Je n'épouserai pas mon ordinateur - Penser la pensée artificielle
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Applaudissements] Alors évidemment, mes premiers mots seront pour remercier toute l'équipe qui rend possible ce type de réunion à la cadence que certains d'entre vous ont peut-être pu apprécier. C'est un très intense travail qui se mène en même temps côté euh programme, côté pensée politique générale avant le programme et côté formation. Donc d'abord merci à cette équipe et puis ensuite à vous toutes et vous tous qui acceptez de vous compromettre en participant des réunions avec le diable et ses complices parce que nous sommes tous conscients des inconvénients qu'une telle fréquentation vous inflige et comme nous ne vivons plus dans une société très tolérante, ça mérite d'être salué.
Alors moi, je suis très heureux d'avoir plutôt l'introduction que la conclusion. Parce que la vérité c'est que je suis comme beaucoup d'entre nous encore dans la situation de gens qui sont en recherche. Euh je n'ai pas tranché définitivement si j'étais dans ce sujet technophile ou technophobe.
Par culture et par habitude, je suis plutôt confiant et je ne crois pas que quelle que soit la révolution que paraît-il cette nouvelle procédure va introduire, on changera l'être humain au-delà de ce qu'il a pu changer lui-même avec la révolution industrielle. À la fin, il s'agit quand même toujours des mêmes choses. Aimer, être aimé, se loger, vêtir, se nourrir et quelques autres activités qui sont simplement réinterprétées par les outils que nous utilisons.
J'en dis un mot dans un instant. La démarche qui est la nôtre, en tout cas la mienne, est à la fois intellectuelle, c'est le biais de l'institut la Boesséie et politique. À la fin, il s'agit de traduire tout ça en mesure concrètes et en se préparant à ce que le moment venu, un gouvernement insoumis va trouver une société dans laquelle l'intelligence artificielle jouera un rôle dans des dizaines de process, d'interprétation et de lien social.
Dès lors, la politique étant un art de réalisation, il s'agit de se préparer aussi sérieusement que possible à imaginer ce qu'il y aura lieu de faire. Arnaud Legal, quand ce sera son tour, vous dira sans doute, j'espère parce que moi, je m'en suis débarrassé tout à l'heure avec lui dans la salle en dessous. les propositions qui sont celles de l'avenir en commun, le programme tel qu'il est aujourd'hui.
J'évoquerai d'autres aspects de programmatique, mais à la fin, il s'agit d'un programme et à la fin, il s'agit de le mettre en œuvre. Donc euh ne perdons, euh nous ne le perdrons jamais de vue. Maintenant, pour vous, vous n'y êtes nullement obligé.
Il y a le pur plaisir intellectuel de comprendre son époque. Et comme tout le monde le sait, comprendre et apprendre est un plaisir inépuisable de tous les âges de la vie. Alors bon, l'intelligence artificielle, si l'on en croit la rumeur, est changé est censé changer absolument tout.
Comment peut-on introduire un débat sur absolument tout ? Ça me paraît impossible. Donc je crois que il est plus sage de vouloir éclairer quelques aspects tels qu'on peut les imaginer dans le moment en se référant à beaucoup d'entre vous qui êtes dans cette salle qui avaient été des auteurs, des penseurs de ce sujet.
Alors, vous reconnaîtrez au passage votre œuvre ou ce qu'il en reste après que je sois passé dans le moulin de mon propre esprit. Euh bon, apprendre est un mécanisme simple, savoir est en rapport plus critique, hein. Voilà ce qui m'a amené d'abord à aller sur peut-être une pente qui m'est plus familière puisqu'il paraît que tout va changer.
J'ai dit un mot il y a un instant de ce que je ne crois pas et puis je peux dire ce que je crois. Oui, sans doute beaucoup de choses vont changer dans la manière d'être un être humain comme chaque fois que de nouveaux outils sont déployés. Mais d'abord, on pourra tous noter le caractère présomptueux qu'il y a à parler d'intelligence artificielle quand la plupart d'entre nous n'ont qu'une idée très approximative de ce que peut être l'intelligence elle-même.
Alors bon, ce qu'on peut dire, c'est que comme d'habitude, l'outil modifiera la main et le cerveau qui l'utilise. Dès lors, c'est plus confortable de se dire qu'après tout, on a juste affaire à un mécanisme d'automatisation de circuit habituel de l'acte de pensée qui ont été identifiés et traduit en automatis. Voilà, ni plus ni moins, c'est déjà pas mal mais ça va nous amener à en tracer la limite.
