Lycéens blessés : "Dans la quasi-totalité des cas, l'intervention [policière] est proportionnée", assure Laurent Nuñez
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 68 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:45OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez des données sur ce qui se passe ce matin aux abords des lycées et à quoi est-ce que vous vous attendez pour cette journée d'aujourd'hui ?
- 1:34OuverteRéponse directe
Est-ce que vous vous attendez à ce que ces blocages soient plus nombreux, plus importants qu'ils ne l'ont été ces derniers jours ?
- 2:01OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous dites ce matin aux lycéens, à leurs parents, qui sont inquiets des violences à venir, à la fois du côté des casseurs et de la réplique des forces de l'ordre ?
- 3:59FerméeRéponse partielle
Vous avez un chiffre total, vous savez combien de forces de l'ordre ont été mobilisées sur le territoire français ?
- 4:45RelanceRéponse partielle
Comment est-ce qu'on peut en arriver là ?
- 5:09ComplaisanteRéponse directe
D'abord, je vais vous dire ce qui s'est passé à Lens, devant le lycée Béal. Évidemment, c'est un drame.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:51Laurent NuñezFait
« Les forces de l'ordre interviennent quand il y a des atteintes aux biens, aux personnes, des dégradations, sur l'espace public ou pas, ou à l'intérieur des établissements. »
- 5:14Laurent NuñezFait
« C'est évidemment un drame qui est assez bouleversant. On n'a pas à perdre sa main, évidemment, dans une manifestation. »
- 5:37Laurent NuñezFait
« Il y avait un certain nombre de troupes, d'incidents, de prise à partie des fonctionnaires de police devant cet établissement. »
- 6:00Laurent NuñezFait
« Il y a eu les sommations réglementaires, elles ont été effectuées, et puis il y a eu l'usage d'un moment intermédiaire pour disperser les jeunes. »
- 8:00Laurent NuñezChiffre
« Il y a effectivement 10 enquêtes IGPN qui sont ouvertes, je le rappelle, sur plus de 6000 interpellations, avec 715 fonctionnaires de police ou militaires de la gendarmerie qui ont été blessés. »
- 10:07Laurent NuñezFait
« Dans la quasi-totalité des cas, cette intervention est proportionnée. »
- 10:11Laurent NuñezChiffre
« On a dépassé les 6 000 sans interpellation. Il y a eu énormément d'interventions et les choses se passent sans dégâts majeurs. »
- 14:28Laurent NuñezFait
« Moi, je ne demanderai jamais à des forces de sécurité intérieure de ne pas intervenir quand il y a des troubles à l'ordre public. »
- 16:08Laurent NuñezFait
« Que les choses soient dites, c'est inédit. Sur les précédents mouvements lycéens, un mouvement lycéen, c'était quoi ? C'était un blocage, un blocage le matin, les policiers qui allaient discuter d'abord en lien avec le chef d'établissement. »
- 17:10Laurent NuñezFait
« Sur l'armement intermédiaire, à partir du moment où vous basculez, vous n'êtes plus dans le maintien de l'ordre quand vous basculez en violence urbaine. »
- 18:00Laurent NuñezFait
« Dans les conditions de prise à partie extrêmement violentes, il peut être fait usage effectivement de toutes les armes intermédiaires dans les conditions de prise à partie extrêmement violentes rendues compte. »
- 20:46Laurent NuñezFait
« La situation est sous contrôle. »
Temps de parole
- Présentateur65 %
- Présentateur 216 %
- Présentateur 312 %
- ?5 %
- Présentateur 43 %
≈ 11,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France
Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale. Et nous recevons donc ce matin dans le grand entretien le ministre de l'Intérieur. Vos questions et réactions sont les bienvenus chers auditeurs, lycéens, profs, parents et tous les autres au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Bonjour Laurent Neuniez. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter à l'aube de cette journée de mobilisation où les lycéens sont appelés à manifester avec les syndicats de l'éducation nationale et avec la CGT. Il y a beaucoup de questions sur le maintien de l'ordre depuis le début du mouvement avec 10 enquêtes confiées à l'IGPN, la police des polices, on va y revenir.
Mais d'abord, certains parlent déjà d'un mardi noir. Est-ce que vous avez des données sur ce qui se passe ce matin aux abords des lycées et à quoi est-ce que vous vous attendez pour cette journée d'aujourd'hui ?
