Fabien Gay : « Les pillards sont l’ennemi du mouvement social »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 31 %Attaque 49 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 58 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 6:08OuverteRéponse directe
Comment avez-vous réagi face aux images de violences et de pillages du 17 octobre ?
- 7:25RelanceRéponse directe
Est-ce qu'on a franchi un tournant dans la violence de ces casseurs ?
- 8:55OuverteÉludée
Le président de la République a condamné les casseurs et fait la distinction avec les revendications des manifestants. Sa réaction a-t-elle été à la hauteur ?
- 10:16OuverteRéponse partielle
On va parler des élus locaux en première ligne face à ces violences. Comment expliquer qu'on en soit arrivés là ?
- 10:36OuverteÉludée
Certains pillards interrogés disent récupérer le pouvoir d'achat perdu. Comment l'expliquer ?
- 12:04OuverteRéponse directe
Pourquoi les policiers et gendarmes ont-ils été débordés samedi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:52Invité politiqueChiffre
« 8000 gardés à vue chez les lycéens et lycéennes. »
- 7:30Invité politiqueFait
« Ça a été d'une extrême violence. »
- 8:08Invité politiqueFait
« Pourquoi les gens qui manifestent pacifiquement sont nassés et matraqués et on laisse faire les pillards ? »
- 9:14Invité politiqueFait
« Il joue le pourrissement. »
- 9:40Invité politiqueChiffre
« Ce qui s'est passé samedi, c'est-à-dire les 800 000 personnes qui déferlent partout en France. »
- 16:31Invité politiqueFait
« La date du 17 octobre n'est pas apparue il y a trois jours. »
- 16:44Invité politiqueFait
« Il y avait des notes qui ont monté que vraisemblablement ça allait être puissant. »
- 17:00Invité politiqueFait
« Pourquoi on a mis trois ou quatre jours à avoir un parcours stabilisé ? »
- 17:36Invité politiqueFait
« République était nassée, les gens commençaient à se faire matraquer et gazer. »
- 20:42Invité politiquePromesse
« Des réponses politiques au mouvement social d'ampleur qui se débloque. »
- 20:47Invité politiqueFait
« Vous trouvez normal que nos enfants de la République n'aient pas un prof devant chaque classe ? »
- 20:53Invité politiqueFait
« Parcoursup obstrue l'avenir de nos enfants. »
- 21:09Invité politiqueFait
« Les gens n'arrivent pas à vivre dignement du fruit de leur travail. »
- 27:45Invité politiqueFait
« l'État doit être à ce rendez-vous. »
- 28:40Invité politiqueFait
« on va réussir avec un changement de doctrine certainement policière »
- 28:50Invité politiqueFait
« il faut une réponse politique un débouché politique »
- 29:14Invité politiqueFait
« il faut un canadère de mesures sociales dans le pays »
- 29:18Invité politiqueFait
« du blocage des prix à la taxation des super profits »
- 30:10Invité politiqueFait
« le retour à l'ordre et les scènes qu'on a vues si on ne répond pas aux aspirations légitimes du pays ça peut finir à l'extrême droite »
Temps de parole
- Fabien Gay46 %
- Locuteur 1018 %
- Présentateur15 %
- Locuteur 56 %
- ?6 %
- Présentateur 24 %
≈ 18,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Public
Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous.
Et
on commence cette émission avec le journal. Bonjour Steve Jourdin. Bonjour Alex. A la une de ce lundi, l'onde de choc de ce
samedi 17 octobre. Avec ce dernier rebondissement, on apprend que Laurent Nunez a remis sa démission au chef de l'État. Des missions refusées par Emmanuel Macron qui pointent les défaillances d'anticipation et réclament à la police de nouveaux modes d'action. Ce matin, Laurent Nunez affirme, je cite, être responsable de tout ce qui se passe. On va voir les derniers développements avec Cécile Cexou.
TG de gaz lacrymo et des grenades assourdissantes. Hier, place de la République, la police a dispersé des centaines de manifestants. Des cortèges sauvages qui ont une nouvelle fois dégradé les rues de Paris après des violences et des pillages sans précédent la veille.
Dans
ce contexte chaotique, Emmanuel Macron a pris la parole hier soir. Il a condamné les casseurs.
Nous
ressentons tous ce soir de la colère,
de
la honte. Voir les rues de nos villes ainsi saccagées est insupportable.
En
votre nom, j'exprime le soutien de la nation à nos forces de l'ordre et à nos forces de sécurité intérieure.
Elles
ont tenu
et
ont fait de leur mieux.
Le
président de la République a demandé au gouvernement de faire la lumière sur les failles du renseignement et promis des suites judiciaires contre les casseurs, mais n'a pas fait d'annonce concrète, ce qui a provoqué des critiques à droite comme à gauche. Manuel Bompard a jugé irresponsable cette prise de parole pour ne rien dire. Une allocution lamentable pour Jordan Bardella. Édouard Philippe demande-lui que des décisions soient prises et que le pays soit commandé. Enfin, Marine Tondelier regrette que le président n'ait pas fait de mea culpa.
