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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 5 octobre 2017 32 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

#RDLS41 : CATALOGNE, ESPAGNE, CETA, 10 OCTOBRE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Un gouvernement autonome décide de prendre l'initiative de convoquer un référendum sur l'indépendance. »
  • 10:00Jean-Luc MélenchonFait
    « L'Espagne n'a jamais réussi à achever un processus d'intégration nationale harmonieux. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour. C'est la 41e revue de la semaine et il y a un petit détail très important qui a changé... sur moi.

Devinez lequel. Bon allez, générique! Je vais commencer par vous parler de ce qui se passe en Catalogne.

Je vais pas dire que c'est une question simple, quand dans un état, où il y a des autonomies extrêmement amples, un gouvernement autonome décide de prendre l'initiative de convoquer un référendum sur l'indépendance. On...

C'est pas... ce n'est pas une démarche évidente à accepter.

Parce qu'il y a une règle du jeu, et la règle du jeu prévoit pas que ce type de référendum soit... soit organisé.

Par conséquent ce que je vais dire n'a pas valeur, ni d'approbation, ni bien sûr de condamnation de ce qui s'est passé et des décisions qui ont été pris par la généralité de Catalogne. Mais, nous les français, nous sommes directement concernés, parce que ça se passe à notre frontière. Et quand on parle d'Espagne, les français savent qu'ils peuvent leur en cuire, de ne pas se préoccuper de ce qui s'y passe, et de considérer que tout ça étant de l'autre côté des Pyrénées, bien ma foi qu'ils fassent comme ils le sentent.

Non ! La non-intervention, par exemple, au... au côté du gouvernement républicain espagnol au moment du coup d'état du Général Franco, ça nous a coûté très cher... par la suite.

C'est une erreur historique majeure qui a été commise à ce moment là par le gouvernement du front populaire. Il fallait aider le gouvernement républicain. Là évidemment, c'est pas du tout les mêmes... les mêmes... condiments, hein.

Je m'empresse de le préciser parce que sinon après j'ai droit d'interminables procès sur l' usage que je fais de l'histoire. L'histoire nous fournit des matériaux pour réfléchir et elle... elle nous aide à essayer d'éviter la répétition d'erreurs.

Il y a une erreur à ne...

à ne...

à ne pas commettre c'est de considérer que c'est pas nos affaires et qu'on s'en mêle pas. Voilà, c'est déjà un point. Donc on doit s'en mêler.

De quelle manière ? Voilà la question qui est posée parce que nous sommes voisins de l'Espagne, nous ne sommes pas partie prenante de l'Espagne. Mais la vérité est quand même là.

Le gouvernement de Mariano Rajoy, qui est un gouvernement de droite, qui ne doit son existence que à l'abstention du parti socialiste ouvrier espagnol, le ps, hein...

C'est uniquement à cause de ça qu'y-a un gouvernement Rajoy. C'est un gouvernement qui croule sous les affaires de corruption, sacs de nœuds de toutes sortes...

Bon. Et qui a laissé l'affaire catalane rouler jusqu'au point de l'irréversible, et à la fin, utiliser une méthode d'une dureté et d'une violence qui a impressionné tout le monde. On peut dire qu'il a aggravé la situation avec ce type de méthode.

Alors bon. On a ça devant nous. Un gouvernement qui est incapable de faire face à une situation dont je conviens qu'elle peut être considérée comme d'une extrême gravité, quand une section de la nation décide votre indépendance.

C'est pas... pas un petit vote.

Alors, en Espagne, ils ont la monarchie. Et la raison d'être de la monarchie, c'est d'être capable de surplomber, en quelque sorte, la variété des peuples qui composent l'Espagne et... de les fédérer.

J'ai donc dit dans la question que j'ai posée à Édouard Philippe, le premier ministre, l'autre jour à l'Assemblée, qu'on était dans une impasse politique totale, puisque le gouvernement espagnol a été incapable de gérer la situation...

