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interviewyoutube.com· 3 novembre 2025 18 min

Shein au BHV, budget 2026: l'interview en intégralité d'Olivier Faure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

J'accueille à présent le premier secrétaire du Parti Socialiste. Rien à voir donc avec la polémique Chine. Bonsoir Olivier Faure.

0:07
Olivier Faure

Il est mythique. C'est-à-dire ? Le cynisme fait homme. En fait, en fond, le commerce domine tout le reste. Il n'y a absolument aucune capacité à prendre du recul par rapport à ce qui est un événement, à la fois sur ce que produit Chine, sur le scandale, sur ces poupées qui sont à destination de pédocriminels. Et n'avoir aucun recul par rapport à tout ça. Considérer que business is business, que l'argent est roi. Franchement, j'étais stupéfait à l'écouter. Et un type de marbre qui vous explique qu'au fond, rien n'a d'importance. La seule chose qui compte, c'est le fric. Franchement, j'étais stupéfait.

0:51
Présentateur

Qu'est-ce qu'il faut faire ? Aujourd'hui, Roland Lescure, le ministre de l'économie, dit s'il récidive, si Chine récidive, puisqu'ils ont retiré en 24 heures, donc ils ont appliqué la loi, ses poupées. On réfléchira à une interdiction de Chine en France. Vous savez aussi que c'est une marque qui s'adresse souvent aux plus précaires, à ceux qui n'ont pas forcément de quoi boucler leur fin de mois.

1:11
Olivier Faure

Est-ce qu'il faut l'interdire ? Vous savez très bien que la fast fashion, à ce niveau-là, en fait, c'est la destruction de la valeur. En fait, c'est d'abord parce que les gens qui sont au bout de la chaîne, quand vous achetez si peu cher, la réalité, c'est que les gens qui sont au bout, ils ne gagnent rien. Et on est dans l'exploitation la plus sordide qu'on puisse avoir dans ce qui se fait aujourd'hui dans l'industrie du vêtement, de la mode, etc.

1:37
Présentateur

Donc il faut aller jusqu'à l'interdiction en France ?

1:40
Olivier Faure

Moi, je crois qu'effectivement, à un moment, il faut prendre des mesures fermes et ne pas avoir la main qui tremble. Ça veut dire quoi, des mesures fermes, pardon ? Ça veut dire l'interdiction, effectivement, aller jusqu'à l'heure, bien sûr. Mais sur quelles bases ? Je ne suis pas au gouvernement. J'imagine que les bases existent et qu'elles peuvent être trouvées. Mais voir y compris qu'une marque comme le BHV accepte aujourd'hui de faire rentrer le loup dans la bergerie, d'aller concurrencer tous les commerces français avec des vêtements qui sont en réalité des vêtements peu chers et qui ne tiennent pas la durée. Vous êtes prêt à déposer une proposition loi ?

Si on sort un jour de l'épisode du budget, on va en parler dans un instant, pour interdire chez Inanfranc ? Je veux bien l'étudier, oui, bien sûr. Parce que je pense qu'on est en train de vivre une espèce d'explosion. Enfin, on est dans la quintessence du capitalisme rapace, prédateur, où plus aucune règle n'existe, si ce n'est celle de l'argent. Et effectivement, il y a un moment où ça s'arrête. Vous avez des enfants, je crois Olivier Fort, pardon, de cet intérêt de la vie privée.

2:45
Présentateur

Quatre, même. Ils utilisent Chine ou pas ? Pas du tout. Vous leur avez interdit ? C'est une discussion que vous avez eue avec eux ?

2:49
Olivier Faure

Non, c'est une discussion qu'on a eue. Et eux-mêmes, d'ailleurs...

2:52
Présentateur

Vous les avez convaincus de ne pas utiliser ou eux-mêmes ?

2:55
Olivier Faure

Non, eux-mêmes. Et eux-mêmes, je vois... Enfin, ils essayent beaucoup d'acheter dans les friperies. Ils sont beaucoup vinted aussi, parce qu'ils considèrent qu'aujourd'hui, ils ont aussi une responsabilité dans leurs achats. Et je suis très fier d'eux, parce que c'est vrai qu'ils ont aussi, par eux-mêmes, cherché à comprendre comment marchait le système et comment aussi il ne fallait pas le pousser jusqu'à l'incandescence.

