Discours aux armées : "Emmanuel Macron n’est plus audible" estime Vincent Roy
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:14RelanceRéponse partielle
Entre 1945 et 1989, il y a quand même eu énormément d'affrontements.
- 1:21OuverteRéponse partielle
Et là, est-ce que la menace est plus forte aujourd'hui ?
- 1:32FerméeÉludée
Pour vous, il n'est pas trop alarmiste, c'est ma question.
- 2:08OuverteRéponse directe
Paul Menard, comment interprétez-vous ces propos ?
- 3:41RelanceRéponse directe
Mais même en le doublant, on sera encore loin de l'ambition de 3,5% du PIB consacré à la défense
- 4:57OuverteRéponse directe
En gros, est-ce qu'il fait de la politique ? Est-ce qu'il n'a pas fait de la politique dans ce discours désarmé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:05Locuteur non identifiéFait
« Jamais depuis 1945, la liberté n'avait été si menacée. »
- 0:25InvitéFait
« Et jamais à ce point, la paix sur notre continent n'avait dépendu de nos décisions présentes. »
- 3:03PrésentateurFait
« Il n'y a jamais eu autant d'armes en circulation dans le monde. »
- 3:34PrésentateurPromesse
« le budget va être doublé à l'horizon de 2027 »
- 3:50Invité politiqueFait
« Il faut qu'il y ait les 3,5%, mais il faut aussi que les autres s'y mettent. »
- 6:54Invité politiqueFait
« il a pris un amplificateur deux jours avant, si vous voulez, on a tourné les boutons et on a fait parler le général »
- 8:19Locuteur non identifiéFait
« Pour être craint, il faut être puissant. »
- 8:51Invité politiqueFait
« sur la démonétisation de la parole du président, moi, je trouve que c'est quelqu'un qui a trop parlé »
Temps de parole
- Invité politique43 %
- Présentateur36 %
- Locuteur non identifié16 %
- Invité5 %
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On va revenir sur ce message solennel d'Emmanuel Macron à l'occasion de son traditionnel discours aux armées. Jamais depuis 1945, la liberté n'avait été si menacée. D'accord, pas d'accord, je vous poserai la question. Le temps d'écouter le président Emmanuel Macron.
Votre engagement est inestimable. Il l'est d'autant plus que nous vivons un moment de bascule. Nous en apercevons depuis longtemps l'imminence et ces bascules sont aujourd'hui effectives. Et sans doute jamais, depuis 1945, la liberté n'avait été si menacée. Et jamais à ce point, la paix sur notre continent n'avait dépendu de nos décisions présentes. Nous avons une avance, mais demain au même rythme, nous serions dépassés.
Voilà, le ton est solennel, grave, sans roi. Jamais depuis 1945, la liberté n'avait été si menacée. D'accord, pas d'accord ?
Sans doute, peut-être, oui. Il y a beaucoup de conflits et c'est vrai que la multiplication de ces conflits n'est pas rassurante. Le djihadisme débordant, le Moyen-Orient, l'Ukraine, bon, tout ça fait que la situation n'est pas très safe, comme on dit aujourd'hui. Bon, est-ce que la liberté...
Entre 1945 et 1989, il y a quand même eu énormément d'affrontements.
Il y a quand même eu aussi énormément d'affrontements, donc je ne sais pas si...
Et là, est-ce que la menace est plus forte aujourd'hui ? C'est la question que je vous pose.
Il a peut-être des renseignements que nous n'avons pas, ce qui peut-être justifie... Enfin, vous savez, il a toujours...
Pour vous, il n'est pas trop alarmiste, c'est ma question.
Il est toujours un peu... Vous savez, il n'est jamais mieux qu'en chef de guerre. Tout ça est un peu anxiogène. Vous savez, d'abord, c'est son domaine réservé. Là, il se dit à la faveur de mes prises de position sur l'armée. C'est vrai que depuis 2018, il a fait des choses, quand même, pour l'armée. Ça, vraiment, il faut le porter à son crédit, alors que les autres ne faisaient pas grand-chose. Bon, mais il n'est jamais meilleur qu'en chef de guerre. Là, il tient quelque chose. Bon, il se dit, je peux peut-être... La cote de popularité est au plus bas. Je peux peut-être me refaire la fraise. Bon, il y a toujours un côté un peu comme ça chez Emmanuel Macron.
Paul Menard, comment interprétez-vous ces propos ?
