27% du PIB dans la défense / L'Ukraine adopte son budget 2026
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« En Ukraine, on a déjà dépassé depuis très longtemps cette question et le budget 2026 qui vient tout juste d'être adopté consacre 27,2 % du PIB au secteur de la défense. »
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« Le déficit est prévu à 18,5 % du PIB pour l'année 2026. »
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Dans les pays membres de l'OTAN, on s'écharpe pour savoir s'il faut monter les dépenses de défense à 3, 4 ou 5 % du PIB. En Ukraine, on a déjà dépassé depuis très longtemps cette question et le budget 2026 qui vient tout juste d'être adopté consacre 27,2 % du PIB au secteur de la défense. C'est évidemment tout à fait compréhensible dans le cadre de l'invasion généralisée menée par la Russie, mais ça reste colossal et la structure de ce budget en dit long sur l'économie ukrainienne dans le 4e hiver de la Grande- Guerre.
Alors, parlons-en. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo où l'on parle donc du budget de l'État ukrainien qui a été adopté le 3 décembre par la Ferronarada, le parlement. Il a été adopté tard et dans un contexte de crise politique après la démission du chef de cabinet de Vladimir Zelenski entre Hiermac.
Et évidemment, il a été adopté dans un contexte très incertain, que ce soit d'un point de vue militaire, diplomatique ou financier. Mais il fallait qu'il soit adopté tout d'abord parce que c'est l'une des fonctions régaliennes qui garantit l'existence de l'État, mais aussi parce que c'était une des conditions syéquanones pour que l'Ukraine puisse continuer à recevoir du soutien financier de l'étranger. Et là, évidemment, on parle d'un programme d'assistance du FMI de plus de 8 milliards de dollars sur 4 ans, ainsi que de l'assistance de l'Union européenne et d'autres pays partenaires.
Parce que pour que tous ces bailleurs de fond puissent calibrer leur programme, il leur faut une base budgétaire sur laquelle ils peuvent adapter leur programme. Mais même s'il a été adopté, ce budget va sans aucun doute être soumis à des révisions. Ça, je vais y revenir.
Donc pour rentrer dans le détail, ce budget prévoit que les recettes nationales vont s'élever à environ 60 milliards d'euros. Je vous fais la grâce des chiffres astronomique en Grivna en monnaie nationale et je mets tout directement en euros par souci de compréhension. Donc les recettes 60 milliards et les dépenses vont s'élever à environ 99 milliards d'euros.
On voit qu'on reste sur une économie européenne très petite à titre de comparaison. Les dépenses en France dépassent largement les 1500 milliards d'euros par an. Et pour comparer le cas de l'Ukraine à celui de la Pologne qui est un pays européen qui offre pas mal de bases de comparaison, et bien en 2025 le budget polonais prévoyait plus de 210 milliards de dépenses.
Donc on voit que l'économie ukrainienne reste quand même tout à fait modeste. C'est vrai évidemment dans le cadre de l'invasion généralisée, mais c'était vrai déjà auparavant. L'économie ukrainienne entre l'année 2000 et 2025, elle a connu une hausse de 1,3 % selon les chiffres donc de la Banque mondiale avec une croissance très chaotique, très forte jusqu'à la crise de 2008.
Ensuite une récession, ensuite c'est reparti mais en 2014 nouvelle chute du PIB et puis ensuite c'est reparti et évidemment en 2022 le choc de l'invasion a conduit à une très forte chute du PIB. Et donc ce qui fait que Bon malan, depuis l'an 2000, le PIB ukrainien n'a connu qu'une hausse très modeste. Donc je ferme cette parenthèse, je reviens sur le budget. 60 milliards d'euros recettes, 99 milliards de dépenses.
On est donc à un niveau de dépense 40 % supérieur à celui des recettes et ce qui fait que le déficit est prévu à 18,5 % du PIB pour l'année 2026. Alors, je sais ce que vous devez être en train de vous dire en me regardant, c'est que de toutes les manières, l'Ukraine n'est plus indépendante financièrement et qu'elle dépend uniquement de l'étranger. Mais ce que nous apprend ce budget, c'est que l'Ukraine compte quand même sur des ressources en interne et que elle peut compter sur une assiette fiscale qui a augmenté entre 2024 et 2025.
Et ça c'est quand même remarquable au 4e hiver de l'invasion généralisée. On sait évidemment qu'une partie non négligeable de l'économie ukrainienne est informel. Au black, on parle de environ 20 30 % en fonction des différentes estimations.