Ça s'appelle pas gérer une situation, l'amener à un paroxysme dont plus personne ne sait comment sortir. Et que la monarchie échouait dans la mission fédératrice que le franquisme lui avait confiée. Je crois que tous les bancs de cette assemblée sont saisis par l'impasse politique qui vient de s'installer.

La monarchie semble incapable d'assumer la fonction fédératrice que le franquisme lui avait confiée. Alors comme d'habitude, et c'est systématique, au lieu de répondre à la question posée, qui était : je propose que la France fasse une médiation, on a eu droit à un discours très émouvant où il nous a expliqué qu'il avait 10 ans quand le roi, le précédent, Jean-Charles...

était intervenu pour arrêter le coup d'état du lieutenant colonel Tejero, qui avait pris en otage toute l'assemblée. J'avais, monsieur le président Mélenchon, 10 ans en 1981 au mois de février lorsque la nation espagnole a connu une tentative de coup d'état. J'étais un petit garçon, à 10 ans.

Mais je me souviens parfaitement monsieur, et je pense que vous aussi monsieur le député vous vous en souvenez de l'attitude exemplaire de la monarchie espagnole que vous venez d'évoquer, dans le retour à l'ordre démocratique, dans la garantie d'un retour justement à cet ordre démocratique, et je pense que tous les républicains que nous sommes ont eu en février 1981, et ont encore en mémoire l'attitude exceptionnelle du roi Juan Carlos. Bon alors donc euh...

Comme il avait 10 ans, on est censé trouver ça émouvant et deuxièmement comme le roi est intervenu on est censé trouver ça en quelque sorte comme une validation de la monarchie. Bon mais c'est curieux, parce que nous on est français, les Bourbons c'est pas notre truc en principe. Mais bon, à monsieur Édouard Philippe, si.

C'est ça qu'il a ressenti, le besoin de me répondre ça. À savoir le roi Juan Carlos a fait...

C'est pas le sujet. Le sujet c'est maintenant. Pas de pot pour lui, le soir même Philippe Bourbon intervenait et au lieu de fédérer, il y est allé, "poum!", à appuyer le gouvernement Rajoy, à mettre en cause la déloyauté inadmissible, dit-il, des catalans et à avoir, non pas un discours qui permet de sortir de l'impasse, mais un discours qui aggrave l'impasse institutionnelle.

Par conséquent, j'ai beaucoup aimé la façon avec laquelle mon jeune camarade Alberto Garzón, qui est le responsable du parti communiste espagnol a répliqué en disant... il l'appelle Philippe Bourbon et il termine en disant : Vive la république !

Bon je suppose que c'est un... c'est pas une découverte pour vous, je suis moi-même partisan de la République en Espagne, depuis toujours.

Je l'ai dit dans un discours en 2012 sur la place à Toulouse et vous me voyez ici avec le drapeau républicain parce que je n'oublie pas que nous n'avons été vaincus en Espagne, nous autres républicains, que par un coup d'état. D'accord ? Et c'est pas les espagnols ni les républicains espagnols qui ont remis en place un Bourbon.

C'est le Général Franco. Bon...

Alors, dans cette situation, qu'est-ce qu'on peut faire ? Un : on s'en mêle et on peut... on doit, à mon avis, proposer une médiation, puisque apparemment personne n'est capable de le faire.

Ni le premier ministre, qui règle les problèmes à la matraque, ni le Bourbon d'Espagne qui a pris immédiatement position pour la répression et... et l'impasse dans laquelle se trouve l'Espagne.

Je suis d'accord avec ce que fait et dit mon ami Pablo Iglesias de Podemos Il fait une réunion, et ils disent maintenant, il faut ouvrir un chemin constituant. Je crois que... l'Espagne a pas de sortie par le haut, autrement que dans un processus constituant.

C'est mon intime conviction. C'est à dire qu'il faut d'abord refuser de recourir à la violence. Et, si pénible que ce soit, se mettre à discuter de l'organisation de l'état espagnol.

L'histoire qui conduit à cette situation est longue et les français y ont une responsabilité. De nombreux autres pays d'Europe ont achevé leur intégration nationale, pour certains très tardivement, comme l'Italie en 1860 ou l'Allemagne, en nous faisant la guerre, en 1870. Et l'Espagne n'a jamais réussi à... achever un processus d'intégration nationale harmonieux.