Écoutez, sur la liberté, je pense que c'est vraiment intéressant. Entre 1945 et 1989, le monde dit libre a été un modèle pour la planète entière. Et on pensait alors, peut-être se trompait-on, que l'aspiration pour tous les pays du monde, y compris ceux qui vivaient sous des dictatures, etc., c'était de passer à la démocratie. On pensait, vous savez, c'était la thèse un peu universaliste. On imaginait cela. Et aujourd'hui, force est de constater que ces années 2010-2020, elles sont plus noires, elles sont plus sombres. Il y a beaucoup de pays qui n'aspirent pas du tout, finalement, à la démocratie, qui aspirent à l'impérialisme, à l'isolationnisme, à la violence, à la bellicosité.
Regardez l'Iran, regardez l'Iran et ses prétentions nucléaires, regardez la Russie de Poutine et l'Ukraine, regardez la Chine de Xi Jinping. Ça ne me paraît pas être une puissance pacifiste. Par conséquent, le monde entier se réarme. On n'a jamais autant dépensé pour les armes dans tous les pays du monde. Il n'y a jamais eu autant d'armes en circulation dans le monde. Donc oui, nous vivons dans un monde insécurisé et insécurisant. Et la France doit porter sa voix au concert de ces nations, pas seulement avec la diplomatie, pas seulement avec nos valeurs qui sont formidables, nos valeurs humanistes, nos valeurs des lumières, etc.
mais aussi par la force, en montrant que nous pouvons dissuader. Nous avons notre dissuasion nucléaire, nous avons vu ce matin un défilé militaire qui a bien montré nos équipements, nos innovations, y compris sur les drones, y compris sur nos fameux canons César, etc. Donc nous avons ce qu'il faut, il faut plus encore, c'est pour ça que le budget va être doublé à l'horizon de 2027, mais il faut vraiment que nous sortions de la naïveté. Je crois que c'est vraiment ça le message.
Mais même en le doublant, on sera encore loin de l'ambition de 3,5% du PIB consacré à la défense qui est requis par l'OTAN, donc voilà, c'est aussi ça.
Il faut qu'il y ait les 3,5%, mais il faut aussi que les autres s'y mettent. Il faut que tout ça soit cohérent, il ne faut pas qu'on soit les seuls, d'ailleurs ça ne vous aura pas échappé que je crois que c'est la semaine dernière où il y a 15 jours, M. Trump a tiré les oreilles de M. Sanchez, le Premier ministre espagnol, en lui disant qu'il faut faire plus d'efforts. Et puis il faudrait peut-être aussi, nous en parlions hier soir avec Paul, il faudrait peut-être aussi que les Allemands arrêtent d'acheter leurs avions aux Etats-Unis. Ce serait pas mal non plus que tout ça soit cohérent, l'Europe, l'Europe.
Pour revenir au premier sujet, on a aussi peut-être eu bien souvent le défaut de penser que les droits de l'homme étaient pour nous une arme et que cette arme était universelle. On s'est un peu drapés dedans, on a voulu l'exporter partout. Eh bien, force est de constater que ça ne marche pas. Beaucoup de gens n'en veulent pas. Notre modèle est beaucoup moins universel que nous l'avons pensé. On l'a pensé comme universel et on se rend compte qu'il ne l'est pas ou qu'il ne l'est plus.
Et il nous avait mis dans cet état d'esprit le président Emmanuel Macron avec l'intervention du général Burkard, dont la parole est rare quelques jours avant. Voilà, en gros, est-ce qu'il fait de la politique ? Est-ce qu'il n'a pas fait de la politique dans ce discours désarmé ?
Bien sûr qu'il en fait. Et il n'y a pas de honte à faire de la politique. Ce qui est embêtant, c'est de faire de la politique politicienne. D'ailleurs, vous savez, avec les jeux parlementaires aujourd'hui, on a parfois l'impression que, et ça touche tous les bancs de l'hémicycle, de la France insoumise au Rassemblement national en passant par le bloc central, la tentative du coup de com' permanent. Là, c'est le coup de com' permanent. C'est-à-dire, on va mettre en place un ballon d'essai, une mesure, et on va faire de la communication, on va faire de la mousse avec. Et ça, c'est sûr que ça, c'est de la politique politicienne.
Après, la politique, c'était le discours du président hier soir, c'est de dire, en fait, voilà où en est le monde, voilà comment moi, pour qui vous avez voté à deux reprises, j'envisage la place de la France dans ce monde-là. Ça, à la rigueur, on peut ne pas être d'accord avec lui, mais en tout cas, il a raison de le faire. Il est dans son rôle.
Et puis, de toute façon, une fois encore, Paul a raison. Vous ne pouvez faire que de la com' actuellement. la Vème République, elle ne peut fonctionner qu'avec une majorité. Sinon, elle brique. Là, vous n'avez pas de majorité, vous ne pouvez pas faire grand-chose, effectivement, de la parlotte.
Oui, mais pour vous, il excelle dans ce domaine-là ? Ou pas ?
