la grande polarisation qu'il y avait sur la personnalité de N.Sarkozy.

Avant cette décision, 56 % des Français avaient une mauvaise opinion dont un quart qui avait une très mauvaise opinion. On rappelle comment, place de la République, certains militants de gauche avaient festoyé à l'annonce du décès de J.-M.Le Pen.

Il y a cette tension très forte, cette haine qui se débride sur les réseaux sociaux et qui peut même aller jusqu'à des appels au meurtre ou à des menaces physiques. - A.Casse: Aux Etats-Unis, D.Trump se sert de la justice pour se venger.

L'ancien directeur du FBI, James Comey, une des bêtes noires du président américain, est inculpé pour faux témoignage. Il risque 5 ans de prison. Les autres ennemis de D.Trump vont-ils tous subir le même sort? - CBS nous apprend que le ministère de la Justice a inculpé l'ancien directeur du FBI. - Les 2 charges retenues sont de fausses déclarations et entrave à la justice. - D.Trump mène une campagne contre ses ennemis politiques.

Le moment est crucial pour notre démocratie. - L'information a fait la une des télés américaines. L'ancien directeur du FBI, James Comey, est inculpé par le ministère de la Justice.

Quelques heures plus tard, il réagit et s'en prend au président. - J.Comey: Ma famille et moi savons depuis des années ce qu'il en coûte de s'opposer à D.Trump.

Nous ne pouvions pas imaginer vivre autrement. Nous ne vivrons pas à genoux. Vous ne devriez pas le faire non plus.

J'ai le coeur meurtri pour le ministère de la Justice, mais j'ai confiance en la justice fédérale que je suis innocent. Rendez-vous au procès et gardez la foi. - Le ministère de la Justice le soupçonne d'avoir menti sous serment lors d'un témoignage devant le Sénat en septembre 2020.

J.Comey était interrogé sur les ingérences supposées de la Russie en faveur de D.Trump lors de sa première campagne présidentielle en 2016.

Ce matin, D.Trump jubile. ...

Entre D.Trump et J.Comey, l'entente n'a jamais été ne serait-ce que cordiale.

En 2017, lors de son premier mandat, D.Trump le limoge brutalement. - D.Trump: C'est un beau parleur, un fanfaron.

Le FBI est dans la tourmente. Vous le savez, tout le monde le sait. Certaines choses qu'il a dites n'étaient pas vraies. - J.Comey rend coup pour coup lors d'une interview en 2018. - J.Comey: Je pense qu'il est moralement inapte à être président.

La plupart des dirigeants que j'ai connus ont une sorte de cadre de référence. Ils prennent les décisions difficiles en s'appuyant sur la logique, l'histoire ou la tradition. Je n'ai jamais rien vu de tel chez D.Trump - D.Trump et les juges, une longue histoire d'inimitié.

Ces derniers mois, plusieurs magistrats ont bloqué certains décrets pris par le président américain. La juge Ana Reyes suspend l'interdiction des personnes étrangères dans l'armée. Le juge Amir Ali empêche l'arrivée des versements au fond humanitaire.

D.Trump demande alors la destitution de ce magistrat. Fait rare, le président de la Cour suprême le recadre. ...

D.Trump assume. - D.Trump: Je ne suis jamais allé à l'encontre d'un verdict. - Vous ne le ferez pas, à l'avenir? - D.Trump: Vous ne pouvez pas faire ça.

En revanche, nous avons de mauvais juges. Ils ne devraient pas être autorisés. Il faut se demander que faire lorsque vous avez un juge hors de contrôle.

Regardez ses décisions. Quand elles me concernent, moi, c'est un dérangé. - Grâce à ses nombreux records et à son statut de président, D.Trump a réussi à esquiver les poursuites dans plusieurs dossiers majeurs.

Qu'en sera-t-il à la fin de son mandat? - A.Casse: On va à Washington retrouver S.Dridi.

Vous êtes correspondante pour LCI et France 24. D.Trump dit qu'il y aura d'autres arrestations.