Emmanuel Macron a demandé au Premier ministre Sébastien Le Corbus de réunir à Matignon dans les prochains jours les partis politiques, les syndicats et les représentants des lycéens.
Des
violences et des pillages qui ont provoqué de nombreuses déclarations de candidats à la présidentielle.
Marine Le Pen qui parle de crise profonde. Le Premier Premier ministre d'Emmanuel Macron, Édouard Philippe, qui estime que quelque chose n'a manifestement pas fonctionné et demande la transparence. Jean-Luc Mélenchon a, lui, rejeté de son côté les accusations de ceux qui considèrent qu'il a soufflé sur les vrais. Écoutez.
Tous
les Français au calme, à la dignité et à la retenue républicaine.
Tous
ceux qui servent l'État et en ces heures les policiers, les gendarmes, les pompiers, les préfets doivent être assurés de mon appui dans leurs si délicates et périlleuses fonctions.
Je
demande instamment que l'État leur assure les moyens et leur garantisse le soutien nécessaire à leur mission.
C'est le résultat de dix ans, dix années désastreuses où un homme, à part idéologie, s'est imaginé qu'en désorganisant l'État, les services publics, le marché, l'entreprise privée allaient remplacer tout le monde. Rien de tout ça ne s'est produit, si bien que nous, les Français, qui avons construit notre pays autour de l'État, nous sommes dans un État de désarroi total, il
y a
rien qui marche. La vérité, c'est que
pour
notre
image, pour le rayonnement de la France, pour son attractivité culturelle, politique, économique, touristique, ces images sont désastreuses et elles auront un coût. Au-delà des dégradations qui sont considérables, la situation économique et financière du pays va s'en trouver encore plus atteinte.
Dans
le reste de l'actualité, la lutte contre le narcotrafic et le procès d'un triple homicide qui s'ouvre aujourd'hui à Aix-en-Provence.
Les audiences devant la cour d'assises se dérouleront sur trois semaines. Un important dispositif sécuritaire a été mis en place en raison du profil des cinq accusés, avec notamment deux figures de la grande criminalité marseillaise. Pour le militant antinarco et désormais adjoint au maire de Marseille, Amine Kessassi, ce procès revêt évidemment une importance particulière.
Ce
procès pour moi, il ne signifie pas la vengeance. Ce procès, il signifie la justice.
Et
ce que j'en attends, ce n'est
pas
des condamnations,
ce
n'est pas des peines lourdes,
puisque
aucune peine ne me rendra mon frère.
Dans
l'actualité internationale, à l'élection présidentielle au Brésil, et un débat houleux d'entre-deux-tours.
Festival d'insultes et d'accusations pour le premier débat organisé hier entre les deux finalistes, le président Lula et le conservateur Flavio Bolsonaro. À une semaine du second tour, le fils de l'ex-président d'extrême droite a accusé Lula d'être corrompu. Lula qui a de son côté traité Bolsonaro de clown.
Donald Trump apporte son soutien au Premier ministre israélien dans la campagne des législatives.
À quelques jours des élections, Benjamin Netanyahou espère pouvoir capitaliser sur ce soutien alors que Donald Trump jouit d'une vraie popularité en Israël. Le Premier ministre sortant a adressé la liste de ce qui le rapproche du président américain. Écoutez.
Je vous demande d'écouter
attentivement
ce que le président Trump
a
déclaré
ce soir. Il m'a apporté son soutien sans équivoque
et il a expliqué pourquoi.
Parce que nous avons arrangé de grandes choses.
Nous
avons écrasé l'Iran et repoussé la menace immédiate de mondes nucléaires
contre
nous. Merci
beaucoup Steve pour ce journal. On vous retrouve dans quelques instants pour parler de la doctrine du maintien de l'ordre qui est en question après ces violences de la journée du 17 octobre.
Des
violences et des pillages qui font la une de la presse régionale ce matin. On va regarder quelques titres de nos journaux régionaux et notamment le journal L'Alsace, 17 octobre, l'État à l'heure des comptes. Le Midi Libre, titre après les pillages à Montpellier, le désastre à la une du progrès de Lyon. Violence et pillages le 17 octobre à Lyon, une ville traumatisée. Et puis le journal La Provence, dans les rues de Marseille, la désolation. Pour en parler, j'accueille sur ce plateau Fabien Guay. Bonjour. Bonjour. Vous êtes sénateur communiste de la Seine-Saint-Denis, directeur du journal L'Humanité.
Puis je précise au passage que vous êtes l'auteur de ce livre sur les aides publiques versées aux entreprises. 211 milliards, c'est le montant des aides pour 2023. Fabien Guay, d'abord, comment avez-vous réagi quand vous avez eu ces images de violences, de pillages, de dégradations le 17 octobre
?
