Tribune de militaires dans Valeurs Actuelles, nouveaux variants... Le "8h30 franceinfo" d'Agnès Pannier-Runacher
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Bonjour Agnès Pannier-Runacher. Bonjour Marc Fauvel. Une vingtaine de généraux à la retraite ou radier de l'armée ont lancé mercredi dernier un appel dans les colonnes de Valeurs Actuelles. L'appel à Emmanuel Macron. Il lui demande de défendre les valeurs de la civilisation contre, je cite, la horde des banlieues. Il laisse entendre qu'il existe un risque de guerre civile en France et que des militaires pourraient être tentés de prendre les armes. C'est une menace.
En tout cas, je condamne sans réserve cette tribune d'un carteron de généraux en charentaise qui appelle au soulèvement. 60 ans, jour pour jour, après le putsch des généraux contre le général de Gaulle, tout cela n'est pas gratuit. Et je remarque à quelle vitesse Marine Le Pen s'est joint et a appelé ces généraux à la rejoindre, ces généraux encore une fois qui ne sont pas du tout en exercice. Je trouve que c'est une insulte pour l'armée, pour les valeurs qu'elle porte. Et je veux dire aussi ici que les masques tombent, le vernis craque. Marine Le Pen, c'est l'extrême droite et c'est très exactement le même schéma qu'il y a 60 ans.
Si c'est si grave, pourquoi personne au gouvernement n'a réagi jusqu'à hier soir ?
Écoutez, j'ai réagi. Comme ça, c'est très clair. Et je rappelle que Florence Parly a également pointé l'irresponsabilité de cette tribune et a mis en exergue que cela mettait en évidence à quel point Marine Le Pen connaissait mal les sujets régaliens, puisque l'armée, elle se caractérise par sa neutralité et par le fait que son rôle, c'est de protéger les Français et de protéger la France.
Y compris quand on est à la retraite de l'armée, le devoir de neutralité, il s'applique encore, y compris lorsqu'on a été radié de l'armée.
Vous voyez bien qu'on joue sur l'ambiguïté. Vous vous prévalez d'être de l'armée alors que vous n'en êtes plus.
Oui, mais il touche quand même une retraite. Compte tenu de ce que vous dites, effectivement, le retour des poutchistes en France, est-ce qu'il ne faudrait pas les poursuivre ? Est-ce qu'on peut seulement dire, comme Florence Parly, la ministre des Armées, qu'ils ne représentent plus qu'eux-mêmes ?
Oui, ils ne représentent plus qu'eux-mêmes. Nous sommes quand même dans un pays où l'opinion est libre et elle peut être exprimée librement. Donc attention à ne pas tomber de l'autre côté du cheval. En revanche, il faut ramener ce propos à ce qu'il est, c'est-à-dire une poignée de personnes, dont certains ont été radiés de l'armée pour un comportement qui violait les valeurs et l'exemplarité de l'armée. Moi, je veux dire ici, tout le monde se tient justement au service et à l'armée. Je veux dire, ce sont ces personnes qui sont aujourd'hui sur des théâtres d'opérations extrêmement compliquées pour lutter contre le terrorisme à l'extérieur de la France et qui luttent également en France.
Donc tout cela dessert les valeurs de l'armée.
Quelques jours plus tôt, Agnès Pannier-Runacher, c'est Philippe Devilliers, dans le même magazine Valeurs Actuelles, qui appelait les Français à l'insurrection. Là non plus, aucune réaction. Aucune réaction du gouvernement.
C'était tout aussi nauséabond et tout aussi condamnable.
Le fait que Philippe Devilliers ait affiché une proximité avec Emmanuel Macron au début du quinquennat ne joue absolument pas dans le silence aujourd'hui de la majorité.
Je ne crois pas. Je crois surtout qu'il ne faut pas donner plus d'importance que cela à ce type de saillies qui ne sont pas du tout drôlatiques d'ailleurs. Et il faut simplement condamner sans réserve et passer à autre chose. Je crois que les Français et les Françaises attendent autre chose. et du gouvernement et du personnel politique.
