Y a-t-il une dynamique Édouard Philippe ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Exclusivité Carrefour. ... - L.Sénéchal: Bonsoir.
Bienvenue dans "C dans l'air". Mon invité est L.Hausalter.
Bonsoir. Vous êtes journaliste politique au "Figaro", journal dans lequel s'est exprimé L.Wauquiez, qui ouvre la voie à un ralliement derrière E.Philippe pour la présidentielle. "L'ancien Premier ministre peut incarner l'ordre et le sérieux permettant de redresser la France." Son parti a pourtant un candidat, B.Retailleau.
Pour L.Wauquiez, il faut, le plus tôt possible, savoir se retirer si nécessaire. Un manque de loyauté dont s'amuse une des voix singulières de LR, J.-F.Copé. - J.-F.Copé: Je me suis pris une lettre me demandant de clarifier...
J'ai eu le malheur de constater qu'E.Philippe était en tête dans les sondages. Je ne sais pas ce qui va lui arriver.
Au-delà de ça, nous sommes un certain nombre aujourd'hui à exprimer une inquiétude sur le risque de la multiplicité des candidats à droite. - L.Sénéchal: Il pourrait être sanctionné, L.Wauquiez? - L.Hausalter: Vous connaissez les affaires internes des Républicains, qui ne sont plus le parti qu'ils étaient. - L.Sénéchal: Comment a réagi B.Retailleau? - L.Hausalter: Il a envoyé un mail aux adhérents expliquant que lui, les trahisons, ça n'était pas lui et qu'il restait loyal à ses valeurs.
Il ne cite pas L.Wauquiez, mais on voit que c'est une réponse à ce coup de poignard de L.Wauquiez.
Le problème chez Les Républicains, c'est qu'il y a un candidat et qu'il y a tous ceux qui ne peuvent pas être candidats, mais qui ne peuvent pas soutenir B.Retailleau, ne serait-ce que pour cette question. B.Retailleau doit gérer toute cette palanquée d'éléphants qui lui tirent dans le dos tout en essayant de conserver son cap et sa candidature à la présidentielle.
C'est une difficulté pour lui. - L.Sénéchal: Quel est le poids politique de L.Wauquiez?
Il est quand même chef de file des députés LR, mais il a été balayé pour prendre la tête du parti face à B.Retailleau. - L.Hausalter: Oui.
Ce nouveau revirement...
On a vu refleurir des déclarations où il expliquait que lui vivant, jamais il ne s'allierait avec E.Philippe. Il tenait ces discours il y a un ou deux ans.
Ca ne lui donne pas une image de personnalité sincère et loyale aux convictions constantes. La difficulté d'image...
Généralement, dans le spectre politique, qui sont les personnalités qui, aujourd'hui, font bouger les lignes, font bouger des électeurs quand ils rallient un candidat à l'élection présidentielle? Est-ce qu'il y a encore un F.Bayrou qui, quand il rallie E.Macron en 2017, crée un choc dans la campagne présidentielle et redynamise la candidature Macron?
Ca n'existe plus dans le champ politique. - L.Sénéchal: E.Philippe se satisfait quand même des déclarations de L.Wauquiez dans "Le Figaro".
Il dit qu'il a engrangé le ralliement de 2 ministres macronistes, dont M.Bregeon, porte-parole du gouvernement, membre de Renaissance, le parti de G.Attal, qui est aussi candidat.
Il est en train de plier le match? - L.Hausalter: Non, parce qu'on ne peut pas plier un match avant l'été de l'élection présidentielle.
On est à peine à un an du match. Le champion d'automne n'est pas toujours le champion du printemps, comme au foot. Tout cela est très prématuré.
E.Philippe le sait très bien. Il a vécu la campagne d'A.Juppé.
Avant la campagne de 2017, A.Juppé était président. Ce n'est pas ce qui s'est passé.