C'est un sentiment très contrasté parce que moi, j'étais sur place dans la manifestation pacifique.
D
'ailleurs, je ne
sais
pas si vous y étiez, c'est un problème parce que beaucoup de commentateurs ne vont pas dans les manifestations.
Et
c'est un sentiment contrasté parce que ce que moi, d'abord, j'ai vu,
c
'est des dizaines, des centaines de milliers de gens venus manifester pacifiquement
pour
dire leur colère face à l'explosion des prix, notamment de l'essence, des lycéens et des étudiants sur leurs conditions d'études et qui manifestent maintenant depuis des semaines et des semaines. D'ailleurs, ils n'ont aucune réponse, seulement la répression policière. 8000 gardés à vue chez les lycéens et lycéennes. Je finis parce que je sais ce que vous voulez maintenant et je vais en venir. Donc, moi, j'ai vu ça d'abord. Et une grande dignité et l'inventivité des sourires, des slogans, des gens qui se serrent les coudes alors que tout est fait pour les diviser, des gilets jaunes qui manifestent à côté de syndicalistes. Tant mieux, des retraités et qui manifestaient.
Et puis, je suis parti du cortège après Barbès et comme chacun, je suis rentré chez moi en RERB puis j'ai découvert les pillages, tout ça. Donc, je le dis, ça, ce n'est pas les miens. Et c'est les ennemis, d'ailleurs, du mouvement social.
C
'est d'ailleurs…
Est-ce
qu'on a franchi un tournant, une étape dans la violence de ces casseurs
?
Ça a été d'une extrême violence. Je pense à tous les commerçants qui ont été pillés. Je leur adresse d'ailleurs ma totale solidarité. Et donc, d'ailleurs, je pense que la première des questions, d'ailleurs, comme un certain nombre de maires, c'est la question autour du maintien de l'ordre. Pardon de le dire, mais la manifestation a d'abord été autorisée. Il a fallu des jours et des jours, contrairement à d'habitude, pour que le préfet autorise un tracé. Donc, le tracé a été validé seulement la veille. Puis, on a donné rendez-vous à tout le monde, à République.
Mais lorsque moi, je suis arrivé avec beaucoup d'amis, déjà, alors qu'il n'y avait que des manifestants pacifiques, les gens étaient en train de se faire nasser, matraquer, gazer. Et pendant ce temps, on a laissé faire les pillards. Donc, il y
a
une question. Pourquoi les gens qui manifestent pacifiquement sont nassés et matraqués et on laisse faire les pillards ? Vous voyez ?
Vous
dites qu'on a laissé faire ces
pillards ? Il y a une question
autour
du maintien de l'ordre.
On va en parler.
Et de vous dire que je suis, à cet instant, je pense à l'enfant de 17 ans qui a perdu une main à Saint-Étienne ou encore à ces enfants qui manifestent devant leur lycée et qui ont pris des tirs de LBD à bout portant qui fait qu'on leur défracte la mâchoire. Donc, il y a une question. Je le dis. Donc, c'est un événement contrasté pour moi. D'abord, de la joie et de la satisfaction de voir un mouvement social s'élargir pacifique et évidemment, des scènes de pillage qui n'ont rien à voir avec les 800 000 manifestants de ce week-end.
Alors, le président de la République a fait une allocution. Hier soir, il a condamné les casseurs et a bien fait la distinction avec les revendications des manifestants. Est-ce que sa réaction a été à la hauteur
? Non.
Pardon de le dire. Comment on sort maintenant de l'impasse dans laquelle nous entraîne le président de la République
? Parce
qu'il joue le pourrissement. Et d'ailleurs, les scènes de violence qu'on a vues permettent au président de jouer la flûte du retour à l'ordre. Et c'est ça, la question. Et d'ailleurs, tous vos confrères, et je l'ai vu encore hier, ne passent maintenant sous silence les revendications légitimes des manifestants et des manifestantes et on ne parle plus que du désordre et du retour à l'ordre. Et pardon, la seule issue possible, c'est une réponse politique à ce qui se passe dans le pays. Ce qui s'est passé samedi, c'est-à-dire les 800 000 personnes qui déferlent partout en France, elles prennent racine dans la journée du 29 septembre organisée par les syndicats.
Elles prennent racine depuis des semaines les lycéens qui manifestent pacifiquement parce qu'il manque de profs, parce que le bâti est dégradé, parce que Parcoursup, parce que leur avenir est débouché. Et c'est là qu'il faut répondre sur ces questions sociales et
revendications à vie. – Il a
manqué de réponses sociales.
– Pardon,
il prend la parole pour ne rien dire. Dire au préfet, bon, interdisez les manifestations. Ah super, si c'est
avec
ça qu'on va éteindre la colère sociale qui se déploie partout dans le pays, non, il joue le pourrissement.
–
Alors Fabien Guay, on va parler de nos élus locaux qui ont été en première ligne face à ces violences dans plusieurs villes, touchées par ces pillages et ces dégradations.
