La grande interview de Laurence Ferrari avec Sylvain Maillard
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Europe 1. La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari. Et notre invité ce matin dans la grande interview Cernouge et Europe 1, c'est Sylvain Maillard. Bonjour à vous.
Bonjour Laurence Ferrari.
Députés ensemble pour la République, un mot de la gestion de la crise antavirus. Ça y est, c'est sous contrôle, les 22 patients cas contact sont négatifs. On peut dire que la crise est passée, c'est derrière nous ?
On l'espère, en tout cas. Il y a eu une vraie communication de la ministre Stéphanie Riste en permanence de nous dire ce qui se passe. Nous-mêmes, parlementaires, elle est venue plusieurs fois et aux questions au gouvernement et en audition nous dire exactement quelle était la situation. Et donc, je crois que c'est apaisant. On a uniquement des gens contaminés qui étaient sur le bateau. C'est la réalité. Tous les autres cas contacts à l'heure actuelle n'ont pas développé la maladie. Donc, on suit ça avec une grande attention. Mais en tout cas, je trouve que c'est bien géré au niveau français.
Sylvain Maillard, il s'agit de montrer qu'évidemment, on ne répète pas les erreurs du passé, notamment de cette pandémie de Covid qui a traumatisé tous les Français. Aujourd'hui, on est sûr que les stocks de masques sont suffisants, que nous avons absolument tout l'arsenal pour faire face à une éventuelle nouvelle épidémie.
Oui, le gouvernement nous a dit que nous avions un peu plus de trois mois de stocks de masques et que nous avions la capacité de production entre 3 milliards et 5 milliards par an. où tout était organisé. Donc, j'ai trouvé une ministre rassurante, en tout cas devant les parlementaires où, évidemment, contrôle important. On a la chance aussi de l'antavirus être une souche connue. Et donc, nous avons du recul, ce qui n'était pas le cas de la Covid-19. C'est aussi très différent. Et puis, nous avons appris collectivement à nous organiser. Donc, je trouve plutôt bien géré à l'heure actuelle. Il faut faire attention. Donc, ce n'est pas tout à fait terminé, mais bien géré.
Sylvain Maillard, vous présidez, je crois, la Commission France-Chine à l'Assemblée Nationale. Donald Trump est actuellement en Chine. Les entretiens viennent terminer avec le président chinois. Il a été question, bien sûr, des relations commerciales, des droits de douane, du conflit au Moyen-Orient et de Taïwan. Le président Xi a prévenu du risque d'un conflit Chine-États-Unis si la question de Taïwan est mal gérée. Ça veut dire quoi ? C'est-à-dire qu'il y a une espèce de marchandage entre les grandes, ce monde. Tu me laisses régler l'Iran et je te laisse gérer Taïwan. C'est ça qui se passe en ce moment ?
Alors, je ne sais pas si les termes sont ceux-là, mais c'est ça. Ce sont les deux plus grandes puissances mondiales à l'heure actuelle et pour les décennies qui viennent. Et donc, je trouve ça important que ces deux chefs d'État se parlent avec des caractères très différents, le président Xi et le président Trump. Mais il faut qu'ils se parlent. Il y a une rivalité très forte entre ces deux pays qui nous impacte fortement, nous, en Europe. Et donc, c'est bien qu'ils puissent discuter. En réalité, ces discussions, elles vont continuer toute l'année. Je crois qu'ils ont prévu quatre rencontres tout au long de l'année. Il faut trouver des moyens d'apaisement, évidemment, douaniers.
des apaisements en Iran. Vous avez raison, parce que la Chine est beaucoup plus dépendante du détroit d'Hormuz que le reste du monde, que de la France, d'ailleurs. Et donc, elle veut absolument un apaisement dans le détroit d'Hormuz. Et puis, évidemment, la question de Taïwan, qui est... Vous savez bien que la Chine veut la réunification avec Taïwan. Il se donne du temps pour le faire et que, pour eux, du point de vue chinois, le principal obstacle, c'est les États-Unis.
D'accord. Est-ce que cela veut dire aussi que, et ce qui est frappant, c'est que la France, l'Union Européenne, ne pèse plus du tout dans les discussions entre ces empires, que ce soit russes, chinois ou américains ?
