Reconfinements locaux, chiffres mensuels de la délinquance, enseignement de l'arabe à l'école, délai de recours à l'IVG... Le "8h30 franceinfo" d'Aurélien Pradié
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:13FerméeRéponse directe
Est-ce que la France peut encore y échapper ?
- 0:27RelanceÉludée
Vous faites toute confiance à Emmanuel Macron. Il n'y a pas de débat politique là-dessus.
- 1:13OuverteRéponse directe
Le couvre-feu, c'est la bonne solution selon vous avant de penser à reconfiner localement ?
- 2:39OuverteRéponse directe
Comment est-ce qu'on vit cette crise sanitaire en ce moment à Cahors ? Dans le LOT, est-ce qu'il y a finalement deux France ?
- 3:22OuverteRéponse directe
Comment vous le vivez-vous ?
- 4:27OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous applaudissez tout d'abord l'exercice de transparence ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Les Français conviennent que sur la question des masques, on leur a menti, que la question de la stratégie sanitaire n'a pas été gérée. »
- 0:47Invité politiqueFait
« Et qu'aujourd'hui, les décisions brutales qui risquent de devoir être prises, elles sont la conséquence du manque de stratégie de ce gouvernement. »
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« 25 agressions par jour de policiers et de gendarmes. »
- 4:46Invité politiqueChiffre
« Nous avons aujourd'hui, sur la question de la radicalisation, dans notre pays, 2600 mosquées. »
- 4:57PrésentateurChiffre
« 73. »
- 5:35Invité politiqueFait
« Nous avons une explosion depuis trois années des actes de violence, notamment à l'égard des forces de l'ordre. »
- 10:00Invité politiqueChiffre
« Oui, des menaces de mort nombreuses depuis plusieurs semaines. »
- 14:34Invité politiqueFait
« Depuis le 1er janvier, nous avons progressé, notamment sur la suspension de l'autorité parentale, parce qu'un mauvais mari n'est pas un bon père. »
- 14:53Invité politiqueFait
« Et sur les bracelets anti-rapprochement, nous avons beaucoup de retard. »
- 15:29Invité politiqueChiffre
« Il manque sûrement deux choses. D'abord, il manque parfois des financements. Sur la question du bracelet anti-rapprochement, plus de 2,7 millions d'euros, pour être précis, nécessaires à une partie du financement, sont aujourd'hui des financements instables. »
- 18:37Invité politiqueFait
« Simone Veil fait partie pour moi des totems politiques. Et je n'ai aucun complexe à dire que la loi Veil est une des plus belles et plus grandes lois de la République. »
- 19:31Invité politiqueFait
« On a une médecine scolaire qui a quasiment disparu aujourd'hui. »
- 19:59PrésentateurFait
« Parce que la plupart de nos voisins ont déjà prolongé ce débat. »
Temps de parole
- Aurélien Pradié67 %
- Présentateur15 %
- Présentateur 29 %
- Présentateur 37 %
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Pour Aurélien Pradié, fermeture des restaurants, fermeture des bars, confinement locaux, couvre-feu, toute l'Europe est en train de se refermer et de se protéger face au virus. Est-ce que la France peut encore y échapper ?
Je ne sais pas. Manifestement, les courbes nous poussent à dire qu'il faudra prendre d'autres décisions et la question sanitaire est trop essentielle pour polémiquer sur le sujet. Toutes les décisions qui doivent être prises seront soutenues.
Vous faites toute confiance à Emmanuel Macron. Il n'y a pas de débat politique là-dessus.
Si il y a un débat politique sur la manière dont les choses ont été gérées depuis le début, est-ce que j'ai besoin d'en rajouter ? Franchement, je ne sais pas. Les Français conviennent que sur la question des masques, on leur a menti, que la question de la stratégie sanitaire n'a pas été gérée. Sur la question des tests, on est à la ramasse, pardon de le dire clairement. Et qu'aujourd'hui, les décisions brutales qui risquent de devoir être prises, elles sont la conséquence du manque de stratégie de ce gouvernement.
Mais le mal est fait et désormais, il y aura une unité nationale derrière ce que dira Emmanuel Macron tout à l'heure.
Je ne sais pas si c'est une unité nationale. Mais dès lors qu'on est dans une situation de sanitaire qui pousse à risquer la vie de nos concitoyens, je ne peux pas polémiquer. Je dis simplement aux Français, soyez lucides sur le fait que si nous en sommes là, c'est parce que ce gouvernement a été incapable d'être à la hauteur de la situation depuis plusieurs mois.
