RETRAITES : "LES FRANÇAIS N'ARRÊTERONT PAS DE LUTTER" (Reportage)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:02RelanceÉludée
Si c'est une défaite, je vous coupe, mais est-ce que c'est une défaite ?
- 2:50OuverteRéponse directe
Je vois abrogation de la réforme, vous y croyez encore ?
- 4:31OuverteRéponse directe
D'ici à jeudi, le moral est bon, on a confiance ?
- 5:21RelanceRéponse directe
Mais est-ce que ce n'est pas un peu maigre ?
- 8:47FerméeRéponse directe
C'est votre dernière cartouche. C'est quoi la stratégie de l'intersyndicale ?
- 10:56OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous répondez à cette personne et aux militants de l'extrême-gauche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:05PrésentateurFait
« La réalité, c'est que s'il y avait un vote aujourd'hui, ils le perdraient. »
- 0:21InvitéFait
« La réalité, c'est elle qui n'est pas constitutionnelle. »
- 0:50PrésentateurFait
« soit deux jours avant le vote compromis à l'Assemblée nationale de la PPL-Liott, la proposition de loi du groupe Liot, qui vise à abroger la dite réforme. »
- 1:02PrésentateurFait
« la majorité relative présidentielle a vidé cette proposition de loi en commission il y a quelques jours de sa substance en venant supprimer son principal article, qui votait en l'État ce jeudi, aurait permis de revenir sur les 64 ans imposés au pays par Macron. »
- 1:45Locuteur non identifiéFait
« Demain, quoi qu'il se passe, il n'y aura pas d'abrogation de la réforme des retraites. »
- 3:02Locuteur non identifiéFait
« avec le plan régional de santé de l'île de France, c'est encore fermer des lits, encore fermer des services entiers, encore diminuer les emplois. »
- 3:49Locuteur non identifiéChiffre
« Et pour embaucher 300 000, personne n'avise à domicile. »
- 6:07Locuteur non identifiéFait
« Bien sûr qu'on se limite pour l'instant à ce que nous avons pu obtenir, c'est-à-dire peu de choses. »
- 7:36Locuteur non identifiéFait
« La réalité, c'est que s'il y avait un vote aujourd'hui, ils le perdraient. »
- 8:52InvitéFait
« La PPL de jeudi, elle est en course. Et donc, les choses vont se passer jeudi. Elles ne sont pas jouées. »
- 9:39Locuteur non identifiéFait
« Le décret est publié sur les 64 ans. »
- 10:40Locuteur non identifiéFait
« Et ensuite, s'il n'y avait pas de vote à l'Assemblée nationale, je le dis, cette loi, elle sera légale. »
- 12:46InvitéFait
« Au bout d'une heure et demie, on est ressorti après quoi ? Après une heure et demie de monologue patronal. »
- 14:16InvitéFait
« La première suite un peu évidente, c'est la question d'une motion de censure où il faut qu'on trouve dans quelle configuration ça se fait, c'est-à-dire NUPES ou NUPES-LIOT plus large, etc. »
- 15:27Locuteur non identifiéChiffre
« les 800 condamnations à de la prison ferme, des gilets jaunes, les milliers de gens qui sont ramassés des amendes, qui les tuent, parce qu'une amende à 150 balles, quand vous êtes à 1200 euros, ça fait beaucoup. »
Temps de parole
- Invité31 %
- Présentateur27 %
- Invité 211 %
- Locuteur non identifié7 %
- Locuteur non identifié 26 %
- Locuteur non identifié 36 %
- Locuteur non identifié 46 %
- Locuteur non identifié 54 %
- Locuteur non identifié 62 %
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Si c'est une défaite, je vous coupe, mais est-ce que c'est une défaite ? Oui, c'est une défaite. La réalité, c'est que s'il y avait un vote aujourd'hui, ils le perdraient.
Je pense que les Français sont assez rancuniers dans l'amour. Quand on est syndicaliste, on est par nature combatif et que quand on perd par la porte, on rejoue par la fenêtre. La réalité, c'est elle qui n'est pas constitutionnelle. Elle empêche les députés de voter. Enfin, moi, ça me fait gerber.
Parce que vous êtes comme tout le monde, vous vivez.