Je dis que les français y ont une responsabilité parce que, dans les périodes où les pays ont construit une conscience nationale... ce sont les...

C'est la période qui entoure la grande révolution française et l'intervention des armées françaises un peu partout sur le continent puisque nous avons envahi à peu près tout le monde. Mais l'invasion en Espagne a eu un coût historique extrêmement élevé. Parce que... le... l'intervention des français, la position de force d'un roi, qui était le frère de Napoléon Bonaparte, Joseph Bonaparte a tout bouleversé et tout bloqué.

C'est à dire tous les courants progressistes, et le nationalisme de cette époque est un nationalisme progressiste, puisque le nationalisme se construit toujours en opposition au roi à cette époque-là, a été bloqué et paralysé. Alors, la nation espagnole a ensuite cherché à tâtons, de quelle manière arriver à faire vivre ensemble, des populations qui se décrivent elles-même comme des peuples ayant une histoire, une langue et des intérêts distincts. On peut nous les français être choqués parce que ce n'est pas notre conception.

Nous, notre conception, c'est l'état unitaire. Mais on doit partir des réalités. Et se souvenir que, pour prendre le monde hispanique, toute l'Amérique latine qui s'est construite dans son indépendance par rapport à l'Espagne, l'a fait partout sous les mots d'ordre de la grande révolution française, de la déclaration des droits de l'homme et de la définition de la nation, telle qu'elle était issue de notre révolution.

Mais toutes ces nations sont toutes fédérales. Toutes. Et après des débats âpres.

Le Mexique est un état fédéral, le Venezuela est en état fédéral, l'Argentine est en état fédéral, le Brésil est en état fédéral, bref les plus grands états du continent sont des états fédéraux et ce sont des... des états qui... conservent leur unité qui n'est pas en cause, où que ce soit dans les pays que je viens de mentionner.

Voilà pourquoi, on doit regarder d'un oeil favorable et comme une sortie par le haut pacifique, l'idée proposée par Podemos, de chemin constituant. J'avoue que je sais pas pourquoi ils ont choisi une expression pareille, mais bon... prenons là pour ce que c'est.

Et disons nous, que nous les français, nous ne sommes pas à l'abri d'avoir à aborder le problème de la constituante à convoquer en France, dont nous sommes partisans nous-autres à la France Insoumise pour mettre fin à la monarchie présidentielle de la Vème république. Mais honnêtement, aussi pour tenir compte d'une situation dont j'ai l'impression que la plupart de nos compatriotes ne se rendent pas compte. Le statut actuel de la Polynésie française en fait davantage un état associé que un département où un territoire du statut ordinaire.

De la même manière, le gouvernement de la Calédonie, qui va bientôt connaître un référendum sur l'indépendance, c'est un statut singulier, à part. Au demeurant, on pourrait imaginer que dans l'avenir, si la Calédonie choisissait de devenir indépendante, elle soit un état associé ou fédéré avec la république française. Si je vous le dis, c'est juste pour vous dire que nous sommes au pied du mur de situations qui existent et puis, tout le monde connait mes sentiments de jacobins, mais moi j'ai jamais pensé que la nation était une camisole de force.

La nation c'est, par définition, un acte libre d'appartenance. Le problème se pose aussi en Corse. Vous pouvez pas passer à côté de ça.

Sur quatre députés qu'a élus la Corse, trois sont autonomistes. Alors, on ne peut pas répondre à une situation comme celle-là, en se disant ben y-a qu'à attendre, ça finira par leur passer. Parce que ça va pas leur passer.

Et donc il faut là aussi imaginer. Je voudrais quand même pour terminer sur ce sujet, vous montrer que ça vaut la peine d'écouter ce que raconte la France Insoumise. Pendant la campagne présidentielle, j'avais évoqué la question d'une conférence de la sécurité sur les frontières en Europe.