Mais il y a une économie légale qui continue à tourner et qui continue à payer ses impôts. Et parmi les sources des recettes, on compte l'impôt sur le revenu, on compte les droits de douan qui ont augmenté. Et ça c'est quand même grâce à une réforme du secteur des douanes donc qui évidemment a été très corrompu pendant très longtemps mais là on est en cours de réforme et on voit que ça porte des fruits et aussi une campagne de privatisation qui a été menée avec une transparence assez inédite et donc tout ça combiné et bien cela a conduit à un renforcement de l'assiette fiscale d'année en année.
Et ça donc c'est le premier point que nous apprend ce budget, c'est que l'Ukraine peut compter sur ses ressources en interne, même si celles-ci ne sont pas suffisantes pour couvrir l'entièreté de ses besoins. Et ces besoins, et donc ça c'est le deuxième point, c'est quasi intégralement la défense. Donc je l'ai dit en introduction, ça va absorber plus de 27 % du PIB et ça va surtout absorber donc en parlant de ce budget 100 % des recettes qui sont prévues donc dans ce budget 2026.
C'est-à-dire que les 60 milliards d'euros de recettes vont directement partir dans le secteur de la défense, ce qui veut dire le salaire et l'entretien des soldats, la production et l'achat d'armes et d'équipement, la recherche et le développement, la maintenance, la logistique, la formation des nouvelles recrues et ainsi de suite et ainsi de suite. On peut s'imaginer à quel point le secteur de la défense irrigue vraiment toutes les activités du pays. Et encore une fois, on se réfère évidemment toujours à l'aide internationale, mais il faut voir que pour l'Ukraine même, c'est un effort colossal qu'il faut fournir pour le 4e hiver d'affilé, même si donc ça ne suffit pas pour couvrir l'entièreté des besoins budgétaires du pays, mais ça ne suffit pas non plus pour inverser le rapport de force qu'il oppose à la Russie. puisque dans son budget 2026, la Fédération de Russie prévoit de consacrer plus de 210 milliards d'euros à la défense, ce qui est donc bien plus que les 60 milliards ukrainiens, plus les apports des pays partenaires.
Donc évidemment, on parle des Européens, des Canadiens, des Australiens, encore d'autres pays, mais on ne parle plus des États-Unis, de Donald Trump qui eux ne donnent plus mais par contre ils vendent. Comme on le voit, je fais encore un petit aparté, les négociations entre les parties ukrainiennes et américaines continuent. On voit qu'il y a quelque chose qui s'est passé à Miami.
On voit que visiblement il y a aussi des tractations qui sont en cours à Abu Dhabi. Mais l'État ukrainien, la machine d'État ukrainienne se projette elle toujours dans la perspective d'un conflit de longue durée. Et ça ça conditionne évidemment tout le reste des dépenses allouées à d'autres secteurs. seulement 6 % du budget qui est alloué à l'éducation, un autre 6 % qui est alloué à la santé et tout le reste va à des programmes de soutien social et aux dépenses de fonctionnement de l'État.
Ce qu'il est intéressant de noter dans ce budget 2026, c'est que les salaires du personnel de l'éducation et de la santé sont fortement augmentés. Par contre, pas ceux des militaires. Ce qui a d'ailleurs provoqué un toolé dans l'hémicycle.
On a bloqué la tribune. Ce qui a d'ailleurs provoqué un tollé dans l'hémicycle. On a bloqué la tribune pendant plusieurs heures avant l'adoption du budget.
Mais il faut voir que de toutes les manières, on est dans un contexte de crise politique et donc les oppositions se sont saisies de ce vote sur le budget pour tenter d'exister et pour tenter de se positionner sur d'hypothétiques élections. C'est aussi intéressant de noter que ce projet de loi sur le budget est rentré dans l'histoire de l'Ukraine indépendante comme celui qui a reçu le plus de propositions d'amendements. 3339 propositions d'amendement.
Ce qui montre bien que les partis politiques ont tenté d'exister et ont tenté de faire entendre leur voix à travers ce projet de budget. Bon malin, on comprend que la situation du gouvernement ukrainien est très sensible et que il fait tout son possible pour maintenir le navire à flot à travers une tempête qui est particulièrement redoutable. Mais évidemment, les critiques sont faciles.
Donc là, on peut faire référence au scandales de corruption, même si les sommes qui sont concernées par ces scandale de corruption ne sont que des petites gouttes d'eau dans cet océan budgétaire. L'opération Midas, on parle de 100 millions d'euros et en plus de ça, ce ne sont pas des ressources de l'État qui ont été détournées, mais c'était plutôt des dessous tables et des commissions qui étaient exigées de la part de contractuel de l'opérateur des centrales nucléaires en Ukraine. Les critiques qui sont adressées au gouvernement, elles portent plus sur des programmes qui sont jugés inutiles voire populistes.
