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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 22 décembre 2025 20 min

Municipales à Paris : "Le rassemblement se fait avant le premier tour, il ne se fait pas dans l'entre-deux-tours", déclare Sylvain Maillard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Sylvain Maillard, pas de budget donc avant la fin de l'année, il va falloir repasser comme l'année dernière par une loi spéciale, est-ce que c'est l'échec de la méthode Lecornu ?

0:21
Sylvain Maillard

D'abord vous avez tout à fait raison, il nous faut faire en sorte de pouvoir prélever les impôts et être capable de payer les dépenses courantes, donc c'est important qu'on ait cette loi spéciale, ce sera demain en commission et en hémicycle à l'Assemblée Nationale. Moi ce que je vois c'est que par rapport à l'année dernière dans une situation qui est quand même compliquée, nous avons un budget de la sécurité sociale.

0:42
Présentateur

Grâce au compromis ?

0:43
Sylvain Maillard

Grâce au compromis, très honnêtement vous m'auriez posé la question un mois, un mois et demi, il y a de ça un mois, un mois et demi, j'aurais été très sceptique, donc c'est un vrai succès de Sébastien Lecornu, soyons très clairs.

0:55
Invité

Est-ce que vous ne minimisez pas la situation ? Est-ce que vous ne banalisez pas finalement la loi spéciale en disant cela ?

1:00
Sylvain Maillard

Non mais je sais d'où nous venons, au mois de septembre-octobre, rappelez-vous, François Bayrou s'en va, nous sommes dans une situation où nous n'avons aucune majorité, plutôt des groupes qui ne se parlent pas et on arrive à avoir un budget de la sécurité sociale, qui est quand même le gros du budget, c'est quand même la sécurité sociale, nous l'avons, et à côté de ça nous avons des lois spéciales, j'aurais voulu qu'on puisse avoir une commission mixte paritaire conclusive et qu'on puisse voter demain un budget.

1:25
Présentateur

Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné alors ?

1:27
Sylvain Maillard

Bah écoutez, moi j'ai le sentiment que, sans pointer du doigt, mais enfin quand même on a des sénateurs, et typiquement les sénateurs LR, qui refusent le compromis, en tout cas une partie du compromis. Peut-être qu'ils ont moins l'habitude, comme deux que nous, d'être en permanence dans une assemblée où il n'y a pas de majorité, donc nous sommes obligés de composer du compromis, sinon nous n'avançons pas. Je crois qu'au Sénat, ils ont l'habitude d'avoir des majorités et qu'à un moment, quand un texte ne leur va pas, ils ne le votent pas. Nous, à l'Assemblée nationale, ça a changé, maintenant on est obligés de construire du compromis et c'est ce qu'on choisit les Français.

2:05
Invité

La faute des sénateurs LR, vous dites, vous y voyez la patte de Bruno Retailleau ?

2:08
Sylvain Maillard

Je n'y vois la patte de personne en particulier, je pense que c'est un contexte, vous savez quand vous êtes majoritaire depuis très longtemps dans votre assemblée, vous avez l'habitude de porter des textes et au fond vous dites, moi ma ligne c'est celle-là et elle restera toujours la même, ça ne marche pas comme ça l'Assemblée nationale. Nous on est contre, à Renaissance, nous sommes contre l'augmentation de tous les impôts, mais malheureusement si on veut un compromis, et ce qu'on a dû faire sur le sujet de la sécurité sociale, il y en a quelques-uns qu'on est obligés d'accepter, tout en affirmant qu'on est contre.

2:37
Invité

Est-ce que ce n'est pas aussi la faute de la majorité de ne pas avoir réussi à construire ce compromis, majorité on pourrait dire toute relative aujourd'hui, mais dont vous faites partie ?