3:20
Présentateur

On entend ce que vous dites sur les conditions de travail. On les a rappelés, je les ai rappelés il y a quelques minutes, ce que disent les ONG sur les conditions de fabrication de ces vêtements en Chine. Mais en France, ce sont aussi les classes populaires qui achètent sur Chine, parce que ce n'est pas cher, parce que c'est quelques euros. Est-ce que le risque, aujourd'hui, en demandant une interdiction, c'est-à-dire finalement de porter un jugement presque moral sur les gens qui n'ont pas de quoi acheter des vêtements plus chers que ça ?

3:43
Olivier Faure

Mais il y a plein d'autres solutions. Vous voyez ce danger-là aussi ? Oui, je comprends très bien. Et je comprends très bien qu'il y a des gens pour qui un euro, c'est un euro. Chaque week-end, quand je vais dans ce qu'on appelle les vides greniers, je vois les gens de ma circonscription et qui négocient à 50 centimes près. Et donc, je ne suis pas ignorant de la difficulté qu'ont une partie de nos concitoyens à pouvoir simplement se vêtir correctement. Mais on ne peut pas non plus, pour cette raison-là, accepter une entreprise comme Chine et accepter que définitivement, on bascule dans un autre monde qui ne peut pas être le nôtre.

Et encore une fois, je ne suis pas là pour faire la promotion de qui que ce soit, mais parfois, il vaut mieux acheter 5 euros plus cher, mais avoir quelque chose qui tient dans la durée plutôt que d'avoir. Et puis, il faut aussi que chacun d'entre nous finisse par se discipliner en se disant qu'on n'est pas obligé de suivre toutes les modes et de changer de vêtements toutes les semaines. Vous avez certainement plusieurs costumes, mais ils sont tous identiques. Et est-ce que vous vous portez plus mal ? Ça va, vous continuez à vivre.

Et donc, il faut aussi qu'on apprenne à vivre avec les dégâts écologiques, les dégâts sociaux, tout ce que ça produit derrière, parce que tout ça, c'est importé de Chine, vous imaginez, pour que le produit arrive ici à 3 ou 4 euros, alors qu'il a pris l'avion,

5:03
Présentateur

qu'il a pris le cargo... 6 à 27 centimes par vêtement, c'est ce qui est versé, je rappelais tout à l'heure, d'après le rapport d'une ONG, à chaque ouvrier ou ouvrière, car il s'agit de la plupart du temps de femmes dans ces ateliers en Chine. Je voudrais qu'on parle du budget, Olivier Faure. Il y a 10 jours exactement, vous vous étiez laissé jusqu'à la fin de la semaine dernière pour dire si, oui ou non, vous alliez censurer le gouvernement. Évidemment, le cap a donc été franchi, même de quelques jours. Est-ce que vous allez appuyer sur le bouton ou pas ?

5:31
Olivier Faure

Bon, moi j'ai toujours dit la même chose, c'est que je souhaitais que l'on puisse réviser la copie du gouvernement, et notamment ce qu'on a appelé le musée des horreurs, avec le gel des pensions, le gel des prestations sociales. Vous l'avez obtenu. Et on l'a obtenu.

5:45
Présentateur

Et vous avez obtenu la suspension de la réforme des retraites.

5:48
Olivier Faure

Exactement.

5:49
Présentateur

Ça veut dire quoi ? La liste n'est pas complète, ça va continuer ?

5:51
Olivier Faure

Ça veut dire que nous avons en commission, déjà social, nous allons commencer demain l'examen du PLFSS. Le budget de la Sécu. Si ce qui s'est passé en commission se prolonge dans l'hémicycle, eh bien nous aurons obtenu satisfaction sur l'essentiel.