Nous aussi, on va passer à autre chose. Jean-Jérôme Bertolus. Tout autre sujet. Hier, le Premier ministre était à Roissy pour voir si les mesures par rapport aux passagers qui arrivent de pays à risque, comme l'Inde, comme l'Afrique du Sud, étaient bien appliquées. Il s'est montré rassurant, le Premier ministre. On l'écoute. Je constate, et il faut absolument tenir cette ligne, que les variants, notamment brésiliens et sud-africains, non seulement sont très peu nombreux sur le territoire national, mais ont même tendance ces dernières semaines à régresser. Agnès Farnier-Runacher, est-ce que vous prenez suffisamment la menace des nouveaux variants au sérieux ?
En fait, ces variants ne régressent pas dans les tests. Ils augmentent depuis une dizaine de jours. Donc, comment expliquer effectivement que le Premier ministre dit absolument l'inverse ?
D'abord, il faut regarder les chiffres dans le détail, mais je ne vais pas me prêter à cet exercice.
3,8% de tests positifs aux variants il y a dix jours, 4,7% dix jours après. Ils augmentent légèrement.
Ils augmentent légèrement, mais ils sont sous contrôle. Mais au-delà de ça, ce qui est intéressant, c'est les mesures que nous prenons pour freiner l'arrivée des variants. Ces mesures, elles sont extrêmement strictes. Seuls les ressortissants français, leurs familles et les ressortissants européens qui ont leur résidence principale en France. Donc, en fait, c'est une main tendue aux Français qui viennent d'Inde, d'Afrique du Sud et d'autres pays. Et nous jouons notre rôle de pays d'accueil. Mais seulement ceux-là ont le droit d'arriver en France. Ils font un test au départ qui doit être négatif. Ils font un test à l'arrivée qui doit être négatif. Et ils ont dix jours de quarantaine.
Avec la possibilité de sortir deux heures par jour.
Oui, mais dans le respect des gestes barrières.
Avec la possibilité de sortir deux heures par jour. A quel sens ça, une quarantaine ? On n'a pas le droit de sortir.
C'est très exactement ce qu'on a fait pendant le confinement, Marc Fauvel. C'est très exactement ce qu'on a fait. C'est-à-dire qu'on limite au maximum les interactions sociales. Que vous avez le devoir d'être en permanence dans le respect des gestes barrières. Mais que vous avez le droit de vous alimenter. Parce qu'il faut faire vivre votre famille lorsque vous habitez à Paris ou ailleurs. Et que vous rentrez dans votre résidence principale.
Est-ce qu'on est sûr ? Est-ce que vous avez des informations sur l'efficacité des vaccins par rapport à ce variant indien dit double mutant ?
Alors, à ce stade, je n'ai pas d'indication sur l'efficacité des vaccins sur ce double variant. Je rappelle qu'il ne représente que 3% des formes repérées en Inde. Et qu'aujourd'hui, les éléments que nous avons sont sur le variant sud-africain. Où le vaccin, a priori, BioNTech et d'autres ont l'air relativement efficaces. C'est des données qui sont essentiellement in vitro. Donc, il faut voir in vivo. Mais tout cela est suivi de très près. Et par les laboratoires. Et par l'ensemble des équipes de santé publique. Et il va arriver en France, ce variant. Vous êtes d'accord, Agnès Spagnol.
Il a été repéré ce week-end. En Grande-Bretagne. En Allemagne. En Suisse. Dans une vingtaine de pays au total. Donc, il va arriver en France ?
C'est un risque. Puisque le vaccin ne connaît pas de frontières. Le vaccin, le virus ne connaît pas de frontières. Mais nous avons une arme qui s'appelle le vaccin. Nous avons une arme qui s'appelle la capacité à produire des vaccins adaptés à des variants. C'est ce que sont en train de faire les laboratoires qui ont déjà des vaccins qui fonctionnent aujourd'hui. Je pense à Moderna. Je pense à BioNTech Pfizer. Qui, avant l'été, devraient commencer à présenter des résultats sur le variant sud-africain. Pour prendre cet exemple-là. Et qui seront en capacité de le produire dans la foulée. Donc, vous voyez, la lutte continue d'un point de vue technologique. Mais nous ne sommes pas des armées.