Je ne crois pas. Moi, j'ai accompagné le président de la République en décembre. On a eu une visite d'État à la rencontre du président Xi. Des discussions très fortes sur l'Europe, sur la relation entre la Chine et l'Europe, qui est très importante.
C'est notre premier partenaire commercial ?
Disons-nous... Pas encore. Pas encore. Mais disons-le très clairement, les deux grandes puissances mondiales économiques, c'est la Chine et les États-Unis. Et c'est maintenant, et c'est pour les décennies qui viennent. Elles ont l'une et l'autre des grosses difficultés. La démographie est catastrophique en Chine. On en parle très peu. Mais c'est un pays qui n'a plus d'enfants. Et donc, c'est une démographie, et donc une vraie faiblesse à moyen terme. Et eux construisent, comme les Américains, une prospérité. Ils ont besoin de parler. Mais l'Europe, elle fait partie de la discussion. Et la France, elle est au cœur. Oui, là, c'est une discussion de bloc à bloc américain-chinoise.
La France tente de peser aussi dans le conflit au Moyen-Orient. On l'évoquait. Emmanuel Macron veut prendre une initiative la semaine prochaine aux Nations Unies pour permettre la réouverture sécurisée du détroit d'Hormuz. Il veut une mission militaire avec 20 pays partenaires. Une fois que le conflit sera arrêté, c'est une façon d'entrer dans le conflit ou pas, pour vous, Sylvain Maillard ?
C'est surtout une façon de débloquer très rapidement le détroit d'Hormuz. Le détroit d'Hormuz est en train d'asphyxier une partie du monde. D'ailleurs, en fait, nous sommes assez peu dépendants en Europe des flux du détroit d'Hormuz et des flux du pétrolier gazier.
Et pourtant, les prix du pétrole augmentent et des carburants aussi.
Le prix, il est mondial. Et donc, évidemment, on est impacté. Mais ceux qui sont extrêmement impactés, c'est, on a dit, la Chine et l'Asie du Sud-Est. Et donc, il faut trouver un équilibre. Il faut absolument réouvrir ce détroit d'Hormuz le plus rapidement possible. On voit bien qu'on rentre sinon dans une crise mondiale très longue, crise économique mondiale longue, qui aura un impact. On en reparlera sûrement au niveau français. Mais nous, notre difficulté en France, ce sont les prix. Ce ne sont pas les quantités. C'est important de le dire. Par contre, dans une partie du monde, ce sont les quantités.
Bien sûr, mais pour l'instant, ce n'est pas encore la pénurie. Toujours est-il que le monde entier puise dans ses réserves de pétrole et qu'elle diminue.
On n'a que 10% de nos approvisionnements en France qui viennent par le détroit d'Hormuz. Donc, 90% viennent d'ailleurs par les oléoducs, par les Etats-Unis ou d'autres sources d'approvisionnement. Non, il faut le dire parce qu'évidemment, on dépend d'un prix. Mais nous n'avons pas de difficultés à moyen terme d'approvisionnement.
Est-ce que le gouvernement français, Sylvain Maillard, prépare vraiment justement notre population à un choc énergétique à long terme ? Parce que la crise, elle est amenée à durer, même s'il y a une réouverture dans les prochains mois du détroit d'Hormuz. Il va falloir des mois avant que l'économie mondiale se remette à flot.
Transformer la contrainte en opportunité. Ce n'est pas de moi, c'est de Bergson. Je trouve que c'était une phrase qui va bien en disant qu'on a un choc pétrolier. Vous savez quoi ? Un choc gazier. On en a eu. Donc on en a bien un choc pétrolier.
On est d'accord.
Bien sûr.
Ce n'est pas ce que disait le ministre de l'École.
Quand on a des prix du pétrole, du baril qui sont montés à un moment jusqu'à 126 dollars et qu'on dit que potentiellement ça peut monter plus haut, évidemment nous sommes dans un choc pétrolier, un choc énergétique. Mais il faut que nous dépendions moins des énergies fossiles. Pour dépendre moins des énergies fossiles, il faut basculer nos usages vers l'électricité. On a la chance d'avoir du nucléaire, on a la chance d'avoir de l'électricité pas chère en France. Il faut absolument qu'on profite de cette opportunité qui est une vraie contrainte, une opportunité pour migrer. Je crois que ça c'est le passage moyen terme.