J'ai même proposé le cadre, celui qui existe déjà, de l'organisation européenne de sécurité collective. Alors, on m'avait dit : Oh lala ! Vous voulez changer les frontières, elles sont intangibles... tout ce que les petits esprits disponibles sont tous venus aboyer en répétant en cadence "intangibilité des frontières".

Oui bien sur. L'intangibilité des frontières est la base de l'ordre international, ça va de soi, mais les frontières n'arrêtent pas de bouger en Europe. Dans le passé récent, la frontière entre les deux Allemagne a été effacée.

Dans le passé récent, une frontière est créée entre la Tchéquie et la Slovaquie. Dans le passé récent, des frontières ont divisé un état fédéral, la Yougoslavie, en sept pays différents. Et actuellement, les écossais souhaitent effacer leur frontière avec l'Europe qui a été rétablie par le Brexit, et imaginent leur indépendance.

De même en Irlande, la frontière entre l'Irlande du nord et l'Irlande du sud avait été effacée par l'appartenance commune à l'union européenne, elle est rétablie du fait du Brexit. Et puis d'autres frontières sont en cause ou pourrait l'être dans un avenir plus ou moins éloigné. Tout le monde connaît l'indépendantisme flamant en Belgique qui disloque cette nation qui, elle aussi, est un royaume.

Donc on voit bien comment les flamands veulent miner l'existence de... de l'état belge.

Là encore une fois, c'est un événement qui est à notre frontière sur lequel nous aurions forcément un avis. Donc moi, je le redis, on a intérêt à avoir un cadre et un lieu où on peut discuter de la question des frontières d'une manière pacifique et pas par la force. Pour l'instant, si le problème se pose en catalogne, et à l'évidence, il se pose dans l'autonomie catalane, la généralité de catalogne à Barcelone.

Si le problème se pose, on ne pourra pas le régler par la force, parce que d'autres ont déjà essayé de le faire. Le franquisme l'a fait et il pensait peut être avoir réglé le problème sauf que vous voyez, il réapparaît. donc nous avons intérêt à un lieu où on puisse parler de cette question des frontières pour régler les problèmes pacifiquement lorsqu'ils se présentent.

Voilà... ce que je veux dire sur ce sujet.

Bon maintenant je vous parle de l'accord de libre-échange avec le Canada. Comme vous le savez ou vous le savez pas, l'accord entre en vigueur depuis le 21 septembre dernier. C'est une chose incroyable, hein?

Un accord de libre-échange avec le Canada. Pendant toute la négociation, la négociation a été secrète. On ne pouvait pas aller recopier, ni photographier des pages pour les discuter.

C'est secret. Un jour, c'est plus secret et des gens sortent de leur boîte et disent : bon on signe. Le gouvernement français... c'était Hollande.

Alors autant dire que bon, c'est oui, non non, oui, tout à la fois quoi. Du Hollande. C'est à dire à la fin rien.

Et la France fait donc partie de ceux qui n'ont rien dit alors même que le parlement français avaient voté pour dire : ah nous l'accord de libre-échange, de toute façon, il y a des aspects dont on ne veut pas. Notamment, les tribunaux d'arbitrage qui sont des cours réservées à l'initiative des plaintes des seules multinationales contre les états. Ce qui revient à dire qu'il y a plus de lois nationales.

Enfin bon...

Donc cet accord sort l'Europe discutent les... la commission, le conseil de gouvernement et concluent que comme c'est commerciale et ben c'est de la prérogative européenne.

Circulez y-a rien à voir. Néanmoins va bien falloir ratifier. Et ça va donc venir devant les Assemblées.

Mais ça s'applique déjà. Alors on a en France une situation comique si on peut dire ou tragi-comique si vous préférez. Un accord s'applique et c'est le moment où on se met à le discuter.

Alors il y a eu un rapport commandé par le gouvernement. Que vaut cet accord ? Il y a des gens honnêtes qu'ont fait un rapport pour dire y-a ça de bien, y-a ça qu'est pas bien, y-a ça qu'est bien, enfin bon..