On
va retrouver Jean-François, alors dans quelques instants,
on
va retrouver le vice-président de l'Association des maires de France. Mais un mot peut-être sur les déclarations de certains pilleurs qui ont été interrogés, alors même qu'ils pillaient des commerces, ils disent finalement peut-être qu'on est en train de récupérer le pouvoir d'achat qu'on a perdu. Comment ? Comment vous expliquer qu'on en soit arrivés là
?
– Non mais, pardon, ça fait des dizaines d'années qu'on connaît ça. Ces gens-là n
'ont
rien à voir avec le mouvement social qui s'étend. Alors d'ailleurs, il faudrait avoir une étude sociologique, qui ils sont, pourquoi, pourquoi sont-ils venus manifester et piller, bon bref, peu importe. Mais je le dis… – Mais les policiers
disent qu'on n'a jamais
vu une telle violence. – Ils sont l'ennemi du mouvement social puisque la question est maintenant détournée, c'est-à-dire qu
'on
ne parle plus des revendications légitimes. Et pire que ça, on fait peur puisque le gouvernement dit on va réprimer. Et donc les gens qui pourraient légitimement se dire écoutez, moi aussi je suis en colère, moi aussi mes conditions de vie sont dégradées, tiens pour une fois je vais aller manifester. Mais les gens qui sont hésitants, ceux qui feraient que nous passions de 800 000 à 3 millions de personnes, c'est-à-dire un mouvement puissant, ceux-là se disent, si c'est pour aller manifester, se faire gazer, matraquer, je n'irai pas parce que je ne veux pas être associé au pillard.
Donc, je le redis, il faut que ce mouvement social continue à se structurer, que les syndicats, évidemment, jouent le rôle. Les partis politiques, on parle des élus locaux, ils ont été en première ligne ce week-end, pardon de vous le dire, qu'il y
a
des élus qui sont en première ligne depuis des semaines et des semaines. Moi-même, avec beaucoup d'autres, j'ai été en première ligne, notamment pour manifester entre les lycéens et les forces de police, pour appeler au calme, depuis des semaines et des semaines que ça dure.
Alors, vous le dites, ce qui s'est passé samedi, c'est d'abord un problème de maintien de
l
'ordre,
de
stratégie, on va en parler justement avec Steve Jourdain. Steve, le gouvernement va devoir répondre à une question, pourquoi les policiers et les gendarmes ont été débordés samedi ?
Pour comprendre, il faut reprendre le fil de la journée de samedi. Dès 7h du matin, en Ile-de-France, les premiers incidents éclatent autour des locaux de CNews et d'Europe 1. 21 personnes sont interpellées. À 10h, on compte déjà une quarantaine d'interpellations à Paris, dans la capitale. À la mi-journée, place de la République, alors que la grande manifestation n'a pas encore démarré. Les tensions sont déjà là, les policiers utilisent des gaz lacrymogènes, notamment près du faubourg du Temple. En fait, dès la matinée, Alex, les autorités savent qu'elles vont devoir faire face à des groupes violents, à des groupes très mobiles.
Quelques heures plus tôt, malgré les mots d'ordre sur les réseaux sociaux, malgré l'appel au retour des gilets jaunes, dans l'autourage du ministre de l'Intérieur, on est plutôt, disons, confiants. Regardez cette déclaration, la situation est méga suivie, mais ce ne sont jamais que 150 000 personnes en France, 50 000 à Paris, le concept de journée noire est à relativiser. Résultat, on le connaît, entre 550 000 et 800 000 manifestants vont défiler partout en France, Alex.
Et au final, le gouvernement a largement sous-estimé l'ampleur de la mobilisation et pas seulement à Paris.
À Marseille, dans la deuxième ville de France, la situation a très vite dégénéré. Dès la matinée, des centaines de manifestants se rassemblent sur le vieux port. Des casseurs forcent les portes de l'hôtel de ville, saccagent les locaux. Un poste de police municipale est également attaqué. Sur les coups de midi, le maire Benoît Payan appelle directement le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur. Il estime que sa ville n'est pas suffisamment protégée et dénonce sa présence d'une seule compagnie de CRS.
Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, lui répond dans la soirée que trois unités de forces mobiles avaient été prévues, mais qu'une seule était effectivement engagée, alors même que 2000 casseurs sont arrivés très tôt sur la Canebière. Laurent Nunez, qui précise que les renforts étaient prévus, mais qu'ils n'étaient pas engagés au moment où les violences ont éclaté. Sébastien Lecornu qui va s'entretenir avec Benoît Payan ce lundi, Alex.
Alors tout cela pose la question de l'anticipation mais aussi de la doctrine du maintien de l'ordre.
Depuis 2020, la France dispose d'un schéma national du maintien de l'ordre. Le principe, il est simple, utilisation d'une force nécessaire, proportionnée et graduée. Mais la semaine dernière, le ministre de l'Intérieur a expliqué face au sénateur que la situation actuelle n'était pas une situation classique. Écoutez-le.