D
'abord, certains parlent d'un mardi noir parce que c'est une journée un peu atypique par rapport aux journées précédentes puisqu'on aura très probablement ce matin encore des mouvements devant les lycées suivis d'appels à manifestations. Donc il y
a
un double événement au sein de la journée. C'est en cela que certains parlent d'un mardi noir. Ce n
'est
pas un terme que je reprendrai. Moi, j'ai toute confiance dans les forces de sécurité intérieure pour encadrer ces différentes manifestations et mouvements. Là, au moment où on se parle, il y a déjà quelques dizaines de blocages de lycées ou en tout cas de rassemblements devant des lycées. Voilà, quelques dizaines. C'est sur le rythme de ce qu'on a connu ces journées précédentes même si on enregistre une baisse du mouvement depuis vendredi. Mais vous vous attendez, Laurent Nunez, à ce que ces blocages soient plus nombreux, plus importants qu'ils ne l'ont été ces derniers jours ? Dès lors qu'il
y a
une manifestation, un appel de l'intersyndicat à la manifestation, les points de rassemblement devant les lycées seront très probablement plus nombreux. Oui, c'est ce à quoi on s'attend. Alors, de ces manifestations, puisqu'il y
en
aura un peu partout en France, Édouard Geffray, votre collègue ministre de l'Éducation, disait hier que cette mobilisation du jour est une liberté qui se respecte et se protège. Qu'est-ce que vous dites ce matin aux lycéens, à leurs parents, qui sont inquiets des violences à venir, à la fois du côté des casseurs et de la réplique des forces de l'ordre
?
Déjà, j'aime bien que vous parliez de réplique. Donc, quand il y
a
des rassemblements devant des lycées
et
que les rassemblements se passent bien, et je rejoins évidemment mon collègue Édouard Geffray, il n
'y
a pas de raison d'intervention policière.
À
condition, évidemment, qu'on ne bloque pas l'accès d'autres élèves et que le chef d'établissement, en lien avec lui,
ne
nous demande pas d'intervenir. Quand il y
a
des rassemblements, j'ouvre le guillemet, pacifiques ou revendicatifs, il n
'y a
pas d'intervention des forces de sécurité intérieure. On le voit sur les caméras de renvoi, enfin les télés de renvoi qui sont dans votre studio. Actuellement, il
y
a un mouvement au lycée Sophie Germain à Paris. Vous avez des élèves qui sont devant un lycée. Il n
'y
aura pas d'intervention des forces de l'ordre. Il n
'y
a pas de violence, il n
'y
a pas de dégradation. Que les choses soient claires, les forces de l'ordre interviennent quand il y a des atteintes aux biens, aux personnes, des dégradations, sur l'espace public ou pas, ou à l'intérieur des établissements. On a vu ces jours derniers des pénétrations en force dans des établissements, des dégradations, voire des
enseignants ennacés. Les
forces de sécurité intérieure n'interviennent que dans ces cas-là.
Et uniquement dans ces cas-là, conformément aux instructions reçues.
Comme Florence le disait, il y a beaucoup de questions sur un certain nombre de scènes que l'on a vues en termes de doctrine de maintien de l'ordre. Un tout dernier mot sur cette journée de mobilisation, sur le dispositif policier. Puisque vous rappeliez la singularité de la journée, à la fois des blocages à venir dans les lycées, plus une manifestation. Le dispositif policier tel que vous l'avez imaginé, il ressemble à quoi
? C
'est un dispositif qui vise d'abord à être non loin des établissements scolaires, pour éviter les débordements, les dégradations. Et puis ensuite, c'est un dispositif qui est d'une autre nature pour les manifestations. Car ce qui change à partir d'aujourd'hui, c'est que vous avez un appel déjà à manifestation, donc à déambuler sur l'espace public, avec beaucoup de déclarations qui ont été déposées dans les préfectures où vont se tenir, dans les villes où vont se tenir ces rassemblements. Et on a des déclarations qui ont été faites par une intersyndicale, ou à minima la CGT, ou d'autres organisations syndicales.
Vous avez un chiffre total, vous savez combien de forces de l'ordre ont été mobilisées sur le territoire français ? Je vous explique d'abord comment ça va se passer.