2:46
Sylvain Maillard

Brigitte Boucher, il n'y a pas de majorité. S'il y avait une majorité, je l'ai connue moi la majorité en 2017, je vois ce que c'est que la majorité. On a fait beaucoup de compromis et nous ce qu'on a dit dans cette commission mixte paritaire, nous étions prêts à la voter, cette commission mixte paritaire, c'est-à-dire de trouver un compromis, si les socialistes s'abstenaient. En disant, si les socialistes ne s'abstiennent pas, de toute façon il n'y a aucune chance que ce soit voté mardi en hémicycle.

3:11
Invité

Vous dites que c'est une réussite de la méthode Lecornu, est-ce qu'il n'aurait pas dû utiliser le 49-3 ? Ça fait partie des armes de la constitution et si ça se trouve, ça aurait permis d'avoir un budget avant la fin de l'année ?

3:24
Sylvain Maillard

On ne peut pas lui reprocher, et les mêmes qui lui reprochaient il y a trois mois en disant que c'est un scandale le 49-3 disent maintenant, s'il vous plaît utilisez-le. Donc c'est un peu facile. S'il avait utilisé le 49-3 ou dit, ou ne pas dit qu'il ne l'utiliserait pas, en fait il n'y aurait pas eu cette discussion sur le budget. Honnêtement, ce sera arrêté tout de suite. D'ailleurs, les uns comme les autres, les oppositions comme nous, nous serions partis du fait qu'à la fin, ce sera le texte gouvernemental qui s'imposerait. Comme il n'y avait pas ce 49-3, nous avons tous été contraints, et tant mieux, de discuter, d'être dans l'hémicycle.

Vous avez pu le constater, beaucoup de monde dans l'hémicycle, tard le soir, les week-ends. On a bataillé amendement par amendement. Comme ça, on sait où chacun d'entre nous est. Et on a pu voir à quel point, par exemple, le Rassemblement National qui vote l'augmentation de 34 milliards des impôts. Je crois qu'aussi, ça a été une grande période de clarification politique, et ça c'est grâce au fait qu'il n'y avait pas le 49-3.

4:17
Présentateur

Donc, Sylvain Maillard, vous croyez encore au compromis, vous croyez encore en discussion, aux discussions même à partir de début janvier ?

4:22
Sylvain Maillard

Moi, je pense que si nous n'arrivons pas à trouver un budget après...

4:27
Présentateur

Avant la fin du mois de janvier, comme le dit la ministre des Comptes Publics, Amélie de Montchalin.

4:31
Sylvain Maillard

Vous voyez, en tout cas, au retour de la période de Noël, si on n'arrive pas à trouver le budget, moi ce que j'entends sur les marchés, on fait campagne en ce moment, c'est qu'on va être des députés, ils servent à quoi ? C'est-à-dire qu'on est 577, on est payé par le contribuable pour faire un budget, nous n'arrivons pas à faire un budget. Ça, nous l'entendons tous.

4:51
Présentateur

C'est ce qui est arrivé l'année dernière.

4:53
Sylvain Maillard

Mais nous l'entendons tous, mais ça dégrade incroyablement le rôle du député, du sénateur. C'est-à-dire que vous n'êtes pas capable, vous êtes payé par nos impôts, vous n'êtes pas capable de trouver un budget. Donc nous devons trouver un budget. 149.3 ? Oui, je le crois. Vous ne pensez pas qu'on peut... On a réussi à trouver pour un budget...

5:10
Invité

Il ne faut pas réintroduire le 49.3 pour le budget qui sera discuté en 2026 ?

5:15
Sylvain Maillard

Je crois que c'est très important qu'on ait un budget. Je crois que si nous sommes obligés, si le gouvernement est obligé d'utiliser le 49.3, ça veut dire que l'ensemble des groupes demandent à l'utilisation du 49.3. Donc le PS, vous le ferez si le PS le demande ? Le PS le premier, c'est eux qui ont demandé à ce qu'on l'enlève. Donc je crois que c'est la base.

5:35
Invité

Il paraît qu'ils le demandent en off. Vous l'avez entendu dans les couloirs de l'Assemblée ?