Et tant que vous vivez, vous luttez. Soit ça repart, soit c'est un flop. Le jeu de cette journée de mobilisation nationale, 14e du nom, contre la réforme des retraites, adoptée dans la douleur, dans la violence, d'une légalité antidémocratique. 250 rendez-vous sont fixés un peu partout en France, en ce mardi 6 juin, soit deux jours avant le vote compromis à l'Assemblée nationale de la PPL-Liott, la proposition de loi du groupe Liot, qui vise à abroger la dite réforme.
Vote compromis parce que la majorité relative présidentielle a vidé cette proposition de loi en commission il y a quelques jours de sa substance en venant supprimer son principal article, qui votait en l'État ce jeudi, aurait permis de revenir sur les 64 ans imposés au pays par Macron. Mais rien n'est encore totalement joué. Le groupe Liot arrivera-t-il à amender sa proposition de loi jeudi à l'Assemblée nationale pour faire réintroduire l'article premier supprimé ? Ou bien la présidente macroniste jugera-t-elle la demande, comme attendu, irrecevable ? C'est la grande question de cette semaine ? C'est la grande question de cette semaine ?
Salut, c'est le Djémil du futur, nous sommes le C'est le Jouin et je suis en train de faire le montage du reportage. Et spoiler, la grande question de cette semaine n'est plus celle-ci, puisque Yaël Braun-Pivet ce matin sur BFM TV a déclaré ceci.
Demain, quoi qu'il se passe, il n'y aura pas d'abrogation de la réforme des retraites. Bon, ce n'est pas comme si le suspense était insoutenable.
Néanmoins, l'enjeu n'est donc plus celui-ci. Reprenons donc le cours du reportage. Mais avant cela, c'est au tour de la rue de s'exprimer. Son rôle est crucial, important, décisif dans une démocratie saine, mais l'est-elle encore dans notre pays aujourd'hui ? À l'heure où le ressentiment, déjà important dans la population, continue de progresser et pourrait bien finir par exploser si les choses évoluent mal, la crise est-elle encore focalisée sur les retraites, ou est-elle définitivement axée sur notre régime politique ? Sommes-toutes malades. Pour le Média, je vous emmène aujourd'hui au cœur de la manifestation parisienne pour tenter de trouver les réponses à nos questions.
C'est parti ! Très motivé, ouais. Et au vu de ma blouse, on est très fâchés, nous. Très fâchés dans la santé.
Et bon, bonjour vous deux. Je vois abrogation de la réforme, vous y croyez encore ?
On ne serait pas là, sinon on irait randonner dans la campagne, pas à Paris. Oui, on ne lâche pas, mais vous savez que ce qui nous prévoit là, avec le plan régional de santé de l'île de France, c'est encore fermer des lits, encore fermer des services entiers, encore diminuer les emplois. Je crois que là, on est vraiment dans une phase où il va falloir qu'on discute réellement, parce que là, je pense que ce gouvernement est en train de nous changer notre paradigme de protection sociale. Le peuple n'a absolument pas son mot à dire.
Il est contraint, il arrive, il va contraindre, paraît-il, jeudi, les députés à ne pas voter en dégainant l'article 40. Donc, voilà quoi, c'est vraiment un délit de démocratie totale.
Voilà, et c'est ça le malheur. Le 20 juin, parce que le 20 juin, c'est tous les services publics qui vont se mobiliser. Et pour embaucher 300 000, personne n'avise à domicile.
C'est noté. Bonne manifestation à vous. Comment ça va ?
Très bien.
N'empêche que ça peut détonner avec ce qu'on entend dans le concret. D'ici à jeudi, le moral est bon, on a confiance ?
Présidente de l'Assemblée nationale, du fait qu'elle ne soit pas un porte-flingue, mais bien garante d'une institution, nous avons confiance en elle.
On sent la confiance. On a soif ? Alors, bonjour. Bonjour. Comment allez-vous ? Bien. C'est vrai ? Oui. Malgré le peu de suspens qu'il y a pour jeudi ?
Mais moi, ce que je crois, et qui a déjà été gagné, et que personne ne pourra enlever aux Français, c'est leur capacité à se mobiliser, à être dignes ensemble, et à défendre leurs conquis sociaux.