Aurélien Pradié, l'hypothèse d'un couvre-feu à Paris, voire dans d'autres métropoles qui sont en alerte maximale et sur la table, le couvre-feu, c'est la bonne solution selon vous avant de penser à reconfiner localement ?
Mais le reconfinement local est impossible, pardon de le dire. Je suis convaincu aujourd'hui que nous ne pouvons plus reconfiner. Il faut donc trouver d'autres solutions.
Reconfiner même par ville, on ne peut pas ?
Mais je pense que c'est tout à fait illusoire d'imaginer le faire. D'abord, vous mesurez les conséquences au-delà des conséquences économiques, les conséquences sociales qu'un reconfinement peut avoir, y compris secteur par secteur. Et je suis navré de vous dire, même si ce n'est pas très à la mode, que ces conséquences sociales, elles m'inquiètent. La vie sociale que nous sommes en train de transformer dans notre pays, les conséquences que cela aura sur la psychologie des uns et des autres, cela m'inquiète. Et mon devoir de responsable politique, c'est aussi de mettre le doigt sur ce sujet-là. Je dis donc que le reconfinement me paraît tout à fait impossible.
Et donc d'autres solutions doivent être cherchées. Est-ce que le couvre-feu en est une ? Je n'en sais rien. En tous les cas, si ça permet d'éviter la propagation dans certaines villes très denses, pourquoi pas ? A ceci près qu'il faut être extrêmement rigoureux et surtout être juste. Lorsqu'on parle de la question des restaurants et des bars, je n'ai toujours pas aujourd'hui la démonstration que dans le cas des restaurants singulièrement, il y ait des espaces de propagation et de clusters qui étaient trouvés dans les restaurants. Et donc on doit pouvoir laisser cette activité, à mon sens, continuer à tourner.
Quand vous n'êtes pas dans le cadre de vos activités parlementaires ou de secrétaire général des Républicains à Paris, vous êtes député du LOT à Cahors. Comment est-ce qu'on vit cette crise sanitaire en ce moment à Cahors ? Dans le LOT, est-ce qu'il y a finalement deux France ? Et comment est-ce qu'on regarde la situation dans les grandes métropoles ?
Vous avez raison, moi j'alterne ma semaine entre Paris et le LOT. L'inquiétude, elle est partout, y compris dans les territoires ruraux, parce que le LOT a été touché. Et donc la prise de responsabilité, de conscience de nos concitoyens, elle existe partout. Mais moi je suis très frappé de voir à quel point la distanciation sociale est en train de faire un mal fou à notre vie publique. à nos vies individuelles et aux liens sociaux dans notre pays.
Alors je pourrais ne pas le dire, je sais que ce n'est pas du tout à la mode de le dire, mais je dis comme responsable politique que nous devons mesurer, au-delà des conséquences sanitaires et économiques, ce qui restera de la vie sociale de notre pays dans les mois qui viennent et être très minutieux sur les mesures que nous prenons.
Comment vous le vivez-vous ? Parce que par exemple à Cahors, le port du masque n'est pas obligatoire en extérieur, quand vous arrivez à Paris, ça l'est.
Oui, le port du masque n'est pas obligatoire à l'extérieur. Vous savez, je pense que les Français ne sont pas des gosses et qu'ils sont capables d'accepter des décisions dès lors qu'elles sont justifiées et compréhensibles. Et sur la question du port du masque en extérieur dans des lieux qui ne sont pas denses, je n'ai toujours pas compris quelle était la justification sanitaire. Et je crois qu'un des drames de cette période, c'est que le gouvernement a considéré qu'il pouvait imposer tout et n'importe quoi aux Français, y compris ceux qui n'étaient pas censés.
Sur la question des masques, observez le même gouvernement, les mêmes personnes, les mêmes interlocuteurs qui hier disaient qu'il ne fallait pas de masque sont aujourd'hui ceux qui disent qu'il le faut partout. Est-ce qu'il y a eu plus de connaissances sur le virus entre-temps ? Et pas seulement, pas seulement. Comment voulez-vous que la confiance existe encore ? Le drame aujourd'hui de la parole politique, c'est qu'elle ne porte plus de confiance et c'est singulièrement le cas pour Emmanuel Macron et son gouvernement.
Aurélien Pradier, hier, pour la première fois, Gérald Darmanin et Marlène Chappin ont présenté les premiers chiffres mensuels de l'insécurité, comme ils se sont engagés à le faire désormais une fois par mois. Est-ce que vous applaudissez tout d'abord l'exercice de transparence ?