5:40
Sylvain Maillard

Certains en parlent, mais ce n'est pas la même chose d'en parler, de venir à ce micro à 8h30 pour dire que... Moi, la seule chose que je dis, c'est que notre rôle, c'est de trouver un budget. À Renaissance, nous avons fait toujours le temps de la main, toujours pour un compromis, pour trouver des choses, y compris en votant des choses qui sont très contraires à ce à quoi on croit, comme la suspension de la réforme des retraites. Mais qu'à un moment, il faut être raisonnable. Et j'espère qu'à la rentrée, nous pourrons être enfin tous raisonnables pour trouver une majorité.

6:12
Invité

Mais le PS doit aussi être raisonnable ? Parce que là, ils avaient surenchéri en demandant 10 milliards encore supplémentaires. Est-ce que vous dites aussi... Parce que vous avez pointé la faute sur les sénateurs, les républicains. Est-ce qu'il y a aussi une part de responsabilité du côté du Parti Socialiste ?

6:26
Sylvain Maillard

Dans la commission mixte paritaire, elle a commencé avec un texte du Sénat à 5,4% de déficit. C'est ça, le texte du Sénat. Or, nous sommes tous engagés à être en dessous de 5%. Donc, c'est-à-dire qu'il fallait trouver 9 milliards dans cette commission mixte paritaire.

6:42
Invité

Parce qu'ils ont refusé une grande partie des hausses d'impôts qui avaient été votées à l'Assemblée nationale.

6:45
Sylvain Maillard

Exactement. Donc, nous avons dit qu'il faut trouver ces 9 milliards. Et cette discussion s'est arrêtée au bout d'une heure. Et donc, il faudra revenir autour de la table et dire qu'il faut trouver. Je crois que nous sommes tous d'accord pour dire qu'on est en dessous des 5% de déficit. Ce qui est déjà énorme. En dessous des 5%, c'est la trajectoire dans laquelle la France s'est engagée. Et s'est engagée auprès de Bruxelles, mais auprès de nos créanciers. Donc, c'est important de la tenir. Je crois que tout le monde doit peut-être profiter des vacances de Noël pour pouvoir réfléchir à ça. Parce qu'une France sans budget, c'est une France qui n'investit plus.

En tout cas, la puissance publique n'investit plus. Peut-être, on en parlera tout à l'heure, entre autres, sur le militaire. Honnêtement, c'est une catastrophe.

7:26
Présentateur

Alors, Sylvain Maillard, justement, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a réclamé hier le vote d'un budget avant la fin du mois de janvier. Elle y croit et elle assure qu'il y aura quelques hausses d'impôts dans le prochain budget.

7:38
Invité

Il y aura quelques hausses d'impôts. Moi, je souhaite qu'on puisse lutter contre la suroptimisation fiscale, y compris des plus fortunés. Vous voyez bien que ça, c'est quand même des hausses d'impôts. S'il y a des mécanismes à mettre en œuvre pour limiter la suroptimisation, que tout le monde peut accepter.

7:50
Présentateur

Est-ce qu'elle tend la main, une nouvelle fois, au Parti Socialiste, Amélie de Montchalin ?

7:54
Sylvain Maillard

Oui, ça fait partie des revendications du Parti Socialiste. Et c'est exactement le même dispositif dont elle parle que le dispositif à l'heure actuelle. Nous avions voté avec Michel Barnier.

8:02
Présentateur

Ce sera quoi exactement, ces nouvelles hausses ?

8:04
Sylvain Maillard

C'est de faire en sorte que vous aviez que les plus fortunés d'entre nous, c'est-à-dire ceux qui gagnent plus de 250 000 euros par personne, et donc 500 000 euros par foyer fiscaux, ont un minimum d'imposition supérieure à 20%. C'est-à-dire que, quand vous utilisez les différentes niches fiscales courantes, que les uns et les autres peuvent utiliser, vous payez au moins 20% d'impôts qui correspondent à ce qu'il dit.