Parce que ça change la donne pour nous. Pour le ministre de l'Intérieur, pour les préfets sur les territoires, ça change la donne. Ça veut dire qu'on a des organisateurs, on a des services d'ordre qui ont été mis en place, et évidemment, on va s'appuyer sur cet organisateur. C'est la responsabilité principale, finalement, d'assurer la bonne tenue de ces rassemblements. Donc on va s'appuyer sur eux. Moi, j'ai donné instruction au préfet d'avoir des forces de l'ordre qui se tiennent à distance. Dès lors que la manifestation se passe bien, on n'a pas de raison forcément d'être présent.
Mais évidemment, qui interviendront, et toujours avec beaucoup de fermeté, s'il devait y avoir des dégradations. Mais pour nous,
c
'est une dimension extrêmement importante d'avoir la présence des organisations syndicales qui ont déclaré et qui vont encadrer ces cortèges. Et on a pu en discuter très directement avec certains responsables syndicaux nationaux. Alors, il faut qu'on parle, Laurent Nunez, des jours qui viennent de s'écouler. Hier, par exemple, un lycéen de 15 ans à Lens qui perd une main, arraché par une grenade policière. Une enquête de l'IGPN est ouverte, là aussi. On rappelle qu
'il
y en a 10. Manifestement, ce jeune homme, quoi ? Il est rentré chez lui ? Non, ce
n
'est pas lui qui est rentré chez lui, c'est celui
d'Argent-Euil.
Comment est-ce qu'on peut en arriver là
?
D'abord, je vais vous dire ce qui s'est passé à Lens, devant le lycée Béal,
je
crois, à Lens. Évidemment, c'est un drame. Moi, j'ai une pensée pour ce jeune, pour sa famille, pour ses camarades. C'est évidemment un drame qui est assez bouleversant. On n'a pas à perdre sa main, évidemment, dans une manifestation. Après, vous avez une enquête qui est ouverte, qui dira dans quelles conditions ces faits se sont produits.
Il
y avait un contexte. Il y avait un contexte que... C'est mon devoir, moi, comme ministre de l'Intérieur, de le rappeler. Il y avait un certain nombre de troupes, d'incidents, de prise à partie des fonctionnaires de police devant cet établissement. Il y avait notamment une compagnie départementale d'intervention, celle du Pas-de-Calais, qui était prise à partie de manière extrêmement virulente, avec des jets de projectiles, au moins un cocktail Molotov qui a été balancé. D'autres étaient en cours de préparation. Il y
a
une CRS qui est intervenue en renfort pour disperser ce qui est devenu un attroupement. Il y
a
eu les sommations réglementaires, elles ont été effectuées, et puis il y a eu l'usage d'un moment intermédiaire pour disperser
les jeunes.
Donc il y
a
eu ce drame qui s'est produit. Il y
a
une enquête en cours qui déterminera si l'action était proportionnée. En tout cas, on était dans un contexte de troubles à
l'ordre.
Et il y a un certain nombre de témoignages, Laurent Nunez, dont une témoin à nos confrères d'ici qui a expliqué que ce lycéen de 15 ans n'avait pas essayé de ramasser cette grenade policière puisqu'on ne sait pas d'ailleurs précisément de quel type de grenade il s'agit, mais que cette grenade était arrivée directement sur la main et qu'elle avait explosé. Ça veut donc dire, et là encore, pour ceux qui nous écoutent ce matin, les parents, les lycéens, qu'on peut se retrouver devant un lycée et voir sa main exploser parce que, dites-vous, il y a un attroupement et il y a un risque de troubles à l'ordre public.