Quelle transparence ? On nous a donné les chiffres sur les fumeurs de juin. Je trouve ça formidable. Mais enfin, on est quand même dans une situation qui est légèrement plus grave. Il y a des chiffres que je connais et que les Français doivent connaître. 25 agressions par jour de policiers et de gendarmes. Nous avons aujourd'hui, sur la question de la radicalisation, dans notre pays, 2600 mosquées. Et on estime qu'il y en a une centaine qui sont radicalisées.
Il y a eu les chiffres sur le séparatisme.
Et en l'occurrence, sur les cent...
Le nombre de lieux soupçonnés de radicalisation qui ont été fermés. 73.
C'est ça. Et sur la centaine dont on considère qui, aujourd'hui, sont des lieux de radicalisation. On n'est pas du tout à la hauteur. C'est cette transparence-là qu'il faut faire. Vous savez, d'ailleurs, je trouve que Gérald Darmanin et Marlène Chappin se marient très bien politiquement. Les deux ont un goût très prononcé pour les tweets, pour le blabla, pour le baratin politique, mais pas du tout pour l'action. Gérald Darmanin, c'est un bon ministre sur Twitter et c'est un très mauvais ministre de l'Intérieur dans les actes.
Les deux, ils se défendent de faire de la politique du chiffre, mais plutôt de la politique du résultat.
Mais de quel résultat parlons-nous ? On vient de le dire. 25 agressions par jour de policiers et de gendarmes. Si la réponse...
Ce n'était pas le cas les années précédentes ?
Non, ce n'était pas le cas. On a une explosion.
C'est nouveau, c'est depuis cette année ?
Nous avons une explosion depuis trois années des actes de violence, notamment à l'égard des forces de l'ordre. Mais il y a une raison à cela. Que vous attribuez à quoi ? C'est que j'attribue à la faillite totale de l'action de l'État. Observons la question de l'attaque du commissariat récent. La réponse à Champigny. La réponse du ministre de l'Intérieur est de vouloir interdire la vente des mortiers d'artifices. Enfin, pardon, mais on est chez les fous. Est-ce que vous pensez vraiment que c'est parce que... C'est l'une des mesures.
Il a reçu les syndicats hier et il y a d'autres annonces.
C'est une mesure de pacotille. Vous imaginez que parce que demain, nous avons dans les manifestations des manifestants violents qui lancent des boules de pétanque sur les forces de l'ordre, on va interdire la vente des boules de pétanque. Pardon d'être un peu comique, mais la situation est prograt.
Votre collègue des Républicains, Éric Ciotti, a fait une proposition concrète. Il va d'ailleurs déposer une loi là-dessus. Suite à l'attaque de ce commissariat de Champigny, il demande qu'on élargisse les conditions de la légitime défense des policiers. Il souhaite par exemple que les policiers puissent riposter, y compris quand les biens qu'ils protègent sont attaqués. Ça veut dire que si un manifestant ou un casseur lance un objet inflammable sur un abribus, le policier va pouvoir lui tirer dessus.
Ce n'est pas exactement cela. Éric Ciotti a raison de rappeler notamment...
Ou l'exemple précis du commissariat. Ils auraient dû répliquer dans ce cas précis avec cette loi.
Dans la loi de 2015, celle qui suit l'attaque du Bataclan, il est prévu qu'au terme de deux sommations, les forces de l'ordre puissent riposter. Et vous comprenez bien que lorsqu'on attaque un commissariat...
Là, on est dans le cadre d'une attaque terroriste.
Pas seulement. Lorsqu'il s'agit de protéger les forces de l'ordre elles-mêmes et de protéger les biens qu'elles ont dans leur périmètre. Vous comprenez bien que lorsqu'on attaque un commissariat, ce n'est pas une manifestation contre un abribus. Vous comprenez bien que c'est un acte qui fait que demain, nous avons à choisir entre la loi de la rue ou la loi de la République. On riposte comment alors ? La riposte, elle doit se faire après deux sommations. Et les forces de l'ordre doivent pouvoir utiliser leurs armes, qui sont des armes de protection, aussi des armes de protection, pour intervenir. Je le redis, comprenons bien l'enjeu.
L'enjeu, c'est de choisir entre la loi de la rue et la loi de la République. Lorsqu'on s'attaque à un commissariat en étant aussi impuni, c'est qu'on s'attaque à la République. Et j'ajoute à cela qu'il faut retravailler sur les peines incompressibles, sur les peines qu'on appelle les peines planchées, les peines minimales. Dès lors qu'on s'attaque à un uniforme et donc à l'autorité de la République, on doit le soir dormir en prison et ne pas avoir de remise de peine.