Les
forces de sécurité intérieure n'interviennent plus dans le cadre réglementaire du schéma classique du maintien de l'ordre mais dans celui donc encore une fois des violences urbaines. On n'encadre pas une manifestation déclarée avec un service d'ordre des interlocuteurs identifiés comme on gère des violences urbaines. Ce n'est pas du tout du tout la même chose.
Et
sur TF1, début octobre, Laurent Nunes a joué la transparence et expliqué n'avoir donné, je cite, aucune consigne de retenue aux policiers. Vendredi, veille de la mobilisation, le ministre de l'Intérieur a confirmé que les grenades assourdissantes pourraient être utilisées en cas de violence urbaine. Samedi, à Saint-Etienne, un manifestant de 17 ans a eu la main arrachée par une grenade. Une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur les circonstances du drame.
Et les violences ne se sont pas arrêtées avec la fin des manifestations.
C'est le dernier acte de cette journée de chaos, Alex. Il est 19h40 lorsqu'on signale un incendie en cours à l'hôtel de ville de Limoges. Des individus ont pénétré dans le bâtiment. Les flammes ravagent la toiture. Une partie de l'édifice est détruite. Et là aussi, le maire, Guillaume Guérin, met en cause le manque de policiers. Même situation d'extrême tension à Lyon et à Bordeaux où on assiste au déploiement du RAID, cette unité d'élite de la police spécialisée dans les interventions à haut risque. Déploiement justifié après l'intrusion et le saccage de la résidence officielle de la préfète de Gironde et l'incendie de l'Office du tourisme à Lyon.
Au total, sur cette très longue journée de violence, plusieurs centaines de membres de forces de l'ordre ont été blessés. Les éventuelles commissions sur les dysfonctionnements constatés à tous les étages. Monsieur le sénateur, déjà, est-ce qu'il faut qu
'il y ait
une commission d'enquête qui soit mise en place ici au Sénat ? Il y
en
aura visiblement une qui sera mise en place à l'Assemblée nationale. Et si oui, qu'est-ce que vous voulez savoir très précisément sur ce qui s'est passé
samedi ? Alors, par exemple, j'ai vu que ma présidente, Cécile Kukerman, avait écrit au président Larcher hier pour demander cette commission d'enquête. Vraisemblablement, d'autres groupes vont le faire ou l'ont déjà fait. Oui, parce que moi-même, j'étais à la manifestation. J'ai vu. Pas on m
'a
raconté. Pas les réseaux sociaux ont fait que. J'ai vu. Par exemple, des questions se posent. On a accueilli le pape. Il y avait 14 000 forces de l'ordre mobilisées, rien qu'à Paris. Tant mieux, c'est normal.
Il y en avait 10 000
dans toute la France. 10 000 dans toute la France. Pardon de vous le dire, la date du 17 octobre n'est pas apparue il
y
a trois jours. À la fête de l'humanité il y a un mois, déjà, les gens en parlaient. Donc, ça veut dire... Et on a les renseignements généraux, pardon, c'est l'ancien terme, qui sont l'un des plus performants au monde. Donc, il y avait des notes qui ont monté que, vraisemblablement, ça allait être puissant et qu'au côté de manifestants pacifiques, il y allait avoir des pires. Donc...
Vous voulez savoir comment ça a été préparé ? Mais
il faut savoir comment ça a été préparé. Et puis, je le redis. Pourquoi on a mis trois ou quatre jours à avoir un parcours stabilisé ? Parce que plutôt que vous annoncez le parcours, mieux vous le préparez. Lorsque vous avez stabilisé le parcours 24 heures avant, ça désorganise un peu tout. Alors,
dans beaucoup de
villes de France, il n
'y a
pas eu de dépôt
en amont pour les manifestations en préfecture. À
Paris,
oui.
À Paris, oui, mais
pas ailleurs. Donc, on parle à
Paris. D'accord ? Donc, à Paris, les syndicats, le demandé de pied il y a un moment et tout ce qui a été proposé a été refusé par la préfecture. Pardon. Et c'est la préfecture qui
a
imposé d'aller à République. Et lorsque, donc, on a dit légitimement aux gens qui voulaient manifester pacifiquement aller à République, trois heures avant, déjà, République était nassée, les gens commençaient à se faire matraquer et gazer. Pardon, vous l'avez vu. Des gens pacifiques. Il y avait des gens qui jouaient avec un orchestre. Et les lacrymos sont venus. Donc, là, on a... Là, c
'est pour Paris.
Oui, pour Paris. On a désorganisé les choses, pardon de vous le dire. Et ça a provoqué un système de chaos. Et donc, après, vous avez donc des manifestants pacifiques qui se font matraquer, nasser et gazer et vous laissez faire les pillards. Donc, oui, des questions, pardon de le dire, légitimes se posent. Et donc, toutes les réponses doivent être apportées d'autant plus que, pardon, cette journée du 17 octobre était prévue de longue date. Oui.