Le truc de techno où il y a un petit peu à manger, un petit peu à boire. Ça veut dit rien quoi. Alors ils sont honnêtes, comme ils sont honnêtes, il faut le dire.

J'essaie pas de vous bourrer la tête. Par exemple, il y avait un moment qui était assez drôle. La présidente de la commission qui a fait le rapport...

Elle dit : bon ben, quel impact ça va avoir sur la croissance ? Parce que la croissance, c'est le grand mot... il faut produire...

Alors elle dit : bon ben en réalité, on n'en sait rien Je pense qu'on peut quand même assez raisonnablement dire que les bénéfices ne seront pas énormes en matière de croissance mais j'irai pas me risquer à à donner un chiffre, hein voilà, pour être... pour être claire.

Telle qu'elle. Ah ah comment ça, on en sait rien ? Pourtant on nous dit que c'est grâce à ça que ça va faire développer l'activité, gnagnagna tout ça, et surtout à l'Europe, au parlement européen quand j'y étais, j'avais vu passer le taux.

Ils avaient dit : 2% de croissance ! Nous on rigole parce que, là ils nous annoncent 2% de croissance. Chaque fois qu'on fait un accord avec un pays et y-a marqué 1%, 0,5...

Faites le total, on a 200 % de croissance de garantie avec ses foutus accords de libre-échange. Naturellement c'est jamais cas, parce que la première chose que fait un accord de libre-échange, c'est de détruire les activités qui sont, entre guillemets, les moins rentables ou les moins compétitives. Par exemple, vous pouvez produire du lait en France, hein ?

Pas cher, et puis, par exemple, vous allez le vendre aux canadiens. Et les canadiens, eux, ils vont vous vendre de la viande pas cher, hein? Donc vous, vous produisez du lait avec quoi ?

Avec des bêtes, et une fois que les bêtes produisent plus de lait, vous en faites quoi ? Ben vous avez fait rien parce que la viande qui arrive du canada, elle coûte moins cher. Donc tout ça est absurde... absurde.

C'est une vision idéologique des vertus du libre-échange. Personne n'est capable de prouver que le libre-échange aboutit ou conduit à une meilleure organisation du territoire, à une meilleure organisation de la ressource humaine et naturelle dans la production des richesses dont les différents pays ont besoin pour assurer leur survie. Donc on est là-dedans, on patauge là-dans avec, euh... le fameux accord de libre-échange.

Alors... moi j'ai participé à la présentation du rapport et j'ai posé quelques questions...

Ça tombe bien, je n'ai eu aucune réponse. C'est comme ça avec les techno, ils décident de la question qui les intéressent et puis les autres ils répondent pas. Mais donc je vais vous les présenter pour que vous compreniez, je vais faire rapidement.

On a un accord de libre-échange avec le Canada dont on ne sait pas ce qui va développer. Je mets ça de côté. Mais en même temps, on est en train de négocier un accord avec les nord-américains sur le... qui s'appelle TAFTA.

En même temps, les nord-américains sont en train de rediscuter avec les canadiens de leur accord de libre échange qui s'appelle à ALENA. C'est quoi le rapport entre les trois ? Comment ça fonctionne ?

Qu'est ce qu'on vient d'accorder à un endroit qui va falloir accorder à l'autre ou pas ? Personne n'en sait rien et personne ne vous dit rien sur le sujet. En même temps, hein, y-a une discussion à l'organisation mondiale du commerce.

On a créé ce machin, parce qu'ils en avaient marre de discuter des accords de libre-échange, avant bon, ça s'appelait "Uruguay round", enfin il y avait des rounds où tout le monde venait, on discutait des droits de douane qui s'échangeaient les uns avec les autres. On a créé une organisation pour ça. Laquelle organisation est complètement plantée, vu que c'est impossible d'arriver à s'accorder sur toute la planète.

Bon alors, quel est l'impact de ce qu'on est en train de signer là, par rapport à la discussion de l'OMC ? Hein? C'est quoi l'impact ?

Ça vous intéresse quand même, non? Eh bien vous le saurez pas ! On ne le sait pas.