On marque une petite pause pour le Fil Info à 8h40. Aurélien Pradié, on se retrouve juste après. Voici Mélanie Delaunay. Quelles nouvelles mesures pour freiner l'épidémie de coronavirus ? Emmanuel Macron parle ce soir à 19h55 et on le suivra sur France Info. Un couvre-feu, si c'est un moyen d'éviter un reconfinement, une nouvelle rupture dans l'activité économique, c'est une bonne discipline, estime ce matin sur France Info le maire de Compiègne, dans l'Oise. Il avait instauré un couvre-feu au printemps dernier, en plus du confinement.
Le ministre de l'Intérieur assure ce matin que tout sera fait pour retrouver le conducteur en fuite qui a percuté un policier pendant la nuit à Savigny-sur-Orge, dans l'Essonne. Le policier est dans un état critique. Gérald Darmanin qui a annoncé hier plus de moyens pour les forces de l'ordre et en particulier entre 60 et 100 euros de plus par mois sur la fiche de paix des policiers qui travaillent la nuit. Les vaches resteront à la ferme. Le prochain salon de l'agriculture prévu fin février à Paris est annulé. La situation sanitaire prime sur tout le reste, réagit sur France Info la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert.
Elle dit réfléchir à des alternatives comme des marchés à ciel ouvert dans la capitale. L'équipe de France de football en Croatie ce soir. Pour le capitaine des Bleus, Hugo Lloris, ça va faire du bien aux joueurs français de se surpasser à travers l'adversité. Il y aura 7000 spectateurs croates dans les tribunes pour ce match de Ligue des Nations. France Info
Le 8.30 France Info
Salia Brakia, Marc Fauvel Toujours avec le secrétaire général du parti, les républicains Aurélien Pradi. On le sait, le gouvernement a prévu de renforcer l'apprentissage de l'arabe à l'école. C'est l'une des mesures décidées dans le cadre de la future loi sur le séparatisme dont on ne sait plus d'ailleurs vraiment si elle s'appellera. Comme ça, vous avez écrit le message suivant il y a quelques jours après cette annonce Aurélien Pradié « Institutionnaliser à l'école l'apprentissage de la langue arabe est une lâcheté et une faute ». Qu'est-ce que ça veut dire ?
Je vais essayer de l'expliquer sereinement parce que je trouve assez stupéfiant l'excitation qu'il peut y avoir sur ce sujet.
Pourquoi vous dites l'excitation ? C'est que vous avez eu des menaces suite à ce message ?
Oui, des menaces de mort nombreuses depuis plusieurs semaines. Et très vite, je me vois être taxé presque d'être un raciste parce que j'ai prononcé cette parole-là.
Une lâcheté et une faute ?
Oui, je le pense vraiment. D'abord, nous parlons de l'apprentissage de la langue arabe à l'école. C'est-à-dire pas au collège, pas au lycée, à l'école. Et il se trouve qu'à l'école, la chance que l'on doit donner à tous les gamins de notre pays, c'est d'apprendre le français et d'appartenir à la communauté nationale. À trois ans, à quatre ans, on ne choisit pas l'identité que l'on va avoir demain. L'école, c'est l'école primaire. Oui, l'école primaire. Donc, c'est pas trois, quatre ans. C'est le socle. C'est le socle de la laïcité. C'est le socle du bien commun. C'est le socle de la République. C'est le moment où on ne stigmatise pas les enfants.
Et vous comprenez bien que proposer l'apprentissage de la langue arabe à des gamins de quatre ans, en leur disant, au fond, vous, vous avez des origines lointaines qui sont liées à la langue arabe. Et donc, vous allez apprendre la langue arabe. Je pense que c'est une faute, parce que ce n'est pas une manière de les pousser à l'émancipation.
Vous savez qu'on apprend déjà l'arabe à l'école primaire.
Oui, mais pas de cette manière-là, pas en l'institutionnalisant comme le président de la République a fait.
Elle ne serait pas obligatoire dans le cas présent.
En l'occurrence, ce que le président de la République propose, c'est cela. C'est que, dès l'école, on est cet apprentissage-là.
Vous dites que la langue, c'est l'identité. Quand on apprend l'anglais, à 6 ou 7 ans, vous convenez tout de même qu'il ne s'agit pas de la même chose.
Enfin, je veux bien qu'on soit d'une naïveté des conséquences.
Pourquoi ce qui est valable avec l'arabe ne serait pas avec les autres langues ?