8:30
Invité

Mais il n'y aura pas d'impôts supplémentaires, à part celui-là ? Ça avait été voté un impôt sur les plus de retour de l'ISF, ça ne suffira pas, ça ?

8:38
Sylvain Maillard

Alors ça, ça a été écarté. Si nous devons trouver les 9 milliards dont je vous parlais tout à l'heure, évidemment, cet impôt ne correspond pas. Il n'y a pas d'impôt magique qui permet de gagner 9 milliards.

8:46
Invité

Donc ça veut dire de nouveaux infos, en plus de celui que vous venez d'évoquer, pour les plus riches.

8:51
Sylvain Maillard

Il y a eu beaucoup de propositions qui ont été faites, entre autres, c'est de faire, de garder le surimpôt...

8:57
Invité

La surtax d'ISF, d'impôt sur les sociétés.

9:00
Sylvain Maillard

Autour de 6 points, comme nous l'avions voté cette année.

9:03
Invité

Qui a été refusé par le Sénat.

9:05
Sylvain Maillard

Exactement, et donc qui rapporte un peu plus de 6 milliards, et donc qui correspond à peu près à ce dont on a besoin. Mais il faudra faire des économies supplémentaires.

9:13
Invité

C'est ce que j'allais vous dire, elles sont où les économies ?

9:17
Sylvain Maillard

C'est ce que nous devions discuter dans cette commission mixte paritaire, nous on fait plusieurs propositions. Alors nous, ce que nous ne voulons pas, c'est des coups de rabot dans tous les ministères, parce qu'on pense que la politique du rabot, c'est ce qu'il y a de pire. Et puis je crois qu'il faut que nous assumions tous, collectivement, que nous baissions la dépense. D'ailleurs, les Français nous le demandent, de baisser la dépense, et de dire sur quelle politique nous baissons la dépense, plutôt que de faire un coup de rabot généralisé. Mais c'est ça dont nous devons discuter, c'est ça dont nous aurions dû discuter dans la commission mixte paritaire.

9:44
Présentateur

Donc pas de budget pour l'instant, Sylvain Maillard, mais on a un nouveau porte-avions qui commence à être construit sur les chantiers navals de Saint-Nazaire, avec un coût estimé à 10 milliards d'euros. On a les moyens ?

9:55
Sylvain Maillard

Alors, nous aurons un porte-avions en 2038, donc on a un petit peu de temps, tout de même. Et c'est important, on a le Charles de Gaulle qui va arriver en fin de carrière, et nous devons garder un porte-avions pour pouvoir nous projeter. Nous sommes une puissance mondiale avec des départements, des territoires partout dans le monde, et nous devons affirmer notre propre puissance. Et donc c'est important d'avoir un porte-avions, et un beau porte-avions qui soit efficace.

Donc oui, ça coûte 10 milliards, on l'a déjà budgété dans la loi de programmation militaire, et c'est surtout un investissement, d'abord nécessaire d'un point de vue militaire, mais c'est un investissement qui va irriguer l'ensemble de nos PME partout sur les territoires. D'ailleurs, la puissance industrielle américaine, elle vient aussi du fait de cette puissance militaire qui permet d'investir en permanence, d'assurer des commandes, et de garantir sur tout le territoire que nos usines, nos industries puissent fonctionner, de garder un savoir-faire, donc oui, c'est une très bonne nouvelle.

10:49
Invité

Sauf que l'ensemble de ces dépenses militaires ne sont pas budgétées. Il y a effectivement une partie qui fait partie de la loi de programmation militaire, mais vous le disiez aussi, l'absence de budget fait que l'ensemble de nos dépenses militaires ne sont pas couvertes. 6,7 milliards qui étaient prévus.

