LES COMPTE DE CAMPAGNE DE MÉLENCHON - SYLVAIN TRONCHET
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00ComplaisanteRéponse partielle
Est-ce que ça vous a fait plaisir que la quasi-totalité de la presse reprenne votre enquête sans vérification ?
- 4:00OuverteÉludée
Pourquoi ne pas avoir rappelé les dépenses totales de chaque candidat dès le début ?
- 6:00RelanceRéponse directe
Pourquoi présenter les factures réformées de Mélenchon comme plus litigieuses que celles des autres ?
- 8:00RelanceRéponse directe
Pourquoi la commission n'a-t-elle pas signalé d'irrégularités dans les comptes de Mélenchon ?
- 10:00FerméeRéponse directe
Est-ce légal pour un candidat d'utiliser des associations ou sociétés externes pour sa campagne ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Pourquoi les salaires de Bastien Lachaud et Mathilde Panot ont-ils été facturés à 129 000 € ?
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[Musique] Bonjour et bienvenue pour ce troisième numéro des “sujets qui fâchent” qui sera cette fois consacré, après le Venezuela puis la laïcité, à une enquête sur les comptes de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Une enquête menée par deux journalistes, Elodie Guéguen et Sylvain Tronchet, qui tous les deux appartiennent à ce qu'on appelle la cellule investigation de Radio France. Bonjour Sylvain Tronchet.
Merci d'être avec nous sur ce plateau. Alors, je le précise tout de suite, j'ai bien évidemment invité également Elodie Guéguen, mais malgré mes insistances, elle m'a expliqué qu'elle ne souhaitait pas faire de la télévision. Du coup c'est vous seul qui allez répondre à mes questions.
Peut-être peut-on rappeler que votre enquête est sortie le 22 février et qu'elle a eu tout de suite un immense succès médiatique, la quasi totalité des médias y a fait écho. BFM par exemple: “Les mauvais comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon, plusieurs centaines de milliers d'euros de factures posent question”. Quotidien: “La France Insoumise a été épinglée par le financement de la campagne de Jean-Luc Mélenchon”.
TMC: “La commission des comptes de campagne a jugé que quatre cent mille euros étaient litigieux”. Valeurs Actuelles : “430 mille euros de dépenses irrégulières dans les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon”, etc etc. Peut-être que je peux commencer par une question personnelle qui flattera peut-être un peu votre ego mais ça n'est pas grave.
Je me demande si ça vous a fait finalement plaisir que quasiment toute la presse, tous vos confrères, il faut bien le dire sans remettre en question quoi que ce soit de votre enquête, reprennent presque mot pour mot ce que vous avez dit. Alors on dit souvent que les français se méfient des journalistes, en tout cas ce qu'on peut constater, c'est que les journalistes n'ont pas l'air de se méfier des journalistes puisque, sans avoir vérifié quoi que ce soit de votre enquête, sans avoir évidemment pris même le temps de regarder dans le détail ce que vous avez fait, ils vous ont fait confiance. Et j'imagine que ça a du quand même vous faire plaisir de voir que finalement, lorsque tous les deux vous avez sorti cette enquête, c'était en quelque sorte parole d'évangile pour la quasi-totalité de de vos confrères.
Ça vous a fait plaisir ? – C'est difficile de parler à la place de mes confrères. Non mais, je ne sais pas ce qui fait que chez eux ils reprennent ou pas des éléments que nous avançons comme enquête.
Ça n'est pas la première fois qu'une de nos enquêtes, qu'une enquête de la cellule investigation de Radio France, a un tel écho. On a même sorti des enquêtes qui je pense, ont eu des échos et des reprises plus importantes: sur l’affaire des assistants parlementaires du Modem par exemple, sur François Bayrou, sur le nucléaire, sur les comptes de campagne et le financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy, par exemple. Ça n'est pas finalement si inhabituel que cela.
Pour le reste, voilà, plaisir pas plaisir...
On a je crois 14 millions d'auditeurs quotidiens sur les différentes chaînes de Radio France. La réalité c'est que cette enquête, lorsqu'elle sort sur les antennes de Radio France, elle est déjà écoutée, entendue, reçue par plusieurs millions de personnes. [Musique] – Donnons ces quelques chiffres: pour le premier tour on ne doit pas, lorsqu'on est candidat, dépenser – je vais arrondir pendant toute cette émission les chiffres – on ne doit pas dépenser plus que 16 millions huit cent mille euros.
Alors je préviens tout de suite ceux qui nous regardent: les chiffres vont être épouvantablement élevés, il s'agit d'une campagne présidentielle c'est bien sûr des sommes considérables. On ne doit pas dépenser pour le premier tour plus que 16 millions huit cent mille euros, et si on a la chance d'être au second tour on peut dépenser, si j'ose dire, 6 millions de plus c'est-à-dire à peu près 22 millions cinq cent. Je vais me permettre une petite référence historique: Nicolas Sarkozy, lorsqu'il a été battu par François Hollande a “légèrement” dépassé son plafond, grosso modo il ne pouvait pas dépasser plus que 22 millions, on évoque des dépenses de 45 millions voire de 50 millions.
Comment se fait-il déjà, que vous n'ayez pas expliqué ce qu'ont été les dépenses en général de chacun ? C'est quand même intéressant de remarquer par exemple, qu’Emmanuel Macron a été le plus dépensier de tous les candidats. On peut dire que c'est parce qu'il était au second tour, d'accord, mais il est quand même le plus dépensier 16 millions 700 mille euros, et c'est quand même formidable aussi de savoir que Benoît Hamon par exemple a dépensé 15 millions d'euros.
Pour donner un exemple Mélenchon a dépensé 10 millions 700 mille euros. C'est-à-dire que si on prend déjà les cinq grands candidats, celui qui a dépensé le moins c'est de fait, Mélenchon. Je pense que c'est important de le souligner, vous m'expliquerez pourquoi vous n'avez pas donné cette précision là.
Ça c'est une première chose. La deuxième chose qui me semble intéressante, et après je vous donne évidemment la parole, c'est que lorsqu'on parle d'argent, lorsqu'on parle de dépenses, il faut savoir sur quelle durée vous avez dépensé ? J'évoquais Benoît Hamon, il dépense 15 millions d'euros, c'est-à-dire quasiment autant que Macron qui pourtant est arrivé au second tour.
Et il dépense ces 15 millions d'euros Benoît Hamon en trois mois, puisque l'élection à la primaire, c'est fin janvier. Alors c'est vrai que dans ses dépenses, ils ont dû inclure un petit peu certains éléments de sa primaire mais grosso modo il devient candidat en février 2017, Mélenchon est devenu candidat en février 2016. C'est-à-dire que Mélenchon fait une campagne de 1 an et 3 mois alors que Hamon fait une campagne de trois mois.
Mélenchon dépense 10 millions sur toute cette période qui est quand même très longue, un an de plus que Hamon, et Hamon…Bon. Je prends cet exemple simplement pour vous dire que ça me semble important aussi de parler de la totalité des dépenses et de la durée. – Alors.