Parce qu'en l'occurrence, personne ne peut nier le fait que nous avons aujourd'hui un sujet, d'ailleurs le président de la République l'a dit, qui lie l'apprentissage de la langue arabe à l'islam, à la pratique de l'islam, et peut-être à la pratique de l'islam radical. La réponse que fait le président de la République est la suivante. Il dit, pour éviter que ces enfants-là aillent apprendre dans les salles sombres des salafistes la langue arabe, il faut qu'ils l'apprennent à l'école. Sauf que ça ne changera rien au sujet. Et c'est là que je dis que c'est une naïveté.
Pour une raison très simple, c'est qu'aujourd'hui en apprenant la langue arabe littéraire, vous ne pouvez pas comprendre le Coran. Parce qu'il se trouve que c'est l'interprétation du Coran qui pose problème, pas la lecture stricte du Coran. Et parce qu'il y a de nombreux mots dans le Coran qui aujourd'hui ne sont pas compréhensibles de la langue arabe. Ce que je veux simplement dire par là, c'est que ça ne règle rien au problème. Et c'est là que c'est une lâcheté.
C'est une faute parce que je pense que ça atteint l'idée de l'unité républicaine, et notamment de la laïcité à laquelle je crois, parce qu'on ne peut pas délier l'apprentissage de la langue arabe de la question de la pratique religieuse. Et c'est une lâcheté parce que ça ne s'attaque pas au vrai sujet et que ça ne corrigera rien. Moi je souhaite que tous les gamins de mon pays, de ce pays, apprennent le français et comprennent que la République est une chance, pas un problème.
Ce n'est pas incompatible. Le renforcement de l'apprentissage de la langue arabe, ça fait un petit moment qu'on en parle. On en parlait déjà lors du précédent quinquennat sous François Hollande. Et ça a été aussi le cas lors du quinquennat précédent encore, celui de Nicolas Sarkozy. On écoute l'ancien président de la République qui est membre de votre parti. C'était en 2007 lors d'un déplacement en Algérie.
Je souhaite que davantage de Français prennent désormais en partage la langue arabe pour laquelle s'expriment tant de valeurs de civilisation et de valeurs spirituelles. Parce que c'est en apprenant chacun la langue et la culture de l'autre que nos enfants apprendront à se connaître et à se comprendre. Parce que la pluralité des langues et des cultures, c'est une richesse qu'il nous faut à tout prix préserver.
Aurélien Pradier, finalement, Sarkozy, Macron, même combat.
Ce n'est pas la même chose. Et pardon de vouloir nuancer. Je suis d'accord avec Nicolas Sarkozy, tout comme je suis d'accord avec la richesse que représente l'apprentissage et langue.
Et dans la suite du discours, il parle d'intégrisme, de lutte contre le fanatisme. Donc il est dans la même logique que le président Macron.
Eh bien, je considère que lier les deux est une erreur. Et je le redis, l'école. Je parle bien de l'école élémentaire. Pour moi, l'école, c'est un socle neutre. Au collège, au lycée, c'est une autre affaire. Lorsque les enfants se construisent, c'est à eux de choisir quelle sera leur identité. Mais à l'école, c'est une erreur. L'école doit être un terrain neutre. L'école élémentaire doit être un terrain neutre qui donne à chacun la chance de se construire pour demain. Ce que je vous dis, c'est ce que je pense. Et c'est ce que je pense en républicain.
Vous avez été Aurélien Pradier. Vous êtes toujours d'ailleurs l'un des députés les plus engagés contre les violences conjugales. Il y a un an, le Grenelle contre les violences conjugales a rendu ses conclusions. Où allez-vous aujourd'hui publier un rapport qui fait le bilan des mesures mises en place et de tout ce qui reste à faire ? D'abord, est-ce que depuis un an, on a vraiment progressé en la matière ?
La loi que j'avais portée, qui a été publiée au 1er janvier, qui a été votée à l'unanimité, c'est une loi qui a été portée par les Républicains. Je considère que ma famille politique est belle aussi quand elle protège celles et ceux qui en ont besoin. En l'occurrence, le combat des femmes victimes de violences est un beau combat pour la France, mais aussi pour la droite républicaine. Depuis le 1er janvier, nous avons progressé, notamment sur la suspension de l'autorité parentale, parce qu'un mauvais mari n'est pas un bon père. Et donc la loi a permis d'aller plus loin sur ces sujets. Sur l'accès au téléphone grave danger, sur la protection du logement pour les victimes, nous avons progressé.
Sur les bracelets anti-rapprochement ?