11:01
Sylvain Maillard

Vous avez tout à fait raison. En fait, on a une trajectoire d'augmentation très importante de notre budget militaire, dans lequel s'inscrit le porte-avions nouvelle génération. Mais effectivement, avec une loi spéciale, aucun investissement ne pourra commencer au 1er janvier, parce que nous n'avons pas de budget. Donc c'est important de voter un budget.

11:21
Présentateur

Vous restez avec nous, Sylvain Maillard. Je rappelle que vous êtes député Renaissance de Paris. Il est 8h45 sur France Info. Et tout de suite, c'est le fil Info avec Laura Dullieu.

11:30
Invité

La France va se doter d'un nouveau porte-avions qui succédera au Charles de Gaulle. Emmanuel Macron a officiellement lancé sa construction depuis Abu Dhabi, lors du Noël aux armées françaises. Plus lourd et plus long que le Charles de Gaulle, il pourra embarquer 30 avions de combat. La loi spéciale au programme d'un Conseil des ministres en fin de journée, pour assurer la continuité du fonctionnement de l'État. En l'absence de loi de finances 2026, le texte sera ensuite soumis au vote de l'Assemblée nationale et du Sénat. Plusieurs blocages encore ce matin des agriculteurs, notamment dans le sud-ouest. Mais la mobilisation diminue.

Les autorités recensaient hier soir une vingtaine d'actions en cours en opposition à la politique d'abattage massif des bovins touchés par la dermatose nodulaire contagieuse. Un général de l'armée russe a été tué ce matin à Moscou dans l'explosion d'une voiture. Les autorités russes affirment étudier une piste ukrainienne. Enfin, le club de foot de Bayeux a tiré le gros lot pour les 16e de finale de la Coupe de France de foot. Les Normands affronteront l'Olympique de Marseille. Et autre petit poussé de la compétition, Montreuil, qui accueillera Amiens, club de Ligue 2.

12:38
Présentateur

Et toujours avec Sylvain Maillard, invité du 830 France Info. Je rappelle que vous êtes député Renaissance de Paris. Les barrages d'agriculteurs, il n'y en a presque plus ce matin, concentrés surtout dans le sud-ouest. Vous dites ouf, la crise est passée ?

12:54
Sylvain Maillard

Non, la crise n'est pas passée, mais on imagine bien que, d'abord, ce sont les fêtes de Noël et que nos agriculteurs veulent aussi avoir un temps, et c'est bien important, en famille. C'est une crise que nous ne sous-estimons pas. C'est une crise avec plusieurs facettes. Dans un monde paysan qui est déjà en souffrance pour une grande partie d'entre eux, d'ailleurs, c'est aussi dans le sud-ouest où les revenus agricoles sont les plus bas, et c'est là où la contestation est la plus forte.

On entend ce qu'ils nous disent, on essaye d'y répondre de façon scientifique, en écoutant les scientifiques, et le politique met en application ce que dit la doctrine scientifique, et on entend en même temps la douleur des éleveurs.

C'est toute leur vie, leurs bêtes, c'est toute leur vie, et qu'il faut essayer de trouver une voie de passage pour conserver, évidemment, leurs bêtes, mais en même temps faire en sorte que cette dermatose modulaire, qui est une saloperie tropicale, qu'on sache bien, c'est une nouvelle maladie, une transmission qu'on n'avait pas du tout en Europe, qui est arrivée, et qui est extrêmement contagieuse, et qui fait que si nous, d'abord nous devons vacciner probablement une partie du cheptel, mais ce cheptel que nous vaccinons, ça veut dire tout simplement que la viande n'est plus vendable à l'export, et donc il faut trouver le bon compromis pour garder notre cheptel en France.

14:12
Invité

Donc ça veut dire qu'il ne faut pas de vaccination généralisée à l'ensemble du territoire ?

14:15
Sylvain Maillard

Si nous vaccinons à l'ensemble du territoire, ça veut dire que notre viande, la viande française, ne sera plus exportable.