Mais est-ce que ce n'est pas un peu maigre ? Alors, on entend, l'Inter-Sydical dit un peu la même chose aussi. Ce n'est pas se contenter un peu du peu, puisqu'on a quand même... Alors là, il y a moins de monde que d'habitude. Et il y avait des millions de gens il n'y a pas assez longtemps. Et le gouvernement, il s'en fiche, il avance. Est-ce que ce n'est pas se contenter du moins pire ? Est-ce que ce n'est pas un problème plus grave au fond ?
Mais ce n'est pas une défaite, je dis. On veut nous interdire de voter. Donc il ne peut pas y avoir de défaite si on nous interdit de voter. L'enjeu, je ne sais pas si vous réalisez, c'est juste d'avoir le droit d'exercer notre devoir de parlementaire, à savoir amender des lois, les changer, les voter. C'est simple, c'est basique. Et donc on se bat pour avoir ce droit-là. Donc ce n'est pas que c'est perdu, c'est qu'il y a des gens qui estiment que leur gain est plus important que le respect de la démocratie, c'est tout. Bien sûr qu'on se limite pour l'instant à ce que nous avons pu obtenir, c'est-à-dire peu de choses. Mais ils n'ont pas gagné non plus.
Ils se retrouvent dans une situation d'impopularité et d'incompréhension massive. Et la meilleure façon de les stopper, c'est encore de leur signifier par les urnes et de les mettre au plus bas niveau.
Et est-ce que vous pensez que ça va survivre à l'été, ce combat-là ? Est-ce que les Français peuvent en avoir aussi marre, quelque part, et veulent passer à autre chose ?
Je pense que les Français sont assez rancuniers dans la main. Je ne suis pas sûre qu'ils passent au-dessus si facilement. Mais par contre, la question, c'est quel débouché politique qu'on donne à tout ça, et c'est ça le sujet. Et là, ça me fait moins rire, parce que dans la mesure où Macron écrase la démocratie sociale, bafoue la démocratie parlementaire, à la fin, il reste la violence, la colère, la colère qui se transforme en violence. Et je me dis que ce président qui veut vraiment marquer l'histoire finira par être celui qui est passé à côté de tout.
Là, vous faites face à un gouvernement qui ne veut répondre de rien, il est têtu, il est borné, on peut faire un mauvais jeu de mots. Est-ce que là, on s'en remet aux urnes, vous l'avez dit les urnes l'année prochaine, mais en 2027, rien à faire avant 2027 ?
Bien sûr que si, d'abord, parce qu'il y a 2024, il y aura des élections. Donc, même si ce n'est pas leur objet exclusif, c'est toujours le moment de venir dire à un pouvoir que, bon, voilà, trop, c'est trop. Et puis ensuite, il y a des votes tous les jours à l'Assemblée. La loi de règlement hier n'a pas été adoptée par l'Assemblée. Il y a plein de sujets sur lesquels il peut y avoir de nouvelles victoires, même si sur ce sujet-là, parce qu'il n'y a pas eu de vote. Encore une fois, rappelons que c'est parce qu'il n'y a pas eu de vote que le gouvernement a pu passer. La réalité, c'est que s'il y avait un vote aujourd'hui, ils le perdraient.
Un, le RN, c'est un groupe charognard. C'est-à-dire qu'en fait, ils essayent d'avoir le cadavre des retraites pour arriver au pouvoir en 2027. Mais ces gens n'ont rien fait. Et je voudrais vraiment le poser, ils n'ont rien fait. Ils n'étaient pas là au moment de se poser. Ils n'étaient pas là au moment de monter le rapport de force avec la majorité. Il n'y avait personne. Donc c'est uniquement des charognards de la démocratie. La première chose. La deuxième chose, c'est que là, on a encore des cartes en main. On ne va pas vous les donner, mais on en a encore quelques-unes. Et la dernière chose, c'est que... C'est ça la question aujourd'hui. On est dans un décorum.
Et quel est le poids de l'opposition dans ce décorum ? La réponse jeudi.
Avant le début de la manifestation, on va se diriger juste à quelques pas à l'Assemblée nationale où se tient le point de presse, le point presse de l'intersyndical.
C'est quoi la stratégie aujourd'hui
alors que la PPL Lyot est quand même mal partie quand même ? C'est votre dernière cartouche. C'est quoi la stratégie de l'intersyndicale ?