Et sur les bracelets anti-rapprochement, nous avons beaucoup de retard. Et je l'ai dit, c'est pour cela d'ailleurs que j'ai demandé à faire une mission d'évaluation de la loi, ce qui est assez rare. Nous devions généraliser les bracelets anti-rapprochement. Le gouvernement devait généraliser au 1er janvier. Ça a été reporté en juin. Et aujourd'hui, on commence avec 5 expérimentations dans 5 juridictions du pays, avec, on l'espère, une généralisation à la fin de l'année. Et je le dis très clairement aux gardes des Sceaux, je serai intraitable sur ce sujet. Il faut, il faut qu'à la fin de l'année, toutes les juridictions du pays aient ce bracelet anti-rapprochement accessible.
Qu'est-ce qui bloque aujourd'hui ? On ne les a pas ? C'est difficile de mettre cette pratique en œuvre. Pourquoi on n'y arrive pas aux mille ?
Il manque sûrement deux choses. D'abord, il manque parfois des financements. Sur la question du bracelet anti-rapprochement, plus de 2,7 millions d'euros, pour être précis, nécessaires à une partie du financement, sont aujourd'hui des financements instables, qui ne sont pas inscrits définitivement au budget de la nation. Il faudra donc être vigilant sur le financement. Et puis ensuite, c'est une question de volonté politique. Vous savez, nous sommes dans une période que je trouve profondément hypocrite sur beaucoup de sujets, et sûrement sur ce sujet-là aussi.
Qui peut douter qu'il y ait aujourd'hui une volonté politique partagée quasiment par tous sur cette question-là ?
Eh bien moi, je peux en douter. Je peux en douter lorsque je constate les actes, lorsque je vois qu'il y a un écart monumental entre les paroles et les actes. Les bracelets anti-rapprochement, si les Républicains n'avaient pas porté cette loi, on les attendrait toujours. Ça fait des années, des années que l'on baratine sur ce sujet. Vous savez, on se fait plaisir en portant des pins, en faisant des grandes déclarations, mais le rôle du politique, c'est pas de faire des grandes déclarations ou des tweets. Le rôle du politique, c'est d'agir. Moi, je suis heureux que par cette loi, on ait pu agir.
Aurélien Pradié, est-ce qu'il faut aller plus loin et créer des tribunaux spéciaux, comme en Espagne, spécialisés dans les violences conjugales ?
Je le crois. Je le crois parce que nous le voyons aujourd'hui notamment sur les bracelets anti-rapprochement. Il est difficile pour un juge civil, qui est celui qui va délivrer les ordonnances de protection, désormais en 6 jours, là où il fallait 40 jours avant encore une avancée de cette loi. Il est difficile pour lui de décider d'une mesure pénale. Et je crois aux juridictions spécialisées, comme on l'a fait sous le général de Gaulle avec le juge des enfants, qui a permis de faire un bond en avant dans la protection des enfants. C'est une des propositions que je porte désormais. C'est un combat personnel, politique, et donc c'est un combat que je ne lâcherai pas.
Aurélien Pradié, député du Lot et secrétaire général du Parti Les Républicains. Avec nous jusqu'à 9h, il est 8h50. Le fil info, Mélanie Delaunay. 150 mesures pour mieux lutter contre les actes anti-LGBT. Le gouvernement présente aujourd'hui son plan. Il prévoit notamment des référents dédiés au sein des forces de l'ordre. On a encore des marges de progrès pour accueillir les victimes d'actes anti-LGBT dans les commissariats, reconnaît ce matin sur France Info. Frédéric Potier, c'est le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT.
En moins de 10 jours, 25 000 personnes ont répondu à l'appel de l'Inserm, des volontaires pour participer aux essais de vaccins contre le coronavirus en France. Les candidatures restent ouvertes. Pour freiner les contaminations, quelles restrictions ? Emmanuel Macron intervient ce soir à 19h55, trois quarts d'heure d'interview à suivre en direct sur France Info. Dans l'Essonne, un policier dans un état critique percuté pendant la nuit par une voiture lors d'un contrôle routier à Savigny-sur-Orge. Le conducteur du véhicule volé est en fuite. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, assure que tout sera fait pour le retrouver. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec Aurélie Ampradier, secrétaire générale du parti Les Républicains. La semaine dernière, les députés ont voté le rallongement du délai légal pour recourir à l'avortement, 14 semaines au lieu de 12 aujourd'hui. Et vous, vous n'étiez pas présent lors du vote. Vous étiez où ?