Il n'a même pas pu être candidat à l'élection parce qu'il n'a pas su convaincre son camp lors de la primaire de la droite. Non, il n'a pas plié le match. Il vaut mieux avoir des ralliements que de ne pas en avoir, surtout avant le meeting qu'il va tenir dimanche.
Le défi, c'est de ne pas rater son premier meeting. Pour qu'il soit dans le match et qu'il conforte son statut de leader du bloc central, il ne faut pas qu'il rate ce rendez-vous. - L.Sénéchal: L.Wauquiez ne sera pas au meeting d'E.Philippe?
Ce n'est pas un ralliement pur et simple? - L.Hausalter: Dans les colonnes du "Figaro", il ne dit pas qu'il rallie E.Philippe, mais qu'il fait un pas vers lui.
Ce qui fait les affaires d'E.Philippe, c'est les déclarations de L.Wauquiez à son égard, le bazar que ça met dans le camp Retailleau.
Il y a un match pour l'électorat de droite entre Philippe et Retailleau. - L.Sénéchal: Et également entre Philippe et Attal, G.Attal qui tente de se démarquer d'E.Philippe.
Il propose un système de retraite sans âge de départ, alors qu'E.Philippe dit qu'il faut travailler plus longtemps. - G.Attal: Je laisse à d'autres le sang et les larmes.
Je vous promets l'action et l'espoir. Nous sommes prêts...
Nous sommes prêts et nous allons changer de système autour d'une seule priorité: l'avenir, préparer l'avenir, écrire l'avenir, décider l'avenir. - L.Sénéchal: Ce duel Attal-Philippe peut se crisper encore?
E.Philippe peut perdre des points? Attal aussi? - L.Hausalter: Oui, précisément parce que c'est un duel.
Il n'y a que 2 candidats qui sont détachés dans le bloc central. C'est déjà 2 de trop, compte tenu de l'électorat post-macroniste, ce qu'il reste de supporters de ce bloc. En plus, ce sont des gens qui se définissent en négatif.
Ils veulent éviter un second tour RN-LFI. On ne voit pas un enthousiasme pour l'une ou l'autre des personnalités, mais plutôt à un vote barrage, la recherche d'une solution pour éviter ce second tour. Le fait de s'inscrire en négatif ne favorise pas une dynamique pour un candidat parce qu'il n'y a pas d'enthousiasme.
On parle assez peu de projets. On voit ces divergences sur les retraites qui sont importantes. Faire sauter l'âge de départ a un impact significatif.
Il y a une vraie différence entre G.Attal et E.Philippe.
Deux trains sont lancés l'un contre l'autre. Le seul élément qui pourrait pousser au retrait de l'un s'il est un peu largué dans les sondages, c'est cette pression de l'électorat de dire: "Entendez-vous. Sinon, il n'y aura personne du bloc central au second tour et ce sera le RN contre LFI." - L.Sénéchal: La question des retraites est épidermique en France.
E.Philippe avait évoqué un système par points qui avait été voté en première lecture à l'Assemblée. Il faut dire aux Français qu'ils vont devoir travailler plus longtemps? - L.Hausalter: On voit que tous les candidats cherchent à se débarrasser de cette question, à l'évacuer.
C'est la question qui n'a pas été tranchée durant les 10 ans de Macron. Pourtant, il y a eu une réforme des retraites qui a été suspendue en échange de la clémence de la gauche pour faire voter un budget. Il y a des candidats comme G.Attal et J.Bardella qui parlent de faire sauter l'âge de départ, ce qui cristallise toute la tension.
On dirait qu'on va simplifier toute l'équation budgétaire avec cette question. Il y a ceux qui veulent assumer le discours de vérité et de sérieux budgétaire, comme E.Philippe et B.Retailleau, qui vont assumer un âge de départ, assumer de demander aux Français de travailler plus longtemps.
On se rappelle de F.Fillon, qui avait beaucoup axé son discours là-dessus. Peut-être qu'il a aussi perdu des points là-dessus et pas que sur les affaires.
