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Podcast / conversationPublic Sénat (sur YouTube)· 16 mai 2026 26 minComplaisantActualité / polémiqueOutre-merImmigration & asileSantéSolidarités & famille

Thierry Nicolas, invité de C pas si loin

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:01OuverteRéponse directe

    En tant que maître de conférence à l'université de Guyane, est-ce qu'il y a quelque chose que vous avez compris de ce territoire français d'Amérique du Sud uniquement en y mettant les pieds pour la première fois il y a une dizaine d'années ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi vous parlez d'effort Saint-Laurent du Maroni ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous diriez qu'il y a beaucoup plus de similitude ou de réalités bien distinctes entre ces territoires français d'outre-mer que vous connaissez ?

  • 9:01OuverteRéponse directe

    Est-ce que lorsque vous êtes en Guyane, vous vous sentez plus qu'ailleurs ou moins qu'ailleurs sur un territoire français ?

  • 11:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a à vos yeux un lien de causalité entre la vulnérabilité géographique et la prostitution des mineurs en Guyane ?

  • 14:00OuverteRéponse directe

    On a l'impression que tout le monde le sait en Guyane. Donc au final, il faut s'attaquer à cela de quelle façon ? Par quel biais ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 12:00Thierry NicolasFait
    « ces relations entre des mineurs et des personnes adultes peuvent ne pas donner lieu à des contreparties monétaires. Peuvent se faire sur peut-être de l'alimentation, ça peut-être du transport en cas de pluie. »
  • 19:00Thierry NicolasFait
    « les multiples saisies de drogues, quel que soit le territoire, n'en diguent rien du tout. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour à tous, très heureuse de vous accompagner pour ce nouveau numéro de C'est pas si loin. Thierry Nicolas est notre invité aujourd'hui, géographe, maître de conférence à l'université de Guyane. On reviendra ensemble sur les thèmes abordés cette semaine à commencer par cette pratique [musique] qui se dissimule de plus en plus derrière des termes banalisés et pourtant c'est mal bien de prostitution dont il s'agit.

Celle de mineur, un véritable fléo en Guyan et les victimes sont de plus en plus jeunes. Les ravages des drogues de synthèse sur l'île de la Réunion sur place on appelle la dernière venue le doux. Mais ne vous fiez pas à son nom derrière ce terme, un produit aux effets dévastateurs.

Une seule prise suffit à rendre le consommateur addicte. Et puis combien sont-ils [musique] désormais à tenter cette traversée vers l'est ? Venu de République démocratique du Congo ou du Kenya ?

De plus en plus de migrants fuient leur pays. Destination Mayotte. Nous nous sommes rendus dans un camp de réfugiés extrait tout à l'heure.

Bonjour Thierry Nicolas. Bonjour Karine Bass, je suis ravi de vous accueillir sur le plateau de C'est pas si loin. En tant que maître de conférence à l'université de Guyane, est-ce qu'il y a quelque chose que vous avez compris de ce territoire français d'Amérique du Sud uniquement en y mettant les pieds pour la première fois il y a une dizaine d'années ?

Alors, c'est vrai que j'ai eu l'occasion de parcourir les autres mères et notamment les Domes, donc les Antilles, la Guadeloupe, la Martinique puis la Réunion. Et c'est vrai qu'en arrivant en Guyane, j'ai découvert un autre environnement que je ne connaissais pas puisque Ant, j'avais à faire un environnement plutôt balnéaire à la réunion un environnement plutôt montagneux puisque j'habitais à 500 m d'altitude dans un quartier qui s'appelait qui s'appelle Bellemmen à Saint-Paul et en Guyane, je me suis installé au bord d'un fleuve et je ne connaissais pas cette réalité euh puisque j'avais plutôt vécu dans des îles et c'est vrai que sur un territoire continental d'Amérique du Sud et bien la présence de Fuve est un élément structurant de l'espace géographique. Et donc, j'ai fait l'effort, on peut le dire ainsi, de m'installer non pas à Cayenne, mais à Saint-Laurent du Maroni au bord et bien de ce fleuve qui sert de frontière entre la Guyane française et le Surinam.