D
'abord, l'enquête définira dans quelles conditions s'est produit ce drame, ce qui est à l'origine de la blessure. Manifestement, ce serait une grenade assourdissante, mais moi, je reste très prudent, l'IGPN est saisi, mais je ne nie pas le fait qu'il ait été fait usage d'une grenade assourdissante. Ensuite,
quand
il y
a
des troubles à l'ordre public, Benjamin Duhamel, quand vous avez des dégradations, quand vous avez des professeurs qui sont menacés, quand vous avez des risques d'intrusion, on ne peut pas concevoir autre chose qu'une intervention de police
ou
de gendarmerie selon la zone de compétence pour établir l'ordre public. Il
n'y a pas
du ministre de l'Intérieur qui vous dise autre chose. Et c'est en ce sens que je dis, que j'assume de dire, que quand il y a des troubles, il doit y avoir intervention. En revanche, en revanche, et j'insiste là-dessus évidemment, cette intervention, elle s'effectue dans la plus grande proportionnalité. C'est la règle, c'est le cadre légal d'usage des armes intermédiaires par les forces de l'ordre. Mais Laurent Nunez,
Et la proportionnalité d'une
action, pardon, la proportionnalité d'une action ne se juge pas,
ne
se juge pas au regard de ses conséquences. C'est le contexte de son déclenchement qui doit être fait en compte. Toujours, toujours. Il est normal qu'il y ait 10 enquêtes ouvertes
de l'IGPN ? Il est normal qu'il y ait des
blessures
gravissimes ? Ce n'est pas ce que je suis en train de vous dire. Qu'il y ait des blessures
graves, ce n'est pas normal évidemment, ce sont des drames. Mais qui se provoquent dans des contextes qu'on n'a pas le droit d'ignorer, on n
'a
pas le droit de rappeler ces contextes. Et il y a effectivement 10 enquêtes IGPN qui sont ouvertes, je le rappelle, sur plus de 6000 interpellations, avec 715 fonctionnaires de police ou militaires de la gendarmerie qui ont été blessés. Il y a effectivement 10 enquêtes IGPN, c'est toujours de trop. Ces enquêtes diront si l'intervention policière était proportionnée ou pas. Mais Laurent Nunes,
je
voudrais revenir sur le mot que vous venez d'utiliser, vous venez de dire les consignes et le maintien de l'ordre, c'est proportionné.
C
'est le mot que vous venez dans
l'intervention.
Quand on voit un jeune de 16 ans qui, à Tours, perd l'usage de son œil à cause d'un tir de LBD. Quand on voit à Saint-Ouen-Lomone un garçon de 14 ans qui voit sa mâchoire fracturée après un tir de lanceur de grenade. Quand on voit à Argenteuil, on en a parlé dans le journal de 8 heures, un lycéen de 16 ans qui est gravement blessé à l'œil. Est-ce que l'objectivité d'un ministre de l'Intérieur n'est pas de dire ce qu'on constate avec ces 10 enquêtes de l'IGPN qui sont ouvertes, c'est qu'il y a manifestement une disproportion dans le recours à ces armes et dans la doctrine du maintien de l'ordre pour que ces lycéens soient blessés de cette manière-là
? Quand
on bascule dans les scènes, lesquelles nous avons basculé, vous avez des individus qui, de manière cagoulée, commettent des dégradations extrêmement graves. Moi, je ne parle pas plus de doctrine de maintien de l'ordre. Nous sommes sur ce qu'on appelle, et j'utilise à dessein le mot, des violences urbaines. On bascule dans la violence urbaine. Les individus cagoulés qui commettent des violences et autres, il est normal que les forces de sécurité intérieure interviennent.
Même quand il y a des lycéens au milieu de ces accoutements. Quand
vous avez des lycéens, quand vous avez des manifestants, évidemment, quand ce sont des lycéens, les interventions des forces de sécurité intérieure sont faites de manière encore plus proportionnée, avec encore plus de tact. Mais quand vous avez des individus cagoulés qui commettent des dégradations, qui rentrent dans des établissements, qui s'en prennent à des professeurs...
Mais est-il normal que des
lycéens se retrouvent blessés à vie parce qu'ils ont participé à ce type d'attroupement ? Est-ce que c'est normal
? Ça
n'est pas normal, mais on ne peut pas participer à un attroupement au sein duquel sont commises des violences. Ça devient un attroupement, ça devient délictuel, et les forces de sécurité intérieure doivent maintenir l'ordre. Et nous veillons à ce que l'action soit proportionnée. Et dans la quasi-totalité des cas, cette intervention est proportionnée. Je vous rappelle, on a dépassé les 6 000 sans interpellation. Il y
a
eu énormément d'interventions et les choses se passent sans dégâts majeurs. Il y a eu ces 10 affaires que je regrette, que je déplore, pour lesquelles...
Juste un moment, sur
ces lycéens, vous avez appelé la famille,
les
parents, au
titre de votre
responsabilité de premier flic de France pour
présenter vos excuses.