Non, je n'étais pas présent. J'étais au tribunal de Pontoise, justement, pour évaluer l'application des bracelets anti-rapprochement. Mais je vais vous donner mon avis sur ce sujet. D'abord, Simone Veil fait partie pour moi des totems politiques. Et je n'ai aucun complexe à dire que la loi Veil est une des plus belles et plus grandes lois de la République. D'ailleurs, c'est une des lois les plus marquantes pour protéger les femmes, puisqu'il s'agissait de cela à l'époque. Et Simone Veil, elle-même, a toujours dit que l'acte d'IVG n'était pas une banalité. Et je le pense profondément. Je serai toujours un défenseur ardent de l'accès à l'IVG.
Mais je m'inquiète d'une forme de banalisation de cet acte-là. Pour les femmes, pour les femmes. Et je suis effrayé d'une chose, de voir à quel point on a démantelé, notamment, toute l'éducation des jeunes filles et des jeunes garçons dans les collèges, dans les lycées. On a une médecine scolaire qui a quasiment disparu aujourd'hui. Et qui fait que tout ce qui permet à une femme de se protéger, notamment de cet acte-là, n'existe quasiment plus dans l'esprit de ces jeunes filles. Et qu'on arrive à l'acte ultime, qui est une douleur pour ces femmes.
Alors, vous êtes pour ou contre le rallongement ?
Moi, je suis opposé au rallongement. Parce que je pense que nous avons aujourd'hui tous les outils, tous les moyens qui nous permettent de protéger ces femmes. Mais je le redis, je serai toujours un combattant ardent de la question de l'accès à l'IVG.
Et quand on sait que 3 000 à 5 000 femmes partent à l'étranger pour se faire avorter, on fait quoi pour ces femmes-là ?
On a eu ce débat à plusieurs reprises.
Parce que la plupart de nos voisins ont déjà prolongé ce débat.
En l'occurrence, les femmes qui cherchent des solutions ailleurs sont celles pour lesquelles on aurait sûrement pu, en les accompagnant mieux, éviter ces solutions-là. Et ces situations-là. Et c'est mon combat. Je souhaite que toutes les femmes aient cette liberté, qui est une liberté fondamentale, de choisir quel sera leur avenir. Mais je pense que cette tendance-là à progressivement allonger est un risque de banalisation, qui serait une faute, non pas pour la société, mais une faute pour les femmes.
Nous sommes à un peu moins d'ailleurs de 18 mois de l'élection présidentielle. Aurélien Pradié, depuis le renoncement de François Baroin, je vais y arriver, votre camp, la droite a-t-il un ou une candidat ou candidate naturel ?
Non, nous n'avons pas de candidat naturel.
On en avait des candidats pourtant, mais pas de naturel.
Et c'est déjà une bonne nouvelle que nous en ayons. Il y a quelques temps, on nous disait que nous n'aurions pas de candidat. Nous avons pléthore. Ça peut être un problème potentiel de candidat. Oui, mais parfois, il vaut mieux avoir trop plein de talent que de ne pas en avoir.
Il n'y en a aucun qui se dégage, ou aucune qui se dégage aujourd'hui pour vous ?
Non, de manière claire, non. Mais vous savez, il faut que nous nous vaccinerons d'une maladie de ce temps, qui est de toujours vouloir précipiter les choses. Jamais nous n'avons eu de candidat évident si tôt avant. Moi aussi, quand même ? Non, non, non. Même sous les époques que vous imaginez, même au temps de Nicolas Sarkozy.
Nicolas Sarkozy, ce n'était pas un candidat naturel à la présidence du parti ?
Il lui a fallu, pour la première élection présidentielle, s'imposer progressivement. Mais pour répondre très clairement à votre question, est-ce que la droite est dans une période où elle n'a essuyé aucun échec ? Non. Nous avons échoué aux élections présidentielles, nous avons échoué aux élections européennes. Nous reprenons des couleurs avec Christian Jacob depuis les élections municipales, notamment. Mais donc, il faut que nous nous reconstruisions. Et nous sommes en phase de reconstruction, progressivement, sur le fond. Vous savez, ce à quoi je crois...
Donc ceux qui, aujourd'hui, se voient en train de prendre le leadership à droite, je pense à quelqu'un qui serait peut-être président d'une région dans le nord de la France, qui s'appellerait Xavier Bertrand, se trompent.
Un peu de patience. Et c'est un type de 34 ans qui le dit. Un peu de patience. Une chose après l'autre. D'abord, vous comprenez bien que la situation du pays nécessite un peu d'essence sur ces sujets et donc un peu d'humilité à ne pas trop parler d'ambition personnelle.