Pourquoi vous parlez d'effort Saint-Laurent du Maroni ? C'est vrai qu'il y a une distance non négligeable avec Cayen où où tout se joue, où tout se passe peut-être. C'est ça que vous voulez dire par là.

Alors, c'est surtout que C'est leur rend du marin a une mauvaise réputation. Elle est vue comme une ville des démarches, une ville euh défavorisée entre guillemets par rapport au au reste de la Guyane littorale. Et c'est vrai que d'y vivre avec pas forcément tous les équipements auxquels on s'attendrait dans dans une ville de cette taille, ça peut relever de de challenge.

Mais en tout cas, j'ai accepté de relever ce défi et ma vie a été remarquable. Et l'objectif a été aussi, c'était le but de mon installation de développer une antenne de l'université qui soit fonctionnelle dans l'Ouest Guyanais. Vous parlez de ces de ces départements d'outreemer que vous connaissez bien désormais aux antiiguyanes, la Réunion.

On a tendance à parler des outremères justement, mais de ce que vous connaissez, de ce que vous avez vu. Est-ce que vous diriez qu'il y a beaucoup plus de similitude de similitude de réalité parallèle de réalité commune pardon ou alors justement de réalités bien distinctes entre ces territoires français d'autres mer ? Alors, il y a beaucoup de similitudes qui sont liées à à un des thèmes de recherche que j'ai développé qui est l'insularité.

Euh la majorité des espaces ultramarins sont effectivement des îles avec des sit des configurations très différentes, hein. Parfois il y a une seule île, parfois il y a plusieurs îles. Lorsqu'il y a plusieurs îles, on est en situation parfois de de double insularité.

Donc pour les îles les plus petites, ça peut être compliqué de vivre euh dans des territoires où parfois l'approvisionnement peut être compliqué. et on a affaire à ces cet espace continental qui est la Guyane qui est un territoire vaste où on retrouve et bien une diversité aussi de de population et ce qui me marque aussi en outre mer c'est que les populations qui s'y retrouvent et qui vivent sont parfois cosmopolites. on a des personnes qui se sont installées ou qui ont qui ont été amenés, qui viennent d'Afrique, qui viennent d'Inde, qui viennent également donc de différentes régions euh d'Europe également.

Donc, on a affaire à une population vraiment très variée et qui a produit des sociétés euh très originales, très unique, en particulier donc les sociétés euh créoles, mais la société guyanaise euh produit et est en construction quelque chose euh qui est vraiment intéressant analyser parce que ça risque de déboucher sur une société qu'on a jamais vu jusqu'à présent. Et compte tenu de ce que vous dites, j'ai envie de vous poser une question volontairement provoquante. Est-ce que lorsque vous êtes en Guyane, vous vous sentez plus qu'ailleurs ou moins qu'ailleurs sur un territoire français ?

Alors, je me sens sur un territoire français, notamment lorsque on est euh sur l'île de Cayen, mais c'est vrai que lorsqu'on s'éloigne un peu de cette centralité, hein, autour de Cayen et de Kurou, et bien on a l'impression d'être vraiment plongé dans un autre environnement profondément sud-américain avec quelques touches aussi de la Caraïbe. On va enchaîner avec le premier thème sur lequel vous avez choisi de réagir cette semaine, Thierry Nicolas. C'est un secret de polychinel en Guyane.

Justement, chez les mineurs, la prostitution fait des ravages. Pour se nourrir ou s'habiller, de plus en plus d'adolescents bascule dans cet enferit. Aline Talbo est assistante sociale.

Elle a créé en Guyane l'association Maori Roch Fami, un centre d'hébergement pour les jeunes fimères sans ressources. Ça va bien ? Certaines ont été confrontées très jeunes à la prostitution comme Jamila, immigrée haïtienne victime de proxénétisme par sa famille d'accueil.