Je ne
vais
pas présenter les excuses. Il y a des enquêtes judiciaires en cours. On verra si les responsabilités sont établies ou pas. En revanche, Benjamin Diobel, je peux vous assurer, j'adresse un message de soutien à l'ensemble des membres de forces de sécurité intérieure qui sont blessés, 715 depuis le début, pour ceux qui aient des familles. Il y
a
des enquêtes judiciaires en cours, je n'ai pas à m'en mêler. Encore une fois, je regrette ces drames. Je les regrette. Il
y a bien des vis-à-vis
perdus dans le cas d'espèce, un qui perd son oeil, un autre qui risque de le perdre. Ça existe ? Ça existe. Je vous le redis, c'est un drame. Je vous dis, c'est un drame, mais il ne faut pas attendre de moi que je dise aujourd'hui que les forces de sécurité intérieure n'interviendront pas quand il y a des incidents, des violences, des professeurs ou du chef d'établissement. Édouard Jeffré a donné le nombre de blessés parmi les élèves. Vous savez que les élèves blessés, la plupart d'entre eux, la très grande majorité d'entre eux, ne sont pas blessés. Il ne
faut
pas que vos auditeurs se méprennent. Ils
sont blessés par des
casseurs.
Par des casseurs,
parce qu'ils essaient d'escalader,
ils tombent. Ça
paraît important à
rappeler.
On
a
un lycéen au standard de France Inter.
On
l'accueille. Bonjour, Caris. Bienvenue. Caïs. Oui, Caïs, bonjour. Je suis élève en terminale générale ou lycée intégrée à Créteil et mon lycée est certainement mobilisé pour un manque de personnel.
Alors,
j'ai une question. Tout d'abord, Monsieur le ministre, les images des violences subies par des lycéens lors des récentes mobilisations sont une gravité inédite. Un élève qui perd un oeil à tour, un adolescent de 15 ans qui a la main arrachée. Ce ne sont que malheureusement des exemples parmi les autres. Alors, selon clair, aucune violence n'est acceptable.
Il
ne cautionne aucun débordement. Il se focalise uniquement sur l'intention et débordement des mobilisations et de refuser de voir les causes profondes du problème. En répondant à cette détresse par l'enregistration brutale, l'État n'a fait qu'alimenter des tensions.
Alors,
monsieur le ministre, ma question est la suivante.
La
répression policière sans retenue était désormais la seule réponse que votre gouvernement s'est apportée au désarroi de revendications légitimes de la jeunesse. Alors, réponse... Non,
non, non, Cahis, c
'est pas la seule réponse.
D
'abord, Créteil-Saint-Exupéry, c'est là que démarre le mouvement. Oui. C'est là que démarre le mouvement avec une grève d'enseignants du personnel éducatif. Et le ministre de l'Éducation nationale a répondu, il l'a dit hier, depuis les problèmes qui avaient été réglés. Donc, moi, Cahis, je ne parlerai pas de répression policière. C'est-à
-dire,
quand il y
a
des rassemblements de lycéens devant les établissements et que le chose se passe bien, il n'y a pas d'intervention. En revanche, il y
a
eu des prises à partie extrêmement violentes, soit des forces de l'ordre, soit des enseignants, soit des tentatives de dégradation. Et c'est ça qui justifie l'intervention policière. On ne
peut
pas parler de répression.
L'impression, ça laisse à
penser, c'est pour ça que je le dis pour Cahis, la répression, ça laisse à penser que finalement, une manifestation serait, on y mettrait forcément un terme par l'intervention des forces du
psychomique intérieure.
Alors après, la réponse, je réponds très clairement à sa question. Le ministre de l'Éducation nationale a fait des annonces. Le Premier ministre a saisi un certain nombre de membres du gouvernement de cinq chantiers. Absolument. Et très probablement que lorsque les cours reprendront, il y aura des discussions, des espaces de dialogue qui vont s'ouvrir au sein
de l'établissement. Et ça, c'est une réponse
à la revendication des lycéens. Et pour que les choses soient très claires ici, on fait bien sûr la distinction entre ceux qui commettent des violences, entre les violences subies par les forces de l'ordre et elles sont nombreuses, vous l'avez dit, et ce qui relève de votre responsabilité. C'est pour ça, Laurent Nunez, qu'il y a deux questions qui se posent. Il
y a
les questions sur les armes que vos troupes utilisent et la question des consignes que vous donnez. D'abord, sur la question des armes. Est-ce que, ce qu'on appelle les armes sublétales, c'est-à-dire notamment les lanceurs de balles de défense et également les grenades de désencerclement ou les grenades assourdissantes ? Est-il normal, quand il y a des troubles à l'ordre public devant des lycées avec donc des lycéens, d'utiliser ces armes qui peuvent aboutir à ce type de blessure très grave, là encore, une main arrachée, perdre des oeils ?