Et nous avons pris les mesures pour freiner au maximum l'arrivée de ces variants. Donc, là encore, la meilleure arme que nous avons tous, c'est le respect des gestes barrières. On ne le répétera jamais assez. Le respect des gestes barrières, c'est la meilleure façon d'empêcher le virus de circuler, quel que soit le variant auquel vous faites face.
On va parler dans quelques instants des doutes qui persistent au sujet du vaccin AstraZeneca, Agnès Pannier-Runacher. Mais également de la situation en Inde qui en appelle aujourd'hui à la communauté internationale face à la vague au raz-de-marée que connaît en ce moment le pays. Plus de 2 millions de personnes contaminées en l'espace d'une semaine. C'est 40% du total de la planète désormais qui est détectée en Inde. Le fil info tout d'abord avec Mélanie Delaunay. Il est 8h40.
Devant tous les commissariats de France, des rassemblements cet après-midi à 17h30, trois jours après la mort d'une policière poignardée à Rambouillet par un homme radicalisé. Cérémonie d'hommage également à la même heure sur le parvis de l'hôtel de ville de cette commune des Yvelines. On est sur le pied de guerre pour éviter la saturation du réseau et les cyberattaques assurent sur France Info le principal prestataire d'enseignement en ligne. Collégiens et lycéens reprennent les cours à distance ce matin quand dit que les 6,5 millions d'élèves de primaire retournent en classe. La règle est la même partout. Fermeture de la classe si un seul cas de Covid est détecté.
Un repas et un café en terrasse, lointain souvenir qui redevient réalité dans les trois quarts de l'Italie. Aujourd'hui, les cinémas, théâtres, les salles de concert vont aussi accueillir des spectateurs à moitié de leur capacité. Deux points d'écart seulement entre le trio de tête de Ligue 1 de football. Le LOSC reste leader grâce à sa victoire. Trois buts à deux à Lyon à quatre journées de la fin du championnat.
France Info Le 8.30 France Info Jean-Jérôme Bertolus, Marc Fauvel
350 000 nouveaux cas de contamination en Inde. Le pays est véritablement submergé. Est-ce que la France va aider l'Inde ? Et de quelle manière ? Est-ce qu'on va envoyer des médecins ? Envoyer des vaccins ? Envoyer des unités d'oxygène ?
Nous sommes en relation au travers de notre ambassade en Inde avec les autorités du pays pour répondre très précisément à leur demande d'équipement. Aujourd'hui, il y a une demande d'équipement en oxygénothérapie puisque c'est le principal manque auquel ils font face dans leur établissement de santé. S'agissant des vaccins, je rappelle que l'Inde est un des premiers producteurs mondiaux de vaccins. Donc ils produisent individuellement énormément de vaccins. Ils ont y compris leurs propres vaccins sur lesquels ils n'ont pas fait de demande d'AMM en France.
Donc Agnès Pagnoliniaché, qu'est-ce que vous allez mobiliser ? La sécurité civile pour embarquer des unités d'oxygénisation en Inde ?
Pour le moment, la demande, elle est au niveau des équipements d'oxygène et c'est le ministère de la Santé qui gère ce dossier et qui est en train de recenser très précisément avec d'autres pays de l'Union Européenne. Puisque Ursula von der Leyen a indiqué dimanche qu'elle travaillait à un plan de soutien aux Indiens pour l'Inde. Et de la même manière, le président de la République, l'Elysée, a communiqué sur les soutiens que nous allons apporter.
Mais ça veut dire dès cette semaine en fait ? Parce qu'il y a une urgence là quand même. C'est un pays qui est en perdition.
Tout à fait, il y a une urgence et il s'agit d'envoyer le plus vite possible ce soutien mais qui répond très exactement aux demandes des autorités sanitaires indiennes.