Tu es arrivé à Guyane en 2019 donc tu te retrouves livré à toi-même avec une famille que tu ne connais pas et qu'est-ce qui se passe ? J'étais obligée de sentir avec quelqu'un que je vais pas juste pour participer. D'accord.

C'est la maison. Combien d'argent il t' donneré ? En fait, parfois il me donnait 500 500 € par mois.

Oui, parfois il me donnait 1000. 1000 € par mois. Ah OK.

à la hauteur de trois rapports sexuels par semaine. [musique] On meitait, on me donnait pas à manger. J'avais 14 ans.

J'ai fait juste ça par suivi. Je savais pas que c'était la prostitution. Je voulais sauver ma vie.

En fait, c'est toujours le même profil, hein. Ça commence déjà par la fragilité, isolement sans famille. sans euh adulte référent, sans quelqu'un qui est vraiment là pour protéger.

Donc il y a cette vulnérabilité déjà au niveau familial, c'est cette base où les prédateurs c'est vraiment la porte d'accès, cette précarité extrême en fait. Lorsque nous avons proposé cette émission lundi, Thierry Nicolas, l'un de nos invités nous disait combien la Guyane cumule vulnérabilités, d'où l'importance de ce fléau qui est la prostitution des mineurs et notamment une vulnérabilité géographique, les longues distances, l'éloignement avec d'ave avec la famille et donc moins de sécurité. Est-ce qu'il y a à vos yeux évidemment un lien de causalité ?

Oui, et je rajouterai au terme que vous avez euh mentionné celui d'informalité parce que beaucoup de de réalités dans les autres mères participent ET etHTH bien d'une réalité informelle et la prostitution notamment des mineurs euh entre totalement dans dans ce cadre. Et ce reportage montre à quel point finalement il peut exister ce que j'appelle une informalité peu visible parce que peu de gens en Guyan ont conscience de de cette réalitéél puisqu'il existe une prostitution, on va dire assez classique des rues ou des barres que l'on peut observer mais celle-ci est quand même cachée parce que d'une part et bien ces prostituées mineurs ne se retrouvent pas forcément sur la rue ou dans ou dans les bars. D'autre part, parce que leur apparence vestimentaire ne permet pas de de les reconnaître de premier abord et surtout bien parce que pas mal de ces pratiques se font dans un cadre plutôt restreint, celui de la famille, d'un proche ou de ce qu'on appelle un lover boy, c'est-à-dire un petit ami qui va user de son influence amoureuse sur la jeune fille pour lui proposer des relations tarifées avec des clients qu'il va présenter comme étant des amis.

Et je rajouterai à cela l'idée peut-être d'une informalité innommée ou mal nommée parce qu'on a du mal finalement à mettre des termes ou des concepts sur cette réalité parce que on se rend compte que bien souvent ces relations entre des mineurs et des personnes adultes peuvent ne pas donner lieu à des contreparties monétaires. Peuvent se faire sur peut-être de l'alimentation, ça peut-être du transport en cas de pluie. Absolument et donc il est difficile effectivement de nommer euh véritablement ce type de prostitution d'autant que les acteurs eux-mêmes euh ne l'appelle pas de la prostitution.

Oui. Alors, on est bien d'accord, les termes sont édulcorés, sauf que pour faire ce reportage, on a constaté la la facilité d'accéder à ces témoignages et des hommes qui n'hésitent pas à se présenter devant des établissements scolaires et à proposer d'office à des jeunes filles le plus souvent des de de l'argent ou de l'alimentation ou du transport contre des faveurs sexuelles. On a l'impression quand même que tout le monde le sait en Guyane.

Donc au final, il faut s'attaquer à cela de quelle façon ? Par quel biais ? Est-ce que c'est à travers l'école, à travers l'habitat, on sait les problèmes de logement, à travers les transports puisque cela aussi euh résulte découle sur des des propositions sexuelles.

Il faut s'attaquer à quoi ? Alors, je crois que l'école occupe une place fondamentale euh parce que bien souvent euh ce phénomène va de paire avec la la déscolarisation. Euh c'est souvent à partir de de la classe de 4e voire de 5e qu'on qu'on observe ces pratiques qui peuvent déboucher sur finalement la sortie du système scolaire.