Il ne vous reste pas non plus beaucoup de temps. Est-ce que, par exemple, vous voulez une primaire, vous ? Est-ce que vous êtes pour une primaire ? C'est le débat en ce moment qui agite votre parti.
Soyez tranquille sur le fait que nous aurons le temps de reconstruire les choses. Moi, je suis totalement opposé aux primaires. Alors, je le dis depuis plusieurs semaines. Je sais que ça agite un peu le landerneau.
Alors, comment on détermine un candidat ?
Je vais vous expliquer pourquoi je suis hostile à la primaire. J'y suis hostile parce que je pense qu'on s'est cru trop fort avec la primaire. On a mobilisé beaucoup notre camp, un peu au-delà de notre camp, mais on a oublié de mobiliser les Français. Et la primaire, c'est une erreur parce que ça fabrique des petites ambitions individuelles, là où nous avons besoin d'une grande ambition collective.
Alors, pour reprendre la question de Salia, s'il n'y a pas de candidat naturel aujourd'hui et qu'on n'organise pas de primaire, on fait comment ?
Nous avons fixé un calendrier. Ce sont les sondages qui vont décider ? Nous travaillons sur le fond jusqu'au mois de mars. Au mois de mars, ça ne vous a pas échappé, il y a des élections régionales. À ce moment-là, nous verrons quels sont les candidats qui ont les ambitions nécessaires pour porter nos couleurs. Et à ce moment-là, chacun fera preuve de responsabilité. Je n'imagine pas qu'on ait une bataille de chiffonniers, une course de petits chevaux entre les uns et les autres.
C'est pourtant arrivé quasiment toujours à la droite. Il y a quasiment toujours eu deux candidats au premier tour. Pas toujours. Souvent. Non, en tout cas. Parfois, ça a coûté cher à la droite. Vous êtes prêts à prendre à nouveau ce risque aujourd'hui ?
Souvent, ce n'est pas toujours. Écoutez, moi, je crois en la responsabilité individuelle. Je n'imagine pas qu'il y ait dans ma famille politique des femmes et des hommes pour lesquels l'ambition personnelle déborde tellement qu'elle efface l'ambition collective. La responsabilité collective, c'est que nous soyons au rendez-vous du pays. Mais j'insiste sur un point. Moi, je crois que la droite peut porter un espoir. Et ça fait quelques années qu'elle n'a pas porté un espoir. Et ma responsabilité, y compris celle de ma génération, c'est de le dire.
Est-ce que votre espoir, c'est que la droite travaille sur le projet ? Pour lui, c'est la primaire. C'est les régionales. S'il gagne, vous êtes prêts à vous rallier derrière lui ?
Je vais vous décevoir. Mais mon espoir, c'est que la droite soit capable d'être ferme sur des questions républicaines et d'être juste sur les questions du handicap, sur les questions de violence conjugale, sur les questions d'écologie. Voilà pourquoi j'ai engagé un tour de France de l'écologie. Moi, je souhaite que la droite, elle porte à nouveau une espérance pour le pays. C'est ça, le projet politique auquel je crois. Pas encore le choix de l'un ou de l'autre.
Si vous étiez américain, vous voteriez pour qui dans deux semaines ? Trump ou Biden ?
Je ne suis pas américain d'abord.
C'est pour ça que j'ai bien précisé ma question.
Et c'est une hypothèse qui n'est pas très crédible.
Vous souhaitez la victoire de qui ?
Je ne voterai pas pour Trump. C'est une certitude. Et je peux le dire aujourd'hui. L'imposture du personnage, la violence du personnage ne correspond pas à l'idée que je me fais de la politique. Et pardon, mais lorsque j'entends certains responsables politiques français être séduits par la personnalité de Trump, chez moi, ça ne provoque aucune séduction. Je crois en une chose évidente qui est la politique qui rassemble, qui rassemble les Français. Et d'ailleurs, la droite républicaine, vous savez, ce n'est pas un clan. La belle histoire de la droite républicaine, c'est de rassembler les Français. D'ailleurs, pourquoi je suis hostile à la primaire ?
Parce que je ne crois pas aux chefs de clan. Je crois aux chefs d'État. Je crois à ceux qui peuvent accompagner les Français et guider notre pays. C'est pour moi le beau et grand destin de la droite républicaine. Et c'est ce pour quoi je travaille aux côtés de Christian Jacob. Merci à vous Aurélien Pradié, secrétaire général des Républicains. Merci à vous. Invité de France Info.
Aurélien Pradié