Agnès Pagnoliniaché, vous avez sans doute vu ces derniers jours ces médecins qui se filment parfois en train de jeter des doses d'AstraZeneca qui leur restent en fin de semaine parce qu'elles ne sont plus utilisables et parce que de nombreux patients refusent de se faire administrer ce vaccin. Pourquoi ne pas autoriser tous les Français qui le souhaitent à utiliser ces doses le soir ou le vendredi avant qu'on les mette à la poubelle ?
Je vais d'abord dire que le vaccin AstraZeneca est un vaccin sécure et efficace. Il est sécure et efficace dans des proportions qui sont souvent pas atteintes par des vaccins classiques. Je le redis parce que je crois que ce message doit être très largement diffusé. Moi, je n'aurais pas pris le risque de recommander à mes parents qui ont plus de 75 ans, de recommander à ma fille qui est soignante, de se vacciner à l'AstraZeneca si j'avais eu la moindre perception d'un risque pour eux par rapport aux difficultés qu'ils pouvaient encourir dans l'utilisation de ce vaccin. Ça, c'est un premier point. Le deuxième point, c'est que nous adaptons progressivement notre stratégie vaccinale.
Aujourd'hui, ce qu'on sait, c'est qu'il y a des facteurs pour développer des formes graves, que ces facteurs, ils sont extrêmement liés à l'âge. C'est de très loin le premier facteur de risque de développer une forme grave et que l'enjeu, c'est de faire la vaccination de manière organisée, ce que nous faisons. Et j'observe une chose, c'est que 70% des doses sont effectivement utilisées, c'est-à-dire que nous sommes en train d'augmenter le taux d'utilisation des doses AstraZeneca. Donc, à ce stade, la confiance dans ce vaccin s'est plutôt stabilisée, voire elle a repris.
Il faut passer par les médecins, il faut passer par les pharmaciens, parce que ce sont eux qui ont le conseil qui permet de rassurer les candidats à la vaccination pour leur dire qu'ils ne présentent aucun risque par rapport, ou très peu de risque par rapport à ce vaccin et que le risque de développer une forme grave est bien plus important. Je rappelle qu'on risque plus de faire une thrombose lorsqu'on fait un Paris-Rio que lorsqu'on se fait vacciner.
Oui, on ne le fait pas trop, mais quand vous preniez l'avion Long Courrier, personne ne prenait... Sur un vol transatlantique qu'en se faisant vacciner avec AstraZeneca.
Donc, mettons les choses en perspective et je crois que c'est notre responsabilité à tous de le faire.
Est-ce qu'il ne faut pas ouvrir la vaccination dans ces cas-là, avec ces fonds de flacons aux Français qui ne sont pas éligibles aujourd'hui et dont certains par million veulent se faire vacciner, à tout prix plutôt que de jeter ces doses ?
Vous savez qu'aujourd'hui, on appelle les personnes par ordre d'âge qui se présentent lorsqu'il reste des fonds de flacons.
Il n'y aura pas d'entorse à cette règle ?
Cela est tout à fait possible. Je pense qu'il ne faut pas sous-estimer le pragmatisme des médecins et des pharmaciens et des centres de vaccination. J'étais en visite vendredi dernier dans un centre de vaccination. Je peux vous assurer qu'il n'y avait aucune dose de perdu.
Est-il normal que des personnes qui viennent se faire vacciner pour AstraZeneca annulent leur rendez-vous au dernier moment en attendant un autre vaccin ? Et ces personnes auront-elles droit effectivement à un autre vaccin plus tard ?
Je pense que ce n'est pas un service qu'elles se rendent surtout. Elles se mettent en danger. Si elles sont dans la catégorie des personnes qui doivent se faire vacciner, ça veut dire qu'elles présentent un risque de développer une forme grave plus importante que les gens de 30 ans ou les gens de 20 ans. Si elles ne font pas leur rendez-vous, le risque est qu'elles développent la maladie. Je veux dire, c'est aussi simple que ça. On est toujours dans la recherche du meilleur bénéfice pour les personnes. Moi, je ne leur recommande pas de prendre le risque de développer une forme grave de la maladie.
Mais est-ce que vous n'avez pas quand même, est-ce que vous ne pouvez pas reconnaître ce matin qu'il y a eu des erreurs, je dirais, en termes de communication, au minimum, de la part de l'exécutif sur l'AstraZeneca ? Est-ce que vous n'avez pas suscité un peu les doutes chez les Français ?