Et donc l'idée par exemple de développer des cours qu'on appelle dans le premier degré les VAR et dans le second degré les VARS l'éducation la vie affective relationnelle et sexuelle et bien participe de cette tendance à faire comprendre à ces jeunes et bien les risques auxquels elles peuvent être confrontées dans la le quotidien. Elles existent suffisamment ces sessions justement de sensibilisation en Guyane parce que la loi elle est effective depuis depuis plus de 20 ans et mais peu appliqué en fait. Alors la la difficulté c'est vient bien souvent des des parents.

Euh les parents ont du mal à on va dire prendre en compte le fait qu'on puisse parler de sexualité dans le cadre scolaire et notamment alors ça on le voit surtout dans le premier degré. Il y a une réticence très forte des parents à ce que infirmière ou un enseignant, une enseignante aborde ces thématiques là. Et même dans le second degré hein au collège, on observe ces ces mêmes réticences.

Donc c'est une chose intéressante mais en même temps euh les parents et parfois les enseignants eux-mêmes n'y sont pas forcément favorable. Allez, on en vient au deuxième thème de la semaine si vous le voulez bien. Cannabis, cocaïne, extasie.

Et donc cette dernière drogue de synthèse en date, le 12 redoutablement addictive. Elle fait des ravages sur l'île de la Réunion. Elle existe même en version low cost bas de gamme sous le nom de B13.

Extrait. Saint-Pierre dans le sud de la Réunion. C'est ici en 2023 qui'est apparue la drogue surnommée le doux.

Un produit désormais répondu notamment dans le quartier populaire de bois d'olive. Dans le quartier, c'est déjà arrivé de trouver des jeunes en train de convulser parce qu'ils avaient consommé. Alors là en ce moment là, on savait pas encore c'était quelle substance parce qu'il y avait le B13, le tabacimi qui a fait aussi son temps aussi sur bas d'olive mais le dou il a vraiment pris de l'ampleur quoi sur le quartier les quartiers voisines même sur toutes les communes de l'île quoi.

Il y a pas un coin où c'est pas ils sont pas touchés quoi. Derrière ce nom envoûtant se cache une réalité bien plus sombre. Le doux poudre au cristaux fumé dans une pipe est une drogue de synthèse [musique] de la famille des catinon.

Stimulante etuphorisante mais aux effets proches du craque. Dépendan rapide et ravages sociaux en cascade. Ben la personne arrive et vous dit "Ben, est-ce que vous voulez essayer ?" Pour moi, c'est une drogue qui abrutit les gens.

C'est l'une des raisons pour lesquelles je préfère refuser parce que je vois que quand quelqu'un prend ça, c'est toute sa journée, toute sa vie qui est pris avec. Encore avanthier, moi et mon mari en fait, on sortait de voir une amie en descendant, un jeune sur les fé, il était [musique] allongé sur la sur la route et là on a failli rouler dedans. Si j'avais pas dit à mon mari, attention, il y a quelqu'un allongé.

Ça va ? On voit, il est euh il est allongé sur la chaussée. C'est terrible pour moi ce qui se passe.

Il faut faire quelque chose en fait pour protéger nos enfants, [musique] surtout ça. Moi j'ai des enfants, je suis maman de sep enfants. J'ai pas envie de voir mes enfants tomber dedans.

On a l'impression que chaque territoire a sa drogue de prédilection, que chaque population, catégorie de population a sa drogue. À la Réunion, ce sont donc les drogues de synthèse qui en ce moment font des ravages. Est-ce que vous diriez que chaque géographie produit sa crise ?

Oui, effectivement, on peut remarquer que les drogues de synthèse, notamment celles dont il est question dans dans le reportage euh concernent davantage l'oc indien et aussi le le Pacifique. Le Pacifique avec les métamphétamines et en particulier l'ICE et euh donc l'océan Indien avec tout d'abord la chimique qui a concerné à la fois Mayotte et la Réunion. Et là depuis quelques temps donc c'est quatin de synthèse en particulier donc B13 et le doux.