Est-ce qu'il n'y aurait pas une forme peut-être de responsabilité de votre part de dire, compte tenu des publics auxquels on fait face, des lycéens, on n'utilisera pas ces armes
? D
'abord, je vais inverser l'ordre de vos questions si vous permettez. Non, si quand même, c'est important. Les consignes, elles sont simples. Les consignes, ce sont des consignes d'intervention quand il y
a
des troubles à l'ordre public. Moi, je ne demanderai jamais à des forces de sécurité intérieure de ne pas intervenir quand
il y a des troubles à l'ordre public. Non, mais alors, si vous
voulez parler des consignes, on va vous citer sur TF1 vendredi soir, vous disiez aucune consigne de retenue. Et ça, vous comprenez que ça a pu choquer parce
que quand on parle de
lycéen, ça veut
dire que vous ne dites pas aux forces de
l'ordre qu 'ils ne
font
pas de retenue ? Non, sur 20 heures de TF1, j'ai dit deux choses très précises. J'ai dit qu'il n
'y
avait pas de retenue dans les interventions. Quand il y
a
des troubles à l'ordre public, on intervient. En revanche, il y
a
une retenue dans l'intervention puisqu'il y a une grande proportionnalité. Et ça,
ce
sont les consignes que je donne mais qui sont les consignes que l'on donne tout le temps. Mais
comment se
fait-il qu'on assiste à ce genre de scène, qu
'on
soit dans cette situation alors que des mouvements de jeunesse, il y
en
a déjà eu. Des casseurs, ce n
'est
pas non plus nouveau. Quand on compare avec 2006, le CPE, on n'est pas du tout dans la même configuration qu'aujourd'hui en termes de maintien de l'ordre.
En
l
'occurrence,
pardon, il y a eu d'autres mouvements par le passé. On a eu aussi des scènes de violence et il y a eu toujours des interventions de police. Non mais
ne serait-ce qu'en termes d'interpellations ? Y
compris pour les lycéens. Vous savez, on n'en est pas à notre premier.
Enfin,
malheureusement,
j
'ai un peu l
'expérience de ces mouvements. Mais cette
fois, ça a l'air de déborder qu
'on a connu
jusqu
'ici.
Pour la première fois, je répondrai après sur les armes interrodières,
c'est
important, je n'ai eu pas la question. Mais je voulais préciser la doctrine. D'abord, le mouvement lycéen. Un mouvement lycéen de cette intensité, non pas en termes de nombre d'établissements bloqués, même s'ils sont nombreux à avoir été à un moment ou à
un
autre concernés par une action, de cette intensité, nous n'avions jamais connus. Et je vous parle d'expérience, c'est-à-dire que la violence que l'on rencontre notamment à destination des enseignants, des forces de sécurité intérieure qui sont systématiquement en prise à partie, c'est inédit. Que les choses soient dites, c'est inédit. Sur les précédents mouvements lycéens, un mouvement lycéen, c'était quoi ? C'était un blocage, un blocage le matin, les policiers qui allaient discuter d'abord en lien avec le chef d'établissement. Il y avait parfois des interventions, puis il y avait des déblocages et les choses se passaient bien. Là, c'est totalement inédit.
Il
y a énormément de prise à partie, de violence. Oui, il
y a
une dimension inédite.
Donc ça, c'est pour le constat.
Et alors, simplement, avant l'armement, pour être très clair sur les consignes que vous donnez notamment aujourd'hui à vos troupes, est-ce que vous dites à vos troupes « faites preuve de retenue devant les lycées
» ?
Mais qu'appelez-vous la retenue ? La retenue,
c
'est dans l'intervention.
C
'est-à-dire, quand il y a des... Imaginez, vous êtes devant un lycée, vous avez des lycéens ou des manifestants, parce qu'il
y a
des personnes qui s'agrègent, on l'a documenté, parfois même des adultes qui s'en prennent à des bus qui circulent sur l'espace public, qui s'en prennent à des véhicules, qui essaient de pénétrer de force dans le lycée et qui commettent des dégradations. Il n
'y
a pas de retenue, il y
a
une intervention des forces de l'ordre.