Bien sûr, Marx dit que sans les mots et bien la pensée est une bouillie informelle. J'en suis pas absolument sûr parce que avec la musique, elle n'est plus une bouillie informelle avec le dessin de même. Mais pour penser, si on a besoin des mots et dès lors qu'on a les mots, on a la syntaxe, la grammaire et la pensée toute entière est investie dans une structure qui la préconditionne.
Pour autant, on ne peut pas penser sans contenu et sans savoir prérequis. C'est d'ailleurs pourquoi on passe en bonne partie de notre vie à s'éduquer. Des fois ça continue jusqu'au bout mais enfin dès le début ça commence comme ça.
Et donc l'éducation la l'usage de l'intelligence artificielle ne diminuera jamais la nécessité de l'intelligence individuelle, c'est-à-dire des prérequis. Comme il y a des prérequis pour écrire une lettre, il faut déjà savoir quoi dire et avoir une idée sur le sujet. De même, pour manier l'intelligence artificielle, il faudra savoir quelle question lui poser, ce qui n'est jamais un acte gratuit. et nécessite en savoir et des prérequis de toutes sortes.
Dès lors, nous n'aurons pas besoin d'être moins intelligents pour manier l'intelligence artificielle et peut-être même faudra-t-il l'être davantage. En tout cas, euh puisque l'auteur qui m'en a donné l'idée devant moi, j'ai dit je promis de pas citer, faut pas mettre les gens mal à l'aise de de que ça se sache, que je les lis intensément. Euh l'auteur donc aborde philosophiquement une question qui de cette a déjà été posée.
Platon proteste contre l'écriture. Alors on peut penser que c'était assez récent pour que ça continue à les faroucher. Il disait mais tout ça est lamentable ça va nous dispenser de d'utiliser notre mémoire et par conséquent ça va diminuer nos capacités cognitives.
Bon, on a bien vu qu'il n'en était rien. Mais ce qui est sûr, comme j'ai dit tout à l'heure, c'est que l'outil va modifier l'usage de celui qui s'en sert. Et donc, nous devrons nous rappeler que d'ors et déjà, nous ne sommes bien sûr, nous sommes toujours plus que les outils que nous manionnons mais jamais totalement moins et en tout cas jamais totalement extérieur à eux.
Dans ces conditions, on peut penser que qu'il s'agisse du manimement, de l'outil ou des pratiques sociales ou plus exactement pour employer le bon mot, des pratiques de sociabilité qui ont à voir avec l'intelligence artificielle, il n'y aura pas de modification mais nous serons quand même transformés dans notre manière d'être. Si on veut avoir une idée sur le sujet un peu grossière, mais comme elle m'amuse, je vous la livre. Nous sommes tous maintenant les des personnes qui participons une société de flux.
Et bien le flux est plus qu'un écoulement. C'est une culture collective. Si nous allons quelque part et qu'il y a des gens qui font la file, nous faisons la file spontanément.
C'est-à-dire que dans notre propre culture individuelle, nous pensons que les flux seront plus rapides si nous y participons d'une manière active plutôt que d'une manière passive. Alors, nous aurons à nous interroger bien sûr sur les usages que les dominations font de l'intelligence artificielle. Vont-ils s'en servir pour surveiller tout le monde ou pour régler les problèmes ou répondre aux besoins sociaux euh que la les individus vont manifester ?
Vont-ils surveiller les malpensants davantage ou bien apporter euh des réponses sur les diagnostics médicaux que les comportements individuels font apparaître. Et puis aussi, nous aurons à nous interroger sur les dépendances parce que personne n'imaginait que l'une des conséquences les plus extraordinaires de l'usage des smartphones aura été que il y a des stratégies de captation de l'attention qui font que du coup sommes dans des addictions que certains peuvent considérer comme morbides pour l'esprit ou bien qui nous fécondent d'une manière pour l'instant encore imprévue que nous ne connaissons pas totalement. Donc la nature des usages et la nature des dépendances, l'une et l'autre devront être médité.
Ce sont des problèmes politique. Mais qu'est-ce qui n'est pas politique dans l'intelligence artificielle ? En tout cas, l'intelligence artificielle n'a pas de sens en dehors du contexte qui lui permet d'exister, c'est-à-dire le contexte de la numérisation absolue de toute l'activité humaine.