Pourquoi est-ce qu'on fait pas de comparaison, puisque c'est ça finalement, ou de rappel préliminaire sur qui a dépensé quoi ? Notre enquête, elle arrive dans la foulée d'une décision de la commission nationale des comptes de campagne, qui est la décision qui dit “je valide, je retoque les dépenses de tel ou tel candidat”. Mais le solde du compte de campagne, les montants totaux dépensés, et les différentes rubriques du budget en réalité on les connaît depuis très longtemps.
Elles ont été publiées en juillet dernier, si je me souviens bien, publiées publiquement, pas en catimini, publiées au Journal Officiel. En fait : combien a dépensé Emmanuel Macron, combien a dépensé Benoît Hamon, combien a dépensé Jean-Luc Mélenchon ? On le sait depuis plusieurs mois, ça a été publié. – Et donc c'est une raison pour ne pas le rappeler au moment où vous évoquez la question des comptes de campagne ? – C'est une raison pour, en tout cas à un moment on doit faire des choix.
C'est-à-dire, j'ai pas forcément une heure d'émission pour tout rappeler. – Là dessus vous avez un article qui pourrait prendre cinq lignes de plus en expliquant ce que je viens de dire. – Je pourrais le faire mais je vais expliquer pourquoi je ne le fais pas.
La première raison pour laquelle c'est que, alors c'est peut-être un travers du journalisme que vous dénoncerez, mais ce qui nous intéresse, ce qui tend quand même notre profession, est de raconter des choses qui sont nouvelles. C'est un peu l'objet de notre métier. En l'occurrence, le solde des comptes de campagne et la ventilation des dépenses de campagne des candidats, c'est quelque chose qui n'est pas nouveau, c'est connu depuis des mois et lisez-le, il y a une littérature extrêmement complète qui existe sur ce sujet.
Ça c'est la première chose et c'est probablement la raison je pense, initiale pour laquelle nous n'en parlons pas. La deuxième raison, et je vois bien ce à quoi vous faites référence finalement parce que ça fait partie des choses qui nous ont été beaucoup reprochées ces derniers jours, on nous dit au fond, puisque nous évoquons de possibles surfacturations lors de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, comment est-il possible que Jean-Luc Mélenchon ait surfacturé alors qu'il a beaucoup moins dépensé que d'autres candidats ? Il ne m'appartient pas de juger de la pertinence de la dépense d'un candidat et même de ce que je pourrais appeler? du rendement électoral de la dépense d'un candidat. – C'est évidemment assez amusant de voir que chaque électeur de Benoît Hamon lui est revenu si j'ose dire, à 6,58 euros, alors que pour Jean-Luc Mélenchon c'est 1,51 euro. – Oui. – Je m'étais proposé d'ailleurs d'apporter, puisque j'ai voté Jean-Luc Mélenchon, d'apporter 1,51 euro, j'aime bien payer mes dettes, c'est ça que je lui ai coûté.
Mais c'est intéressant de dire ça, c'est intéressant de voir par exemple que effectivement, au moment où vous vous intéressez aux comptes de campagne de quelqu'un, de donner ce contexte-là avant de rentrer et on va le faire ensemble, dans le détail. Mais j'ai écouté ce que vous m'avez dit, vous disiez nous l'avons déjà dit à d'autres moments. – Non mais, je veux même le préciser, je n'ai pas de souci avec ça.
Il y a aussi comment dire, un concept journalistique puisqu'on va faire de la tambouille journalistique, et pour le coup il faut expliquer un peu le making off de l'enquête, qui est ce qu'on appelle la notion d' angle, c'est-à-dire je parle de quelque chose, les comptes de campagne, mais je ne suis pas à l'école où je fais un exposé, où je déroule l'historique, la réalité, la thèse, la contre thèse etc., non, j'ai un angle, lorsque je fais une enquête je la fais sur un angle. Alors je vous accorde que l'angle choisi en l'occurrence était les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon, dans lesquels nous avions vu, trouvé des choses que nous n'avions pas vues ailleurs.
Ce qui à notre sens, et eu égard au fait qu'on parlait du quatrième homme de la présidentielle, donc pas de n'importe qui, justifiait qu'on y consacre cet angle. – D'accord. Alors avant justement de voir le premier des points que vous avez soulevés dans votre enquête, je tiens quand même à rappeler, et je suis content que vous ne me démentiez pas, que Mélenchon néanmoins, moi en tout cas je le rappelle comme dans un cours d'école, des cinq grands candidats est celui qui a dépensé le moins... – C'est vrai. – Sur la période la plus longue, là nous sommes d'accord tous les deux.
Je ne vous fais pas le reproche de ne pas l’avoir dit... – C'est vrai – Mais je me reprocherais à moi même de ne pas le rappeler aujourd'hui. – C'est vrai, mais si on veut être tout à fait complet sur cette présentation des choses, parce que ce qui sous-tend notre enquête, c'est quand même le fait qu'il y ait utilisation d'argent public. – Bien sûr. – C'est une donnée extrêmement importante, elle est centrale dans cette enquête.
Le candidat qui a coûté le moins cher au contribuable français , c'est François Fillon. – Alors on va expliquer pourquoi, vous avez tout à fait raison, on va l'expliquer au moment où on parlera précisément des remboursements. – Vous voyez si j'avais voulu entrer dans ce genre de choses il aurait fallu que j'aille également sur ce terrain-là. – Mais vous auriez dû aller sur ce terrain-là, parce que nous en tout cas on va y aller au moment où on va parler des remboursements de la commission. [Musique] Prenons le premier, et je dirais, point massif de votre enquête, ce qui a été le plus repris peut-être, je n’ai pas fait de statistiques, c'est les factures retoquées, que vous avez appelées même “les étranges factures de Jean-Luc Mélenchon”.
Alors ce qu'il faut expliquer peut-être, et vous pourrez le faire aussi bien sinon mieux que moi, c'est qu'est-ce que c'est que des factures retoquées ? D'abord ça n'existe pas les factures retoquées, c'est bizarre, mais ça s'appelle des factures réformées. Voilà.
Donc la commission reçoit toute une série de factures, et elle regarde si toutes les factures qu'on lui transmet, ont bien eu comme but de convaincre l’électeur de voter pour le candidat, je vais le dire comme ça. Un point important c'est que: un candidat a drôlement intérêt à donner le plus de factures possible, ça a l'air bizarre mais pourquoi ? Je vais prendre un exemple après je vous donne la parole.
Par exemple: Jean-Luc Mélenchon à un moment donné est allé sur la tombe d'un député je crois, décédé, et il a déposé une couronne de fleurs. Les photographes étaient là, c'était marqué Jean-Luc Mélenchon, il y a une dépense peut-être le taxi pour y aller, la couronne...
Qu'est-ce qu'on fait de cette facture ? On la donne à la commission et la commission qu'est-ce qu'elle fait ? Elle regarde la facture, elle dit: “Écoutez je suis désolé mais ça je considère que ça n'est pas une facture électorale”.