Est-ce qu'il est encore audible ?
Parce que ça fait plusieurs fois qu'il appuie sur la case d'Angers, menace, quelque chose qu'il aime.
Oui, mais attendez, attendez, qu'il agite quand même régulièrement. Souvenez-vous, au moment du... Il ne faut pas démonétiser soi-même ça.
Alors que la question, c'est, à force de tirer sur cette corde-là, est-ce qu'il est encore audible par les Français dans le contexte qu'on connaît aujourd'hui ?
Je vais vous dire, non seulement il n'est plus audible ou pas très audible, et je pense même qu'il en a conscience. Pourquoi je vous dis cela ? Parce qu'il nous a teasé le discours qu'il a fait grâce au général. Quand est-ce que vous avez vu un général s'exprimer ? C'est quand même très très rare. Alors, on a entendu le général de Gaulle, c'est le 18 juin. On a entendu le maréchal Pétain, souvenez-vous. Et puis là, voici que un général prend la parole. Et prend la parole dans un timing extrêmement précis. Moi, je me suis dit, évidemment, je trouvais ça très suspect, que le chef d'état-major s'exprime et nous dise tous les dangers.
Je me suis dit, bon, évidemment, il tise le président de la République.
Oui, mais c'était faire un point sur toutes les menaces, voilà.
Oui, mais ça veut dire aussi que le président de la République, pour asseoir sa parole, pour que cette fois-là, elle porte, il a pris un amplificateur deux jours avant, si vous voulez, on a tourné les boutons et on a fait parler le général. C'est très rare. Moi, j'ai trouvé ça très suspect. Je me suis dit, mais qu'est-ce qu'on est en train de me vendre là ? Eh bien, voilà, ça y est, je sais, avec le président de la République,
ce qu'on m'a vendu. Sur la démonétisation de la parole publique et politique, c'est un phénomène qui, là aussi, touche beaucoup de nos démocraties occidentales. Vous avez peu de dirigeants qui, à l'issue de leur mandat, voire à l'issue de leur deuxième mandat, quand ils ont la chance d'être élus comme Emmanuel Macron, ne finissent pas essorés. Regardez au Royaume-Uni l'impopularité des premiers ministres, les uns après les autres, de Johnstone, de Lee Strasse, de Richie Sunak et désormais de Keir Starmer. Regardez Friedrich Merz en Allemagne, il a été élu, c'était une victoire à la pyrusse. Donald Trump, sa popularité l'a décroché depuis qu'il a été élu.
Donc, c'est très difficile aujourd'hui. La parole politique, elle est de plus en plus démonétisée. Il y a de plus en plus de défiance. Il y a de plus en plus une montée des courants, on les appelle comme on veut, populistes, nationalistes, que sais-je, mais en tout cas, de partis dits antisystèmes qui contestent les élites dans la façon dont elles ont été construites. Donc, c'est de plus en plus difficile de finir, après 8 ans de pouvoir, avec une forte cote de popularité ou une capacité à être entendue. Surtout après des crises, effectivement. Vous parliez du Covid, il y a eu le Covid.
Il dit, pour être craint, il faut être puissant. Alors ça, par contre, oui, c'est vrai.
Ça, c'est très juste. C'est très juste. Il ne parle évidemment pas de lui, il parle de la France. C'est-à-dire que la France ne serait pas la France sans la grandeur, nous disait le général de Gaulle. C'est exactement cette idée-là. Si nous voulons dissuader nos ennemis de nous attaquer, on a intérêt à montrer qu'on a ce qu'il faut sur terre, sur mer et dans les airs. Parce que sinon, on va nous prendre pour des guignols. Ça, c'est la règle de base en diplomatie. C'est-à-dire que deux diplomates ne peuvent pas parler de façon équivalente si derrière, ils n'ont pas le même arsenal nucléaire ou militaire.
Il demeure que sur la démonétisation de la parole du président, moi, je trouve que c'est quelqu'un qui a trop parlé. Alors, il a fait des erreurs, mais a trop parlé, on fait des erreurs, si vous voulez. C'est presque... Voilà. Il parle trop. Je crois que c'est Moran qui dit ça quelque part. Le silence est aristocratique. Et le bavardage, ça ne vaut pas grand-chose. Mais je pense qu'il faut se réserver. Je vous retrouverai la phrase exacte.
On va continuer à bavarder et à décrypter l'actualité. Parce qu'effectivement, ce budget de la défense, un plus 6 milliards et demi d'euros en deux ans, c'est un casse-tête supplémentaire pour qui ? Pour François Béroux ! Demain, il doit annoncer les grandes orientations de son budget. Il a la pression, François Béroux. A tout de suite.
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