H mais c'est vrai que ce sont des réalités qu'on ne retrouve pas forcément dans la zone atlantique en particulier donc aux anti Guyanes où là c'est essentiellement la cocaïne basée qui fait des ravages. Alors depuis très longtemps déjà depuis les années milieu des années 80 à peu près. La cocaïne basée qu'on appelle aussi le craque.

Ouais exact. Et qui marque véritablement ces territoires. Extrêmement addictif aussi.

Une prise peut suffire à à faire des ravages considérables. C'est vrai que vous avez beaucoup travaillé sur la drogue en Guyane où vous travaillez depuis plus de 10 ans, je le rappelle, sur les trafics, sur les routes de la cocaïne. Quel parallèle est-il possible de faire avec ce que vivent les Réunionnais face au doux ?

Alors, les parallèles qu'on peut faire portent surtout sur les effets alors visibles. Je reviens à cette notion de visibilité dans dans l'espace public. C'est le fait que la cocaïne base et le craque aux antiiguyanes marquent véritablement les centres-villes.

Quand on se promène à Pointe à pilre à Fort de France ou même à Cayenne voire à Saint-Laurent, on retrouve donc ces ces populations qui sont victimes de ce qu'un chercheur appelé une forme de clochardisation. Oui. Avec une dégradation à la fois physique et et morale.

Et on commence à observer donc ces mêmes phénomènes en lien avec le doux à la Réunion. Alors, principalement dans le sud, c'est surtout Saint-Pierre en particulier donc un quartier qui s'appelle Bois d'Olive qui a été qui a été sur le les feux de l'actualité ou mais qui tend à s'étendre à à l'ensemble de l'île maintenant et là en Polynésie effectivement fait des ravages très importants. Réunion Martinique, Guadeloupe, Guyane.

Est-ce que l'isolement, l'insularité dans les trois/4 des cas favorise la bascule vers les addictions ? Alors, c'est vrai qu'il y a des réalités qui sont propres à ces territoires qui font qu'on peut véritablement suite un accident de vie basculer dans dans la consommation euh de drogue. Et surtout la difficulté je trouve c'est c'est d'en sortir parce que bien souvent il y a des de vraies contrainte pour pouvoir donc sortir de de la rue entre guillemets et des conséquences de l'addiction et pouvoir se réinsérer parce que bien souvent à côté de la clochardisation, il y a aussi une rupture des liens familiaux parce que ce sont des drogues qui aboutissent souvent à un isolement social et il faut aussi échapper à une des menaces qui qui guettent donc ces populations.

Ce sont surtout les exposition à des conditions de vie dangereuses. Souvent ces populations sont davantage victimes d'accident mais aussi pratiquent des actes délictueux donc des vols à l'arrachée, du braquage. Donc le piège à éviter dans ce genre de situation c'est de tomber dans cette spirale négative.

Un mot aussi sur la réponse finalement parce que on constate que les multiples saisies de drogues, quel que soit le territoire, n'en diguent rien du tout. Quel est selon vous l'erreur dans la stratégie de lutte actuelle ? Alors, je pense qu'il est nécessaire peut-être de de faire un distingo entre les différentes drogues.

Euh notamment la cocaïne donc qui a envahi très largement les antiguyanes. Mais comme les antiguyanes sont simplement des zones de rebond euh c'est-à-dire qu'on on n'observe pas forcément une augmentation de la consommation de cocaïne basée et une très faible augmentation de la cocaïne pure. Hm hm.

Et en à la Réunion également, on observe une légère augmentation de de la cocaïne pure, mais on ne peut pas parler de tsunami blanc, de vague véritablement de de cocaïne puisque je rappelle les saisies à la Réunion en 2025 était de l'ordre de 60 kg. Oui. Alors que dans la zone antiiguyane, ça se compte entre Oui, c'est le jour et la nuit bien sûr.