6:07
Présentateur

Sur quel point précisément ? Donc ça veut dire que ce que vous aviez dit il y a 10 jours n'est plus valable, vous laissez un nouveau sursis, si je suis bien, au gouvernement, et maintenant ça va se jouer sur le budget de la Sécu dans l'examen début de demain.

6:17
Olivier Faure

Oui, tant que les choses avancent, eh bien moi je suis là pour chercher à protéger les Françaises et les Français. Donc c'est toujours plus ? Je n'ai pas le cynisme de ceux. Non, c'est pas toujours plus.

6:28
Présentateur

C'est l'objectif que vous avez fixé vous-même. Vous avez dit je jugerais sur le budget. Le budget, c'est fini. Ça s'arrête ce soir. Non, ça s'arrête. Ça reprendra peut-être après. Maintenant, c'est le budget de la Sécu aussi. Par exemple, je prends un exemple concret. Vous demandez la peau des franchises médicales qui doivent doubler. Oui, il y a quoi d'autre dans ce que vous réclamez aujourd'hui ? Franchise médicale, la Cour des comptes a donné aujourd'hui son dernier avis sur les comptes de la Sécu. Ça ne va pas très fort. 23 milliards de déficit cette année. Le gouvernement avait prévu de ramener ce déficit à 17 milliards et demi.

L'une des mesures qui permettait de revenir là-dessus, c'était justement le doublement des franchises médicales. Plus de 2 milliards d'économies.

7:06
Olivier Faure

Il y a quoi d'autre dans votre corbeille aujourd'hui ? Nous allons parallèlement chercher de nouvelles recettes. On va faire en sorte qu'on prenne 1,6 de CSG sur le patrimoine. Ce qui va permettre de revenir sur ce qu'on avait appelé la flat tax. Ces gens qui vivent de leur rente...

7:22
Présentateur

Taxer les dividendes, les actions qui sont aujourd'hui taxées.

7:24
Olivier Faure

C'est Emmanuel Macron qui a fait cette réforme à 30%. C'est cotisation sociale plus impôts sur le revenu. Et donc en réalité, les gens qui vivent de leur rente aujourd'hui sont moins imposés que les gens qui vivent de leur travail. Eh bien nous allons y revenir et nous allons redonner de l'oxygène aussi à la Sécu par ce biais-là. Donc à chaque fois, on cherche à mettre en face...

7:43
Présentateur

Donc le suspense continue.

7:45
Olivier Faure

Le suspense continue.

7:46
Présentateur

Mais à quel moment... Mais ce n'est pas une question de suspense, Marc Falkfeld. Je vous coupe un instant. Non, vous avez raison. Mais à quel moment vous déciderez si le budget tout court et le budget de la Sécu vous semblent de nature à au moins obtenir un vote neutre ? Bien que vous n'allez pas le voter, mais au moins une abstention.

8:05
Olivier Faure

Quand nous verrons la copie complète.

8:06
Présentateur

Donc à quel moment ça va se jouer ?

8:08
Olivier Faure

Ça se joue en fait dans le mois. Et donc sur le PLF 16, ça se jouera autour du 12 novembre. Et puis sur le PLF, ça se prendra un peu plus de temps parce qu'on y reviendra après le PLFSS. Et donc quand on aura une vision complète...

8:21
Présentateur

Vous admettez que vous avez un peu changé votre fusil d'épaule. Entre ce que vous disiez il y a 10 jours à ce que vous dites ce soir sur ce plateau, c'est-à-dire on va se laisser maintenant tout le mois de novembre. Ce n'est pas exactement la même chose. La liste de vos revendications a changé.

8:33
Olivier Faure

Non, j'ai toujours dit la même chose sur les revendications. C'est-à-dire que l'objectif n'est pas... En soi, je vous avais même dit... Moi, mon objectif, ce n'est pas dans la vie d'avoir telle ou telle taxe. Ce que je veux, c'est qu'il y ait un rendement et qu'en face de ce rendement, on puisse faire en sorte que la vie des gens ne soit pas noircie par des mesures qui seraient prises et qui sont en réalité celles que François Bayrou avait décidées. Donc les mêmes causes produisant les mêmes effets. Si on reste sur la copie Bayrou, on censurera, on votera contre, on fera en sorte que les choses ne se passent pas ainsi. Vous nous dites, je ne veux pas de la franchise médicale doubler

9:05
Présentateur

sur les médicaments et sur la consultation chez le médecin. Je veux une hausse de la flat tax. Est-ce qu'il y a d'autres choses que vous réclamez ?