Alors, il y a aussi Emmanuel Macron, l'exécutif, qui pointe du doigt des groupes factieux d'ultra-gauche. Qu'est-ce que vous en pensez ? Qu'est-ce que vous en savez ? Et qu'est-ce que vous pensez de ceux qui rejettent aussi les accusations sur Jean-Luc Mélenchon d'avoir un peu contribué à ce climat de violence ? Alors, pardon, les groupes factieux d'ultra-gauche,
moi,
je n'en connais pas. Vous ne connaissez pas de groupes factieux d'ultra-gauche ? S'ils existent, et peut-être qu'ils en existent, d'accord ? Ah,
les Black Blocs. Les Black Blocs. Les Black Blocs,
d'ultra-gauche ou d'ultra-droite, d'ailleurs,
ils
sont ultra. sont, en fait, le meilleur allié du gouvernement parce que lorsqu'ils pillent et qu'ils cassent, ils permettent à ce même gouvernement de faire peur, de dire aux gens qu'ils voudraient manifester ne venez pas et d'appeler au retour à l'ordre. Par contre, pardon de le dire, je vois ce qui se développe sur Jean-Luc Mélenchon qui n'est pas un groupe d'ultra-droite. Il a des députés, des sénateurs, un groupe puissant. Il est candidat à l'élection présidentielle pour la quatrième fois. Lui faire porter le chapeau, pardon, c'est une affaire de politique.
Mais quand il dit la politique, Non
mais attendez, arrêtons tout ça. Si vous croyez que Jean-Luc Mélenchon ou quiconque d'ailleurs claque des doigts et permette à 800 000 personnes de déferler,
c
'est que personne ne comprend rien au mouvement social tel qu'il est, tel qu'il est d'ailleurs dans sa très grande diversité. J'entends le gouvernement nous appeler à choisir entre le camp de la République qui ne serait selon que la police ou le camp des casseurs. Moi, je parle d'apaisement. Ceux qui, en haut, jettent de l'huile sur le feu et nous demandent de choisir un camp, déjà, on est très loin de l'unité et du rassemblement nécessaire qu'il faut pour apaiser les choses et d'abord répondre aux questions politiques. Et franchement, de pointer Jean-Luc Mélenchon ou d'autres responsables de ce qui s'est passé n'est pas sérieux du tout.
En tout cas, Jean-Luc Mélenchon pointe la responsabilité du gouvernement dans ce chaos. Est-ce qu'Emmanuel Macron aurait dû accepter la démission de Laurent Nunez
? –
J'en sais
rien,
ce n'est pas mon affaire. Parce que si un autre le remplace et que c'est le même système du maintien de l'ordre, vous voyez, on aura changé la personne, on aura fait un fusible et peu importe si… Je le redis, pardon de le dire, Emmanuel Macron a une responsabilité. Il est président de la République. Il prend la parole hier pour absolument ne rien dire. Donc il joue… –
Mais qu'est-ce qu'il aurait dû
dire ? Présidentiel anticipé,
état d'urgence ? – Des réponses sociales.
– Des réponses politiques au mouvement social d'ampleur qui se débloque.
– Donc
10 milliards d'euros ? – Mais pardon, vous trouvez… Attendez, moi je suis parent, d'accord ? Vous trouvez normal que nos enfants de la République n'aient pas un prof devant chaque classe ? Vous trouvez ça normal ?
Vous trouvez normal que
Parcoursup obstrue l'avenir de nos enfants et qui dans mon département fait que 500 gamins n'ont pas encore aujourd'hui d'avenir ? Est-ce que vous trouvez ça normal ? Donc c'est ça, sur cette question-là qu'il faut répondre. Il faut mettre les moyens, pour notre école. Est-ce que vous trouvez normal que les gens n'arrivent pas à vivre dignement du fruit de leur travail et qu
'ils
n'arrivent plus à remplir un plein à la pompe ? Vous trouvez ça normal ? Bon ben voilà, donc le président de la République il a une immense responsabilité, il doit répondre à l'urgence sociale.
– Fabien Gueye, juste avant de retrouver le vice-président de
l
'Association des maires de France, une question sur les casseurs et finalement cette question qui
va payer les
réparations ?
–
Ça vous observe
?
–
Vous voyez bien les images, Fabien Gueye. – Non, non,
il n'y
a
pas de problème.
Vu la violence inédite, c'est le sujet du jour. – Quatre fois que je
vous réponds.
–
Fabien Gueye.
Sur le
texte
qui arrive au Sénat la semaine prochaine… – On ne
parlera donc absolument pas des revendications légitimes des gens, mais donc… – Vous en avez parlé,
vous les demandez à Emmanuel Macron.
– Pas grâce à vos questions, grâce à mes réponses.