Ce n'est pas une facture illégale, c'est une facture qu'elle va réformer, et elle fait ça pour toute une série de factures. Et il n’ y a donc pas un candidat, là on est déjà au coeur du premier sujet: il n'y a pas un candidat, ni monsieur Macron, ni monsieur Asselineau, ni madame Arthaud... pas un candidat qui n'a pas vu ses factures réformées.
Donc ma première question est très simple: pourquoi présenter les factures réformées de Mélenchon, les présenter comme si elles étaient plus étranges, plus mystérieuses, plus litigieuses, que les factures réformées et de tous les autres candidats ? – Pour une raison simple que vous n'avez pas expliquée. C'est qu'en fait il n'y a pas un motif de réformation des factures, il y a deux motifs de réformation des factures en réalité, quand on s'y penche bien.
Il y a effectivement ce que vous avez expliqué, et c'est d'ailleurs la thèse en défense de Jean-Luc Mélenchon: “J'ai présenté toutes mes factures de façon surtout à ne pas me faire coincer, comme Nicolas Sarkozy par exemple a pu se faire coincer, quoique dans le cas de Jean-Luc Mélenchon, on était très loin du plafond et le risque était faible. Mais je présente toutes mes factures, parce que lorsque j'ai un doute légitime, je préfère que ce soit la commission qui tranche." L'exemple que vous avez cité est un exemple issu de nos enquêtes, on aurait pu en donner d'autres.
Ils ont présenté une facture d’abattant de toilettes, quand même, qu'est-ce que c'est que ça ? En fait on s'est interrogé hein, on s'est posé pas mal de questions, et on s'est dit: et pourquoi il y a une facture d’abattant de toilettes ? Et on a fini par comprendre: c'est un abattant de toilettes qui était cassé lors d'un meeting.
Et donc il a fallu rendre la salle en bon état, il a fallu payer l'abattant de toilette, question: s'agit-il ou non d'une dépense de campagne, s'agit-il d'une dépense qui concourt à recueillir le suffrage de l’électeur ? C'est une vraie question, compliqué d'y répondre, ils ont fourni la facture, la commission a décidé que non. Ça, c'est le cas que vous évoquez, c'est le cas où il y a une vraie question, un vrai doute sur la nature électorale de la dépense ou pas.
Et il y a d'autres factures où ce qui est en jeu, ce n'est pas du tout la nature électorale de la dépense. Lorsque vous présentez la facture pour un coordonnateur de campagne, personne ne remet en doute le fait que ce soit une dépense de nature électorale, c'est parfaitement évident. À aucun moment la nature électorale de cette dépense n'est remise en cause.
Là ce qui est remis en cause c'est différent, c'est la décomposition du prix, c'est la marge qui est appliquée sur la facture, et donc c'est la légitimité pour le contribuable à payer la totalité de cette facture. – Une réformation est une réformation, quel que soit son motif, elle ne peut pas être qualifiée comme vous l'avez fait, me semble-t-il, de litigieuse, d'étrange. Et j'aurais pu, moi, faire un article, que je ne ferai pas, sur le thème “les étranges factures de monsieur Macron”, puisque lui aussi a été réformé, ou “les étranges factures de monsieur Fillon”.
On évoque pour Jean-Luc Mélenchon 435 mille euros: ça semble une somme gigantesque. Ces 435 mille euros représentent 4% grosso modo des dépenses de Mélenchon donc c'est quand même très marginal. Mais par exemple, il y a une donnée intéressante que je n'ai pas lu dans votre article, c'est que pour Marine Le Pen, les réformations, c'est-à-dire les factures pour des raisons diverses que la commission ne prend pas, c'était 870 mille euros. – C'est 8% et demi de son budget de campagne. – Voilà, c'est déjà beaucoup plus que Mélenchon.
Et pour Fillon, pour Hamon, pour Macron, Macron je crois que c'était 120 mille euros au départ de réformations. Donc je voudrais qu'on reste sur ce point là: pourquoi considérer finalement, la commission vérifiant la sincérité du compte, que vous faites si j'ose dire, deux poids-deux mesures dans la nature des réformations ? – Alors, le fait que la commission des comptes de campagne ait pris un certain nombre de décisions ne présage en rien de la sincérité du compte.
Puisque derrière nous avons interrogé François Logerot, nous lui avons dit: mais il semblerait qu'il y ait eu quelques alertes, notamment sur le compte de Jean-Luc Mélenchon, en tout cas pour ce que nous en savons sur le compte de Jean-Luc Mélenchon, sur l'éventuelle légalité de certains montages. Est ce que dans l'état actuel des choses vous avez signalé à la justice, ou instruit un certain nombre de choses là dessus ? La réponse de François Logerot a été celle ci: "Non, dans un premier temps nous avons validé les factures que nous estimions devoir valider.
À partir de maintenant, dans une deuxième phase, à partir de maintenant c'est actuellement, nous verrons si éventuellement nous devons faire des signalements à la justice ou à l'administration fiscale." Non mais vous voyez c'est très important sur la méthode. – Ah ce que je vois, cher Sylvain Tronchet, je vois surtout comme vous bottez en touche.
Ce que dit la commission c'est qu'elle approuve, elle ne dit pas valider, elle approuve les comptes. – Non elle approuve des factures. – Elle approuve les comptes, c'est-à-dire qu'à un moment donné elle considère effectivement, contrairement à ce qui s'est passé pour monsieur Sarkozy, elle n'a pas approuvé les comptes de monsieur Sarkozy, elle les a en quelque sorte rejetés, refusés, c'est pour ça qu'il n'a pas été remboursé, Elle approuve les comptes en la matière.
Ça n'est pas parce qu'effectivement ces comptes, on va dire validés ou approuvés peu importe, le sont, que pour autant il n'y aura pas matière à saisir l'administration sociale. Imaginez que, vous candidat vous avez payé des salaires et vous avez oublié de payer des charges sociales, la commission valide les comptes mais néanmoins, elle se sent obligée de signaler à la sécurité sociale que vous n'avez pas payé les charges. Elle peut le faire aussi à l'administration fiscale si vous n'avez pas payé la tva.
Donc je sais très bien qu’il y a toujours la possibilité pour la commission d'aller voir les différentes administrations y compris le parquet. Mais ça vous pouvez le dire de tous les candidats, tous les candidats ont eu des factures réformées, et que lorsque je lis: “Les étranges factures de monsieur Mélenchon”, je pourrais dire ça de n'importe quel autre candidat. Après nous allons parler de: en quoi pour vous elles sont étranges ?
Mais sur le statut qu'elles ont, elles ne sont pas plus étranges que celles de n'importe qui. – Juste un mot sur François Logerot qui semble avoir été votre source, et votre, comment dire, informateur principal en matière de procédure et en matière… – Vous ne lui faites pas confiance ? – Ça n'est pas une question de confiance, il s'agit toujours de savoir d'où les gens parlent.
La commission nationale des comptes de campagne est une institution extrêmement contestée depuis de nombreuses années en France, et pas uniquement par un rapporteur qui aurait été pris d'un coup de folie ou que sais-je...
Des associations comme Transparency International dénoncent depuis de nombreuses années les manquements de cette commission. Vous l'avez évoqué, cette commission des comptes de campagne, c'est la commission qui n'a pas vu l’affaire Bygmalion. Elle a certes refusé le compte de campagne de Nicolas Sarkozy mais pour 400 mille euros.