9:11
Olivier Faure

Je veux que l'ONDAM, pour prendre un terme technique, soit revalorisé. C'est l'arrêt qui fixe la hausse ou la baisse des dépenses de santé. Parce qu'aujourd'hui, on est dans une situation où l'hôpital est exsangue. Et si on ne fait pas cet effort de l'ordre de 1 milliard supplémentaire, on sait que ça va mal se passer à l'hôpital. Donc ça, ça fait partie des sujets que nous avons évoqués avec le gouvernement. Je vois que le gouvernement a aussi bougé là-dessus. Le Premier ministre l'a évoqué vendredi dans l'hémicycle. Et dans les discussions que nous avons avec lui, nous savons qu'ils sont prêts à remettre 1 milliard. Mais le gouvernement, il dit aussi...

Ça fait partie des sujets qui sont des sujets positifs. Le gouvernement, pardon ? Et donc, quand ça avance, j'avance. Je ne cherche pas. Il y a des gens qui sont tellement cyniques qu'au fond, rien ne les intéresse. La seule chose qu'ils veulent, c'est que tout tombe. Et qu'à la fin, ils puissent en tirer le profit maximal. Moi, je ne suis pas là-dedans. Je cherche à ce que les Français puissent être protégés. Et faire en sorte que nous puissions avoir des services publics qui fonctionnent. Que nous puissions avoir des gens qui n'aient pas des fins de mois plus difficiles. Parce que ça n'est le cas déjà aujourd'hui. Et si ces conditions-là sont remplies, j'achète.

10:11
Présentateur

Vous avez sans doute lu les confidences du Premier ministre dans la presse ce week-end. Qui dit, je ne comprends pas pourquoi le Parti Socialiste ne revendique pas, plus haut et fort, ces différentes victoires. La suspension de la réforme des retraites, le dégel des pensions de retraite, etc. Est-ce que c'est parce que vous avez peur de vous faire taper sur les doigts immédiatement par Jean-Luc Mélenchon qui a dit, dès hier, ça y est, le Parti Socialiste a changé d'alliance. Il est allié avec les Macronistes. C'est ça qui vous effraie ?

10:36
Olivier Faure

Pourquoi ça m'effraierait ? En fait, il suffit... Enfin, je sais bien que cette lecture complotiste est diffusée par la France Insoumise. Mais il suffit... Pendant plusieurs jours, ils ont dit, mais vous allez voir, il y a un deal. Ils ont déjà organisé les choses, etc. Donc vous n'avez pas le compromis au peu ce soir. Vous dites qu'on a gagné. Je n'ai pas la négociation. Et on veut continuer à négocier. Quand vous m'interrogez et que vous me dites, est-ce que vous parlez avec le gouvernement ? Je vous ai toujours répondu, oui, nous nous parlons. Et parce que dans un hémicycle où il n'y a aucune majorité absolue, il faut être juste dingo ou cynique pour dire, je ne parle avec personne.

Alors je sais bien qu'il y a des gens qui font, en réalité, semblant d'intéresser aux gens. Mais en réalité, imaginez que la France Insoumise a voté en commission pour l'instant contre la suspension de la réforme des retraites. Vous vous rendez compte ? Contre la suspension de la réforme des retraites. Et en revanche, ils ont voté, en fait, avec Laurent Wauquiez, pour que toutes les tranches de l'impôt sur le revenu puissent être dégelés, le barème de l'impôt sur le revenu. Ce qui va permettre aux classes les plus aisées de retrouver, en fait, ne pas être davantage imposé. J'essaie de comprendre l'idée.