– Alors allez-y, reposez-moi les questions sur les casseurs, vu l'état de la casse de ce week
-end. – Ça
fait
à peu près quatre fois que je vous dis que ce n'est pas les miens. Est-ce
que
vous allez voter la semaine prochaine au Sénat le projet de loi casseur-payeur qui, je le précise, prévoit notamment la possibilité de pouvoir saisir sur les allocations sociales des casseurs ou de leurs parents s'ils sont mineurs ? Est-ce que vous êtes favorable
à ce
texte ? – Vous l'avez lu,
le
texte, vous l'avez lu ?
–
Oui, j'ai travaillé sur le sujet.
–
Alors, vous avez vu qu'il y a donc trois articles et donc, regardez bien, je parle aux gens qui nous écoutent. Maintenant, lorsque vous ferez partie d'une manifestation que vous n
'aurez
pas été donc le casseur, mais que vous aurez participé à la manifestation, parce que ce qui est quand même absolument incroyable…
– Enfin, un
groupement dans le but de commettre des violences.
–
Non,
non,
non,
non.
– Pas juste une simple manifestation.
– Quand
vous aurez participé à une manifestation et s'il y a des pillages et de la casse
et
que vous vous faites attraper mais que vous n'avez pas participé directement à la casse et au pillage, vous serez donc solidaires et vous devrez payer. Êtes-vous d'accord avec ça ? C'est-à-dire donc qu'on ne
va
pas parler du maintien de l'ordre parce que ces pilleurs, il n'y en a aucun qui a été attrapé. Aucun ! – Donc vous ne votez pas, vous ne votez pas ça ?
–
Vous êtes contre
ce texte.
– Pardon, mais ça veut dire que donc plus personne ne voudra manifester parce que si vous manifestez et qu'il y a de la casse comme il y en a eu samedi et que vous êtes attrapé en fin de cortège, on vous demandera donc de payer l'addition des gens à qui on a laissé piller parce que les gendarmes étaient plutôt en train de nasser et matraquer les manifestants pacifiques plutôt que d'attraper les pilleurs. Pardon de vous le dire, ah non, ça ne sera pas avec ma voix et j'espère que
les gens –
On va parler
de Zélefou, Fabien. – Non,
attendez, je finis parce que la chose est comme, que les gens assez sérieusement vont se dire ce n'est pas possible de faire ça. Sinon, plus aucune manifestation ne pourra avoir lieu dans ce pays. Vous entendez ce que je dis ?
– Oui, oui, j'entends très bien – Vous êtes d'accord
avec ça, monsieur. –
Ce
n
'est
pas la
question.
–
Ce n'est pas la question. Vous êtes contre ce texte ?
– Est-ce que vous êtes d'accord avec ce que je dis ?
–
J'espère pas.
– Fabien Gué, le problème, c'est qu
'il n
'y a
plus aucune manifestation qui se passe bien depuis quelques années. Il y
a
aussi ça.
C'est un changement de la nature aussi peut-être des manifestations. – Voilà.
Donc, moi, depuis ma tendre enfance, je manifeste. Mes parents étaient…
– Fabien, on va retrouver le vice-président de l'Association des Femmes. Le temps file.
au Parti communiste à la CGT, je manifestais. Depuis 15 ans, je n'amène pas mes enfants. Donc, il y
a
un problème. Le problème, il est le maintien de l'ordre et la doctrine dans ce pays.
–
Il y a beaucoup de problèmes qui se posent à nos élus locaux après ces pillages et ces dégradations.
On
va retrouver Jean-François Vigier, maire UDI de Burs-sur-Yvette dans le département de l'Essonne et vice-président de l'Association des maires de France. Bonjour, Jean-François Vigier.
–
Bonjour. – Alors, l'AMF appelle les maires aux nombreuses villes qui ont été touchées par ces pillages et ces dégradations. Quel est le sens de ce rassemblement
? – Oui,
bonjour. Écoutez, d'abord, on veut dire toute notre solidarité aux commerçants, aux habitants face aux actes de vandalisme qu'ils ont subis, aux pillages. On dit aussi notre solidarité à tous les maires, tous les élus locaux qui ont dû faire face en première ligne à ces faits ignobles. Ainsi, bien sûr, qu'à tous les agents communaux qui se sont mobilisés dès la nuit de samedi à dimanche pour réparer des dégâts et
c
'est la raison pour laquelle aussi notre président David Lysnard s'est rendu dès hier à Limoges aux côtés du maire qui a subi ce terrible incendie de son hôtel de ville.
Ce
qu'il faut bien comprendre, je pense, c'est que l'hôtel de ville,
la
mairie, c'est la maison commune des habitants.
C
'est une espèce d'espace sanctuarisé puisque c'est la maison dans laquelle nous accueillons tous nos concitoyens qui viennent y faire leurs actes d'état civil, demander des renseignements, participer à des réunions.