Jean-Jérôme Bertolus, je ne suis pas certaine que ce soit le gouvernement qui ait mis un titre en bas des écrans en disant risque de thrombose lié à ce vaccin.
Emmanuel Macron, le premier devant les correspondants étrangers, avait douté de l'efficacité de ce vaccin.
On a l'Agence du médicament européenne. C'est une des agences les plus rigoureuses dans le monde. On lui a d'ailleurs reproché parfois son manque de prise de risque qui a validé ce vaccin. qui établit de manière très nette que les bénéfices de ce vaccin sont incommensurables. Et donc, très simplement, je le dis aux Français aujourd'hui, je le dis à ceux qui nous écoutent, si vous êtes dans la catégorie de ceux qui peuvent se faire vacciner, il n'y a pas d'hésitation à avoir. Parce qu'il y a deux enjeux. Le premier enjeu, c'est de vous protéger vous. Le deuxième enjeu, c'est d'empêcher le virus de circuler.
Mais est-ce que vous êtes d'accord aussi avec le fait de ne pas renouveler le contrat au niveau européen avec AstraZeneca après le 1er juin et le 3er juin ? Non, ce n'est pas après le 1er juin.
Je veux rappeler une chose.
Est-ce que vous êtes d'accord pour attaquer AstraZeneca sur ses dérives en matière de livraison ?
Plusieurs questions. Première question, le contrat que nous avons aujourd'hui avec AstraZeneca, c'est un contrat qui court jusqu'à la fin d'année, voire au-delà 2021. Et il représente 45 millions de doses. 45 millions de doses. Il ne vous aura pas échappé que d'ici la fin de l'été... Ce sont les chiffres pour la France. C'est les chiffres pour la France. Ce n'est pas les chiffres pour l'Europe, c'est les chiffres pour la France. Donc, nous sommes très largement équipés en vaccins AstraZeneca. Les contrats dont nous discutons aujourd'hui, ce sont des contrats pour 2022-2023 qui portent en fait sur des adaptations des vaccins, c'est-à-dire des variants et des rappels.
Aujourd'hui, AstraZeneca n'a pas présenté de dossier pour des variants et des rappels. Donc, 2022-2023, il faut qu'on ait une offre pour pouvoir se dire que ça représente un possible contrat. Dans un monde idéal, vous préférez qu'on continue sans eux ? Là où BioNTech et Moderna ont présenté des dossiers, ils sont en train d'avancer et ils présenteront prochainement des possibilités de vaccins pour des rappels et des variants. Donc, c'est tout simplement la situation. Si AstraZeneca arrive avec un bon dossier de variants ou de rappels ou même de vaccination pour les adolescents, on le regardera. La position de l'Union européenne et de la France a été constante.
Nous cherchons les vaccins les plus sécures et les plus efficaces. Nous regardons toutes les options. Et ma responsabilité est de faire en sorte que les scientifiques aient le maximum d'outils à leur disposition pour protéger la population française et européenne. Et donc, d'avoir toutes les options possibles sur la table, pré-réservées, pré-commandées.
Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'industrie et des vaccins, donc, et des négociations avec les laboratoires pharmaceutiques. Vous êtes notre invité pour quelques minutes encore. On s'interrompt le temps du Filinfo à 8h50 avec Mélanie Delaunay.
Emmanuel Macron dans une école de Melun, en Seine-et-Marne, pour la rentrée des élèves de maternelle et d'élémentaire. Ce matin, 400 000 tests salivaires déployés d'ici la fin de la semaine pour les élèves. Et pour le personnel, des autotests sont distribués. Les courses sont encore à distance cette semaine pour les collégiens et les lycéens. Quelles évolutions pour le télétravail monté en puissance avec ces trois semaines de fermeture des établissements scolaires pour préparer le retour dans les entreprises ? La ministre du Travail, Elisabeth Borne, consulte aujourd'hui syndicats et patronats. Elle demande pour le moment de continuer le télétravail.