Vous l'avez rappelé vous même il a probablement dépensé 20-25 millions de plus. Voilà la réalité du travail de cette commission. Voilà aujourd'hui…. – Et c'est quand même elle qui pour l'instant statue.
Donc jusqu'à nouvel ordre nous sommes bien obligés de partir, plutôt que des constatations de Radio France, des constatations de cette commission. – La critique d'une institution est permise lorsqu'il existe des vrais doutes sur l'utilisation de l'argent public. Elle est permise.
Par ailleurs, je rappelle que... – Et pour tous les candidats pas seulement pour Mélenchon ! – Mais bien entendu ! – Mais là on était en train de parler du statut des factures réformées – Oui en fait vous vous asseyez sur le fait que la commission a une parole d'évangile. – Non ! – C'est-à-dire que le travail qu'elle fait, ce qu'elle dit, sont des choses absolument incontestables et qu'on ne pourrait critiquer quelque part.
Je rappelle qu'il y a un certain nombre de raisons qui existent, et ça n'est pas la parole d'un journaliste de Radio France, encore une fois, il y a de nombreux hommes politiques, enfin nombreux, hélas non, pas si nombreux que ça, mais quelques hommes politiques et qui sont des gens parfaitement honnêtes, intègres, il y a des associations comme Anticorps, Transparency International, qui à de nombreuses raisons ont pointé les manquements et les défaillances de cette commission... – Vous êtes formidable !
C'est-à-dire que quand la commission retoque, réforme des factures de Mélenchon, là elle a raison, mais par contre quand elle approuve l'ensemble de son compte, vous me rappelez que ce n'est pas une administration absolument insoupçonnable. – Ça n'est pas ce que je disais non. – Je suis en train juste de vous dire et on va passer au point suivant... – Je me base sur les faits... – Non non non – Lorsqu'elle lorsqu'elle retoque, un certain nombre de factures, face à ces factures nous mettons des chiffres. – On ne va pas y arriver. – Face à ces chiffres nous mettons des éléments factuels. – D'accord. – Et ce n'est pas parce que la commission le fait que nous en faisons un sujet d' enquête. – D'accord.
Très bien ! – C’est pour d’autres raisons... – Avant de passer au second sujet, je vais redonner, juste parce que j'aime bien moi les chiffres que, j'oserais dire, vous n'avez pas eu le temps ou peut-être le goût de donner.
Sur les dépenses des différents candidats, on rembourse une partie des factures et pas la totalité des factures, ça va de soi. Juste pour la petite histoire ou la mémoire, Emmanuel Macron s'est vu rembourser 10 millions 600 mille euros, à peu près ce que Marine Le Pen s'est vu rembourser – Le maximum. – Le maximum voilà, Benoît Hamon 8 millions et Jean-Luc Mélenchon 6 millions.
Et en effet, on découvre que François Fillon n'a eu que 2 millions de remboursement parce qu'une grande partie de l'argent venait de son parti ou de la primaire qui avait été organisée. Mais gardons en tête là aussi, c'est que si, comme pour les plus grands dépensiers, sur le podium en général on fait monter trois candidats Mélenchon ne monte pas, sur le podium de ce qui se sont faits le plus rembourser on trouve: Macron, Le Pen, Hamon, et pas Mélenchon. C'est juste une remarque, on en fait ce qu'on veut, mais c'est intéressant après tout... – C'est intéressant.
On peut aussi noter que deux candidats ont fait deux tours. – Absolument. [Musique] Il y a deux candidats et deux seuls où figure le mot irrégularité: – Emmanuel Macron et François Fillon. – Emmanuel Macron et François Fillon, voilà.
Vous me permettrez quand même de vous dire que c'est très différent, et d'expliquer aux gens qui nous regardent: c'est très différent une réformation, c'est-à-dire une facture dont la commission dit: “Je ne veux pas la prendre en compte dans les dépenses” et une irrégularité. On va prendre par exemple les irrégularités qui sont soulignées chez monsieur Macron. Qu'est-ce qu’il y a comme irrégularités?
Il y a au départ quelque chose comme 80 mille et quelques euros de dons qui semblent avoir dépassé la limite légale. C'est-à-dire un donateur qui au lieu de faire un chèque en a fait plusieurs et que si on additionne les différents chèques, ça fait effectivement trop par rapport à ce qui est légal. Ça c'est quelque chose qui peut même invalider le compte si la somme est importante.
Dans le cas de monsieur Macron la commission a considéré deux choses. D’une part qu'il fallait qu'on lui donne des explications et beaucoup de gens ont expliqué, parmi les généreux donateurs, je me suis trompé, ma femme n'a pas fait son chèque, c'est moi qui l'ai fait pour elle, et parfois y avait trois chèques, et bien c'était mon fils...
Et la commission qui est bienveillante avec tout le monde a dit : "Bah écoutez je considère effectivement que ça doit être des erreurs", et elle n'a retenu que 18 mille euros sur les 80 mille euros d'irrégularités, mais ça s'appelle des irrégularités. De même pour monsieur Fillon, je crois que c'étaient des dépenses qu'il n'avait pas comptabilisées et c'étaient des irrégularités. – On lui a réintégré un meeting. – Voilà je crois que c'est quelque chose comme ça, ou un peu plus, bon. – Je sais où est votre question en creux et il nous a été beaucoup reproché d'avoir enquêté sur les comptes de Jean-Luc Mélenchon et de ne pas avoir enquêté sur cette information qui sortait le jour-même que notre enquête, dans le magazine Marianne, en l'occurrence, et de ne pas en avoir fait une enquête.
Alors, en plus de la décision, il faut avoir une explication de texte et cette explication de texte, en fait ça se passe le jour de la conférence de presse de François Logerot, nos confrères de Marianne ont un aparté avec le président de la commission des comptes de campagne, c'est comme ça que ça se passe hein ? – Ok, donc vous ne le saviez pas. – Nous ne le savions pas, et il leur dit ... – Maintenant que vous le savez, vous êtes d'accord que c'est important ? – Mais bien entendu !
Et les quatre donateurs en question, nous allons faire un signalement … – D'accord. – Mais à partir du moment où nos confrères de Marianne ont sorti cette information-là, qu'est-ce qu'on peut ajouter de plus ? Puisque en général ... non mais voilà, c'est la question que je me pose … – Vous voulez que je vous dise ce qu'on peut ajouter de plus ?
C'est que le terme irrégularité qui renvoie à une illégalité que ce soit pour telle ou telle raison, figure dans les comptes de campagne de monsieur Macron et de monsieur Fillon et pas dans les comptes de campagne de tous les autres candidats. Ni monsieur Hamon, ni madame Le Pen, ni monsieur Mélenchon, c'est tout, c'est juste sur le terme d'irrégularité. – Pourquoi cette information fait-elle du sens au delà ?