C
'est ce que je veux dire. Par contre, dans la façon dont on intervient, il y a toujours ce principe de proportionnalité. Sur l'armement intermédiaire, à partir du moment où vous basculez, vous n'êtes plus dans le maintien de l'ordre quand vous basculez en violence urbaine. Vous n'êtes plus dans ce qu'on appelle le maintien de l'ordre. Il y
a
une confusion qui est volontairement mise dans le débat par un certain nombre de sociologues, de pseudo-spécialistes de ces sujets-là. Mais quand vous tombez dans la violence urbaine, vous n'êtes plus en maintien de l'ordre. Et il est normal que policiers et gendarmes puissent disposer de l'ensemble de la palette des armes intermédiaires qui sont à leur disposition, mais qu'ils utilisent dans un cadre légal
et réglementaire. Par exemple,
Laurent Nunez, et on a pu lire qu'y compris au sein du gouvernement, il y avait des débats sur le recours AOLBD aux lanceurs de balles de défense. Quand on vous dit vous pourriez ne pas les utiliser pour les policiers et les gendarmes, ça vous dit non, les LBD, c'est une arme légitime. Moi, je n
'ai
pas connaissance de ces débats au sein du gouvernement. C'est le ministre de l'Intérieur et sous l'autorité du Premier ministre et du Président de la République qui est responsable de l'ordre public jusqu'à preuve du contraire. Et dans les conditions de prise à partie extrêmement violentes, il peut être fait usage effectivement de toutes les armes intermédiaires dans les conditions de prise à partie extrêmement violentes rendues compte. Chaque fois
qu
'un militaire de la gendarmerie ou un policier fait usage d'une arme intermédiaire, il rend compte, il fait un rapport, il explique dans quelles conditions. Voilà. Donc, voilà. Moi, j'ai toute confiance dans les forces de sécurité intérieure et il y a effectivement une dizaine d'enquêtes de l'IGPN dans un contexte d'extrême tension. Extrême tension.
Vous
savez, l'argument qui vous est opposé notamment par la France insoumise, c'est que quand il s'agit des agriculteurs, par exemple, en janvier 2024, votre prédécesseur Gérald Darmanin disait il y
a
des coups de sang légitimes, on ne répond pas à la souffrance en envoyant les CRS. Qu'est-ce que vous dites à ceux qui y verraient un deux poids,
deux
mesures ? Mais il n
'y
a pas deux poids,
deux
mesures quand il y a des dégradations. Quand il y
a
des dégradations, des violences, il n
'y a
pas deux poids,
deux
mesures.
D
'abord, coup de sang. Gérald Darmanin a dit coup de sang. Un coup de sang, ça peut être un coup de colère aussi. Ce n
'est
pas forcément de tout dégrader,
de
rentrer dans des établissements.
Les agriculteurs
qui rentraient dans les préfectures et qui
commettaient
des violences... On intervient. On intervient. Je crois que lors du dernier mouvement, certaines organisations syndicales n'ont pas forcément été tendres avec le ministre de l'Intérieur que je suis. Bon, voilà. Donc, on intervient systématiquement. Voilà. Il n
'y a
pas deux poids,
deux
mesures. Et je pense que la France Insoumise tient un discours vis-à-vis des jeunes qui n'est pas responsable. Qui laisse à penser, et d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon l'a dit très clairement, qui laisse à penser finalement que la police s'en prend à ces jeunes parce qu'ils sont issus des quartiers, parce qu'ils sont, j'ouvre les guillemets, racisés, ils entretient cette espèce de légende d'une partie de la population qu'on tient à l'écart de la République française et ce n
'est
pas du tout ça. Les policiers, les gendarmes qui vont se déployer ce matin aux abords des lycées, ils sont d'abord, et c'est leur première mission, sur le terrain pour protéger les
lycéens. Vous citez Jean-Luc
Mélenchon. D
'abord
pour les protéger des individus violents qui risquent de les blesser et qui risquent de se reprendre à leur outil, l'outil
dans lequel ils
apprennent les règles qui font qu
'on
vit tous ensemble, les règles de la République. Vous citez Laurent Nunez-Jean-Luc Mélenchon qui hier a appelé une nouvelle fois à élus et militants, je cite, s'interposer partout face aux violences et aux provocations policières sans retenue. Cet appel comme ça à l'interposition.
Comment est-ce que vous...