Évidemment. Et c'est pour ça que je souhaite relativiser aussi concernant la réunion pour les quatines de synthèse les saisies tourn autour de de 40 kg. Donc on est quand même sur des proportions qui restent relativement modestes et c'est peut-être le volet un peu positif finalement que l'on peut retenir sur la réalité réunionnaise en particulier.

On va parler immigration euh maintenant avec ces conflits dans le monde qui rebattent inlassablement les cartes et Mayottes n'y échappent pas. Depuis quelques années, des centaines d'Africains arrivent chaque année sur cette terre française de l'océan Indien venu de République démocratique du Congo, du Rwanda, du Burundi. Extrait [musique] Mayotte, plus jeune département français, point de chute d'une importante immigration clandestine provenant historiquement des comores voisines.

Depuis plusieurs années, c'est un nouveau flux migratoire qui s'y développe. Des milliers de personnes originaires de République démocratique du Congo, du Rwanda ou encore du Burundi rejoignent le territoire en espérant obtenir une vie meilleure. [musique] Kennedy Kigana fait partie de ces personnes.

Il est le représentant des habitants du camp de Tsunzu 2 où selon les derniers chiffres, plus de 1000 personnes vivent les unes sur les autres dans des logements de fortune. Ben actuellement, nous sommes au nombre des cinq tuimagines c personnes pour pour c [musique] petit espace. Donc c'est pas facile mais en hypérien, on cohabite ensemble, on s'entraite.

Comme beaucoup ici, le jeune homme s'est exilé à cause de l'un des conflits en cours les plus meurtriers du monde. Celui qui secoue la région du Kivou à l'est de la République démocratique du Congo et oppose l'armée congolaise et la milice du M23 soutenue par le Rwanda. Arrivé à Mayotte en septembre 2025, Kennedy a vu le camp s'installer un mois plus tard.

Tout est parti de Goma sa ville natale. De là, il rejoint la Tanzanie, voisine de la RDC. Après une année passée sur place, il ne peut finalement pas s'y installer.

Des passeurs lui vendent alors la destination miracle Mayotte, une île française dont il n'a jamais entendu parler. Par la mer, il est finalement emmené au Comor avant de rejoindre Mayotte. Cette nouvelle immigration, elle crée des tensions à Mayotte.

Thierry Nicolas. Mayotte, c'est déjà la plus forte densité d'outre mer. 329000 habitants officiellement pour 374 km².

Une importante et historique immigration comorienne. Si l'on projette la carte de ce territoire à 20 ans, allez 2046, Mayotte devient quoi sans changement de paradigme ? Alors, c'est vrai que la question de des migrations est centrale à à Mayotte et euh il faut effectivement distinguer, alors je rebondis sur le le reportage, deux types de migration euh qu'on confond souvent, c'est-à-dire la migration économique qui est essentiellement proche, qui vient notamment des des comors et de l'île d'enjou en particulier.

Et cette demande d'asile qu'on a bien pu observer dans le reportage en lien avec le conflit notamment dans le Kivu, en lien avec la milice du M23 et qui génère donc des flux vers Mayotte. Et donc cette deuxième catégorie donc qu'on retrouve aussi en Guyane, un des demandeurs d'asile reste une catégorie particulière parce qu'elle n'a pas forcément vocation à s'installer à Mayotte. Bien sûr.

Et donc la difficulté en Guyane euh on l'a vu avec notamment les migrants qui venaient de de Syrie, d'Afghanistan, du Sara occidental, c'est que bien souvent ces populations ont vocation à repartir envers l'Europe pour rejoindre d'autres membres de la de leur famille qui ont migré par d'autres voies vers des pays européens. et elles y parviennent majoritairement à rejoindre leur famille ces personnes. Elles y parviennent, on l'a vu notamment donc avec les Syriens euh qui ont cherché donc à rejoindre l'Hexagone et à terme l'Allemagne puisque dans la première partie du conflit syrien, la majorité des migrants se sont davantage rendus en Allemagne.