Je pense que c'est un des paramètres du monde contemporain peut-être le moins pensé parce que en tout cas ceux qui partent d'analyse économique et d'analyse de classe de la société souvent on distingué à tant que la mondialisation était un processus de division internationale du travail mais on y assimilait la globalisation qui est pourtant un autre processus qui est celui qui rend le premier possible l'atomisation de la production à l'échelle de la planète n'est possible que parce qu'il y a un liant permanent ant et ce liant est la globalisation numérique dès l'ors. Il ne faut jamais perdre de vue que dans ces conditions, la circulation est la base sur laquelle quelque intelligence que ce soit peut se développer. Et à ce moment-là, nous pouvons dire en nous rappelant que l'intelligence artificielle repose entièrement sur des structures matérielles.
Ce n'est pas un être extérieur à la réalité matérielle. Au bout du compte, l'intelligence artificielle, c'est le cloud, c'est des data center, c'est des millions de kilomètres de câbles de satellite et d'interconnexion matérielle qui donc pose les problèmes de toutes les relations matérielles à l'intérieur de la société et notamment celle de la propriété. Et dès lors, nous voyons mieux pourquoi la propriété privée de la numérisation des données humaines est en obscurantisme parce que elle en interromp la circulation et la communication mutuelle.
Alors que la science avait pour base que l'on partageait toujours tout ce que l'on savait pour que cela puisse être mis en question par le suivant qui réfléchirait plus intensément. Un phénomène donc nouveau, on peut inventer un mot, je vous le propose, il est dans dans mon liv fait mieux. C'est l'idée qu'il existe dorénavant une structure matérielle, l'anosphère.
La noosphère est une invention d'un chimiste soviétique Varnskyki qui est l'inventeur du concept de biosphère. Alors et puisque tout être tout être vivant échange chimiquement, alors il y a une biosphère et l'anosphère et bien c'est le contenu de l'ensemble de ce qui est numérisé. Il y en a une version mystique, elle est chez Tayard de Chardin le Jésuite, mais c'est pas à celle-là que je me réfère puisque là, il s'agit de quelque chose de matériel et c'est cette capacité à ce que tout ce qui est humain a été numérisé.
Tout le passé l'a été, le présent actuellement en permanence par les capteurs qui sont sur nous. Et dès lors que et le passé et le présent sont en structure numérique, exactement comme la grammaire organise les mots, cette organisation du passé et du présent numérisé préfigure des futurs et en limite le nombre. Cette idée va évidemment permettre de comprendre qu'il y aurait des règles à propos de cette atmosphère et immédiatement une interrogation.
Pourquoi la totalité des savoirs qui ont été numérisés appartiendrait de manière privée à quelques-uns ? Est-ce que toute l'histoire de l'humanité pourrait devenir la propriété privée de quelques personnes qui dès lors en interromperit la circulation avec le monde contemporain aussi longtemps qu'on aurait pas payé ? Ça m'amène à l'idée suivante.
Après avoir évoqué cette NOSPhère comme un bien commun qui distingue les applications qui entrent dans la NOSPhère ou qui font fonctionner la NOSPhère de la possession des données qu'elle contient, ça m'amène évidemment à la question plus large de l'intervention de l'intelligence artificielle dans le rapport particulier d'une société capitaliste qui a évolué, qui a changé et qui du capitalisme d'abord monopolistique d'État puis financier transnational est devenu, si je reprends la nomenclature de Cédric Duran, un technooféodalisme ou un capitalisme tributaire, c'est-à-dire qui ne performe pas par les prouesses techniques qu'il est capable d'accomplir, par les inventions magnifiques qu'il est capable de déployer, mais par une situation de captation de la rente et d'imposition obligatoire de ce paiement. Alors si on fait le total, le total de tout ce qui est contenu dans la noosphère c'est 100000 fois la distance de la Terre à la Lune remplie de livrant. Ça donne une idée.
Ça fait mieux que comment on appelle ça ? 1000 tetra ou z octé aucune idée ce que ça pouvait être ou 120000 milliards de gigas octé. Je sais pas ça vous dit quelque chose à vous.
Alors les gens qui travaillent avec moi m'ont dit "Ah ben ça fait 24000 milliards de livres". Bon, 24000 milliards de livres mais euh qui sont stockés dans des conditions telles qu'il est facile d'accaparer et de posséder tous les circuits par lesquels ça passe. Et ils sont peu nombreux.