Mais est-ce que vous avez des nouvelles, des aides, d'une nouvelle ampleur, d'une nouvelle échelle qui devait être annoncée cette semaine justement par Sébastien Lecornu ? Est-ce qu'on doit lancer un avis de recherche, Cébdor Maillard ?
Écoutez, moi je ne suis pas porte-parole du gouvernement. Il a dit qu'il prendrait la parole. Il prendra la parole probablement rapidement. Maude Bréjon, la porte-parole, nous a dit qu'il y avait des énergies fossiles. L'annonce serait faite incessamment sous peu, donc on les attend. Tout en sachant qu'on est déjà... C'est la résine ou pas ? Non, je crois que les termes sont très clairs. Nous n'avons pas les moyens financiers d'arroser comme nous l'avons fait très largement il y a deux ans dans le choc précédent énergétique. On a dit que nous ciblions sur les grands rouleurs, sur ceux qui ont absolument besoin d'aide, les pêcheurs, les agriculteurs.
Et nous, nous souhaitons à l'Assemblée nationale et au groupe Renaissance que l'argent ne soit pas gaspillé. Donc faire très attention, l'argent public est rare.
Il faut-il aider en plus des grands rouleurs que vous venez de signifier et de certaines professions très ciblées ? Il faut élargir l'assiette à quoi ? 10 millions de personnes ?
Le choc énergétique va, parce qu'il dure, il va s'implémenter dans beaucoup d'autres secteurs. C'est-à-dire que quand vous faites par exemple du plastique, le plastique il dépend des produits pétroliers, donc évidemment on va avoir une répercussion économique. Ce qu'il faut c'est qu'on puisse anticiper ça. Quels sont les secteurs qui vont être le plus touchés et qu'on puisse anticiper ceux qui vont être le plus touchés pour les accompagner ? On ne pourra pas accompagner tout le monde. Je crois que c'est le travail qui est fait par le gouvernement d'identifier les secteurs maintenant et dans les semaines qui viennent.
Mais vous, qu'est-ce que vous demandez, vous les députés Renaissance ? On aide plus de Français, plus de secteurs ?
Nous on demande que chaque euro dépensé soit bien pensé parce que nous devons tenir...
C'est une évidence, M. Maillard.
C'est tellement facile de venir à votre micro que faisons les oppositions en disant arrosons tout le monde. Non, je ne dis pas tout le monde. Toutes les oppositions disent ça. Le Rassemblement National et les filles disent il faut absolument ouvrir...
Oui, baisse des taxes. Moi je pense qu'il faut... Au plafonnement des prix.
On aide les grands rouleurs et on les aide aussi à pouvoir basculer le plus rapidement possible vers de l'électrique. Je crois que c'est ça qu'il faut...
Alors dites encore d'aller acheter une voiture électrique alors qu'ils ne peuvent pas faire le plein et ils mettent 10 euros dans leur voiture ?
Il y a deux usages. D'abord ceux qui sont dans les grandes difficultés dont vous parlez. il y a déjà le chèque carburant qui est déjà immédiatement accessible. Donc là il faut qu'on puisse les accompagner et puis qu'on puisse les accompagner... On parle de 50 euros c'est quoi ? 50 euros tout à fait. Et qu'on puisse les accompagner sur le moyen terme pour qu'ils puissent changer de véhicule. Je crois que c'est aussi important de donner la perspective court terme. C'est le chèque carburant et le perspective moyen.
50 euros sur 3 mois c'est ça ?
Vous vous rendez compte ?
Vous faites le plein de temps.
Bien sûr.
Vous êtes dans la réalité M. Maillard.
Je suis d'accord avec vous. Tout dépend évidemment de ce que vous roulez. Le français classique en région roule 30 à 50 kilomètres par jour. Il faut que nous puissions l'accompagner. Le grand rouleur qui a besoin absolument de sa voiture. Celui-là il doit avoir un accompagnement spécifique comme le pêcheur, comme l'agriculteur. Un accompagnement spécifique. Et le gouvernement il répond. Si on doit aller plus loin, on doit aller plus loin. Mais attention, on n'a pas l'argent. On n'a plus l'argent que nous avions avant. Et nous avons besoin de tenir nos comptes publics. Non mais on ne peut pas nous reprocher de dépenser trop d'argent.
Et en même temps, quand on dit qu'on n'a plus l'argent et qu'il faut faire attention, de dire que finalement il faut le dépenser.
