Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewyoutube.com

ENTRETIEN DANS L'ÉMISSION "4V" (13.07.26)

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Merci beaucoup. Bonjour à tous. Bonjour Dominique de Villepin. 14 juillet XXL demain pour le dernier défilé d'Emmanuel Macron en tant que président.

La coalition des volontaires a rendez-vous dès aujourd'hui à Paris. Ce sont 25 chefs d'État et de gouvernement annoncés pour afficher leur soutien à l'Ukraine. Volodymyr Zelensky est lui-même invité d'honneur.

Est-ce que ce 14 juillet, c'est le bon moment pour le faire ? Oui, c'est le bon moment. C'est le dernier d'Emmanuel Macron.

Après un effort, il faut saluer cet effort en matière de défense puisqu'il y a presque un doublement de notre budget militaire en 10 ans. Et une mobilisation exceptionnelle, vous l'avez dit, dans un monde qui est beaucoup plus dangereux. À nos portes, la situation en Ukraine et bien sûr la situation au Moyen-Orient.

Et donc ça implique de nouvelles stratégies. Dès lors que nos alliés traditionnels, et je pense bien sûr aux États-Unis, n'ont plus la même fiabilité qu'autrefois, eh bien il faut trouver de nouvelles formes d'alliances, de nouveaux appuis. Et c'est tout le sens de la coalition des volontaires.

Près de 35 pays qui sont rassemblés, à la fois pays européens, pays occidentaux, nations asiatiques, et qui forment un ensemble de pays qui ne sont pas prêts à se laisser tailler des croupières, mais à s'organiser ensemble. Est-ce qu'il faut accélérer aujourd'hui sur la coopération, notamment en matière de défense anti-aérienne, au profit de l'Ukraine ? Oui, c'est une des clés.

On voit bien que la guerre d'aujourd'hui, avec la dronisation, avec l'accélération technologique, pose le problème de la défense anti-missiles. Et donc il faut dans ce domaine renforcer nos capacités. Nous sommes très largement dépendants encore de matériel américain.

Et on voit beaucoup de nos partenaires, et ça commence d'abord par l'Allemagne, et bien acheter de ce matériel américain. Il faut que nous ayons une capacité de production autonome. C'est tout le sens de cette mobilisation.

Dominique de Lépin, Xenia Fedorova, l'ancienne présidente de la chaîne Russia Today, aujourd'hui éditorialiste pour les médias du groupe Bolloré, voit en ce défilé un message de guerre anti-Moscou. Est-ce que c'est un point de vue légitime et qu'il est possible de défendre aujourd'hui ? Non, je ne pense pas.

Je crois que la réalité montre bien l'inverse. Il y a une agression russe en Ukraine, et c'est ce qui justifie la mobilisation des pays européens. Le fait qu'aujourd'hui nous portions le fardeau d'accompagner l'Ukraine, et c'est un petit exploit qu'a réalisé l'Union européenne de ce point de vue-là, en étant capable de se substituer à l'aide américaine.

Des voix s'élèvent pour demander à lui retirer son titre de séjour. Est-ce que vous êtes favorable à cela ? Je connais la polémique.

Il appartient au ministère de l'Intérieur de voir dans quelles conditions elle a reçu ce titre de séjour. Mais je ne suis pas sûr que le délit d'opinion puisse fonctionner dans le cas présent. Donc il faut regarder les choses et voir si la régularité des procédures a bien été respectée.

Il ne faut pas une sanction d'une façon ou d'une autre, selon vous ? Je ne crois pas qu'il faille se perdre du temps dans ce type de choses. Dominique Delupin, on l'a vu dans le journal, Le conflit entre les États-Unis et l'Iran s'intensifie.

Cette nuit, l'armée américaine a dit avoir frappé des dizaines de cibles. L'Iran annonce avoir touché des bases utilisées par les États-Unis en Jordanie, à Bahreïn et au Koweït. Est-ce qu'on est revenu au 28 février, au début de cette crise ?

Le mémorandum, nous le savions, était fragile dès le départ. La conflictualité est au cœur du trumpisme. Et cette conflictualité, elle conduit les États-Unis à s'engager d'abord dans la guerre et puis poursuivre la guerre aujourd'hui sans aucun objectif politique clair.