Ce sont des câbles par lesquels transitent 97 % de ces savoirs accumulés. Ces câbles appartiennent à peu de monde, encore moins de monde, c'est les poser et encore moins de monde, c'est les surveiller. Et puis c'est des lieux de stockage, il y en a 4000 dans le monde.
C'est très facile de les posséder. très facile de les monopoliser, très facile de les détruire, enfin moins compliqué qu'il y paraît d'abord. Et donc, on voit que tout cela dépend de rapports sociaux particuliers.
L'intelligence artificielle ne flotte pas euh dans dans le vide. Et donc ce nouveau capitalisme peut faire de l'intelligence artificielle un de ces outils essentiels de captation d'un tribu. Quoi que vous fassiez, vous serez obligé d'en passer par elle et elle choisira les vecteurs par lesquels passeront les savoirs et se réaliseront les commandes qui sont passées.
C'est donc un pouvoir politique et économique gigantesque qui peut être concentré et paralyser l'humanité elle-même aussi longtemps qu'on en ferait pas une propriété collective. Dès lors, on aura à se demander si cette comment on libérera l'intelligence artificielle de l'emprisonnement dans lesquels en toute hypothèse elle se trouve enfermée aujourd'hui par un type de rapport sociaux. On ne pourra pas libérer l'intelligence artificielle sans libérer la société elle-même des mêmes chaînes et des mêmes pouvoirs.
Donc toute la question du pouvoir de l'intelligence artificielle sur les processabilité repose la question politique du pouvoir politique de qui l'exerce et au nom de qui et dans quel intérêt ce pouvoir politique peut se déployer. C'est pas une plaisanterie parce que 10 des plus grosses capitalisations du monde sont des big tech. Et parmi les six premières, cinq cinq sont des des bigch nord-américaines.
Apple impose 15 à 30 % sur tous les produits qu'elle vend dans l'Apple Store. Amazon qui contrôle 40 % du commerce en ligne de 8 à 15 % de tout ce qui s'échange par elle. Et au total, les G femmes contrôlent 60 % des datas center géants, c'est-à-dire qu'il contrôle tout.
Ce dont nous parlons à propos d'intelligence artificielle, c'est de l'ensemble de ce réseau. Cette intelligence ne peut pas fonctionner sans que les réseaux fonctionnent et que la pile des savoirs soit accessible à elle. Elle n'existe pas avec son propre stockage.
Elle n'existe que dans le cadre d'un stockage général réalisant les conditions que je viens de dire. Je laisse tomber donc la réponse à ça pour le programme l'avenir en commun. Cependant, je dirai deux choses.
Premièrement, notre intérêt et la vision qu'on peut en avoir est qu'il nous faut humaniser l'espace numérique. L'espace numérique comme la mer et comme l'espace sont les trois nouvelles frontières du développement de l'humanité, de son déploiement. Et l'espace numérique n'est pas conçu comme une entité spécifique dans la pensée des politiques d'habitude.
Elle est pensée comme une technique, un moyen, mais jamais comme un espace à l'intérieur duquel se réalise la vie la vie humaine et son existence elle-même. Dès lors, humaniser, il n'y a qu'une manière d'humaniser quel que réalité que ce soit, c'est d'y mettre de la loi, c'est-à-dire de la délibération collective, de la volonté en commun et donc de la volonté discutée. Il nous faut y mettre de la loi à l'échelle à laquelle la question se pose, c'est-à-dire l'échelle du monde.
Plus que jamais nous avons besoin d'Organisation des Nations-Unies, plus que jamais nous avons besoin de droit international, plus que jamais nous avons besoin d'intervention et de préservation du cadre mondial. Car sinon, nous abandonnons la civilisation humaine au rapport de force, comme on dit, au double standard. Mais tout le monde a bien compris aujourd'hui que le double standard égale pas de standard du tout, c'est-à-dire la loi du plus fort.
Il en va de même sur cette question essentielle de la transition de la civilisation humaine. Alors, ça veut dire que nous en avons besoin et c'est à échelle de l'ONU que nous avons par exemple besoin d'une agence, par exemple besoin de de loi, par exemple besoin pourquoi pas de capacité de stockage et d'institution international rendant libre la capacité d'accès au stockage qui est réalisé et sinon le faire soi-même. Je l'ai résumé parce que j'ai pensé qu'il serait insupportable de lire toute la liste, mais je la mettrai dans la petite note que je vais écrire.