Cela voudrait dire... – Écoutez, vous qui êtes à la recherche de tout ce qui cloche chez les uns et chez les autres, ça n'est pas rien de remarquer que, puisqu'on parle de monsieur Mélenchon, dans les comptes de monsieur Mélenchon tels que la commission, si faillible, les a analysés, elle n'a pas remarqué d'irrégularités.
Elle a peut-être remarqué plein d'autres choses mais pas ça. – Vous sous-entendez qu'au titre de cette sémantique ... – Je ne permettrais pas de vous dire ce qu’il faut trouver.... – J'aurais dû me concentrer beaucoup plus sur les comptes de campagne d’Emmanuel Macron. – Non pas du tout, faites ce que vous voulez, concentrez-vous sur ce que vous voulez.
Je dis simplement qu'au moment où vous sortez votre enquête, vous m'avez expliquez que vous n'aviez pas cette information, je dis simplement que comme il me semblait utile de dire qui a dépensé le plus, sur quelle durée, toutes ces données là, il y avait celle-là qui pouvait être faite. Si vous me dites que vous ne la connaissiez pas, dont acte là aussi ... – Avez vu un autre média que Marianne, pour le coup, la sortir ce jour là ?
Non. Pourquoi ? Parce que, encore une fois, la veille ou l'avant-veille, je n'ai plus tout à fait la mémoire ou peut-être trois jours avant, il y a cette conférence de presse au cours de laquelle nos confrères de Marianne, et c'est très bien … – Non mais Sylvain Tronchet ... – Il recueille cette indiscrétion de François Logerot, qui pour le coup leur parle un petit peu trop... – Pourquoi indiscrétion ?
C'est ça que je ne comprends pas ... – Parce qu'en fait François Logerot leur a dit quelque chose qu'il n'était pas censé leur dire.
Mais c'est très bien, je veux dire si moi-même j'avais eu... – Je ne comprends pas ce que vous dites, excusez moi.
Vous m'expliquez que vous avez enquêté, que vous avez été extrêmement précis. J'ai sous les yeux, je vais vous les laisser, ce qui est publié au journal officiel du 13 février, une décision du 21 décembre 2017, donc avant… – Est-il écrit dans cette décision qu'ils ont fait un signalement ? – Je ne dis pas qu’ils ont fait , il est marqué ... – Mais c'est ça l'information que sort Marianne !
L'information que sort Marianne c'est: 4 donateurs d'Emmanuel Macron ont été signalés auprès des services fiscaux. – Je lis dans ce texte le mot “irrégularité” que j'ai souligné, irrégularité, irrégularité, irrégularité pour Macron et pour Fillon. Je ne vous dis pas que c'est grave.
Je suis même pour les absoudre parce que c'est une petite irrégularité dans un océan de factures merveilleux. Je dis juste qu’à partir du moment où on s'intéresse à ce qui est légal et à ce qui n'est pas légal, et je vous dis moi que toutes les réformations ne mettent pas en cause, au stade où nous en sommes, la légalité des factures qui ont été transmises. Je vous dis par contre que les irrégularités peuvent mettre en cause la légalité. [Musique] Vous dites que pour tous les autres candidats, leurs collaborateurs étaient directement payés par l'association de financement, chaque candidat a une association de financement, ou bien mis à disposition par un parti politique. – Et remboursé par l'association de financement – et remboursé par l'association de financement.
Jean-Luc Mélenchon a fait un autre choix qui vous intrigue dont je peux parfaitement accepter le terme que vous utilisez : inhabituel. Je me permettrai d'ajouter, mais je suis l'avocat du diable, que sa campagne est inhabituelle. Il fait un autre choix, c'est-à-dire qui prend notamment deux structures extérieures à l'association de financement: une association 1901 qui s'appelle “l'Ère Du Peuple” et une société commerciale qui s'appelle “Médiascope”.
Ma première question, elle est simple parce que moi je suis un légaliste. Est-ce que oui ou non un candidat, s’il le désire, pour des raisons qu'on va essayer de comprendre ensemble, peut prendre des entreprises, prendre des associations, leur demander de s'occuper de toute une partie de la communication ? Est-ce que c'est légal ?
Vous êtes d'accord avec moi que c'est parfaitement légal ? Bon. Jean-Luc Mélenchon explique une chose très simple: il commence sa campagne en février 2016, la campagne officielle électorale commence en avril 2016.
On est donc un an avant la déclaration, par exemple de Benoît Hamon, à ce moment là il ne peut pas avoir une association de financement ? Donc il a effectivement un certain nombre de ses ami.e.s, évidemment de ses ami.e.s, des gens qui vont soutenir sa future campagne, qui ont créé une association.
Et c'est elle, cette association qui prend en charge un certain nombre de dépenses ... – Et qui commence à recevoir des fonds, ce qui est parfaitement légal et plutôt classique. – Voilà.
Sauf que, donc la question c'est au moment où commence officiellement la campagne en avril, pourquoi est-ce qu'il ne dissout pas son association pour faire tout payer par l'association de financement. Je vais vous répondre très simplement parce qu'il a créé une structure qui a l'air de plutôt bien fonctionné où les gens sont déjà en place et il souhaite, puisque c'est parfaitement légal, que ça continue. Là où je trouve toujours intéressant la façon dont cette enquête est menée, c'est que vous dites, ah oui mais le problème c'est que cette association, c'est une association, qui donc a un certain nombre de frais, notamment des salaires, d'accord ?
Il y a des gens que cette association paie. On va prendre deux exemples si vous voulez, parce que ce sont deux député.e.s aujourd'hui de la France Insoumise.
On va prendre l'exemple de Bastien Lachaud et de Mathilde Panot. Ce qui leur est reproché, je dois dire me fascine. J'aimerais que vous m'expliquiez ce qui pour vous est en question.
Ce sont des gens qui travaillent donc dans une association, une association qui, sur leur salaire, paie des charges sociales, une association qui paie un loyer, qui paie l'électricité, qui a tout ce qu'on appelle des frais fixes et qui ensuite va facturer la communication ou d'autres manifestations qu'elle organise à l'association de financement. Lorsque l'on facture une prestation, par exemple de communication ou que sais-je, sur quoi on se base, dans n'importe quel type de structure et y compris dans une campagne électorale ? On se base sur la valeur de la prestation.
C'est-à-dire qu'on considère par exemple ce qu’il y a en matière de communication, on regarde ce qui se passe chez monsieur Macron, chez monsieur Fillon: on s'aperçoit qu'ils payent une certaine somme pour ce travail-là. Ils payent par exemple 100 mille euros pour ce travail-là. L'association elle, elle s'est basée sur ... qu'est-ce que ça veut dire un prix de marché ?
Elle a pris plutôt les fourchettes basses, elle s'est dit attention, si je ne facture pas à l'association de financement le juste prix, on peut me reprocher comme dans l'affaire Bygmalion, de vendre à perte des services et de dissimuler à la commission… Le vrai problème c'est celui la sous-facturation, c'est ça l'affaire Bygmalion, en partie, en grande partie : la sous-facturation ? Donc leur préoccupation était de mettre le prix qui leur semblait juste. J'aimerais que vous m'expliquiez pourquoi la prestation, c'est-à-dire la valorisation du travail d'un employé, notamment la valorisation d'un travail intellectuel, ne pouvait pas être facturé un prix supérieur à ce qu'avait coûté le salaire.