Personne ne vous en parle. Donc on signe un accord de libre-échange à un endroit, avec un partenaire qui lui-même est accroché à un autre qui s'appelle les États-Unis d'Amérique et quelles conséquences ça a ? Personne en sait rien ni n'a envie d'en parler.

Donc on voit que c'est pas une petite affaire que c'est un accord de libre-échange et puis pendant qu'on y est, puisque on a un accord de libre-échange avec le canada et que dedans, il est écrit qu'il y a des tribunaux d'arbitrage, c'est à dire... déjà vous apprenez une chose.

L'autre jour quand j'ai posé la question à la télévision à monsieur Édouard Philippe il a dit : non non il y en a pas. Vous l'avez vu comme moi, non? J'invente pas ?

Il a dit non non non, il y en a pas. Ben si y-en a. J'ai d'abord demandé à c'te dame, là, qui faisait son rapport : vous confirmez qu'il y en a ?

Elle m'a pas répondu mais, comme on en parlait, c'est donc y en a. Vous vous rendez compte les gens ? Je suis un opposant et président d'un groupe d'opposition à l'Assemblée Nationale.

J'interroge le premier ministre de mon pays, pas d'un pays voisin, de mon pays et je lui dis : y-a un problème avec les tribunaux d'arbitrage et le gars me répond : non non, il n'y a pas de tribunaux d'arbitrage, alors qu'y-en a. Bon. Évidemment, le... j'imagine que la presse impertinente, elle s'est naturellement immédiatement emparé du sujet.

C'est quand même pas banal de voir une chose pareil, non ? Un premier ministre qui sait pas ce qu'il y a dans un accord qui pourtant s'applique à son propre pays. C'est intéressant.

Bon pendant qu'il y est, il pourrait se renseigner aussi. Quel rapport il y a entre cet accord de libre-échange ce qu'il contient et la négociation qui a lieu aujourd'hui dans le cadre de l'ONU, pour obliger les multinationales à passer par un cadre juridique commun, concernant les droits environnementaux et sociaux. Alors, nous les français, on est à l'ONU.

On a voté le mandat. On est un des rares pays qui est resté à la table de la discussion de ce mandat. Les nord-américains sont partis et leurs larbins européens sont sortis en même temps.

C'est eux qui portent les cartables, donc il faut bien qu'ils sortent. Mais les français ils restent. Alors ?

Quel est le rapport entre tout ça ? Et bien personne ne le saura ! Voilà.

Je vous raconte tout ça pour que vous sachiez qu'un accord de libre-échange s'applique avec le Canada, que dorénavant vous aurez le bonheur de pouvoir manger du comté du Canada, du Saint-pourçain du Canada, peut-être que vous pourrez boire aussi du Chabli du canada et ainsi de suite et que de tout ça naturellement, vous serez informés quand vous arriverez devant vos rayons et par exemple quand vous prendrez de la viande, et ben ça sera de la viande du bétail élevé aux hormones. Ça coûtera moins cher. Donc, si vous n'avez pas beaucoup d'argent ou si vous avez... ce qui est votre cas, la plupart d'entre vous, hein, les petits budgets, et bien entre deux pièces de viande vous achèterez celle qui vous paraîtra le moins cher et ça tombe bien pourquoi je vous parle de viande, parce que les canadiens, eux de leur viande, ils savent pas quoi faire.

Donc, ils font de la viande hachée Tout dans la machine. Viande hachée puisque là-bas c'est ça qu'ils mangent. Et en France, non, c'est pas ça qu'on mange.

On mange plutôt des bons morceaux. Et justement les bons morceaux, les canadiens, ils savent pas quoi en faire, donc qu'est ce qu'ils vont en faire ? Le vendre en France.

Il va venir en compétition avec d'une part, la viande des bêtes qui sont trop vieilles et qu'on tue, hein? Et puis avec la viande de qualité, parce que ça existe la viande de qualité. Et ça va venir en compétition sauf que la leur, elle va coûté, un - moins cher mais deux il y aura des hormones.