Au Mozambique, Total confirme la suspension de son projet de site gazier. Pour cause de forces majeures, tout le personnel a été évacué après l'attaque menée par des groupes armés il y a un mois dans la ville portuaire de Palma. Florian Zeller, Osange, l'auteur français oscarisé à Hollywood pour le scénario de son premier film The Father. Il vaut aussi un Oscar de meilleur acteur à Anthony Hopkins. C'est Nomade Land qui décroche le plus de statuettes. Meilleur film, meilleure réalisatrice pour Chloé Zao et meilleure actrice pour Francese Mark Dorman.
France Info Le 8.30 France Info Jean-Jérôme Bertolus, Marc Fauvel Agnès Pannier-Runacher, les Américains vaccinés pourront voyager en Europe, déclare la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Elle l'a dit hier soir dans un entretien au New York Times. Mais qui pourra voyager parmi les Européens l'été prochain ? Quelles sont les conditions pour pouvoir par exemple monter dans un avion à l'intérieur de l'Union ou pour aller à l'extérieur ?
Alors, à l'intérieur de l'Union, c'est un travail qui est mené en ce moment pour aligner les conditions de voyage. A priori, on est sur un schéma où il faut pouvoir prouver, soit par un test, soit par une sérologie, soit par une vaccination qu'on est apte à voyager, qu'on ne présente pas de risque individuel. S'agissant des Etats-Unis, je vais vous renvoyer vers les autorités américaines, j'ai compris qu'ils avaient indiqué qu'ils envisageaient peut-être de vacciner les touristes, donc j'ai l'impression qu'ils arriveraient sur le sol américain, donc j'ai l'impression qu'ils font preuve d'une certaine ouverture.
Sachant que les vaccins autorisés des deux côtés de l'Atlantique ne sont pas les mêmes, les Américains n'utilisent pas l'AstraZeneca, nous l'utilisons. Est-ce qu'il y aura une harmonisation pour que tous les vaccins soient reconnus ou est-ce qu'on ne le sait pas encore ?
À ce stade, les discussions sont encore en cours, mais je veux rappeler qu'il y a une grande proximité de travail entre les équipes de l'Agence sanitaire américaine, la FDA, et l'équipe européenne de l'Agence du médicament européenne, que chacun reconnaît les compétences de l'autre, et je doute qu'il y ait un dissensus entre l'appréciation médicale de l'efficacité des vaccins.
Sur l'école, c'est la réouverture des écoles aujourd'hui, pour le primaire en présentiel, à distance pour le secondaire. Est-ce que vous ne craignez pas une certaine pagaille, que ce soit avec la fermeture en cascade de classes, avec un protocole sanitaire très strict, ou avec le renouvellement des bugs qu'on a connus sur les classes en ligne ?
Écoutez, moi je suis la mère de deux enfants, dont l'un est au collège et l'autre est en primaire. L'aînée, elle, est en médecine, donc elle n'est pas concernée. Je peux vous dire que c'est un immense soulagement qu'ils reprennent l'école. Ils attendent de reprendre l'école. Pour eux ou pour vous ? Pour eux essentiellement. Pour eux essentiellement. Encore une fois, un enfant a besoin d'avoir des interactions sociales, de voir ses copains, de voir ses copines, de voir ses professeurs. Et on est en train de prendre la mesure que l'école est absolument indispensable à leur équilibre. Et vous le savez, la France a privilégié le fait de maintenir le plus longtemps possible ses écoles. Pourquoi ?
Parce que la fermeture des écoles, c'est la meilleure façon de creuser les inégalités. On l'a vu l'année dernière. Parce que les enfants qui décrochent, c'est souvent des enfants qui viennent d'environnements modestes et qui n'ont pas la capacité à faire appel à des professeurs, à des cours du soir, à tout cela, pour rattraper...
On aurait dû quand même accélérer la vaccination des enseignants pendant les vacances. Ils n'auraient pas dû être simplement des personnes prioritaires pour être vaccinés ?
Ils sont désormais sur la liste des personnes...
Non, au-dessus de 55 ans, pas en dessous. Mais encore une fois... Les jeunes profs de Seine-Saint-Denis, ils ne sont pas vaccinés, par exemple.