Par exemple, un programme national qui redistribue une partie des sommes consacrées à la consommation de produits ukrainiens. C'est ce qu'on appelle le cashback national. Il y a un autre programme qui vise à allouer un paiement unique par citoyen de 1000 grivennaas ce qui équivaut à 20 € ce qui est une aide extrêmement faible versée sans vraiment aucun critère de sélection donc même à des gens qui n'en ont pas besoin mais qui coûtent donc évidemment très cher à l'état.
Et dernièrement on a vu apparaître un programme qu'il a vraiment nous fait lever les yeux au ciel c'est le financement de 3000 km de trajet en train pour chaque citoyen ukrainien qui voudrait voyager sur le réseau feré. Ce qui veut dire qu'on peut faire trois allers-retours entre la capitale Kief et la ville de Dipro qui est environ à 500 km et ça gratuitement. Et donc à quoi ça sert ?
Est-ce que c'est vraiment le genre de programme qui aide les Ukrainiens dans le 4e hiver de l'invasion généralisée ? Est-ce que c'est le genre de programme qui rationalise les dépenses de l'État ? Et évidemment, les oppositions font entendre leur dissension sur ces sujets.
Donc voilà où on en est sur cette question budgétaire. La loi est passée, elle prouve la résilience interne de l'Ukraine qui peut quand même compter sur des ressources internes. Elle montre aussi la résilience de l'État qui garde la capacité de lever l'impôt, mais elle se traduit encore une fois par un budget qui est quasi entièrement dédié à la défense avec les autres secteurs d'activité qui eux accusent le coût et qui sont bel et bien exposés progressivement comme les victimes de cette guerre d'attrition.
Alors, comme je l'ai dit, c'est un budget qui va probablement être révisé puisque le budget 2025 a été révisé pas moins de trois fois, donc dans l'année en cours et cela à chaque fois pour augmenter les dépenses de défense en fonction des besoins émanants du terrain. Et donc, il y a tout lieu de penser que ça sera encore le cas en 2026, même si évidemment tout dépend du soutien financé qui va venir de l'étranger. Le ministre des finances, Serg Marchenko, a estimé qu'il fallait au minimum 40 milliards d'euros pour donc combler le déficit et assurer le fonctionnement de l'État ukrainien en 2026.
Mais c'est quand même 13 ans en de ça des estimations de la Commission européenne qui elle a récemment estimé qu'il fallait 70 milliards d'euros en 2025 et 64 en 2027. Et ça c'est une estimation qui inclut le soutien macrofinancier, l'aide militaire et les différents programmes d'assistance. Donc dans ce genre d'estimation et dans ce contexte, il vaut mieux partir sur le haut de la fourchette puisque on voit que les besoins n'arrêtent pas d'augmenter et que les ressources internes à l'Ukraine, elles accusent quand même le coût de cette guerre d'attrition.
Et donc l'heure surprise de l'augmentation des recettes fiscales en 2025, ça ne sera peut-être pas le même cas en 2026. Et ça ça nous permet de comprendre pourquoi la question de l'utilisation des actifs russes gelés en Union européenne est vraiment crucial. Je vais pas vraiment entrer dans les détails là-dessus hein, j'en ai parlé dans plusieurs vidéos et on voit que là la question est vraiment au cœur du débat politique en Union européenne et en Belgique.
Pourquoi la Belgique ? Parce que c'est là que sont la majorité des activs russes gelés donc dans la société Euroclir. Ces derniers jours, on voit que la Commission européenne se démène pour convaincre le Premier ministre belge Bart de Vevert.
On voit que le chancelier allemand Friedrich Schmerz s'y est mis aussi. Et donc la situation est particulièrement mouvante, hein, j'entre pas vraiment. dans les détails.
Euh si on peut résumer un peu ce qui se passe, l'état d'esprit du moment, c'est ce titre d'un article de blog de l'économiste britannique Timothy H qui suit cette question des actifs russes gelés depuis très longtemps. Si vous n'arrivez pas à comprendre ce que c'est qu'un chitcho, et bien on peut le traduire par un grand cirque ou du grand n'importe quoi. Et c'est de ce grand n'importe quoi que va dépendre la viabilité du budget 2026 ukrainien et évidemment de ses capacités de résistance.
Dans l'idéal à l'échelle de l'Union européenne, tout cela va se résoudre d'ici le Conseil européen du 18 et du 19 décembre. Et donc on aura l'occasion de reparler de tout ça. Mais pour l'heure, il me semblait important de faire un petit point sur le passage de ce budget car il montre bien que l'État résiste, que l'assiette fiscale reste importante à l'échelle de l'Ukraine évidemment. et aussi que le gouvernement a su résister à la crise politique actuelle pour passer ce textecadre particulièrement important.
C'est le 34e budget de l'Ukraine indépendante, donc l'indépendance en 1991 et le premier budget c'était celui de l'année 1992. Merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. Je file et je vous retrouve très vite.