Bon appétit les gens. Vive les accords de libre-échange, vous voyez comme ça va vous changer la vie. Alors, je termine là-dessus.

Pourquoi est-ce qu'on fait des accords de libre-échange ? Pourquoi faire ? Qu'est ce que ça change dans notre vie ?

Qu'est-ce que ça améliore ? Personne n'en sait rien, on sait pas. Mais c'est bien, c'est la liberté du commerce ça.

Ils savent plus, eux mêmes, à quoi ça sert. Sauf qu'ils disent : ah oui, mais pour l'écologie c'est pas bon. C'est pas bon notamment parce que ça va augmenter le commerce mondial, la circulation des marchandises et tout ça est pas bon du tout.

Alors, il y avait des gens qui disaient : ah oui puis c'est pas bon non plus pour le pétrole... parce que justement en France on est en train de voter une loi qui dit : c'est fini, on aura plus de... on fera plus de... recherches d'hydrocarbures Ah mais disent des gens mais voilà c'est que les canadiens eux, ils en ont à vendre du pétrole.

Du pétrole de gaz de schiste parce que c'est ça qu'ils sortent là-bas. Donc, naturellement ils vont nous vendre leur pétrole de gaz de schiste. Quelle a été la réponse à ça ?

On nous a dit : ah ben... de toute façon, c'est déjà le cas, il n'y a pas de droits de douane dessus.

Alors sur la question des rapports avec le climat donc les schistes bitumineux, il faut savoir que les schistes bitumineux c'est pas les... le pétrole de schiste c'est très important pour le canada, donc c'est vrai qu'il y a une vraie question.

On voit mal comment ils vont... il y a un vrai problème comment s'entendre avec eux là dessus.

Mais il faut aussi savoir que les droits de douane sur le pétrole bitumineux sont déjà égaux à zéro et donc que le CETA ne change rien de ce point de vue-là. Il n'augmente pas les droits de douane puisqu'ils sont déjà ils ne diminuent pas vu qu'ils ont déjà égaux à zéro donc voilà. C'est... sur ce plan là, c'est...

ça ne change rien. Voilà. Comme c'est déjà pas bien, ben ça sera pas pire.

Voilà. Alors que l'on devrait être arc-bouté à essayer de trouver des solutions sur un modèle économique écologiquement soutenable, ben eux pendant ce temps-là, ils vous détricotent le pull-over avec une bonne conscience totale. Ils savent pas ce que ça va donner, ils savent pas comment ça s'articule avec le reste du droit international, ils savent pas à quoi ça sert, mais ça ne les dérange pas ils le font quand même.

Voilà. Par contre, nous, il y a ce qu'on sait C'est qu'au plan macroéconomique ça va faire perdre 400 mille emplois en Europe et en France je ne sais pas combien. Beaucoup.

Il y a un gars qui a posé une question qui a dit : Dites euh...

Qu'est ce que ça va donner les niveaux d'échanges commerciaux dans l'agriculture ? Réponse (chuchote) Ils savent pas...

Ils savent pas Ils savent rien en fait. Je vous le répète à plusieurs reprises que vous compreniez bien. C'est purement idéologique.

Sauf que pour arriver à cet accord de libre-échange, vous avez à peine 10% des appellations d'origine contrôlée qui sont reconnues par l'accord, donc sur tout le reste la compétition va se déchaîner. Et la compétition, elle est pas entre le petit Canada et la grande Europe, c'est pas ça le sujet. Le sujet c'est sur certains segments d'activité, la compétition va être totale et destructrice pour l'Europe.

On nous dit c'est gagnant-gagnant parce que il y a des aspects positifs, des aspects négatifs. Non non c'est perdant-perdant Nous, on va perdre sur certains sujets et ce sera pas des pertes petites. Faut pas simplement se dire : ah bah oui bon bah y aura moins de viande française... ah bon ?

Et les paysans qui en vivent ? Et les prairies dans lesquelles on met du bétail ? Ça compte pas tout ça ?

Ça c'est l'organisation du territoire. Comment ça s'évalue un coût comme ça ? Quand vous avez des prairies qui sont abandonnées, quand vous avez des populations qui s'en vont parce qu'il y a plus de travail.