Encore une fois, la vaccination, c'est pour prémunir le risque de développer une forme grave. Et ça paraît essentiel de fonctionner dans ce sens-là. Il y a évidemment des professions qui sont en deuxième ligne. C'est le cas des professeurs. Et nous avons une responsabilité en tant qu'État employeur. Et nous prenons cette responsabilité très au sérieux, puisque nous avons ouvert la vaccination aux plus de 55 ans pour ces professions-là. Mais au-delà de ça, le sujet, c'est la circulation entre les enfants, éventuellement, du virus. Donc ce n'est pas parce que vous vaccinez les professeurs que vous arrêtez la circulation du virus.
Et c'est là où il est nécessaire d'avoir un protocole sanitaire extrêmement strict. Ce que nous mettons en place. Et encore une fois, vous annonciez, vous indiquiez 11 000 classes. 11 000 classes sur combien de milliers de classes qui sont restées ouvertes ? Je rappelle que ça représente un nombre microcosmique du nombre de classes qui ont pu fonctionner jusqu'au bout avant que l'on mette en place ce dispositif où on a fait une semaine de présentiel, deux semaines de congés et on réouvre aujourd'hui.
Agnès Pannier-Runacher, est-ce que vous considérez, comme votre collègue du gouvernement Marlène Schiappa, que Cyril Hanouna, l'animateur de télévision, devrait co-présenter le prochain débat d'entre-deux-tours de l'élection présidentielle ? Et si oui, pourquoi ?
D'abord, je rappelle que ce n'est pas aux politiques de choisir quels sont les animateurs d'un débat présidentiel. Ce serait un peu curieux.
Il leur arrive de mettre un veto. C'est arrivé dans le passé, quand même.
De mettre un veto, mais plus rarement de choisir le nom comme l'a fait Marlène Schiappa. Mais pas de choisir parce que ça s'appelle la liberté de la presse et ça me paraît très important dans un état de droit. La deuxième chose, c'est que Cyril Hanouna est un animateur reconnu, qui a effectivement une audience qui n'est pas toujours accessible. Les personnes à qui je parle aujourd'hui ne sont pas nécessairement celles qui vont regarder les émissions de Cyril Hanouna. Et je pense qu'il est important que les responsables politiques s'adressent à tous les Français. Mais ce n'est pas pour cela que Cyril Hanouna a vocation à être celui qui anime le débat du deuxième tour.
Je pense que beaucoup de grands professionnels du journalisme pourraient se prévaloir d'avoir cette capacité.
Vous faites partie des ministres qui vont chez Cyril Hanouna. Vous y êtes allé combien de fois ? Deux fois. Deux fois. Pourquoi, contrairement par exemple au ministre de l'économie, Bruno Le Maire, qui dit que ce n'est pas la place d'un ministre de l'économie d'aller sur ce genre de plateau, dans ce genre d'émission. Pourquoi ce n'est pas la place d'un ministre de l'économie, mais d'une ministre déléguée à l'économie ?
Écoutez, moi je pense qu'il faut parler à tous les Français.
Et Bruno Le Maire ne parle pas à tous les Français.
C'est dans cette optique-là que je suis allée sur le plateau de Balance ton Poste, avec effectivement le risque d'être prise à partie sans avoir la capacité à développer un propos ou un raisonnement. Et je pense qu'on se doit effectivement d'avoir cette capacité à s'adresser à tout le monde et à reconnaître que ce public-là, qui est un public souvent aussi plus jeune, Moi je suis omnubilée par le fait que les jeunes doivent pouvoir s'engager en politique, et je suis très inquiète de voir qu'ils ne sont pas peut-être autant engagés que ma génération l'était.
Et donc ça fait partie des réponses que j'essaye d'apporter pour amener ces gens qui écoutent Cyril Hanouna, qui lui sont fidèles, à écouter un propos politique auquel ils n'ont pas nécessairement accès d'habitude.
Merci Agnès Pannier-Renaché. Bonne journée à vous. Merci.
Merci.
Agnès Pannier-Runacher