D'abord, l'interposition, ça veut dire qu
'on
s'oppose à une action de police. Bon, c'est interdit dans notre pays. On ne peut pas appeler à commettre une infraction. Ce que dit M. Mélenchon est très grave. La police ne réprime pas les mouvements, elle intervient quand il y
a
des troubles. Et ça veut dire qu'il incite finalement les gens à s'opposer à des actions de police et donc à cesser de mettre un terme à un trouble à l'ordre public. C'est ça. Ce sont des appels qui sont, je trouve, extrêmement graves et qui ne sont pas dignes à un responsable politique. Est-ce que vous diriez aujourd'hui, Laurent Nunez, que la situation est sous contrôle ? Ou est
-ce
qu
'elle
vous échappe
?
Mais qu'est-ce que ça veut dire la situation est sous contrôle ? La situation est sous contrôle. Il y a des mouvements qui se déroulent,
il
y
a
des troubles à l'ordre public et il
y a
des interventions de police. Et on évite des dégradations et des exactions graves. Malheureusement, il y a des dégradations et il y a des exactions graves.
Aujourd
'hui, sur l'ensemble du territoire national, on mobilise énormément de policiers et de gendarmes pour maintenir l'ordre. Mais ce n
'est
pas parce que
je
sais que sur certains bancs, notamment dans l'opposition, de l'autre côté que celle de Jean-Luc Mélenchon, une poubelle qui brûle, une voiture qui brûle, c'est forcément le chaos. Évidemment, je le condamne. Évidemment, c'est forcément le chaos. Mais quand vous avez des émeutiers, quand vous avez des dégradations qui sont commises, il y a des interventions de police. Ce n
'est
pas pour ça qu'on a perdu le contrôle. Perdre le contrôle, c'est si jamais vous aviez des hordes de personnes qui défilaient dans les centres-villes, qui pillaient les magasins, qui commettaient des exactions. Chaque fois qu'il
y a
des commencements d'action, il y a des interventions de police et on y met un terme très rapidement. Vous savez, hier, il y
a
eu énormément de déambulations sauvages dans les centres-villes. Ça s'est produit à Paris,
ça
s'est produit dans certaines grandes villes. Il y a eu systématiquement des interventions de police pour y mettre un terme et mettre un terme au pillage. Et c'est ça, maintenir l'ordre public. Et donc, de ce point de vue, oui, la situation, évidemment, elle est sous contrôle, mais ça ne
veut
pas dire qu'il
n'y a
pas d'exaction, malheureusement. D'un mot, Laurent Nunez, pour terminer, certains espèrent, y compris parmi vos oppositions, qu'il y ait une convergence des colères. Les agriculteurs, un appel le 17 octobre avec l'espoir pour certains de voir le retour des gilets jaunes. D'ores et déjà, le 5 novembre, l'intersyndicale qui appelle à manifester sur les sujets économiques et sociaux. Est-ce que ça, vous redoutez, une sorte de convergence des colères et des inquiétudes ?
Il
y a deux choses dans ce que vous dites, Benjamin Duhamel. Il peut y avoir des revendications légitimes, des mouvements qui se traduisent par des manifestations de voie publique, déclarées. On en a connu par le passé. On en a connu par le passé. Il y
a
eu des mouvements sociaux, des contestations. Moi, je n
'ai
pas de crainte par rapport à ça. Nous, on est là pour encadrer, pour permettre à la liberté d'expression et de manifestation de s'exprimer.
On
verra. On verra cet après-midi dans les intersyndicales si les organisations syndicales sont capables de contenir des black blocs, si on évite des groupes à risque qui pourraient s'introduire dans les cortèges. C'est ça qu'on redoute.
C
'est ça que le ministre de l'Intérieur redoute. Ça
vous redoutez qu'il
y ait de
l
'infiltration
de black blocs cet après-midi ? Bien sûr,
mais comme à chaque manifestation de voie publique maintenant, dès lors qu'elle a une certaine ampleur. Vous avez des groupes ultra-gauches. Et justement, j'en terminerai par là puisque vous me disiez
le...
Justement, c'est dans ces cas-là que les forces de sécurité intérieure interviennent pour mettre un terme et interpeller, empêcher de nuire les casseurs ou les black blocs, empêcher de nuire et permettre finalement aux cortèges syndicaux d'aller à leur terme. Et ça, n'oubliez pas que l'action principale des forces de sécurité intérieure c'est de permettre à la liberté de manifester, à la liberté d'expression de trouver à s'exprimer. Et c'est grâce à elles que c'est possible. Merci Laurent Nunez d'être venu micro de France Inter ce matin.
On
va évidemment continuer à parler de ces mobilisations lycéennes tout au long de la journée sur France Inter et dans le téléphone son de Fabienne Sintès ce soir.