Maintenant, je termine par la note de de d'optimisme. Alors, tout dépend mais pour ma part, je suis collectiviste. C'est-à-dire je ne crois pas que la propriété privée et le marché est davantage que une aire d'expansion, comment dire, de nécessité, finalement pas si étendu que ça de nos jours.
Et donc je me dis, j'ai bien vu l'échec des précédentes expériences collectivistes. Une d'entre elles était que pour faire de la planification, qui n'est pas du tout une invention communiste, c'est une invention d'Hford. Bon et de tous les pays qui se sont mis à produire parce que la logique de la production capitaliste ou de la production industrielle, c'est la division du travail à l'intérieur de l'usine, à l'intérieur du monde et cetera et cetera.
Et dès lors que vous divisez, bah faut prévoir. Je résume évidemment à l'essentiel, mais c'est comme ça. Alors, les précédentes expériences dans ce genre ont donné lieu à la formation de bureaucratie concurrente les unes avec les autres et qui avait pour commun soustraire en permanence à l'arbitrage collectif.
Si bien que il était très difficile d'arriver à positionner l'autogestion ou la décision individuelle par rapport à la nécessité collective, tout simplement parce que les outils n'en existient pas. Mais l'intelligence artificielle et la capacité de connecter les décisions entre elles, oui, nous ouvre cette possibilité. Et donc, on peut là, je vais quand même le citer pour me mettre précautionneusement à l'abri d'un autre que moi-même et dans plus d'en plus grand.
Euh Cédric Duran termine le bouquin qu'il a édité, que je vous recommande d'acheter euh au à l'Institut Labo ici en disant bah finalement tout ça peut être un outil extraordinaire pour un collectivisme qui ne soit pas une bureaucratie et une lutte entre bureaucrates pour s'accaparer le pouvoir le pouvoir d'être subventionné, le pouvoir d'exister et justifier son existence. cette capacité de connexion, d'autres penseurs du socialisme l'avaient imaginé il y a bien longtemps et peut-être peut-être je le je le lance pour votre réflexion peut-être est-ce le chénon manquant de la transition du capitalisme à une autre société ? Après tout, dans le livre de base, les livres de base, dans le marxisme, il y avait une vision très linéaire du développement historique qui aujourd'hui est remis en cause par le caractère probabiliste du déterminisme.
Mais on imaginait qu'il fallait pour pouvoir passer à une autre société que les bases matérielles en soient réalisées. Mais on a toujours traité la question sous une forme quantitative. les quantités de production, les quantités de machines qu'on mettait en place, la quantité d'individus voués au travail de la classe ouvrière et rarement sous des aspects qualitatifs.
Ça n'est que depuis la fin du 20e siècle qu'on s'est aperçu à quel point les aspects qualitatifs pouvaient transformer absolument toutes les données d'un problème quantitatif. Alors peut-être que le chénon manquant qui rend l'idée d'une société collectiviste libre, démocratique et respectueuse du développement et de la responsabilité individuelle, ce pourrait être l'intelligence artificielle. Alors si vous êtes dans un état entre deux, puisque je l'ai devant moi, c'est trop dur, lisez Anna Lombert parce que son livre ne vous dit pas vraiment ce qu'il faut penser.
Et elle mais en tout cas ça fait réfléchir et ça nous met entre ces deux. Après euh on peut lire la plupart de ceux qui sont à la tribune parce qu'ils ont tous écrit euh quelque chose. En tout cas, je vous remercie tous pour le travail que vous avez accompli qui nous a permis nous de faire mieux que les bavardages habituels euh sur euh l'intelligence artificielle et d'essayer d'y réfléchir dans les conditions qui sont celles qui qui valent pour la pensée politique.
Ça ne vaut que si on cherche à penser la civilisation humaine. Tout autre discours gestionnaire, techno, je ne sais quoi ne servent strictement à rien dans des domaines comme cela. On parle de la manière dont les êtres humains vont vivre entre eux et de quelle manière cette vie commune, cette sociabilité va s'opérer.
La sociabilité est un mot distinct du mot social, précisément parce que c'est le social transformé en être humain. Voilà les propositions que c'est pas des propositions, les les les idées que je vous lance pour vous rendre le travail ensuite encore plus compliqué que celui que vous avez déjà à faire à cette tribune. Merci de votre attention. [Applaudissements]
Jean-Luc Mélenchon