11:38
Présentateur

Ce que vous dites ce soir sur ce plateau, c'est-à-dire la liste de ce que vous réclamez au gouvernement, vous l'avez dit les yeux dans les yeux à Sébastien Lecornu, quand vous avez déjeuné avec lui vendredi. Vous êtes venu avec un papier, avec le dessus, on veut rectifier les trajectoires de l'hôpital, etc.

11:52
Olivier Faure

Le papier, je l'aime avec moi, si vous voulez. Il est là ? Oui, je l'ai là. Vous me le laissez ? Je ne vous le laisse pas. Il y a combien de points sur ce papier ? Je ne sais pas, je n'ai pas compté. En tout cas, il y a plusieurs feuilles, si on peut regarder, si on peut zoomer, même éventuellement. Très simple, avec tout ce qu'il y a à supprimer aujourd'hui, donc le gel des prestations sociales, je vous l'ai dit. Ça, c'est fait ? C'est fait. Enfin, il faut que ce soit voté. Parce que le gouvernement, c'est quand même un des sujets que nous avons en ce moment. Et c'est l'une des raisons de ma prudence.

C'est que je vois aussi que vous avez une ministre qui est au banc, Amélie de Montchalin, qui donne des avis pour le gouvernement. Et je vois qu'elle n'est pas toujours suivie. Et même parfois, vous avez des députés du socle commun qui font exactement l'inverse de ce qu'elle dit. Cet après-midi, par exemple, on s'est retrouvé avec des députés entre la droite et l'extrême droite qui ont voté des exonérations d'impôts pour des donations d'ordre de 750 000 euros par enfant. Ce n'est pas les classes populaires qui sont visées là. On est d'accord.

12:48
Présentateur

Aujourd'hui, c'est 100 000. Je rappelle le chiffre. Simplement, il y a beaucoup de points sur votre feuille ou pas ?

12:52
Olivier Faure

Les franchises médicales, le plafond des internités journalières, le forfait hospitalier qui va être augmenté, les niches sociales qui sont, en fait, je pense, au ticket restaurant, etc. Il y a d'autres façons de procéder. Le gel du barème de l'IR, c'est déjà fait.

13:06
Présentateur

Vous cochez à chaque fois qu'il se passe ?

13:08
Olivier Faure

Vous cochez, vous en avez combien d'obtenus sur l'ensemble de votre liste ? Pas mal. Mais maintenant, ce que moi j'ai plaidé pendant plusieurs jours, c'est qu'on est en face des recettes qui permettent de ne pas creuser le déficit. Parce qu'il y a plusieurs façons de faire les choses. Soit vous dites que vous avez des recettes pour combler ce que je viens d'évoquer, soit vous avez, en fait, un déficit que vous laissez se creuser. Et donc, moi, je souhaite que n'on n'aille pas trop loin sur le déficit. Le Premier ministre a dit entre 4,7 et 5. Je ne souhaite pas qu'on aille au-delà de 5 parce qu'il faut là aussi être responsable.

La charge de la dette, les intérêts qu'on brosse chaque année, c'est l'équivalent bientôt du budget de l'éducation. Et donc, si on veut mener des politiques publiques ambitieuses, il faut aussi qu'on ait un regard sur la dette. Sur les impôts, il vous dit quoi ? Sébastien Le Cordu ?

13:53
Présentateur

S'il faut trouver, effectivement, des milliards et des milliards pour compenser tout ce que vous avez dit là ?

13:57
Olivier Faure

Je sais qu'il y est plutôt hostile. Alors, je lui souffle une idée simple. C'est qu'il y a 200 milliards d'aides aux entreprises chaque année. Chiffre contesté. Peut-être. Non, il est contesté parce qu'on mélange beaucoup de choses très différentes. Il y a des aides rembourses, il y a des prêts. Vous les dites, c'est là-dessus, là-dedans qu'il faut piécher. Vous croyez qu'on ne peut pas trouver 5 ou 10 milliards ? Je prends un autre exemple. On a une logique de guichet aujourd'hui en France avec, par exemple, France 2030. C'est 10 milliards d'euros par an. 10 milliards d'euros par an, essentiellement sous la forme de subventions.