On sait quand même de combien la dette s'est accrue sous les deux quinquennats d'Emmanuel Macron.
Nous avons énormément aidé la dernière crise. Nos amis européens n'ont pas fait la même chose. Nous avons énormément aidé en 2023 le choc précédent énergétique. Nous avons tiré la conséquence qu'il fallait probablement moins aider et mieux cibler. C'est ce que nous faisons et nous l'appliquons.
Bruno Retailleau veut aussi, il sait que les Français font attention à tout, à la consommation de carburant mais aussi de l'électricité. Il veut mettre le paquet sur le nucléaire pour réduire justement la facture d'électricité, l'équivalent de deux mois. Il veut sortir du piège, dit-il, de l'idéologie écologiste et supprimer les subventions publiques aux énergies renouvelables. Est-ce que c'est une des pistes pour vous ?
Écoutez, en fait, au mieux, EDF peut sortir, d'ailleurs nous l'avons voté, ses prochains réacteurs nucléaires, au mieux entre 2036 et 2038. Donc en attendant, la seule façon de trouver de l'énergie supplémentaire, ce sont les énergies marémotrices, énergie solaire, énergie éolien. Nous n'avons pas d'autres possibilités. Donc nous nous disons qu'il faut développer les deux. Il faut développer évidemment le nucléaire. Aussi développer la vitesse de... Vous savez, dans le nucléaire, il faut changer les barres d'uranium. Il faut, à ce qu'on appelle carénage, il faut que nous soyons plus rapides là-dessus. Parce qu'on a beaucoup trop de...
Nous mettons encore beaucoup plus de temps à changer et donc à mettre à l'arrêt nos réacteurs nucléaires à l'heure actuelle que par exemple les Etats-Unis. Donc il faut qu'il y ait de l'amélioration là-dessus. Mais nous avons besoin à court terme d'énergie supplémentaire. L'énergie supplémentaire ne peut pas venir du nucléaire. Donc c'est le renouvelable. Le renouvelable, les énergies facilement développables à l'heure actuelle. Et donc jusqu'en 2036-2038, je ne vois pas d'autre solution que... On ne construit pas comme ça un réacteur nucléaire. Ça prend du temps. EDF nous livrera les premiers entre 2036 et 2038.
Un tout petit mot du chômage qui a dépassé hier la barre des 8% de la population active. C'est du jamais vu depuis 2021. Encore une grande promesse d'Emmanuel Macron qui s'effondre en fin de créna.
Nous avons créé depuis 2017 2,6 millions emplois supplémentaires. Donc ça c'est un vrai succès.
Mais on peut se satisfaire de 8% de la population ?
Vous savez quand vous avez une croissance à tonnes, on est à 0% de croissance. On attend, on a une prévision à 0,9. Enfin le dernier trimestre est 0. Forcément c'est un impact sur le chômage malheureusement. Et il faut accompagner ceux qui sont au chômage. Mais enfin ça résiste plutôt bien par rapport à, je vois, nos partenaires européens.
Sylvain Maillard, peut-on rire de tout ce dimanche lors de sa chronique sur Radio Nova ? Un humoriste, Pierre-Emmanuel Barré, a ironisé sur une supposée mort de Gabriel Attal d'un cancer du pancréas. Il a aussi évoqué la mort de Sofia Rahm sous les roues d'une voiture. Est-ce que l'on peut rire de tout ainsi sur les antennes ?
C'est scandaleux. Ce que fait Radio Nova est scandaleux. Vous l'avez dit, s'attaquer en permanence à Sofia Rahm en souhaitant sa mort, mort brutale, qu'on lui roule dessus. On a eu aussi, vous l'avez dit, sur Gabriel Attal, lui souhaiter un cancer, cancer du pancréas. Et je suis d'autant plus choqué que dans son livre, Gabriel Attal révèle qu'il a perdu son père jeune d'un cancer du pancréas.
Vous pensez que c'était voulu, cette mauvaise, très mauvaise, lamentable blague sur le pancréas ?