Je prends un dernier exemple: Alexis Corbière dont on va parler tout à l'heure, a inventé le Phi, le fameux Phi de la campagne. Si Havas avait inventé Phi, vous croyez qu'il ne l'aurait pas facturé ? – Ça aurait coûté très cher certainement. – Mais des sommes énormes – Ok.
C'est quoi Havas ? – C'est une entreprise commerciale. – Qui a combien d'années d'existence ? – Des siècles peut-être… Beaucoup ! – Combien de salariés ? – Allez-y ... – Quelle expertise, quel ... ?
Voilà ! – Une entreprise formidable mais dont l'intuition que j'ai, c’est qu’elle n’aurait pas travaillé pour la campagne de Jean-Luc Mélenchon. – C'est fort probable mais… – Peut-être dites-vous quelque chose de plus convaincant que fort probable, c'est quand même évident. – Oui, mais en l'occurrence ce n'est pas le débat. – Alors que voulez vous sur Havas ? – Parce que justement vous faites le lien, vous faites la comparaison entre Havas et l'Ère du peuple. – Je ne fais pas de comparaison, je considère que l'Ère du peuple est 100 fois supérieur à Havas, si vous me demandez mon avis personnel. – Mais qu'est-ce que l'Ère du peuple ? – Une association 1901 – C'est une association loi 1901 créée, et d'ailleurs ce n'est pas moi qui le dit, c'est l'environnement de Jean-Luc Mélenchon, créée dans le but de pouvoir recueillir des dons, et éventuellement même commencer à employer des personnes avant le début de la campagne.
Alors déjà ... – Rappelons que c'est légal ! – Bien entendu ! – D'accord. – Mais bien entendu !
Déjà dans un premier temps, je note que les contrats de travail de Bastien Lachaud et Mathilde Panot débutent en réalité un mois, un mois, pas des mois avant, un mois avant le début de la période où ils auraient pu être employés directement par l'association de financement de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Non mais ... – Sylvain est-ce que vous me permettez juste de vous dire que vous n'êtes pas le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon à l'époque et que lui peut choisir les structures dont il considère qu'elles l'aident au mieux ... – Bien entendu, – Si c'est légal, donc qu'est-ce que vous voulez dire par un mois avant ?
S’il veut faire autrement que monsieur Macron, il a le droit ? – Ah mais il a tout à fait le droit. La question est permise de se demander, de savoir si l'argent que le contribuable a dépensé dans cette affaire était de l'argent, comment dire, légitimement dépensé.
Je vais aller jusqu'au bout ... – Mais est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous dites là ?
C'est le cas pour tout le monde de savoir si c'est légitime ou pas. – Gérard Miller, laissez-moi terminer, vous parler énormément pour un interviewer, permettez à l'interviewé d'avoir au moins le même temps de parole que vous. Quel était le rôle de Bastien Lachaud et de Mathilde Panot ?
Quel était l'intitulé de leur poste que vous avez donné ? – Responsable du projet de communication pour Bastien Lachaud et Chef de projet pour Mathilde Panot. – En fait Bastien Lachaud et Mathilde Panot étaient coordonnateurs de campagne.
Voilà quel était leur job. Des Bastien Lachaud et des Mathilde Panot, chez Havas par exemple, vous n'en avez pas. – Ça c'est vrai. – Havas n'a pas de coordonnateurs de campagne.
Non mais, je reviens sur ... – Vous avez quoi ?
Des communicants ? Vous voulez qu'on mette le terme “communiquant” ? – Mais, c’est autre chose… Donc déjà ça, ça appelle une remarque.
Lorsque vous dites, reprenons par là des choses que j'ai beaucoup entendues ces derniers temps, on s'est basé sur le prix du marché: quel est prix du marché d'un coordonnateur de campagne ? Dites-moi où est le prix du marché d'un coordonnateur de campagne ? – Vous voulez que je vous dise combien les gens étaient payés chez Emmanuel Macron ou François Fillon ?
On a des repères. C'est un métier, la communication, qui crée un certain nombre de données, minimum et maximum oui, je pense qu'il y a des idées. Lorsque Havas vient donner par exemple un conseil, intervenir sur la campagne, je ne sais pas si Havas… , il est probable qu'il soit intervenu, mais imaginons, que Havas intervienne sur la campagne de François Fillon, qu'est-ce qu'elle fait ?
Elle met à disposition ses moyens, ses consultants qui ont le recul, l'expérience de campagnes faites à l'étranger, des graphistes que sais-je, des gens… – Non mais...
Et l'Ère du peuple n’avait pas… ? – l'Ère du peuple n'existe pas un mois avant...
Et alors, vous ne croyez pas que tous ces gens-là, Mathilde Panot, Bastien Lachaud, Alexis Corbière que tous ces gens là ont une expertise, un savoir, une expérience, – Mais bien sûr, mais bien entendu ! – Qui mérite autant que les gens de chez Havas ? – Mais bien sûr que si ! – Autant et même peut-être plus ? – Mais bien sûr que si !
Mais en quoi cette expérience est-elle intrinsèquement fondue dans l'Ère du peuple ? – Mais attendez, permettez aux candidats... – Alors que tous les autres candidats précisément emploient ce genre de responsables de campagne directement via leur association de campagne ?
En quoi l'Ère du peuple... ? – Mais ils font ce qu’ils veulent ! – En quoi le fait de mettre l'Ère du peuple, en haut de leur contrat de travail, justifie une sur-commission telle qu'on a pu l'observer ? – Mais pourquoi sur-commission ? – Bah 29 mille euros de salaires facturés 129 mille. – Pourquoi voulez-vous ?
Vous voyez quand même ce que vous dites... – Vous êtes en train de m’expliquer que l'Ère du peuple génère une valeur ajoutée mais quelque chose qui génère une valeur ajoutée Gérard Miller, c'est quelque chose qui existe.
L'Ère du peuple n'existe pas un mois avant la campagne. – Ce qui génère une valeur ajoutée, c'est le lieu dans lequel vous travaillez. Voyez par exemple ici dans Le Média, je considère qu’il y a une synergie et qu’il y a une valeur ajoutée par le fait que nous sommes tous ensemble avec des dépenses qui sont les nôtres. – Oui. – Mais chacun nous apporte aussi une valeur ajoutée ! – Mais où travaillaient Bastien Lachaud et Mathilde Panot ? – Mais il avait des locaux !
C’est ça que vous n’avez pas... – Mais non, ils ne travaillaient pas à l'Ère du peuple, ils travaillaient, ils travaillaient au siège de campagne de Jean-Luc Mélenchon. – Bon.
Je ne vais pas reprendre le détail, du fait que dans le siège de campagne il y avait plusieurs étages et donc... – Tout à fait !
Et que l'Ère du peuple était au 6ème étage et que les siège... – Ne me dites pas qu'il n’y avait pas de locaux.