La PPL de jeudi, elle est en course. Et donc, les choses vont se passer jeudi. Elles ne sont pas jouées. Et nous appelons solennellement Yael Brunpivet à laisser l'Assemblée nationale voter. Vous y croyez ? D'ailleurs, oui, tout à fait. Et surtout, moi, je crois au rapport de force. Et donc, c'est la raison pour laquelle j'appelle toutes celles et ceux qui nous regardent et qui nous écoutent à utiliser la plateforme intersyndicale jusqu'au retrait.fr pour interpeller Yael Brunpivet et le président de la République sur la nécessité de laisser voter les députés parce qu'il y a besoin d'un vote démocratique sur cette réforme qui impacte concrètement nos vies.
Non, parce qu'en fait, vous, vous fonctionnez en séquence comme le président de la République, il n'y a pas d'avant et d'après. Il y a la vie. Il y a la vie des travailleurs et des travailleuses. Moi, on peut leur mentir. On peut leur dire que cette loi, elle ne s'appliquera pas. Moi, j'adorerais leur dire aujourd'hui. Le décret est publié sur les 64 ans. Donc, moi, j'espère beaucoup. C'est pour ça qu'on est là. J'espère beaucoup qu'après-demain, le Parlement aura enfin l'occasion de s'exprimer sur les 64 ans qui va bouleverser la vie des millions et de millions de travailleurs et de travailleuses.
Mais si ce n'était pas le cas après-demain, l'ensemble des possibilités de faire reculer le gouvernement seront derrière nous. Aujourd'hui, c'est la fin d'un cycle peut-être parce qu'effectivement, on voit bien que le projet de loi, il est passé. Maintenant, on a... D'abord, on va continuer à revendiquer son abrogation. Est-ce que c'est une défaite ? Je vous coupe, mais est-ce que c'est une défaite ? Vous avez vu que c'est passé. C'est une défaite ? Oui, c'est une défaite. Et c'est une défaite qui ne nous fait pas plaisir. C'est une défaite qui nous met en colère. Oui, c'est une défaite. Aujourd'hui, on devrait avoir une loi abrogée. On devrait ne pas avoir cette loi.
Le pays tout entier s'est mobilisé avec des arguments, avec un contre-projet, des financements en tout cas différents. Et aujourd'hui, on a cette loi qui tombe comme un coup près. Donc oui, ça fait mal. Et ensuite, s'il n'y avait pas de vote à l'Assemblée nationale, je le dis, cette loi, elle sera légale. Il n'y a pas de problème là-dessus. Elle sera démocratique au sens où il n'y a pas eu de mesures antidémocratiques pour le prendre, mais elle souffrira d'une légitimité démocratique.
Un point sur la stratégie. Certains, notamment à l'extrême-gauche, je pense aux militants, à Nascazib, accusent l'intersyndicale d'avoir, je cite, tué sciemment le rythme de la contestation, d'avoir éloigné les jours d'action, etc. pour faire le lit un peu du gouvernement et de la défaite qui peut arriver peut-être jeudi, etc. Qu'est-ce que vous répondez à cette personne et aux militants de l'extrême-gauche ?
L'intersyndicale, elle a tout fait pour gagner cette mobilisation et notamment pour rester unie. Parce qu'on sait que l'unité syndicale, c'est un ingrédient central dans la réussite des mobilisations et ça le montre, puisque c'est grâce à l'unité syndicale qu'on a tenu aussi longtemps avec autant de manifestantes et de manifestants.
Et donc, pour répondre à la question de la stratégie de l'intersyndicale, je pense qu'on a été tout le temps et on a eu raison de le faire dans l'équilibre entre un, il faut monter en puissance, il faut faire des actions fortes et donc aller jusqu'à mettre le pays à l'arrêt. On y a appelé quand même à mettre le pays à l'arrêt le 7 mars. Et deux, garder l'opinion avec nous. Et ça a été une tension parfois, oui, garder l'opinion, c'est pas toujours simple quand on organise du blocage.
Donc on a été dans cette discussion, mais c'était une vraie discussion stratégique et on l'a menée jusqu'au bout et on a été dans cet équilibre-là et on a permis à la fois que le mouvement soit très dur, très fort, avec des grèves fortes, des manifestations nombreuses et à la fois très populaires.
Et vous dites que le gouvernement n'écoute pas forcément, ne vous écoute pas, n'empêche qu'encore, la semaine dernière, ici même, on nous a affirmé à nos caméras qu'Aurore Berger disait que le gouvernement ne faisait rien sans parler au syndicat, justement, sans parler, le dialogue social était au cœur. Mais vous répondez quoi en fait à cela ?