14:21
Présentateur

C'est pourtant ce que réclame, alors la FNSEA est contre la vaccination générale, mais la coordination rurale et la confédération paysanne qui mène la colère agricole depuis la semaine dernière réclament une vaccination générale.

14:32
Sylvain Maillard

Oui, c'est ça la grande difficulté. J'étais encore il y a deux semaines avec le président de la République en Chine, et les autorités chinoises nous ont bien redit que, évidemment, que si les bêtes étaient, nos animaux, notre agriculture, nos animaux, nos ovins, nos bovins étaient vaccinés, la viande n'était plus vendable en Chine. Mais c'est pareil dans tous les pays. Donc c'est ça, c'est le bon compromis que nous devons trouver. Faire en sorte de protéger notre cheptel, mais en même temps de garder une viande qui puisse être exportable. C'est pour ça que d'ailleurs tous les agriculteurs ne sont pas d'accord, vous l'avez dit, entre les différentes confédérations syndicales.

Nous, c'est la doctrine pour le moment scientifique.

15:11
Présentateur

Mais vous redoutez de nouveaux blocages à la rentrée une fois les fêtes passées ?

15:14
Sylvain Maillard

Bien sûr, le risque est là. Et puis il y a aussi les négociations qui continuent sur le Mercosur.

15:21
Invité

Ça devrait être signé le 12 janvier d'ailleurs au Paraguay. Est-ce que vous pensez pouvoir encore l'éviter ?

15:27
Sylvain Maillard

Moi, je vois le travail qui a été fait par le président de la République à Bruxelles. Il est parti de jour, discuter pied à pied, convaincre aussi l'Italie de bloquer et de faire en sorte qu'on ne puisse pas sacrifier notre agriculture.

15:41
Invité

Sauf que l'Italie a dit qu'in fine, elle signerait cet accord. Ça veut dire qu'elle va nous lâcher d'ici le 12 janvier ?

15:46
Sylvain Maillard

Ça veut tout simplement dire qu'l'Italie dit qu'elle veut signer cet accord. Mais d'ailleurs, nous fondamentalement, moi je suis pour le libre-échange, je suis favorable à un accord, surtout dans un monde qui est aussi difficile que le nôtre à l'heure actuelle.

15:57
Invité

Vous pensez qu'il faut signer le Mercosur en ayant des clauses de sauvegarde et des clauses du miroir ?

16:02
Sylvain Maillard

Oui, mais je pense qu'il faut rentrer vraiment dans le détail. Quand on dit des clauses de sauvegarde, ce n'est pas uniquement de dire qu'on veut de l'importation de bêtes de qualité, c'est-à-dire de les vérifier sur place. Il faut que nous, nous puissions avoir une trace habitée sur place, que la viande éventuelle qui arrivera en Europe, on puisse la contrôler dans les ports brésiliens, avant. Et pas qu'ils prennent le bateau et qu'ils arrivent au Havre et qu'on soit avec, finalement, la viande qu'on importe parce qu'elle est un peu forcée.

16:29
Présentateur

Mais vous y croyez vraiment ? Vous pensez vraiment que c'est possible d'aller contrôler les élevages ?

16:33
Sylvain Maillard

En tout cas, ce qu'on sait, c'est que les pays d'Amérique du Sud veulent absolument signer cet accord et qu'ils entendent nos préoccupations, d'abord pour nos agriculteurs, mais aussi pour tous nos téléspectateurs et auditeurs qui écoutent. C'est-à-dire d'avoir tout simplement de la viande de qualité ou du produit agricole de qualité qui arrive et pas plein de pesticides, plein d'OGM, alors qu'on l'interdit en Europe pour la santé publique. Donc ça, c'est évident, nous devons avoir ces garanties absolues. Et ces garanties absolues, ce n'est pas uniquement signer sur un papier. C'est de vérifier la qualité des produits avant qu'ils prennent le bateau et qu'ils arrivent en Europe.