Comme par hasard, au moment où il publie son livre. Et donc, je trouve ça strictement scandaleux. Et moi, je le dis, Radio Nova a décidé pour se faire de la publicité parce qu'ils font un combat. Et Mathieu Pigas, son propriétaire, le dit très clairement. Un combat d'accompagner la France insoumise, en tout cas des idées d'extrême gauche, très clairement. Et en disant, on va partir sur l'humour, parce qu'au fond, l'humour, on peut tout dire. Finalement, c'est quoi le modèle ? C'est Dieu donné. On fait la même chose, c'est-à-dire qu'avec l'humour, on ne sera pas attaqué par les tribunaux. Parce que, regardez, c'est de l'humour. On peut tout dire. Moi, je trouve ça scandaleux.
Qu'est-ce que vous demandez alors ?
Et donc, je le dis, en tant qu'élu parisien, nous avons avec Radio Nova, en tout cas, ce sera soumis au vote la semaine prochaine, un partenariat sur les nuits blanches. Vous savez, c'est un moment à Paris, un moment très convivial. L'ensemble des Parisiens font la fête la nuit avec un moment culturel très agréable et très attendu. Radio Nova serait le partenaire des nuits blanches. C'est-à-dire que sur toutes les affiches de Paris, nous aurions le logo de Radio Nova à côté de la ville de Paris. Donc, vous demandez quoi au maire de Paris ? Donc, je dis à Emmanuel Grégoire, le nouveau maire de Paris, je lui demande solenément de retirer ce partenariat. Je le pousse.
S'il nous a dit que sa porte était ouverte aux oppositions et qu'il nous écouterait, je lui demande solennellement ce matin d'interdire ce partenariat avec Radio Nova pour ses nuits blanches.
L'appel est lancé sur nos antennes CNews et Européens. Sylvain Maillard, vous évoquez Gabriel Attal. Il a été adopté, le Conseil national de Renaissance a adopté à 91% une motion appelant Gabriel Attal à être candidat. Doit-il se déclarer ? Est-il votre candidat pour 2027 ?
D'abord, c'est à lui de décider. En tout cas, c'est le candidat putatif de Renaissance. 91% plus que ça, oui. Oui, en tout cas, c'est une procédure dans notre parti. De dire que si nous devons avoir un candidat, c'est Gabriel Attal qui sera notre candidat. C'est à lui qui a géré ses annonces. Mais vous le souhaitez ? Vous le soutiendrez ? Il faut que Renaissance porte une voix et porte ses idées. Pour nous, nous sommes le parti du Président de la République. C'est l'élection la plus importante, l'élection présidentielle. Et c'est une élection où il va falloir porter des projets. Et donc, moi, je dis, il nous faut porter des projets. Il faut que notre parti Renaissance porte des projets.
Donc, allons-y. Portons nos projets. Par contre, je le dis aussi, et j'ai l'occasion de le dire avant, il nous faut absolument un seul candidat à la fin décembre, en janvier. C'est dans le bloc central. Le bloc central doit avoir un seul candidat.
Donc, ce sera ou Edouard Philippe ou Gabriel Attal ou Bruno Retailleau ?
En tout cas, je veux absolument que ce soit un seul candidat. Mais je crois que c'est important que Renaissance porte un message. On a plein de choses à dire sur le travail, par exemple. Comme on l'a dit pour le 1er mai, on a d'autres choses, évidemment, plein d'autres projets à porter. Il faut qu'il y ait une discussion devant les Français. Les Français nous ont reproché en 2022 de ne pas avoir de discussion projet contre projet. Il faut que nous portions des projets. C'est le moment de le porter.
Donc, une primaire, ce serait le meilleur moyen de départager les nombreux candidats.
Moi, à côté de Maud Bréjon, j'avais dit, elle avait lancé un appel, avec 70 parlementaires, elle a lancé un appel en disant qu'il fallait en tout cas un seul candidat. Est-ce que c'est une primaire ? Est-ce que c'est départagé par les sondages ? En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'à la fin, il nous faut un seul candidat. Mais il nous faut porter des projets, parce que c'est ça que doivent trancher les Français. On a beaucoup de questions très fortes à porter. Peut-être on reviendra sur la retraite, sur la place de la France à l'avenir, sur le régalien, sur le sociétal. Il y a des choses très différentes qui nous séparent de l'extrême gauche, de l'extrême droite.
Il faut que nous puissions les porter, il faut que les Français puissent trancher.
Et le parti Renaissance, c'est le parti le plus important, ne serait-ce qu'en matière financière, aujourd'hui, sur le bloc central, par rapport à Horizon ou d'autres partis ?