Est-ce que les ennemis politiques du président américain doivent s'inquiéter? - S.Dridi: Tout à fait.

Il y a peu, il s'est exprimé devant nous avant de s'envoler pour New York. A la question de savoir s'il y avait une liste de ses adversaires politiques, il a dit que non, mais qu'il y aurait d'autres personnalités publiques qu'il juge corrompues qui seraient poursuivies. Il le dit clairement.

Ce qui est frappant avec cette histoire de J.Comey, c'est que cette instrumentalisation du ministère de la Justice s'est faite de manière publique. Il y a quelques jours, sur son réseau Truth Social, il a dit à sa ministre de la Justice que ce n'était pas possible que ses adversaires politiques ne soient pas punis, qu'il y avait tellement de personnes qui méritaient d'être poursuivies...

Quelques jours après, il a changé...

Une procureure en place a été limogée. C'est une nouvelle procureure, une fidèle de D.Trump, qui a repris le dossier Comey et qui a décidé de l'inculper.

Tout cela s'est fait de manière publique. D.Trump n'a aucun problème à le dire: il veut se venger et il pense que lui-même a été victime d'une chasse aux sorcières à la suite de son premier mandat.

Il veut que ses ennemis politiques, ses adversaires politiques, soient poursuivis et punis. - A.Casse: Je fais le lien avec l'affaire N.Sarkozy dont on parle ce soir.

La justice américaine est moins indépendante que la nôtre. - S.Dridi: Il y a de plus en plus une instrumentalisation de la justice.

Elle est de moins en moins indépendante. C'est une fidèle de D.Trump qui a inculpé cet ancien directeur du FBI sous ses ordres.

On craint qu'il y ait de plus en plus de personnalités publiques qui soient poursuivies de façon arbitraire. Il est très difficile de dire que le ministère de la Justice est indépendant aux Etats-Unis. Il l'est sûrement moins qu'en France.

Cette tradition de ne pas être soumis aux pressions du politique, de l'administration de la Maison-Blanche aux Etats-Unis, est aujourd'hui bafouée. Il y a clairement une pression politique forte sur le ministère de la Justice et la ministre de la Justice est une fidèle de D.Trump. - A.Casse: Merci.

On passe aux questions. Question. - C.Michel-Aguirre: Les faits d'une extrême gravité, c'est l'association de malfaiteurs, le fait d'avoir laissé faire, encouragé les 2 proches dont on a parlé, C.Guéant et B.Hortefeux pour aller rencontrer A.Senoussi, un monsieur condamné dans une affaire de terrorisme pour obtenir un financement qui est parti.

On sait que de l'argent libyen est parti dans des comptes de Z.Takieddine et ce, en retour d'un certain nombre de promesses pour la situation géopolitique de la Libye et la situation juridique de monsieur Senoussi. Les faits d'extrême gravité, c'est de traiter avec un régime terroriste et un monsieur terroriste, enfin, condamné pour terrorisme, pour en tirer un avantage. - A.Casse: Question. - L.Valdiguié: D'après le jugement, il ne s'est pas laissé piéger, il a avalisé tout ça.

Le juge estime que c'est lui qui a avalisé la recherche en Libye, en 2005, de fonds qui devaient permettre de financer sa campagne. Le tribunal dit qu'il n'y a pas d'enrichissement personnel, mais que tout ça était censé lui profiter. - A.Casse: Question.

Ce n'est pas un verdict, d'ailleurs, mais un jugement. - N.Saint-Cricq: Il disait que les magistrats ne devaient pas tous se ressembler.

Il s'est mis à dos un certain nombre de catégories de syndicats...

Quand il dit que quand il y a une grève, aujourd'hui, on ne s'en rend même plus compte...

Quand on connaît des avocats, chacun sait quelle présidente est dure...

Qu'on soit de gauche ou de droite, on le sait. Je ne pense pas que ça a nourri ça, mais il y a...