17:10
Invité

Vous êtes aussi le porte-parole de Rachida Detti pour la campagne des municipales à Paris. Il y a un déjeuner secret qui a été révélé par la tribune dimanche hier à l'invitation du président du Sénat avec tous les responsables de l'ancien socle commun. Est-ce qu'il faut un accord national partout et où on en est ?

17:24
Sylvain Maillard

C'est une bonne question, Rachida Boucher, que vous me posez. Moi, je suis vraiment dans la campagne parisienne. Moi, j'aurais souhaité, évidemment, un accord.

17:31
Invité

Oui, il n'y a pas d'accord, je le précise.

17:32
Sylvain Maillard

J'aurais souhaité un accord. Évidemment, on a des accords dans toutes les villes. C'est vrai que c'est un peu étonnant de ne pas avoir un accord à Paris. Pardon ?

17:38
Présentateur

Vous n'avez pas d'accord dans toutes les villes ? À Nîmes, à Dijon ?

17:41
Sylvain Maillard

Oui, à Nîmes. Pas à Paris ? Vous avez raison. Mais disons que dans l'immense majorité des villes, nous avons trouvé un accord. Et ça paraîtrait assez logique de trouver un accord à Paris. Bon, nous, on fait campagne.

17:51
Invité

C'est-à-dire, vous demandez à Pierre-Yves Bournazel de vous rejoindre ?

17:56
Sylvain Maillard

On a toujours tendu la main en disant, notre opposition, ceux contre qui on se bat, parce qu'on veut changer Paris, tout simplement, c'est le tandem Hidalgo-Emmanuel Grégoire. Tout simplement, on veut autre chose. Il fait 25 ans qu'ils sont au pouvoir à Paris. La ville est sale. La ville n'est pas sécure. Et on voit bien que dans les mobilités, c'est le chaos. Donc, on veut changer avec un déficit abyssal de la mairie.

18:21
Invité

Sauf qu'ils ont réussi cette alliance. David Béliard a rejoint Emmanuel Grégoire. Il y a aussi les communistes. Et dans les sondages, ils vous passent devant. C'est une nécessité aujourd'hui d'une entente entre Pierre-Yves Bournazel et Rachida Détier ?

18:33
Sylvain Maillard

Il y a deux choses. Alors, j'ai changé le mode de scrutin à Paris, il est en Marseille. Donc, on voit bien qu'il y a un besoin aussi de réunir les forces, parce qu'il faut être le plus fort possible au premier tour. Ça, c'est le constat qu'a fait aussi la gauche. Mais c'est aussi, je crois, tout simplement parce qu'ils voient bien qu'ils sont très loin de Rachida Détier, en fait, quand ils sont séparés. Quand on voit les scores que faisait Anne Hidalgo en 2020 et les scores que feraient Emmanuel Grégoire, il y a 8 à 9 points en dessous.

18:58
Invité

Sauf que la dynamique, elle sera de leur côté s'ils sont alliés.

19:00
Sylvain Maillard

C'est pour ça que, pour nous, d'abord, on commence la campagne. Je pense qu'il y a le début de campagne, je crois, qui est vraiment marqué par ce que fait Rachida Détier. Mais nous voulons, évidemment, ne pas virer en tête au premier tour. C'est important. Donc, on va se concentrer dessus. Nous, on demande le rassemblement. La main est tendue, mais le rassemblement, il se fait avant le premier tour. Il ne se fait pas dans l'entre-deux-tours. C'est ce que j'ai rappelé Rachida Détier. Et je crois qu'il y a notre ligne de conduite.

19:26
Présentateur

Merci beaucoup, Sylvain Maillard, d'avoir été l'invité du 8.30 France Info ce matin avec Brigitte Boucher. Sylvain Maillard, je rappelle que vous êtes député Renaissance de Paris. Bonne journée.

19:35
Sylvain Maillard

Bonne journée à vous toutes.