Bien sûr, c'est le parti qui a 90 députés. Le plus important, c'est le parti du Président de la République. Il est impensable que nous ne soyons pas au cœur de cette campagne présidentielle.
Le parti du Président de la République, il faudra se défaire du bilan d'Emmanuel Macron. Il y aura un droit d'inventaire par lequel il faudra passer ?
Il faudra bien sûr que nous mettions en avant tout ce que nous avons réussi. Il y a beaucoup de choses qu'on a réussi. Vous savez, c'est le bashing en permanence, de dire tout ce qu'a fait le Président de la République, ce n'est pas bien. Moi, sur l'emploi, on en a parlé tout à l'heure, moi, je suis très fier sur l'apprentissage, sur la place de la France. Moi, je suis commissaire à la Défense. On double le budget des armées. Nous avons réorganisé totalement nos armées. Il y a beaucoup de choses sur lesquelles la France a vraiment avancé. Puis il y en a d'autres où nous ne sommes pas assez loin. Il y a des choses qu'on a ratées. Lesquelles ?
La réforme de retraite ?
Oui, je pense que sur le régalien, nous avons fait des choses qui ont peut-être pas réussi à être suffisamment efficaces. Il faudra qu'on remette le métier sur l'ouvrage. Mais quand on a doublé le nombre de juges, en tout cas, on a doublé le budget de la justice, moi, j'en suis assez fier.
Il n'y a pas de...
Malheureusement, le nombre de juges n'a pas doublé. Est-ce qu'on est encore... On en est loin. Vous savez, il faut 12 ans pour former un juge. Ça prend du temps. C'est comme les médecins. On a besoin de médecins un peu partout. Comme les places de prison. Comme les places de prison, vous avez raison. Il n'y en a pas. On a besoin de temps long en politique.
Dernier mot, Sylvain Maillard, malgré tout ce que vous nous dites. Gérald Darmanin, qui est dans votre camp, se dit absolument certain à l'heure actuelle que nous aurons un duel RN et LFI en 2027. Qu'est-ce que vous lui dites ?
Eh bien, on va tout faire, nous, pour faire en sorte que le prochain président de la République vienne du bloc central. Donc, il va falloir apporter des idées claires, un projet clair, rapidement, mais aussi fermement. Moi, je ne crois pas que ce soit inéluctable. Ce sont les pôles les mieux organisés aujourd'hui ? C'est toujours avec attention ce que dit Gérald Darmanin.
Oui, parce que c'est un fin politique.
Oui, et puis il a une sensibilité. Et puis, on voit bien tous que, quand vous regardez les sondages, évidemment, l'extrême gauche et l'extrême droite sont très fortes. Mais il n'y a pas de choses inéluctables. Et nous devons porter un projet fort. En fait, ce que les Français veulent, c'est la radicalité. Mais je crois que la radicalité, elle n'est pas obligatoirement extrême. Elle doit juste être claire. Et d'abord, un projet clair en disant « Voilà comment nous dépensons l'argent. Voilà ce que nous voulons pour nos armées. Voilà ce que nous voulons pour l'économie. » Et que ce soit clair et qu'il tranche.
Est-ce que vous mettez un signe égal entre le Rassemblement national et la France insoumise aujourd'hui ?
Non, mais je combats les deux. D'accord. Je combats les deux. Lequel est le plus dangereux à vos yeux ? Les deux sont extrêmement dangereux. Les deux ont décidé pour vivre, en fait, d'avoir des boucs émissaires. Les boucs émissaires sont différents. Pour aller fil, bouc émissaire, c'est le riche, c'est le juif. Pour le Rassemblement national, c'est l'étranger. Voilà, moi, je combats ces deux extrêmes. Je pense que la France est un grand pays, que nous sommes tous ensemble et que c'est ensemble que nous devons réussir. Mais moi, je combats les deux. Je ne mets pas des signes égales. Ils ont des histoires différentes. Mais ils sont dangereux pour la France, l'un et l'autre.
Sylvain Maillard a été notre invité. Merci beaucoup, députés, ensemble. Merci à vous. Bonne journée. Bonne journée à vous. Merci Sylvain Maillard, merci Laurence Ferrari. Restez avec nous sur Europe 1. Dans un instant, vos signatures du jeudi. La revue de presse d'Olivier Delagarde, Sébastien Bordeneuve et Nicolas Carreau pour le livre du jour. A tout de suite.
Sylvain Maillard