Eh bien, moi, je souhaite que désormais, il n'y ait plus de subventions aux entreprises. Soit on leur fait une avance remboursable. Et donc, quand elles ont réussi, quand elles ont prospéré, parce qu'on aide les entreprises innovantes, dès lors qu'elles ont touché, en fait, et qu'elles gagnent enfin de l'argent, eh bien, soit elles remboursent, soit l'État monte au capital et devient actionnaire de ces boîtes, et donc participe à la croissance de l'entreprise, mais aussi participe aux dividendes. Voilà, c'est des choses simples, mais plus d'argent public qui soit dilapidé, ce qui est des gens qui gagnent au grattage et au tirage.

Ils ont à la fois l'aide de l'État quand ils en ont besoin, et là, je pourrais vous donner quelques chiffres aussi, mais même LVMH, entreprise prospère parmi les plus prospères. Chaque année, ils reçoivent 275 millions d'euros de l'État, donc des Français. Cette entreprise fait 15 milliards de bénéfices. Donc, comment vous l'expliquez ? Moi, je ne sais pas l'expliquer. Je ne peux pas expliquer aux gens que, désormais, en fait, ces gens ne veulent pas être davantage imposés, ils ne veulent pas de la taxe Zuckman, mais ils ne veulent pas non plus perdre leurs aides. Il y a un moment où ça ne va plus, et il faudra bien qu'on fasse des choix. Et c'est ce que je dis.

15:34
Présentateur

En un mot, Olivier Faure, vous êtes raisonnablement optimiste sur les chances de trouver un accord sur le budget ? Raisonnablement optimiste ?

15:41
Olivier Faure

Je pense qu'il y a un chemin étroit, mais qu'il existe. Et ce que je vois aussi, c'est qu'à la fin, puisque nous sommes désormais 149,3, nous aurons le choix entre deux situations. Soit que le gouvernement fasse une loi spéciale sur la loi de finances, et donc ce sera le budget de l'an passé, mais amputé des 10 milliards, qui étaient les 10 milliards de surtaxe IS, enfin, je ne vais pas rentrer dans le détail, mais enfin, l'imposition des plus grandes fortunes et des grandes entreprises, parce que pour des raisons techniques, je ne vais pas expliquer là, mais ce n'est pas possible. Et sur le PLFSS, ce sera forcément par ordonnance. Et les ordonnances reprendront le projet initial.

Ça veut dire que vous retrouverez tout ce qu'on ne veut pas, le gel des pensions de retraite, le gel, etc. Et donc, c'est à ça que nous sommes conduits. Donc, moi, ce que je cherche, c'est à faire en sorte que nous serions utiles aux Français et que nous puissions dégommer toute une partie de ce qui est forcément inimaginable pour nous, et puis après, effectivement, permettre l'adoption de ces budgets.

16:41
Présentateur

Ce qui veut dire que le fil n'est pas rompu et qu'au-delà du déjeuner de vendredi dernier avec Sébastien Lecornu, il y a toujours des contacts permanents avec le gouvernement ?

16:49
Olivier Faure

Mais le fil ne sera jamais rompu tant qu'il n'y aura pas de majorité absolue dans ce Parlement. Et moi, ce que je souhaite, c'est non pas m'associer et m'allier avec la Macronie. Chacun sait ce que j'en pense et chacun sait que je souhaite qu'on les remplace le plus vite possible. Mais dans l'intervalle, maintenant, on ne peut pas laisser les Français sans budget et on ne peut pas leur dire démerdez-vous avec un budget qui est une horreur. Donc, nous allons tout faire pour effacer les horreurs.

17:16
Présentateur

Merci beaucoup, Olivier Faure. Je vous prends votre petite fiche, celle des discussions avec Sébastien Lecornu, si vous voulez la laisser. Je la laisse à l'accueil. La laissez-la à l'accueil. Merci beaucoup. Merci d'être venu ce soir. Beaucoup de choses sont déjà publiques, en réalité. Sur ce plateau. Tout est transparent.

17:30
Olivier Faure

Merci à vous.