Et
si on incendie
l
'hôtel de ville, là, on porte atteinte à l'un des fondements essentiels de notre démocratie et de notre démocratie locale. Et en ce sens, c'est inacceptable. Donc, il faut que l'ordre revienne et il faut vraiment, vraiment que les pouvoirs publics se ressaisissent.
Jean
-François Vigier, qu'est-ce que vous attendez de l'État, notamment dans le financement de ces réparations
? D
'abord,
elle
doit être puissante et elle doit être rapide. Et je prends pour exemple
les
déclarations de mon collègue, le maire de Limoges, qui a raison de demander des engagements très fermes et très rapides
et
très concrets en termes budgétaires de la part du gouvernement parce que ce n'est pas
aux
habitants de sa commune de payer la reconstruction de cet hôtel de ville. Mais c'est bien à l'État. Et je sais qu'il a mis sa démission dans la balance. Ce courage dont il fait preuve, on doit l'accompagner, on doit le comprendre et j'espère qu'il va avoir des réponses extrêmement rapides car l'État doit payer ce qui a été cassé.
Fabien Gaël, l'État doit être au chevet des collectivités face à ces dégradations ? Je suis d
'accord. Pardon, mais évidemment je redis ma solidarité je l
'ai
dit tout à l'heure avec les commerçants touchés, avec les élus locaux qui ont été en première ligne dans notre diversité politique partout évidemment sur le territoire. Celles et ceux qui sont mobilisés aussi je le redis depuis des semaines devant les lycées pour évidemment que les choses se passent dans le plus grand calme et qu'une répression policière ne s'abatte pas sur les lycéens et les lycéennes. Et évidemment par exemple dans le cas de Limoges il faut que l'État soit au chevet de la collectivité de Limoges pour reconstruire au plus vite. Et évidemment les lieux de mairie il y a la maison de la préfète en Gironde il y
a
eu beaucoup de bâtiments publics et administratifs qui ont été visés Marseille l'hôtel de ville donc évidemment l'État doit être à ce rendez-vous.
Merci
beaucoup Jean-François Vigier pour votre réaction je rappelle que vous êtes vice-président de l'Association des maires de France et on suivra ce rassemblement des maires ce midi à l'appel de l'AMF. Fabien Gueye une dernière question sur la suite de cette mobilisation et cette colère sociale mais peut-être une question politique comment elle peut être en tout cas fructifiée politiquement par la gauche et notamment par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle.
Moi
je ne sais pas si elle peut être fructifiée
ce
qu'il y a ne parlons pas de politique aérie. Il
faut des
réponses politiques dans le débat
présidentiel notamment.
Vous me dites récupérer la question n'est pas d'être récupéré la question c'est que ce mouvement social doit continuer à se structurer les syndicats doivent se parler dans leur unité les partis politiques y compris de gauche qui sont évidemment dans les larges rassemblements doivent aussi se parler pour structurer les choses pour faire que d'ailleurs on dise aux gens venez en manifestation n'ayez pas peur on va réussir avec un changement de doctrine certainement policière mais aussi en sécurisant les parcours à ce que j'espère 3, 4, 5 millions de gens et puis après il faut une réponse politique un débouché politique il ne
va
pas nous refaire le coup du grand débat ou des réunions à Matignon qui ne servent strictement à rien à part à blablater et à enterrer les choses ou à jouer le pourrissement en espérant peut-être que évidemment tout ce cirque continue il faut une réponse politique il faut
un canadère
écoutez bien il faut un canadère de mesures sociales dans le pays ça va du blocage des prix à la taxation des super profits au fait qu'on mette un prof devant chaque élève dans ce pays et qu'on arrête de mettre les lycéens et lycéennes en garde à vue et qu'ils soient dans les classes en bonne condition pour pouvoir étudier à
gauche
dans le débat présidentiel ce canadère social comme vous dites il peut être piloté par Jean-Luc Mélenchon mais pourquoi
par
un tel ou un tel arrêtons ça le mouvement social large il n'est pas la propriété de personne il n'est la propriété d'ailleurs ça ne sert à rien d'appeler au canadère
de ce type de cela ça ne sert à rien et il n'est pas la
propriété de personne on
a encore pas
une Fabien Gui on a encore pas une
présidentielle mais là la
question c'est répondre à l'urgence sociale du pays d'accord voilà et s'il y a le retour à l'ordre et si par contre il n'y a pas de réponse sociale je sais à qui ça peut profiter
mais
peut-être qu'Emmanuel Macron à qui selon vous ? à l'extrême droite parce qu'il faut parler clair le retour à l'ordre et les scènes qu'on a vues si on ne répond pas aux aspirations légitimes du pays ça peut finir à l'extrême droite ça je ne le souhaite pas
merci beaucoup Fabien Gui d'avoir été notre sénateur invité
ce
matin voilà c'est une interview rythmée pour parler de cette question très importante de la colère sociale et aussi des violences qui ont émaillé ces manifestations du samedi 17 octobre Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous
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Fabien Gay