Donc bien souvent l'hexagone aussi apparaît comme une étape vers la destination finale qui est plutôt l'Allemagne. Ce que vous nous dites Chierry Nicolas, c'est que finalement cette immigration quelle qu'elle soit que ça soit en Mayotte ou en Guyane, qu'il s'agisse de comorien, d'Africain ou de sérien, ça ne pèse pas nécessairement sur le territoire, sur l'habitat, sur la scolarité, sur la santé. Alors cela pèse évidemment mais l'aspiration à demeurer dans le territoire a du mal à être mesuré.

Alors, suivant les les catégories de population concernées, l'aspiration est souvent de de rester, mais pour d'autres, elle est plutôt de de partir notamment vers vers l'hexagone. C'est pour ça que parfois et bien les autorités sont amenées à limiter la capacité de ces populations à pouvoir remigrer vers l'hexagone. Et donc c'est aussi ça la réalité, c'est que le fait notamment à Mayotte de ne pas pouvoir avoir ce ce sas pose des questions très très importantes en matière d'hébergement, en matière de santé et cetera.

N'empêche là, queles que soient les thématiques qu'on a abordé depuis tout à l'heure, on se rend compte que les les autres cumulent les vulnérabilités et ça on le met en exergue à chaque fois. Le maître de conférence que vous êtes, si vous passez 5 minutes demain avec la ministre des outremères, avec le premier ministre ou avec le le chef de l'État, pourquoi pas ? De quelle façon mettez-vous en exergue ces vulnérabilités ultramarines de la façon la plus efficace possible, la plus concrète possible ?

Alors, c'est une question qui est qui est qui est très difficile, mais il me semble que la question qu'on a oublié, c'est c'est celle du rattrapage économique parce que progressivement, il y a eu un rattrapage notamment dans le domaine social, mais ces territoires restent quand même marqués par euh un retard économique mais aussi à l'intérieur de ces territoires de de fortes inégalités entre entre les habitants. Donc, je crois que la question du rattrapage économique et notamment de la moyenne hexagonale la priorité. On va terminer avec votre photo du jour si vous le voulez bien Thierry Nicolas.

Photo qui s'affiche et que nous découvrons ensemble. Où a été pris ce cliché ? Alors ce cliché a été pris sur une route qui mène à la commune d'Aua à Mayotte l'année dernière au mois de de mai 2025 lors d'une mission que j'ai effectué pour envisager les effets du cyclone Shido sur l'île.

Alors euh je m'attendais à ce que dans un premier temps je sois frappé par l'importance des constructions en toll et je me suis rendu compte que finalement à Mayotte, il y a quand même pas mal de constructions endur et surtout qui ont euh des troitures également endur en béton ce qu'on appelle des des troitures terrasses. Et l'idée m'est venue avec des collègues de l'université de la Réunion, de l'université de Mayotte et de l'université de SIGI de proposer un programme de recherche pour mesurer la résistance de ces troitures terrasse face à l'alléa cyclonique, voir notamment est-ce qu'elles ont mieux résisté que l'étoiture en tole. Parce que de mon point de vue la tole et ça ce que je veux dire est quand même un peu éconoclaste est un facteur de vulnérabilité dans ces territoires parce que les tolles s'envolent et cause des dégâts aux infrastructures mais aussi aux habitants. pas mal de personnes qui ont été blessées notamment lors du passage du cyclone chido ont été par des feuilles de to et surtout la feuille de to peut limiter la reprise des activités normales notamment scolaires parce que il y a eu des vols sur des troitures d'établissement qui a retardé la rentrée à Mayotte et donc peut-être la capacité pour les Maoré de s'en sortir par eux-mêmes avec leur construction et de résister à la prochaine saison cyclonique.

Merci infiniment Thierry Nicolas d'être venu sur le plateau de C'est pas si loin. Merci à vous d'être fidèle à votre émission. Je vous rappelle que vous pouvez la retrouver en replay sur France.tv ainsi qu'en podcast sur toutes les plateformes audio.

Très belle fin de journée sur France Télévision. Excellent weekend bien sûr et à la semaine prochaine, même lieu, [musique] même heure.