Moi je veux rester sur un point précis… Si vous me faites l’éloge d’Havas, de son expérience… – Non non, ne dites pas cela. Ne dites pas cela. – De son expérience, bah les gens… – Je dis qu'on peut parfaitement économiquement montrer quelle est la valeur ajoutée d'une société comme Havas mais ça peut s'appliquer à plein d'autres sociétés qui ont, encore une fois: des années d'expérience, une structure et des frais fixes. – Je ne doute pas que les frais fixes soient beaucoup plus élevés chez Havas que dans l'Ère du peuple mais ce que je trouve formidable, c'est que vous savez bien que cette campagne de Mélenchon a eu quand même quelques succès, quelques échos.
Elle a été faite donc par ces gens dont nous parlons et vous voulez arriver absolument à l'idée que cette association n'avait pas son utilité sa fonction ou en tout cas qu'elle avait une fonction clandestine, mystérieuse. Bon. On peut peut-être compléter ce qu'on vienne dire par des considérations sur la deuxième société que vous avez mis en cause.
Cette fois est une société commerciale: Médiascop, elle gère une partie importante de la communication dont on a pu remarquer là encore qu'elle était plutôt réussie, donc je suppose qu'il y a une valorisation aussi de cette société. Sur grosso modo 1 million cent mille euros à peu près de factures de cette société qui a géré beaucoup beaucoup de choses, il y a combien de réformations ? – 34 000, 40 000, c’est ça ? – 34 000 sur 1 million, seulement.
Qu'est-ce qui vous a, à ce point, intrigué dans Médiascop pour que vous l’épingliez ? Est-ce que vous considérez que Jean-Luc Mélenchon ne pouvait pas passer par la société de son choix pour faire, comme il est passé par l'association l'Ère du peuple, il ne pouvait pas passer par la société de son choix ? – Il peut tout à fait !
Totalement ! Notre objet, c'est de savoir si l'argent qu'a dépensé le contribuable dans cette affaire, l’a été légitimement. Vous avez l'air dubitatif... – Non je trouve que dès le moment où vous dites ça, c'est que vous vous présentez déjà comme un chevalier blanc, très bien, il y a une commission qui est supposée avoir ce rôle et je trouve un peu désagréable. – Je vous trouve bien respectueux vis-à-vis des institutions ... – Non mais parce que je n'ai pas d'autre moyen de savoir ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas.
Prenez le cas d'Alexis Corbière. Alexis Corbière, il est épinglé ici ou là, pas seulement d'ailleurs par vous, je le reconnais, par exemple par un article tout à fait problématique du parisien, il est épinglé parce qu'il était porte parole, notamment porte-parole de Mélenchon, et y compris le Canard enchaîné que j'aime bien lire comme j'aime bien écouter France Info et France Inter, le Canard enchaîné dit: “Ah nous ne savions pas que lorsque Corbière venait parler à la télévision, il était payé par le contribuable”, hein, le fameux contribuable qui paye des choses en trop. Vous êtes d'accord avec moi au moins pour dire que dans toute campagne en règle générale les porte-paroles sont payé.e.s ? – Est-ce que nous avons écrit cela ? – Non non non. – Nous n'avons pas écrit cela, vous me l'accordez. – Je vous l’accorde. – Vous m'accordez que ce à quoi vous faites référence sont des choses qui ont été écrites par d'autres médias. – Je parle, oui... mais sur lequel vous pouvez ... – Je pense que pour le téléspectateur c'est une notion très importante. – Tout à fait, mais autorisez-moi à partir de plus loin c'est-à-dire à faire remarquer à ceux/celles qui nous écoutent et à ceux qui ont feint de découvrir qu'un porte-parole pouvait être payé que grosso modo comme porte parole, il touchait 1500 euros nets.
D'accord ? Bon. Juste pour qu'on sache, monsieur Benjamin Griveaux, on le sait grâce aux “Macron leaks”, touchait 6 000 euros et madame Laurence Haïm, dont je ne sous-estime pas les qualités, touchait 6 000 euros.
Bon, 1 500 euros pour monsieur Corbère, c'était respectable surtout que pendant tout un temps il a fait les choses gratuitement, faut le rappeler. Il était prof, donc il était militant, et à partir du mois d'octobre il a été du coup à plein temps dans la campagne d'octobre 2007 et il a été à ce moment-là salarié pour un temps. Là-dessus il y a une question que vous soulevez qui est une question, on va dire plus morale que légale, mais je vais toujours d'abord poser la question légale: est-ce que oui ou non un candidat peut payer des auto-entrepreneurs ?
Oui ou non légalement ? – On mélange un peu tout mais oui… – Non non non, je ne mélange rien. – Oui bien sûr il peut payer des auto-entrepreneurs. – D’accord.
C’est juste pour le plaisir de temps en temps de vous entendre dire oui à des phrases que je prononce. Donc la deuxième question c'est, quand vous êtes mélenchonien.ne.s, quand vous êtes insoumis.es est-ce que, vous qui dénoncez le statut de l'ubérisation, est-ce que c'est légitime que monsieur Corbière ait un statut d'auto-entrepreneur ?
Sauf que lui, lorsqu'il a commencé à être payé dans la campagne, il ne savait pas si ça allait durer deux mois ou quatre mois, parce que éventuellement Mélenchon pouvait arrêter du jour au lendemain. C'était quelque chose qui permet aussi de moduler le nombre d'heures qu'il faisait, c'était pas son boulot, il allait redevenir prof. Là maintenant il est député, donc il trouve un peu dur effectivement que ce statut qui est un statut transitoire dans une campagne transitoire et qui concernait non pas, j'allais dire n'importe quel type de citoyen, mais des fonctionnaires notamment qui pendant un temps se mettaient en disponibilité, en tout cas c'est son cas à lui, il se met en disponibilité, et pendant ce temps-là, la structure la plus simple c'est celle-là, ce qui ne veut pas dire qu'il approuve la structure.
Est-ce que je peux vous demander qu'est-ce que vous trouvez de problématiques dans le statut en question ? pas la somme d'argent je pense ? Donc c'est quoi ce qui est problématique puisque vous le soulignez dans votre texte ? – Je constate juste que pour le coup l'équipe de Jean-Luc Mélenchon a jugé que la souplesse que lui offrait le statut d'auto-entrepreneur... – Dans le cadre d’une campagne électorale. – Probablement, également le faible niveau de cotisations sociales que présentait ce système et les économies que ça générait, dans le cadre d'une campagne où il fallait probablement compter les sous, j'en suis tout à fait conscient, pour le coup leur semblait bien pratique.
Ce point là, je le dis, était un point que nous avions repéré depuis longtemps, nous savions quelles étaient les auto-entreprises qui avait travaillé pour la campagne de Jean-Luc Mélenchon et si nous n'avions eu que cela, je ne pense pas que nous aurions sorti une enquête. C'était un point supplémentaire ... – D’accord. – que nous avions repéré dans le cadre de cette enquête, d'ailleurs nous n'avons pas ni titré dessus… Dans les versions radio par exemple, où nous avons été obligés de condenser, évidemment ce que nous disions, nous ne parlions pas en général de ce statut d'auto-entrepreneur.