Le problème, c'est que je ne peux plus dire lol Non, mais il ne faut pas se moquer du monde. C'est-à-dire que le gouvernement, je suis allée rencontrer Elisabeth Borne, on y est allée il y a 15 jours, trois semaines et on nous parlait de dialogue social. Moi, j'y suis allée pour, bon, moi, j'ai dit on n'y est pas allée pour discuter, on y est allée pour négocier, mais c'était le mot dialogue social qu'on nous avait vendu. Au bout d'une heure et demie, on est ressorti après quoi ? Après une heure et demie de monologue patronal.
Parce que toutes les revendications que nous avons portées, évidemment, le retrait de la réforme des retraites, d'annuler les ordonnances Macron et de remettre en place une représentation du personnel de proximité dans les entreprises, le fait d'avoir des mesures coercitives pour l'égalité femmes-hommes, etc., elles ont été balayées d'un revers de main. Donc aujourd'hui, c'est le gouvernement qui refuse de négocier avec les organisations syndicales et qui refuse de négocier d'ailleurs sérieusement parce que la seule chose qu'ils veulent bien faire, c'est nous voir pour échanger sur la base de leur agenda gouvernemental.
Mais nous, leur agenda gouvernemental et patronal régressif, on n'en veut pas. Ce que nous voulons, c'est avoir de vraies négociations sur la base des attentes, des besoins des salariés et de nos exigences. La suite, c'est une évidence. Les gens ont fait 14 manifestations par minute.
Ça va voir quelle forme la suite ?
La première suite un peu évidente, c'est la question d'une motion de censure où il faut qu'on trouve dans quelle configuration ça se fait, c'est-à-dire NUPES ou NUPES-LIOT plus large, etc. Donc ça, les discussions sont déjà en cours pour se préparer à toute éventualité parce que...
Est-ce qu'on ne tourne pas en rond, franchement, là ? Est-ce qu'on ne tourne pas en rond ? Le gouvernement... Mais oui, mais le gouvernement ne veut pas.
Non, c'est trop injuste. Ce n'est pas possible de lâcher l'affaire sur cette question. Et donc, après, la vie parlementaire continuera, il y aura d'autres occasions. On ne lâchera pas l'affaire sur ce sujet. Et je veux dire, l'intersyndicale Sophie Binet dit qu'on ne lâchera pas l'affaire sur le sujet des retraites. Les gens, globalement, on le voit, le soutien à la mobilisation, il ne faiblit pas.
L'enjeu de cette bataille au-delà de la politique, c'est quand même de la faire entrer dans l'imaginaire. Est-ce qu'aujourd'hui, avec cette brutalisation de la population que vous décrivez tout à l'heure, à juste titre, les Français et Français sont encore capables ou ont encore envie d'aller à la bagarre ? C'est un peu ça, quand même.
Oui. L'énergie des Français, elle est inépuisable. Sinon, on ne serait pas là. Mais évidemment, regardez, après tout ce qu'on a pris dans la gueule, après les éborgnés, les émasculés, les gens mis en garde à vue, les 800 condamnations à de la prison ferme, des gilets jaunes, les milliers de gens qui sont ramassés des amendes, qui les tuent, parce qu'une amende à 150 balles, quand vous êtes à 1200 euros, ça fait beaucoup. Et ils sont là, ils sont encore là, encore là, encore là. Ça ne s'arrêtera jamais.
Mais c'est quoi la place, là, quand même, vous faites la liste macabre d'une cinquième République qui permet le musèlement de l'opposition. On a l'impression que c'est un peu ça. Et elle sait à quoi l'opposition, du coup, en deux mots, dans cette cinquième République aujourd'hui ?
Eh bien, je pense que c'est eux que ça devrait questionner en premier lieu. Parce qu'on ne gouverne pas par la force. Pas pendant cinq ans, pas sans que la colère monte dans le pays et la colère monte dans le pays. Donc, ils peuvent l'emporter par la force, mais de fait, ça crée autre chose. Alors, ce que ça va créer, et qu'il y a une évidence, c'est de la déception, de la rancœur. Vraisemblablement, ça peut nourrir l'abstention, mais ça peut aussi nourrir des formes de mobilisation, de lutte, qu'on ne voit pas forcément venir maintenant. Mais je veux dire, entre les questions de logement, les questions d'inflation et les questions de droits sociaux de manière générale, la colère monte.