Je n'étais pas à l'audience. Il y a le raisonnement de base qui est de dire qu'il a laissé faire, voire qu'il a avalisé, mais il n'a pas reçu l'argent et ne l'a pas utilisé. - A.Casse: Question. - L.Valdiguié: L'association de malfaiteurs, c'est 10 ans.

On ne sait pas si le PNF fait lui-même un appel pour remettre tous les compteurs à zéro. Il risque 10 ans. C'est la peine maximale en correctionnelle. - A.Casse: Le PNF ne fait pas appel? - L.Valdiguié: Si. - A.Casse: Pourquoi y a-t-il urgence à l'envoyer en prison avant l'appel? - L.Valdiguié: C'est le coeur de la polémique.

La présidente l'a expliqué en 2 phrases. La loi ne l'oblige pas à motiver ça. Là où c'est difficile à comprendre, c'est qu'en revanche, le prochain rendez-vous judiciaire qu'a N.Sarkozy devant la cour d'appel, cette fois-ci, des critères s'imposent.

Ils ne s'imposaient pas au tribunal, qui pouvait l'envoyer en détention tout de suite en disant l'exceptionnelle gravité. Autant, lors de son prochain rendez-vous, l'article 144 prévoit 6 ou 7 points. Il faut que le tribunal, s'ils le maintiennent en détention, ils doivent le motiver avec des risques de fuite ou des concertations entre témoins.

N.Sarkozy a de grandes chances de pouvoir sortir à la prochaine étape judiciaire. - A.Casse: Question. - N.Saint-Cricq: Il en faudrait plus. - J.Fourquet: Il n'était manifestement plus en lice pour la prochaine élection. - N.Saint-Cricq: Des gens se disent qu'il vaut mieux l'avoir avec soi que contre soi. - J.Fourquet: Il avait tenté un come-back politique en 2016.

Il avait été défié par F.Fillon et A.Juppé.

C'est plus le symbole que les conséquences électorales qui sont à analyser. - A.Casse: Question. - C.Michel-Aguirre: Privilèges, non, je ne crois pas.

Pas au sens strict du terme. Mais certainement un aménagement lié à ce quartier de personnalités...

Privilèges, non. - N.Saint-Cricq: Il est seul en cellule, quoi. - L.Valdiguié: Mais d'autres à la prison de la Santé sont seuls en cellule.

Ils ne vont pas lui faire une cellule en or avec une télé. Il sera dans les 9 m2 réglementaires avec une télé qu'il paiera assez cher, des numéros de téléphone qu'il pourra appeler et pas plus... - N.Saint-Cricq: Et une douche. - L.Valdiguié: Une douche en cellule.

Le seul petit confort qu'on peut avoir en prison, c'est une promenade à des heures correctes, un peu tranquille. - A.Casse: Question. - C.Michel-Aguirre: Ce sujet a été jugé à plusieurs reprises. - A.Casse: Il y a une bataille judiciaire entre N.Sarkozy et Mediapart sur cette note? - C.Michel-Aguirre: Il a déposé plainte.

C'est allé jusqu'en cassation, si je ne dis pas de bêtises. La justice a considéré que ça n'était pas un faux. - A.Casse: Mais il y a une nuance, de là à dire que c'est un vrai document? - C.Michel-Aguirre: Ca n'a pas été jugé comme étant un faux. - A.Casse: Merci beaucoup à tous les quatre d'avoir été nos invités.

Tout de suite, "C à vous". Bonsoir, M.Bouhafsi. - M.Bouhafsi: E.Philippe parle de la crise du logement comme d'une bombe à retardement.

C'est la principale préoccupation des Français. Les taux sont hauts et les prix sont au sommet. On en parlera avec nos invités.

On reviendra sur l'onde de choc provoquée par la condamnation de N.Sarkozy. Un événement, ce soir.

Il y a 40 ans, Coluche lançait un appel pour créer les Restos du Coeur. Son fils est rare à la télévision. Il accepte notre invitation. - A.Casse: Cette émission est disponible en replay.