Dans ce contexte, il n'y aura pas de bonnes nouvelles pour les États-Unis. Comment on en sort aujourd'hui ? Ni pour le monde, puisqu'aujourd'hui, nous le voyons bien, ce n'est plus la question nucléaire qui est posée sur la table comme la question centrale, ni même la question des missiles ou la question du soutien de l'Iran au proxy, le Hamas ou l'Hezbollah, c'est la question du détroit d'Hormuz.

Et nous avons là tous un problème que nous n'avions pas avant. Et donc c'est la question de la liberté de circulation. On voit bien que l'Iran n'est pas seul dans cette affaire, puisque Oman l'accompagne avec la question qui est posée d'un droit de passage.

C'est quoi le bon message aujourd'hui ? Est-ce qu'il faut accepter ce droit de passage ? Le bon message, c'est de renouer la négociation, sérieusement.

Nous avons vu dans le passé, entre 2003 et 2015, qu'il était possible de négocier avec l'Iran, même si c'est très difficile. C'est possible. Et rechercher les bases d'un accord qui nous permettra de retrouver la stabilité.

C'est un enjeu économique pour le monde entier. Venons-en à la candidature de Marine Le Pen à l'élection présidentielle. Les sondages réalisés depuis sa condamnation et son pourvoi en cassation disent tous la même chose.

Elle est la favorite pour 2027. Est-ce que vous êtes surpris par cette avance, malgré la condamnation ? Condamné, mais malgré tout candidate, ce n'est pas une surprise.

Chacun connaissait sa détermination. Et cela va en partie hypothéquer la conduite, j'hésite à dire, de la campagne, en tout cas de cette pré-campagne, puisque les hypothèques ne sont pas complètement levées sur le bracelet électronique, sur la décision de la Cour de cassation. Elle est aujourd'hui renforcée par les sondages.

Alors, les sondages, vous avez raison, il y a un effet post-annonce de sa candidature qui est un effet traditionnel, donc il faut faire la part des choses. La réalité, elle nous conduit à regarder en face les chiquiers qui dépassent la situation de Marine Le Pen. Les deux piliers, les deux forces radicales, aujourd'hui, occupent l'essentiel de l'espace politique.

LFI, RN. Et au milieu, il y a des forces qui sont dispersées et qui, aucune, ne parvient à pouvoir rivaliser avec celle qui est la candidate, Marine Le Pen. Est-ce qu'il faudra un moment ou un autre avoir un candidat ?

Et donc, la question se pose de savoir comment on rassemble l'ensemble de ces forces progressistes, républicaines, humanistes, pour avancer et faire en sorte que notre pays ne connaisse pas cette défaite que serait la victoire de Marine Le Pen. Est-ce que vous ne seriez pas vous-même un facteur d'émiettement de ce bloc central de droit ? Alors, moi, je participe tous les jours, par toutes les rencontres que je multiplie, à la recherche d'un rassemblement.

Et je crois que nous avons dans notre histoire une référence importante, celle du général de Gaulle, à la fois en 1945 et en 1958, à travers le Conseil national de la résistance. Il ne s'agit pas de demander à quiconque de rallier ou de demander à tel et tel de rejoindre son contrepartie. Chacun doit venir tel qu'il est, socialiste, communiste, républicain, écologiste.

Chacun doit participer à ce grand compromis qui est aujourd'hui nécessaire. Mais si vous êtes candidat, Dominique Le Pen, vous êtes un candidat de plus. Mais il ne vous a pas échappé que je n'ai pas annoncé ma candidature.

Quel sens aurait le rassemblement si j'annonçais d'ores et déjà une candidature ? C'est dire que l'esprit qui est le mien, c'est celui du rassemblement. Ça veut dire que vous envisagez de ne pas l'être ?

Je suis prêt à participer à la recherche de ce compromis, et sur le projet, et sur la définition de la candidature elle-même. En ne mettant pas votre nom dans un vote. C'est un travail de fond, je crois, qui dépasse chacun des candidats.

Nous ne devons pas aujourd'hui considérer que l'avenir est à telle et telle individualité. Ce ne sont pas des aventures individuelles dont nous avons besoin. Mais d'une grande aventure collective pour restaurer la France.

Merci beaucoup, Dominique Le Pen, d'être venu ce matin au 4V. Très bonne journée à vous.