Voilà. Les gens en ont ras-le-bol. Donc, pour l'instant, on ne lâche rien sur ce sujet des retraites. Mais moi, je ne crois pas que ce pouvoir puisse durer quatre ans à ce régime-là.
Et l'imaginaire collectif est rempli, ces images, de ce sentiment de force qu'on a ressenti à un moment donné. Et en même temps, le fait, voyez-vous, qu'il n'a pas le point. Il n'a pas gagné.
Tout le monde le fait. Sur la femme des retraites, au moins sur ce sujet-là, est-ce qu'il y a encore moyen d'avoir espoir pour la population ?
Mais monsieur, vous, vous allez mourir, vous le savez. Alors, qu'est-ce que vous foutez là ? Pourquoi vous n'êtes pas directement à vous jeter dans la scène ? Parce que vous êtes comme tout le monde. Vous vivez. Et tant que vous vivez, vous luttez. Pour gagner votre pain, pour faire votre boulot correctement. Et bien pareil, tous ces gens, tant qu'ils sont vivants, ils continuent. Demandez-leur s'ils veulent s'arrêter. Ce n'est pas à moi qu'il faut le demander. Ils ne veulent pas. Qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse ? Allez.
Le message, c'est contester l'usage d'armes de guerre dans la répression des mouvements sociaux et rappeler à la police, aux forces de l'ordre, les mutiler.
Du coup, Orberger, t'inspire.
En mal, mais oui, c'est un jeu de mots sur Orberger que je ne peux pas sentir, malheureusement.
Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il ne va pas avec cette...
Elle est méprisante, du coup méprisable et elle ne fait que mentir, j'ai l'impression. C'est une bonne petite soldate de Malcon, j'ai l'impression. Puisqu'il y a une aspiration au sebeul monumentale et qu'il y a beaucoup de gens qui tournent en tête de cortège et que les photos de poubelles qui brûlent ou de gens qui jettent des pavés tournent beaucoup plus vite que les cagnottes de solidarité pour les personnes mutilées. L'idée, c'est d'inventer, de proposer une forme d'action reproductible puisqu'il y a un tutoriel pour faire de l'action symbolique, pour contester les armes avec des armes on l'ait, avec tous les collectifs et en soutien aux mutilés pour l'exemple.
Oui, alors c'est difficile parce qu'à la base, nous, on combat la misogynie et on aimerait qu'il y ait plus de femmes qui représentent l'État mais avec Aurore Berger, c'est compliqué parce que du coup, c'est absolument pas des femmes qui ont compris la base du féminisme et on se retrouve emmerdées parce qu'on veut des femmes, on veut que les quotas soient respectées mais alors avec Aurore Berger, qu'est-ce qu'on fait ? Elle est responsable de ça, c'est ça qui m'énerve. Elle est responsable et elle va sortir des grands discours te disant que c'est pas constitutionnel, je sais pas quoi, ce que Lyot a fait, mais pas du tout, il faut arrêter, c'est elle qui est pas constitutionnelle.
Elle empêche les députés de voter. Enfin moi, ça me fait gerber.
Et là, dernière question parce que j'ai pu m'entretenir avec les députés justement de l'opposition qui sont avec vous en manifestation. Eux, ils sont encore dans la même stratégie de demander, de supplier, il y a une gros pivot, d'accepter l'amendement, etc. Bref, se reposer sur la loi et du coup, on voit que la loi aussi peut aller contre la démocratie. Ma question est claire, est-ce que vous avez encore foi en nos institutions en France aujourd'hui ?
Non, non, moi je suis à fond pour une sixième république mais c'est pas nouveau. Je veux dire, ça a été proposé déjà dans le programme de Jean-Luc Mélenchon, enfin la France insoumise, pardon, en 2017, c'est pas nouveau et maintenant c'est marrant parce qu'on commence à voir des gens un peu plus centristes, tu vois, c'est pas vraiment la gauche, elle est fille, c'est plus centristes qui demandent en fait ce genre de choses parce que effectivement, je pense qu'on en arrive à, c'est une démonstration parfaite effectivement que notre système il ne fonctionne pas du tout. C'est parti !