Personne ne fait cette comptabilité là c'est la comptabilité du malheur. Donc un accord de libre-échange, c'est toujours un accord perdant-perdant des deux côtés, tout le monde perd et personne ne gagne rien. Voilà.

Bon dernière chose. Les conditions de la lutte contre le pouvoir Macronien et le coup d'état social ont changé du tout au tout ces temps derniers. D'abord parce que le front syndical s'est recomposé.

Au début le pouvoir croyait qu'il arriverait à isoler quelques syndicats et avoir tous les autres plutôt d'accord avec lui et c'est l'inverse qui se produit. Le nombre de ceux qui sont contre augmente puisque c'est le cas de la confédération Force Ouvrière, mais aussi de certains secteurs de l'UNSA et bon, quelques organisations aussi liées à la CFDT donc le front syndical est en train de s'élargir. Nous de notre côté à la France Insoumise, on a pris contact avec tout le monde pour voir, comme vous le savez, s'il ya le moyen d'avoir à l'initiative des syndicats, nous on est d'accord pour suivre, une grande manifestation centrale...

Moi j'avais proposé les Champs-Élysées, pour que ce soit spectaculaire mais on peut aller ailleurs si on veut. Mais en tout cas, pas baisser les bras. Alors je trouve que ça prend bonne figure et notamment le 10 octobre, on a un appel pour la fonction publique mais j'ai observé que cet appel des syndicats de la fonction publique est en train de s'élargir à d'autres corporations.

Donc à vous autres qui me regardez, je donne rendez-vous le 10 octobre et je vous appelle à aider les syndicats. Alors si vous êtes retraité, et ben participez aux manifestations et aux marches ce jour-là, si vous êtes chômeur aussi et pas seulement les salariés. Et enfin un dernier mot sur le même sujet, c'est pour les jeunes.

Il est temps pour vous de vous mettre en mouvement Je... j'ai fait un appel dans ce sens le 23 septembre.

C'est pas moi de vous dire comme vous devez vous y prendre mais oui, il faut que la jeunesse s'y mette parce que c'est quand même elle qui va payer le plus cher dans cette histoire. Parce que les premiers emplois sans contrat à durée indéterminée, c'est pour vous. Les baux précaires pour l'appartement pendant que vous êtes apprentis ou vous avez un contrat à durée déterminée, c'est pour vous et ainsi de suite.

Bon. Je vais pas refaire ici toute la démonstration. Mais je vous appelle les jeunes à faire quelque chose, à vous bouger, que vous soyez lycéens si vous êtes majeur, en tout cas après... après 16 ans ça vaut la peine que vous regardiez ça de près... ou dans les facultés et si vous faites rien vous préparez un monde pourri.

Donc le... des fois, on n'y peut rien, c'est comme ça.

Mais là on n'y peut, à condition de se mobiliser. Si vous faites rien, ben, ce sera un peu dommage pour vous. C'est pas pour moi que ce sera le plus dommage bien sûr, ni pour ceux de ma génération, vous le savez bien.

C'est vous à qui on prépare un monde pourri. Aller, faut se bouger un peu là Bon alors si cette vidéo vous a plu, couic couic, un petit pouce bleu parce que comme ça, ça nous fait monter dans les tendances et puis si ça vous a plu au point d'avoir envie de vous abonner, ben ça fait plaisir, ça donne du courage à ceux qui font l'émission, Alors, moi, parce que quand même ça me prend un moment, je dois préparer ce que je vous dis Antoine qui est derrière la caméra et le nouvel arrivant, Emmanuel, qui lui est un ingénieur du son, et qui bénévolement, nous retoque tout ça pour que ça soit meilleur à l'oreille. Bon.

Il s'appelle Emmanuel mais c'est une coïncidence, c'est pas Emmanuel Macron. C'est pour ça que je vous dit pas son nom. c'est parce que je vous dis juste son prénom voilà.

Petits pouces bleus et abonnements, merci et à bientôt pour la 42e.