Voilà. Nous parlions de la problématique des factures qui nous semblait être majeure et centrale. [Musique] Cette histoire, je ne sais pas si elle aurait eu lieu s'il n'y avait pas eu un personnage Que je ne connaissais pas avant qui s'appelle Jean-Guy de Chalvron, qui était un des rapporteurs des comptes de campagne de Mélenchon.
Jean-Guy de Chalvron à un moment donné, vous dites a claqué la porte et s'est répandu dans la presse notamment chez vous, vous allez nous en parler, pour dire: “Tout ça ne va pas”, à vrai dire tout ça ne va pas seulement pour Mélenchon, tout ça ne va pas pour la commission ! Bon. Et donc je me suis renseigné sur qui était ce monsieur de Chalvron.
Ça m'a intéressé parce que je me suis aperçu que depuis que la commission fonctionne comme elle fonctionne c’est-à-dire depuis trois élections, c'est la seule fois, première fois que quelqu'un démissionne ! Ce qui m'a intrigué, c'est que monsieur de Chalvron et ça ne remet pas en cause son honorabilité, est un ancien directeur de cabinet socialiste. J'ai appris, je ne sais pas si vous le savez et peu importe, qu’on lui a proposé à un moment donné de s'occuper des élections départementales, il a dit “ah non pas pour moi je ne veux que la présidentielle”, bon. c'est peut-être un hasard ?
Il ne tombe pas du ciel, il vient du socialisme, il vient d'un socialisme qui a pu peut-être vouloir régler son compte à Mélenchon ? Est-ce que ça c'est complètement exclure que ce soit un règlement de compte politique ? – D'abord une remarque, puisque vous semblez montrer que quelque part c'était une espèce d'agent double qui se serait introduit et qui visait particulièrement le compte de Jean-Luc Mélenchon.
S'il est possible, moi je n'en sais rien, qu'il ait refusé les départementales ne cherchant à se consacrer qu'aux comptes de l'élection présidentielle, en revanche vous savez une chose aussi c'est qu’il n’a pas choisi le compte de Jean-Luc Mélenchon il lui a été donné. – Tout à fait. – Et ça c'est un fait qui n'est pas contesté, donc il arrive par hasard sur le compte sur le compte de Jean-Luc Mélenchon. – C'est un haut fonctionnaire extrêmement brillant, je pense qu'on a peut-être eu l'idée de ne pas lui donner monsieur Asselineau ou monsieur Poutou, peut-être.
Enfin peu importe. – Eu égard à ses états de service, c'est un haut fonctionnaire du niveau habituel de ceux qui contrôlent les comptes de campagnes. Donc je ne dis pas ça pour le dévaloriser mais il est au niveau habituel. – D’accord. – Vous le présenter comme un ancien directeur de cabinet de Louis Mexandeau lorsqu'il était ministre des anciens combattants, quelque chose comme ça, ce qui est une réalité. – Il n'est pas sans rapport avec les socialistes, mais peu importe. – Oui enfin, je ne cherche pas le dédouaner non mais regardez qui il était.
Nous on a vu aussi, avant tout, pour la plus longue partie de sa carrière, c'est un inspecteur général de l'administration. Et qui à notre connaissance, mais peut-être n'avons nous pas été suffisamment vigilants, fouineurs, voilà, mais a eu une carrière sans accroc particulier dans l'inspection générale de l'administration qui sont des postes un peu sensibles parfois – D’accord. – parce qu'on est amené à enquêter sur des affaires précisément qui concernent l'administration qui sont des affaires parfois complexes qui touchent à des sujets un peu sensibles politiquement parfois etc, à notre connaissance, sa carrière n'a pas été marquée d'accrocs particuliers.
Voilà. Ensuite, à savoir s’il aurait fait ce qu'il a fait pour des raisons politiques, moi personnellement et pour l'avoir rencontré effectivement, et l'avoir rencontré à plusieurs reprises parce que nous avons bien pris soin aussi d'évaluer précisément ce qu'il avait à nous dire, les raisons pour lesquelles il nous le disait etc., j'ai trouvé quelqu'un qui était à mon sens, pour faire court, beaucoup plus préoccupé par un système qui semblait défaillant selon lui, que par la problématique intuitu personae des comptes de Jean-Luc Mélenchon. – Ah très bien ! – Nous l'avons interviewé longuement, longuement, et nous avons plus parlé avec lui des dysfonctionnements de la commission des comptes de campagne que de la problématique des comptes de Jean-Luc Mélenchon. [Musique] Voilà !
C'est donc sur l'évocation de l'étrange monsieur de Chalvron dont je continue de penser qu'il avait dans son viseur Jean-Luc Mélenchon ce qui expliquerait en tout cas pourquoi les grands médias ont eu tous pour lui les yeux de Chimène, c'est donc sur l'évocation de monsieur de Chalvron que s'est terminé l'entretien que j'ai eu avec Sylvain Tronchet. Je lui suis bien sûr reconnaissant d'avoir accepté de venir sur le plateau du Média prouvant ainsi qu'on peut mener des débats à la fois contradictoires et courtois mais j'avoue qu'à plusieurs reprises, les bras m'en sont tombés. Pourquoi par exemple était-il si difficile pour lui d'admettre sans biaiser sans chercher à noyer le poisson que les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon avait été approuvés par la commission nationale des comptes ?
Certes dans un deuxième temps, la commission peut parfaitement saisir telle ou telle administration fiscale par exemple pour lui soumettre une question sur laquelle elle n'avait pas compétence mais on peut dire ça de tous les candidats et ça ne pouvait pas masquer le point essentiel: les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon avait bel et bien été approuvés par la commission. De même, pourquoi était-il si difficile pour Sylvain Tronchet d'admettre que les comptes de campagne de tous les candidats sans exception avaient été approuvés par la commission avec des factures réformées et que le compte de Mélenchon sur ce point n'avait aucune raison d'être singularisé et stigmatisé. Je vais prendre un dernier exemple de ce que je ne me permettrais pas d'appeler de la désinformation mais qui tout de même me reste un peu en travers de la gorge.
Pourquoi est-ce qu'il était si difficile d'admettre que seulement dans les comptes de Macron et de Fillon avaient été repérées par la commission des irrégularités. Ce n'est pas une question de sémantique, c'est comme ça que c'est nommé par la commission: des irrégularités chez Macron et chez Fillon et pas chez Mélenchon, etc etc. Bref !
Je pense que Le Média a bien fait en tout cas de ne pas se précipiter le jour même de la sortie de l'enquête de Radio France qu’il a bien fait de prendre le temps et j'espère que l’heure passée avec Sylvain Tronchet où il a pu très largement exprimer son point de vue, nous expliquer comment il a procédé, où j'ai pu moi même dire un point de vue qui n'était pas toujours en harmonie avec le sien, j'espère que cette façon de faire était plutôt convaincante. En tout cas je vous le confirme, c'est parce que nous pensons que le Média est un espace de liberté ouvert à la contradiction, ouvert à l'information que nous continuerons de procéder ainsi. Je vous donne rendez vous pour un autre Sujets qui fâchent.
À très bientôt. [Musique]