Les retraites, c'est ce mistigri que tout le monde se refile en ne trouvant pas la porte de sortie. Je crois que les Français vont regarder un peu plus sérieusement ce qui va être dit là-dessus. La conjugaison de la dette publique, des déficits et du ralentissement démographique, dont on commence tous à prendre conscience, met cette question parmi les sujets prioritaires. - L.Sénéchal: E.Philippe dit qu'une mise en examen ne va pas l'empêcher d'être candidat... - L.Hausalter: Personne parmi les candidats, désormais, ne commet l'erreur de F.Fillon, qui avait dit qu'il ne serait plus candidat s'il était mis en examen.
Ils ont tous des affaires à leurs trousses. E.Philippe en a, dans le bloc central. - L.Sénéchal: Et peut-être J.Bardella demain. - L.Hausalter: Exactement.
D'autres enquêtes ont été ouvertes. On a vu R.Dati pendant les municipales.
La justice ouvre tellement d'enquêtes sur des personnalités politiques et n'hésite pas à les condamner fort. On l'a vu dans le cas de M.Le Pen et de N.Sarkozy.
Il me semble qu'il y a une banalisation. J'observe qu'E.Philippe précise bien qu'une mise en examen ne l'empêcherait pas...
C'est ce qui avait coûté sa place au second tour à F.Fillon en 2007. - L.Sénéchal: Pour M.Le Pen, on attend la décision mardi.
Le parquet financier a requis 5 ans d'inéligibilité en appel, mais aussi un an de prison sous bracelet électronique. Elle a dit que si elle échappait à l'inéligibilité, elle ne pourrait pas faire campagne sous bracelet électronique. C'est une manière pour elle de préparer le terrain, de dire qu'elle ne sera sans doute pas la candidate du RN? - L.Hausalter: C'est curieux, ce que fait M.Le Pen.
Elle enterre elle-même ses chances. Elle fixe elle-même des conditions. Il faudrait que les juges soient très cléments pour qu'elle soit bel et bien candidate.
On a tous noté son envie de rester dans le jeu politique. Elle est présente médiatiquement. Elle fait une interview quelques jours avant que la décision ne tombe.
Ce week-end, elle va à Liévin, dans le Pas-de-Calais, avec J.Bardella. Le duo sera présent à une fête militante.
Tous les 2 seront là quelques jours avant que la décision ne tombe. Il y a une chose de paradoxale dans l'attitude de M.Le Pen.
Elle semble parfois acter elle-même qu'elle ne pourra pas être la candidate. En même temps, elle reste dans le jeu politique. Elle y restera si c'est une campagne de J.Bardella. - L.Sénéchal: Est-ce qu'E.Macron va s'impliquer dans la campagne?
B.Macron, qui est pourtant proche de G.Attal, s'est affichée avec une forme de complicité chez E.Philippe, où ils inauguraient le plus grand porte-conteneurs commercial français au Havre. - L.Hausalter: E.Macron, ça peut être un baiser de la mort.
Son impopularité peut jouer contre son potentiel successeur. Les prétendants à sa succession essayent d'ailleurs de s'inscrire en rupture avec lui. Peut-être que ça va le démanger.
Peut-être qu'il dira un mot contre ce qu'il appelle les partis extrêmes si l'un ou l'autre affrontait le bloc central au second tour. On ne serait pas étonné de le voir dire un mot. La question, c'est plutôt est-ce qu'il fait des croche-pattes aux candidats de son propre camp, sachant qu'il entretient des relations mauvaises avec G.Attal et E.Philippe?
En même temps, on ne voit pas surgir un plan C qui plairait au président. E.Macron ne considère pas que sa vie va s'arrêter en mai 2027 non plus. - L.Sénéchal: Voici votre livre.
Merci. Dans un instant, dans "C dans l'air", D.Trump profite de sa présidence pour s'enrichir.
On parlait de probité. C'est pas le 1er mot auquel on pense quand on évoque
Édouard Philippe